Étiquette : MBS

  • Le roi Salmane, boude-t-il le Maroc?

    Selon le site Mondafrique, le roi Salmane d’Arabie Saoudite ne s’est pas rendu à Tanger cet été « en raison des très mauvaises relations entre son pays et le Maroc ». Pour la deuxième année, le souverain saoudien, boude ses vacances à Tanger, une ville qui s’était habitué à ses visites et ses dépenses faramineuses.

    Dans un article signé Nicolas Beau, le site Mondafrique que les relations entre le Maroc et le royaume des Al Saoud ne sont plus aussi chaleureuses qu’auparavant, ce qui a poussé le prince héritier Mohamed Ben Salmane a empêcher son père de se rendre dans son luxueux palais de Tanger.

    Lorsque le roi Salmane se rendait à cette ville du nord du Maroc, il était accompgné d’une impressionnante cour composée de près de 1000 personnes dont la présence fait beaucoup de bien à l’économie et la population de la ville. Elle occupait au moins 800 chambres d’hôtels et permettait aux entrerpises de louer près de 200 voitures de luxe et de mobiliser des centaines d’emplois en plus des sociétés de restauration, livraisons, services, gardes du corps, jardiniers,etc.

    Le journal israélien Haaretz affirme que le roi Salmane bin Abdelaziz Al Saoud a déboursé en un mois pas moins de 100 millions de dollars lors de son séjour très médiatisé dans la ville du détroit. D’après la même source, ce voyage à lui seul pourrait représenter 1,5% des revenus annuels du royaume provenant du tourisme étranger.

    Avant 2015, le roi Salmane passait ses vacances d’été dans sa résidence de Vallauris, su sud de la France, où il avait fait privatiser la plage publique de la Mirandole et qu’il a dû quitter après avoir reçu un accueil mouvementé suite à la polémique suscitée par la décision d’interdire au public l’accès au littoral voisin de la villa royale de Golfe-Juan.

    Tags : Maroc, Tanger, Roi Salmane, Al Saoud, MBS,



  • Trump à MBS: "Coupez la production ou perdez le soutien militaire US"

    Alors que les États-Unis mettaient sous pression l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.
    « Lors d’une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.
    La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n’a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l’offre de pétrole alors que la demande s’effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.
    Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l’annonce de coupes dans la production du pétrole.

    Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.
    Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l’industrie pétrolière américaine d’une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.
    Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu’il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d’approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l’essence. Maintenant, Trump demande à l’OPEP de réduire la production.
    Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L’officiel a résumé l’argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »
    Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d’Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n’ai pas eu à le lui dire… Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »
    Interrogé sur ce qu’il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l’ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.
    Le bureau de presse du gouvernement saoudien n’a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l’accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l’OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.
    « L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.

    Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.
    Le soutien à cette mesure a pris de l’ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l’approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d’approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d’approvisionnement de l’OPEP.
    Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu’il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.
    Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l’Arabie saoudite qu’il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».
    Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole saoudiennes.
    Aujourd’hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.

    Source : Press TV, 1 mai 2020
    Tags : Arabie Saoudite, Pétrole, Etats-Unis, OPEP, Russie, Donald Trump, pandémie, coronavirus, covid-19, production, MBS,
  • Trump à MBS: « Coupez la production ou perdez le soutien militaire US »

    Alors que les États-Unis mettaient sous pression l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.
    « Lors d’une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.
    La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n’a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l’offre de pétrole alors que la demande s’effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.
    Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l’annonce de coupes dans la production du pétrole.

    Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.
    Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l’industrie pétrolière américaine d’une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.
    Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu’il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d’approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l’essence. Maintenant, Trump demande à l’OPEP de réduire la production.
    Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L’officiel a résumé l’argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »
    Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d’Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n’ai pas eu à le lui dire… Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »
    Interrogé sur ce qu’il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l’ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.
    Le bureau de presse du gouvernement saoudien n’a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l’accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l’OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.
    « L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.

    Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.
    Le soutien à cette mesure a pris de l’ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l’approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d’approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d’approvisionnement de l’OPEP.
    Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu’il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.
    Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l’Arabie saoudite qu’il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».
    Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole saoudiennes.
    Aujourd’hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.

    Source : Press TV, 1 mai 2020
    Tags : Arabie Saoudite, Pétrole, Etats-Unis, OPEP, Russie, Donald Trump, pandémie, coronavirus, covid-19, production, MBS,
  • Bin Salman montre la faiblesse de la monarchie saoudienne, pas sa force

    Francesca Salvatore

    Inside Over, 12 mars 2020

    Mala tempora currunt pour la monarchie saoudienne. La maison royale, point de référence de la pétromonarchie, ne semble pas aussi forte qu’elle le souhaite. Enquêtes, excellentes arrestations, initiatives majeures et défis pour l’avenir: en regardant Riad de l’extérieur, on dirait une monarchie d’acier absolue et Mohammed bin Salman semblerait être son prophète, interprète et leader incontesté. Cependant, ces manifestations frappantes, souvent schizophrènes, sont le symptôme d’une crise de légitimité qui se traduit souvent par un syndrome de conspiration persistant qui conduit bin Salman à faire souvent des nettoyages drastiques de son entourage.
    L’architecture de Saoud s’effondre
    Bin Salman est très différent de ses ancêtres, c’était clair dès le départ. Son grand-père, le roi Abdelaziz Ibn Al Saud, le deus ex machina de l’Arabie moderne, a fondé l’État saoudien sur trois piliers: la redistribution de la richesse pétrolière entre les sujets du royaume en échange de la loyauté royale, un lien fort avec l’establishment Wahabite et, chef-d’œuvre de sa politique étrangère, ont scellé une alliance stratégique avec les États-Unis.
    Cependant, malgré tous les efforts, ce système s’effrite. Avec une population croissante et une économie tributaire du pétrole, l’Arabie saoudite fait face à une crise que les paillettes et les néons Vision 2030 ne peuvent pas résoudre. L’héritier du trône n’a pas vraiment tenté de démanteler les structures oligarchiques qui étouffent l’économie saoudienne, il a simplement remplacé les anciens potentats par de nouveaux, très fidèles à lui. Jusqu’à la prochaine purge. Sans parler du peuple saoudien, à qui il demande de subir l’austérité sans essayer de faire face à une pauvreté généralisée.
    Tags : Arabie Saoudite, MBS, Mohamed Bin Salman, wahabite,
  • Selon un journal allemand le differend maroco-saoudien est : Mohammed contre Mohammed

    Différend entre le Maroc et l’Arabie Saoudite: Mohammed contre Mohammed

    Le Maroc et l’Arabie saoudite sont des alliés proches depuis des décennies, mais les relations se sont considérablement détériorées. Le roi Mohammed VI ne veut pas suivre les pas du prince héritier saoudien.

    Quand deux gouvernements parlent souvent d’entente, il y a quelque chose qui ne va pas. C’est le cas depuis quelques mois entre le Maroc et l’Arabie Saoudite. « Nos relations diplomatiques avec les pays du Golfe sont solides, en particulier avec l’Arabie saoudite « , a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita en février. L’Arabie saoudite est satisfaite de ses relations de longue date avec le Maroc, a répondu mardi Abdullah bin Mohammed Al Al-Sheikh, président du Conseil de la Choura, qui conseille le roi Salman.

    Mais les déclarations amicales ne peuvent cacher le fait que les relations entre les deux monarchies se sont considérablement refroidies au cours des deux dernières années. Comme tant d’autres choses, cela a à voir avec l’ascension de Mohammed bin Salman au rang de prince héritier d’Arabie Saoudite.

    Lorsque l’héritier du trône – appelé MBS – a imposé un blocus à son voisin Qatar en mai 2017, il s’est appuyé sur son homonyme marocain, le roi Mohammed VI, pour rejoindre le boycott. Après tout, les deux monarchies sunnites ont toujours été en ligne avec les grandes questions politiques – la lutte contre le socialisme et le panarabisme, les liens étroits avec les États-Unis, la résistance à l’influence de l’Iran dans le monde arabe – pendant des décennies.

    Le roi Salman renonce aux vacances d’été au Maroc

    Il est donc d’autant plus surprenant que le Roi Mohammed ait annoncé il y a deux ans que le Maroc voulait rester neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le Qatar. De plus, en novembre 2017, le monarque a même rendu visite au Cheikh Tamim, l’Emir du Qatar. Il a également commandé des vivres à l’état nain scellé. Alors que les médias du Qatar célébraient l’invité marocain comme le « premier briseur de blocus », le mécontentement s’est manifesté à Riyadh.

    En juin 2018, l’Arabie Saoudite a battu le Maroc pour accueillir la Coupe du Monde de Football 2026 et la maison de Riyad a non seulement annoncé publiquement son soutien à la candidature conjointe du Canada, des Etats-Unis et du Mexique. Il a également été garanti que la majorité des États arabes votent contre la candidature du Maroc.

    Puis, l’année dernière, le roi Salman a renoncé à ses vacances d’été traditionnelles au Maroc. Le monarque passe en général plusieurs semaines sur le terrain de 74 hectares de son palais près de Tanger, accompagné d’un entourage d’un millier de serviteurs. Le roi Salman devrait dépenser environ cent millions d’euros par an au Maroc, ce qui représente à lui seul environ 1,5 % des recettes touristiques annuelles du pays. Mais en 2018, le roi âgé a préféré passer ses vacances d’été dans son propre pays – dans le nouveau mégaprojet Neom sur la mer Rouge.

    Piqûres sur les médias

    Puis, en octobre, lorsque MBS a subi des pressions internationales à cause du meurtre de Jamal Khashoggi, la famille royale du Maroc, contrairement à la plupart des autres États arabes, a évité d’assurer le Prince héritier de son soutien. En novembre, MBS a fait une tournée dans le monde arabe pour recueillir des déclarations de solidarité. Il a fait des escales aux Emirats Arabes Unis, à Bahreïn, en Egypte et en Mauritanie – le roi Mohammed VI ne voulait pas le recevoir. Le monarque avait un emploi du temps serré, le ministre des Affaires étrangères Bourita l’a ensuite poussé à faire une déclaration.

    Depuis le début de l’année, les tensions entre Rabat et Riyad se sont à nouveau intensifiées. En janvier, le ministre des Affaires étrangères, M. Bourita, a annoncé que le Maroc avait pratiquement mis fin à son engagement militaire dans la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen. Il l’a fait savoir dans une interview à Al Jazeera. La chaîne d’information est basée à Doha et est considérée par l’Arabie saoudite comme une chaîne ennemie. MBS a fait de la fermeture de la chaîne une condition pour mettre fin au blocus contre le Qatar.

    Encore une fois, il n’a pas fallu longtemps pour que la maison royale des Saoud lui rende la pareille, y compris par l’intermédiaire des médias. La chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, financée par l’Arabie saoudite, a diffusé un documentaire mettant en cause la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Le film décrit le territoire désertique comme un « territoire occupé » et laisse la parole à l’organisation de libération du Sahara occidental, Polisario.

    Rabat a ordonné aux ambassadeurs de revenir

    Pour Rabat, c’est une aberration : le Maroc considère le Sahara Occidental comme un territoire marocain depuis 1975 – une revendication qui a jusqu’à présent été également reconnue par l’Arabie Saoudite.

    Une semaine plus tard, Rabat rappela son ambassadeur. Officiellement pour des consultations sur les relations diplomatiques entre le Maroc et l’Arabie Saoudite.

    Entre-temps, le diplomate est retourné à Riyad. Mais il faudra beaucoup de temps avant que les relations entre les deux maisons royales soient aussi bonnes qu’elles l’étaient auparavant. Les relations avec le Maroc sont ainsi devenues un exemple de la façon dont le prince héritier MBS, avec sa politique impulsive, frappe à plusieurs reprises des alliés bien intentionnés dans la tête.

    En résumé : Les relations entre les maisons royales au Maroc et en Arabie Saoudite n’ont jamais été aussi mauvaises. Le roi Mohammed VI ne participe pas au blocus du Qatar par l’Arabie saoudite et a largement mis fin à son implication militaire dans la guerre au Yémen. Entre-temps, Rabat a même ordonné à son ambassadeur de rentrer de Riyad. Le conflit est mené entre autres par les médias et dans la politique sportive.

    Spiegel Online

  • Maroc: Note d’alerte sur l’Arabie saoudite, la Turquie et le Moyen-orient

    15 mars 2010

    Arabie saoudite – Turquie – Moyen-orient

    Le 09 mars dernier, le Premier Ministre turque Recep Tayyip Erdogan a reçu, à Ryad, des mains du Roi Abdallah d’Arabie Saoudite le prix international du Roi Fayçal (catégorie service à l’Islam).

    Les observateurs ont émis plusieurs hypothèses pour expliquer le geste saoudien qu’on peut résumer en trois points :

    · Les saoudiens encouragent Erdogan dans sa politique de liquidation du legs d’Atatürk.

    · Les saoudiens cherchent en la Turquie un allié pour contrer la tendance iranienne à étendre son hégémonie sur la région. La Turquie a sa propre vision du leadership, inspirée d’une stratégie néo-othomane. Les saoudiens veulent profiter de la rivalité historique entre turques et perses.

    · Les saoudiens appuient les efforts turques visant à consolider leurs relations avec le monde arabe en prenant un rôle plus actif sur les dossiers intéressant la région Moyen-Orient.

    Source: Maroc Leaks

    Tags : Turquie, Arabie Saoudite, Jamal Khashoggi, MBS, Mohamed Ben Salmane,