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  • Algérie: L’urgence d’une solution

    Publication : 26 mars 2019
    L’urgence d’une solution

    De la 4e Région militaire d’Ouargla, où il a entamé, hier, une visite d’inspection pour s’enquérir de la disponibilité opérationnelle de l’ANP mobilisée le long de nos frontières, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, a évoqué la solution idoine de l’article 102 de la Constitution pour mettre fin à la crise politique et barrer la route à tous ceux qui œuvrent à la déstabilisation de l’Algérie.

    Une Algérie conquérante, adossée en pionnière à une longue expérience dans la construction démocratique et confortée par la grandeur d’un peuple acquis au règlement pacifique et au débat démocratique, loin de toute forme d’ingérence.

    La démarche citoyenne, qui a participé au rayonnement dans notre pays, traduit un engagement patriotique indéniable qui converge vers une quête consensuelle de la 2e République revendiquée par tous dans une transition rassemblant toutes les forces politiques, les organisations sociales et les acteurs de la société civile, notamment les jeunes et les femmes victimes d’une marginalisation infondée.

    Le bout du tunnel est assurément pas loin. «Il est du devoir de tout un chacun d’œuvrer avec patriotisme et abnégation, et de privilégier les intérêts suprêmes du pays», a déclaré le général de corps d’armée Gaïd-Salah.

    Dès lors, la solution dans le cadre constitutionnel qu’il a préconisée pour garantir «la préservation d’une situation politique stable» est donc le prélude à une transition formulée par le président de la République dans sa lettre à la nation publiée le 18 mars, destinée à «renouveler les systèmes politique, économique et social» pour répondre aux aspirations au changement du peuple algérien.

    Elle accompagne également d’autres propositions de sortie de crise avancées par la classe politique. Par-delà les différences d’approche, le consensus se renforce en faveur d’une sortie pacifique de la crise.

    «Dans ce contexte, il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise qui réponde aux revendications légitimes du peuple algérien et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’Etat. Une solution à même d’aboutir à un consensus de l’ensemble des visions et faire l’unanimité de toutes les parties», a souligné le général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP.

    L’Algérie, qui a su trouver une réponse aux dures épreuves qu’elle a traversées, s’en sortira grandie.

    Horizons

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah,

  • Elle anticipe un vide institutionnel en Algérie: « Accompagnons l’ANP »

    Le Vice-ministre de la défense et chef d’Etat-Major de l’ANP, a anticipé les retombées du vide constitutionnel auquel se dirigeait l’Algérie et suggéré l’application de l’article 102 de la Constitution pour déclarer la vacance du poste de président de la République. Une «suggestion» qu’il revient au Conseil Constitutionnel d’assumer, selon les lois en vigueur dans le pays. Cette sortie de M Ahmed Gaïd Salah est à la mesure des risques qu’encourt le pays et dont l’ANP est partie prenante de par son rôle et ses missions constitutionnelles dans la préservation de la sécurité des frontières, des institutions ainsi que des biens et personnes. Évoquer comme le font certains agités, un coup D’État militaire, part au mieux d’une mauvaise foi au pire de calculs politiciens de bas niveau.

    Concédons toutefois à ceux-là que cette «solution» arrive un peu tard, même si celle-ci devait émaner du Conseil Constitutionnel et du parlement. Sans complaisance, l’ANP vient une fois encore, de sauver l’Algérie des frasques de ses gouvernants, sans s’immiscer dans la vie politique. A ceux qui se découvrent subitement légalistes et dénoncent ce «coup de force», il est utile de rappeler que les deux institutions citées plus haut sont le fruit d’un non droit. Belaiz n’ayant pas le droit d’occuper le poste qui est le sien et l’APN née d’un inceste politique.

    Cela étant, il est très difficile de contenter les algériens qui habitent les réseaux sociaux. Ils veulent plus et tout de suite.

    Par ailleurs, les malsaines réapparitions de quelques figures politiques sont matière à inquiétude, ce qui doit inciter les algériens à maintenir la vigilance dans le calme et la sérénité.

    Le départ de Bouteflika n’étant pas une fin en soi, il s’agit aujourd’hui, comme le fait l’ANP, d’accompagner le processus de changement afin d’éliminer toute trace du système qui a pris l’Algérie en otage depuis 1962. Il s’agit de déstructurer un système et non pas détruire un Etat. La différence est énorme et ne devrait pas être autrement médiatisée par de pseudo experts et faux analystes qui squattent des chaînes de télévision sujettes à caution.

    La situation du pays est trop sérieuse pour n’être confiée qu’à des politiques. Prudence, sagesse et vigilance sont plus que jamais de mise. Continuons notre révolution de manière réfléchie et non émotionnelle. Nous sommes près du but.

    Mechakra Chaouki

    Le Provincial, 26 mars 2019

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  • Algérie : L’article 102 comme sortie de la crise

    Dans une déclaration relayée par le quotidien Liberté, le chef d’état-major de l’armée algérienne Ahmed Gaid Salah a appellé à l’application de l’Art.102 de la constitution et donc à déchoir Bouteflika pour raisons de santé. ‬

    Selon des informations rapportées par Algeriepatriotique, qui cite des « sources généralement bien informées », la vacance de pouvoir devrait être annoncée ce mardi. L’article 102 de la Constitution devrait  être activé, lequel stipule que «lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement», c’est-à-dire la destitution du président.

    Texte de larticle 102.1

    « Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose,à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement.

    Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l’état d’empêchement du Président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l’intérim du Chef de l’Etat, pour une période maximale de quarante-cinq (45) jours, le Président du Conseil de la Nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l’article 104 de la Constitution.

    En cas de continuation de l’empêchement à l’expiration du délai de quarante-cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux alinéas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article.

    En cas de démission ou de décès du Président de la République, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la Présidence de la République.

    Il communique immédiatement l’acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit.

    Quand l’état d’empêchement est déclaré par le parlement, il charge le président du conseil de la nation de la charge de chef de l’État intérimaire dont les attributions sont extrêmement verrouillées et non président de la république ».

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  • Algérie – LES PIEDS DANS LE PLAT

    » Bref, Saidani, en quelque sorte, emboite le pas à deux pontes du système, Seddik Chihab et Ali Benflis en l’occurrence, pour nous révéler que l’Algérie serait dirigée par ce qu’il qualifie d’ » Etat profond « . Mais il va encore plus loin en désignant nommément Ahmed Ouyahia, cible facile en fait, car vilipendée par les manifestants, mais cible inaccessible quand même car il est surréaliste d’envisager le fait qu’Ouyahia ait été capable de tout manipuler, tout gérer, tout décider… «

    Par Mohamed Abdoun :

    Décidemment, Amar Saidani ne rate pas une seule occasion pour mettre les pieds dans le plat. Cette fois-ci, lors d’une hallucinante sortie médiatique, il y est carrément allé » franco « .

    Celui qui a été le premier, et le seul, à reconnaitre publiquement détenir un bien immobilier en France, sans expliquer d’où lui est venu l’argent de son achat et, surtout, comment il a pu transférer l’argent que celui lui est formellement interdit, n’est franchement pas un modèle de vertu, ni un exemple à suivre. Il n’en constitue pas moins une sorte de » curiosité » pour les médias, friands de » scoops » et de » grands déballages » en cette période trouble où tous les coups deviennent permis.

    Bref, Saidani, en quelque sorte, emboite le pas à deux pontes du système, Seddik Chihab et Ali Benflis en l’occurrence, pour nous révéler que l’Algérie serait dirigée par ce qu’il qualifie d’ » Etat profond « .

    Mais il va encore plus loin en désignant nommément Ahmed Ouyahia, cible facile en fait, car vilipendée par les manifestants, mais cible inaccessible quand même car il est surréaliste d’envisager le fait qu’Ouyahia ait été capable de tout manipuler, tout gérer, tout décider, sans jouir -au moins- de la complicité de beaucoup d’autres hauts responsables ou oligarques ayant leurs entrées au sein de l’ensemble des institutions du pays.

    La sortie de Saidani, qui n’est donc pas innocente, semble avant tout chercher à dédouaner tous ces gens, à lever la suspicion qui pèse sur eux, pour ne la fixer que sur un Ouyahia destiné au sacrifice suprême, dans l’espoir -sans doute fou- de calmer enfin l’ardeur inextinguible des foules. Loin de s’arrêter en si » bon chemin « .

    Amar Saidani se permet de spéculer sur le destin et les décisions futures que pourraient -ou devrait, à l’en croire- prendre le FLN. Et, oh surprise, il privilégie la piste de Mouloud Hamrouche pour être le candidat de ce parti lors de la prochaine élection présidentielle.

    Son argument massue ? L’homme est fils de chahid. Il est, franchement, très difficile d’être aussi maladroit, obtus et ignorant des réalités et revendications du terrain. La rue rue dans les brancards. Appelle à une rupture totale avec le système. Saidani, sans vergogne, vient lui proposer, au nom d’un parti dont il ne tient plus les rênes, un homme qui aime à se définir lui-même comme étant un homme du… système, qui a toujours cherché à » réformer » ce système, mais uniquement de l’intérieur, et qui a toujours apporté un soin méticuleux à ne jamais se porter candidat contre celui du… système. Hamrouche, en un mot comme en mille, a toujours et patiemment attendu son heure, c’est-à-dire celle à laquelle le… système lui ferait enfin appel.

    Ce n’est pas tout. Il est difficile pour Saidani d’être plus maladroit à l’endroit de la rue, lorsqu’il évoque le statut d’enfant de chahid de cet ancien chef de gouvernement, alors que le peuple entier désire ardemment en finir avec cette inénarrable » légitimité historique « .

    Reste à espérer que Saidani, qui vient de se rappeler à nos » bons souvenirs » à travers cette sortie médiatique à tout le moins surréaliste, aura un jour à rendre compte, notamment en ce qui concerne son bien immobilier anormalement acquis en France. Il ne sera certainement pas le seul. Mais ce sera quand même un excellent début…

    M.A.

    Tribune des Lecteurs, 25 mars 2019

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  • Algérie – Ressac : Des draps et de la toile

    Des limogeages par-ci, des démentis par-là, l’État reprend l’initiative et marque sa présence sur la scène politico-médiatique, même si, en fait, il ne répond qu’aux facebookers anonymes qui font l’actualité qui impacte le plus l’opinion publique.

    Après une inquiétante et remarquable absence, malgré des marches impressionnantes, le régime a retrouvé son souffle et repris ses esprits, s’inscrivant désormais dans « sa » continuité afin de démentir toute déstabilisation. Il ne serait pas dans les sales draps que lui prédit la toile.

    Le Hirak ne l’aurait pas atteint dans ses fondements, encore moins dans ses ressorts, ce qui lui permet de rebondir et de s’exprimer à travers des communiqués élaborés par les services juridiques de grandes entreprises à l’image de Sonatrach et Algérie-Télécom. Comme avocats à ses turpitudes, il ne pouvait effectivement trouver mieux.

    Acculé et contraint à répliquer à des rumeurs pas trop éloignées de la vérité, le régime joue la montre et ne désespère pas d’étouffer le mouvement populaire pour cause d’absence d’interlocuteurs.

    A sa décharge, la piètre classe politique qu’il s’est fabriquée demeure dans la figuration politique et n’est pas à la hauteur de l’évènement. D’errance en déperdition et de calculs égoïstes en prétention de leadership, ces partis se sont déjugés et constituent la coquille vide qu’ils n’ont jamais cessé d’être.

    A un mois de la date fatidique de l’entrée de l’Algérie dans la vie anticonstitutionnelle, le régime joue son va-tout en sacrifiant des fusibles pour se refaire une virginité. En face et, pour aboutir à la concrétisation des revendications du mouvement populaire, il ne reste qu’une seule et unique voie. Le retour à la Constitution, avant qu’il ne soit trop tard.

    La démission de Bouteflika ou l’activation de l’article 102 sont les seules issues à même de sauvegarder les institutions. L’exigence de certains parlementaires à tenir une session extraordinaire peut en être l’élément déclencheur en vertu des lois en vigueur.

    Leur permettra-t-on de se réunir ? Difficile d’en faire le pari !

    C.Mechakra

    Le Provincial, 25 mars 2019

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  • Algérie: La nécessaire transition générationnelle

    Les partis de la majorité présidentielle accusent le coup du chamboulement politique que vit le pays depuis le 22 février dernier. Alors que se profile logiquement une élection présidentielle à plus ou moins moyenne échéance, le RND et le FLN ne sont pas du temps dans la posture de partis en pré campagne électorale. On ne parle pas de candidature et encore moins de candidature commune.

    Cette idée d’une personnalité qui représenterait le courant novembriste, nationaliste et social est déjà reléguée aux divers dans les discours des dirigeants du parti. Pour être honnête, on pourrait aller jusqu’à dire qu’on n’en parle pas du tout dans les états majors du RND et du FLN. L’heure n’est visiblement pas à l’union, ni au rassemblement. Les partis qui ont fait l’ossature du pouvoir depuis 1997 sont, au contraire, à l’heure du règlement de compte et des luttes intestines. Des voix qui s’en élèvent ces derniers jours traduisent la grande panique qui a court dans leurs rangs.

    Des déclarations contradictoire, allant parfois, jusqu’à remettre en cause le plan du président de la République et toutes ces accusations que l’on se lance à la figure de part et d’autre, illustrent l’état de délabrement de la maison du pouvoir, ces dernières semaines. Il est entendu qu’au point où en sont les choses pour ces deux formations politiques, il y a très fort doute de les voir jouer les premiers rôles à la prochaine élection présidentielle. En effet, au lieu de se ressaisir et de se déployer dans le sens d’une remise en cause du passif et une réflexion sérieuse sur le devenir du courant politique et idéologique qu’ils représentent, le FLN et le RND n’en finissent pas de couper la branche sur laquelle ils sont assis.

    Pourtant aux côtés du MPA et de TAJ, les deux partis qui se sont partagé durant les 20 dernières années, les postes de responsabilité au gouvernement, cumulent une longue expérience d’alliance qui pourrait servir aux générations montantes des militants. Cela suppose que les actuels dirigeants des partis qui se tirent dans les pattes, devront comprendre le sens de l’histoire et préparer leur éclipse de la scène nationale.

    Et pour cause, si les appareils et les expériences peuvent servir au redéploiement des partis au service de la nation, il est très improbable que le personnel politique qui fait partie du problème, puisse faire partie de la solution. En un mot comme en mille, le repositionnement des partis du pouvoir, se fera au prix d’une transition générationnelle.

    Par Nabil.G

    Ouest Tribune, 25 mars 2019

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  • Algérie: Après le départ de Bouteflika, le peuple algérien ne va pas rentrer à la maison.

    Les Algériens s’amusent de ces numéros de cirque. Certains changent de rôles et tournent la veste. D’autres révèlent des secrets d’outre-tombe, zombies bondissant au devant du spectacle. Les mea-culpa s’amoncellent. Des serviteurs essuient allégrement le couteau sur le dos du président absent…

    Depuis plus d’un mois, le mouvement populaire lancé par la jeunesse s’est considérablement élargi. Les sujets de réflexion aussi.

    Bien entendu, l’exigence du départ du président actuel à la fin de son mandat est devenu une évidence nationale. Le peuple ne fait pas appel à l’Armée pour faire partir Bouteflika, car rien de durablement bon n’est sorti de l’intervention directe des militaires dans la fonction présidentielle.

    « Ils » n’ont qu’à s’entendre entre-eux. Faire partir Bouteflika, c’est la tâche du Conseil constitutionnel . Le président du Sénat est chargé d’assurer l’intérim pendant les trois mois qui séparent de la prochaine élection présidentielle.

    Le peuple algérien ne va pas rentrer à la maison. Pour ne pas se faire de nouveau avoir, il reste mobilisé et prendra sous sa responsabilité le contrôle de ces élections. Il trouvera les moyens d’assurer ce contrôle à toutes les phase du scrutin. Il est suffisamment inventif pour cela.

    Sur la gestion du pays, dans les assemblées informelles, les constats sont de plus en plus partagés et des diagnostics discutés. La constitution algérienne doit contenir des mécanismes précis incontournables pour contrer l’abus de pouvoir (hagra) la corruption, l’accaparement des pouvoirs politiques par les privilégiés en vue de mettre la main sur richesses naturelles de connivence avec les multinationales?

    Le prochain président qui serait élu cet été devra convoquer le peuple pour des élections législatives dont la tâche sera notamment d’élaborer les nouvelles règles puisée dans le vaste débat national en cours.

    Certains l’appellent assemblée nationale constituante pour indiquer le caractère qualitativement nouveau des dispositions constitutionnelles à adopter.

    Sans attendre, les Algériens, salariés et étudiants notamment, se préoccupent de balayer devant leur porte en se dotant de représentants authentiques.

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  • Algérie : La légalité oui, mais jusqu’au bout

    L’opposition demande l’application de la Constitution et notamment son article 102 pour pousser le président Bouteflika vers la sortie. Un retour salutaire à la légalité et au respect des lois de la République notamment la plus importante d’entre toutes à savoir la Constitution. Pour eux, il n’est pas question pour le président actuel de gérer la période de transition car cela tombe dans l’illégalité et c’est contraire à la Constitution qui donne à Bouteflika jusqu’au 28 avril pour partir.

    Soit, il faut reconnaître à cette opposition son souci du respect des lois de la République et de la Constitution. Mais là où tout part en vrille, c’est qu’une fois ce respect observé, ils déchirent cette Constitution et la mettent à la poubelle. Pourtant en légalistes convaincus, ils se doivent d’aller au bout de ce que prévoit cette Constitution et enclencher les articles de la vacance du pouvoir, juste après celui du 102. Ils ne peuvent parler de comité de sages ou de présidence collégiale, mais respecter la Constitution jusqu’au bout et invoquer une élection présidentielle au bout de 90 jours.

    Ce sera au futur président démocratiquement élu de mener la suite. De faire, peut être, tout ce que voulait faire Bouteflika, mais avec cette fois la légitimité nécessaire en plus. Il peut organiser cette fameuse conférence nationale, doter le pays d’une nouvelle Constitution, dissoudre le parlement, engager de nouvelles élections législatives. Il aura toute latitude de mettre en place les mécanismes vers une société démocratique et libre exactement comme l’exige la rue depuis maintenant plus d’un mois.

    Il permettra aussi et surtout au pays de ne pas sombrer dans le vide institutionnel avec toutes ses conséquences catastrophiques, de garantir la continuité de l’Etat, et de ne pas tomber dans le jeu perfide d’une transition sans fin. La solution idoine est là. Et tous ceux qui tournent autour du pot ne pensent en premier lieu qu’à leurs seuls intérêts et à se positionner pour de basses ambitions personnelles qui ne font que les servir et servir leurs desseins.

    Alors si on doit respecter et invoquer la Constitution actuelle pour faire partir l’actuel locataire d’El Mouradia, il faut aller au bout de ce souci de légitimité et de légalité pour trouver une sortie rapide à la crise, organiser des élections présidentielles dans les 90 jours, et surtout barrer la route à tous ceux qui veulent le pourrissement de la situation et tout le chaos qui en suivrait.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 24 mars 2019

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  • Algérie: L’expectative, un mois après le soulèvement citoyen

    Hocine Adryen

    Une situation postrévolutionnaire qui dure depuis un mois, caractérisée par de grandes marches pacifiques, une situation politique des plus imprévisibles et un pays sans gouvernement, -seuls un Premier ministre et son second ont été désignés -pour diriger les affaires courantes depuis plus de dix jours : voilà en résumé la situation générale du pays après l’annonce par le président Abdelaziz Bouteflika du report de la présidentielle du 18 avril et son renoncement à un 5e mandat.

    Que va-t-il se passer maintenant que le peuple et les gouvernants se regardent en chiens de faïence ? Chaque partie ne veut rien lâcher et chacun campe sur ses positions initiales. D’un côté le mouvement exige le départ de tout le système et la fin du mandat du président Bouteflika qui arrive à son terme au soir du 28 avril. De l’autre le pouvoir maintient sa feuille de route déclinée à travers la préparation d’une conférence nationale inclusive regroupant tous les acteurs de la société. Cette conférence sortira avec un agenda électoral précis, à commencer par la tenue d’une présidentielle pour permettre au pays de faire le grand saut démocratique.

    Pour l’instant la vie publique est rythmée par les retournements de veste, les trahisons, les remises en cause et les déchirements. Mais en aucun cas un sursaut qui pourrait indiquer la marche à suivre. Pourtant les propositions de sortie de crise affluent de partout. Des partis dits de la mouvance présidentielle aux partis de l’opposition multiple. La dernière en date, celle d’une partie de l’opposition réunie au siège de Adala de Abdallah Djaballah, qui met en avant une solution politique dans le cadre de la légitimité populaire prévue par l’article 7 de la Constitution.

    Le document stipule « la fin du mandat présidentiel, la mise en place d’une période de transition courte, qui sera gérée par une instance présidentielle constituée de personnalités nationales reconnues pour leur crédibilité, leur intégrité et leur efficacité ». Cette instance aura la charge de désigner « un gouvernement de compétences nationales pour la gestion des affaires courantes, la création d’une instance indépendante en charge de préparer le nouveau dispositif électoral (révision de la loi électorale et mise en place du mécanisme de surveillance).

    Un processus au bout duquel sera élu un nouveau président de la République, dont l’élection marquera alors le retour à la légalité constitutionnelle. Pour elle, « la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre » serait l’application de l’article 102 de la Constitution qui permet de « révoquer le Président pour des raisons de santé ». Ce qui permettrait au président du Conseil de la nation d’assurer l’intérim pour une période de 90 jours au cours desquels sera organisée une nouvelle élection présidentielle et retourner à la légitimité », dit-elle.

    Le FFS, quant à lui, indique qu’il est en train de mettre les dernières retouches à une « initiative de sortie de crise » qui passe, naturellement, d’après lui par l’élection d’une Assemblée constituante. Le parti de feu Hocine Aït Ahmed plaide pour une transition d’environ « six mois » pour mettre en place les conditions politiques et réglementaires « devant encadrer le changement du régime ».

    Enfin, la proposition du président Bouteflika repose sur l’élection d’un nouveau président démocratiquement élu qui, fort de la légitimité populaire qui lui est donnée par les urnes, aura à engager le processus pour changer la Constitution, convoquera des élections législatives anticipées.

    La deuxième République pourra alors se construire avec le peuple et ses nouveaux élus. Sinon le peuple continuera à manifester pacifiquement tous les vendredis jusqu’au terme du mandat du président Bouteflika le 28 avril. L’Algérie entrera alors dans une étape indécise, voire dangereuse pour son unité et sa stabilité.

    Source: Le Jeune Indépendant, 25 mars 2019

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  • Algérie : L’opposition se prononce sur la transition

    par Kharroubi Habib

    Depuis que les Algériens sont descendus dans la rue déterminés à barrer la route à un cinquième mandat pour Bouteflika et exiger le départ de celui-ci et du régime qu’il incarne, une frange de l’opposition qui a milité dans le même but a apparemment surmonté ses clivages, querelles de chapelle et de leadership en s’entendant sur une plateforme de propositions en vue d’une transition dont Bouteflika et son clan seront dessaisis du pilotage qu’ils cherchent à s’arroger à travers leur feuille de route.

    Cette plateforme dispose que le pays aille à une courte période de transition au cours de laquelle le mandat du président sortant serait transféré à un organe présidentiel. Lequel serait composé de personnalités nationales «reconnues pour leur crédibilité, leur intégrité et leur efficacité» et devra s’employer à réaliser les revendications du peuple et à ne pas se porter candidat aux élections qu’il organisera.

    Par ses dispositions la plateforme actée par des partis et personnalités de l’opposition converge avec ce que préconisent certains activistes et figures en vue du mouvement populaire anti-régime. Le hic en l’affaire est qu’au sein du mouvement populaire ce processus avancé et par l’opposition et par les activistes et figures en question ne semble pas faire consensus.

    Ce n’est pas faire procès à cette frange de l’opposition de dire qu’elle n’est pas en odeur de sainteté au sein du mouvement populaire qui n’entend pas pour cette raison en faire son porte-parole. Il est vrai aussi qu’elle a maladroitement tenté de capter à son profit l’intifada populaire qui s’est déclarée et qu’elle n’avait nullement anticipée et a de ce fait provoqué la méfiance de ses protagonistes pour toutes les initiatives ou propositions venant d’elle.

    Cela étant, il est incontestable que sa plate-forme dispose des préconisations qui sont susceptibles de dépasser la crise institutionnelle et constitutionnelle à laquelle Bouteflika et son clan condamnent l’Algérie en s’accrochant au pouvoir.

    Son point faible est celui qu’elle laisse dans le vague le comment seront désignées les personnalités nationales appelées à constituer l’organe présidentiel. Est-ce que cela reviendrait au mouvement populaire et par quelle procédure, ou aux partis et personnalités de l’opposition, ou est-ce à l’armée à laquelle les signataires de la plateforme ont demandé de «répondre aux demandes de la population et de contribuer à leur réalisation dans le respect de la légitimité populaire» ?

    L’entente sur la question ne va pas être aisée à obtenir, ce qui promet des controverses et des déchirements qui risqueront de désunir le mouvement populaire anti-régime et donner prétexte aux soutiens de ce dernier à imposer la solution à la crise la plus insidieusement mortifère pour les attentes populaires.

    Le Quotidien d’Oran, 25 mars 2019

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