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  • Algérie : Maya, la fausse Mazarine de Boutef

    Une femme, se prévalant être la fille cachée de Bouteflika, se voit ouvrir toutes les portes de la république…Ministres, walis, hauts fonctionnaires de l’Etat : tout ce « beau linge » se mettait en quatre pour faire plaisir et exaucer les moindres vœux et desiderata de cette Mazarine, version algérienne, de Boutef.

    Acrobate de haute voltige, Maya se fit passer pour la fille naturelle de Boutef. Cette filiation fabriquée lui permit d’amasser une fortune en tant qu’affairiste et surtout en tant qu’entremetteuse. Sa villa, numéro 143, fut l’endroit le plus couru d’Alger.

    Dès potron-minet, hauts fonctionnaires, hommes d’affaires cherchant l’extrême-onction pour avoir le beurre et l’argent du beurre, oligarques de renom cherchant toujours plus d’avantages.

    Et patatras : Surnommée la princesse de Moretti, cette belle mystificatrice bénéficia d’une garde policière, digne d’un chef d’Etat offerte par son ami, le DGSN, El Hamel.

    Au moment de son arrestation, on trouva dans les murs de sa villa 12 milliards de centimes, 270 000 euros, 30 000 dollars, 17 kilos d’or et une panoplie de passeports .Décidément, on aura tout vu sous Boutef. Mais il manquait cette histoire gangstero- glamour pour orner davantage la curée.
    Maya la Mazarine de Bouteflika ! a titré un célèbre hebdomadaire français. Oh que non ! L’allusion ou la comparaison ne tiennent pas la route.

    Mazarine Pingeot, fille cachée du président Mitterrand, ne versa jamais dans la forfaiture et encore moins dans le fait-divers. Professeur d’université, écrivaine, essayiste et conférencière de niveau mondial, Mazarine multiplia plus le savoir que la magouille. Donc rendons à Juliette…

    Maya, la fausse Mazarine de Boutef, est d’un autre acabit. D’une autre trempe. Grandie dans un terreau du tout sauf…légal, elle déplaça, pendant un certain temps, El Mouradia à Moretti dans sa villa où elle exerça, in situ, presque le rôle du chef de l’Etat.

    Quelle splendeur que les 20 ans de règne de Bouteflika ! Prévarications, prébendes, pots de vins, bakchich, fuite de capitaux…Quelle folle et collective danse du ventre pour l’oseille sous label sérail. Et qui rajoute au simulacre de l’exercice du pouvoir sous Fakhamatouhou.

    Elle avait fière allure la république sous Boutef…avec ces « mignons » et ces « mignonnes » à qui on ne refuse rien ! Et qui pillèrent l’Algérie dans un règne de farces et attrapes.

    La Nation, 11 oct 2020

    Tags : Bouteflika, Mazarine, Mme Maya, corruption, malversation, détournement, bakchich, prévarication, prébendes, El Mouradia,

  • Algérie : De lourdes peines prononcées dans le procès de Mme Maya

    Nachinache Zoulikha-Chafika, dite « Mme Maya », jugée par le tribunal de Chéraga pour des affaires de corruption, a été condamnée mercredi à 12 ans de prison ferme, peine assortie d’une amende de 6 millions de dinars et de la saisie de ses biens.

    Ses deux filles, Imène et Farah, ont été condamnées chacune à 5 ans de prison ferme avec une amende de 3 millions de dinars et la saisie des biens. Impliqués dans cette affaire, l’ancien wali de Chlef, Mohamed Ghazi, a été condamné à 10 ans de prison ferme avec une amende d’un million de dinars, et son fils Chafie à 2 ans de prison ferme et une amende de 500.000 DA. Jugés aussi pour cette affaire, l’ancien wali d’Oran, Abdelghani Zaâlane, et l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel ont été condamnés, tous les deux, à 10 ans de prison ferme avec une amende d’un million de dinars chacun. Les deux investisseurs et entrepreneurs,

    Belaïd Abdelghani et Ben Aïcha Miloud ont été condamnés respectivement à 7 et 10 ans de prison ferme avec une amende d’un million de dinars chacun. L’ancien député à la retraite, Omar Yahiaoui (en fuite à l’étranger), a été condamné à 10 ans de prison ferme avec une amende d’un million de dinars, la saisie des biens et le lancement d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Mme Maya et ses deux filles doivent, selon le verdict, verser 600 millions de dianrs de dédommagement au Trésor public. La défense a décidé de faire appel du jugement.

    Le Midi Libre, 15 oct 2020

  • Algérie : Et donc, Moretti avait une «princesse» !

    Malika Boussouf

    J’adore le Mme Maya ! Il fait très Mme Claude ! La célèbre tenancière de maison close qui avait la mainmise sur des réputations insoupçonnables. Juste que la Française était une proxénète qui, durant de longues années, avait veillé sur l’équilibre sexuel de hauts fonctionnaires de son pays et que la Mme Maya, bien de chez nous, aura, elle, entre autres préoccupations liées à la corruption, servi de banquière à quelques membres de la 3issaba.

    Pour bien faire le job, il lui fallait une villa et des policiers pour la protéger d’hypothétiques agressions ou pour éviter que le pouvoir dont elle se prévalait ne soit trop sollicité. La Madame Maya monnayait ses services auprès de clients friqués d’une partie de la nomenklatura, pas auprès du tout-venant.

    Une ascension vertigineuse assurée par un parrain et pas des moindres. On ne les compte plus celles et ceux dont Bouteflika, l’ex- homme, le plus fort, du régime, aura assuré une promotion sociale aussi rapide. Lorsqu’une progression est éclatante, elle gagne vite en crédibilité, aux yeux de tout ambitieux qui, dès sa prise de fonction, offrira ses services à qui l’aidera à avancer rapidement. Il fallait, absolument, que les comparutions ne soient pas seulement déclinées au masculin pluriel ! Pour veiller sur la fortune de son camp, il fallait une femme. Faire fructifier son bas de laine et celui des siens, c’est dans ce domaine que Mme Maya et ses assistantes de filles, qui auront montré le plus de prédispositions, se seront le mieux illustrées !

    Trois femmes peu scrupuleuses et étonnantes dans leur détermination à enfoncer leurs bienfaiteurs. Quand on pense que les liens étaient devenus quasi familiaux, on ne doute plus de la capacité de nuisance des uns et des autres. Le moindre privilège se protège et, là, il n’y en avait pas qu’un seul. Pour les préserver, ceux qui les alimentent et ceux qui en bénéficient se fabriquent des liens qui ne s’envolent que si l’urgence de sauver sa peau se manifeste. J’ai adoré découvrir qu’on appelait, aussi, la mère Maya, «la princesse de Moretti» ! Comment croire qu’un nom de guerre aussi flatteur puisse, un jour, jouer contre soi ? Jamais !
    M. B.

    Le Soir d’Algérie, 11 oct 2020

    Tags : Algérie, Mme Maya, princesse de Moretti, Bouteflika, 

  • Algérie : Les normes inversées

    par Abdou BENABBOU

    On aurait un grand tort à se focaliser sur les manigances de la prétendue fille de Bouteflika car avec du recul, on devra se rendre compte que des milliers d’Algériens auraient les apparences et le profil de celle que l’on appelle madame Maya. Jugée en toute logique aujourd’hui, cette dame reprochable n’a finalement que profité d’une large resquille nationale, instaurée en règle immuable pour que chaque bras bénéficiant d’accointances avec des connaissances fortes et rentables serait idiot de ne pas se tendre. Cette culture répréhensible, dépourvue de toute conscience n’est pas particulière à l’Algérie et il arrive même de constater partout dans le monde des hauts responsables, y compris des présidents et des rois, épinglés, le doigt, sinon toute la main trempée dans le pot de miel.

    Ce phénomène dépasse ce que l’on accorde communément au sens de la corruption parce qu’il revêt celui d’un passe-droit dont les effets négatifs ternissent l’ensemble de l’articulation de la société. Le passe-droit ne se résume pas seulement à piétiner la loi. Il place le responsable qui l’effectue dans le déni des sujets qu’il est censé servir et fait de lui un obstacle à la marche du pays. La responsabilité ne devient plus qu’une arme pour épater et un outil de gloriole pour un égo circonscrit.

    C’est certainement cet égo simplet et gauche qui a fait que tous les responsables aujourd’hui jugés se disent innocents et victimes d’une recette politique qu’ils disent avoir suivie contre leur gré.

    Dans l’esprit d’une madame Maya et de celui de nombreux Algériens, il serait anormal de ne pas emprunter une voie courante et usuelle pour s’enrichir car l’air du temps est à celui qui excelle à se servir et non à servir.

    La fatidique philosophie nationale a fini malheureusement par inverser l’objectivité des normes pour qu’elles deviennent aux limites des règles de la piraterie. Aucune nuance n’est cédée entre le droit et le devoir. La confusion et la mêlée des convictions ont transformé la malfaisance en droit et il est devenu normal et légitime que les exigences populaires se multiplient.

    Le Quotidien d’Oran, 10 oct 2020

    Tags : Algérie, Mme Maya, Nachinache Zoulikha-Chafika, corruption, Bouteflika,