Étiquette : Mounir Majidi

  • Les 4 copains du roi Mohammed VI qui dirigent le Maroc

    Maroc, Makhzen, Mohammed VI, Fouad Ali El imma, Mounir Majidi, Yassine Mansouri, Abdellatif El Hammouchi,

    Les documents confidentiels révélés par le mystérieux hacker Chris Coleman ont mis en évidence une réalité déjà connue de tous : ce sont les copains de collège de Mohammed VI qui tirent les ficelles au Maroc. Une génération qui constitue un pur produit du Makhzen et dont il a hérité les méthodes de répression.

    Fouad Ali El Himma, né le 6 décembre 1962 à Marrakech, ami intime du roi Mohammed VI et son conseiller depuis décembre 2011. C’est lui le Ministre de l’Intérieur dans l’ombre. Grand connaisseur des ruages de la politique interne du Maroc grâce aux nombreuses fonctions qu’il a assumées au sein de ce ministère.

    Mohamed Mounir El Majidi, né le 19 janvier 1965 à Rabat, homme d’affaires marocain, secrétaire particulier du roi Mohammed VI depuis 2000 et président de la SIGER, la holding royale, depuis 2002. Il est le gardien de la fortune de Mohammed VI et ministre de l’économie dans l’ombre.

    Abdellatif Hammouchi, né à Fès en 1966, actuel directeur général de la Direction général de la sûreté nationale ( DGSN) ainsi que directeur de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) 

    Yassine Mansouri, né le 2 avril 1962 à Boujad, directeur du service de contre-espionnage (DGED) et véritable patron de la diplomatie marocaine.

    En 2010, Majidi et El Himma ont été cités par Wikileaks dans des scandales de corruption, un phénomène qui « s’est institutionnalisé sous le règne de Mohammed VI». Un télégramme du consulat américain à Casablanca évoque  » l’avidité consternante de ceux qui sont proches du roi Mohammed VI ». En 2014, le nom de Majidi est cité dans l’affaire de la Banque HSBC appelée Swissleaks et en 2016, dans le Panama Papers.

    El Himma et Majidi ont été aussi visés par le Mouvement 20 Février en 2011. 

    Ils sont intouchables. Ceux qui ont osé s’en prendre aux amis du Roi ont été malmenés par le Makhzen. En 2011, le quotidien arabophone « Al Massae », révèle que Fouad Ali El Himma, serait impliqué dans une affaire de corruption et de violation des règles d’octroi des marchés publics. Son directeur, Rachid Niny a été condamné le 9 juin 2011, par le tribunal de première instance à Casablanca à un an de prison ferme avec une amende de 1000 dirhams (environ 90 euros) pour « atteinte à la sécurité du pays et des citoyens ».

    Le 27 avril 2011, Rachid Niny a été arrêté par la police marocaine après que le procureur général du Roi à Casablanca l’ait accusé « d’atteinte à la sécurité du pays et des citoyens » suite notamment à des publications mettant directement en cause le directeur des services de renseignements marocains, Abdellatif al-Hammouchi, au sujet de l’existence d’un camp de détention et de torture secret basé dans la région de la ville de Témara3. L’existence de cette prison est un tabou pour le régime de Mohammed VI à cause du scandale des tortures perpétrées par la CIA contre des musulmans soupçonnés d’appartenir à Al-Qaida. La CIA a d’ailleurs confirmé l’existence de ce centre de torture dans un rapport de 6 600 pages rendu public en mai 2014.

    En janvier 2014, El Hammouchi, lors d’un séjours à Paris avec le ministre de l’intérieur marocain, est convoqué par la justice française suite à une plainte déposée par le citoyen franco-marocain Zakaria Moumni pour séquestration et torture à la prison secrète de Témara. Parmi ses bourreaux, il a déclaré avoir reconnu El Hammouchi. Pour manifester son mécontentement, le Maroc a convoqué l’ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries et suspendu quelques jours plus tard la coopération judiciaire avec la France. 

    Les membres de l’équipe du Roi Mohammed VI sont tous de la génération des années 1960, à l’instar de la nouvelle star de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, un pur produit des services de Sdi Yassine, comme ils appellent Yassine Mansouri dans les documents confidentiels dévoilés par le dénommé Chris Coleman.

    Nasser Bourita est né le 27 mai 1969 à Taounate. Après avoir exercé depuis 2011 la fonction de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la coopération, il a été nommé en février 2016 ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération.

    L’équipe de Mohammed VI a fait du Sahara Occidental une cause sacrée, au détriment de la légalité et de la raison, faisant du Maroc un Etat presque hors-la-loi. 

    Dans le but de s’accaparer des alléchantes ressources naturelles de l’ancienne colonie espagnole, ils vont mener ce qu’un journal marocain se disant indépendant a appelé, non sans fierté, une nouvelle doctrine diplomatique. Pour lui donner un caractère offensif, la nouvelle diplomatie se base sur une stratégie de tension comme arme principale de lutte pour imposer la pseudo-solution d’autonomie pour le conflit du Sahara Occidental. Sa première cible est l’Algérie que Rabat accuse d’être l’obstacle à ses desseins expansionnistes. 

    Dans ce contexte, il y a lieu de citer:

    – Les attaques verbales du roi du Maroc en personne contre l’Algérie dans chacun de ses discours officiels 

    – La profanation du drapeau algérien au Consulat algérien de Casablanca, le 1er novembre 2013, par un nervi aux ordres du palais 

    – La multiplication d’incidents frontaliers 

    – L’agitation de la menace d’une confrontation armée avec l’Algérie pour impressionner la communauté internationale 

    – L’inondation du territoire algérien avec des milliers de tonnes de cannabis produit dans la région marocaine du Rif 

    – La création de sites hostiles tels qu’Algeria Times 

    – La création et financement du mouvement amazigh de Ferhat Mhenni 

    – La manipulation d’un mouvement terroriste (MUJAO) pour attaquer des objectifs algériens et enlever, en 2011, les 3 coopérants étrangers qui travaillaient à Tindouf. 

    – La manipulation des incidents de la communauté Mzab à Ghardaia. 

    – La multiplication des attaques cybernétiques 

    – La dystillation de messages accusant l’Algérie de manipuler Al Qaida en vue de s’attaquer au Maroc (emails envoyés à Hillary Clinton et dévoilés par Wikileaks) 

    – Des publications hostiles apparues aux Etats-Unis via des lobbies financés par le Maroc: le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), Think Tank Républicain Center for the National Interest, Foreign Policy Research Institute 

    – Financement de lobbies en France : les journalistes Vincent Hervouet, Mireille Duteil, José Garçon, Dominique Lagarde, etc 

    Au niveau régionale:

    – Transmettre à l’opinion publique américaine que le Front Polisario avait des connexions avec le «terrorisme djihadiste. Le journaliste américain Richard Miniter a reçu la faramineuse somme de 60.000 dollars pour un article paru au New York Times. 

    – Les faux reportages de Vincent Hervouet sur TF-1 et iTélé. 

    – Le recrutement de collaborateurs dans les médias mauritaniens pour dénigrer le Front Polisario et l’Algérie. Parmi eux, le nom le plus important est celui de Abdallahy Ould Mohamedi, directeur du groupe mauritanien Sahara Media 

    – Le recrutement de Serge Daniel, correspondant de l’AFP et RFI à Bamako pour accuser le mouvement sahraoui d’accointances avec les terroristes de l’Azawad. 

    – Accuser le Front Polisario de fournir des combattants pour défendre Gadhafi et l’Algérie de leur founir le moyen de transport. 

    – Recrutement d’un ancien policier sahraoui, Moustpha Selma, pour semer la confusion 

    – Accuser le mouvement sahraoui de dévier les aides humanitaires 

    – L’envoi de centaines de resortissants marocains en Lybie pour rejoindre Daech et dont le transit se faisait par l’Algérie 

    – Le financement du terrorisme avec l’argent de la drogue qui provient du Maroc (haschich) et qui transite par le Maroc (cocaine provenant de l’Amérique Latine). 

    – La formation de 5000 jeunes marocains pour mener le cyber-terrorisme contre le Polisario et l’Algérie 

    Au niveau internationale :

    – Recrutement de journalistes et personnalités qui agissent pour donner une fausse image du Maroc 

    – Confrontation directe avec ses anciens alliés : France, Etats-Unis, Union Européenne 

    – Confrontation avec l’ONU : attaques contre le Secrétaire Général de l’ONU et son Envoyè Personnel pour le Sahara Occidental, Christopher Ross. 

    – Manipulation de la communauté marocaine en Europe en vue de s’imposer comme allié indispensable dans la lutte contre le terrorisme. 

    – Presser ses salafistes pour les pousser à rejoindre les rangs de Daech 

    – Corrompre des fonctionnaires de l’ONU dans le but d’empêcher l’ONU de rapporter sur la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental et dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf. 

    – Attaquer les journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet pour empêcher leur nouvelle publication sur le roi du Maroc et venger le régime de leur anciens ouvrages sur le royaume alaouite. 

    Au niveau interne :

    – Maintenir dans le pays une tension basse mais permanente afin de justifier son maintien au pouvoir

    – Sévir contre quelques-uns pour que les autres rentrent dans le rang (Rachid Nini, l’historien et journaliste marocain Maâti Monjib, etc) 

    – Le harcèlement et la punition de ses opposants : De nombreux militants du Mouvement 20 février ont été assassinés. Khalid Gueddar a échappé de justesse à une agression au couteau près de son domicile à Rabat, cambriolage du local de l’AMDH, le lynchage de l’actrice Loubna Abidar, les attaques contre les étudiants sahraouis dans les universités. 

    – La barbouzerie : menaces et insultes téléphoniques en pleine nuit, intimidations, etc 

    – Eliminer tous les supports de la presse réellement indépendante. 

    – Travestir la vérité avec l’adoption de la mythomanie comme stratégie permanente au niveau intérieur et extérieur. 

  • La corrupción reina en Marruecos con poder absoluto

    Ahmed Benchemsi

    Imagínese que el jefe del Estado francés sea también propietario de la mayor sociedad financiera privada del país. ¿Difícil de concebir? Espere, esto es sólo el comienzo. Imagínese igualmente que el Secretario General del Elíseo sea PRESIDENTE de esta sociedad financiera. Imagínese que el jefe del Estado francés, justamente se haya transformado en el hombre de negocios más potente de la República y posee igualmente una multitud de empresas a su nombre, que obtienen concesiones o mercados públicos a diestra y siniestra. ¿Inconcebible, dice usted? Aun no hemos terminado. Imagínese ahora que el Primer Ministro prevea, por decreto oficial, invertir millones de euros de dinero público en una sociedad privada que pertenece al Secretario General del Elíseo…Y finalmente el golpe de gracia: ¡imagínese que la sociedad en cuestión sea una empresa fantasma sin locales ni personal y que presenta – para rematar – cifras falsas en la guía del plan de negocios!

    Si solamente la décima parte de todo esto fuera verdad, el presidente francés caería de inmediato arrastrando consigo al gobierno, e incluso a la V República. Pero lo que para Francia es sólo una ficción increíble, es la cruda realidad de Marruecos, un país amigo y aliado.

    Para todos aquellos que aún lo ignoran, el rey Mohammed VI es efectivamente accionista mayoritario del grupo SIN (Sociedad Nacional de Inversiones), que comprende el banco privado más grande del país, el mayor operador minero y la mayor cadena de distribución del reino, entre otros. El hombre que dirige ese tentacular conglomerado, cuyo volumen de negocios equivalía hace algunos años al 8% del PBI (Producto Interior Bruto), se llama Mounir Majidi, quien ocupa al mismo tiempo la función de secretario particular de Mohammed VI.

    Argucia que lo sitúa como el colaborador más cercano del soberano, es él quien organiza su agenda diaria, sus citas, filtra las informaciones que recibe, etc. Esta doble función convierte al señor Majidi en el hombre más detestado por los círculos de negocios marroquíes. Con razón: les hace a nombre del rey, una competencia tan despiadada como desleal, valiéndose de su influencia desmesurada sobre organismos financieros como la Caja de depósito y de gestión*, el Ministerio de Hacienda, el Servicio de impuestos, etc. Empero el hombre de negocios de la monarquía no olvida sus propios intereses, también es propietario de varias empresas que operan en diversos sectores, Majidi no vacila en mover las palancas oficiales de las que dispone cuando se trata de defender sus negocios personales.

    El caso BaySys, revelado hace dos semanas en el blog del autor de estas líneas, ilustra, llevando a la caricatura, el mecanismo implacable del « Majidi business » hoy en el centro de la corrupción del Estado en Marruecos

    No hay que olvidar que en 2010, el secretario particular de Mohamed VI entra en contacto con BaySys, un fabricante usamericano de equipos aeronáuticos que anda buscando un socio financiero que lo saque de apuros. Pero Majidi en vez de sacar su chequera personal (ya que posee todos los medios), lo dirige a la Royal Air Maroc (RAM). Es pues dicha compañía aérea pública la que deberá desembolsar los aproximadamente 25 millones de Euros que BaySys necesita, sangrando el dinero del contribuyente…y de paso Majidi sustrae la parte que le corresponde por dicha transacción. Para tales fines el Secretario particular del rey crea en agosto de 2010 BaySys Morocco, una empresa fantasma sin locales ni personal que él controla 100% mediante otras dos sociedades fantasmas.

    Algunos meses más tarde, un decreto oficial del Primer Ministro marroquí Abbas El Fassi autorizó a la Real Aire Marruecos (RAM) a reclamar su parte a la BaySys Morocco. Para rematar las previsiones que justifican estas inversiones son particularmente versátiles. Se previó igualmente que la sociedad del señor Majidi realizara un volumen de negocios de 45 millones de euros y un beneficio neto de 4,3 millones de euros… ¡a partir de su primer año de ejercicio y sin que ninguna hipótesis de cálculo ratificara estas cifras increíbles! Lo más aberrante es que dichas previsiones inverosímiles pudieran franquear sin ninguna modificación, cinco niveles superiores de verificación del Estado marroquí: La propia RAM, el Ministerio de Hacienda, el despacho del Primer Ministro, la Secretaría General del Gobierno y finalmente el Banco Central, que publicó algunos meses más tarde las mismas cifras, tal cual, en un documento interno.

    ¿Será que todos los altos funcionarios marroquíes son incompetentes? Por supuesto que no. Solamente, a partir del momento en el que se implica en un proceso al todo poderoso Secretario particular del rey, los empleados del Estado, sin importar la jerarquía de su cargo, firman lo que se les pide firmar sin hacer preguntas.

    Al final la inversión no tuvo lugar ya que el negocio se descubrió por razones que aún no se han esclarecido (a pesar de los múltiples intentos de poner sobre el tapete el tema, los responsables de BaySys International se quedaron callados). Sin embargo la manera en que todo esto se arregló ilustra la naturaleza del régimen marroquí: un sistema donde los conflictos de intereses reinan y donde el tráfico de influencias está en su apogeo, al más alto nivel del Estado y con la complicidad de las autoridades elegidas.

    Abbas El Fassi, jefe de un partido político y antiguo Primer Ministro que firmó el decreto BaySys, es también, incidentalmente, el padre de Fihr El Fassi, antiguo Director General de una de las sociedades del Sr. Majidi. La sociedad en cuestión, FC COM, domina el mercado de los carteles publicitarios en Marruecos, gracias a las condiciones extremadamente ventajosas concedidas por las alcaldías y las oficinas públicas. Salaheddine Mezouar, otro jefe de partido y antiguo Ministro de Hacienda y cofirmante del decreto BaySys, es también uno de los necesarios e inevitables cortesanos de los círculos allegados al reino. Recientemente lo pescaron con la mano en el saco por haberse concedió primas mirobolantes como pago a un intercambio de favores con Noureddine Bensouda, actual tesorero general del reino, antiguo director de los impuestos y otro miembro de la Corte real. Y así sucesivamente…

    El año pasado, Marruecos también había vivido su “primavera árabe”. Enfrentando a manifestantes que reclamaban la democracia, Mohamed VI había hecho promulgar una nueva Constitución capaz de instaurar la “buena gobernanza” y la “rendición de cuentas”. Una reforma calificada entonces de “ejemplar” por Nicolás Sarkozy y de “histórica” por Alain Juppé. Juzgue mejor usted: el artículo 36 del nuevo texto fundamental prohíbe expresamente… ¡el tráfico de influencias! , delito castigado con una pena que oscila entre 2 y 5 años de prisión por el artículo 250 del código penal marroquí.

    Pero en Marruecos, la teoría es una cosa y la práctica es otra. ¿Qué fiscal estaría tan loco como para atreverse a entablar acciones judiciales contra Mounir Majidi, o en general contra los miembros de un clan encubierto por el rey en persona?

    Jaafar Hassoun, un juez que había intentado cosquillear los allegados del monarca, fue excluido en2011 de la magistratura, inhabilitado en el ejercicio de la abogacía y acosado para que abandonara toda veleidad de lanzarse en política.

    En ausencia de contrapoderes funcionales, la gran corrupción campea libremente en Marruecos, ante la apatía creciente de una opinión pública desengañada por tanta duplicidad. La prensa independiente que en un pasado reciente se mostró valiente y agresiva, ya no es ni la sombra de lo que fue, vencida por un decenio de persecución judicial y económico. El señor Majidi quien es igualmente el primer anunciante publicitario del país ha demostrado ampliamente su capacidad de boicotear diarios empujándolos a la quiebra. En la actualidad, los títulos de prensa más valientes todavía pueden sujetar con alfileres segundos cuchillos como los Sres Mezouar o Bensouda. Pero tan pronto como se acerquen al primer círculo real, silencio general.

    Es revelador que el caso BaySys que simultáneamente hizo un buzz (ruido) intenso en Internet y las redes sociales (generando incluso el hashtag #MajidiGate en Twitter), no haya sido ni siquiera mencionado por un solo periódico marroquí; En cuanto al gobierno islamista de Abdelilah Benkirane, elegido por su promesa de luchar contra la corrupción, está igualmente silencioso. Y para decirlo todo, simplemente fuera del tema.

    * La Caja de depósito y gestión (CDG) es una institución financiera marroquí, creada bajo la figura de establecimiento público el 10 de febrero de 1959 por Mamoun Tahiri. Su papel central es recibir, conservar y administrar recursos de ahorro que, debido a su naturaleza o a su origen, requieren una protección especial. La CDG centraliza el equivalente del 35% de las existencias de ahorro institucional y suma cerca de 100 mil millones de dhs (dirhames marroquíes) en activos bajo gestión. Es el principal inversor en valores del Tesoro con un 50% aproximadamente de los activos administrados.[Nota de Tlaxcala según la wikipedia]

    Fuente : Tlaxcala, 8 jul 2012

    Tags : Marruecos, corrupción, Mohamed VI, Mounir Majidi, clientelismo,

  • Qui décide réellement au Maroc ?

    Témoignage par Ahmed Benseddik

    – Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris

    – Ancien directeur général de la station thermale de Moulay Yacoub

    – Initiateur de la commémoration du 1200ème anniversaire de la fondation de la ville de Fès

    Ce témoignage est issu de ma propre expérience avec le roi et le palais avec deux projets d’envergure et d’intérêt national que j’ai conçus et présentés au roi (le premier en mains propres et un autre au cabinet royal). Une fois les projets avortés par son entourage malgré ses instructions, le roi reste silencieux et n’assume pas sa responsabilité.

    J’avais présenté au roi en 2006, qui l’a approuvé, un projet de mise à niveau de Moulay Yacoub, unique station thermale du Maroc, en coopération avec Aix le Bains. Lorsque j’ai révélé que le directeur médical a exercé pendant 12 ans sans autorisation légale et que le bâtiment présente un risque d’effondrement, il fallait étouffer le scandale, avorter le projet (malgré les décisions royales) et m’accuser de manque de respect au Roi. Le nom du roi devient un instrument de vengeance aux mains de son entourage et au diable la santé et la vie des citoyens.

    Le projet des 12 siècles de Fès, avec un budget de 350.000.000 DH s’est transformé en un scandale politico-financier doublé d’un ratage médiatique et une honte historique. Le Haut-Commissaire Mr Saad KETTANI, étranger au monde culturel, est un ex-banquier qui avait vendu Wafabank à la holding royale ONA. Même le chambellan du Roi confirme que ce choix royal est une compensation de prestige. L’intérêt financier privé du roi et son entourage l’a emporté sur l’intérêt national. Pire, Mr KETTANI a ignoré superbement les ordres écrits du roi dont ma nomination en tant que directeur exécutif tout comme il a méprisé la commission nationale décidée par le roi.

    Le roi et le palais ont répondu par le silence et le mépris à ma grève de la faim, mes lettres ouvertes (la dernière date de juillet 2010), à la protestation de la presse, du parlement, des organes de Droits de l’Homme y compris le très royal Conseil Consultatif des Droits de l’Homme. La seule réaction est une menace d’un appel anonyme et nocturne. Je suis encore en vie…

    Bien avant wikileaks, le conseiller royal (très marginalisé) Abbès JIRARI m’a résumé la situation ainsi : « Le Roi est incapable de réparer les injustices commises par les tyrans qui l’entourent ». La majidisation de l’économie et la fouadisation(*) de la politique, orchestrées par le Makhzen plus que par l’Etat moderne, sont les conséquences d’une architecture de gouvernance où les pouvoirs du roi et donc du palais, sont absolus, illimités et sans contrôle et l’appétit de l’argent sans fin. La monarchie, institution à la légitimité historique et à laquelle les Marocains sont attachés en tant que pivot de cohésion et d’équilibre, se trouve menacée par ces dérives paradoxalement royales !!

    (*Majidi : directeur du secrétariat particulier du roi / Fouad Himma : ami du roi.)

    Source : Blog d’Ahmed Benseddik, 4 avril 2013

    Tags : Maroc, Makhzen, Fouad Ali El Himma, Mounir Majidi, palais royal,

  • Maroc : Quand Mounir Majidi portait plainte contre Le Monde

    Justice : la contre-offensive de Majidi

    Le secrétaire particulier du roi a porté plainte en diffamation contre le quotidien français Le Monde pour un article d’Ahmed Benchemsi sur l’affaire BaySis. Le journaliste marocain est poursuivi pour complicité. Les avocats de Mounir Majidi ont également tenté de faire pression sur la prestigieuse revue américaine Journal of Democracy.

    Lakome a appris que la plainte en diffamation déposée à Paris par les avocats de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi Mohammed VI, vise le quotidien français Le Monde, qui a publié en juin 2012 un article d’Ahmed Benchemsi intitulé «La grande corruption règne en maître au Maroc». Le journaliste marocain est lui poursuivi pour complicité.

    Le Figaro avait révélé hier que Benchemsi, qualifié par ce journal «d’opposant marocain», était convoqué le 16 mai, c’est-à-dire demain, devant un juge d’instruction parisien. Contacté par Lakome, le journaliste explique que l’audience est en fait reportée au 8 juillet prochain.

    «Au cœur de la corruption d’Etat»

    L’article incriminé porte sur l’affaire BaySys, une enquête publiée deux semaines plus tôt par Ahmed Benchemsi sur son blog et dans laquelle le journaliste accuse Mounir Majidi de trafic d’influence ainsi que d’être plus généralement «au cœur de la corruption d’Etat au Maroc». La compagnie aérienne nationale, impliquée dans l’affaire, avait de son côté très vite communiqué en affirmant «qu’aucune influence extérieure aux intérêts de Royal Air Maroc n’est intervenue dans le cas de ce projet».

    A l’époque de la publication de cet article, Ahmed Benchemsi, installé aux Etats-Unis, était un «visiting scholar» au «Center on Democracy, Development, and the Rule of Law» (CDDRL), dépendant de l’Université de Stanford en Californie.

    Peu de temps après la parution de l’article dans Le Monde, les dirigeants du CDDRL ont d’ailleurs reçu une étrange – et officieuse – requête des avocats de Mounir Majidi, a appris Lakome d’une source proche de la direction du centre. Il s’agissait de demander à Benchemsi de retirer l’enquête BaySis de son blog mais aussi de «corriger» un article, «Morocco : outfoxing the opposition», publié par le journaliste en janvier 2012 dans la prestigieuse revue américaine «Journal of Democracy». Benchemsi y analysait la gestion par le palais des événements du printemps arabe. Il faisait aussi référence au câble diplomatique américain révélé par Wikileaks en 2010 et qui mentionnait «l’avidité effroyable» du proche entourage royal. Un entrepreneur du Golfe y confiait aux diplomates américains que «les principales institutions et modes de fonctionnement de l’Etat marocain sont utilisés par le palais pour contraindre et solliciter des pots-de-vin dans le secteur immobilier du pays».

    De Stanford à Paris

    Approché par les avocats de Mounir Majidi, Larry Diamond, le dirigeant du CDDRL, leur avait alors répondu que Benchemsi, bien qu’affilié au centre, était libre de ses opinions et que le CDDRL n’avait pas à interférer, selon une source proche de la direction du centre.

    Ahmed Benchemsi explique à Lakome avoir reçu à cette époque une mise en demeure de la part d’un cabinet américain mandaté par Mounir Majidi pour qu’il retire de son blog l’article BaySys ainsi qu’une copie de l’article publié dans Journal of Democracy. «J’avais répondu à travers mon avocat que je n’enlèverai rien et qu’ils pouvaient m’attaquer en justice, car je maintiens tous mes propos», affirme-t-il à Lakome. Les avocats de Majidi avaient alors abandonné l’idée de porter plainte aux Etats-Unis.

    C’est en France qu’ils ont saisi la justice, contre le journal Le Monde et Ahmed Benchemsi. Pas de citation directe devant le Tribunal correctionnel mais une plainte avec constitution de partie civile. « Ce procès est une erreur pour M. Majidi », affirme Benchemsi à Lakome, confiant. « Ce sera l’occasion de remettre sur la table les dessous du Makhzen économique ».

    Contre-offensive médiatique du Palais après 2011

    Après avoir fait profil-bas lors du déclenchement du mouvement du 20 février, le palais a décidé de contre-attaquer. La parution en avril 212 de l’ouvrage « Le Roi prédateur », écrit par les journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent et relayé par les médias internationaux, a peut être été le déclencheur.

    Quelques jours avant la publication de l’article de Benchemsi dans Le Monde, un autre titre français, l’hebdomadaire économique Challenges, avait publié un article au vitriol sur le business royal («Roi du Maroc et du business», 31 mai 2012), où il était écrit que « Mohammed VI, fort de son pouvoir absolu, est devenu le premier homme d’affaires de son royaume », avec en prime un encadré sur «Les hommes de Mohammed VI». Dans cet encadré, le journaliste Thierry Fabre écrivait que «Mounir Majidi est considéré par les manifestants, qui réclament plus de démocratie et moins de corruption, comme le symbole de l’affairisme du royaume».

    Ni le palais ni Majidi n’ont porté plainte contre l’hebdomadaire français. En revanche, l’agence de communication Euro RSCG (devenue Havas), en charge de certaines missions de communication pour le palais, est intervenue selon une source au sein de Challenges pour faire venir le journaliste au Maroc en septembre 2012, où il a eu un accès total à la direction de la SNI (deux rencontres avec Hassan Bouhemou) et aux patrons des filiales royales (Nareva, Marjane, Centrale Laitière, Lesieur, Wana). «Ils n’étaient pas satisfaits du contenu de l’article publié fin mai, estimant qu’il ne reflétait pas la réalité», a expliqué la même source à Lakome en novembre dernier. L’agence Havas et la SNI, contactés par Lakome à la même période, confirmaient la venue du journaliste et ses rencontres avec le staff mais avaient vivement démenti toute interférence avec la rédaction de Challenges. Les lecteurs se feront leur propre idée en lisant l’article publié par l’hebdomadaire français en octobre 2012 après la visite du journaliste au Maroc.

    La sortie de Benkirane sur Majidi

    L’actuel chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, ne manquait pas de critiquer l’affairisme et l’omniprésence des conseillers royaux, dont Majidi, lorsque son parti, le PJD, était encore dans l’opposition. Au déclenchement du 20 février, à l’occasion d’un meeting du parti, Benkirane avait même interpellé le roi Mohammed VI sur ces conseillers de l’ombre :

    « Majesté, le Maroc ne tolère plus des gens comme Himma, Majidi, Omari. Ces individus commandent le gouvernement, donnent des instructions par téléphone, font peur aux hommes de l’Etat, insultent le Directeur Général de la Sécurité Nationale, donnent des directives aux juges, Ils puisent leur pouvoir de la proximité avec toi, ils ne font aucun bien et ne font que semer le Fassad [corruption] et tout cela n’est plus acceptable. Majesté, Les Marocains te l’ont dit, que ce soit ceux qui sont sortis manifester dans la rue de manière honorable et pacifique, ou ceux qui ne sont pas sortis. Ton peuple te dit qu’il t’aime et qu’il est avec toi mais il veut des réformes, il veut que l’Etat soit géré de manière juste, organisée et démocratique qui fait que tu conserves ta position mais qui nous libère de cette injustice généralisée. Ces individus, ainsi que ceux qui leur obéissent ne te représentent pas. Ils représentent le colonialisme et pensent que les Marocains ne méritent que le bâton, l’oppression et l’espionnage, c’est-à-dire les méthodes qui ont conduit à la chute des présidents Benali et Moubarak et va faire chuter Kaddafi. Ainsi il n’y a pas d’autre choix que de se débarrasser d’eux immédiatement. »

    Transcript et traduction par Lakome – Déclarations de Benkirane en vidéo (avril 2011) :

    Lakome, 15 mai 2013

    Tags : Maroc, Mounir Majidi, corruption, BaySis, Ahmed Benchemsi,