Étiquette : malversation

  • Algérie : Maya, la fausse Mazarine de Boutef

    Une femme, se prévalant être la fille cachée de Bouteflika, se voit ouvrir toutes les portes de la république…Ministres, walis, hauts fonctionnaires de l’Etat : tout ce « beau linge » se mettait en quatre pour faire plaisir et exaucer les moindres vœux et desiderata de cette Mazarine, version algérienne, de Boutef.

    Acrobate de haute voltige, Maya se fit passer pour la fille naturelle de Boutef. Cette filiation fabriquée lui permit d’amasser une fortune en tant qu’affairiste et surtout en tant qu’entremetteuse. Sa villa, numéro 143, fut l’endroit le plus couru d’Alger.

    Dès potron-minet, hauts fonctionnaires, hommes d’affaires cherchant l’extrême-onction pour avoir le beurre et l’argent du beurre, oligarques de renom cherchant toujours plus d’avantages.

    Et patatras : Surnommée la princesse de Moretti, cette belle mystificatrice bénéficia d’une garde policière, digne d’un chef d’Etat offerte par son ami, le DGSN, El Hamel.

    Au moment de son arrestation, on trouva dans les murs de sa villa 12 milliards de centimes, 270 000 euros, 30 000 dollars, 17 kilos d’or et une panoplie de passeports .Décidément, on aura tout vu sous Boutef. Mais il manquait cette histoire gangstero- glamour pour orner davantage la curée.
    Maya la Mazarine de Bouteflika ! a titré un célèbre hebdomadaire français. Oh que non ! L’allusion ou la comparaison ne tiennent pas la route.

    Mazarine Pingeot, fille cachée du président Mitterrand, ne versa jamais dans la forfaiture et encore moins dans le fait-divers. Professeur d’université, écrivaine, essayiste et conférencière de niveau mondial, Mazarine multiplia plus le savoir que la magouille. Donc rendons à Juliette…

    Maya, la fausse Mazarine de Boutef, est d’un autre acabit. D’une autre trempe. Grandie dans un terreau du tout sauf…légal, elle déplaça, pendant un certain temps, El Mouradia à Moretti dans sa villa où elle exerça, in situ, presque le rôle du chef de l’Etat.

    Quelle splendeur que les 20 ans de règne de Bouteflika ! Prévarications, prébendes, pots de vins, bakchich, fuite de capitaux…Quelle folle et collective danse du ventre pour l’oseille sous label sérail. Et qui rajoute au simulacre de l’exercice du pouvoir sous Fakhamatouhou.

    Elle avait fière allure la république sous Boutef…avec ces « mignons » et ces « mignonnes » à qui on ne refuse rien ! Et qui pillèrent l’Algérie dans un règne de farces et attrapes.

    La Nation, 11 oct 2020

    Tags : Bouteflika, Mazarine, Mme Maya, corruption, malversation, détournement, bakchich, prévarication, prébendes, El Mouradia,

  • Algérie : Disette et recommandation

    par Abdou BENABBOU

    La période de disette que traverse le pays a imposé la nécessité de lever le voile sur les profondes anomalies qui n’ont cessé de couver dans le bercail des grandes entreprises publiques nationales. Au moment où d’ex-hauts responsables politiques sont sonnés par de lourdes condamnations pour de graves nonchalances dans leurs gestions, il était inconséquent de garder les yeux fermés sur une configuration économique pétrifiée sinon permissive qui caractérisait l’administration et l’ensemble des biens de la communauté.

    Sœurs jumelles et complices, la corruption et la bureaucratie aux noms outrageusement vagues, par délibération morbide, ont été le frein au développement et les nourrices de l’ensemble des injustices que le peuple a dû consommer en silence. Ce sont aussi elles les principales résultantes de la perte de la stature de l’Etat et du ternissement de la confiance des Algériens en leurs dirigeants.

    Il est su par tout le monde que la chansonnette de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut n’a été qu’un trompe-l’œil et un slogan pour faire bonne figure face à une masse populaire sachant à quoi s’en tenir. Qu’un diplomate algérien en fonction dans une importante capitale européenne avoue qu’il n’avait pour mission que celle de porter les valises familiales suffit à indiquer la nature et l’esprit de la marche débridée du pays. Il suffit de scanner la composante humaine de l’administration et des entreprises pour dévoiler la nature des recrutements et découvrir les truchements familiaux et amicaux qui ont dénaturé le cours normal de l’évolution du pays. Celle des antennes algériennes et des représentations à l’étranger suggère colère et désolation.

    Il est presque prêté à rire quand on découvre qu’un simple appariteur d’une représentation ne doit son nid douillet et fructueux qu’à une très forte et haute recommandation.

    On comprend alors pourquoi le chef de l’Etat fait d’un lever du voile son premier cheval de bataille et pourquoi sa première visée concerne les mastodontes de l’économie algérienne.

    Le Quotidien d’Oran, 7 oct 2020

    Tags : Algérie, corruption, institutions, réformes, anomalies, système, Bouteflika, malversation, vol,

  • Algérie : Retour aux sources

    Dans un message prononcé en son nom par un de ses conseillers à l’ouverture d’un séminaire organisé hier sous le thème « la constitution au service du citoyen », Abdelmadjid Tebboune a réitéré sa volonté d’expurger le processus électoral, notamment en ce qui concerne les scrutins législatif et local, de l’un de ses vices les plus pernicieux, qui a fini par éroder la crédibilité du suffrage : le système des quotas. Le président de la République s’est engagé personnellement à tout mettre en œuvre pour démanteler ce stratagème, instauré en 1997 par ceux que feu Mohamed Boudiaf appelait les décideurs, dans l’intention apparente d’éviter le scénario des élections législatives du 26 décembre 1991.

    Erigé en règle tacite, mais appliqué à la lettre par un régime clientéliste, ce système n’a pas seulement montré ses limites, il a surtout dénaturé l’évolution démocratique au profit d’une classe politique, dominée par les opportunistes de tous bords et les carriéristes invétérés. Les dégâts causés par cette pratique totalitaire que l’on s’évertuait à dissoudre dans un multipartisme factice, sont parmi les premières raisons, qui ont fait sortir les Algériens dans la rue, un certain 22 février 2019.

    Conscient de la gravité de la situation, le chef de l’Etat a marqué sa détermination à en finir une bonne fois pour toutes avec ce genre de méthode, qui a transformé l’exercice démocratique en une opération formatée et accessoirisée avec la complicité de partis politiques servant d’alibi. Pour réussir, il est appelé à aller au fond du problème.

    L’émergence d’une nouvelle classe de jeunes élus doit se faire en dehors des réseaux encore actifs, dont les leviers de commande sont toujours entre les mains des résidus de la Issaba. En revenant sur la récente installation de la commission chargée de revoir le régime électoral, et en tenant à assurer qu’elle « est composée d’experts en droit et de représentants du ministère de l’intérieur, Abdelmadjid Tebboune a certainement voulu se limiter à l’aspect légal, pour ne pas donner l’occasion aux spéculateurs de monter au créneau et l’accuser de pratiquer le même « jeu » que son prédécesseur déchu. Il sait pertinemment qu’un projet destiné à garantir la transparence et la régularité des futures élections, restera toujours un projet, s’il n’est pas accompagné d’un profond assainissement de la scène politique en général.

    « Encadrer le financement des élections pour faire respecter la volonté populaire et en finir définitivement avec les quotas afin de donner les mêmes chances à tous les candidats engagés dans la compétition électorale », constitue certes une barrière de protection, qui pourrait contribuer largement à la protection des voix des citoyens, comme l’entend le président de la République, mais sa résistance sera tributaire des mécanismes mis en œuvre pour éradiquer et à jamais l’intrusion de l’argent sale dans la politique.

    « Dans l’Algérie nouvelle, personne ne sera protégé, personne ne bénéficiera de l’impunité, de l’immunité, l’argent proviendra uniquement du travail, de la création de richesse pour que le citoyens puisse constater un changement réel », a souligné le conseiller à la Présidence dans sa lecture du message transmis par le chef de l’Etat. Effacer le préjudice matériel et moral porté à l’Etat par les pratiques mafieuses cautionnées par la Issaba, et réinstaurer la confiance entre le peuple et ses institutions ; une œuvre immense qui attend Abdelmadjid Tebboune, et un retour aux sources imposé par la conjoncture.

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 6 oct 2020

    Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, Consitution, corruption, gabégie, malversation, institutions, Etat de droit, élections, référendum,

  • Gabegie Au Conseil Européen des Ouléma Marocains, 64 000 € : un chiffre énorme qui sort de la poche des contribuables marocains

    Un mail envoyé par Samira Sitail à la DGED met dénonce gabégie et malversations au sein Conseil Européen des Ouléma Marocains. Voici son contenu

    POUR INFORMATION .

    Cordialement,

    De : Boubker TAOUFIK [mailto:boubkertaoufik@gmail.com]
    Envoyé : jeudi 29 mars 2012 10:59
    Objet : Gabegie Au Conseil Européen des Ouléma Marocains, 64 000 € : un chiffre énorme qui sort de la poche des contribuables marocains

    ———- Message transféré ———-
    De : Jean-Paul LEFEVRE <jp.lefevre@gmx.fr>
    Date : 29 mars 2012 12:46
    Objet : Gabegie Au Conseil Européen des Ouléma Marocains, 64 000 € : un chiffre énorme qui sort de la poche des contribuables marocains
    À : ALJALIYA MRE <aljaliya.sans.frontieres@gmail.com>


    Si d’un côté on nous dit qu’il n’y a pas d’argent à donner aux associations (les vraies) pour venir en aide aux plus démunis, voilà 64 352 € (716.700 DH) partie en fumé rien qu’en voyage pour des fouq’ha à rien faire.

    Faites tourner ! merci

    Y a-t-il une Direction au Conseil Européen des Ouléma Marocains ?

    Au moment où le Maroc, sous l’égide de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, ouvre la voie vers plus de démocratie, avec une nouvelle constitution, des élections libres, le pluralisme et les réformes des structures et des droits nouveaux jamais octroyés dans le passé.

    Le Conseil Européen des Ouléma Marocains (CEOM), institution créée en 2010 et porteuse de tous les espoirs de la communauté marocaine en Europe, financé, conformément à ses ambitions, « entièrement » par l’état marocain, dans le but de faire face aux déficits accumulés depuis quelques décennies.

    Cette institution, depuis deux ans, reste engluée dans des conflits internes qui n’en finissent pas. Ces conflits ont pour sources la gabegie, la lutte pour le pouvoir, l’absence de stratégie et l’opacité dans le fonctionnement et les objectifs.

    Créée pour être au service de la communauté marocaine, le CEOM fait du-sur-place et semble tout à fait absente de la scène sur tous les plans. Citons comme exemple la réaction au tout récent attentat perpétrée le lundi 12 mars 2012 contre une mosquée marocaine à Anderlecht-Bruxelles qui a coûté la vie à l’Imam et fait deux blessés parmi les fidèles. Il a fallu au CEOM plusieurs jours de tergiversations avant de publier, sans conviction, un misérable communiqué qui transpire insipidité, timidité et superficialité et qui illustre de la manière la plus explicite la médiocrité de la culture politique et morale de ses auteurs et le degré zéro de leurs pauvre petite « science ». Chacun sait qu’en pareille situation, il importe de faire preuve de détermination, de volonté, d’un grand sens des responsabilités et d’une parfaite maitrise de la communication .Cette piètre et tardive sortie ne trompe personne, n’étant, en fin de compte, qu’hypocrisie et lâcheté morale et qui ruinera, à terme, la crédibilité de l’institution.

    La communauté marocaine de Belgique est organisée en associations qui fonctionnent avec des moyens très limités et sans la moindre coordination. Le CEOM, malgré des moyens importants et un projet au contenu clair, se trouve contraint de travailler dans une quasi-clandestinité. Ces dissensions ont coûté son poste au premier secrétaire général qui a été remplacé par un second ; hélas tous les espoirs placés dans ce dernier se sont effondrés, celui-ci n’a fait qu’aggraver les dégâts laissés par son prédécesseur.

    Le conseil d’administration, composé, au départ, de trois membres, n’en compte plus, aujourd’hui que deux, un membre ayant démissionné après avoir constaté que l’association enfreint les lois en vigueur sur le recrutement du personnel. Le deuxième membre, se sentant exclu des décisions, a déjà déposé une lettre recommandée pour se soustraire de toute responsabilité future.

    Malgré la lettre d’avertissement de l’avocat du CEOM sur les différents manquements, le président, seul maître à bord, refuse de mettre bon ordre dans le fonctionnement de l’institution.

    Le président du CEOM , prolixe dans la production et le fardage des rapports d’activités qu’il présente aux autorités marocaines , multiplie les écrans de fumée, destiné à masquer une inertie organisée, quand ce ne sont pas des « conclaves » entre proches autour de débats stériles, médiocres et sans intérêts , accompagnés de repas copieux, dans des somptueux hôtels. En dix mois le CEOM a déboursé, en déplacement uniquement, la bagatelle de 64.000,00 €.

    Faut-il préciser que l’actuel secrétaire général a été recruté selon un montage organisé par son prédécesseur sans s’être assuré de la régularité de son séjour en Allemagne. Celui-ci reçoit un salaire brut de + 8.600,00 € /mois, en réalité c’est du net car n’étant pas en séjour légal, il empoche toute la somme en espèces.

    Monsieur le secrétaire général effectue ses nombreux déplacements en business-class et ses séjourne dans des palaces.

    Ce dysfonctionnement et ce déni de légalité expose l’institution à des poursuites pénales pouvant entraîner sa fermeture pure et simple, suivie de la saisie de son patrimoine et la remise de ce dernier à une association ayant la même raison sociale. Ironie du sort que ces Ouléma jouent ainsi aux négriers au cœur de l’Europe.

    Le comble de cette mascarade est que ce Secrétaire Général ne se présente au bureau que sporadiquement, n’hésitant pas à inviter les employés à ne rien faire, refusant toutes les suggestions d’amélioration proposées par un ancien cadre de la Commission Européenne, au prétexte que « Rabat…» souhaite marquer une pause de réflexion compte tenu du printemps arabe. Cette attitude, ajoutée au mauvais traitement du personnel, tels que menaces de licenciement, favoritisme à l’égard de certains proches, a provoqué une démotivation et un mécontentement généralisé au sein du personnel. Certains employés ont déjà contacté leur syndicat et envisagent de porter plainte pour harcèlement morale. Cette division du personnel entre privilégiés et persécutés a abouti à des divulgations dans les lieux privés et publics. Aujourd’hui le CEOM est devenu un sujet de conversation au sein de la communauté et cela risque de faire tache d’huile. Il faut savoir que la moindre dénonciation auprès du Procureur obligera celui-ci à ouvrir une enquête qui conduira sûrement à des poursuites pénales, les motifs ne manqueront pas pour inculper les membres du conseil d’administration.
    En outre, le secrétaire général, absent depuis trois mois, a reçu deux lettres le sommant de présenter son titre de séjour, faute de quoi il y aurait des poursuites pour abus de confiance et fausses déclarations. A ce jour aucune réaction de sa part, pourquoi réagirait-il alors que le CEOM continue, contre toute logique, à lui verser son confortable salaire.

    Selon les dernières nouvelles, le conseil d’administration ainsi que le porte-parole (Inspecteur de Religion Islamique rétribué par la Communauté Française de Belgique) essaient de concocter un contrat d’expert en faveur du secrétaire général au mépris de toutes les lois en vigueur. Ne savent-ils pas que leurs manœuvres dilatoires enfonceront davantage le CEOM dans sa transgression des lois du pays.

    A SUIVRE

    Tags: Maroc, Conseil Européen des Ouléma Marocains, gabégie, malversation, 

     

  • Algérie : Enrichissement illicite

    par Abdelkrim Zerzouri

    Des morts demandeurs de logements ou des demandeurs de logements morts sans que leurs vœux ne soient exaucés ? Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud qui a fait état, dimanche dernier, d’un chiffre énorme de demandes de logement de souscripteurs décédés, atteignant «plus de 120.000 demandes à travers le territoire national», devrait suivre ses déclarations de plus d’éclaircissements. Parce qu’en l’état, les morts ayant leurs lopins de terre ne peuvent rien solliciter de plus, et on pourrait comprendre que d’autres personnes, bien vivantes, auraient introduit des demandes en leur nom dans un cadre de trafic pour décrocher indûment des clés d’appartements. Tout est possible, bien sûr, puisque des couples mariés ont divorcé à l’approche de l’éradication du bidonville où ils résidaient pour bénéficier chacun d’un logement propre, puis revenir vivre ensemble dans un logement et vendre le second. Car en réalité le couple, lui, reste soudé, il s’agit seulement d’un stratagème pour bénéficier de deux logements au lieu d’un. C’est du vécu palpable.

    Tous les trafics imaginables et invraisemblables ont été expérimentés pour bénéficier indûment d’un logement social. Pourquoi ne pas en faire bénéficier n mort ? Il y en a également, en sus du faux divorce, ceux qui se marient sans déclaration, en attendant d’entrer en possession de deux clés d’appartements, AADL, et régler ensuite leur situation sur les registres de l’état civil. D’autres ne se lassent pas d’introduire demande sur demande, peut-être par crainte qu’on oublie ou qu’on égare la première. Enfin, il y en a de toutes les histoires et toutes les ruses pour décrocher indûment logement social, souvent avec la complicité d’agents de l’administration proche ou en charge de ces dossiers.

    M. Beldjoud a dans ce sens demandé aux responsables et élus locaux «d’occuper le terrain» pour s’enquérir de près de la demande de logement et de la situation de vie des citoyens en général. Pour que le logement aille vraiment à ceux qui en ont besoin, il y a lieu de procéder impérativement à un assainissement du fichier des demandeurs de logements sociaux, voire procéder à une réactualisation de tous les dossiers avec cette précision en gros et gras que tout coupable d’un faux et usage de faux sera puni d’un emprisonnement de 5 à 10 ans. Et, pourquoi pas ne pas commencer par l’exploitation et l’approfondissement des enquêtes effectuées par les offices de promotion immobilière au sujet des véritables occupants des logements, ainsi que les logements sociaux attribués et qui restent inoccupés ?!

    L’Etat a consenti plus d’un million d’aides au logement rural et le problème reste presque entier, selon l’aveu du président Tebboune dans son discours à l’ouverture de la rencontre gouvernement-walis ! Le logement social, tout comme dans d’autres domaines s’inscrivant dans le capital des transferts sociaux, est devenu pour certains un moyen pour s’enrichir illicitement sur le dos du Trésor public et aux dépens des démunis qui vivent, eux, sans domicile fixe ou dans des conditions très précaires sans voir aboutir leurs demandes de logement. L’intégrité dans la gestion des affaires publiques, notamment de ce dossier sensible du logement, accouplée à de simples dispositions et une application rigoureuse de la loi peuvent rétablir la confiance perdue et avoir un impact positif sur la vie du citoyen, comme l’a souligné le ministre de l’Intérieur. Bien évidemment, la contribution d’une société civile forte dans ce dossier serait d’un apport capital.

    Le Quotidien d’Oran, 18 fév 2020

    Tags : Algérie, corruption, pillage, malversation, enrichissement illicite,

  • « Biens mal acquis » : en appel, la justice alourdit la peine de Teodorin Obiang Et ça arrivait en Mauritanie ?

    La justice française vient de condamner en appel, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende, Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, pour s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France.

    Si cette affaire a tant intéressé les Mauritaniens, c’est bien parce que très nombreux sont ceux qui pensent que l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz – qui a récemment déclaré être assez riche au terme de ses dix ans de Pouvoir- peut bien être prédestiné à un tel traitement au vu du patrimoine dont il se serait fait sien et dont il pourrait être amené à expliquer l’origine face à la Commission d’enquête Parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers passés sous son régime.

    La justice française, saisie en appel il y a quelques jours, a été implacable face au vice président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang ! Pour s’être bâti frauduleusement un gigantesque patrimoine foncier en France, la deuxième personnalité de la Guinée équatoriale qui plus est le fils du président de la République, a écopé de trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende. Déjà, le 27 octobre dernier, à l’issue du premier procès dit des « biens mal acquis » devant cette même juridiction, cette peine avait été prononcée ! Teodorin Obiang dont tous les biens saisis ont été confisqués, a finalement été déclaré coupable de trois des quatre chefs d’accusations portées contre sa personne : blanchiment de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance.

    Pour William Bourdon, de l’ONG Transparency International, « il s’agit d’un jugement historique qui envoie un signal fort aux dirigeants corrompus ». Même réaction auprès du président de cette association, Marc-André Feffer, qui a considéré que : « ce jugement valide les deux objectifs que s’étaient fixés l’ONG : faire en sorte que la France ne puisse plus être une terre du blanchiment d’argent et enclencher une procédure qui laisse espérer que l’argent pris aux populations puisse un jour leur être restitué ».

    Impact

    En Afrique, le temps semble bien être aux audits et aux op »rations de contrôles dans la gestion des biens publics. En effet, au moment où tombait le verdict dans l’affaire du vice président de la Guinée équatoriale, les « choses » bougeaient dans plusieurs pays du continent : c’est le cas au Soudan où le président déchu Omar el-Béchir, est mis en cause pour avoir détourné neuf milliards de dollars issus du pétrole vers des banques britanniques. C’est le cas au Congo Brazzaville avec les menaces de mises en examen pour détournement de fonds publics qui pèsent sur le fils du président de la République. C’est aussi le cas au Gabon avec les accusations de malversations financières portées sur plusieurs membres de la famille Bongo. C’est encore le cas en Angola avec la richissime fille de l’ex-président Dos Santos empêtrée dans des affaires de justice, et c’est encore le cas en Mauritanie où la Commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers du régime précédent a entamé ses travaux. Pour l’heure, sept dossiers sont ciblés dont entre autres ceux du fonds des recettes pétrolières, la vente du foncier, les infrastructures scolaires, l’attribution des marchés publics dans le secteur portuaire et dans celui de l’énergie solaire.

    Pour faire dans la transparence, les enquêteurs en appellent à ceux qui détiendraient des preuves de malversation, ou qui disposeraient d’informations pertinentes, documentées, relatives aux sujets ou qui souhaiteraient apporter leurs témoignages par rapport à ces mêmes questions, de bien vouloir collaborer avec elle.

    Repères

    Pour une très grande partie de l’opinion et pour nombre d’experts en gestion des finances, le régime de Ould Abdel Aziz a battu tous les records du pays en matière de corruption et de détournements de biens publics. Le dernier rapport de la cour des comptes en dit long sur les malversations commises ces dix dernières années, en pointant sur le seul secteur des infrastructures, plus de 7 milliards de dollars perdus par le pays, du fait de la corruption. Autres dossiers cibles qui seraient gangrenés par des malversations financières, ceux du secteur de l’extractif, de l’ENER, de l’ATTM, des BTP et de la SNAAT. Ceux portant sur la pêche -notamment auprès de la société chinoise Polyhondong-, l’achat des avions de la Mauritanian Airlines, le scandale de faux billets de la BCM, les droits des Douanes dont bénéficiaient certains privilégiés, les contrats de vente du minerai de la Snim via des courtiers installés en Europe, les marchés passés avec les sociétés européennes dans le domaine de l’énergie, notamment (warsila), le rétrocession du Port de Nouakchott et de l’aéroport Oumtounsi à des étrangers…

    Quasiment à la tête du pays ces douze dernières années, voire un peu plus, le président Ould Abdel Aziz et sa famille sont soupçonnés d’avoir abusivement utilisé leurs positions de pouvoir pour s’enrichir. L’opposant en exil Moustapha Limam Chavi est formel à propos, lui qui a répliqué à l’ex président qui se prévalait de sa fortune : « Mohamed Ould Abdel Aziz, a-t-il dit, est stupide et jouer à l’idiot en se déclarant riche sans avoir détourné une ouguiya de l’argent public… Il n’est pas un homme d’affaire et n’a pas hérité de fortune de ses parents ».

    Constat largement partagé par l’opinion d’autant qu’il y a moins de quinze ans, Ould Abdel Aziz vivait comme le commun des Mauritaniens, ou du moins à l’image de la quasi-totalité des officiers de l’armée mauritanienne, profitant d’un salaire mensuel et des « petits à-côtés » qui lui permettraient de réaliser de temps en temps, quelques économies.

    Entre temps, il a occupé le Palais présidentiel. Où est-il donc passé, et comment a-t-il fait pour se constituer en quelques années, la colossale fortune dont il se prévaut ? Nombreux sont en tout cas ceux qui sont persuadés que la Commission Parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers du régime précédent pourrait bien être amenée, via la justice mauritanienne, à réserver à l’ancien président, le sort des dirigeants africains actuellement poursuivis en justice pour leur gestion des affaires publiques.

    Wait and see.

    MOM

    Source : L’Authentique, 16 fev 2020

    Tags : Mauritanie, Guinée Equatoriale, Guinée, corruption, malversation, fortune, Mohamed Ould Abdelaziz,

  • CAF : Ahmad Ahmad, l’ami du Maroc, dans la tourmente

    Il vient de toucher une belle somme d’argent pour avoir donné au Maroc le feu d’organiser le championnat de futsal dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Mais, apparemment, son esprit corrompu va au-delà de la simple complicité avec Rabat. Une enquête interne menée par le cabinet d’avocats PWC a révélé des malversations de plusieurs millions de dollars.

    Selon le site Inside World Football, « Les premiers rapports de l’audit indépendant des finances de la Confédération africaine de football (CAF) pour la période 2017 à 2019 semblent être la dynamite attendue depuis longtemps qui explose à la fois le mandat du président de la CAF, Ahmad Ahmad, ainsi que nombre de ses lieutenants les plus proches ».

    Ce rapport « ne peut être comparé qu’aux crimes contre l’humanité », a déclaré l’ancien membre du comité exécutif de la CAF Musa Bility. Il parlait d’un « vol en plein jour de la CAF et de l’avenir du football des Africains » avec « des dizaines de millions » dépensés – en grande partie en espèces – sans aucune pièce justificative.

    Il pointe également du doigt d’autres fédérations nationales africaines qui n’ont pas utilisé toute l’étendue de leurs pouvoirs pour exiger des comptes complets à l’Assemblée générale de la CAF 2019 qui, selon lui, aurait montré qu’il était impossible de cacher les dépenses inexpliquées de millions de dollars. «Je suis fermement convaincu que l’Assemblée générale de la CAF peut avoir commis un crime et avoir manqué à ses devoirs en acceptant que de tels comptes lui soient présentés de manière aussi désinvolte.»

    Beaucoup de blâme est jeté à la porte de la FIFA, et son président Gianni Infantino, dont il dit que la crédibilité est maintenant remise en question pour avoir permis « à ses lieutenants de confiance et aux membres du Conseil de la FIFA de piller ouvertement l’organisation… L’histoire se rappellera comment Infantino s’est donné la peine d’utiliser la FIFA et ses organes pour protéger les mêmes personnes qui ont maintenant tordu les bras du jeu africain. »

    Plus en détail, Bility, qui a vu une copie du rapport, a déclaré: «Des dépenses ont été engagées pour payer les dépenses des épouses des responsables de la CAF, les funérailles des membres de la famille et même le mariage d’une fille d’un haut fonctionnaire de l’Exco de la CAF. Le rapport d’audit, brillant par sa clarté, montre un crime manifeste, le blanchiment d’argent, le vol, la destruction de pièces justificatives officielles pour couvrir leur piste d’audit et l’abus de pouvoir. »

    Le mandat d’Ahmad au sein des FAC a été controversé et parfois brutal – sur les plans politique, commercial et social. Il a politiquement renvoyé quiconque a contesté son autorité, a dépensé l’argent des CAF comme s’il s’agissait de son propre argent, a été accusé de multiples actes de corruption autour de l’attribution de contrats commerciaux, en plus d’être sous le feu de plusieurs chefs d’accusation de harcèlement sexuel contre des femmes au sein de l’organisation des CAF – des femmes qui se sont manifestées et ont porté plainte, mais sur lesquelles la FIFA d’Infantino a agi de façon honteuse. Les accusations de harcèlement sexuel à elles seules auraient dû suffire pour que la FIFA suspende immédiatement Ahmad en attendant l’enquête.

    Insideworldfootball a d’abord dévoilé les allégations de corruption et de harcèlement sexuel présumées d’Ahmad en mars et avril 2019. Les preuves étaient claires, les plaintes ont été déposées auprès des enquêteurs déontologiques de la FIFA, mais Ahmad et ses hommes de main n’ont pratiquement pas été obstrués.

    Avec Inside World Football 

    Tags : Maroc, FIFA, CAF, Ahmad Ahmad, corruption, détournement, malversation, PWC,

  • France : François de Rugy démissionne après une série de révélations

    Après une semaine de polémiques autour de repas fastueux lorsqu’il présidait l’Assemblée, François de Rugy a annoncé mardi sa démission du ministère de l’Ecologie, dénonçant un « lynchage médiatique » alors qu’il s’apprêtait à défendre le projet de loi énergie et climat.

    Sur Twitter, le ministre démissionnaire a confié qu’il pensait « aux mots » de François Mitterrand à l’égard de Pierre Bérégovoy, qui s’était suicidé le 1er mai 1993. L’ancien président avait alors déclaré que son Premier ministre avait été « livré aux chiens ».

    Emmanuel Macron a dit respecter la « décision personnelle » du ministre, englué dans une série de révélations, « pour qu’il puisse se défendre pleinement et librement », a affirmé l’Elysée à l’AFP.

    La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a affirmé n’avoir « aucune indication tendant à démontrer que François de Rugy a commis des actes qui sont contraires à la justice », alors que Matignon a lancé une enquête sur des faits reprochés.

    Selon son entourage, le ministre a pris sa décision durant la nuit et avait en tête sa démission en se rendant mardi matin à Matignon, où il était attendu pour une réunion de travail « classique » avec Edouard Philippe.

    « C’est une décision personnelle. La seule force extérieure c’est l’acharnement de Mediapart », souligne cette source.

    Trente minutes avant de se présenter à l’Assemblée pour les questions au gouvernement où, contre toute attente, la démission n’a pas été abordée, M. de Rugy a fait savoir par communiqué qu’il se retirait, « trop attaché à l’écologie pour accepter que (notre) action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes ».

    Plainte

    « La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d’assumer sereinement et efficacement la mission que m’ont confiée le président de la République et le Premier ministre », a encore mis en avant M. de Rugy.

    M. de Rugy, âgé de 45 ans, s’est aussi indigné contre « la volonté de nuire, de salir, de démolir » de Mediapart qui a en premier dévoilé mardi dernier des agapes dispendieuses lorsqu’il était président de l’Assemblée entre juin 2017 et septembre 2018. En ce sens, le député de Loire-Atlantique a affirmé avoir « déposé ce matin (mardi) une plainte pénale en diffamation » contre le site d’investigation.

    Dénonçant des attaques sur la base de « photos volées, de ragots », M. de Rugy s’est aussi dit « soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques ».

    « Ce n’est pas parce que des médias le disent, qu’il faut le croire forcément », a renchéri Sibeth Ndiaye.

    Edwy Plenel cofondateur et dirigeant de Mediapart a dit avoir envoyé lundi des questions au ministre sur une nouvelle enquête, mise en ligne mardi, à propos de l’utilisation de ses frais professionnels en tant que député. Il attendait ses réponses pour 14h00, au lieu desquelles il a reçu l’annonce de sa démission.

    « L’information a été plus forte que la communication », s’est félicité le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, auteur de ces enquêtes.

    Elus « inquiets »

    Une source gouvernementale indique que « c’est une décision à laquelle on ne s’attendait pas » et l’explique par le fait que « la pression médiatique se tasse mais ne retombe pas » et que des élus se disent « inquiets » de ce qu’ils entendent dans leurs circonscriptions.

    Outre la dizaine de repas organisés à l’hôtel de Lassay, M. de Rugy est également soumis à une « inspection » du secrétaire général du gouvernement pour des travaux dans son logement de fonction.

    D’autres révélations embarrassantes se sont succédé, concernant notamment le logement HLM de sa directrice de cabinet qu’il a limogée illico, ou la participation à un dîner « hors agenda » avec des lobbyistes du monde de l’énergie.

    La démission de M. de Rugy ouvre une nouvelle période de vacance au ministère de l’Ecologie, 11 mois après la démission fracassante de Nicolas Hulot, plaçant dans l’embarras Emmanuel Macron qui a fait de la préservation de l’environnement l’un des marqueurs forts de la suite de son quinquennat.

    Sa secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon a défendu à sa place mardi au Sénat le projet de loi énergie et climat, indiquant qu’elle « assurerai(t) la continuité de l’Etat » pour que les débats puissent se dérouler « dans les meilleures conditions possibles ».

    Pour son autre secrétaire d’Etat Brune Poirson, « plus que jamais au travail », M. de Rugy « souhaite continuer à se défendre, et par là-même il protège le gouvernement, il protège le ministère », a-t-elle dit à BFMTV.

    « Légèrete »

    Le chef des députés LREM Gilles Le Gendre a aussi salué une démission qui vise à « protéger (la) majorité ». Son homologue au Sénat François Patriat l’a qualifiée « de bon sens, même s’il y a une forme d’injustice ». Il s’agit de la décision d’un homme « à bout », selon la députée Olivia Grégoire.

    Barbara Pompili, députée LREM et proche de François de Rugy, a cependant déploré sa « légèreté dans la gestion des moyens publics ».

    Les responsables politiques ont tous stigmatisé le « décalage » entre le discours du ministre « chantre de la vertu » et la réalité, à l’instar de la vice-présidente de l’Assemblée LR Annie Genevard, « en colère » parce que « cette affaire réduit un peu plus le crédit qu’ont les hommes politiques auprès des Français ».

    Avec AFP

    Le Matin d’Algérie, 16 jui 2019

    Tags : France, François de Rugy, corruption, malversation, détournement,

  • Algérie : La chasse aux oligarques lancée?

    Vaste enquête sur des faits de corruption – LA CHASSE AUX OLIGARQUES LANCÉE ?

    Nassim Mecheri

    Une vaste enquête a été lancée ce lundi contre plusieurs oligarques algériens, soupçonnés de dilapider l’argent public et d’enrichissement illégal.

    Dans un communiqué rendu public, la justice a annoncé avoir ordonné l’ouverture d’enquêtes sur la corruption et les transferts illicites de capitaux vers l’étranger.

    Le Parquet général de la Cour d’Alger annonce également avoir ordonné des interdictions de sortie du territoire national à l’encontre de plusieurs hommes d’affaires très influents. « Conformément à l’article 11 alinéa 3 du code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d’Alger porte à la connaissance de l’opinion publique que des enquêtes préliminaires sont mises en œuvre pour des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l’étranger », précise la même source.

    Dans ce cadre et « pour les nécessités des enquêtes, le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed a procédé à l’application des dispositions de l’article 36 bis 1 du code de procédure pénale et a pris des mesures conservatoires en ordonnant l’interdiction de sortie du territoire national à l’encontre de certaines personnes », ajoute le même communiqué sans donner plus de détails. Plusieurs hommes d’affaires sont concernés par l’interdiction de sortie du territoire nationale et qui seront privés de leurs passeports.

    Selon plusieurs sources la liste comprend des noms puissants comme : Kouninef Reda, Kouninef Noa (ou Noah) Tarek, Kouninef Abdelkader Karim, Haddad Ali, Haddad Omar (alias Rebbouh), Tahkout Mahieddine, Tahkout Rachid, frère de Mahieddine, Tahkout Nacer, Tahkout Billel, Baïri Mohamed, Ould Youcef Mohamed, Boudia Ibrahim.

    Ces derniers et leurs proches ont fait l’objet d’une décision de confiscation de passeport, tandis que l’enquête se poursuit avec d’autres symboles de la corruption. Cette enquête a été confiée à la brigade de recherche de la Gendarmerie nationale de Bab J’did, à Alger. Les oligarques, leurs familles et proches y sont ciblés. Toujours selon la même source, la Gendarmerie s’intéressera à la fortune de ces hommes d’affaires en Algérie ainsi qu’à l’étranger.

    Par ailleurs, depuis la matinée d’avant-hier, tous les avions privés, immatriculés en Algérie ou à l’étranger, sont interdits de vol. Une instruction de la Direction de l’aviation civile a été adressée à tous les aéroports du pays. Aucun avion privé appartenant à un Algérien, qu’il soit immatriculé en Algérie ou à l’étranger, ne peut décoller des aéroports algériens ou y atterrir en provenance de l’étranger.

    Plusieurs jets privés appartenant à des hommes d’affaires algériens sont cloués au sol suite à cette interdiction.

    Pour rappel, le célèbre homme d’affaires Ali Haddad, deuxième fortune du pays, a été arrêté avant-hier tard dans la nuit au poste frontalier d’Oum Tboul en possession d’une somme d’argent en devises et d’un passeport britannique.

    Le patron du groupe ETRHB avait dissimulé l’argent dans ses valises et s’apprêtait à quitter le pays à bord d’un véhicule de marque Passat immatriculé à Alger. Le mis en cause a été rapatrié vers Alger par les services de la Gendarmerie nationale pour une enquête approfondie confiée aux sections et aux brigades économiques et financières.

    L’arrestation d’Ali Haddad, ex-patron du Forum des chefs d’entreprises, ainsi que la vaste enquête menée par la justice à l’encontre de plusieurs hommes d’affaires et de hauts responsables pour des faits de corruption et de dilapidation d’argent public, marquera sans doute le lancement d’une chasse aux oligarques longtemps protégés par le système.

    Le Jeune Indépendant, 1er avr 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, oligarchie, fortunes, corruption, malversation,