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  • Marocleaks : Maroc – Espagne – Note succincte sur les relations bilatérales

    MAROC – ESPAGNE

    NOTE SUCCINCTE 

    SUR LES RELATIONS BILATERALES


    Janvier 2012
    1. RELATIONS DIPLOMATIQUES
    Le Maroc et l’Espagne entretiennent des relations diplomatiques depuis le 11 février 1957, date de la signature du traité diplomatique.
    M. M. Ahmadou Ould Souilem, est Ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Madrid.
    M. Alberto NAVARRO est Ambassadeur du Royaume d’Espagne au Maroc.
    1. RELATIONS POLITIQUES
    Les relations maroco-espagnoles sont régies, entre autres, par le Traité d’Amitié, de Bon Voisinage et de Coopération de 1991 qui prévoit des réunions régulières de Haut Niveau (RHN).
    Les visites d’Etat effectuées de part et d’autre du Détroit de Gibraltar, ainsi que le rythme et la régularité des rencontres entre les différents responsables des deux pays contribuent largement au raffermissement des liens exceptionnels qui unissent le Maroc et l’Espagne.
    Les orientations des politiques étrangères des deux pays s’inscrivent dans une vision politico-stratégique partagée sur les grandes questions telles que la sécurité en Méditerranée, la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine, le trafic de drogue, etc.
    En décembre dernier, Mariano Rajoy a affirmé son intention de récupérer l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne. Il a même souligné l’importance économique de cet accord pour l’Espagne. Devant le Congrès espagnol le second jour de son investiture, Rajoy a exprimé sa détermination à entretenir de fortes relations de partenariat avec le Maroc.
    Le Roi Mohamed VI a reçu, début janvier un appel téléphonique du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Le Roi Mohamed VI et le chef du gouvernement espagnol ont insisté, lors de cet entretien téléphonique, sur la nécessité de renforcer les liens entre les deux pays. Dans ce cadre, Mariano Rajoy a déclaré son intention d’effectuer une visite au Royaume. Une visite d’amitié mais aussi de travail.
    M. Rajoy a également contacté par téléphone, le Chef du Gouvernement M. Abdelilah Benkirane pour confirmer sa venue au Maroc mais la date n’a pas encore été fixée.
    1. REUNION DE HAUT NIVEAU
    La 9èmeRéunion de Haut Niveau (RHN) maroco-espagnole, a été tenue le 16 décembre 2008,à Madrid, sous la présidence de l’Ex Premier Ministre M. Abbas El Fassi et de l’Ex Chef du Gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.
    Cette rencontre a été, marquée par la signature d’un nouvel accord de coopération financière portant sur une enveloppe financière de 520 millions euros.
    Par la même occasion, le Maroc et l’Espagne ont signé un mémorandum d’entente établissant un cadre formel de coopération entre les deux pays dans le domaine d’appui à la protection de l’enfance. Cet accord s’inscrit dans la stratégie du ministère du développement social, de la famille et de la solidarité pour la période 2008-2012.
    La prochaine RHN est prévue au Maroc au premier semestre 2012.
    1. QUESTION NATIONALE
    Position du gouvernement sortant (socialiste)
    Avec l’avènement du gouvernement Zapatero, l’Espagne conforte sa position de neutralité constructive dans le sens qu’elle œuvre, en concertation avec la France et les Etats-Unis à la recherche d’une solution politique acceptable pour les parties, et en s’octroyant un rôle d’intermédiaire entre le Maroc et les autres parties.
    Au sujet de l’initiative marocaine, le Chef du Gouvernement espagnol avait souligné que son pays « accueillait la proposition d’autonomie avec intérêt et considère qu’elle pourrait déclencher une nouvelle dynamique de dialogue pour surmonter l’impasse actuelle et progresser sur cette base pour parvenir à un règlement de ce différend qui assure le principe de l’autodétermination ».
    Le gouvernement espagnol a, par la voix de sa MAEC, Mme Trinidad Jiménez estimé, le 20 janvier 2011, qu’il existe d’autres alternatives que le référendum pour résoudre le conflit du Sahara. Elle a affirmé « qu’il faut être conscient de la difficulté de la tenue d’un référendum pour résoudre ce contentieux. Le Polisario lui-même reconnaît le caractère complexe de la tenue de cette consultation, il est d’ailleurs dans l’incapacité de fournir un recensement des personnes qui pourraient y participer ».
    La chef de la diplomatie espagnole a ajouté que « l’Espagne applique le principe de neutralité active, elle tente d’être constructive et essaie de rapprocher – même si c’est difficile – les positions du Maroc et du Polisario ».
    Pour Madrid, a-t-elle encore souligné, « la meilleure solution est celle qui sera le fruit d’un accord entre les parties. Nous voulons que ce problème soit résolu dans le cadre de la communauté internationale au sein des Nations Unies », a conclu Trinidad Jimenez.
    Cette déclaration de la chef de la diplomatie espagnole intervient au moment ou le ministre espagnol de la présidence, Ramon Jauregui, a conseillé au Polisario de ne pas rejeter l’option d’autonomie au Sahara, proposée par le Maroc, comme solution à ce conflit qu’il a qualifié d’ « artificiel ». « Si j’étais le président du Front Polisario, a-t-il dit, je ne rejetterai pas l’option d’autonomie ».
    Dans une déclaration à la radio nationale d’Espagne (RNE), le 18 octobre 2011, la ministre espagnole des Affaires Etrangères a affirmé que « nous n’avons pas la capacité de mettre fin au conflit ou de trouver la solution parceque nous ne somme pas un acteur directement impliqué dans les pourparlers. Ces acteurs sont le peuple sahraoui à travers le front polisario et le Maroc qui mènent des négociations sous les auspices des Nations Unis »
    Concernant le mandat de la MINURSO, le Ministre espagnol des affaires Etrangères avait, lors de son audition, en mars 2010, par la Commission des Affaires étrangères du parlement espagnol, déclaré que le gouvernement espagnol n’avait aucun problème quant à la possibilité d’élargir le mandat de la MINURSOaux droits de l’homme. De son côté, la Vice-présidente du gouvernement espagnol avait soutenu, au terme d’une réunion avec le Secrétaire Général de l’ONU, l’idée d’élargir le mandat de la MINURSO. Cette question a été également évoquée par la nouvelle MAE espagnol, Mme. Trinidad Jiminez, lors de ses rencontres en novembre avec la Secrétaire d’Etat américaine et le MAE britannique.
    A l’occasion des incidents de Gdeim Izik, le gouvernement Zapatero a adopté une position prudente refusant de céder aux pressions (visant la condamnation du Maroc) d’une presse qui s’est montrée particulièrement hostile au Maroc et d’une opposition, menée par le PP, décidée à utiliser tous les moyens susceptibles d’affaiblir davantage Zapatero, et par la même occasion porter préjudice aux intérêt du Maroc comme en atteste la mobilisation des euro-députés du PP pour faire passer, le 25 novembre 2010 au parlement européen, une résolutions sur les incidents de Gdeim Izik.
    Position du gouvernement de M. Rajoy (PP)
    Au sujet de la question du Sahara, le président du gouvernement espagnol a indiqué après sa nomination qu’il allait défendre le processus de négociation en cours entre le Maroc et le Polisario sous l’égide des Nations Unis, en vue de parvenir à une solution conforme aux résolutions du conseil de Sécurité et du droit International. Il soutient ainsi une position de « neutralité positive » vis-à-vis de ce dossier.
    S’agissant se Sebta et Mélilia, le PP a maintenu depuis sa création en tant qu’alliance populaire, une position ferme quand à l’hispanité des deux présides. A cet effet, M. Rajoy a déclaré lors d’une visite effectuée à Mélilia en marge de la campagne électorale des élections législatives du 20 novembre 2011, « que les espagnols qui vivent dans les deux villes autonomes ont besoin de l’appui, de l’attention et de l’aide pour que ses habitants soient égaux au reste de leurs compatriotes »
    Il est à signaler que le Parti Populaire a rejeté en novembre 2011, lors de la séance plénière du conseil municipal à Madrid, une proposition conjointe de l’Union Progrès et Démocratie (UPyD) et de la Gauche unie (IU) sur le Sahara marocain, le PSOE s’est abstenu mais a refusé néanmoins certains termes du texte proposé en considérant que les questions de la politique étrangère devront être discutées au Parlement.
    Aide humanitaire 
    L’Espagne est le premier donateur d’aide pour les camps de Tindouf. Cette aide a augmenté depuis l’arrivée des socialistes en 2004 pour atteindre en 2007 un montant de 23,5 millions d’eurosdont 6.5 millions d’euros sont apportés par l’AECID (agence espagnole d’aide au développement internationale) et le reste est fournis par les communautés autonomes et les entités locales.
    1. SEBTA ET MELILIA
    La question de Sebta et Melilia figure parmi les différends latents qui risquent à tout moment de compromettre les efforts des deux pays en vue d’instaurer une relation apaisée et durable. Aussi, la sensibilité de cette question quant à la marocanité de ces enclaves a-t-elle toujours été abordée avec subtilité.
    Il est à rappeler qu’au titre des années 2006 et 2007 les visites respectives du Chef du Gouvernement espagnol et des Rois d’Espagne à Sebta et Melilia, avaient suscité une nouvelle tension entre les deux pays.
    En décembre 2011, le groupe parlementaire « coalicion Caballas » de Sebta avait présenté uen proposition à l’Assemblée plenière au sujet de l’intégration de la ville de Sebta dans l’union dounière, avec un régime similaire aux régions ultrapériphériques. Le groupe évoque l’exemple des Canaries qui font partie de l’Union Douanière depuis 1986.
    En janvier 2012, M. Abdelmalek El Berkani (PP) a été nommé délégué du gouvernement espagnol à Mélilia.
    1. RELATIONS ECONOMIQUES ET FINANCIERES
    1- COOPERATION FINANCIERE
    A l’occasion de la 9èmeRéunion de Haut Niveau, en décembre 2008, un nouvel Accord financier pour la période 2009-2011 portant sur un montant de 520 millions d´euros, a été signé entre les deux Parties. Celui-ci se présente comme suit :
    • Crédits concessionnels pour un montant de 400 millions d’euros pour financer des projets publics réalisés par des entreprises espagnoles au Maroc, étant prioritaires les secteurs de l´énergie, l’environnement et les infrastructures, en particulier dans les domaines des télécommunications et des transports.
    • Crédits concessionnels non liés pour un montant de 100 millions d’euros pour financer des projets publics.
    • Crédit non remboursable d’un montant de 20 millions d’euros, destiné au financement des études de faisabilité et d’assistance dans les secteurs de l´électricité, l´énergie, l’environnement, les infrastructures, les transports, les télécommunications et les services publics.
    1. RELATIONS COMMERCIALES
    En 2010, les importations marocaines d’Espagne ont atteint en moyenne 31,4 MMDH et les exportations vers ce pays se sont établies à 25 MM DH, soit un taux moyen de couverture de l’ordre de 79,7%.
    Le montant des importations au titre du premier semestre 2011 s’élève à 19,48 MMDH et les exportations à un montant de 15,83 MMDH ce qui fait de l’Espagne le 2ème fournisseur et le 2ème client du Maroc.
    3- INVESTISSEMENTS ESPAGNOLS AU MAROC (EN MILLIONS DE DH)
    Les investissements espagnols ont augmenté de 76% en 2010. C’est le secteur de l’automobile qui a suscité le plus l’intérêt des investisseurs espagnols, suivi de l’aéronautique, l’électronique, le Nearshoring, l’industrie du textile et de l’agroalimentaire, précise la même source. Ces secteurs ont permis la création de 15.000 postes d’emploi en 2010. Inaugurée officiellement en septembre 2010, la représentation de l’AMDI à Madrid s’est fixée comme objectifs de renforcer l’image économique du Maroc en Espagne et de promouvoir les investissements espagnols dans le Royaume. En 2011, une Chambre de commerce, d’industrie et de services du Maroc en Espagne (CCISME) a été inaugurée à Madrid.
    1. TRANSFERTS DES MRE

    En 2010, les Marocains résidant en Espagne ont transféré quelques 295 millions d’euros, soit plus de 3,3 milliards de dirhams marocains. Les transferts réalisés par la communauté marocaine d’Espagne en 2010, sont en baisse. Les chiffres affichent, en effet, une régression de 1,67%, soit 4,8 millions d’euros en moins transférés en 2010, en comparaison avec l’année précédente

    1. Tourisme 
    Entre janvier et juin 2011, le nombre de touristes espagnols arrivés au Maroc est de 845.844 touristes
    1. DETTE A L’EGARD DE L’ESPAGNE

    L’encours de la dette marocaine à l’égard de l’Espagne s’est établi à fin décembre 2008 à 4,64 MM DH. Les deux gouvernements ont conclu cinq Accords de conversion de la dette en investissements privés, successivement, en 1996, 1997, 2000, 2003 et 2006 portant sur un montant total de 155 M€ et un Accord de conversion de la dette en investissements publics, en 2003, portant sur montant de 50 M€

    IV- GRANDS PROJETS D’INFRASTRUCTURE

    1- PROJET DE LIAISON FIXE A TRAVERS LE DETROIT DE GIBRALTAR 
    Le projet de la liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar représente le symbole de la collaboration entre les deux pays autour d’un projet ambitieux qui reliera les deux continents par un tunnel ferroviaire. La sociéténationale des études du détroit «SNED» au Maroc et la société nationale de la communication fixe« SECEG » en Espagne, ont réalisé plusieurs campagnes géologiques et topographiques, des forages profonds et des galeries d’expérimentation d’une grande importance pour le projet.
    Un Comité mixte a été mis en place pour assurer le suivi du projet. La 42èmeréunion de ce comité mixte s’est tenue le 29 octobre 2009, à Tanger.
    2- CENTRALE THERMIQUE DE TAHADDART
    C’est un projet opérationnel depuis 2005, développé en partenariat entre l’ONE (48%), ENDESA qui est une compagnie espagnole (32%) et Siemens (20%). Cette centrale fournira 17% de la demande nationale en électricité. Le montant de l’investissement est de 285 millions d’euros.
    3- L’INTERCONNEXION ELECTRIQUE 
    Les deux pays ont posé le premier câble sous-marin, en 1997, rapprochant ainsi davantage les deux rives de la Méditerranée.
    Un deuxième câble a été inauguréà Tarifa, le 05/03/2007. Ce nouveau câble permet de doubler la capacité d’échange (75 MW) entre les deux pays et d’améliorer la sécurité et la fiabilité des deux systèmes.
    Les échanges électriques entre le Maroc et l’Espagne ont connu ces dernières années un développement remarquable qui justifie aujourd’hui le renforcement de l’interconnexion par la réalisation d’une troisième ligne tel que constaté par les deux parties lors de la 9èmeRHN (décembre 2008).
    V- COOPERATION EN MATIERE D’IMMIGRATION
    La communauté marocaine en Espagne s’élève à plus de 800.000 personnes. Cette communauté est confrontée à plusieurs problèmes, notamment d’intégration. Sa situation s’est détériorée dans le contexte de la crise économique qui a durement frappé l’Espagne.
    L’Espagne peine à élaborer une stratégie réelle de l’immigration. En effet, depuis la loi de 2000, quatre textes ont été adoptés par le Gouvernement dont le dernier de la série endurcit davantage les conditions de séjour des étrangers.
    Dans ce contexte, certaines mesures ont été prises, notamment parla municipalité de Vic (Catalogne) de ne plus autoriser la délivrance de certificats de résidence aux étrangers en situation irrégulière.
    La communauté marocaine en Espagne a été fortement touchée par la crise économique et financière par laquelle passe l’Espagne, celle qui travaille dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie, de l’agriculture et des services.
    En 2009, le taux de chômage des marocains en Espagne s’élevait à 47%, soit 209.351 chômeurs, résidant principalement en Catalogne, en Andalousie et à Madrid.
    En 2010, la situation n’en finit pas de s’aggraver et enregistre au 1ersemestre un taux de chômage de marocains qui s’élève à 42,4%.
    Les marocains sans emploi représentent le taux de chômage le plus élevé des immigrés. 120.000 d’entre eux sont au chômage depuis plus d’un an et 140.000 ne perçoivent plus d’allocations chômage.
    VI- COOPERATION AU DEVELOPPEMENT
    Cette coopération est régie par l’Accord de coopération scientifique et technique signé le 08/11/1979. Une commission mixte, prévue par cet accord, se réunit périodiquement pour faire le bilan des actions de coopération et arrêter un nouveau programme de coopération. Cette commission mixte a tenu six sessions, dont la dernière a eu lieu à Madrid, en 2006.
    Le Maroc figure en tête de liste des pays bénéficiaires de la coopération espagnole au développement tel qu’il ressort des Plans directeurs espagnols de 2001-2004 et de 2005-2008.
    Les zones Nord et Nord-Est du Royaume sont les principaux bénéficiaires de cette aide puisqu’elles bénéficient de plus des ¾ des investissements réalisés au Maroc dans le cadre de cette coopération. Les secteurs prioritaires étant principalement la lutte contre la pauvreté, la promotion de la femme et la protection de l’environnement.
    Outre les fonds alloués par l’Agence Espagnole de la Coopération Internationale au Développement (AECID), certaines communautés autonomes apportent également une contribution dans ce domaine.
    En effet, de 2000 à 2007 le montant de l’Aide Officielle au Développement a atteint les 400 millions d’euros. Ces ressources ont doublé entre 2005 et 2007 passant de 43,24 à 81,43 millions d’euros. Durant cette même période, ce soutien a avoisiné les 200 millions d’euros. Le total des projets en exécution s’élève à 137.
    VII. COOPERATION CULTURELLE
    Cette coopération, régie par l’Accord culturel du 14 octobre 1980, porte essentiellement sur l’enseignement, les affaires culturelles, la communication, le tourisme et la jeunesse et sports. Un Programme d’Application est adopté dans le cadre d’une Commission Mixte culturelle qui se réunit alternativement au Maroc et en Espagne.

  • UA : Le Maroc est entré par la petite porte

    LE MAROC RAPPELÉ À SES OBLIGATIONS DE TRAITER AVEC LA RASD
    Hocine Adryen
    « Le Maroc ne rentre pas dans l’Union Africaine par la petite, mais par la grande porte », a déclaré hier le roi du Maroc Mohamed VI dans son discours devant les présidents et chefs de gouvernement africains lors du 28e sommet de l’UA qui a pris fin hier à Addis-Abeba.
    Or, son adhésion à l’UA n’a été possible qu’après le vote d’une quarantaine de voix sur 54 possibles alors qu’une quinzaine de pays se sont abstenus de donner leur voix au Maroc. 
    A titre d’exemple, le Sud Soudan nouvellement indépendant a recueilli 54 signatures, soit le plein de voix. En quoi le Maroc est-il entré par la grande porte si plus d’une quinzaine de pays se sont abstenus de lui apporter leur confiance ? 
    De plus, 32 ans après avoir quitté l’ex-OUA pour protester contre l’admission de la RASD au sein de l’instance panafricaine, le Maroc retourne et nie ses principes défendus ainsi que sa parole durant plus de trente ans en acceptant de siéger aux côtés de la délégation de la RASD, et a même signé par son Parlement l’Acte constitutif de l‘UA sans broncher. A peine a-t-il repris le siège au sein de l’UA que le roi reçoit une gifle cinglante. 
    L’Union africaine (UA) a appelé hier à Addis-Abeba le Conseil de sécurité des Nations unies à assumer ses responsabilités en restaurant le « plein fonctionnement » de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso). 
    La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA a dans sa décision relative à la situation au Sahara occidental, exhorté le Conseil de sécurité « à assumer pleinement ses responsabilités en restaurant le plein fonctionnement de la Minurso qui est indispensable à la supervision du cessez-le-feu et à l’organisation du référendum d’autodétermination ». 
    Les dirigeants africains ont également appelé le Conseil de sécurité à « trouver des réponses à la question des droits de l’homme et à celle de l’exploration et de l’exploitation illégales des ressources naturelles du territoire, en particulier suite à l’important arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 21 décembre 2016 sur les accords signés en 2012 entre l’UE et le Maroc sur la libéralisation mutuelle du commerce des produits agricoles et de la pêche ». 
    La Conférence a noté avec une « profonde préoccupation » l’impasse « persistante » dans la recherche d’une solution au conflit au Sahara occidental, et souligné « la nécessité urgente d’efforts internationaux additionnels pour faciliter un règlement « rapide » du conflit. 
    A cet égard, la conférence a réitéré son appel à l’Assemblée générale des Nations unie « pour qu’elle détermine une date pour la tenue du référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental et assure la préservation de l’intégrité du Sahara occidental en tant que territoire non autonome, de tout acte susceptible de la compromettre ».
    Par ailleurs, la conférence a réitéré la Déclaration adoptée lors de ses 24e et 26e sessions ordinaires concernant la tenue par le Forum de Crans Montana, une organisation de droit de suisse, d’une réunion sur le territoire occupé du Sahara occidental, appelant Crans Montana à cesser cette activité. 
    Enfin l’UA a encore une fois lancé à un appel à tous les Etats membres, aux organisations de la société civile africaine et aux autres acteurs concernés pour qu’ils boycottent un tel événement. 
    Le communiqué a été lu devant la délégation marocaine abasourdie et complètement sonnée. Son retour à l’UA est semé d’embûches. Le Maroc doit aussi rendre des comptes à l’UA au sujet de la RASD. L’UA a décidé de reprendre la main sur le dossier du Sahara occidental. 
    Le dernier rapport de la Présidente de la Commission de l’UA, ainsi que les décisions du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA ont été récemment remis à la Commission de l’UA, ainsi qu’à celui du Président du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA présidé par l’Algérien Smail Chergui qui a été plébiscité par ses pairs pour engager un second mandat de cinq ans. 
    Tout comme pour l’Envoyé Spécial de la Commission de l’UA pour le Sahara occidental, Joaquim Chissano qui doit immédiatement se remettre au travail pour engager des discussions bilatérales entre les deux parties, aujourd’hui que le Maroc est membre à part entière de l’UA. Si le Maroc persiste à ne pas reconnaître comme il l’a toujours fait la mission de l’ex-président mozambicain, il doit rendre des comptes à l’UA. 
    L’envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahara occidental a déploré « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination du territoire, une des tâches assignées à la Minurso : « Il faut donner au peuple du Sahara occidental l’occasion de choisir librement son destin », a-t-il insisté. 
    Pour Joaquim Chissano, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait inclure la protection des droits de l’Homme dans le mandat de la Minurso, fixer une date pour tenir le référendum et dénoncer « l’exploitation illégale des ressources naturelles » du territoire par le Maroc.
    Il estime que l’Union africaine doit avoir un « rôle dirigeant » de l’UA pour résoudre le conflit, alors que Rabat refuse de reconnaître cette « décision unilatérale » estimant que le différend « est du ressort exclusif de l’ONU ». Le dira-t-il aujourd’hui ? 
  • Le Maroc épinglé dans le dossier du Sahara Occidental

    Il n’y a pas longtemps, le mois dernier, le Maroc avait félicité l’adoption de cette résolution biaisée et anti-israélienne par le Conseil de sécurité, qui appelle Israël à cesser « la colonisation dans les territoires palestiniens ».
    Le Maroc avait exprimé sa satisfaction «sur la non-légitimité de la politique de colonisation israélienne, qui constitue une violation flagrante des dispositions du droit international et des résolutions onusiennes y afférentes », a déclaré le ministère des Affaires étrangères et de la coopération dans un communiqué cité par Maghreb Arabe Presse (MAP).
    Rabat a salué l’adoption, par le Conseil de sécurité de l’ONU, d’une résolution du 23 décembre 2016, qui appelle l’État Juif à cesser toutes « les opérations de colonisation dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 », selon le ministère.
    « Le Royaume du Maroc considère que la persistance d’Israël dans sa politique de colonisation constitue une menace pour les chances de paix dans la région et sape tous les efforts visant à parvenir à une solution définitive, juste et globale au conflit israélo-palestinien, sur la base de la légalité internationale et la solution à deux États », ajoute la même source.
    Aujourd’hui les autorités et les médias marocains sont en train de voir rouge. Et pour cause : Londres et Washington ne reconnaissent pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. L’ancienne colonie espagnole est occupée par le Maroc depuis 1976.
    Rabat s’oppose aux demandes des Nations Unies d’un referendum d’indépendance au Sahara Occidental et propose par contre faire du territoire disputé une province marocaine autonome.
    Le Sahara Occidental est aujourd’hui la dernière colonie d’Afrique à ne pas avoir abouti dans son processus de décolonisation.
    Le gouvernement britannique réaffirme son soutien au droit du peuple sahraoui
    D’après des sources des milieux du lobby pro-sahraoui à Londres le gouvernement britannique a réaffirmé son soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et aux efforts du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) visant à trouver une solution juste et durable à la question sahraouie conformément aux principes et objectifs de cette organisation.
    La position du gouvernement britannique demeure constante concernant la souveraineté du Sahara Occidental et son «soutien aux efforts du Secrétaire général de l’ONU visant à trouver une solution juste et durable (…) qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui conformément aux principes et objectifs des Nations unies», lit-on dans une lettre adressée le 4 janvier 2017 par le chef du département Maghreb arabe au ministère britannique des Affaires étrangères, Christopher Gilf, à la représentation du Front Polisario à Londres.
    Par ailleurs, le responsable britannique a affirmé que le «gouvernement britannique suit les étapes du procès du groupe Gdeim Izik et a envoyé un représentant de l’ambassade britannique à Rabat pour assister au procès prévu initialement le 26 décembre dernier» et reporté au 23 janvier 2017.
    «Des observateurs internationaux et des organisations de défense des droits de l’Homme avaient assisté au procès aux côtés du collectif international d’avocats (Belgique, France, Espagne), a-t-il ajouté, affirmant que son gouvernement «suivra avec intérêt le prochain procès en coordination avec la Mission de l’Union européenne à Rabat».
    Selon des sources pro-sahraouies à Londres cette lettre fait suite à celle adressée par la représentation du Front Polisario à Londres au ministère britannique des Affaires étrangères concernant le procès du groupe «Gdeim Izik» dans le cadre de la campagne internationale pour leur libération ainsi que tous les détenus politiques sahraouis dans les prisons marocaines.
    Le représentant du Front Polisario à Londres, Mohamed Limam Mohamed Ali, a salué la position britannique et appelé les autres pays européens à «envoyer des représentants de leurs ambassades au Maroc pour assister au procès le 23 janvier prochain».
    Mohamed Limam avait adressé le 16 décembre dernier une lettre à M. Glif dans laquelle il a appelé le gouvernement britannique à «une intervention urgente pour annuler les jugements prononcés à l’encontre du groupe ‘‘Gdeim Izik’’ et libérer tous les détenus politiques sahraouis dans les prisons marocaines». La représentation du Front Polisario en Grande-Bretagne a reçu de nombreuses réponses favorables de la campagne internationale pour la libération des détenus politiques sahraouis dans les prisons marocaines, notamment de la Confédération des travailleurs britanniques.
    Pour Washington, «Le Sahara Occidental n’est pas marocain»
    L’Administration américaine refuse de reconnaitre pas la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.
    Le Département d’État, qui a introduit fin 2016 quelques changements à cette liste, a maintenu sa position sur le territoire sahraoui en affirmant que sa souveraineté «reste à déterminer». Il est on ne peut plus clair que sur ce dossier l’Administration américaine a rejeté catégoriquement les revendications fallacieuses du Maroc sur les territoires sahraouis occupés.
    Dans les précisions apportées par le bureau du renseignement et de la recherche relevant du Département d’Etat, l’Administration américaine confirme également qu’elle ne reconnaît «aucune puissance administrante» dans ce territoire, ce qui constitue un désaveu cinglant à la thèse «de la marocanité du Sahara Occidental» que Rabat veut imposer de force.
    Le Département d’État avait déjà rejeté en 2016 une mesure du Congrès à propos de l’utilisation au Sahara Occidental d’une aide financière controversée destinée au Maroc, estimant qu’une disposition pareille revenait à reconnaître indirectement le Maroc comme puissance administrante.
    La position américaine s’aligne sur celle des Nations unies qui considèrent le Sahara Occidental comme un territoire non autonome en attente de décolonisation. Washington s’est en effet démarqué plusieurs fois du plan d’autonomie présenté par le Maroc.
    Avec l’arrivée le 20 janvier de Mr Donald Trump, les lobbyistes pro-sahraouis comptent accroitre la pression exercée sur la Maison Blanche à travers des politiciens du Sénat et le Congrès américains pour faire valoir les points de vue pro-sahraouis.
    Les congressistes ont longtemps conduit avec succès la lutte pour convaincre à la Maison Blanche de rester sceptique envers une solution imposée par le Maroc.
    Les analystes politiques, dans la capitale US, estiment que la nouvelle Administration américaine qui est contre l’adoption de cette résolution biaisée et anti-israélienne par le Conseil de sécurité, ne soutiendra pas la position marocaine sur le Sahara Occidental.
    Le Maroc a eu déjà à saborder les efforts de deux émissaires américains au Sahara Occidental, en 2004 lorsqu’il a rejeté le plan de paix proposé par l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, James Baker, qui maintenait le principe d’autodétermination en exigeant la tenue d’un référendum au terme de cinq années de sa mise en œuvre.
    En 2012, les autorités marocaines ont décidé unilatéralement de retirer leur confiance à Christopher Ross, l’accusant injustement de mener «un travail partial». La décision est intervenue juste après que Ross a présenté un rapport au SG de l’ONU qui épinglait sans ménagement le Maroc pour les entraves dressées au bon fonctionnement de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).
  • 2016, une année cauchemardesque pour le Makhzen marocain

    Au moment de faire le bilan de l’année 2016, les autorités marocaines ne trouveront pas grand chose à mettre dans la balance des succès diplomatique dans la question du Sahara Occidental.
    Ce que le Makhzen appelle « année de la fermeté » est, en réalité, une année cauchemardesque dans laquelle le roi Mohammed VI a déclaré la guerre à l’ensemble de la communauté internationale.
    Au niveau des Nations Unies, le Maroc a été contraint de confronter la détermination du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, d’enregistrer des avances dans le processus de négociations décrétées par les résolutions du Conseil de Sécurité. Le chef de l’ONU a pris, alors, une décision historique: visiter le siège de la MINURSO dans la localité de Bir Lehlou, dans les territoires libérés du Sahara Occidental en provenance des camps des réfugiés sahraouis en Algérie où il a rappelé que la présence du Maroc sur le territoire sahraoui est une occupation. Ban Ki-moon a conclu sa visite avec un rapport destiné au Conseil de Sécurité rappelant que le conflit du Sahara Occidental est une question de décolonisation qui doit être résolue sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
    La confrontation du Maroc avec l’ONU est allée jusqu’à l’expulsion de la composante civile de la MINURSO. Rabat a été contraint d’accepter son retour sans conditions. Aujourd’hui, les autorités marocaines continuent de refuser d’octroyer le visa à une partie des fonctionnaires onusiens expulsés.
    Désespérées, les autorités marocaines ont décidé d’adopter la politique de la fuite en avant dans leur défi contre la légalité internationale. Ainsi, au mois de novembre, Raba décida d’envahir les territoires libérés dans la bande qui se trouve au sud du mur de la honte dans la région de Gargarate.
    La fermeté des autorités sahraouies a été un cinglant revers pour le Maroc qui a été obligé à arrêter les travaux de bitumage avortant ainsi son intention d’envahir la localité de La Guera.

    A Washington, la déception du Makhzen était on ne peut plus grande. Après avoir offert 28 millions de dollars à Hillary Clinton, l’espoir de voir celle-ci gagner les élections est tombé à l’eau. Pour celui qui sera le nouveau locataire de la Maison Blanche, le Maroc n’est qu’une machine à produire des terroristes.

    Au niveau de l’Europe, ses relations avec l’Union Européenne ont été secoués avec force par la décision de la Cour Européenne de Justice d’annuler l’accord agricole qui lie Maroc avec les pays l’Europe. La sentence de cette cour dans son appel a rappelé que le territoire du Sahara Occidental n’est pas concerné par l’accord parce que ce terrioire ne fait pas partie du Maroc, rappelant ainsi l’illégalité de la présence marocaine dans ce territoire.
    Au niveau du continent africain, les autorités du Maroc se sont heurtés à la fermeté de pays africains conscients des manœuvres de Rabat visant à semer la division dans l’organisation panafricaine. L’Union Africaine lui a signifié la nécessité d’embrasser les principes de l’organisation pour être admis en son sein, y compris le principe du respect des frontières héritées du colonialisme.

    Les périples du roi du Maroc en Afrique ont tourné au vinaigre. Dans presque toutes ces escales, Mohammed VI a été chahuté par la presse locale et ses visites n’ont pas reçu la chaleur escomptée.

    Au Sénégal, les révélations du hacker Chris Coleman ont dévoilé les méthodes de corruption marocaines qui justifient l’engagement de Dakar derrière le Maroc dans leurs rêves de voir la RASD expulsée de l’Union Africaine. L’ambassade du Maroc au Sénégal, le ministère marocain des affaires étrangères ainsi que le ministre des affaires étrangères sénégalais, Mankeur Ndiaye, ont été contraints de donner des explications à l’argent reçu par ce dernier « de la main à la main » de la part de l’ambassadeur du Maroc.
    Au niveau du Maghreb, Rabat a été mise à genoux par la décision de Mohammed Ould Abdelaziz de permettre l’ouverture d’une ambassade sahraouie à Nouakchott si le Maroc n’arrêtait pas son offensive médiatique et diplomatique contre la Mauritanie.
  • La Cour Européenne de Justice porte un coup dur à Rabat

    LA COUR EUROPÉENNE DE JUSTICE PORTE UN COUP DUR À RABAT – «Le Sahara occidental n’est pas marocain»
    La cour de justice européenne a officiellement reconnu hier que le Sahara occidental ne fait pas partie des territoires marocains. Un coup dur pour le royaume déjà implicitement désavoué par l’Union africaine en raison de son intransigeance envers la République arabe sahraouie démocratique.
    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La cour de justice de l’UE a donc fait connaître sa décision suite à un recours introduit par le Maroc en février dernier pour demander une révision de la décision d’annuler l’accord portant sur la libéralisation réciproque (entre le Maroc et l’UE) en matière de produits agricoles transformés, de poissons et de produits de pêche. 
    Cette décision, il faut le rappeler avait été prise suite à une action en justice entreprise par le Front Polisario auprès des instances judiciaires de l’UE pour faire prévaloir l’intégrité de ses territoires bafoués par une telle démarche. Le Front Polisario avait obtenu gain de cause du tribunal de l’UE. La justice européenne avait jugé illégale l’application d’un tel accord sur les territoires occupés du Sahara occidental, provoquant une vive protestation du Maroc. La cour a cependant révisé la décision du tribunal en restaurant la validité de cet accord, stipulant cependant que ce dernier ne mentionnait à aucun moment le nom du Sahara occidental dans le cadre des échanges commerciaux. Bien plus. Le document mis en ligne par la Cour européenne de justice souligne en gras «le statut séparé et distinct garanti au territoire du Sahara occidental par les Nations-Unies». 
    Ce même document indique par ailleurs qu’il «est exclu de considérer que l’expression territoire du Maroc englobe le Sahara occidental et partant que ces accords soient applicables à ce territoire (…) Ce traité ne doit ni nuire ni profiter à des tiers sans leur consentement (…) le peuple de ce territoire doit être regardé comme un tiers susceptible d’être affecté par la mise en œuvre de l’accord de libéralisation. Or, en l’occurrence, il n’apparaît pas que ce peuple ait consenti à ce que l’accord soit appliqué au Sahara occidental».
    Le texte ne souffre donc aucune ambiguïté et a été accueilli comme étant l’expression d’une avancée considérable pour le dossier sahraoui par l’ambassadeur algérien à Bruxelles sur le plan politique. «Ces considérations politiques, a-t-il déclaré, ont une portée cruciale dans la mesure où elles constituent désormais le référentiel légal auquel devra se conformer l’Union européenne dans ses relations avec le Maroc». La France qui avait soutenu l’action marocaine introduite auprès de l’instance européenne de justice a immédiatement réagi en informant quelle prenait note de cette décision. 
    Cet évènement, il faut le dire, intervient au moment où une grande tension règne dans la région de Guerguerat, une zone considérée comme faisant partie intégrante des territoires libérés sahraouis, que le Maroc tente cependant de se réapproprier à travers des manœuvres dangereuses qui ont donné lieu à une escalade entre les deux parties adverses. Il y a près de deux mois, les autorités marocaines ont entrepris des travaux de goudronnage d’un tronçon routier menant vers la Mauritanie sous la surveillance de gendarmes marocains officiellement dépêchés sur les lieux pour lutter contre les contrebandiers qui pullulent dans la région. Les autorités sahraouies ont alerté toutes les instances onusiennes sur ce qu’elles considèrent comme une violation grave des accords de paix des Nations-Unies. En raison de la sensibilité de l’affaire, l’institution onusienne a opté pour un règlement discret de la situation en sommant le roi de mettre fin aux travaux en cours. 
    Forcé d’obtempérer, Mohammed VI a gelé les activités entreprises à Guerguerat mais sans procéder pour autant au retrait des travailleurs et des gendarmes dépêchés sur place. 
    Bizarrement, les Casques bleus de la Minurso (Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara occidental) chargés de veiller au maintien des accords onusiens ont fait savoir qu’ils n’avaient remarqué aucun mouvement irrégulier. Le Front Polisario a, quant à lui, réagi en déployant tout un arsenal de guerre pour se préparer à toute éventualité…
    A. C.
  • Sahara occidential : Les conséquences pour le Maroc de l’arrêt historique de la CJUE

    L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui stipule de manière très claire que les accords d’association et de libéralisation entre l’UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental doit en principe pousser à arrêter le pillage des ressources du Sahara occidental du moins en sa « partie utile », quadrillée par le mur de défense marocain. Le « Mur de la honte ».
    Les multinationales européennes de divers secteurs qui ont opté jusque la pour la politique de l’autruche exploitent de manière éhontée les ressources et richesses du territoire sans tenir compte des mises en garde de L’Onu et des effets de la colonisation marocaine. Certaines sociétés du nord de l’Europe notamment, ont cependant pris la mesure et la gravité des effets de la colonisation marocaine et se sont retirées du territoire. Après l’arrêt historique, et le mot n’est pas galvaudé, de la CJUE , les dirigeants sahraouis tout en se félicitant d’une victoire diplomatique majeure n’entendent pas en rester la , puisqu’ils ont introduit et depuis plusieurs mois déjà un recours portant sur l’accord de pêche entre le Maroc et l’UE, qui inclut illégalement comme on le sait les ressources halieutiques sahraouies très riche et qui sont carrément, pillées par les prédateurs marocains à travers des sociétés appartenant à des officiers supérieurs marocains et à des hommes de main du palais royal.
    Mais aussi par l’Espagne, qui s’est complètement alignée sur le Maroc alors qu’elle a des responsabilités historiques vis-à-vis des sahraouis . Madrid continue à commettre forfaiture puisque au côtés de la France l’eternel protecteur de la monarchie alaouite a tenté coûte que coûte d’empêcher la CJUE de statuer sur le recours du Front Polisario. Jusqu’à certains dirigeants et parlementaires européens qui se sont laissés « charmés » par le lobbying marocain dont on connait les arguments sonnants et trébuchants.
    Mais désormais, l’arrêt de la CJUE va contraindre l’UE à adopter une politique plus cohérente vis-à-vis du conflit du Sahara occidental. Pour Erik Hagen, membre du directoire de l’observatoire des ressources naturelles du Sahara occidental (WSRW), L’UE a longtemps constitué un « obstacle » à la résolution du conflit au Sahara occidental, sous la pression de la « France qui l’a empêchée de suivre une politique constructive. Cet arrêt devrait inciter l’UE à adopter une politique cohérente» vis-à-vis du Sahara occidental, a-t-il déclaré. Erik Hagen dont l’ONG est la sentinelle pour tout ce qui est pillage des ressources naturelles sahraouies avec une vigilance de tout les moments et une très grande efficacité, a demandé, à l’UE de tenir compte de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union (CJUE) qui souligne le statut séparé et distinct garanti au territoire du Sahara occidental en vertu de la charte des Nations unies et du principe d’autodétermination des peuples.
    Il a invité l’UE à prendre les mesures nécessaires pour que les différents accords signés avec le Maroc ne soient pas applicables au Sahara occidental, notamment l’accord sur la pêche qui doit être, selon lui, «suspendu» sans attendre le verdict du Tribunal européen en raison de l’extension de son application aux eaux territoriales du Sahara occidental. Cette affaire a été portée devant le Tribunal européen par le Front Polisario qui appelle à l’annulation de l’accord de partenariat de pêche UE-Maroc. Le Tribunal devrait entamer une procédure sous peu.
    Selon Erik Hagen, l’attitude de l’UE qui a longtemps utilisé l’avis de l’ancien Conseiller juridique de l’ONU Hans Corell pour légitimer ses actions, a encouragé la présence des entreprises européennes, américaines ou encore australiennes sur les territoires du Sahara occidental. «Or, l’arrêt de la CJUE rendu mercredi pose clairement le principe selon lequel leur présence n’a plus aucun cadre juridique», a-t-il affirmé, soulignant que cette présence illégale a affecté le peuple sahraoui.
    «Nous espérons que tout cela changera après l’arrêt de la CJUE» qui exclut de considérer que l’expression +territoire du Royaume du Maroc+, qui définit le champ territorial des accords d’association et de libéralisation, englobe le Sahara occidental et, partant, que ces accords sont applicables à ce territoire, a-t-il ajouté. Pour sa part, le coordinateur sahraoui auprès de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) M’hamed Kheddad qui a appelé à «l’ouverture de discussions immédiates et sans préalable» pour une application intégrale du droit, a prévenu que les entreprises étrangères doivent renoncer à leur installation ou se rapprocher du Front Polisario pour trouver un accord.
    «Aucune activité n’est possible au Sahara occidental sans le consentement du Front Polisario», a-t-il mis en garde lors d’une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles. Mhamed Khedad a cependant tenu a rappeler que le Front Polisario, n’était pas contre les accords passés entre le Maroc et l’UE du moment qu’ils ne concernent pas le territoire du Sahara occidental. Nous reviendrons plus tard sur les implications diplomatiques de l’arrêt de la CJUE, véritable coup d’assommoir sur le Maroc, au moment ou il déploie à coups de millions de dollars une campagne tout azimuts en direction des pays africains pour tenter de forcer la porte de l’Union africaine.
    Mokhtar Bendib
    http://lecourrier-dalgerie.com/55/
  • Espoir et craintes chez les Sahraouis

    L’élection d’Antonio Guterres en tant que neuvième secrétaire général de l’Organisation des Nations unies a enthousiasmé de très nombreux diplomates et observateurs dans le monde. Ces derniers voient en lui un homme politique expérimenté capable de surmonter les divisions qui minent l’ONU et relancer son action à l’échelle mondiale, notamment pour la résolution des conflits.
    Les Sahraouis, pour leur part, sont encore au stade du bilan du secrétaire général Ban Ki-moon qui achève son deuxième et dernier mandat le 31 décembre prochain «Au début, les Nations unies ignoraient presque le dossier du Sahara occidental. Mais au fil du temps, l’organisation a fini par comprendre que le Maroc est une puissance occupante et que nous sommes un peuple colonisé», a dit dans une déclaration à Reporters Ahmed Baba Dahi, membre du parlement sahraoui. Une façon pour lui d’évaluer le parcours de Ban Ki-moon à la tête de l’ONU et l’importance qu’il a accordée à la question sahraouie. Il salue le courage du Sud-Coréen, mais regrette aussi le fait qu’il n’ait qualifié l’existence du Maroc sur le territoire sahraoui comme «occupation» qu’à «la fin de son mandat». Il estime même qu’au fond, Ban Ki-moon «n’a rien dit de nouveau, sauf de rappeler la réalité des faits dans les territoires sahraouis». Il rappelle qu’avant Ban Ki-moon, «Boutros Ghali en 1994 avait appelé au parachèvement du processus de décolonisation». 
    Si M. Ban a dit la stricte vérité en utilisant le terme «occupation» à propos de la domination du Maroc au Sahara occidental, les Sahraouis restent, dit-il, sur un «immense sentiment de frustration» et de «trahison» par la communauté internationale. 
    « On attend depuis plus de 25 ans l’organisation d’un référendum d’autodétermination depuis l’accord du cessez-le-feu de 1991. L’ONU et la Minurso n’ont pas pu accomplir leur mission au Sahara occidental. Nous sommes un peuple déçu, frustré, mais déterminé à défendre notre indépendance », ajoutera le responsable sahraoui. « L’option du retour aux armes n’a jamais été exclue », affirme-t-il. « On ne fait pas l’apologie de la guerre, mais s’il s’avère que la lutte armée est l’ultime choix pour recouvrer l’indépendance à nos territoires, on n’hésitera pas à prendre les armes d’autant que nous avons des institutions militaires modernes», dit pour sa part Abdallah Hmayen, député sahraoui, au point de vue plus nuancé sur le bilan du secrétaire général de l’ONU sortant : « Ban Ki-moon avait des positions plus avancées par rapport aux autres SG de l’ONU. Il a essayé de faire ramener le Maroc à la légitimité internationale par des déclarations sans équivoque », dira-t-il.
    Confiance en la personne de Guterres… mais pas de l’ONU
    Pour Salma Beirouk, vice-présidente du Parlement africain, « toute la question est de savoir si ce vocabulaire restera de mise face au Maroc qui ne veut pas respecter la légitimité internationale ». A ses yeux, comme pour beaucoup de responsables sahraouis, l’ONU « n’est pas très efficace. Elle n’a rien fait contre le Maroc, et rien fait non plus pour les Sahraouis ». Quid alors de l’élection d’Antonio Guterres comme SG de l’ONU? Entre l’espoir qu’il fera avancer le dossier et la certitude qu’il aura en face de lui non pas des principes, mais des intérêts qui vont s’exprimer, l’attitude est à la prudence. Il était à la tête de l’UNHCR et que c’est ainsi qu’il a connu le dossier sahraoui et les camps de réfugiés de Tindouf, rappellent certains. « On ne peut juger Guterres avant qu’il prenne ses fonctions officiellement à la tête de l’ONU. Ce que je peux confirmer, c’est qu’il est un bon connaisseur du dossier sahraoui. C’est un homme qui a des principes, mais cela ne va pas l’épargner de subir des pressions de certaines parties », relève Ahmed Baba Dahi. 
    Dans ce contexte, il se rappelle avec amertume d’une ancienne militante politique du PP, parti espagnol, qui participait aux côtés des Sahraouis à des manifestations et sit-in à Madrid en signe de solidarité avec notre cause. « Mais, quand elle a été nommée ministre, elle nous a tourné le dos », regrette le parlementaire sahraoui. « Malheureusement, les droits de l’Homme sont sujets aux caprices des grandes puissances. Toutefois, on essaye de positiver et de rester optimistes », poursuit Baba Dahi. « L’ONU est bâti sur des intérêts et non sur des principes. Sur des rapports de force et non de droit », déplore pour sa part Abdallah Hmayen qui estime que les principes sur lesquels est bâti l’ONU sont injustes, « elle préserve les intérêts des grandes puissances et délaisse les peuples opprimés », indiquant que ce sont notamment les jeunes à « ressentir la trahison onusienne ».
    Pour sa part, Mme. Beirouk souhaite que « le Maroc n’essayera pas de corrompre ou de soudoyer Guterres ». « J’espère que Guterres suivra les pas de Ban Ki-moon et aura le courage et l’audace de faire respecter au Maroc les différentes résolutions onusiennes et le droits des peuples à l’autodétermination». A ses yeux, la situation est « propice» pour régler le conflit sahraoui. « Le tribunal de l’Union européenne avait annulé les accords agricoles du Maroc avec l’UE et conclu aussi que le Sahara occidental n’est pas un territoire marocain lorsqu’il a parlé du pillage des ressources sahraouies ; une reconnaissance implicite que le Maroc est un occupant », a-t-elle renchéri. A mon avis, ajoute Mme Beirouk, « le nouveau SG de l’ONU a toutes les données pour lui faciliter la tâche et amener le Maroc à respecter la légitimité internationale ». Contrairement à ces deux compatriotes, elle est plus confiante et enthousiaste, car « la solution est connue, elle est là. Ce qui manque, c’est de convaincre l’occupant de l’inéluctabilité de notre droit à l’autodétermination ». 
  • Ban Ki-moon piège le Makhzen et évoque la question du Sahara en pleine COP22

    Mohammed VI, qui comptait assurément sur la COP22 pour se refaire une virginité diplomatique et procéder à un ravalement de la façade de son pays ternie par les dernières manifestations contre la hogra provoquées par la mort, au cours d’une opération de police, d’un jeune vendeur de poisson à El-Hoceima, n’est pas parvenu à ses fins. La cause ? Invité à l’événement, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, n’a pas raté l’occasion de remettre sur le tapis le dossier du Sahara Occidental et d’appeler son hôte à cesser d’empêcher le règlement du conflit.
    C’est donc depuis Marrakech et devant le gratin de la politique mondiale que le Secrétaire général des Nations unies a lancé un appel pour faire avancer le processus de l’ONU pour le règlement du conflit au Sahara Occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. «Ban Ki-moon a souligné l’importance de faire progresser le processus des négociations au Sahara Occidental tel que prévu dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité», a indiqué l’ONU dans une déclaration publiée à l’issue de la rencontre du chef de l’ONU avec le roi du Maroc, Mohammed VI, en marge de la COP22.
    La reprise des négociations a été exigée par le Conseil de sécurité, qui a souligné dans sa résolution 2285 de 2016, prorogeant le mandat de la Minurso jusqu’à 2017, l’importance de poursuivre le processus de préparation pour un cinquième round de négociations sur le statut final du Sahara Occidental. Le Conseil de sécurité avait également chargé le chef de l’ONU de lui présenter au moins deux rapports par an pour l’informer du déroulement des négociations qui doivent aboutir à la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
    L’ONU avait annoncé en juillet dernier qu’elle était sur le point de présenter une proposition formelle au Front Polisario et au Maroc pour relancer ces pourparlers. La dernière fois où les deux parties se sont installées à la même table de négociations remonte à mars 2012 à Manhasset, aux Etats-Unis. Mais le Maroc fait toujours la sourde oreille. Jusqu’ici, l’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, ne parvient pas à reprendre ses navettes diplomatiques dans la région, sa tournée se heurte au refus des autorités marocaines, qui le considèrent toujours persona non grata dans les territoires sahraouis occupés. L’émissaire de l’ONU a déjà fait part de la persistance de l’hostilité du Maroc à son égard. Son déplacement dans les territoires occupés fait toujours l’objet de discussions entre le Secrétariat général de l’ONU et le Maroc.
    Khider Cherif
  • Sahara Occidental: l’expulsion des membres de la Minurso, une démarche qui menace la sécurité régionale (CPS-UA)

    ADDIS ABEBA- Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), a affirmé que l’expulsion des membres de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (MINURSO) « est une démarche qui menace la paix régionale, entrave les efforts régionaux et internationaux, et gèle le processus de paix ».
    Lors d’une séance annuelle, tenue mardi par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA à Addis Abeba, sur l’évaluation de l’action des missions de paix africaines, l’ambassadeur Yilma Tadesse, représentant de l’UA auprès de la Minurso, a présenté un exposé sur les derniers développements de la cause sahraouie et les efforts de l’UA dans le cadre du processus de règlement du conflit du Sahara occidental.
    Un accent particulier a été mis sur l’évaluation de l’action de la Minurso, gelée depuis mars dernier suite à l’expulsion par le Maroc de la composante civile des missions onusienne et africaine.
    Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a rappelé que la présence et l’action de la mission onusienne au Sahara Occidental, « s’inscrivent en application à la décision du Conseil de sécurité n° 690 du 29 avril 1991 ».
    Il a ajouté que ce genre de démarches « menacent la sécurité régionale », au moment où la communauté internationale tend à parvenir à une solution au conflit au Sahara occidental, conformément à la légalité internationale, y compris les décisions de l’UA et du Conseil de sécurité y afférentes.
    Le CPS de l’UA a qualifié l’expulsion des membres de la Minurso de « grave précédent » qui menace la sécurité africaine, appelant le Conseil de sécurité à intervenir pour assumer pleinement ses responsabilités.
    Dans un communiqué au terme de la réunion sur le Sahara occidental, le CPS a dénoncé la décision du Maroc d’expulser 84 fonctionnaires civils, dont des membres de l’UA et son rejet de la visite du secrétaire général de l’ONU à Rabat et El Ayoun occupée, capitale du Sahara Occidental et siège de la mission. APS
  • Sahara occidental : Les Etats-Unis pour l’envoi d’une mission du Conseil de sécurité

    Les Etats-Unis ont proposé au Conseil de sécurité de l’ONU d’envoyer une mission au Sahara occidental en vue d’accélérer le processus onusien pour le règlement du conflit entre le Front Polisario et le Maroc.
    La proposition américaine formulée au cours d’une réunion du Conseil de sécurité tenue mardi, à huis clos sur le Sahara occidental a reçu l’approbation de l’ensemble des membres de cet organe onusien, a indiqué Ahmed Boukhari le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies. «Il n’y a eu aucune opposition au Conseil de sécurité à la proposition américaine», a-t-il indiqué .Le Conseil de sécurité avait effectué en 1995 une première mission du genre au Sahara occidental mais l’absence d’un consensus entre ses membres l’avait empêché d’y retourner une deuxième fois.»Étant donné la position de la France au Conseil de sécurité qui veut passer sous silence tout ce qui se passe au Sahara occidental, le Conseil de sécurité n’a pas pu envoyer une deuxième mission», a-t-il ajouté. Boukhari, qui s’est félicité de la proposition américaine, a indiqué que cette mission allait «refléter l’intérêt du Conseil de sécurité d’être présent sur le terrain d’un conflit inscrit dans son agenda». La seule mission du Conseil de sécurité qui a eu lieu du 3 au 9 juin 1995, avait insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du plan de règlement, en soulignant le «succès de la Minurso dans le maintien du cessez-le-feu». Dans son rapport sanctionnant cette mission, le Conseil de sécurité avait mis en garde déjà contre le retrait de la Minurso des territoires sahraouis occupés avant la fin de son mandat. «Si la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental se retirait avant la fin de son mandat, le risque d’une reprise des hostilités sous une forme ou sous une autre augmenterait», avait conclu la mission du Conseil de sécurité dans ce rapport.
    Par ailleurs et à Madrid , le leader du parti espagnol Podemos, Pablo Iglesias, et Alberto Garzon chef de Izquierda Unida (Gauche Unie ) ainsi que de nombreux autres hommes du monde politique et de la culture ont exigé dans une motion «l’appui du gouvernement espagnol , à l’ONU au référendum d’autodétermination du Sahara occidental lors de la prochaine présidence de l’Espagne du conseil de sécurité». Cet appel vise, à mettre fin au processus de décolonisation et de fixer une date pour la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui». L’État espagnol présidera le Conseil de sécurité de l’ONU après avoir siégé pendant deux ans en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité. Les signataires de la motion appellent également à «fixer une date pour la tenue du référendum d’autodétermination pour permettre la libre expression de la volonté du peuple sahraoui telle qu’a été établie par la communauté internationale». «Nous (les signataires ) voulons que l’ONU prenne des mesures en urgence pour régler la situation du peuple sahraoui qui vit plus de 40 ans en exil et subit toutes sortes de violations des droits humains dans les zones occupées outre les violations du cessez-le feu», a déclaré Pepe Taboada, président de la coordination nationale espagnole des associations amies avec le peuple sahraoui, Il est «temps d’ agir et proposer de nouvelles mesures qui mèneront à la fin vers la fixation d’une date pour le référendum en attendant de surveiller la violation des droits de l’Homme dans les territoires occupés», a-t-il ajouté. Le mois de Novembre, rappelle-t-on, marque l’anniversaire «des accords de Madrid» par lesquels l’Espagne a abandonné le Sahara occidental et l’administration au Maroc et à la Mauritanie.
    M. Bendib