Étiquette : menace terroriste

  • Le cœur du terrorisme international bat au Maroc (opinion)

    Selon Orilio Bahia, un exilié marocain en Suisse, « le bizness du terrorisme islamiste rapporte bien au régime tyrannique marocain mieux que la drogue et le Sexe ». Si on y ajoute la religion, c’est le buzz assuré !, précise-t-il. « Enfin vous êtes devant une culture de barbarisme en train de préparer des  » terroristes « de demain », ajoute-t-il.

    D’après l’activiste marocain, « le roi du Maroc Mohamed VI se trouve derrière la création des mouvements islamistes fascistes salafistes. Il y’a un lien entre les groupes terroristes et les services des renseignements marocains du roi, comme c’est le cas avec Al-Qaïda au Maghreb islamique, et en particulier le groupe Tawhid et Jihad ».

    Pour lui, le mot terrorisme émanant des idéologies radicales existe au royaume du Maroc, « parce que les mouvements salafistes Djihadistes et ‘Hijra wa Takfir’ et autres ne sont que des scénarios produites par les services secrets marocains, profitant de l’implication de quelques ralliés de la guerre d’Afghanistan, nommés par ces organes ‘les marocains afghans’ ».

    M. Bahia affirme que le régime marocain uitlise la menace terroriste pour souttirer de l’argent aux pays occidentaux et monte des scénarii à travers des attentats terroristes au Maroc « pour faire croire pour faire croire aux pays touchés qu’il existe un terrorisme radicale transcontinentale ». Il est certain que la DGED, le service d’espionnage extérieur marocain « a une relation indirecte dans le financement de Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) pour reprendre son activité dans la région afin de tuer deux oiseaux d’un seul coup » : d’un côté « impliquer l’Algérie et la classifier comme un foyer et sponsor du terrorisme » et « coller au Polisario l’étiquette d’organisation terroriste », de l’autre.

    « L’islamisme radical, et son corollaire la menace terroriste, ont nettement évolué sous règne du tyran le roi Mohamed VI« commandeur des croyants ! », conclue-t-il dans un article publié sur son blog en date du 17 septembre 2020.

    Tags : Maroc, terrorisme, Mohammed VI, Orilio Bahia, menace terroriste, DGED, services secrets marocains, 

  • Maroc : Un sahraoui ouvre la boîte de Pandore terroriste

    Lorsque Mohamed Dihani a entamé son travail de thérapie, il était loin d’imaginer que sa sortie était si attendue par des milliers de jeunes marocains qui ont été sacrifiés au nom de la lutte antiterroriste.
    L’activiste sahraoui des droits de l’homme est arrivée en Tunisie dans le cadre d’un programme de thérapie conçu pour aider les victimes de la torture à se débarrasser des séquelles de celle-ci. Il y a un peu plus d’une semaine, il a entamé une série de live à travers les réseaux sociaux en vue de partager avec le public marocain son expérience dans les prisons marocaines.
    Dihani a été arrêté pour la deuxième fois en 2010 dans la ville d’El Aaiun, capitale du Sahara Occidental occupée par le Maroc depuis 1975. Dans la prison de Temara, il a subi les pires supplices en vue de le forcer à accepter de participer dans un plan de conception de fausses cellules terroristes en vue d’accuser les sahraouis de collision avec la mouvance terroriste.
    Pendant son séjours en prison, qui a duré plus plus de 5 ans, il a eu l’occasion de rencontrer d’autres marocains qui ont été manipulés dans le cadre des opérations des services secrets marocains en vue d’instrumentaliser la menace terroriste au service des thèses expansionnistes marocaines, notamment le soutien des Etats-Unis à l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc.
    Les révélations faites par Dihani sur la toile ont eu un large écho au niveau des milliers de marocains qui se sont identifiés avec lui dans sa souffrance et dans l’injustice qu’il a vécue en prison pour la simple raison de refuser de participer à une mascarade visant à tromper les alliés occidentaux du Maroc.

    Des dizaines de marocains ont exprimé leur solidarité avec lui et ont promis de révéler ceux qu’ils ont vu dans les prisons Temara et de Salé-2 et comment les services marocains poussent des jeunes innocents à s’impliquer dans des opérations terroristes téléguidées par les services de la DST marocaine et comment, moyennant les méthodes de torture les plus cruelles, ces jeunes sont poussés aux aveux forcés.
    Conscient de la boîte de Pandore que M. Dihani vient d’ouvrir, le Makhzen tente de faire pression sur la Tunisie pour l’amener à extrader ce sahraoui dont le seul crime a été de raconter son calvaire sur les réseaux sociaux.
    Selon son avocat, Nicolo Bussolti, Mohamed Dihani a été informé par les autorités tunisiennes que le Maroc a sollicité son extradition pour des accusations liées au terrorisme. Après avoir entendu sa version des faits, il a été reconduit chez lui en vue d’apporter quelques documents relatifs à sa présence en Tunisie. Il a déclaré avoir reçu un traitement courtois et respectueux.
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, front Polisario, terrorisme, menace terroriste, 
  • Lutte antiterroriste : Comment le Maroc a dupé ses alliés occidentaux

    Avec la fin de la Guerre Froide, le Maroc a perdu un de ses principaux atouts pour attirer le soutien de l’Occident dans la question du Sahara Occidental : La lutte contre l’expansion du socialisme. Grâce à cela, la France, les Etats-Unis et les monarchies bananières du Golfe Persique, versaient sans compter dans les caisses de l’armée marocaine qui se livrait à des combats acharnés contre les guérilleros sahraouis. A cette époque-là, le roi Hassan II n’hésitait pas à crier qu’il y avait des combattants cubains et vietnamiens parmi les rangs des maquisards sahraouis. Pour renforcer ses liens avec les prétendues démocraties occidentales, le Maroc envoyait, régulièrement, ses soldats combattre à côté de ceux de l’OTAN en Afrique, en Irak et ailleurs. « Vous voulez empêcher l’influence soviétique d’envahir le continent noir, je suis votre homme pour la réussite de cette entreprise », ressassait sans cesse l’ancien despote marocain. Mobutu et certains autres dirigeants africains, imposés à leurs peuples par l’Occident, disaient pareil.

    Cependant, cette situation a changé avec la chute de l’Empire Soviétique. Le grand loup du communisme n’existe plus laissant lieu à une nouvelle configuration dans laquelle le Maroc doit se positionner en vue de garder le soutien de ses alliés occidentaux contre les droits légitimes du peuple sahraoui. Cette nouvelle configuration est caractérisée par la création d’un nouvel ennemi. Avec l’aide de ses anciens protégés des monarchies des pétrodollars, en vue de garder sa mainmise sur les ressources pétrolières, l’OTAN a créé la menace terroriste.

    Dès l’annonce de la fin de la Guerre Froide, les Etats-Unis ont décidé qu’il est temps de mettre fin au conflit du Sahara Occidental. C’est ainsi que l’ONU a imposé un cessez-le en 1991 proclamant le droit à l’autodétermination comme seule issue à ce long contentieux.

    Acculé par cette nouvelle donnée qui lui ôtait sa carte maîtresse, Hassan II qui ne pouvait plus vendre de l’anticommunisme et par le désir de léguer à son fils une monarchie stable accepta le cessez-le-feu proclamé par l’ONU au Sahara Occidental en 1991. Au même temps qu’il libérait les prisonniers politiques sahraouis, il décréta une amnistie générale en faveur des survivants du mouroir de Tazmamart et des centaines de détenus politiques qui croupissaient dans ses geôles.

    Pour s’assurer l’éternité de sa monarchie, rien de mieux qu’une opération de maquillage pour relooker un pouvoir fondé sur le sang et le crime. Ainsi, les centaines de détenus politiques purent, à la faveur de cette opération, recouvrer leur liberté et obtenir des réparations financières symboliques pour les tortures et les privations infligées par le roi le plus sanguinaire de l’histoire du Maroc.

    Les rentes provenant de l’Occident se tarissaient sans cesse puisque le danger communiste qui « menaçait » l’Afrique a disparu inexorablement.

    Ainsi, du jour au lendemain, les autorités marocaines se sont retrouvés dos au mur face à la légalité internationale et sans plus rien à vendre aux alliés occidentaux. La seule voie se trouvant devant eux était de participer au jeu de la menace antiterroriste. Sans foi ni loi, les responsables marocains, dirigés par un roi affaibli par la maladie et le goût des loisirs, n’ont pas hésité à manipuler leurs citoyens en vue de les pousser à commettre des attentats terroristes.

    Leur premier objectif a été l’Espagne, pays qui aux yeux de l’ONU est considéré comme puissante administrante du territoire sahraoui et dont le président José María Aznar a donné des fils à tordre à la monarchie marocaine en raison de sa ferme position de défense du droit à l’autodétermination. Son parti, le Parti Populaire, était censé gagner les élections pour la troisième fois consécutive. L’attentat visant les trains de Madrid le 11 mars 2004 a bouleversé la donne. Avec une majorité assez confortable, les socialistes ont pris les rennes du pouvoir en Espagne. L’écrasante majorité des auteurs de cet acte criminel était des marocains et les services secrets marocains ont été pointé du doigt par un large secteur de l’opinion publique espagnole.

    Le succès récolté après ces attentats était énorme. Du jour au lendemain, le gouvernement espagnol a opéré un revirement de 180 degrés dans sa politique vis-à-vis de son ancienne colonie. De fervent défenseur du référendum, l’Espagne est passé à être le premier défenseur d’une solution basée sur une autonomie au sein du Royaume du Maroc. Depuis, les socialistes sont devenus des ambassadeurs de la « cause marocaine ».

    Grâce au soutien inconditionnel d’une France guidée toujours par ses ambitions en Afrique, le Maroc obtiendra un « statu avancé » auprès de l’Union Européenne et poursuivra son action dans l’art de gagner sans mérite des aides économiques substantielles sans se soucier de ces actes criminels ni de ses violations quotidiennes des droits de l’homme.

    La montée de plus en plus reconnue de l’Algérie en tant que puissance régionale après son succès dans la lutte contre le terrorisme a suscité les craintes des voisins de l’Est. Pour le pouvoir marocain, ce positionnement algérien est synonyme d’indépendance du Sahara Occidental, une question considérée comme vitale pour la monarchie marocaine.

    Face à cette indéniable réalité, les autorités marocaines ont poussé des milliers de salafistes marocains à rejoindre l’État Islamique en Irak et en Syrie au même temps qu¡ils multipliaient les annonces de démantèlement de cellules terroristes présumées.

    Concluant que les annonces accompagnés de fortes opérations médiatiques et de communiqués triomphalistes n’ont pas contribué à pencher la balance diplomatique en faveur du Maroc dans son ambitionne de raffermir sa colonisation du territoire sahraoui riches en ressources naturelles, les décideurs marocains sont passés à la vitesse supérieure en frappant au cœur de cet Europe qui, en échange des accords commerciaux bilatéraux, tente de leur imposer un agenda démocratique dont ils ne veulent pas. C’est ainsi qu’arrivèrent les attentats de Paris, Bruxelles, Barcelone en 2015, 2016 et 2017.

    Mohamed Dihani, un prisonnier politique sahraoui a eu l’occasion de connaître certaines des méthodes préconisées par les services de la DST marocaine en vue de pousser leurs concitoyens à commettre des attentats terroristes. Dans ce but, des membres du clergé salafiste agissent de l’intérieur de la prison de Salé-2, devenue le premier usine de fabrication de terroristes marocains.

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, terrorisme, menace terroriste, guerre froide, Mohammed VI, Hassan II,

  • Maroc : La pandémie utilisée pour museler les libertés – Le chantage de Mohammed VI

    LE MAROC PREND PRÉTEXTE DE L’ÉPIDéMIE DU CORONA POUR MUSELER LES LIBERTÉS : Le chantage de Mohamed VI

    Alors que des lois liberticides ont été « passées en catimini » à la faveur de cette pandémie, les services secrets marocains n’hésitent pas à recourir aux procédés les plus vils et les plus bas qui soient pour neutraliser toutes les voix et voies « dissonantes ».
    Cette fois-ci, les révélations et les dénonciations nous viennent d’un ex-détenu politique, auteur d’un témoignage tout aussi poignant que révoltant. Profitant de l’état de confinement provoquée par la pandémie du covid-19, le gouvernement marocain a ainsi tenté de faire approuver par le Parlement un projet de loi visant à serrer l’étau autour de l’utilisation des réseaux sociaux portant ainsi une grave atteinte à la liberté d’expression. 
    Craignant la fermeture de cet espace de liberté après l’approbation du projet de loi 22.20 par le Conseil du Gouvernement le 19 mars 2020, l’activiste des droits de l’homme sahraoui, Mohamed Abdelmoula Dihani, a souhaité laisser un témoignage audiovisuel sur ce qu’il a vécu dans la sinistre prison marocaine de Temara et dénoncer les pratiques des services secrets marocains visant à instrumentaliser la menace terroriste pour des visées politiques et pour raffermir son occupation du Sahara occidental.

    En avril 2010, Dihani se trouvait à la ville d’El Ayoune, capitale du Sahara occidental occupée par le Maroc. Il était arrivé d’Italie à l’occasion de la libération d’un de ses proches parents. Le 28 de ce même mois, il est sorti pour fumer une cigarette et a été interpellé par des agents des services secrets marocains. Menotté, embarqué dans un véhicule et amené au poste des renseignements sis à l’Avenue de la Mecque. De là, il a été conduit à la prison de Temara où, selon lui, se trouvait, à l’époque, le bureau d’Abdellatif El Hammouchi et où étaient planifiées toutes les opérations destinées au territoire du Sahara occidental et la création et prétendu démantèlement de cellules terroristes en vue de faire pression sur certains pays et obtenir leur soutien, dont l’Union européenne et les États-Unis. 
    Dans une cellule, complètement dénudé et menotté, pour subir les pires sévices corporels ainsi que d’indicibles humiliations. Après 3 jours de supplices, il a été conduit dans un bureau d’interrogatoire où il y avait Abdelhak Alkhiam, le n° 2 de la DST, et le général Abdelaziz Bennani, commandant de la région sud. « Tu vas nous dire où tu as caché les armes que tu as introduites de l’Algérie ou de la Mauritanie», lui disaient-ils. «Nous avons des informations sûres que tu as introduit des armes. Nous ne voulons pas te garder en prison. Tout ce que nous souhaitons c’est que tu nous dises où se trouvent ces armes. Nous savons où elles se trouvent et nous savons qui étaient avec toi et comment vous les avez introduites », ont-ils affirmé. 
    Après avoir nié toutes ces accusations, il a été reconduit dans sa cellule pour subir de nouvelles séances de tortures les plus cruelles. Ils lui ont proposé 10 millions de DH (1 million de dollars) s’il acceptait de travailler avec eux et jouer le jeu qui consiste à recruter, sous les directives des services de renseignement marocains, un groupe de personnes qui, selon eux, avait des idées radicales et les amener au Sahara occidental. L’objectif était d’accuser ce groupe de vouloir commettre des attentats contre la MINURSO ou des personnalités sahraouies connues pour leur défense des thèses marocaines et commettre un attentat terroriste dans le territoire sahraoui et présenter les sahraouis comme une menace potentiel pour les intérêts des États-Unis et de l’Europe.
    Ce n’est du reste pas la première fois que le Maroc s’acoquine avec des terroristes dans le but de s’en servir contre l’Algérie et le Polisario. Les sévères retours de flamme qu’il en a subis ne semblent donc pas lui avoir servi de leçon puisqu’il persiste et signe dans cette voie suicidaire. Bref, et suite à la condamnation par la communauté internationale de la violente répression qui a accompagné le démantèlement du camp de Gdeim Izik le 8 novembre 2010, les autorités marocaines ont annoncé le 5 janvier 2011, l’arrestation de 27 personnes, «dont un membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique», dans le cadre de la prétendue «cellule d’Amgala», une localité sahraouie se trouvant à la limite entre les territoires sahraouis occupés par le Maroc et ceux contrôlés par le Front Polisario. «C’est la première fois que le Maroc fait état de l’arrestation d’un membre actif d’AQMI sur son territoire », indique une dépêche de Radio France International. 
    Après sa rencontre avec les accusés, Dihani raconte qu’ils affirment avoir été manipulés par l’État marocain, qu’ils étaient loin de porter des idées intégristes et que la majorité des membres de ce groupe n’était pas pratiquant (ils n’accomplissaient pas la prière). Mohamed Dihani est convaincu que ses bourreaux avaient l’intention de l’impliquer dans cette mascarade destinée à diaboliser les sahraouis. Pendant son séjour dans la prison de Temara, M. Dihani a rencontré de nombreux marocains innocents qui se trouvaient en prison après avoir été manipulés par les services secrets marocains en vue de commettre des attentats au Maroc. Parmi eux, des auteurs des attentats de Casablanca (2003) qui lui ont assuré que le commanditaire de cette opération n’a pas été arrêté en raison de son appartenance aux services de sécurité marocains. Entre décembre 2011 et mars 2012, il a aussi rencontré Adil El Othmani, l’auteur présumé de l’attentat contre le Café Argana (avril 2011), à Marrakech qui lui a assuré qu’en tant que collaborateur des services de renseignements marocains, il avait reçu l’ordre de rejoindre l’État Islamique en Irak.
    Dans ses tentatives, il a été arrêté par les autorités libyennes et syriennes et libéré grâce à l’intervention des autorités marocaines. Une fois de retour au Maroc, il a reçu l’ordre de déposer une bombe au Café Argana. Dihani affirme aussi avoir rencontré un groupe de marocains inculpés de tentative d’attentat contre la base américaine de Tan-Tan. Tout en proclamant leur innocence, ils affirment avoir été manipulés de bout en bout dans ces scabreuses affaires.
    Mohamed Abdoun
    Tags : Maroc, Sahara occidental, Front Polisario, terrorisme, menace terroriste, Mohamed Dihani, cellule d’Amgala, MINURSO,
  • Un ex-prisonnier politique sahraoui dénonce l’instrumentalisation de la menace terroriste par le Maroc.

    Profitant de l’état de confinement provoquée par la pandémie de covid-19, le gouvernement marocain a tenté de faire approuver par le Parlement un projet de loi visant à serrer l’étau autour de l’utilisation des réseaux sociaux portant ainsi une grave atteinte à la liberté d’expression.

    Craignant la fermeture de cette espace de liberté après l’approbation du projet de loi 22.20 par le Conseil de Gouvernement le 19 mars 2020, l’activiste des droits de l’homme sahraoui, Mohamed Abdelmoula Dihani, a saouhaité laisser un témoignage audio-visuel sur ce qu’il a vécu dans la prison marocaine de Temara et dénoncer les pratiques des services secrets marocains visant à instrumentaliser la menace terroriste pour des visées politiques et pour raffermir son occupation du Sahara occidental.

    En avril 2010, Dihani se trouvait à la ville d’El Aaiun, capitale du Sahara Occidental occupée par le Maroc. Il était arrivée d’Italie à l’occasion de la libération d’un de ses proches parents.

    Le 28 avril, il est sorti pour fumer une cigarette et a été interpellé par des agents des services secrets marocains, menotté, embarqué dans un véhicule et amené au post des renseignements sis à l’Avenue de la Mecque. De là, il a été conduit à la prison de Temara où, selon lui, se trouvait, à l’époque, le bureau d’Abdellatif El Hammouchi et où étaient planifiées toutes les opérations destinées au territoire du Sahara Occidental et la création et prétendu démantèlement de cellules terroristes en vue de faire pression sur certains pays et obtenir leur soutien, dont l’Union Européenne et les Etats-Unis.

    Dans une cellule, complètement dénudé et menotté, son calvaire a été illustré par le dessinateur marocain Abdellatif Zeraïdi (voir images ci-jointes)

    Après 3 jours de supplices, il a été conduit dans un bureau d’interrogatoire où il y avait Abdelhak Alkhiam, le nº 2 de la DST, et le général Abdelaziz Bennani, commandant de la région sud.

    « Tu vas nous dire où tu as caché les armes que tu as introduites de l’Algérie ou de la Mauritanie», lui disaient-ils.  « Nous avons des informations sûres que tu as introduit des armes. Nous voulons pas te garder en prison. Tout ce que nous souhaitons c’est que tu nous dises où se trouvent ces armes. Nous savons où elles se trouvent et nous savons qui étaient avec toi et comment vous l’avez introduites », ont-ils affirmé.

    Après avoir nié toutes ces accusations, il a été reconduit dans sa cellule pour subir de nouvelles séances de tortures les plus cruelles. Ils lui ont proposé 10 millions de DH (1 million de dollars) s’il acceptait de travailler avec eux et jouer le jeu qui consiste à recruter, sous les directives des services de renseignement marocains, un groupe de personnes qui, selon eux, avait des idées radicales et les amener au Sahara Occidental. L’objectif était d’accuser ce groupe de vouloir attenter contre la MINURSO ou des personnalités sahraouies connues pour leur défense des thèses marocaines et commettre un attentat terroriste dans le territoire sahraoui et présenter les sahraouis comme une menace potentiel pour les intérêts des Etats-Unis et de l’Europe.

    Suite à la condamnation par la communauté internationale de la violente répression qui a accompagné le démantèlement du camp de Gdeim Izik le 8 novembre 2010, les autorités marocaines ont annoncé le 5 janvier 2011, l’arrestation de 27 personnes, « dont un membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique », dans le cadre de la prétendue « cellule d’Amgala », une localité sahraouie se trouvant à la limite entre les territoires sahraouis occupés par le Maroc et ceux contrôlés par le Front Polisario. « C’est la première fois que le Maroc fait état de l’arrestation d’un membre actif d’AQMI sur son territoire », indique une dépêche de Radio France International.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=6HBWwhCe3dQ&w=560&h=315]

    Après sa rencontre avec les accusés, Dihani raconte qu’ils affirment avoir été manipulés par l’État marocain, qu’ils étaient loin de porter des idées intégristes et que la majorité de ce groupe n’était pas pratiquant (ils n’accomplissaient pas la prière).

    Mohamed Dihani est convaincu que ses bourreaux avaient l’intention de l’impliquer dans cette mascarade destinée à diaboliser les sahraouis.

    Pendant son séjour dans la prison de Temara, M. Dihani a rencontré de nombreux marocains innocents qui se trouvaient en prison après avoir été manipulés par les services secrets marocains en vue de commettre des attentats au Maroc. Parmi eux, des auteurs des attentats de Casablanca (2003) qui lui ont assuré que le commanditaire de cette opération n’a pas été arrêté en raison de son appartenance aux services de sécurité marocains.

    Entre décembre 2011 et mars 2012, il a aussi rencontré Adil El Othmani, l’auteur présumé de l’attentat contre le Café Argana (avril 2011), à Marrakech qui lui a assuré qui, en tant que collaborateur des services de renseignements marocains, avait reçu l’ordre de rejoindre l’État Islamique en Irak. Dans ses tentatives, il a été arrêté par les autorités libyennes et syriennes et libéré grâce à l’intervention des autorités marocaines. Une fois de retour au Maroc, il a reçu l’ordre de déposer une bombe au Café Argana.

    Dihani affirme avoir rencontré un groupe des marocains inculpés de tentative d’attentat contre la base américaine de Tan-Tan. Toute en proclamant leur innocence, ils affirment avoir été manipulés.

    Annexe :

    Avis adoptés par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire de Mohamed Dihani

    Imagina que eres Mohamed Dihani, Observatorio aragonés para el Sahara Occidental

    El inquietante caso del «terrorista» y supuesto yihadista saharaui Mohamed Dihani, Espacios Europeos

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Mohamed Dihani, Maroc, menace terroriste, terrorisme, manipulation, instrumentalisation, services secrets marocains,

  • Ali Aarrass et « l’efficacité et l’intelligence des services de sécurité marocains » (dixit Joëlle Milquet)

    Le 1er avril 2015, cela fera 7 ans qu’Ali Aarrass se trouve derrière les barreaux.

    Le 1er avril 2008, Ali a été arrêté par les autorités espagnoles dans l’enclave espagnole de Melilla, ville où il est né. Il y fût arrêté, suite à un mandat d’arrêt international pour terrorisme, émis par les autorités marocaines, dans le cadre du démantèlement de « la cellule terroriste Belliraj ».
    Le Maroc obtient aussi l’arrestation, pour les mêmes motifs, d’un hispano-marocain, Mohamed El Bay.

    De l’Espagne à la prison de Salé II, le Guantanamo du Maroc

    Incarcéré d’abord à Madrid, puis à Badajoz et enfin à la prison de Botafuegos à Algeciras, Ali Aarrass fut immédiatement placé en régime spécial, réservé aux suspects terroristes en Espagne. Il passera ainsi quasi deux ans en isolement complet.

    Pendant son incarcération en Espagne, Ali sera à deux fois innocenté.
    D’abord par le juge Baltazar Garzon, qui décide d’un non-lieu. Ensuite par une déclaration d’Abdelkader Belliraj, qui déclare vouloir se présenter devant un tribunal pour témoigner qu’Ali Aarrass n’a rien à voir dans son affaire.1

    Mais ni Garzon, ni Belliraj n’empêcheront l’extradition, fin 2010, d’Ali Aarrass vers le Maroc.

    Pendant sa garde-à-vue, Ali sera torturé jusqu’à ce qu’il signe un papier en arabe, langue qu’il ne comprend pas. Le 24 décembre 2010, il est inculpé par le parquet de Rabat sous les chefs d’accusation de « constitution d’une bande criminelle pour la préparation et la perpétration d’actes terroristes dans le cadre d’un projet collectif visant à porter gravement atteinte à l’ordre public . »

    Le 24 novembre 2011, suite à un procès inique, Ali est condamné à 15 ans de réclusion, peine commuée en appel à 12 ans. Soumis aux mauvais traitements systématiques à la prison, sept ans plus tard, Ali se trouve aujourd’hui toujours à Salé II, prison de haute sécurité, appelé aussi le « Guantanamo du Maroc »2.

    Le réseau terroriste Belliraj, procès monstre contre cinquante personnes

    Ali Aarrass et Mohamed El Bay furent les premiers arrêtés en Europe dans le cadre d’un dossier marocain fourre-tout contre un groupe de plus de 50 personnes.

    Ce groupe sera appelé dans la presse : « le réseau terroriste de Belliraj » ou encore « la cellule terroriste la plus dangereuse qu’ait connue l’histoire du Maroc ».3

    En plus des 35 inculpés arrêtés au Maroc, les autorités marocaines demandent l’arrestation et l’extradition de pas moins de 17 personnes dans différents pays d’Europe.

    Ainsi, en Belgique, le 27 novembre 2008, « douze perquisitions ont été menées et onze personnes interpellées dans le cadre d’une enquête pénale ouverte par le parquet fédéral contre X pour participation, sur le territoire belge, à des activités de la mouvance terroriste autour de Belliraj ».4
    Que le Maroc avait l’habitude de ratisser large, on le savait, mais dans l’affaire Belliraj il se dépasse dans la mégalomanie sécuritaire.

    Comment en est-on arrivé là ?

    On ne pourra comprendre l’affaire Ali Aarrass ni le dossier Belliraj dans lequel il serait impliqué5 en dehors d’un contexte national marocain ni en dehors de la guerre mondiale contre le terrorisme et des relations complexes qui lient le Maroc et l’Europe (et les Etats-Unis) dans la lutte contre « le terrorisme, l’immigration clandestine et le trafic de drogue. »

    Ces derniers 25 ans, des millions de Marocains ont manifesté contre la première guerre d’Irak en 1991, contre la répression de la deuxième intifada en 2002 ou contre la nouvelle guerre contre l’Irak en 2003. A chaque fois le régime marocain a choisi le camp opposé de son peuple : celui des Etats-Unis et de ses alliés. La soumission du Maroc à ces derniers s’est encore renforcée après le déclenchement de la guerre mondiale contre le terrorisme par George W. Bush après le 11 septembre 2001.

    Depuis, le Maroc a collaboré aux interventions militaires occidentales, a servi comme pays de transit pour des suspects de terrorisme capturés par les Américains, en route pour Guantanamo6, et comme sous-traitant de la torture pour des pays occidentaux d’un nombre de ses détenus.
    L’engagement du Maroc dans la guerre mondiale contre le terrorisme a eu des conséquences qu’on voit apparaître à travers l’affaire Belliraj.

    Le Maroc se sert de la lutte antiterroriste mondiale pour éliminer une opposition politique interne.

    Toutes les forces politiques encore réticentes à adopter des législations antiterroristes supplémentaires, en majorité au parlement, ont définitivement fait volte-face après les attentats de Casablanca en 2003. A partir de là, le processus de libéralisation politique a été arrêté et la lutte antiterroriste a été utilisé non seulement pour arrêter des terroristes, vrais ou supposés, mais aussi pour frapper et éliminer une résistance légitime et une opposition démocratique et radicale.

    Dorénavant, tout est mis dans le seul sac du terrorisme.

    A partir de ce moment- là, le Maroc va démanteler au moins une « cellule terroriste » par an. Qui fait mieux !?

    Comme le remarque un journaliste dans son article « Maroc : Des cellules terroristes trop dormantes » : « A l’occasion du dixième anniversaire des attentats de Casablanca, le ministère de l’Intérieur marocain a déclaré que les services de sécurité marocains ont réussi à démanteler pas moins de 113 cellules terroristes et à arrêter 1256 présumés terroristes « soupçonnés de préparer une trentaine d’actes ». Pourtant, après Casablanca 2003, le seul attentat enregistré est celui du café Argana, à Marrakech en 2011 en plein cœur du Printemps Arabe. Une opération qui a soulevé beaucoup d’interrogations sur son véritable auteur. »7

    Ce palmarès antiterroriste marocain, qui cache la pauvreté extrême du peuple et qui couvre la violence, la torture et l’arbitraire depuis plus d’une décennie, va pourtant impressionner les autorités belges, dont Joëlle Milquet (CDH), alors vice-premier ministre et ministre de l’intérieur. « Tout le monde connaît l’efficacité des services de sécurité marocains qui ont réussi à démanteler plusieurs cellules terroristes ces dernières années, et c’est pour cette raison que le Maroc a été invité aux discussions que mènent les pays européens sur la question des combattants étrangers en Syrie’ », a déclaré Mme Milquet. La ministre s’est dite intimement convaincue que les pays européens peuvent tirer profit de l’expérience du Maroc dans le domaine de la lutte antiterroriste et notamment en ce qui concerne les jeunes qui partent combattre en Syrie. Parce que, a-t-elle ajouté, le Maroc est non seulement confronté au même problème, mais il a su l’aborder avec énormément d’efficacité et d’intelligence’. »8

    Efficacité et intelligence !?

    Voyons de plus près, madame Millquet, « l’efficacité et l’intelligence des services de sécurité marocains » dans le démantèlement de la « cellule terroriste Belliraj. »

    D’abord, en juin 2013 Human Rights Watch (HRW) sort un rapport sous le titre « Tu signes ici, c’est tout : Procès injustes au Maroc fondés sur des aveux à la police » (un rapport de 137 pages sur « six affaires politiquement sensibles », dont l’affaire Belliraj)9.

    Human Rights Watch affirme que les 84 personnes inculpées dans ces six affaires ont été condamnées sur base des aveux « extorqués sous la torture ou par d’autres méthodes illégales » ou sur base de « témoignages, sans que les témoins aient à témoigner au tribunal ».

    HRW constate que nombre d’inculpés dans l’affaire Belliraj ont été enlevés et ont disparu pendant une période qui a été beaucoup plus longue que la période légale de garde à vue prévue par la loi, et sans aucun contact avec un avocat ou un membre de leur famille. HRW constate que les tribunaux « n’ont pas fait d’effort significatif pour vérifier les plaintes de torture » et ne se basent que sur « les déclarations à la police qui les incriminent ». Et ce malgré le fait que les accusés ont affirmé que « ces déclarations leur avaient été extorquées ».

    Ensuite, dans les mois qui suivent les arrestations en Belgique dans le cadre du démantèlement de la cellule terroriste Belliraj au Maroc, la Cour d’Appel de Bruxelles va se prononcer contre l’extradition des détenus, demandée par le Maroc, en déclarant qu’il s’agit clairement d’une demande d’extradition pour des « raisons politiques ».

    La Sûreté de l’État belge ajoute : « Parmi les détenus, aucun ne sera finalement extradé, les éléments communiqués par les autorités marocaines n’ayant pas été jugés pertinents. »10

    Enfin, à la tête de « la cellule terroriste Belliraj », se trouveraient un membre du Parti Socialiste Unifié, un dirigeant du Parti de la Justice et du Développement, un correspondant d’Al Manar TV, un dirigeant du Parti de la Nation et deux dirigeants du parti Al Badil Al Hadari.

    Ces six personnes sont désignées comme les responsables politiques et têtes pensantes du « complot terroriste Belliraj ».

    A l’issue de leur procès, les six écoperont jusqu’à 25 ans de prison ferme. Comprenne qui pourra, les chemins de la justice marocaine étant impénétrables, ces six dangereux terroristes seront tous graciés par le Roi le 14 avril 2011, soit deux ans après leur condamnation. Mais tous les autres condamnés, dont Ali Aarrass, qui ne seraient pourtant que des exécutants, restent en prison.

    Le Maroc et la lutte antiterroriste à usage externe.

    Jusqu’au milieu des années 2000, tout en considérant le Royaume du Maroc comme un pays stable et modèle contre l’islamisme radical, les pays européens pointent du doigt le Maroc qui ne ferait pas assez pour arrêter l’immigration clandestine vers l’Europe et qui servirait de base terroriste, menaçant l’Europe.

    Ainsi, le 15 juillet 2004, le juge Baltazar Garzon, le même juge qui va innocenter Ali Aarrass, crée un petit tremblement de terre en déclarant devant une commission parlementaire espagnole que le Maroc compterait « quelque 100 cellules terroristes liées à Al-Qaïda et susceptibles de mener des attentats-suicide, constituant ainsi la pire menace terroriste pour l’Europe.. ce qui fait environ 900 ou mille personnes qui pourraient être recherchées par la police.. à mon avis, c’est le plus grave problème auquel l’Europe doit faire face aujourd’hui avec cette sorte de terrorisme. »11

    A ces accusations fantaisistes et à la fois humiliantes pour le Maroc, celui-ci va y répondre en renforçant sa collaboration avec l’Europe et en prouvant qu’il n’a pas de leçons à recevoir de l’Europe.

    En échange d’un statut politique et économique privilégié de la part de l’Europe, le Maroc conclut des accords, invente des plans, organise des forums avec l’Europe à un rythme infernal. De la collaboration antiterroriste avec la Belgique, au renforcement de la répression contre l’immigration clandestine à Melilla, à la participation à Frontex, au programme de surveillance maritime Seahorse Atlantique, à l’Opération « Hibou », renforcée et élargie à travers le Plan TELOS, à la création à Rabat en 2013 du « G4 antiterroriste » (avec la France, l’Espagne et le Portugal), jusqu’à l’adoption en 2014 d’un nouveau plan antiterroriste Hadar… le Maroc se construit la réputation de seul rempart capable d’arrêter l’immigration clandestine vers l’Europe et se hisse au premier rang de la classe antiterroriste mondiale.

    Refusant le label d’exécutant, le Maroc revendique et affirme son rôle unique et invite l’Europe (et le monde entier !) à suivre son exemple au niveau de la lutte antiterroriste.

    Voici ce qu’écrit un journaliste du régime le 26 octobre 2014 : « le Royaume du Maroc reste l’un des pays les plus stable et les plus sûrs de la région et de l’Europe occidentale… Un modèle marocain de lutte anti-terroriste qui fait référence dans le monde entier et que de nombreux pays, notamment africains et européens, tentent de s’en inspirer, en sollicitant le concours du Maroc pour faire bénéficier leurs Imams d’une formation… Le Royaume du Maroc ne laisse pas de place aux loupés sécuritaires, comme l’ont fait très récemment certains pays européens… Qui peut donc encore se permettre d’accuser indûment et avec désinvolture Maroc d’être un pays peu sûr ? L’unique réponse à faire est : les mesures de vigilance appliquées au Maroc sont reconnues à l’international et de nombreux pays européens et africains ne tarissent pas d’éloges sur le savoir-faire des services marocains de sécurité au point de solliciter leur expertise en ce domaine sensible… »12
    En 2014, le Maroc, la France et 9 autres pays maghrébins et africains lancent une E-revue ‘La Lettre de Nouakchott’, sur le « terrorisme et le crime organisé en Afrique. »

    En 2015, le Maroc, dans le cadre du « ‘Global Community Engagement and Resilience Fund – GCERF’ », projet, qu’il cofinance, « se porte volontaire pour un projet mondial pilote, de lutte contre les racines du terrorisme, qui devra servir de modèle pour les pays en lutte contre ce dangereux phénomène. »13

    Que les services secrets marocains sont plus performants que ceux des pays européens, le Maroc a voulu en faire la preuve dans l’affaire Belliraj en 2008.

    Non seulement l’accusé principal est Belge ainsi que plusieurs autres inculpés, mais le Maroc demande en plus à la Belgique l’arrestation et l’extradition de 12 personnes. Ce qu’il n’obtiendra pas, à part pour Ben Rabeh Ben Yettou, un sans-papiers algérien et sans avocat. Ce qu’il n’obtiendra pas non plus de l’Espagne qui refuse d’extrader Mohamed El Bay, qui est citoyen espagnol de double nationalité, mais qui, comme la Belgique, leur offre un sans papier local : le Belge Ali Aarrass. Aussi bien Ben Rabeh Ben Yettou qu’Ali Aarrass, les deux seules personnes dont les autorités marocaines ont obtenu l’extradition, seront sauvagement torturés.

    La justice marocaine ira plus loin et dépassera toutes les limites du bon sens en collant 6 meurtres jamais élucidés en Belgique sur le dos du principal inculpé du procès Belliraj.

    Ce qui ne manque pas de laisser perplexes les services secrets, le monde policier et judiciaire en Belgique.

    En avril 2015, sept ans après son arrestation, la justice belge se prononcera enfin sur cette accusation après plusieurs années d’enquête minutieuse. Le procureur belge demande un non-lieu ! Ce qui réduirait définitivement en cendres l’affaire Belliraj…

    Human Rights Watch : libérer tous les détenus encore emprisonnés dans le dossier Belliraj.

    Beaucoup a été dit et écrit, et surtout insinué et supposé, autour de l’affaire Belliraj. La seule réponse raisonnable à cette affaire est la position formulée par Human Rights Watch dans son rapport mentionné plus haut :

    « En ce qui concerne l’affaire de Gdeim Izik, dans laquelle 21 des 25 accusés sont en prison, et l’affaire Belliraj, où 17 des 35 accusés sont en prison, les autorités marocaines devraient libérer les accusés encore emprisonnés ou bien leur accorder un nouveau procès qui soit équitable…

    Si les affaires sont rejugées, la présomption devra être que tous les accusés seront libres jusqu’à leur procès… Quand les accusés seront rejugés, le tribunal devra étudier leurs allégations de torture et garantir, conformément au droit international et marocain, qu’aucune déclaration obtenue par la violence ou sous la contrainte ne soit admise comme preuve.

    Le tribunal devrait mener ces enquêtes même si les traces physiques de torture se sont déjà probablement effacées. Ces investigations devraient respecter les critères internationaux d’enquête sur les plaintes individuelles de torture, notamment ceux du Manuel pour enquêter efficacement sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (« protocole d’Istanbul ») »14..

    (Cet article est la deuxième partie de « 7 ans déjà ! Ali Aarrass et la Belgique, une plaie toujours ouverte »)

    Luk Vervaet 31 mars 2015

    Révision des textes : Annie Goossens

    Notes

    1http://liberezbelliraj.blogspot.be/2012/06/temoignage-de-abdelkader-belliraj.html

    2 http://www.demainonline.com/2011/11/05/les-barbus-denoncent-la-torture-a-guantanamo-maroc/

    3http://tlaxcala.es/pp.asp?reference=9463&lg=fr Rapport d’observation du procès des « Six détenus politiques » au Maroc (« Affaire Belliraj »)

    4Rapport de la sûreté de l’Etat belge de l’année 2008

    5http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/2013/10/le-proces-belliraj-en-belgique-appel-la.html

    6Voir l’article tout récent paru dans le journal britannique du Daily Mail sur l’utilisation du Maroc par un jet transportant des détenus vers Guantanamo : http://www.dailymail.co.uk/news/article-1321244/CIA-paid-Liverpool-buyout-tycoons-millions–use-jet-torture-flights.html Voir aussi le témoignage de Binyam Mohamed : http://www.legrandsoir.info/Mohamed-Binyam-detenu-a-Guantanamo-torture-au-Maroc.html

    7http://diasporasaharaui.blogspot.be/2013/12/maroc-des-cellules-terroristes-trop.html

    8http://www.maghress.com/fr/lopinion/38876

    9http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/morocco0613frsumandrecs.pdf (résumé en français)

    10Rapport de la sûreté de l’état belge de l’année 2008

    11 http://www.yabiladi.com/forum/maroc-pire-menace-terroriste-pour-2-148579.html

    12http://www.alwihdainfo.com/Le-plan-Hadar-renvoi-les-delateurs-du-Maroc-en-matiere-securitaire-a-leurs-cheres-etudes_a13275.html

    13Larbi Amine – publié le Samedi 17 Janvier 2015

    14page 10 du résumé du rapport en français

    Source : ZinTV, 31 mars 2015

    Tags : Maroc, terrorisme, Belliraj, menace terroriste, Belgique,

  • Maroc : La suisse jette deux de ses ressortissants aux chiens

    La justice des Pays Bas et de la Belgique s’est opposé à la déportation au Maroc d’anciens terroristes qui ont purgé leur peines parce qu’au Maroc ils risquent d’être torturés et  les condamnations de la justice marocaine sont basées sur des confessions obtenues par la force.

    C’est un fait connu, le système judiciaire marocain souffre de manque d’indépendance et continue d’être un obstacle face aux efforts de réforme et développement du pays. Les juges n’ont pas la moindre indépendance du Ministère de Justice, et les responsables du ministère utilisent l’intervention directe, les expectatives dans la carrière et la pression politique pour influer sur les décisions. Il est souvent manipulé par le pouvoir à des fins politiques et géopolitiques. Si dans certains pays, le pouvoir utilise  l’armée ou la police pour contrôler les politiques, au Maroc, il utilise le système judiciaire. C’était le cas dans le dernier procès des activistes rifains qui ont pris des peines de 20 ans pour avoir revendiqué un hôpital d’oncologie et une université dans la ville d’Al Hoceima.

    Les machinations politiques et mises en scène visaient les politiques et journalistes en particulier. Des enjeux géo-politiques ont poussé le pouvoir marocain à ajouter une nouvelle victime : des ressortissants européens.

    Dans le cadre de l’instrumentalisation de la menace terroriste, deux ressortissants suisses ont été emprisonnés. L’un d’eux vient d’être condamné à 10 ans de prison sur la base d’un récit qui n’est accompagné d’aucune preuve matérielle.

    Le jeune suisse, Nicholas P., va passer 10 ans de prison dans des conditions épouvantables : mauvaise nourriture, hygiène précaire, au milieu de dangereux criminels… pour la simple raison d’avoir été lâché par son pays natal, la Suisse.

    Ce jeune n’a rien fait. Par conséquent, sa place n’est pas en prison au Maroc. Dix ans de prison risquent de ramollir son cerveau, détruire à jamais sa vie, écraser son moral et périr sous l’effet de la dépression et l’angoisse, et finira, probablement, par se donner la mort.

    Son pays d’origine doit exiger la vision de son dossier et l’évaluation des preuves qui ont conduit à sa condamnation. C’est la moindre des choses.

    Tags : Maroc, Suisse, terrorisme, instrumentalisation, menace terroriste, touristes scandinaves,