Étiquette : lobby sioniste

  • Marocleaks : Le Maroc demande à l’AJC et à la Sepharadic National Alliance d’écrire à Ban Ki-moon après la démission de Van Valsum

    Publié par Admin le 15 fév 2016

     
    Sujet: Fw: Re:
    De : « acharai »
    Date : 18/08/2008 09:35
    Pour :
     
    Pour Sdi Yassine
     
    Jason, va préparer une lettre de l’American Jewish Committee pour le Secrétaire Général des Nations-Unies l’exortant de respecter les engagements du Conseil de Sécurité dans l’affaire du Sahara. Il va contacter aussi ses amis au département d’Etat et à La Maison Blanche sur le même Sujet.
     
     
    —– Original Message —–
     
    From: isaacsonj@ajc.org
    To: Ahmed Charai
    Sent: Monday, August 18, 2008 5:11 AM
    Subj ect: Re:
     
     
    Dear Ahmed,
     
    I’m sorry to be out of touch in recent days. I’ve been traveling with my son – visiting universities he is considering a􀀞ending – and have now just begun a one-week family vacation on an island off the coast of Rhode Island. Please forgive my silence.
     
    I am, of course, happy to help in any way I can. Hoping that it’s not too late, I’m asking colleagues to get a further message to the Secretary-General on this ma􀀝er – and I’ll also press further in Washington (for addi􀀡onal UN leverage).
     
    Thank you for the kind offer of a recep􀀡on in Morocco in October. Because of Jewish holidays and other commitments that month (and my desire not to be away in the run-up to the US election more than I have to), I wonder if it might be possible to schedule the next AJC visit a little later; there’s a good window for me in early December (the 10th to the 14th) that I hope might be convenient for you and for the Government (and, if possible, for His Majesty).
     
    All the best, my friend.
    Jason
     
     
     
    —————————-
     
    From: « acharai »
    Date: Tue, 12 Aug 2008 13:54:50 -0000
    To: Jason Isaacson
    Subject: Fw:
     
     
    Dear Jason,
     
    Dear friend Jason, I hope that you took some moments of rest with your family. As I proposed it to you, the best moment to come to Morocco is in October, we can then, plan an audience with The King.
     
    The Moroccan government is very worried for the process of negotiations with Polisario encouraged by the Security Council. They think that an abrupt change of the representative of the General Secretary could hinder this initiative. This is why the Moroccan wish that M.Walsum stays until next December 2008. The Moroccan government hope that the USA could encourage Banki-moone in this way »
     
    I would like to propose to you something very important for morocco and certainely will be very much appreciate by theme : That the AJC sends a letter to Banki-moone to announce him, its anxiety of the blockage of the negotiations between Morocco and polisario and to ask him to continue to encourage the negotiations between the parts concerned in a climate of confidence and sincerity.
     
    What did you think, any chance to do it very quickly,
     
     
     
     
     
     
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    La Sepharadic National Alliance aussi est priée d’envoyer une lettre au Secrétaire Général des Nations-Unies
     
    Sujet: Fw: (no subject)
    De : « acharai »
    Date : 19/08/2008 16:15
    Pour :
     
     
    Pour Sdi Yassine:
    * La Sepharadic National Alliance, va envoyer une lettre au Secrétaire Général des Nations-Unies l’exortant de peser de son autorité et de se conformer aux résolutions du Conseil de Sécurité pour l’affaire du Sahara. Ils vont lui demander de faire en sorte que les négociations soient reprise sans conditions. Je Vous Rappele que L’Alliance comporte des noms importants comme Le Sénateur Démocrate de New York Schumer, Le Congressman de New York Winner, ainsi que des homes d’affaires influents (Joe Cayre, Alberto Saba, Jack Avital…..). Jack nou enverra une copie la semaine prochaine par courrier
     
     
    * Jack Avital a comme promis, contacté son ami en Corée, il sera chez lui à NY fin Août.
     
    —– Original Message —–
    From: Jackievital1@aol.com
    To: acharai@maroctelematique.ma
    Sent: Wednesday, August 13, 2008 10:18 PM
    Subj ect: (no subject)
     
     
    Dear Ahmed,
    Please froward this to Our Big Friend M.Yassine Mansouri.
    I am preparing a letter to Mr. Ban-Ki-Moon and also a letter to The King and I will send it to you by
    DHL to give it to Minister Yassine Mansouri.
    Fw: (no subject)
     
     

    Etiquettes : Maroc, Sahara Occidental, Marcleaks, Jason Jackson, AJC, lobby sioniste, Etats-Unis, American Jewish Committee, Van Walsun,

  • El Guergarate, a-t-elle poussé le Maroc dans les bras d’Israël?

    Le Maroc entretient des relations informelles avec Israël depuis les années 1960. Notamment avec le Mossad que le roi Hassan II a utilisé pour éliminer l’un de ses opposants les plus féroces, Mehdi Ben Barka. En échange, Hassan II a livré à Tel Aviv les enregistrements des débats d’un sommet arabe célébré à Rabat sur les capacités militaires arabes.

    Depuis 1975, le Maroc profite du soutien militaire israélien dans la guerre du Sahara Occidental, notamment dans la construction du mur de défense d’une longueur de plus de 2000 km pour repousser les attaques des combattants sahraouis.

    Au niveau diplomatique, les lobbys sionistes sont très actifs en France et aux Etats-Unis pour défendre les thèses marocaines et faire pression sur leurs gouvernements respectifs en vue de les amener à imposer la pseudo-solution d’autonomie que Rabat a proposée aux sahraouis. André Azoulay, le doyen des conseillers des rois Hassan II et Mohammed VI assure la coordination entre Rabat, Tel Aviv et les lobbys sionistes à Paris et Washington.

    Par conséquent, la reconnaissance officielle de l’Etat hébreu par le Maroc n’est qu’une question de temps. Rabat tente d’exploiter l’alignement aveugle de Donald Trump avec Israël en vue de l’amener à changer sa position sur le conflit du Sahara Occidental.

    Selon le président américain Donald Trump, une dizaine de pays arabes sont prêts à emboîter les pas du Bahreïn et du Soudan. Le Maroc pourrait bien être le suivant. Seul bémol, l’opinion publique marocaine est unanime dans son soutien aux droits légitimes du peuple palestinien.

    Selon une information filtrée par la presse émiratie, Dubaï a décidé d’ouvrir un consulat à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, un territoire non autonome quadrillé par une mission onusienne chargée d’organiser un référendum d’autodétermination tel que préconisé par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. La dernière en date sera votée demain à un moment où la société civile sahraouie a verrouillé le passage illégal d’El Guergarate pour protester contre la spoliation des ressources naturelles sahraouies. Une fermeture qui risque de porter un coup dur à une économie marocaine déjà meurtrie par la pandémie et la fermeture des frontières terrestres et aériennes.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Israël, lobby sioniste, normalisation, Palestine, Emirats Arabes Unis, consulat,

  • Parlement Européen : Le lobby Maroc-Israël s’agite contre l’Algérie

    La collusion entre le Maroc et Israël s’affiche au grand jour au Parlement européen. Ainsi, une dépêche de l’agence d’information officielle marocaine (MAP) datée de son bureau de Bruxelles, fait dire au Parlement européen, qui compte 751 députés, ce que sept de ses membres issus du lobby maroco-sioniste espèrent pouvoir imposer à cette institution. « Le Parlement européen réclame une intervention urgente de l’Union européenne (UE) pour mettre un terme à la répression en Algérie », titre la dépêche qui rapporte la teneur d’une lettre attribuée à « plusieurs eurodéputés ». Ils espèrent, selon la même source, « attirer l’attention du Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et la sécurité, sur la situation de la liberté de la presse en Algérie et les exactions commises à l’égard des journalistes ».

    Les députés en question sont précisément au nombre de sept. Il s’agit de Raphaël Glucksman, Bernard Guetta et Salima Yenbou de France, Hannah Neumann d’Allemagne, Maria Arena de Belgique, Tinek Strik de Hollande et Heidi Hautala de Finlande. Raphaël Glucksman, au parcours politique sinueux, a été porté candidat dans la douleur par le Parti socialiste, et n’a jamais fait l’unanimité dans les rangs de ce dernier. On le comprend aisément lorsqu’on sait que, après avoir longuement chassé en terres néolibérales et atlantistes (il est, dès 2008, conseiller de l’enfant prodige de l’une des premières révolutions colorées, le président géorgien Mikheil Saakachvili), avant de trouver refuge dans une social-démocratie en perte d’identité. Bernard Guetta, journaliste de profession est un ardent défenseur d’Israël. Quel crédit accorder au soutien de cette coalition à la cause de la liberté d’expression, lorsqu’elle vient en appui à un régime où les détenus d’opinion croupissent par centaines dans des geôles où ils retrouvent pour la plupart leur dernier refuge sous terre. Qu’il s’agisse d’Agdz, Kelaat M’Gouna, Tazmamart, de triste mémoire ou encore de Derb Moulay Chérif, les centres de détention du royaume chérifien sont connus pour abriter des opposants ayant subi les pires tortures, avant d’être enterrés à proximité dans l’anonymat. Tazmamert, prison secrète, demeure dans l’histoire l’incarnation d’oppression politique qui n’a d’égale nulle part ailleurs. Que la MAP se fasse le relais et amplifie un événement insignifiant est l’expression d’une surexcitation, qui a pour seule motivation les succès extraordinaires du peuple sahraoui au sein de la communauté internationale pour l’exercice de son droit légitime à l’autodétermination. Par ailleurs, l’alliance du Makhzen avec les milieux sionistes œuvre à empêcher que l’Algérie retrouve les chemins de la stabilité, de l’ordre, des droits et libertés et de la croissance. C’est cela qui inquiète le plus cette alliance. Sinon, comment expliquer que le consul du Royaume à Oran déclare honteusement être « en terre ennemie », s’agissant d’un pays où les voisins marocains trouvent encore accueil et hospitalité. Dans un tout récent document de stratégie militaire intitulé: « Pour une nouvelle stratégie de défense intégrée du Maroc », ses rédacteurs des Forces armées royales écrivent, toute honte bue: « Un retour en arrière montre que les maux que vivait le Maroc ont commencé quand le sultan Moulay Soulaiman ferma les portes du Maroc à toutes les relations avec l’Europe, qui se faisaient essentiellement via la mer, et décida de s’orienter vers l’Est, pour des raisons religieuses et culturelles et décida d’offrir les unités navales de l’Empire à l’Algérie et la Tunisie, relevant jadis de l’autorité de la Sublime Porte à Istanbul ».

    C’est vers Tel-Aviv que se tourne désormais le royaume pour relayer ses plus viles campagnes contre son voisin. Et Le sioniste Netanyahu et son acolyte Ganz – qui s’apprêtent à spolier l’ensemble de la vallée du Jourdain- sans doute pour sceller le pacte honteux du Maroc, dont le souverain est Président fantôme il est vrai, du comité el Qods, ont nommé pas moins de 10 ministres d’origine marocaine. Nous reviendrons plus en détail sur cette menace à nos frontières et de ce régime mercenaire, le Makhzen et sa monarchie devenue un danger permanent pour notre pays.

    M. Bendib

    Le Courrier d’Algérie, 21 mai 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Israël, lobby sioniste, Parlement Européen,

  • Maroc : Eléments de langage pour le Comite Juif Américain (AJC)

    -Se féliciter du soutien régulier de l’AJC à notre Cause Nationale exprimé par le biais de lettres adressées aux membres du Congrès américain ;

    -Souligner le climat de liberté et de quiétude qui règne au Maroc entre les disciples des religions monothéistes et le respect et la protection accordés à la liberté du culte par Sa Majesté le Roi, Commandeur des Croyants et Garant des libertés publiques.

    -Mettre en avant l’aspect avant-gardiste de la nouvelle Constitution marocaine qui consacre le principe de la diversité culturelle et reconnaît la composante hébraïque comme partie intégrale de l’identité culturelle marocaine ;

    -Souligner la participation active et régulière du Maroc à la Conférence des Nations Unies sur le dialogue interreligieux, initiée par le Roi Abdallah Ibn Abdelaziz d’Arabie Saoudite. Cette participation a permis de réitérer l’attachement du Maroc aux valeurs de tolérance et du dialogue entre les religions et les cultures dans un contexte international marqué par la mondialisation et les dangers de l’extrémisme qui se manifestent par la violence et le rejet de l’Autre ;

    -Rappeler que le Maroc fait également partie du Groupe d’Amis de l’alliance des civilisations, et s’investi de manière volontariste pour la réussite du dialogue entre les civilisations, seule alternative possible face aux incompréhensions occasionnées par ceux qui prônent des approches de confrontation entre les religions et les cultures ;

    -Souligner l’harmonisation par le Maroc de sa législation nationale avec les instruments internationaux en matière de promotion de la culture de tolérance et de coexistence et la lutte contre la discrimination raciale.

    Maroc Leaks, 6 fév 2020

    Tags : Maroc, AJC, American Jewish Commitee, Comité Juif Américain, juifs, lobby juif, lobby sioniste, Sahara Occidental,

  • Le Maroc et le Mossad (4 épisodes du Journal Hebdo)

    Le Maroc et le Mossad 

    Dès le début des années 60, le Maroc et les services secrets israéliens ont tissé des liens. Ils débutèrent avec la question de l’exode des juifs marocains vers Israël pour s’étendre à une coopération plus étroite.

    L´histoire des relations entre l’un des services secrets les plus emblématiques du monde, le Mossad israélien, et le royaume chérifien remonte aux premières années de l’indépendance du Maroc. A l’époque, Israël, polygone territorial façonné par les grandes puissances au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, recherche à tout prix des moyens de survivance dans un environnement arabe en ébullition et forcément hostile. L’Etat hébreu est conscient que son avenir dépend avant tout de sa démographie et de sa capacité à entretenir des relations stratégiques avec nombre de jeunes nations encore non-alignées. Le Maroc correspond aux desseins des sionistes.

    Selon Agnès Bensimon, auteur du célèbre « Hassan II et les Juifs », c’est parce que les services secrets israéliens ont fourni des renseignements très précis quant à un complot visant à tuer le prince héritier en février 1960 que les relations entre le Maroc et Israël ont débuté. L’historien Yigal Bin-Nun dément une telle version des faits. Pour lui, c’est en 1963 que la coopération officielle entre les deux pays a commencé.

    Quel intérêt pour Hassan II ?

    Les Israéliens avaient contacté Emile Benhamou, un ami d’enfance de Mohamed Oufkir, afin qu’il les fasse entrer en contact avec le chef des services de sécurité marocains. Après plusieurs tentatives, la rencontre est finalement arrangée en février 1963 chez Benhamou lui-même, rue Victor Hugo à Paris, entre l’agent Yaakov Karoz et Oufkir. Les Marocains craignent qu’un membre de l’opposition ne se fasse passer pour un représentant du Palais pour acheter des armes. Le Mossad confirmera plus tard qu’il s’agissait d’une fausse alerte. Les relations entre le Maroc et Israël deviennent dès lors officielles. Hassan II craignait que son trône ne soit menacé par le panarabisme. Il faisait mine de sympathiser avec la vague nassérienne qui submergeait le monde arabe ; en réalité, il le faisait pour ne pas se laisser distancer par l’opposition. Selon Yigal Bin-Nun, le Roi a peut-être voulu se rapprocher d’Israël parce qu’il était attiré par ce qu’on appelait alors le « miracle israélien ». Beaucoup étaient fascinés par la capacité qu’avait eu ce jeune Etat à « fleurir le désert », selon l’expression consacrée. L’inexistence des relations israélo-arabes était propice à un rapprochement entre le Palais et les dirigeants israéliens, d’autant plus que Ben Gourion avait décidé d’opter pour la politique dite des Etats périphériques : il fallait développer une ceinture d’Etats lointains mais conciliants.

    L’intrusion du Mossad au Maroc s’est faite par des voyages clandestins de nombreux agents du Mossad et de leur chef Isser Harel, entre 1958 et 1960. Le premier eut lieu le 1er septembre 1958. Si les autorités marocaines eurent vent de sa visite, elles n’en laissèrent rien paraître, préparant ainsi le terrain à « l’accord de compromis » conclu entre le Palais et Israël favorisant l’exode des Juifs marocains. Plus tard, les officiers Oufkir, Dlimi et bien d’autres se rendirent clandestinement en Israël et des politiques et militaires israéliens firent durant de longues années le chemin inverse.

    Des liens ambivalents

    Les archives nationales d’Israël regorgent de documents historiques qui retracent ces liens. Les Marocains auraient souvent demandé aux Israéliens de les renseigner sur les Etats arabes favorables à un renversement de la monarchie alaouite. Israël aurait aussi soutenu le Maroc dans sa « Guerre des Sables » avec l’Algérie en livrant des blindés . Des officiers de Tsahal et du Mossad ont formé et encadré la jeune armée royale et les services de sécurité dont le célèbre Cab-1, l’embryon de la DST. En retour, et malgré l’envoi de troupes au Golan jugé « anecdotique », le Maroc n’a eu de cesse de normaliser l’existence de l’Etat hébreu auprès du monde arabe, en jouant par exemple un rôle capital dans l’accord de paix avec l’Egypte qui coûta la vie à Anouar Sadate ou encore d’ouvrir à Rabat et à Tel-Aviv des antennes diplomatiques. Plus récemment, Israël aurait continué à aider « technologiquement » le Maroc au Sahara, notamment dans la sécurisation du Sud par la construction du Mur de défense, ceinture modernisée de la fameuse ligne Barleev expérimentée dans le Sinaï ou diplomatiquement via le lobby pro-israélien aux Etats-Unis.

    Hassan II, Descartes et l’Etat hébreu

    La longue et tumultueuse histoire des relations entre Israël et le Maroc est marquée par une émigration progressive des Juifs marocains vers la « Terre promise ». Une émigration tolérée à la veille de la création de l’Etat d’Israël dans les années 48-49, clandestine à l’orée de l’indépendance marocaine et monnayée à partir de 1961 par le gouvernement marocain néo-indépendant. Un processus ayant pour corollaire les circonvolutions inhérentes à la politique interne marocaine et à l’analyse du phénomène par un homme, le défunt Roi Hassan II.

    De 1956 à 1961, le gouvernement marocain est dans une logique de durcissement quant à la liberté de circulation de ses ressortissants israélites. Des mesures restrictives accompagnées de brimades administratives (fin des relations postales entre les Etats) inquiètent fortement les gouvernements israéliens à cette période. Si les exactions commises à l’encontre de la minorité juive sont rares, Israël est dans une logique de peuplement de ses territoires, une logique dans laquelle la communauté marocaine constitue un réservoir important. C’est dans ce climat tendu que le prince Moulay Hassan, Premier ministre de fait, accomplit une visite au Caire, où il y rencontre le raïs Gamel Abdel Nasser qui lui promet soutien et collaboration, un rapprochement qui agace fortement l’Etat hébreu. Imaginer des solutions pour exfiltrer les ressortissants juifs devient dès lors une priorité pour Israël, mais la voie diplomatique devait être maintenue coûte que coûte. C’est dans ce cadre que l’éditeur français René Julliard organisa le 2 décembre 1959 une rencontre entre le consul d’Israël à Paris, Mordekhay Shneurson, et l’ambassadeur marocain Abdellatif Benjelloun.

    Une discussion tendue s’engagea entre les deux hommes et le consul israélien, dans une lettre adressée au directeur de cabinet de la ministre des Affaires étrangères, conclut de la manière suivante : « Cet entretien prouve qu’il n’y a aucun bénéfice dans nos tractations actuelles avec les Marocains. Tous nos efforts n’aboutissent à rien, il ne reste que l’action ». La solution politique s’éloignait, elle sera ravivée quatre mois plus tard par un canal inattendu. L’opposant marocain Mehdi Ben Barka prendra attache avec les Israéliens dans un contexte politique national extrêmement tendu. En mars 1960, Ben Barka assurera les Israéliens de sa défiance envers le régime de Nasser et de son admiration pour le modèle socialiste israélien. Il demandera un soutien moral et financier dans sa lutte contre le régime de Hassan II. Dès lors, les officiels israéliens demeureront quatre mois durant dans une logique dubitative. Fallait-il maintenir le contact avec un gouvernement marocain fermé aux discussions ou envisager une solution alternative mais plus risquée avec l’opposition au régime ? La réponse viendra du prince Moulay Hassan qui jeta les ponts à une ouverture progressive des frontières pour les ressortissants juifs marocains. Moulay Hassan exigea la discrétion absolue sur le sujet et rencontra à Rabat l’envoyé officieux du gouvernement israélien, le représentant du Congrès juif mondial Alexandre Easterman. Le prince eut alors l’analyse suivante, une analyse à deux niveaux qui permettra d’amorcer les modalités définitives d’un accord entre les deux parties. D’un côté, il craignait que si les portes de l’émigration s’ouvraient, les Juifs ne quitteraient en masse le pays et par conséquent un grave problème économique se déclenche. Même si un petit nombre seulement de Juifs quittait le Maroc, ils seraient rapidement imités par d’autres, ce qui risquait de provoquer « une force grégaire ». Mais le futur Roi contrebalança cet argument par une analyse pragmatique sur l’avenir de la communauté juive au Maroc : « soyons réalistes, l’expérience nous a appris que dans le processus de développement de pays venant d’accéder à l’indépendance, la classe défavorisée de la population, désenchantée par les difficultés, s’attaque d’abord aux étrangers, ensuite elle s’en prend aux minorités religieuses »(1). Avec cet argument, Moulay Hassan rejoignait les thèses alarmistes du Mossad sur la précarité à long terme de la communauté. Dès lors un accord dédommageant le pays de la perte d’une partie de ses forces vives, d’une élite productive mais qui aurait du mal à s’intégrer dans le Maroc indépendant, pouvait sérieusement être envisagé. Cette attitude permit au futur Roi de s’installer de manière pérenne dans un sillage moderniste. Analysant la position paternaliste de son père le roi Mohammed V à Easterman, le prince décrivit à froid son futur positionnement quant à la question israélienne : « Il ne pense pas comme vous et moi. Nous sommes des Occidentaux et lui, contrairement à nous, n’examine pas la question d’une manière cartésienne ». Une position confortable pour les deux parties. Pour Israël, elle permettait d’asseoir les relations avec un pays arabe éloigné du Proche-Orient et qui pourrait faire office d’intermédiation en cas de conflit (il en sera ainsi de même avec la Turquie et la Jordanie).Ben Barka était dans la même logique mais l’éviction quelques mois plus tard du gouvernement socialiste d’Abdallah Ibrahim et l’arrivée officiellement aux affaires du prince comme Premier ministre sonneront le glas d’une option qui avait très peu de chances d’aboutir.

    Ben Barka et Israël

    « Je sais qui a tué Ben Barka, je sais pourquoi et je sais où son corps se trouve aujourd’hui ». Yigal Bin-Nun dit ce qu’il veut bien dire de « l’affaire Ben Barka ». L’historien prépare un livre sur l’icône de la gauche marocaine et dit ne pas souhaiter voir ses révélations faire la Une des journaux sans véritable appareil argumentatif. Tout ce que l’on saura, c’est que Mehdi Ben Barka a été tué par erreur et que son corps repose quelque part en France. Que la fameuse histoire de la cuve est fausse et que le livre de Boukhari est un tissu de boniments. Qu’il n’y a rien sous la mosquée de Courcouronnes. Que Mohamed Oufkir n’a probablement rien à voir avec l’enlèvement et l’assassinat et que le seul nom récurrent est celui de Dlimi. Que tout a été organisé par Miloud Ettounsi, alias « Chtouki »…

    Bien plus que « saheb lihoud »

    Mais ce n’est pas tout. Yigal Bin-Nun veut bien donner quelques détails sur un autre sujet explosif : les relations de Mehdi Ben Barka avec Israël et le Mossad. Il affirme que Ben Barka était bien plus que « Saheb Lihoud » ; il aurait eu des contacts presque quotidiens avec le Mossad, notamment avec le numéro 2, Yaakov Karoz. Des relations idylliques qui commencèrent à se ternir lorsque Ben Barka parla ouvertement de prendre le pouvoir au Maroc et demanda non seulement de l’argent, mais aussi des armes à Israël. De là date la rupture supposée entre le Mossad et lui, qui explique les propos véhéments contre la présence d’Israël dans les pays d’Afrique et d’Asie lors d’un discours qu’il a tenu au Caire en 1963. Mehdi Ben Barka, tel que le décrit Yigal Bin-Nun, était également attiré par le modèle de développement israélien. Il aurait demandé à ses interlocuteurs du Mossad des livres pour apprendre l’hébreu ainsi que des manuels concernant le développement rural et agricole en Israël afin de s’en inspirer au Maroc. Le chercheur israélien s’est basé sur des témoignages d’acteurs de l’époque toujours en vie, mais aussi et surtout sur les archives déclassifiées de l’Etat hébreu. La relation de Mehdi Ben Barka avec Israël, daterait de mars 1960. Deux documents des comptes rendus classés aux archives nationales du ministère israélien des Affaires étrangères Israélien, dont l’auteur est André Chouraqui, dirigeant de l’Agence juive, rapportent le contenu des rencontres entre ce même André Chouraqui et Mehdi Ben Barka à Paris en Mars 1960. Le contexte politique marocain est pour le moins tendu. Le gouvernement Abdallah Ibrahim et Mehdi Ben Barka sont en conflit ouvert avec le prince héritier Moulay Hassan. Dans l’un des comptes rendus, Chouraqui écrit : « Au cours de son voyage en Orient, le sultan a mis Ibrahim à l’écart des conversations avec Nasser et les autres souverains du Proche-Orient ».

    Le Sultan est revenu transformé au moins sur ce point. Il sait qu’on peut gouverner un Etat seul et « au besoin » en mettant en prison des milliers de personnes. Ibrahim, par contre, a vu que la politique arabe dont il était l’instigateur n’est plus payante et qu’elle se retourne actuellement contre lui ; d’où, pour lui et ses amis, la nécessité de trouver de nouvelles alliance. Il les cherche alors du côté de l’Occident, des juifs et des forces de gauche.

    « Selon ce document, Mehdi Ben Barka affirmait à ses interlocuteurs que le gouvernement Ibrahim avait pris position pour le général Kassem, président de l’Irak dans le conflit qui l’opposait à Gamal Abdenasser au sein de la Ligue Arabe. Mehdi Ben Barka aurait dit lors de ces rencontres que le mouvement qu’il représentait avait fait le choix de la démocratie que pouvait représenter le général Kassem et les pays africains qui se démocratisaient, plutôt que de suivre le modèle nassérien anti-démocratique.

    Rencontres soutenues

    D’après le document, Ben Barka aurait proposé une solution pratique à un problème qui embarrasse Israël et la communauté juive marocaine : la rupture des rapports postaux entre Israël et le Maroc. Résultat de l’adhésion du Maroc à la Ligue Arabe, cette rupture avait suscité la mobilisation des organisations juives. Un intense travail de lobbying avait été effectué.

    Pourquoi le leader du progressisme marocain fait-il autant d’efforts vis-à-vis des lobbies pro-israélien et d’Israël lui-même ? Dans ce fameux document, André Chouraqui écrit : « La deuxième chose qui résulte de ce premier entretien avec Ben Barka est que celui-ci a, avec empressement, accepté l’invitation de visiter Israël. Si cela se réalise, cela aura des conséquences lointaines non négligeables. Ben Barka, en s’ouvrant à nous, attend de nous un appui moral auprès des Juifs marocains et, très probablement aussi, un appui matériel s’il entre en guerre ouverte contre la monarchie. Il aura besoin d’argent et d’armes. Il m’a laissé entendre cela d’une manière assez claire ». Selon les archives israéliennes, André Chouraqui organisera, le 26 mars 1960 à Paris, une rencontre entre Mehdi Ben Barka et Yacoov Karoz , numéro deux du Mossad. Yigal Bin-Nun produit à l’appui de sa thèse un autre document d’archives provenant du Congrès mondial Juif (CMJ). Il s’agit là aussi d’un compte rendu d’une rencontre entre Mehdi Ben Barka et Alexandre Easterman du CJM, à Paris le mardi 5 avril 1960. Selon ce document, c’est à la demande du leader marocain que la rencontre eut lieu. Easterman y rapporte l’argumentaire déployé par Ben Barka pour s’assurer l’aide du CJM dans son combat contre le pouvoir réactionnaire représenté par la monarchie marocaine. Ben Barka aurait évoqué une fois encore, l’opposition de son mouvement à la politique anti-démocratique de Nasser, et le soutien dont il jouit auprès de nombreux pays africains. Alexandre Easterman écrit avoir questionné Ben Barka sur la rupture des rapports postaux entre le Maroc et Israël, le refus de permettre de délivrer des passeports aux Juifs marocains pour leur permettre d’émigrer en Israël et le refus d’Abdallah Ibrahim de le recevoir quand il s’était rendu au Maroc. Ben Barka aurait évoqué là aussi les forces réactionnaires qui rendent toute politique d’ouverture impossible vis-à-vis d’Israël. Il aurait promis à son interlocuteur qu’il s’arrangerait pour que Abdallah Ibrahim le rencontre lors de sa prochaine visite au Maroc.

    Selon ce compte rendu, Mehdi Ben Barka a réitéré sa demande d’assistance. « Il (Mehdi Ben Barka) espérait que le CJM allait se joindre aux autres éléments libéraux pour soutenir son groupe par tous les moyens, et que c’était dans l’intérêt des Juifs que le Congrès devait le faire. Je lui ai demandé ce qu’il entendait par soutien, et il a répondu :  »Soutien moral et matériel ». Il n’a pas précisé ce qu’il entendait par là et je ne lui ai pas demandé », rapporte Easterman dans ce document. En conclusion, le dirigeant écrit très cyniquement : « J’ai appris à Paris que Ben Barka avait rencontré nombre de personnes et de délégations juives durant ces dernières semaines. Il apparaît donc qu’il ne m’a pas accordé un privilège spécial en me rencontrant si ce n’est le fait de s’être déplacé chez moi plutôt que le contraire. » Et d’ajouter : « La nouvelle, et sans précédente sollicitude de Ben Barka à l’égard des Juifs, montre indubitablement sa volonté de nous rassurer, à la lumière de ce qui s’est récemment passé au Maroc. Ses promesses de tout arranger signale son souhait d’obtenir un soutien juif, quel que soit le sens qu’il donne au mot soutien. D’un autre côté, tout ceci suggère que sa position est bien plus faible qu’il ne veut nous le laisser croire. »

    « Affirmations gratuites »

    « Tout cela est ridicule. Ce sont des affirmations gratuites qui ne se fondent sur aucune analyse historique ou sociale correcte. Tous ceux qui connaissaient Mehdi Ben Barka savent que c’est faux. Il a été l’un des premiers à ériger le problème palestinien en problème national. Nous n’accordons aucun crédit à ces élucubrations ». Béchir Ben Barka n’a pas de mots assez durs pour qualifier les affirmations de Yigal Bin-Nun. Même réaction chez Brahim Ouchelh, l’ancien adjoint du Fkih Basri, qui refuse catégoriquement l’éventualité d’une telle relation entre Mehdi Ben Barka et les Israéliens.

    « Hoche », l’agent du réseau de la Misgeret

    « Faire partir les gens ». C’est avec sobriété qu’il décrit l’émigration clandestine des juifs du Maroc vers Israël. Il ne semble pas prendre la mesure de ce qui s’est passé, ni en évaluer l’importance. Il souhaite pourtant garder l’anonymat : une peur, ou plutôt une prudence héritées des années où il a travaillé comme agent actif de la branche du Mossad qui s’occupait de « l’évacuation ». Il accepte qu’on l’appelle « Hoche », l’un des nombreux noms de code qu’il a dû porter à cette époque.

    Hoche est né à Fès en 1932. Fils d’un militaire français (« nous, on n’est pas des Français du décret Crémieux ») et d’une mère marocaine, il fait son service militaire pour « voir du pays ». De retour au Maroc après être passé par l’Indochine, l’Egypte et le Liban, il est recruté, par l’intermédiaire de l’un de ses amis, pour faire partie du Mossad et aider à évacuer les juifs du Maroc vers Israël. « Je devais garder le secret absolu. On devait jurer sur la Torah qu’on ne dévoilerait rien de nos activités ; c’était un véritable rituel, une cérémonie où l’on ne voyait pas le colonel de l’armée israélienne qui supervisait tout ça ». En 1955, il est envoyé un mois et demi en Israël pour participer à un stage de formation collectif. « On nous a mis dans des camps isolés et clandestins, dont personne ne connaissait l’existence. On nous apprenait à nous battre et à nous défendre, à mener les opérations sans jamais nous faire repérer par la police. Nous étions une cinquantaine en tout et nous ne devions pas nous parler, ni connaître nos vrais noms ». Il se souvient que Moshé Dayan et Isser Harel sont venus les voir pour leur parler et les encourager. De retour au Maroc, il est affecté à « l’Etat-major », à Casablanca, dont les réunions se déroulent dans un appartement de l’immeuble Liberté.

    C’est là qu’il reçoit les premiers ordres : superviser les opérations d’évacuation toutes les deux semaines environ, sans intervenir lui-même, sauf en cas de problème. « Nous arrivions la nuit sur une plage isolée. Nous attendions que le bateau nous envoie des signaux lumineux pour lui renvoyer un message codé. Les gens qui voulaient partir venaient de partout, de Marrakech, d’Essaouira. On en a fait des choses… ». Mais l’événement dont il est le plus fier s’est déroulé une nuit où il a utilisé sa voiture personnelle et a refusé de la faire entrer trop avant vers la plage, de crainte que quelqu’un ne note le numéro de sa plaque d’immatriculation et ne découvre son identité. Cette nuit-là, le reste des voitures des agents du Mossad a été encerclé par des Marocains -« les Arabes », comme les appelle Hoche-qui avaient observé le va-et-vient des bateaux et des véhicules et qui pensaient qu’il s’agissait de contrebandiers. Ils avaient donc bloqué la sortie en l’obstruant à l’aide de gros rochers. Il se trouve que cette nuit est celle qu’a choisie Isser Harel, le chef du Mossad en Israël, pour voir comment se passait l’émigration clandestine au Maroc. Sans la voiture de Hoche à l’extérieur, Harel était découvert. Hoche et le chef du Mossad se sont donc faufilés jusqu’au véhicule et ont réussi à se diriger vers l’aéroport où Harel est parti pour la France, puis pour Israël.

    Mais après le démantèlement du réseau de la Misgeret, Hoche décide de s’installer en Israël après un séjour de quelques mois en France. Il effectue un stage au ministère de la Défense israélien pendant deux ans mais est très vite confronté à la réalité de la société israélienne de l’époque : « J’étais suivi par une Polonaise, alors, moi évidemment, qui venais du Maroc… Aujourd’hui, il paraît que ça a changé. Mais je peux vous dire que pour les juifs d’Afrique du Nord, ce n’était pas facile. Un jour, on m’a même dit « Ici, on n’aime pas les Noirs ». C’est comme ça qu’ils appelaient les sépharades ». Hoche perd l’illusions d’une vie paisible en Israël et s’installe en France. Aujourd’hui, il nie avoir agi pour l’unique intérêt d’Israël : « On m’accuse d’avoir fait tout cela contre le Maroc ; mais à l’époque, on croyait vraiment qu’il était urgent de faire partir les gens parce qu’on craignait un danger futur ».

    (1) rapport d’Alexandre Easterman. Archives sionistes centrales Jérusalem Z6/1763

    Source : Le Journal Hebdomadaire, juillet 2005

    Tags : Maroc, Mossad, espionnage, juifs, Israël, lobby juif, lobby sioniste,