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  • Maroc : Les énigmes de l’ère Mohammed VI (Enquête TelQuel)

    TELQUEL 26 Novembre au 2 Dècembre 2011

    De l’assassinat de Hicham Mandari à la cabale montée contre Khalid Oudghiri, en passant par l’incendie du bâtiment de la DST, la démission surprise de Fouad Ali El Himma ou, plus près de nous, le crash du C130 militaire, TelQuel répertorie et jette une nouvelle lumière sur les “affaires” les plus emblématiques, et sans doute les plus mystérieuses, de l’ère Mohammed VI

    La suppression de la liberté de conscience (du texte de la nouvelle Constitution)

    LES FAITS. Dans une version de la Constitution, présentée aux partis politiques en juin dernier, la notion de “liberté de conscience” est inscrite noir sur blanc. Mais une fois que le projet de la loi fondamentale est rendu public (avant son adoption par référendum), cette liberté individuelle a été tout bonnement supprimée. Entre-temps, le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, avait menacé de voter NON à la future Constitution si elle introduisait des nouveautés ayant des “conséquences néfastes sur l’identité islamique du Maroc”.

    LA VERSION OFFICIELLE. Le PJD nie toujours avoir fait pression directement sur la Commission chargée de la révision de la Constitution, présidée par Abdeltif Menouni. Plusieurs cadres du parti islamiste ont par ailleurs affirmé que la Commission était elle-même divisée sur cette question. Sous-entendant ne pas être liberticide, le PJD a argué que dans tous les cas, la référence
    à la liberté de conscience était formulée de manière restrictive. Il était écrit qu’elle devait s’exercer dans le cadre de la loi et sans porter atteinte à l’ordre public.

    LES ZONES D’OMBRE. Certains observateurs ont accusé le PJD d’avoir orchestré sa levée de boucliers en accord avec le Palais. Ils avancent comme éléments à charge que l’inscription de la liberté de conscience d a n s l a n o u v e l l e Constitution aurait effrité le pilier de l’islam sur lequel s’appuie la monarchie. Le retrait de la liberté de conscience permet aussi à Mohammed VI de garder entier son pouvoir religieux de Commandeur des croyants. Le flou autour du vote de la Commission Menouni a aussi jeté un doute sur le désir réel du Pouvoir de voir inscrire dans la loi fondamentale du royaume cette pierre angulaire des libertés individuelles. Le jour de l’examen de ce point, neuf membres de la Commission auraient voté pour l’inscription de la liberté de conscience dans le nouveau texte et neuf autres contre. Aucune majorité ne s’est dégagée du fait de l’absence inexplicable d’un 19ème membre. Et l’arbitrage aurait finalement eu lieu derrière les impénétrables murailles du Palais.

    L’assassinat de Hicham Mandari

    LES FAITS. L’homme, qui se présentait comme “conseiller spécial de Hassan II”, est exécuté d’une balle dans la nuque, le 4 août 1999, dans le parking souterrain d’un complexe résidentiel près de Malaga. Au moment de sa mort, Hicham Mandari menaçait la monarchie de révélations fracassantes sur la fortune du roi défunt. Il était également mis en examen pour plusieurs affaires dans un trafic de faux dinars bahreïnis, d’un montant de 350 millions d’euros.

    LA VERSION OFFICIELLE. On soupçonne, dans un premier temps, un certain Hamid Boubadi d’être le meurtrier. Boubadi est suspecté d’avoir tendu un piège à Mandari à Malaga, en lui faisant miroiter une affaire de diamants, avant de l’assassiner pour une dette non remboursée. Les soupçons reposent sur une vidéo de caméra de surveillance à l’aéroport de Malaga qui montre le présumé meurtrier en compagnie de Mandari, quelques heures avant l’assassinat. Hamid Boubadi est aujourd’hui lavé de tout soupçon.

    LES ZONES D’OMBRE. Ayant fui le pays en 1998 après avoir dérobé des chèques dans le coffre-fort de Hassan II, Hicham Mandari a toujours affirmé posséder des documents sur la fortune du roi défunt et menaçait de dévoiler beaucoup de secrets de la cour. Il soutenait aussi être le fils de Hassan II et de sa favorite au sein du harem. Familier du sérail, il était le protégé de Mohamed Médiouri, l’ancien patron de la sécurité royale. De quoi donner du crédit à ses menaces. Se présentant comme l’ennemi numéro 1 des Alaouites, Hicham Mandari a endossé un habit de circonstance d’opposant au régime, comme la création du Comité national des Marocains libres. Il a affirmé avoir été à deux reprises l’objet de tentatives d’assassinat, attribuées, selon son avocat, à ses relations passées avec la famille royale. A la même époque, le nom de Hicham Mandari apparaît dans une affaire de trafic de dinars bahreïnis à l’échelle internationale. Il a aussi trempé dans des affaires d’escroquerie et de chantage, dont la plus célèbre a été à l’encontre du banquier marocain Othman Benjelloun. Ce dernier lui avait tendu un piège, permettant à la police française de le prendre en flagrant délit alors qu’il recevait une grosse somme d’argent. Une de ces nombreuses affaires impliquant Mandari dont on ne saura (peut-être) jamais le fin mot de l’histoire.

    Le bug du site elections2002.ma

    LES FAITS. Le 27 septembre 2002. C’était les premières élections sous l’ère Mohammed VI. Et le roi les voulait libres et transparentes. Le département de l’Intérieur, confié à l’époque à Driss Jettou, met alors les gros moyens : un réseau Intranet reliant plus de 300 terminaux au serveur du ministère devait permettre la collecte des résultats du scrutin en temps réel et livrer le verdict des urnes dans les 24 heures. Mais lors de la nuit électorale, un mystérieux bug informatique compromet l’opération.

    LA VERSION OFFICIELLE. Pour expliquer ce couac, le ministère de l’Intérieur tergiverse. Tantôt il invoque une panne de courant due à la saturation du serveur du ministère, tantôt il souligne la mauvaise préparation des personnes censées saisir les données dans ce nouveau dispositif et qui ont finalement préféré procéder manuellement.

    LES ZONES D’OMBRE. Tout se déroulait le plus normalement du monde durant les premières heures de cette nuit du 27 septembre. Au siège du ministère de l’Intérieur, les principaux leaders des formations politiques défilaient pour recueillir les dernières news et répondre aux questions de la presse. Plus tard dans la soirée, les premières fuites sur les résultats parlent d’une tendance qui se dégage: le Parti justice et développement (PJD) est en train de rafler la mise. Allaiton assister au raz-de-marée islamiste tant redouté ? La question taraudait tous les observateurs politiques. Et, curieusement, c’est à ce moment tardif de la nuit que le site elections2002.ma rend l’âme. Les sécuritaires du pays auraient-ils paniqué au point d’abandonner la démarche de transparence totale pour influer partiellement sur les résultats ? S’il s’agissait d’une simple panne technique, ne pouvait-elle pas être réparée ? Certains parlent même d’une visite des hauts sécuritaires de l’époque au back-office du ministère de l’Intérieur où étaient centralisés les résultats. Quoi qu’il en soit, après deux jours de comptage manuel, le verdict est tombé : l’USFP arrive en tête avec 50 sièges, talonné par le Parti de l’Istiqlal avec 48 sièges, mais le PJD triple ses performances par rapport à 1997 en s’adjugeant 42 fauteuils de députés. Le parti islamiste confirme dès lors son statut de force politique avec laquelle il fallait compter.

    L’incendie du bâtiment de la DST

    LES FAITS. Le 29 octobre 1999, aux premières heures, un incendie se déclare dans une dépendance de l’ancien siège de la Direction de la surveillance du territoire (DST) sur la Route des Zaërs, l’un des quartiers les plus surveillés de la capitale. Le local parti en fumée abri te les archives de ce service de renseignement, retraçant le travail de la “firme” depuis son époque CAB1.

    LA VERSION OFFICIELLE. Une enquête a été ouverte pour élucider les circonstances de l’incendie, mais ses résultats n’ont jamais été communiqués. De même que l’Etat n’a jamais communiqué sur la nature des dégâts et le volume des archives perdues lors du sinistre. Tout ce qui filtre de l’enquête est que l’incendie est d’origine criminelle et que la matière utilisée pour le déclencher était “hautement inflammable”.

    LES ZONES D’OMBRE. Le mystère reste entier puisque le dossier est clos sans la moindre poursuite en justice. Sauf que le contexte dans lequel est intervenu cet incendie criminel a nourri les spéculations au sujet de la personne à qui profitait le crime. Quelques semaines auparavant, Mohammed VI avait confié la direction de la DST au général Hamidou Laânigri, alors que jusque-là elle était chapeautée par Driss Basri, toutpuissant ministre de l’Intérieur de l’ère Hassan II. Basri est d’ailleurs limogé de ce poste qu’il a occupé pendant des décennies une dizaine de jours seulement après les faits. Aurait-il donc commandité cet incendie, sentant le vent tourner ? Se serait-il appuyé pour cela sur ses fidèles parmi les éléments de la DST pour éliminer les dossiers les plus compromettants de son passage à la tête de ce service de renseignement ? Ce n’est pas impossible. D’ailleurs, pendantquelques semaines, une dizaines de sécuritaires et anciens cadres de la boîte auraient été interdits de quitter le territoire. Sur la nature des dossiers perdus, les versions ne manquent pas non plus : affaires en relation avec le Palais, aux dossiers impliquant des hommes forts du royaume… Même le Polisario s’y était mis en parlant de dossiers relatifs aux sommes dépensées par Rabat pour soudoyer les notables sahraouis et les cadres de la RASD qui ont rallié le Maroc.

    La démission d’El Himma de l’Intérieur

    LES FAITS. Mardi 7 août 2007. L’information tombe tel un couperet : Fouad Ali El Himma, ministre délégué (mais véritable patron) de l’Intérieur démissionne de ses fonctions. La décision prend de court tout le landerneau politique. Compagnon de classe de Mohammed VI et chef de son cabinet, El Himma a été nommé au poste en 1999. Depuis, il est devenu l’homme fort de la “mère des ministères” et l’interlocuteur incontournable de la classe politique. “Départ voulu ou forcé ? Pour quelles raisons ?…”, s’interrogeait à l’époque la classe politique.

    LA VERSION OFFICIELLE. C’est l’agence officielle MAP qui met fin aux spéculations au sujet du retrait d’El Himma : “Le souverain a donné sa haute bénédiction à la demande de M. Fouad Ali El Himma de voir mettre fin à ses fonctions de ministre délégué à l’Intérieur et a bien voulu accéder à son souhait de se présenter aux prochaines élections législatives”. Par la suite, El Himma multiplie les sorties médiatiques pour rassurer les acteurs politiques, qui ne voyaient pas d’un bon oeil cette intrusion. “Ma démarche ne répond à aucun agenda politique”, répétait-il.

    LES ZONES D’OMBRE. Au départ, on le disait en disgrâce. Mais, très vite, on va se rendre compte qu’El Himma n’a rien perdu de son influence. Pour sa première séance parlementaire à l’ouverture de l’année législative, le député de Rhamna quitte l’hémicycle à bord du cabriolet royal conduit par… Mohammed VI lui-même. Avant même de constituer son parti, il ne trouve aucun mal à constituer un groupe parlementaire et prendre la tête d’une commission stratégique de l’hémicycle. Plus tard, ce sera la création du Parti authenticité et modernité (PAM), qui devient rapidement la première force politique du royaume : carton plein aux communales de 2009 avec six présidences de région (sur 16) et le perchoir de la Chambre des conseillers. Créer une formation politique capable de prendre le pouvoir était-il prévu avant même la démission d’El Himma ? Le scénario a-t-il été approuvé par Mohammed VI lui-même ? Quoi qu’il en soit, avec le Printemps arabe, le plan (s’il y en a un) a quelque part capoté. Le PAM devient la cible des manifestants du M20 qui demandent la tête d’El Himma. Mais l’ingénieur en chef des premières échéances électorales de Mohammed VI (2002 et 2003) a plus d’un tour dans son chapeau. Nombreux sont les observateurs qui voient sa main secrète derrière les grandes manoeuvres préélectorales à la veille des législatives.

    Le retrait du projet de Loi de Finances 2012

    LES FAITS. Quelques minutes après son dépôt au parlement, le projet de Loi de Finances est retiré en catastrophe par le Secrétariat général du gouvernement dans la nuit du 21 septembre 2011. Conséquence : le grand oral de l’argentier du royaume devant les élus de la nation, prévu pour le lendemain, est reporté sine die. Les parlementaires sont prévenus tard dans la nuit, par sms, de ce cafouillage.

    LA VERSION OFFICIELLE. Dans ce genre d’affaires, c’est au porte-parole du gouvernement de s’y coller. Khalid Naciri déclare alors que “la décision (de retirer la Loi de Finances) est justifiée par l’agenda chargé des deux chambres qui planchent toujours sur les lois électorales”. Pour l’opposition, cet argument ne tient pas la route.

    ZONES D’OMBRE. Les membres du gouvernement se seraient-ils soudainement aperçus que l’agenda du parlement était surbooké ? Cela leur a-t-il complètement échappé lors du Conseil des ministres qui a validé la mouture de la Loi de Finances ? Et puis, dans l’hémicycle, la commission de législation qui traite des lois électorales n’est-elle pas complètement séparée de la commission des finances qui planche sur le projet de budget ? Difficile donc de donner du crédit à la version du gouvernement selon laquelle on n’a pas voulu encombrer les parlementaires. Une thèse plus cohérente apparaîtra avec le dépôt de la version “remaniée” du projet de Loi de Finances. Entre la première mouture et la dernière, des mesures ont tout bonnement sauté. Le très attendu fonds de solidarité sociale, présenté au départ comme l’innovation majeure du budget 2012, a ainsi été supprimé. Ce mécanisme de redistribution de richesses devait être financé à hauteur de 2 milliards de dirhams par une contribution des banques, des assurances, des organismes de crédit et des opérateurs télécoms. Le lobby de la bancassurance et des opérateurs télécoms aurait-il fait plier le gouvernement ? Abbas El Fassi lui-même va l’admettre devant les membres du comité exécutif de son parti. “Je n’étais pas au courant du retrait du texte de Loi de Finances du parlement”, leur a confié le chef des Istiqlaliens, qui a évoqué un fort lobby qui a su plaider sa cause en haut lieu. Comment cela s’est-il passé concrètement ? On ne le saura peut-être jamais.

    L’existence d’une prison secrète à Témara

    LES FAITS. Depuis 2001, plusieurs associations marocaines et internationales de défense des droits de l’homme dénoncent l’existence, au siège de la DST à Témara, d’une prison secrète. Plusieurs détenus salafistes affirment y avoir été torturés pendant plusieurs semaines en dehors de tout contrôle judiciaire. Selon les rapports d’organisations internationales, ce centre de détention aurait également accueilli des pensionnaires étrangers, poursuivis pour terrorisme international.

    LA VERSION OFFICIELLE. Devenu une des cibles préférées des manifestants du Mouvement du 20 février qui avaient même tenté de s’y rendre, le centre de Témara a exceptionnellement ouvert ses portes, le mercredi 18 mai 2011, à des magistrats, des parlementaires et aux dirigeants du Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Résultat : tous ont affirmé n’avoir const até l’existence d’aucune prison secrète. “Le bâtiment de Témara accueille le siège administratif de la DGST”, ont-ils conclu.

    LES ZONES D’OMBRE. Après leur visite à Témara, le président et le secrétaire général du CNDH (tous deux d’anciens militants des droits humains) ont tenu à nuancer que, durant leur visite, ils n’ont relevé “aucun indice laissant supposer que ce lieu est réservé à une quelconque détention illégale”. La précision est de taille. Le communiqué rédigé par Driss El Yazami et Mohamed Sebbar pourrait laisser croire qu’une telle prison a effectivement existé par le passé. “C’est possible, mais je vous mets au défi de me sortir un cas de détention secrète à Témara depuis l’installation du CNDH”, nous avait déclaré le SG du CNDH. Le Maroc semble ainsi avoir tourné la page sans prendre la peine de la lire et de déterminer les responsabilités de chacun dans les exactions qui ont pu être commises au centre de Témara. Pourtant, ce centre revient souvent dans des affaires judiciaires aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne où d’anciens détenus de Guantanamo affirment avoir été torturés au Maroc.

    Le putsch de Mezouar à la tête du RNI

    LES FAITS. Le 23 janvier 2010, le ministre de l’Economie est couronné chef du RNI à la suite d’un véritable plébiscite. Le président sortant, Mustapha Mansouri, est quant à lui désavoué par une écrasante majorité des membres du parti des Bleus. Ce vote à double tranchant est l’épilogue d’une bataille rangée qui oppose Mezouar et Mansouri depuis octobre 2009. Le premier est à la tête d’une armée de réformateurs alors que le second compte sur les doigts d’une main les caciques du parti qui le soutiennent encore.

    LA VERSION OFFICIELLE. Salaheddine Mezouar a justifié sa fronde par le désir de moderniser le RNI, accusant son président de mauvaise gestion et d’avoir sclérosé le parti en étant trop dirigiste. Mezouar a affirmé vouloir faire souffler le vent du renouveau en faisant de la “politique autrement”, un slogan des spécialistes de la com’ qu’il a engagés pour moderniser l’image du parti. Il veut ouvrir sa formation aux jeunes, aux femmes et aux élites avec pour objectif d’atteindre les 200 000 adhérents.

    LES ZONES D’OMBRE. Fouad Ali El Himma est-il derrière l’accession de Mezouar à la tête du RNI ? La question s’est posée très vite après l’intronisation du ministre de l’Economie. Car Mezouar, dès sa prise de pouvoir, a évoqué une alliance possible avec le PAM, alors que son prédécesseur fustigeait ce parti, affirmant qu’il “ramène le Maroc en arrière, aux années de plomb”. Mezouar s’est d’ailleurs appuyé, pour prendre le pouvoir au RNI, sur un groupe de réformateurs ayant un pied dans le parti des Bleus et l’autre au sein du Mouvement pour tous les démocrates (MTD), la matrice du PAM. L’alliance du G8, qui a réuni récemment le RNI et le PAM dans un front anti-PJD, n’a fait que confirmer les inquiétudes des observateurs de la chose publique.
    La bipolarisation du champ politique prônée par Mezouar servirait un autre dessein. Pressenti comme futur Premier ministre à l’issue des législatives, Mezouar serait-il le Cheval de Troie du parti d’El Himma ?

    Le décès de Moul Sebbat

    LES FAITS. Abdelhak Bentassir, alias “Moul Sebbat”, décède après son arrestation au lendemain du 16 mai 2003. Ce fabricant de chaussures (ce qui lui vaut son surnom) a été présenté comme la tête pensante des attentats terroristes qui avaient secoué Casablanca. Moul Sebbat aurait été l’émir de la cellule kamikaze qui est passée à l’acte et aurait lui-même désignés les endroits ciblés.

    LA VERSION OFFICIELLE. Moul Sebbat serait mort, lors de son transfert à l’hôpital, des suites d’un malaise cardiaque, mais aussi de problèmes au foie survenus alors qu’il était entre les mains de la police. Le Parquet de Casablanca, chargé de l’affaire, affirme qu’une autopsie menée par quatre légistes a conclu au décès d’une malaise cardiaque de Moul Sebbat, le 26 mai, soit un jour seulement après son arrestation.

    LES ZONES D’OMBRE. D’abord Abdelhak Bentassir est arrêté le 21 et non le 25 mai. Il aurait été interpellé près de son domicile par une petite armée de policiers en civil. Et puis, à en croire sa famille, la victime, père de deux enfants, était un sportif qui n’avait aucun souci de santé et ne prenait aucun médicament. Toujours selon ses proches, qui ont eu l’autorisation d’identifier son corps à la morgue de Casablanca, la dépouille de Abdelhak Bentassir était méconnaissable vu les marques de torture qu’elle portait. Pourtant, les requêtes présentées par des ONG pour demander une contre-autopsie et une contre-enquête judiciaire sont restées lettre morte. Enfin, lors du procès des kamikazes de réserve, il n’a jamais été question des procès-verbaux des interrogatoires de Moul Sebbat. Le contenu des livres et documents saisis chez lui n’a jamais été révélé non plus. Les secrets de Moul Sebbat (s’il en détenait vraiment), il les a emportés dans sa tombe.

    Le crash du C130 militaire

    LES FAITS. Un avion militaire marocain s’écrase près de Guelmim dans la matinée du 26 juillet 2011. Le C130 effectuait un vol de routine reliant Dakhla à Kénitra, avec des escales à Laâyoune, Guelmim et Agadir. 81 personnes, civiles et militaires, étaient à bord. Aucune n’a survécu. Trois jours de deuil national ont été décrétés suite à ce qui reste comme l’une des catastrophes aériennes les plus meurtrières dans l’histoire du pays.

    LA VERSION OFFICIELLE. La boîte noire de l’appareil a bien été récupérée par les enquêteurs. Ces derniers ont également procédé à l’audition des responsables de la tour de contrôle de l’aéroport de Guelmim, mais rien n’a filtré concernant les détails de l’accident. Officiellement, le drame est attribué aux mauvaises conditions étéorologiques dans la région.

    LES ZONES D’OMBRE. Vu qu’il s’agit d’une investigation militaire, il y a très peu de chances que les FAR communiquent, un jour, sur les résultats officiels de l’enquête. Cela aurait pourtant aidé à résoudre plusieurs énigmes liées à cette catastrophe aérienne. La première a trait à la nature même de l’appareil. Le C130 a en effet la réputation d’être quasi indestructible. Capable de se poser sur tous les terrains (même les plus accidentés), il est doté de radars assez sophistiqués qui lui permettent de se poser ou de décoller en toutes circonstances. C’est, ensuite, un vol assez routinier qu’effectuent plusieurs fois par semaine les pilotes de l’armée de l’air marocaine. Ils connaissent donc très bien la région et sont habitués au brouillard épais qui enveloppe, tous les matins, cette partie de la côte atlantique sud. Qu’est-ce qui a donc fait défaut cette fois ? Comment expliquer le crash du C130, à quelques kilomètres seulement de l’aéroport de Guelmim ? Est-ce vrai que la flotte aérienne militaire souffrirait d’une négligence au niveau de la maintenance ? On n’en saura jamais rien. Sauf que quelques semaines après le crash, de hauts gradés de l’armée de l’air auraient été mis à la retraite. Est-ce lié aux premiers résultats de l’enquête ?

    Les morts d’Al Hoceïma

    LES FAITS. Le 20 février 2011, c’était la toute première marche organisée par le M20. A l’issue des rassemblements qui ont réuni des milliers de personnes dans plusieurs grandes villes du royaume, des actes de vandalisme sont signalés. Mais à Al Hoceïma, c’est encore plus grave. Dès le début de soirée, on évoque la découverte d’un cadavre calciné dans une agence bancaire incendiée. Le lendemain, le nombre de cadavres est finalement de cinq : des jeunes âgés de 17 à   25 ans que rien ne rassemble. A priori, ils ne se connaissaient pas, n’avaient pas d’antécédents judiciaires et venaient de différents quartiers.

    LA VERSION OFFICIELLE. Le Parquet de la Cour d’appel d’Al Hoceïma parle d’un incendie provoqué par des casseurs au moment où les cinq jeunes hommes s’étaient introduits à l’intérieur de l’agence bancaire avec l’intention de la piller. Deux autopsies, ordonnées par la justice, sont là pour appuyer les dires du Parquet et attester que les cinq dépouilles ne portaient pas de traces de violences ou de torture.

    LES ZONES D’OMBRE. Les familles et des membres du M20 à Al Hoceïma émettent des doutes sur les conditions réelles du décès des cinq jeunes hommes. Certains affirment les avoir vus, pourchassés dans la rue ou dans le commissariat de police, en début de soirée. Soit bien après le déclenchement du premier incendie vers 19 h. Les familles des victimes soutiennent ainsi que leurs proches seraient tombés sous la torture puis emmenés dans cette agence bancaire, où un incendie aurait été provoqué pour maquiller le tout… Pour ne rien arranger, le procureur de la ville a toujours refusé de permettre aux familles d’accéder au contenu des enregistrements des caméras de surveillance de l’agence bancaire et ceux de trois autres agences qui se trouvent sur la même avenue Mohammed V. D’ailleurs, trois jours après le drame, l’agence fait peau neuve, ne permettant plus aucune contre-expertise sur le départ d’incendie. Et dix mois après les faits, l’enquête est au point mort.

    Le procès des “satanistes”

    LES FAITS. Le 16 février 2003, une chasse aux sorcières ubuesque prend place à Casablanca. Quatorze musiciens, âgés de 22 à 35 ans, sont accusés de satanisme par les autorités. Les “pièces à conviction” saisies lors des différentes perquisitions aux domiciles des prévenus sont d’une légèreté accablante pour le Parquet : des Tshirts noirs, un recueil de poésie, des
    cendriers en forme de crâne… En gros, l’unique “tort” de ces musiciens est d’aimer jouer du hardrock et du metal.

    LA VERSION OFFICIELLE. “Atteinte à la religion musulmane”, “dégradation des moeurs, incitation à la débauche et actes attentatoires à la religion musulmane” sont les chefs d’inculpation mis en avant par le juge. Au bûcher dressé par le tribunal de Casablanca, le 6 mars 2003, les 14 musiciens sont condamnés à des peines allant d’un mois à un an fermes. Néanmoins, une immense mobilisation menée par un collectif de soutien a permis de libérer les 14 musiciens quelques jours seulement après le verdict.

    LES ZONES D’OMBRE. Aujourd’hui encore, personne ne sait exactement ce qui a poussé à une telle bavure judiciaire, ni qui a donné l’ordre de giboyer des innocents. Les théories vont bon train : pour certains, c’est un malheureux excès de zèle de la part des policiers, qui ont profité d’un déplacement du roi pour faire ce qu’ils voulaient. Pour d’autres, c’était, au contraire, une manière de faire montre de la clémence de Mohammed VI, qui a repris les choses en main à son retour. D’autres encore parlent d’une princesse qui aurait vécu en face du café où les métalleux avaient pour habitude de se réunir et qui se serait plainte du bruit… Ce qui est sûr, c’est que l’affaire des 14, comme on l’appelle aujourd’hui, a souffert énormément de la mauvaise foi et de l’ignorance des autorités. “Aash dakom l’shi hard rogen ?”, avait demandé un policier aux accusés lors des interrogatoires. Au procès, parmi les questions posées aux musiciens par le juge, on retient celle dont on rit aujourd’hui : “Pourquoi n’écoutez-vous pas Fatna Bent Lhoucine ?”.

    Le meurtre du garde du corps du roi

    LES FAITS. Abdellah Salim Saïdi, garde du corps de Mohammed VI, est attaqué chez lui en plein centre de Rabat, à deux pas de la préfecture de police de la capitale. Dans cette nuit du 8 au 9 juillet 2011, les voisins entendent des coups de feu, mais personne ne pouvait deviner que c’était
    un man in black du roi qui était au tapis. Transféré à l’hôpital, Saïdi décède le 12 juillet à l’âge de 47 ans.

    LA VERSION OFFICIELLE. La DGSN s’empresse de diffuser un communiqué censé restituer le cours des événements : deux cambrioleurs se seraient introduits dans le domicile du commissaire Saïdi. Quand ce dernier les surprend, une fusillade éclate où le garde du corps et un de ses assaillants sont blessés. Le présumé cambrioleur, arrêté sur place avant d’être hospitalisé, est présenté comme un individu au casier judiciaire bien garni. Le deuxième, en fuite, est “activement” recherché.

    LES ZONES D’OMBRE. Les conclusions de l’enquête n’ont jamais été rendues publiques. Pourtant, nombreuses sont les questions qui restent en suspens. Exemple : les balles ayant blessé mortellement le commissaire Saïdi et son agresseur provenaient-elles de la même arme ? On ne sait rien non plus sur la véritable identité des agresseurs si ce n’est que l’individu arrêté est un habitant de Rabat répondant au surnom de Bidaoui. Et puis, qu’est-il advenu de ce fameux Bidaoui ? A-t-il seulement survécu à sa blessure ? Dans quelle prison est-il en train de croupir ? Le deuxième agresseur court-il toujours ou a-t-il été interpellé ? La police se refuse à toute déclaration et, quatre mois après les faits, aucun procès n’est en vue. Dans la rue r’batie en revanche, les versions au sujet de ce fait divers pas comme les autres sont nombreuses. La plus répandue (et à la fois la plus soft) soutient que les trois hommes se connaissaient bien et qu’il aurait été question d’une nuit entre amis où les choses ont dégénéré. Abdellah Saïdi était d’ailleurs une figure publique de la capitale, chose assez rare pour les gardes du corps de Mohammed VI.

    Le blocage des licences télé

    LES FAITS. Lundi 23 avril 2009, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) prend tout le monde de court et annonce qu’aucune licence télé ne sera accordée. Parmi les recalés, on compte de prestigieux candidats : Mounir Majidi, Othman Benjelloun, Fouad Ali El Himma, Aziz Akhannouch… La libéralisation du paysage audiovisuel marocain, tant promise par l’Etat, n’a pas eu lieu.

    LA VERSION OFFICIELLE. Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel, organe de la HACA) avance dans un communiqué laconique que, “compte tenu de facteurs conjoncturels et sectoriels intervenus depuis le mois de septembre 2008, notamment la dégradation de la situation du
    marché publicitaire, ainsi que la crise traversée par Medi1 Sat et le risque encouru pour le secteur dans son ensemble pouvant compromettre l’équilibre et la viabilité des opérateurs audiovisuels publics et privés existants”, le conseil des sages a décidé de mettre en veille l’octroi de toute licence télé, en attendant d’y voir plus clair dans le secteur.

    LES ZONES D’OMBRE. C’est un secret de polichinelle. A l’époque de la course aux licences, seules deux fréquences hertziennes étaient disponibles. Or, une de ces fréquences allait être occupée à court terme par Medi 1 Sat, devenue depuis Medi1 TV. Présageant cela, les sages de la HACA ont pu se retrouver face à un dilemme cornélien : qui choisir parmi les deux amis du roi en lice, Fouad Ali El Himma ou Mounir Majidi ? L ’argument de contraction du marché publicitaire n’était-il pas pris en compte dans les business plans des soumissionnaires ? A qui est revenue la décision de désavouer tous les candidats ? A Mohammed VI en personne, comme avancent certains ? Ce blocage du processus de libéralisation ne serait-il pas motivé par la seule volonté politique de garder le paysage audiovisuel verrouillé et de faire écran à la concurrence ? Car, en définitive, depuis le début du rà ¨gne de Mohammed VI, une seule chaîne (Medi1 TV) s’est vu délivrer le précieux sésame. Et, depuis, des investisseurs publics sont venus squatter le tour de table de la chaîne tangéroise. Résultat, l’Etat préserve son monopole et son contrôle sur le champ médiatique, alors que de nombreux discours de Mohammed VI ont laissé entendre (et espérer) une libéralisation de l’audiovisuel.

    Les milliards de Mawazine

    LES FAITS. 11 janvier 2011. En conflit judiciaire avec ses ex-employeurs du groupe émirati Taqa, maison-mère de la centrale électrique de Jorf Lasfar (Jlec), l’ancien directeur général du groupe, Peter Barker, envoie par l’intermédiaire de ses avocats une lettre à l’autorité du marché américain (la SEC). Il y dénonce les pratiques douteuses du groupe émirati coté à la Bourse de New York. L’homme affirme, entre autres, avoir reçu l’ordre de son patron de “verser 5 millions
    de dollars par an à Hassan Bouhemou (PDG du holding royal SNI), pour financer un festival de musique (…) afin que Taqa décroche le feu vert pour procéder à l’extension de la centrale électrique de Jorf Lasfar”.

    LA VERSION OFFICIELLE. Ces accusations, portées par Peter Barker, n’ont été ni démenties ni confirmées par les patrons du groupe Taqa. Côté Maroc, c’est le manager du business royal, Hassan Bouhemou, qui est monté au front pour dénoncer ces “allégations”. Il s’est par la suite fendu d’un communiqué de presse où il annonce avoir décidé de porter l’affaire en justice pour “que la vérité soit établie sur les soubassements de cette opération de diffamation”.

    LES ZONES D’OMBRE. Filiale du groupe Taqa, Jlec n’est pas une entreprise ordinaire. Titulaire depuis 2007 d’une concession d’exploitation des centrales thermiques de Jorf Lasfar, elle produit environ la moitié des besoins du Maroc en électricité… Et a un seul client : l’ONE, qui est obligé de par le contrat de concession d’acheter toute la production de la firme, sur une durée de 30 ans à un prix réglementé ! Ce n’est pas tout. Deux ans après son entrée en jeu dans le royaume chérifien, la société obtient, dans une cérémonie présidée par Mohamed VI lui-même dans son palais de Fès, l’autorisation de construire deux nouvelles centrales thermiques pour doubler sa production. Et c’est depuis ce momentlà que l’entreprise est devenue le sponsor majeur du festival Mawazine, présidé depuis 2007 par le secrétaire particulier du roi, Mounir Majidi, et patron de Hassan Bouhemou. Hasard du calendrier ? Et pourquoi donc une entreprise qui n’a qu’un seul client (l’Etat) irait-elle sponsoriser un festival grand public à coups de millions de dirhams ? Détentrice d’un contrat juteux dans le royaume chérifien, Jlec aurait-elle voulu renvoyer l’ascenseur en finançant le festival royal ? La réponse viendra peut-être du Michigan, où le procès de Peter Barker contre Taqa est toujours en cours. En attendant, on se contentera de cette explication du porte-parole de Mawazine : “Jlec est une société privée qui fait ce qu’elle veut de son argent”. Oui, bien sûr.

    L’affaire du TGV

    LES FAITS. Septembre 2011. Le président français Nicolas Sarkozy se déplace à Tanger pour lancer officiellement, avec Mohammed VI, les travaux de la première ligne de train à grande vitesse reliant Tanger à Casablanca. Un véritable bijou de technologie qui réduira de 2 heures la durée du voyage entre les deux pôles économiques du royaume. Coût du projet : 20 milliards de dirhams, dont une moitié sera couverte par des financements et des dons français et l’autre par le budget de l’Etat et des financements de pays du Golfe.

    LA VERSION OFFICIELLE : Selon nos décideurs, ce projet pharaonique a été concrétisé pour doter le pays d’une nouvelle infrastructure ferroviaire et pour accélérer le développement du “Maroc régional”, en réduisant les temps de voyage. Choix stratégique pour le développement du Maroc, le projet TGV devra être prolongé plus au sud vers Marrakech, puis Agadir à l’horizon 2035. Une autre ligne, dite “maghrébine”, sera lancée dans la foulée, pour relier la capitale de l’Oriental, Oujda, à Casablanca, en passant par Fès.

    LES ZONES D’OMBRE. C’est en octobre 2007 que l’on a entendu, pour la première fois, parler du TGV marocain, en marge de la première visite au Maroc de Nicolas Sarkozy. Dans le temps, les relations franco-marocaines étaient très tendues. Fraîchement élu, Sarkozy apprend que Rabat renonce à l’achat de 20 avions de chasse Rafale préférant une offre américaine plus compétitive : 24 chasseurs F16 pour 500 millions d’euros en moins. “Après cette date, les fils sont coupés : les interlocuteurs marocains des Français ne les prennent même plus au téléphone”, raconte le journaliste français Jean Guisnel dans son livre Armes de corruption massives. En juillet de la même année, Mohammed VI exige le report de la visite de Sarkozy au Maroc après avoir appris que le nouveau président français allait d’abord passer par Alger avant d’atterrir à Rabat. Rien ne va plus, jusqu’à ce que, trois mois plus tard, Sarkozy arrive finalement au royaume, pour remettre les relations avec son ami sur les rails. Dans ses bagages, il repartira avec le contrat TGV, qui a tout d’un cadeau royal offert au nouveau VRP de France, en compensation de l’échec de la transaction de Rafale. D’ailleurs, le contrat du TGV est passé sans appel d’offres et sans consultation préalable des parlementaires. Mais, depuis, les relations entre le Maroc et la France ont repris leur train-train habituel.

    La méga-fusion ONA–SNI

    LES FAITS. Le 26 mars 2010, un big-bang secoue la place casablancaise. Le holding royal annonce une méga-opération séquencée en trois phases : retrait de la Bourse de Casablanca des titres ONA et SNI, fusion de ces deux gigantesques holdings et revente d’un paquet de filiales.
    Avant la fin de l’année, les deux premières phases sont bouclées : les deux holdings ne font plus qu’un, il s’appelle SNI.

    LA VERSION OFFICIELLE. Dans un dossier de presse distribué aux médias, les managers des affaires royales ont tenté, comme ils ont pu, de donner du sens à ce chamboulement capitalistique, le plus important que le Maroc ait jamais connu. On parle de “nouvelle vocation du groupe”,
    de “volonté de se conformer aux standards internationaux puisqu’il est de plus en plus rare de par le monde de voir des holdings cotés qui sont essentiellement constitués d’actifs eux-mêmes cotés, ce qui est le cas de SNI et ONA”. Une couleuvre difficile à avaler vu le coût stratosphérique de l’opération.

    LES ZONES D’OMBRE. C’est bien trop cher payé pour croire en la simple volonté de se conformer aux standards internationaux. Majidi et Bouhemou sont de vrais professionnels de la finance et ont toujours fait preuve d’ingéniosité pour profiter des brèches réglementaires, de manière à optimiser les investissements de leur patron, la famille royale en l’occurrence. Tout dans le déroulement de l’opération laisse croire que c’est une première réfléchie à long terme et que son véritable objectif est d’éloigner le business royal des radars du marché financier, avec toutes ses contraintes de transparence. Elle est intervenue alors que la Loi de Finances venait d’accorder un cadeau fiscal aux opérations de fusion, les banques ont ouvert les vannes du crédit sans discuter, pour financer l’achat des actions auprès du grand public, les partenaires étrangers du groupe royal ont mis la main à la poche et les investisseurs institutionnels marocains conservent leurs titres de manière à ne pas rendre plus chère l’opération, qui a coûté au final 10 milliards de dirhams.
    Depuis, le groupe, même s’il n’a pas encore réalisé de nouvelles acquisitions ou même réalisé les cessions promises, évolue dans l’ombre. Ne serait-ce que pour publier sommairement ses comptes, l’autorité du marché doit régulièrement lui administrer des piqûres de rappel.

    La rupture avec l’Iran

    LES FAITS. Le vendredi 6 mars 2009, un communiqué du ministère des Affaires étrangères annonce le rappel du chargé d’affaires marocain en Iran. Quelques jours plus tard, l’ambassadeur iranien au royaume est également rappelé chez lui. Entre Rabat et Téhéran, rien ne va plus.

    LA VERSION OFFICIELLE. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la décision de rappeler le représentant diplomatique au pays de Khomeïni intervenait suite à une déclaration de Téhéran, considérant l’Etat de Bahreïn comme la quatorzième province iranienne. Cette proclamation a suscité une contestation par le Maroc au plus haut niveau : le roi avait émis un message de soutien au royaume de Bahreïn. Mais le divorce avec l’Iran se justifie aussi par la chasse au chiisme. Téhéran est accusé de soutenir un activisme visant à altérer les fondamentaux religieux du royaume, à s’attaquer aux fondements de l’identité ancestrale du peuple marocain et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le rite malékite sunnite au Maroc.

    LES ZONES D’OMBRE. Plusieurs câbles diplomatiques révélés par Wikileaks relèvent l’implication de l’Arabie Saoudite, l’autre monarchie du Golfe, dans cette rupture, et placent le conflit dans le cadre de la bataille pour l’hégémonie dans la région. Dans une correspondance entre le diplomate américain au Caire et son collègue à Rabat, le premier a expliqué que “les Saoudiens ont sensibilisé personnellement le roi Mohammed VI, et non le gouvernement marocain qui a été tout aussi surpris que le reste du monde par cette rupture des relations diplomatiques”.

    Le câble Wikileaks évoque également l’inquiétude du Maroc quant à “l’éventuelle acquisition par l’Iran d’armes atomiques”. En prenant la décision de rompre avec Téhéran, le roi a donc fait d’une pierre deux coups : plaire aux Etats-Unis, très hostiles au régime d’Ahmadinejad, et maintenir ses excellentes relations avec l’Arabie Saoudite. Pour quelle contrepartie ? On n’en sait rien.

    Les poursuites contre Khalid Oudghiri

    LES FAITS. Le 1er août 2008, Abdelkrim Boufettas, membre d’un richissime clan soussi, dépose plainte pour une affaire de corruption impliquant Khalid Oudghiri. L’ancien patron d’Attijariwafa bank (filiale du holding royal), “démissionné” en 2007. Selon l’accusation, il aurait touché, par l’intermédiaire d’un notaire, un pot-de-vin de 35 millions de dirhams dans une transaction immobilière. Un mandat de recherche international est émis contre Oudghiri. Exilé entre le Canada et la France, celui-ci ne s’est jamais présenté au procès.

    LA VERSION OFFICIELLE. Boufettas avait du mal à rembourser son crédit bancaire de 175 millions de dirhams. En 2004, la banque enclenche alors la procédure de recouvrement et met aux enchères une parcelle de 53 hectares du terrain en hypothèque. Mais, au dernier moment, un nouveau protocole de remboursement est négocié. C’est à ce moment-là que Oudghiri et son complice de notaire auraient touché une commission de 20 MDH et auraient récidivé un an plus tard (15 MDH de plus) pour pousser l’homme d’affaires à vendre son terrain. Pour ces actes, l’ancien banquier numéro 1 du royaume a été condamné par contumace à 10 ans de prison pour complicité de corruption.

    LES ZONES D’OMBRE. Plusieurs questions s’imposent quand on entreprend de faire le tri dans cette affaire aux innombrables ramifications. Première interrogation : pourquoi Boufettas a-t-il mis 4 ans avant de décider de tout déballer ? Son argumentaire, selon lequel il manquait “de preuves matérielles”, ne tient pas la route puisque lesdites preuves reposent d’abord sur de simples témoignages. Autre question : pourquoi certains témoins-clés (principaux dirigeants de la banque et les autres membres de la famille Boufettas) n’ont pas été auditionnés ? Nombreux sont les observateurs qui voient cette affaire comme un règlement de compte. C’est un secret de polichinelle : Oudghiri ne s’entendait pas du tout avec ses employeurs, les gestionnaires des affaires royales. Ne serait-il donc in fine coupable que de “sale caractère et d’excès de confiance” ? Lui ne s’est en tout cas jamais exprimé sur cette affaire, ni devant la justice ni devant les médias.
    Un jour peut-être.

    La crise de l’îlot Leila

    LES FAITS. Le 10 juillet 2002, six membres des Forces auxiliaires marocaines débarquent sur l’îlot Leila, situé à 200 mètres des côtes marocaines. La réaction espagnole est immédiate. Le voisin ibérique y voit “une invasion d’un territoire espagnol” et dépêche une véritable armada. En tout, six bateaux de guerre et 24 éléments du groupe des actions spéciales ont été mobilisés pour faire prisonniers les six militaires marocains qui sont livrés dans des conditions humiliantes aux autorités marocaines.

    LA VERSION OFFICIELLE. En débarquant sur l’îlot à la souveraineté contestée, les six membres des Forces auxiliaires comptaient établir, selon les autorités marocaines, un poste de contrôle dans le cadre de la lutte du royaume contre le trafic de drogue et l’immigration clandestine.

    LES ZONES D’OMBRE. En dépêchant ses militaires sur place, le Maroc savait que la réaction de l’Espagne serait vigoureuse. Les deux voisins se sont en effet mis d’accord, au début des années 90, pour maintenir le statu quo sur ce petit rocher, qui ne devait porter aucun “symbole représentatif d’une appartenance nationale”. Qu’est-ce qui a donc poussé le Maroc à rompre cet accord de manière subite et unilatérale ? Pour éviter l’escalade militaire en tout cas, la ministre des Affaires étrangères espagnole de l’époque, Ana Palacio, affirme avoir demandé à parler au roi Mohammed VI. En vain. Le Maroc n’a-t-il pas pris au sérieux cet ultimatum lancé par Madrid ? Par la suite, c’est une médiation américaine, menée par le secrétaire d’Etat à la Défense, Colin Powell en personne, qui a permis de rétablir le statu quo au sujet de “ce stupide bout de rocher”, pour reprendre l’expression de l’ancien responsable américain.

    Source : Osservatore Internazionale per i diritti 

    Tags : Maroc, Mohammed VI, DST, Prison de Témara, îlot Leïla, îlot Persil, Hicham Mandari, Fouad Ali El Himma, Mawazine, TGV, El Bouraq, ONA, SNI, Al Mada, Iran, Polisario, Khalid Oudghiri, 

  • El gobierno español disimula la autoría de actos terroristas perpetrados por Marruecos

    El 11-M no es el único atentado terrorista coemtido por Marruecos y callado por España. Veintiseis años antes, el 28 de noviembre del 1978, un barco pesquero, el Cruz del Mar, fue atacado en plena altamar dejando ocho muertos canarios.

    Según la revista Triunfo, el ametrallamiento de este podría haber sido obra de la Oficina de Enlace y Moral (Bureau des Liaisons et Moral), una entidad creada por Hasán II para prevenir los conspiraciones de los militares contra la corona alauita.

    Según la misma fuente, se trata de un « servicio secreto montado con hombres de su total confianza, entre los que figurarían jóvenes oficiales y hombres de acción que desarrolla acrividades político-militares encaminadas tanto a abortar cualquier intento de golpe de Estado dentro de las FAR como a realizar o montar operaciones con proyección exterior ».

    « En medios del archipiélago canario, añade, se especula con la posibilidad de que estos servicios no han sido ajenos a la acción llevada a cabo contra el pesquero « Cruz del Mar ».

    Según El Español del 15 de Enero del 2017 :

    Las sospechas del atentado recayeron enseguida sobre el Frente Polisario, reconociendo supuestamente los sobrevivientes a seis asaltantes, cuando les mostraron las imágenes de los saharauis fichados por la PolicíaTerritorial. El Gobierno Civil publicó las fotos de los asaltantes identificados con sus nombres, entre ellos el llamado Mohamed Salem Uld Had Enbarec, pero el Frente Polisario, que negó totalmente la autoría de la masacre, achacándola a Marruecos, demostró fehacientemente que el nombrado estaba en Argel en el momento del asalto al Cruz del Mar, entrevistado por dos periodistas españoles.

    La tesis generalizada que podía justificar la masacre fue la de que, el gobierno español de la UCD estaba propugnando un acercamiento al Frente Polisario y, por ello, Marruecos mandó a cometer el asesinato referido para que se lo imputaran a los saharauis y, con ello, romper las nacientes relaciones. Con esa intención, las armas para cometer el execrable crimen fueron fusiles Kalasnikov, que no eran reglamentarios en el ejército alauita.

    Pero las mentiras tienen las patas cortas y, por ello, al día siguiente de la tragedia, dos aviones militares, sobrevolaron el lugar donde se cometieron los hechos e informaron que en tierra habían acampadas fuerzas armadas marroquíes y, en sus proximidades se movía una columna de vehículos rumbo al Aaiun, llevando sobre el techo de un camión una gran lancha neumática de color verde, similar a la descrita por los supervivientes. Se había revelado que Marruecos estaba tras la autoría del asalto y posterior asesinato de la de la tripulación del pesquero Cruz del Mar. Pero esta prueba no fue tenida en cuenta por las autoridades españolas ya que nunca hubo demanda al gobierno de Hassan II, pero si represalias a los saharauis que Vivian en España o que pedían asilo político.

    Sobre el mismo tema, El País, con fecha de 16 Diciembre 1978, escribió :

    PARECE QUE comienza a instalarse en los hábitos políticos del Gobierno español la tendencia a que sea el ciudadano quien a través de informaciones recortadas deduzca por sí mismo la verdad en aquellos casos que afectan gravemente a la seguridad del Estado o de la nación.Después de la «Operación Galaxia», la solución del caso del asesinato de los pescadores del Cruz del Mar puede quedar como un nuevo ejercicio para las aptitudes detectivescas de nuestros conciudadanos. Hace ya más de tres semanas que el ministro de Transportes regresó de Canarias con la «certeza de haber reunido pruebas con cluyentes» que permitían al Gobierno identificar a los autores del atentado terrorista que costó la vida a ocho pescadores españoles. Tres semanas después esperamos esas supuestas pruebas, y todo sugiere que las mismas podrían ser utilizadas para incriminar indistintamente a los diferentes posibles autores o incitadores de los hechos.

    Durante una semana, las identificaciones llevadas a cabo por los. supervivientes permitían sospechar que podría tratarse de una operación del Polisario. De repente, el representante de ese Frente, recién llegado de nuevo a Madrid, ha afirmado en una conferencia de prensa, de la cual por primera vez TVE actuó como caja de resonancia, que su organización no es culpable y que tienen todas las pruebas sobre quiénes son los autores a la disposición del Gobierno español si éste las solicita.

    Lo inconcebible de todo esto es cómo una organización que es una de las partes acusadas en el caso no ha sometido de motu proprio esas pruebas a las autoridades, de la misma manera que es lógico suponer que no se habría permitido al Polisario un nuevo foro informativo como el de anteayer si «aquellas pruebas concluyentes», que decía traer el ministro de Transportes, no le exoneraran, al menos en opinión de un sector del Gobierno. De lo contrario no habría explicación para esa pasividad gubernamental.

    Durante toda la campaña de la izquierda española contra el Acuerdo Tripartito de Madrid, el Polisario prometió denunciar con nombres y apellidos a los españoles que acusaba de haberse beneficiado con «la venta del Sahara a Marruecos y Mauritania». Nadie ha recibido hasta ahora o hecho públicas esas revelaciones.

    Sin embargo, ahora cabe pensar, al menos en,beneficio de la dignidad de este país, que no se trata de un gesto propagandístico; que nadie intenta negociar esas pruebas a cambio de algo más; que nadie quiere divertir a la opinión pública, porque ya no estamos para diversiones.

    Partiendo de estos supuestos, ¿qué nos queda?: ¿que las pruebas acusan a Marruecos, a un GRAPO-marroquí o a un tercero que no es ni Marruecos ni el Polisario? ¿Que el Gobierno no logra unanimidad para decidir cómo abordar la situación dada la gravedad que supondría la implicación de un Estado?

    El gesto del Gobierno español hace unos días afirmando que la Armada defendería a nuestros pescadores, con toda la dignidad que proyecta, aún no se ha explicado cómo podrá ponerse en práctica en unas aguas territoriales cuya soberanía reclaman dos Estados y el Polisario, a menos que haya decidido recordar a Rabat y Nuakchott, que España ha cedido la administración pero no la soberanía del Sahara y que está decidido a patrullar esas aguas.

    Lo concreto es que estamos ante unos hechos graves que no se quiere o no se pueden afrontar y que de nuevo los intereses pro argelinos o pro polisarios o pro marroquíes nos convierten en centro de confrontación. Dicho de otra forma, que la guerra del Sahara, por nuestras debilidades reales o supuestas, por la ausencia de una política de Estado asumida por todos, se nos traslada a Madrid o contra intereses y ciudadanos españoles. Nada pues más lejos de las intenciones proclamadas por la diplomacia española de mediar en el conflicto. No sólo no mediamos, sino que contra España empiezan a desaho garse unos y otros. Es hora de hacer comprender a todos, con hechos, que no podrán volver sus furias contra España. Pero también es hora de que el Gobierno com prenda que el acercamiento a una parte no puede ser en detrimento de la otra y que no podemos permitirnos ese juego político.

    * Este artículo apareció en la edición impresa del Sábado, 16 de diciembre de 1978

  • Maroc : Un exemple typique de propagande marocaine

    Article publié via la page Moroccan Propaganda Watch sur Facebook:

    Un évènement de deux heures aura lieu au Parlement européen en solidarité avec les enfants sahraouis marocains détenus dans les camps du Polisario de Tindouf.

    A l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance célébré le 21.11.2012, le Mouvement International pour la Conclusion de l’Intégrité Territoriale du Maroc, en collaboration avec la Coordination Européenne de l’Autonomie au Sahara Marocain et l’Union des associations d’Alsace et de Lorraine, a fait appel à une manifestation dans la Place de l’Europe, à Strasbourg, au siège du Parlement européen, de 15h à 17h, en solidarité avec l’opération «Colombe Blanche» en faveur des enfants sahraouis et leurs familles et parents enlevés sur le sol algérien, pour dénoncer les crimes et les violations des droits humains commises par le Polisario, soutenu par l’Algérie, contre les enfants sahraouis.

    Ceci est enlèvement assez dévergondé d’une journée destinée à améliorer la situation difficile des enfants dans le but de promouvoir un agenda impérialiste d’agression et la normalisation d’une occupation militaire illégale.

    Maintenant, le Maroc manifeste sa propagande sur le Sahara occidental par le biais de manifestations «populaires» organisées par des groupes monarchiques d’avant-garde au coeur de l’Europe. Le Maroc a toujours fabriqué des accusations du diabolique Polisario retenant des personnes captives dans les camps d’Algérie.

    En réalité, ces camps logent des Sahraouis autochtones et leurs descendants qui ont été expulsés de leurs terres suite à l’invasion marocaine et l’occupation du Sahara occidental. Beaucoup de ces gens entrent et sortent des camps, vers l’Algérie et d’autres pays, et vers les différentes parties du Sahara occidental contrôlées par le gouvernement du Front Polisario (d’où le « Mouvement pour la Conclusion de l’Intégrité Territoriale » – code de la conclusión de l’occupation et l’annexion du Sahara occidental). Human Rights Watch a vérifié les déclarations de ceux de nous qui avons passé du temps dans les camps, que les allégations marocaines sur l’esclavage et autres violations massives des droits de l’homme sont infondées. Le Maroc souhaite que nous voyions le Polisario, qui est le représentant légitime du peuple sahraoui (reconnu comme tel par les Nations Unies et le Maroc dans les négociations de paix, et comme le gouvernement légitime du Sahara occidental par l’Union africaine et des dizaines de pays du monde) comme le méchant loup. Le Maroc ne peut gagner la bataille de ses «droits» sur le Sahara Occidental d’une autre manière qu’en tergiversant et en centrant le problème dans un contexte de lutte entre le « gentil » Maroc et le « méchant » Polisario. Un peu comme de l’homme riche qui vient de chez l’agresseur et l’agresseur veut toujours se présenter comme victimes.

    Cette bêtise de « sahraouis marocains » suggère que le Maroc veut que ces personnes « retournent » dans un Grand Maroc forgé par l’invasion et l’occupation du Sahara occidental (et, si vous regardez, il ne s’arrête pas aux cartes du Maroc, ni aux débats sur les territoires sur lesquels le Maroc revendique des «droits historiques»). En effet, le Maroc ne veut pas que les plus de 200.000 sahraouis indépendantistes rentrent dans le territoire illégalement occupé et que les Sahraouis considèrent comme leur patrie. Dans tous les cas, le Maroc a souvent dit qu’il ya beaucoup moins de gens dans les camps qu’ils n’existent dans la réalité. Alors que dire de ceux dont il ne reconnaît pas l’existence? Il prétend également que les gens des camps ne sont pas des sahraouis, mais venus du Sahel. Comme d’habitude, il ne peut faire passer ses histoires inventées de toutes pièces.

    Le palais, le roi, le gouvernement marocain et tous les Marocains, devraient avoir honte de cette exploitation cynique d’une génuine cause humaine. N’est-il pas temps que le printemps arabe du Maroc se mette, sérieusement, en marche?

    Sand & Dust, 20 Nov 2012

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, propaganda,

  • La réalité du Sahara Occidental découverte par un jeune marocain

    Témoignage d’un jeune marocain, récemment immigré en Belgique. Il a été envoyé au Comité le 28 mars 2019.

    Crédits photo : Morgane Wirtz

    « Je m’appelle Youssef.

    C’est le nom que je me suis donné le jour où j’ai quitté le Maroc en juin 2017.

    Depuis l’âge de 8 ans, j’ai commencé à poser des questions sur les règles que la vie m’imposait, je n’acceptais pas de devoir (ou pas) faire des choses juste parce que… la religion, les coutumes, les règles de la maison, de l’école. Je posais beaucoup de questions, trop pour mes parents. Pour eux j’étais un enfant difficile. Mon père est un homme très violent qui boit de l’alcool et qui fume le kif et le hashish. En plus de me frapper très souvent quand je faisais trop de bruit, il me donnait accès à ses drogues, il ne voyait pas de mal dans le fait qu’il me rendait dépendant de ces produits ; c’était normal pour lui et cela me tenait calme. J’étais un junkie dès l’âge de 12-13 ans, alcoolique dès mes 15 ans.

    Ma mère m’aimait, mais elle n’avait pas de pouvoir dans la maison, sur sa propre vie, elle aussi me frappait régulièrement. Mon frère ainé a pris le même parcours violent que mon père.

    J’ai quitté la maison pour la première fois quand j’avais 11 ans, trop jeune pour une vie dans la rue. Quand j’avais 15 ans j’ai quitté ma maison définitivement après une dernière bagarre avec mon frère ainé, bagarre qui m’a envoyé à l’hôpital pour des soins en urgence à ma tête. Je ne pouvais plus tolérer la violence au sein de ma famille. Depuis ce moment jusqu’à mon arrivée en Belgique en janvier 2018 j’ai vécu dans la rue. C’étaient 7 longues années.

    Les années dans la rue, je me sentais un étranger partout, parmi les arabes j’étais rare, je n’étais plus musulman et j’avais des critiques sur le gouvernement et la famille royale ; dans le Rif, j’étais un étranger parce que arabe du milieu du pays avec une autre langue, d’autres coutumes, au Sahara j’étais un marocain tout court.

    Les premières années dans la rue, je suis resté dans le nord du pays, surtout dans le Rif. Pour ‘gagner ma vie’ je cherchais dans les poubelles des objets que je pouvais vendre, parfois, si j’avais de la chance je pouvais travailler quelques jours. Et j’ai volé quand je n’avais plus rien et j’avais faim ou besoin d’une dose de drogue. J’ai aussi passé 4 mois dans une prison marocaine pour un vol.

    Jusqu’à ce moment là seule chose que j’avais entendue à la maison, à la radio et TV, à l’école, était que le Sud du Maroc était une terre où il y avait des problèmes et où le gouvernement marocain dépensait beaucoup d’argent dans des projets de développement. J’entendais que le Polisario était une bande de maffioso qui empêchait les sahraouis de Tindouf de rentrer au Maroc.

    C’est dans la prison que j’ai entendu pour la première fois un autre son de cloche sur le Sahara occidental. Jusqu’à ce moment là seule chose que j’avais entendue à la maison, à la radio et TV, à l’école, était que le Sud du Maroc était une terre où il y avait des problèmes et où le gouvernement marocain dépensait beaucoup d’argent dans des projets de développement. J’entendais que le Polisario était une bande de maffioso qui empêchait les sahraouis de Tindouf de rentrer au Maroc.

    Quelques temps après ma libération, j’ai pris mon petit sac à dos, une bouteille de vodka et deux bières et j’ai quitté Rabat en direction du sud pour connaître cette terre. J’ai voyagé beaucoup à pied, aussi en bus, en taxi, de nouveau en bus…

    Durant la première partie de mon voyage, j’ai fait la connaissance d’un jeune qui était aussi en route vers le sud. Quand il m’a vu boire ma bière il me disait que j’allais provoquer un accident à cause de cela et que la mort de tous les passagers serait sur mon compte. Néanmoins nous avons continué notre chemin vers le sud ensemble.

    Arrivé à Tiznit, j’ai commencé à me poser des questions sur mon voyage, il n’y avait que des pierres, du sable, qu’est-ce que je faisais là-bas ? Ce n’était pas ma place.

    Après Goulimine, Tan-Tan, le Sahara Occidental !

    Je ne savais pas ce que j’allais faire, où et comment j’allais vivre ; je savais juste que je voulais découvrir la réalité sur le Sahara occidental, les sahraouis et le Polisario.

    Est-ce que c’était vrai que les sahraouis étaient des victimes du Polisario et le Polisario des criminels, ou y avait-t-il une autre vérité ? Est-ce que la marche verte était contre l’Espagne et pas contre les sahraouis, parce que les sahraouis étaient des marocains. De plus en plus de questions qui demandaient une réponse.

    Arrivé à El Aiun, le jeune avec qui je voyageais me confessait qu’il était un militaire marocain au Sahara mais qu’il en avait marre, il me disait que sa maison ici n’était qu’un abri et que pour le reste il n’y avait que le désert, qu’il gagnait que 300$ par mois, qu’il était loin de ses parents et il devait leur envoyer chaque mois une partie de ses 300$ pour qu’ils puissent vivre ; qu’ il était donc obligé de rester.

    Du fait que je n’avais aucune pièce d’identité avec moi, je ne pouvais pas prendre une chambre dans le même hôtel que lui, j’ai trouvé pour moi un chambre dans un hôtel où ils acceptaient des sans papiers à 4€ par nuit. C’était bien pour une nuit, le lendemain j’ai commencé à chercher du travail pour pouvoir louer une chambre, seule manière pour éviter des contrôles policiers.

    Je me suis rendu au marché, au port ; je n’ai pas trouvé du travail mais il y avait une ‘eau de vie’ très forte, distillée des dattes, le Meh’ia. Avec cet alcool très fort, je pouvais retourner dans la rue.

    Dans le port d’El Aiun j’ai vu beaucoup de poissons et pour des prix très bas. Il y avait du travail mais pour pouvoir travailler il faut être marocain et avec des papiers, les sahraouis ou les sans-papiers n’avaient aucune chance.

    Il n’y avait pas d’opportunités pour moi à El Aiun, donc j’ai décidé de continuer encore plus vers le Sud pour trouver des réponses et du travail.

    J’ai pris le chemin pour Boucraa, mais à part de la police je n’ai rien trouvé pour moi. En tant que marocain, on peut se sentir en sécurité au Sahara, je n’ai jamais vu autant de policiers marocains qu’ici et cela, seulement pour protéger les Marocains.

    Encore toujours sans travail, je passais de nouveau les nuits dans la rue, sur le sable, sur des pierres, je buvais, fumais, mais toujours ‘protégé’ par des portraits du roi Mohammed VI ; impossible d’échapper à ses yeux ! Les endroits où j’ai dormi pendant cette période étaient bien plus propres que mes places au Maroc. Après quelques jours j’entendais que Dakhla était le meilleur endroit pour trouver du travail, donc je me suis mis de nouveau en route. Pour 12€ un camionneur marocain m’a amené jusqu’à Dakhla. Malheureusement il voulait aussi ‘des services en nature’ pour le passage. Ça m’a choqué profondément. Je l’ai frappé mais par peur d’être dénoncé il m’a néanmoins amené jusqu’à Dakhla. Durant mes années dans la rue, ça m’est arrivé plusieurs fois. Parfois c’était plus difficile de convaincre ces hommes que je ne voulais pas ; même en Espagne et ici en Belgique ça m’est arrivé encore plusieurs fois. La vie dans la rue est dangereuse.

    J’ai vu beaucoup de bases militaires le long du chemin.

    À Dakhla, la première chose qui m’a frappé est le fait que le centre-ville est occupé par les marocains et que les sahraouis sont poussés dehors, vers les bidonvilles dans des vieilles petites maisons. Les maisons des Marocains étaient toutes des nouvelles maisons et avec des étages, il y avait beaucoup de travail dans la construction. J’ai tourné quelques jours pour trouver du travail mais même ici c’était difficile, j’entendais toujours : ‘va voir là-bas, va voir là-bas…’ J’ai très vite appris que c’est ton nom de famille qui importe pour trouver travail. Pour les Sahraouis le travail était de toute façon exclu.

    La ville était pleine de policiers et d’agents de sécurité en uniforme et en civil, beaucoup plus qu’au Maroc même ; en tant que Marocain, on pouvait se sentir parfaitement en sécurité ici contrairement à la situation au Maroc ; pour les Sahraouis la question de sécurité est toute autre.

    Après 3-4 jours j’entendais parler d’un Moulay, un grand entrepreneur d’Agadir qui avait beaucoup de chantiers et qui cherchait des travailleurs. Je suis allé le voir pour demander du travail et il m’a accepté. Il me donnait 20 Dirham (2€) pour conclure le contrat de travail et il me demandait de me présenter le lendemain matin à 7.30h et que mon salaire serait de 8€ par jour. Par peur de ne pas être à temps, j’ai dormi là-bas devant la porte du chantier. Quand Moulay m’a trouvé dormant devant la porte le lendemain, il m’a demandé où j’habitais. Après ma réponse : ‘dans la rue’, il m’a offert un abri sur le chantier si en contrepartie j’allais veiller sur la sécurité du chantier. Le climat étant très agréable, connaissant personne, étant complètement seul, j’ai accepté son offre.

    Dans ce milieu de travailleurs marocains, j’entendais plusieurs fois que je devrais faire très attention avec les Sahraouis ‘parce qu’ils sont dangereux, ils tuent pour rien, ils ont déjà tué plus de 500 policiers, ils font la guerre,…’ Moi, je n’avais pas peur, parce que j’étais sûr que si je ne faisais rien de mal, les Sahraouis, ne me feraient pas du mal non plus ; c’était mon avis depuis que je vis dans la rue.

    Après 15 jours, le travail sur ce chantier est terminé, nous déménageons vers un autre chantier cette fois-ci à Messira, un quartier sahraoui.

    Ce quartier sahraoui était l’opportunité rêvée pour commencer à poser des questions, je voulais savoir. C’est ici, à Messira que j’ai rencontré Tawalou, un jeune sahraoui ouvert et prêt à répondre à mes questions. Il ne me traitait pas comme ennemi juste par le fait d’être marocain. Je lui ai posé beaucoup de questions, il m’a répondu à chaque question avec patience. Je lui ai raconté ce que je connaissais sur le Sahara et les Sahraouis, ce que la radio, TV, l’école, tout le monde au Maroc racontait et croyait. Je l’écoutais, je réfléchissais… J’ai ressenti le « shimta », le sentiment d’être trahi par tous ceux [Marocains et colons marocains installés au Sahara Occidental] qui m’avaient parlé du Sahara et des Sahraouis, qui m’ont menti.

    J’ai parlé aussi avec des jeunes marocains avec qui je travaillais mais ils ne m’écoutaient pas. Quand Tawalou, ou d’autres Sahraouis me rendaient visite dans mon petit abri, les marocains n’entraient pas, ou s’ils étaient déjà là, ils s’en allaient très vite. Ils avaient peur, ils ne voulaient pas savoir, ils ne voulaient pas rencontrer les Sahraouis, ils étaient tellement convaincus de leur version des choses qu’ils ne pouvaient et ne voulaient pas entendre d’autres voix. J’avais des problèmes avec les Marocains du fait que j’étais ami avec des Sahraouis.

    Fin 2013 Tawalou m’a raconté Gdeim Izik, il m’expliquait ce qui se passait là-bas, le pourquoi de cette action non-violente. Grâce à Tawalou et ses amis j’ai commencé à me rendre compte de la réalité des Sahraouis, du Sahara occidental.

    Tawalou et ses amis, sa famille m’invitaient les vendredis pour partager un repas de couscous, un thé,… Fin 2013 Tawalou m’a raconté Gdeim Izik, il m’expliquait ce qui se passait là-bas, le pourquoi de cette action non-violente. Grâce à Tawalou et ses amis j’ai commencé à me rendre compte de la réalité des Sahraouis, du Sahara occidental.

    Un jour j’étais dans la rue avec Tawalou et la police arrivait. Devant nos yeux ils attaquaient un jeune qui se promenait, ils le jetaient par terre, lui mettaient des menottes et l’amenaient avec eux dans leur voiture. D’autres Sahraouis qui avaient aussi vu ce qu’il se passait ont voulu m’attaquer, mais Tawalou m’a protégé, ils leur disaient que moi j’étais un ami. Le jeune qui a été amené par la police a passé 6 mois à la prison.

    Une chose de laquelle on n’entendait pas parler au Maroc est la différence que faisait le gouvernement marocain entre ce qu’il donnait aux sahraouis et ce que recevaient les marocains qui vivaient au Sahara. Ce que les marocains me racontaient est : « les Sahraouis ne peuvent pas travailler mais ils reçoivent 200€ par mois et de la nourriture ».

    Selon moi, il s’agissait d’une façon, pour le Royaume, d’encourager les Sahraouis qui vivent dans les campements à venir s’installer au Sahara. Les Marocains, de leur côté, reçoivent aussi de l’aide pour vivre au Sahara mais moins. C’est cependant toujours beaucoup plus que les Marocains qui vivaient au Maroc même.

    Quand le roi venait en visite au Sahara, il y avait toujours deux jours fériés, il n’y avait pas de travail, même pas à la maison. Chaque personne recevait un pain et une boîte de thon pour fêter la visite et tout le monde devrait sortir dans la rue pour accueillir le roi.

    Je me souviens maintenant d’un autre grand événement : la visite et le rapport de la visite de Ban Ki-Moon. Le gouvernement marocain avait organisé plusieurs autocars gratuits pour les marocains de Dakhla afin d’aller manifester à Rabat contre le rapport du secrétaire général qui avait ‘osé’ dire que le Sahara est un territoire occupé.

    Quand je me promenais à Dakhla le soir, je voyais des camions et des camions, des longues files. Ils arrivaient vides et retournaient pleins le lendemain. La marchandise portait des cachets « Agadir » et « Essaouira ». Ils transportaient des melons, des tomates, du poisson,…

    Quand je me promenais à Dakhla le soir, je voyais des camions et des camions, des longues files. Ils arrivaient vides et retournaient pleins le lendemain. La marchandise portait des cachets « Agadir » et « Essaouira ». Ils transportaient des melons, des tomates, du poisson,…

    Je voyais partir aussi des bateaux remplis de sable.

    Après quelques mois je me suis bagarré avec des jeunes marocains sur la question du Sahara. Mes amis sahraouis étaient fiers de moi.

    Au cours de la période durant laquelle j’ai vécu à Dakhla, j’ai beaucoup entendu parler de l’Europe. Après cette bagarre, il était clair pour moi que je ne pouvais pas vivre entouré des marocains, ni au Maroc ni au Sahara non plus ; partout je rencontrais des difficultés parce que je posais des questions, je parlais, je disais ce que je pensais. Je cherchais la liberté de dire ce que je pense, j’ai décidé qu’il était temps de partir vers l’Europe.

    Je dis au revoir à mes amis sahraouis, je n’avais plus d’amis marocains à Dakhla et je suis retourné au Maroc. Sur mon chemin vers le Nord, j’ai essayé de raconter à mes amis à Salé et Rabat ce que j’avais appris sur le Sahara occidental et les Sahraouis, mais ils ne me laissaient pas m’exprimer : ‘laisse-nous tranquilles, toi avec la politique !’ Après des mois à Nador, j’ai pu passer à Melilla, de là vers l’Espagne, la France et la Belgique.

    J’espère trouver ici une protection internationale et pouvoir vivre ma conviction de respect pour la liberté d’expression et la solidarité.

    Mon constat final : les Marocains travaillent comme des esclaves, ils ont peur, les sahraouis non, ils n’ont pas peur, ils sont libres mais pauvres.

    Le Maroc a certainement plus d’armes et d’argent et leur machine de lobby est énorme, mais les Sahraouis ont de la patience, travaillent sur le plan diplomatique international, la résistance est leur arme ».

    Youssef Ben Ali

    10 mars 2019

    Source: Comité Belge de Soutien au Peuple Sahraoui

  • Voilà pourquoi l’Afrique du Sud soutient la RASD

    La SADC soutient la candidature de la République Démocratique Arabe Sahraouie pour le Sahara Occidental

    Les 25 et 26 mars 2019, la Communauté de développement de l’Afrique australe organisera une conférence de solidarité avec la République arabe sahraouie démocratique dans la ville de Tshwane. La conférence confirmera le soutien de la région à la décolonisation du territoire occupé et à la tenue d’un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Le Sahara occidental est un territoire non autonome des Nations Unies situé dans la région du Sahel, bordé par le Royaume du Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Le territoire est occupé par le Maroc depuis 1975. L’occupation marocaine a été déclenchée par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 6 novembre 1975 déclarant qu’il n’y avait pas de « lien juridique de souveraineté territoriale entre le Sahara occidental et l’Etat marocain ».

    Le 26 février 1976, l’Espagne a mis fin à son statut de puissance administrative, faisant du Sahara occidental le seul territoire non autonome sans puissance administrative, ce qui signifie de facto que l’ONU a la responsabilité principale du territoire.

    En réponse à l’occupation marocaine, le peuple sahraoui s’est mobilisé pour la lutte armée sous la direction du Front Polisario. La résolution 34/37 de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1979 reconnaît le Front Polisario comme le seul représentant légitime du peuple sahraoui. Un accord de cessez-le-feu a été conclu en 1991, qui a abouti à la création de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental.

    L’Afrique du Sud a une longue association avec le Front Polisario et le peuple sahraoui, basée sur la lutte commune pour la décolonisation et la libération de l’occupation. Pendant la lutte contre l’apartheid, les mouvements de libération d’Afrique du Sud et le Front Polisario ont cultivé de fortes relations fraternelles, et les militants se sont mobilisés et ont soutenu les causes des autres dans le monde entier.

    Après la libération de l’Afrique du Sud, le président Nelson Mandela a signé la directive établissant des relations diplomatiques complètes entre l’Afrique du Sud et la République démocratique arabe sahraouie en juin 1995. Le Président Mandela a également clairement indiqué que la lutte pour la liberté du peuple du Sahara occidental devait se poursuivre et être soutenue par l’Afrique du Sud.

    L’ONU s’est exprimée à plusieurs reprises et dans diverses résolutions sur l’impératif de la libération du peuple sahraoui.

    La résolution 1514 du 14 décembre 1960, également connue sous le nom de « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux », interprète la Charte des Nations Unies de manière à amplifier les luttes anticoloniales des peuples et leur désir d’autodétermination et de pleine souveraineté dans la communauté des nations. La déclaration affirme avec audace que « l’assujettissement des peuples à la sujétion, à la domination et à l’exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme ».

    Cette déclaration a façonné les travaux de l’Assemblée générale et de la Cour internationale de Justice et a inspiré l’avis consultatif de 1971 de la Cour sur la présence de l’Afrique du Sud en Namibie, l’avis consultatif de 1975 sur le Sahara occidental et la décision de 1986 sur les efforts visant à renverser le gouvernement du Nicaragua.

    Elle a également informé les résolutions de l’Assemblée générale qui ont fourni aux mouvements de libération sud-africains des garanties dans leurs efforts visant à mettre fin à l’apartheid et à instaurer une Afrique du Sud libre et démocratique.

    Pour l’Afrique du Sud, il est donc profondément préoccupant que l’appel contenu dans la déclaration en faveur du  » droit inaliénable de tous les peuples à la liberté totale, à l’exercice de leur souveraineté et à l’intégrité de leur territoire national  » soit constamment et manifestement violé dans le cas du peuple sahraoui, sans que l’on puisse mettre fin à leur soumission, à l’oppression et à la souffrance collective.

    La puissance occupante s’est retranchée en utilisant des moyens manifestes et infâmes pour saboter la lutte du peuple sahraoui pour l’autodétermination. Ces efforts sont facilités et encouragés par la collaboration d’autres pays, par l’ignorance délibérée et l’aveuglement de ceux qui devraient être mieux informés, et par la manipulation malheureuse des organismes multilatéraux.

    Il convient de noter qu’il y a eu un certain nombre de décisions judiciaires importantes concernant le Sahara occidental.

    En décembre 2016, la Cour européenne de justice a affirmé qu’un territoire non autonome a un statut distinct et distinct de celui de l’État administrant, qui existe jusqu’à ce que le peuple ait exercé son droit à l’autodétermination.

    En juin 2017, la Haute Cour d’Afrique du Sud a statué que le territoire du Sahara occidental est le seul territoire africain encore soumis à la domination coloniale ; elle a également confié le contrôle des ressources naturelles du Sahara occidental au peuple sahraoui.

    En juillet 2018, la Cour de justice des Communautés européennes a rappelé un arrêt antérieur de décembre 2016 selon lequel les accords commerciaux de l’UE avec le Maroc ne pouvaient pas inclure le Sahara occidental ou ses eaux territoriales puisque le territoire ne fait pas partie du Royaume du Maroc.

    La question de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental occupé est particulièrement préoccupante. La résolution 71/103 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 23 décembre 2016 stipule que  » toute activité économique ou autre ayant un impact négatif sur les intérêts des peuples des territoires non autonomes et sur l’exercice de leur droit à l’autodétermination… est contraire aux buts et principes de la Charte  » des Nations Unies.

    Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à lutter contre l’occupation et l’exploitation illégales des ressources naturelles du Sahara occidental.

    La SADC s’est dite préoccupée par le fait que le colonialisme sur le continent n’a pas été éradiqué.

    Le 15 juin 2017, la Haute Cour d’Afrique du Sud a rendu un jugement faisant jurisprudence sur une cargaison de phosphate extraite au Sahara occidental et en route vers la Nouvelle-Zélande, statuant que la propriété de la cargaison était dévolue au peuple du Sahara occidental et avait été exploitée sans consultation avec le Front Polisario et sans son consentement, et a donc été saisie.

    Avec cet arrêt historique, la Haute Cour d’Afrique du Sud a donné vie aux résolutions 1514, 1803 et 71/103 de l’Assemblée générale et a envoyé un message clair aux entreprises sud-africaines et étrangères que l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental aurait de graves conséquences en droit sud-africain.

    La Cour a affirmé que la souveraineté sur les ressources du territoire occupé appartient au peuple sahraoui, et non à la puissance occupante, à ses agents économiques ou à ses substituts. La Haute Cour a également réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément à la Charte des Nations Unies et aux nombreuses résolutions de l’Assemblée générale.

    C’est dans ce contexte que la famille de la SADC a invité le Front Polisario et le peuple sahraoui à se joindre à nous à la pointe sud de notre continent les 25 et 26 mars 2019 pour explorer ce que nous pouvons faire ensemble pour résoudre la situation au Sahara occidental, comment promouvoir une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, comment assurer le respect du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire dans le territoire occupé, et comment faire cesser l’exploitation illicite des ressources naturelles du Sahara occidental.

    Nous sommes fermement convaincus que la Conférence de solidarité de la SADC sur le Sahara occidental orientera nos efforts pour libérer le peuple sahraoui de son assujettissement, lui permettre d’exercer son droit à l’autodétermination et éliminer une fois pour toutes le fléau du colonialisme et de l’oppression sur le continent africain. DM

    Daily Maverick, 25 mars 2019

    Luwellyn Landers est député de l’ANC et premier sous-ministre des Relations internationales et de la Coopération.

  • L’Iran, un argument usé par le Maroc

    Décidémment, le pouvoir au Maroc manque cruellement d’imagination. Depuis près de deux décennies, ses méthodes et arguments n’ont pas changé d’un iota. La menace chiite et le lobby sioniste sont ses principales armes contre la lutte du peuple du Sahara Occidental.

    En moins de 10 ans, Rabat a rompu deux fois avec l’Iran et les délégations sionistes continuent de défiler dans ce pays dont le roi est censé être le « Commandeur des C royants » et président du Comité Al-Qods, la ville sainte que le souverain vendrait au prix d’une promesse d’un soutien dans sa volonté de s’approprier définitivement les nombreuses richesses du territoire sahraoui.

    A plusieurs reprises, Mohammed VI a tenté de rencontrer le président américain Donald Trump. Ce dernier refuse en raison des 12 millions de dollars offerts à la campagne électorale de Hillary Clinton. Mais ce qui est plus grave aux yeux du palais royal, c’est la tentative de Washington de mettre fin au statu quo qui prévaut depuis plus de 27 ans au Sahara Occidental. Trump menace de suspendre le financement de la MINURSO s’il n’y a pas de progrès dans les négociations.

    Ainsi, les autorités marocaines ont sorti de nouveau leurs armes politiques dans la portée ne va pas au-delá de la longueur de leur nez : la menace iranienne et le lobby sioniste.

    L’argument du « prosélytisme chiite sur son territoire et dans la diaspora marocaine » étant caduque, le Maroc agite désormais un argument aussi rocambulesque qu’absurde en prétendant que le parti libanais pro-iranien, le Hezbollah, s’est infiltré dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf pour former les combattants sahraouis et leur remettre des missiles anti-aériens sophistiqués. Un jeu politique qui n’est pas vraiment une surprise. Mais c’est une vilaine façon de dire au président américain : « N’oublie pas qu’on avec toi et que tu peux compter sur nous ». Il les ignore au moment où Mohammed VI veut récupérer la place de l’Arabie Saoudite dans l’Islam sunnite et jouer le médiateur entre le monde arabe e Israël.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Iran, Polisario, Hezbollah,

  • L’accord de pêche Maroc-UE ignore l’occupation du Sahara occidental

    Le 27 février était le 42e anniversaire de la déclaration d’indépendance du Sahara occidental d’avec l’Espagne. Bien que, pour le moment, il n’y ait pas d’indépendance à célébrer pour la majeure partie du territoire qui reste sous occupation marocaine, un petit triomphe pouvait être ressenti dans les camps de réfugiés sahraouis en Algérie, où réside la majorité de la population.

    Le même jour, une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a été rendue en faveur de la décolonisation. Pour être plus précis, la décision concerne un accord entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc réglementant l’accès de l’industrie de la pêche européenne aux eaux marocaines.

    Ce soi-disant accord de partenariat dans le secteur de la pêche est en place depuis 2006 et expirera en juillet 2018, tandis qu’un processus de renouvellement est en cours. La décision de la CJUE indique clairement que tout accord de ce type avec le Maroc ne pourra inclure les eaux au large du Sahara Occidental, sur lesquelles le Maroc revendique la souveraineté.

    Le problème

    La déclaration était anticipée, cohérente avec les décisions précédentes et peu controversée d’un point de vue juridique international. Cependant, ce n’est que le dernier développement d’un conflit entre différentes branches de la gouvernance de l’UE concernant le commerce de l’Union avec le Maroc. La controverse portant évidemment sur l’occupation par le Maroc du Sahara occidental, que l’ONU considère comme un “territoire non autonome“.

    Cela concerne actuellement deux négociations distinctes que la commission européenne et le Maroc auront au printemps 2018 : l’ accord de partenariat dans le secteur de la pêche qui autorise les navires européens à pêcher dans les eaux marocaines, et un accord commercial concernant les produits agricoles et de la pêche [fr]. L’accord de pêche expirera en juillet et l’accord commercial en avril.

    Bien que la CJUE ait clairement annulé en 2016 [fr] tout accord bilatéral avec le Maroc en ce qui concerne les territoires occupés, la commission commerciale de l’UE semble avoir insisté sur le renouvellement des accords en en concluant un nouveau avec le Maroc en janvier 2018. Une surprise qui a suscité des condamnations de la part du gouvernement en exil du Sahara occidental, des groupes militants, ainsi que du Parlement européen.

    La semaine dernière, des parlementaires de l’UE ont adressé à leurs collègues une déclaration disant qu’ils étaient :

    « … inquiets de la façon dont la Commission gère le processus, du manque de transparence et des possibilités de contrôle pour les députés européens, et des tentatives de la Commission de contourner l’arrêt de la Cour de justice de décembre 2016 ».

    L’un des signataires est Jytte Guteland, membre du groupe parlementaire social-démocrate qui figurait l’an dernier dans un groupe d’eurodéputés européens déclarés persona non grata par les autorités marocaines alors qu’ils essayaient d’entrer au Sahara occidental.

    Sur la conduite de la commission commerciale, elle exprime des inquiétudes qui vont au-delà de ce cas particulier. Parlant à Global Voices, Guteland a noté que les actions de la commission étaient inquiétantes.

    « La façon dont la commission a traité la première décision de justice [2016] m’a beaucoup inquiétée. Ils ont choisi de négocier un nouvel accord commercial incluant le Sahara Occidental malgré la décision de la Cour. À une époque où le principe de l’état de droit est constamment remis en question, il s’agit d’une question de crédibilité de l’UE. L’UE doit respecter ses propres décisions et le droit international ».

    Dans une lettre ouverte de protestation, 89 organisations de la société civile sahraouies ont déclaré :

    « Le peuple sahraoui ne bénéficie pas, économiquement ou autrement, de l’exploitation illégale de ses ressources naturelles et du commerce avec l’Union européenne ; le consentement du peuple sahraoui n’a pas non plus été recherché de manière crédible. Tous les gains économiques et le développement résultant de l’exploitation de nos ressources naturelles et de leur commerce illégal avec l’UE sont distribués de manière sélective dans le seul but de renforcer l’occupation illégale du Maroc et de discriminer systématiquement davantage le peuple sahraoui qu’il occupe ».

    En tant que territoire non autonome, le droit international exige que le peuple du Sahara occidental ait son mot à dire dans toute activité économique qui se déroule dans le territoire et que cela lui soit bénéfique. Pour compliquer davantage la question, la majorité de la population dans les territoires occupés se compose aujourd’hui de colons marocains, tandis que la majorité du peuple sahraoui est exilé du Sahara occidental, vivant principalement dans les camps de réfugiés de l’Algérie voisine. C’est à partir de ces camps que fonctionne le Front Polisario [fr], reconnu internationalement.

    Dans la même lettre de protestation, les groupes de la société civile accusent la commission d’essayer de contourner la loi au moyen d’un subtil changement de terminologie.

    « Nous constatons également avec frustration que la Commission remplace la terminologie délibérée du “peuple sahraoui” par “population”. Ces concepts sont fondamentalement différents. Consulter les organisations marocaines, les parlementaires et les entreprises au sujet du Sahara occidental ne peut jamais remplacer le consentement du peuple sahraoui ».

    Dans une dénonciation similaire, le réseau de surveillance international Western Sahara Resource Watch (WSRW) a rejeté une demande de consultation par la commission.

    « D’après ce que nous comprenons, les négociations avec le gouvernement du Maroc sont maintenant terminées et le texte convenu a été paraphé. Le gouvernement du Maroc ne représente pas les gens du territoire. Il est clair qu’aucun consentement n’a été reçu, comme la Cour l’exigeait. Nous ne voyons pas l’intérêt d’une consultation sur un accord qui ne serait pas approuvé par les habitants du territoire ».

    En réponse à la décision de mardi, le Front Polisario a annoncé qu’il était prêt à poursuivre les négociations avec l’UE sur l’accès aux eaux qui ne sont pas autorisées à être incluses dans l’actuel accord de pêche avec le Maroc. Selon Guteland:

    « Ce serait plus légalement justifié puisque l’ONU considère le Polisario comme le représentant du Sahara occidental. Pour continuer à établir un accord avec le peuple, la société civile sahraouie doit également être consultée ».

    Eaux encore poissonneuses
    En tant que principal partenaire commercial, l’économie marocaine dépend fortement de l’UE pour ses exportations . Dans le même temps, de nombreux États membres européens font face à des pressions internes et à un fort lobbying de la part de leurs industries de pêche respectives pour avoir accès aux ressources du Sahara occidental.

    https://fr.globalvoices.org/2018/03/07/222353/Le stock de poissons et de créatures marines s’épuisant rapidement dans tous les océans du monde, l’importance des eaux territoriales du Sahara occidental dans l’Atlantique devrait augmenter. Aujourd’hui, ces eaux sont considérées comme les plus riches de tout le continent africain et, en raison de l’occupation, le Maroc se place au premier rang des exportateurs de poisson et de fruits de mer du continent. Les chiffres officiels suggèrent qu’environ 70% de la totalité des captures marocaines sont débarquées dans les ports du Sahara occidental alors que près de la moitié des captures restantes vont à Tan-Tan [fr] et à Agadir [fr] à proximité des territoires occupés. On estime que les navires étrangers dans ces eaux capturent plus de 90% de leurs prises dans les eaux du Sahara occidental.

    https://fr.globalvoices.org/2018/03/07/222353/La plupart de ce poisson ne finira pas directement dans votre assiette mais est plutôt la première étape d’une chaîne de production. Au Maroc et ailleurs, le poisson est transformé en tourteau ou en huile qui, à leur tour, sont exportés ailleurs sous forme de fourrage pour les industries de la viande et les fermes aquacoles. De même, le secteur principal de l’économie du Sahara occidental est l’exploitation de la roche phosphatée, une ressource dont le Maroc est déjà le premier exportateur mondial. Le phosphate est le principal composant des engrais synthétiques dont dépend l’activité agricole mondiale. En tant que tel, le Sahara occidental, souvent appelé la dernière colonie d’Afrique, est un territoire très important pour l’approvisionnement alimentaire mondial.

    L’accord commercial entre l’UE et le Maroc concernant les produits de la pêche et de l’agriculture est, dans sa forme actuelle, un élément important de la transformation de l’occupation marocaine du Sahara Occidental en une zone rentable.

    Global Voices Online

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, accord agricole, accord de pêche, Maroc-UE, Union Européenne,

  • Sahara Occidental : Seconde table ronde à Genève le 21 et 22 mars 

    Selon de sources diplomatiques sahraouies, la seconde table ronde réunissant le Front Polisario et le Maroc sous l’égide de l’Envoyé de l’ONU pour le Sahara Occidental aura lieu le 21 et 22 mars 2019 dans la banlieue de Genève.

    En vue de réussir cette rencontre, l’ancien président allemand, Horst Köhler, s’est réuni fin février à Paris avec une délégation marocaine conduite par le ministre des affaires étrtangères, Nasser Bourita. Le 4 et 5 mars, Köhler s’est reuni à Berlin avec la délégations des négociateurs sahraouis présidé par M. Khatri Addouh, le président du Parlement sahraoui.

    Cette réunion permettra au médiateur onusien de préparer de la matière pour son le rapport qu’il devra présenter au mois d’avril devant le Conseil de Sécurité lors de sa réunion périodique sur le conflit du Sahara Occidental.

    Les Etats-Unis menacent d’interrompre le financement de la MINURSO si aucun progrès n’est enregistré dans les negociations bilatérales.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, ONU, négociations, MINURSO, Horst Köhler,

  • El Servicio Jurídico del Parlamento Europeo pone en duda la legalidad del acuerdo UE-Marruecos

    El 23 de agosto de 2018, Bernd Lange, eurodiputado alemán (S&D) y presidente de la Comisión de Comercio Internacional, solicitó un dictamen al Servicio Jurídico del Parlamento Europeo. La solicitud de dictamen se refería al acuerdo de liberalización UE-Marruecos y a su modificación para incluir el Sáhara Occidental ocupado en su ámbito de aplicación.

    El 13 de septiembre, el Servicio Jurídico del Parlamento Europeo transmitió su análisis.

    De este se deduce que las críticas hechas por el Frente Polisario y el movimiento de solidaridad con el pueblo saharaui son legítimas.

    En resumen, el Servicio Jurídico del Parlamento Europeo lo recuerda:

    – El Sáhara Occidental tiene un estatuto separado y distinto del de Marruecos;

    – Cualquier acuerdo entre la UE y Marruecos que se aplique al Sáhara Occidental requiere el consentimiento del pueblo del Sáhara Occidental;

    – El pueblo del Sáhara Occidental debe ser considerado como una « tercera parte »;

    – El Frente Polisario es el representante del pueblo del Sáhara Occidental;

    – El proceso de consulta de la Comisión Europea no permite determinar si se ha obtenido el consentimiento del pueblo del Sáhara Occidental. Además, el Frente Polisario se opone a la ampliación del alcance del acuerdo comercial al territorio del Sáhara Occidental;

    – El principio de la libre determinación impone a todos los sujetos de derecho internacional, incluida la Unión Europea, la obligación de no reconocer como lícita una situación creada por una violación de ese derecho.

    Tags: Sahara Occidental, Maroc, Polisario, Union Europea, Ressources naturelles, pillage,

  • Selon Brahim Ghali, le peuple marocain est « frère ». Rien n’est moins faux !

    A l’occasion du congrès des femmes sahraouies, le président sahraoui a fait une déclaration qui a fait écho dans la presse marocaine. Selon lui, les marocains sont un « peuple frère ». C’est dire que la diplomatie joue parfois des mauvais tours jusqu’au point de pousser à des déclarations aussi mensongères que pathétiques.

    Les marocains, un « peuple frère » ? Dans les rêves de Brahim Ghali, parce que dans la réalité, les marocains sont le pire ennemi non seulement du peuple sahraoui, mais aussi de tous les peuples du Maghreb. Leur soutien au mensonge du « Grand Maroc » qui a été réduit du Fleuve Sénégal à Lagouira, malgré qu’il n’y a aucune présence marocaine dans cette dernière, en est une preuve.

    Ils ont refusé de se battre avec les peuples de la région contre le colonialisme et lorsque les mauritaniens, les algériens et les sahraouis ont réussi à expulser le colonisateur, les marocains sont arrivés pour revendiquer la terre pour laquelle ils ont refusé de se battre.

    Qui a conspiré avec les français et les espagnols contre Jeich Attahrir, l’Armée de Libération ? Le Maroc, et rien que le Maroc. Mohammed V et son fils Hassan II ont désarmé les combattants marocains qui étaient prêts à poursuivre le combat contre le colonialisme en Algérie, au Sahara Espagnol et en Mauritanie.

    Bernés par la propagande du Makhzen, les marocains se croient supérieurs à tous les peuples de la région, alors que c’est le Maroc qui enregistre les taux les plus élevés en pauvreté, analphabétisme et misère. Le seul peuple dont les prostituées ont investi la planète entière c’est le Maroc.Une arrogance cultivée par la régime au point que leur Premier Ministre n’hésite pas à déclarer que le Maroc fait mieux que la France dans plusieurs domaines.

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