Étiquette : Nasser Zefzafi

  • Maroc-Rif: Lettre envoyée par les eurodéputés européens au ministre de la justice

    24 députés européens et un membre de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ont envoyé une lettre au ministre marocain de la Justice Mohamed Aujjar pour demander la “libération immédiate” des 40 détenus politiques rifains


    Traduite vers le français par R.O

    Parlernent Européen                                               Monsieur Mohamed Aujjar

    Bat. Willy Brandt                                                      MINISTRE DE LA JUSTICE

    03M121                                                                        Rabat Maroc

    60, rue Wiertz / Wiertzstraat 60                             Contact@justice.gov.ma

    B-1047 Bruxelles / Brussel

    miguel.urbancretpo@ep.europa.eu

    À l’attention de Son Excellence le Ministre de la justice du gouvernement du Maroc.

    Son Excellence Monsieur Mohamed Aujjar,

    Les membres du Parlement européen et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe signataires de ce document, nous nous adressons à vous dans le cadre de l’engagement pris par ce Parlement de reconnaître M. Nasser Zefzafi finaliste du Prix Sakharov pour la liberté de conscience 2019, pour exprimer notre grave préoccupation face à la situation des militants emprisonnés du mouvement Hirak (mouvement populaire du Rif) et à la procédure judiciaire engagée devant la Cour d’appel de Casablanca avec leur dernière phrase le 5 avril 2019 à l’esprit.

    Nous sommes également préoccupés par les conditions d’emprisonnement de tous les militants du mouvement populaire du Rif, notamment de Nasser Zefzafi, dont l’état de santé s’est gravement détérioré au cours des dernières semaines.

    Les familles des prisonniers nous ont informés de la souffrance de se déplacer devant le tribunal de Casablanca, situé à 600 km de chez eux et cela dure déja depuis 18 mois.

    Nous vous appelons à promouvoir le dialogue entre toutes les parties prenantes afin d’améliorer la situation dans le Rif et les droits de l’homme.

    Nous comprenons que nous devons mettre fin à cette situation pour mettre fin aux souffrances des prisonniers politiques et des membres de leur famille. C’est pourquoi nous appelons à la libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement populaire du RIF. Une libération des prisonniers de Hirak sera un signal que le Maroc a l’intention de respecter les droits de l’homme universels.

    Cordialement

    1. Miguel Urban Crespo, député européen pour le groupe GUE / NGL

    2. Kati Piri, députée européenne pour le groupe S & D

    3. Bart Staes, député européen pour le groupe les Verts / EFA

    4. Xabier Benito Ziluaga, député européen pour le groupe GUE / NGL

    5. Lynn Boylan, députée européenne pour le groupe GUE / NGL Group

    6. Matt Carthy, député européen pour le groupe GUE / NGL

    7. Eleonora Forenza. députée européenne pour le groupe GUE / NGL

    8. Tania Gonzales Pena, députée européenne pour le groupe GUE / NGL

    9. Martin Hausling, député européen pour le groupe les Verts / EFA

    10. Maria Heubuch. député européen pour le groupe les Verts / EFA Group

    11. Dennis de Jong, député européen pour le groupe GUE / NGL

    12. Philippe Lamberts, député européen pour groupe les Verts / EFA

    13. Paloma Lopez Bermejo, eurodéputée pour le groupe GUE / NGL Group

    14. Marisa Matias, eurodéputée pour le groupe GUE / NGL

    15. Anne-Marie Mineur, eurodéputée pour le groupe GUE / NGL

    16. Edouard Martin, député européen pour le Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates

    17. Luke Ming Flanagan, député européen pour le groupe GUE / NGL

    18. Ana Miranda, eurodéputée pour le Groupe les Verts / EFA

    19. Liadh Ni Riada., eurodéputée pour le Groupe GUE / NGL

    20. Lola Sanchez Caldentey, eurodéputée pour le groupe GUE / NGL

    21. Judith Sargentini, eurodéputée pour le groupe les Verts / ALE

    22. Estefania Torres Martinez, eurodéputée pour le groupe GUE / NGL

    23. Kathleen Van Brempt, eurodéputée pour le Groupe AD

    24. Marie-Christine Vergiat, eurodéputée pour le Groupe GUE / NGL

    25. Petra De Sutter, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

    Original

    Mr. Mohamed Aujjar

    MINISTER OF JUSTICE

    Rabat Morocco

    Contact@justice.gov.ma

    Source

    Tags : Maroc, Rif, Hirak, Nasser Zefzafi, Parlement Européen,

  • Comment les médias pro-gouvernementaux du Maroc utilisent les “fake news” pour cibler et faire taire les militants rifains

    Le militant emprisonné Nasser Zefzafi diffamé par les médias marocains

    Cet article est le premier d’une série de deux sur la répression des médians et les “infox” au Maroc. Il a été écrit en collaboration avec Access Now.

    En septembre 2018, Nasser Zefzafi, le leader emprisonné du mouvement protestataire Hirak dans la province du Rif, a été nominé pour le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de pensée décerné par le Parlement européen. Cette récompense annuelle a été créée en 1988 pour honorer les personnes ‘’qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde’.’

    Zefazfi purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour son rôle de meneur dans les manifestations du Hirak. Le mouvement contestataire a commencé à gagner du terrain après la mort de Mohsin Fekri, un vendeur de poissons dont la marchandise avait été confisquée par la police à Al Hoceima le 29 octobre 2016. Quand le jeune homme avait tenté de récupérer son poisson, il avait été happé par la benne d’un camion de ramassage d’ordures.

    Zefzafi était sur la liste des trois finalistes du Prix Sakharov, mais ce n’est pas lui qui l’a remporté. Le prix a été attribué au cinéaste et écrivain ukrainien Oleg Sentsov.

    Après l’annonce du lauréat le 25 octobre, le site marocain d’information Cawalisse publia un article inventé prétendant que le parlement européen “retirait le nom de Zefzafi de la liste des lauréats’’ parce qu’il était un “criminel sans rapport avec les droits humains”.

    Capture d’écran de l’article fabriqué de Cawalisse prétendant que le Parlement européen avait qualifié Zefzafi de ”criminel’.

    L’article (qui n’indique pas de nom d’auteur) affirme que “un groupe de lobbies internes au Parlement européen, dont ceux qui soutiennent les séparatistes du Polisario et ceux qui sont embauchés par les gangs de la drogue, ont fait pression sur le comité du prix pour le décerner à Zefzafi et donner à ses crimes le label de la protection des droits”.

    L’article est faux du début à la fin. Il est basé sur des faits fabriqués et des théories complotistes. Le Parlement européen n’a jamais affirmé que Zefzafi était un criminel, ni n’a retiré son nom “de la liste des lauréats”. Il n’a tout simplement pas été choisi pour remporter le prix. En réalité, et pour commencer, il n’existait pas de “liste des lauréats”, mais un unique récipiendaire, Oleg Sentsov.

    Le mouvement populaire du Rif et sa répression

    Les manifestations hebdomadaires de protestation contre la stagnation socio-économique et les fonctionnaires corrompus dans la région du Rif, longtemps négligée par le gouvernement central, étaient persistantes jusqu’à ce que les autorités lancent une violente répression en juin 2017, avec l’arrestation de plus de 400 activistes et manifestants.

    Le gouvernement ignora les revendications des protestataires, qui incluaient la fin de la corruption et l’amélioration des infrastructures. Au lieu de quoi les protestataires furent étiquetés ‘’séparatistes’’ et accusés d’être des agents de l’étranger essayant de déstabiliser le Maroc. Les tentatives documentées de les censurer comportaient l’interruption des connexions internet pendant les manifestations.

    Le 26 juin 2018, le tribunal de première instance de Casablanca déclara coupables 53 personnes liées au mouvement protestataires, dont les leaders du mouvement, d’une série de charges comprenant l’incendie volontaire, la rébellion, les dommages à la propriété publique, l’organisation de manifestations non autorisées, et l’atteinte à la sécurité intérieure de l’État. Les condamnations s’étagèrent entre un et vingt ans de prison.

    En août 2018, le roi Mohammed VI gracia 184 activistes du Hirak, parmi lesquels les 11 arrêtés lors de la répression du juin 2017. Les autres restent derrière les barreaux.

    Ceci n’est pas le seul article publié par les médias pro-gouvernementaux pour diffamer Zefzafi, et ce dernier n’est pas le seul militant du Hirak ciblé par de telles opérations. A mesure que le mouvement croissait, les médias alignés sur le pouvoir, et les soutiens de celui-ci, ont lancé des campagnes diffamatoires en ligne pour discréditer le mouvement, accusant ses meneurs d’être des “traîtres”, des “corrompus”, ou encore des “terroristes”, façon de les dissuader de mener à bien leur protestation. Le procès et l’emprisonnement des militants n’ont pas mis fin aux campagnes de désinformation.

    Nawal Benaissa, une autre figure de proue du mouvement Hirak, a été poursuivie et condamnée à 10 mois d’emprisonnement pour les déclarations qu’elle a publiées sur son compte Facebook entre juin et août 2017, dans lesquelles elle appelait les habitants d’Al Hoceima à se joindre aux manifestations. Dès qu’elle avait rejoint le mouvement, des infox se sont mises à apparaître dans la presse locale et les médias sociaux la dénonçant comme “agente qui travaille pour les ambassades” et recevant des fonds de pays étrangers pour répandre la violence et déstabiliser la région.

    Un journaliste marocain qui a souhaité garder l’anonymat pour protéger sa sécurité a confié à Access Now que l’utilisation par les autorités marocaines de campagnes de diffamation pour intimider et discréditer les opposants et les militants indépendants a débuté en 2011 pendant les soulèvements arabes.

    “Faits et événements peuvent être créés comme éléments d’un montage, ou, dans certains cas les faits peuvent être réels, mais profondément déformés et présentés avec l’intention de discréditer la cible”, explique-t-il.

    Il a ensuite détaillé que les thèmes récurrents dans ces histoires falsifiées visant à “diffamer les organisations et individus qui ne sont pas loyaux au système politique en place” sont le sexe et la moralité, et la rémunération de services rendus à des intérêts étrangers. Plusieurs articles d’infox de médias pro-gouvernementaux affirmaient que Zefzafi et son père étaient payés pour déstabiliser le Rif et le Maroc.

    Le harcèlement ciblé des militants du Hirak est une preuve supplémentaire que si l’internet peut fournir une plateforme aux marginalisés, il peut aussi faciliter leur persécution. Le coût potentiel de cette diffusion instantanée de la désinformation est douloureusement démontré par le bâillonnement des activistes du Hirak et le déclin de leur mouvement dont le seul tort était de combattre pour les droits fondamentaux.

    Global Voices, 4 avr 2019

    Tags : Maroc, Rif, Hirak, Nasser Zefzafi, fake news, désinformation,

  • Maroc : Nasser Zefzafi nominé candidat au Prix Vaclav Havel 2019 des Droits de l’Homme

    Le leader du mouvement rifain Nasser Zefzafi à été nominé ce lundi par le groupe des amis du Rif au Parlement européen pour le Prix des Droits de l’Homme Václav Havel 2019 décerné chaque année par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

    Ce Prix, créé en 2013, vise à récompenser des actions exceptionnelles de la société civile dans la défense des droits de l’homme en Europe et au-delà du continent. Les candidats doivent avoir apporté une amélioration à la situation des droits de l’homme d’un groupe donné, contribué à révéler des violations structurelles à grande échelle de certains droits, ou mobilisé avec succès l’opinion publique ou la communauté internationale sur une cause particulière.

    La date limite de soumission des candidatures est fixée au 30 avril 2019. Les candidatures doivent être transmises à l’Assemblée parlementaire par voie électronique à l’adresse suivante : hrprize.pace@coe.int, en utilisant le formulairedisponible sur le site web du Prix. Elles doivent avoir obtenu au moins cinq parrainages et être soumises en anglais ou en français.
    Le Prix sera décerné le 30 septembre 2019 à Strasbourg.

    Depuis 2013, il a été attribué successivement à Ales Bialiatski (Bélarus), Anar Mammadli (Azerbaïdjan), Ludmilla Alexeeva (Fédération de Russie), Nadia Murad (Irak) et Murat Arslan (Turquie). L’année dernière, le Prix a été décerné à Oyub Titiev (Fédération de Russie), Chef du bureau de Grozny du Centre Mémorial des droits de l’homme en Tchétchénie.

    Tags : Maroc, Rif, Hirak, Nasser Zefzafi, Prix Vaclav Havel,

  • Maroc : Pour Nasser Zefzafi les partis sont des « boutiques politiques marocaines » pour se remplir l’estomac et les poches

    Nasser Zefzafi n’aime pas les partis politiques au Maroc et nous le fait savoir. Pour le leader du mouvement Hirak, la situation dans le Rif ne concerne que le gouvernement marocain, « personne d’autre ».

    Dans une note partagée par son père sur les médias sociaux, Zefzafi affirme que la clé de la solution aux problèmes du Rif la détient l’Etat marocain.

    Si l’Etat veut contribuer aux solutions, il ne pourra le faire qu’en dialoguant avec les « activistes du Hirak populaire ». Les partis politiques ne sont donc pas les bienvenus lors de ces pourparlers, si jamais ils devaient avoir lieu.

    Zefzafi appelle donc tous les militants à éviter les discussions avec les partis politiques sur l’avenir du Rif. Selon lui, ah Maroc, le seul but des partis politiques est de profiter de la situation pour « remplir leurs estomacs et leurs comptes bancaires ».

    Le leader du mouvement Hirak, un titre qu’il dit refuser de porter, rappelle  qu’il n’est qu’un prisonnier politique qui porte le numéro 74823.

    Tags : Maroc, Hirak, Rif, Nasser Zefzafi, partis politiques,

  • Maroc : Zefzafi fixe les conditions d’une sortie pour la crise du Rif

    Prison d’Oukacha, Casablanca, Maroc

    Dans une lettre adressée à son père, Nasser Zefzafi refuse de discuter avec ce qu’il appelle les « bourtiques politiques » et il appelle à « un dialogue sincère et objectif avec ceux qui détiennnent le pouvoir »

    « La conjoncture oblige l’État à bien réfléchir aux solutions sérieuses et efficaces et les conséquences de l’intransigeance qui ne lui servira à rien ». a-t-il affirmé. « La Patrie est au-dessus de toute cacophonie et la credibilité de l’État se trouve dans la réalisation des revendications populaires et la démocratie dans l’écoute de la voix du peuple ». a-t-il ajouté.

    Pour sortie de la crise du Rif, Zefzafi a fixé quatre conditions au régime alaouite :

    1) La libération de tous les prisonniers politiques.

    2) Abandonner les poursuites contre les Rifaines et les Rifains de l’intérieur et de diaspora.

    3) Satisfaire les revendications de la population du Rif.

    4) Poursuivre et juger tous ceux qui sont impliqués dans les violations et les crimes contre l’humanité commis dans le Rif.

    Pour rappel, plus de 500 militants rifains croupissent dans les géôles du Makhzen. Leur seul crime est d’avoir revendiqué la construction d’un hôpital pour les malades du cancer et un établissement pour les études universitaires.

    Leurs conditions de détention se dégradent quotidiennement et les qutorités d’occupation marocaines continuer de faire fi des appels des organisations des droits de l’homme. Leur seul souci est de faire payer ces militants le fait d’avoir osé manifester pacifiquement.

    Tags : Maroc, Makhzen, Rif, Hirak, Nasser Zefzafi, droits de l’homme, répression,

  • Maroc: Quand le Makhzen manipule Ahmed Zefzafi contre les républicains rifains

    « Lettre ouverte » à M. Ahmed Zafzafi

    Avant tout je vous demande de rester chez vous et de ne pas vous rendre ni à Paris à la fête de l’Humanité ni à Den Haag faute de quoi,vous devrez assumer vos responsabilités devant toute une nation, tout un peuple mais le plus dur pour vous sera de faire face à votre fils Nasser.

     Depuis le début du hirak en Europe, tout le monde était mobilisé et nous étions tous sur la même longueur d’ondes: les revendications sociales et économiques.

    «L’Etat» n’a pas voulu répondre favorablement aux revendications, pourtant légitimes, de toute une région et a décidé de régler le problème à sa façon, la manière forte, la violence, les kidnappings, le vol, la seule réponse que nous avons depuis que nous sommes en conflit avec cet «état».

    « L’Etat » a décidé de s’en mêler et à infiltrer le Hirak en usant de plusieurs ruses que nous, républicains Rifains, avons déjoué.

    Nous avons tout tenté pour trouver une issue à ce problème qui nous ronge autant que vous.

    (Je passe certains passages douloureux et vais aller droit au but)

    Vous êtes la dernière carte que cet « Etat » criminel peut jouer, ayez un peu de jugeote, ça serait triste de finir sur une mauvais note et ainsi manquer l’occasion de contribuer à l’écriture de notre histoire qui s’écrira avec vous ou sans vous.

    Nous sommes Rifains aussi vrai que vous êtes le père de Nasser, nous défendons notre terre contre cette bande de voyous à qui vous tendez la main afin de nous mettre hors jeu.

    Je vous redemande encore une fois de rester chez vous, de défendre votre fils depuis Al hoceima, ne prenez pas la défense d’un groupe plus que celle d’un autre et laissez les rifains qui vivent à l’étranger se débrouiller entre eux.

    Source

    Tags : Maroc, Rif, Hirak, républicains rifains, Ahmed Zefzafi, Nasser Zefzafi,