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  • Confidentiel. Le général Toufik rencontrera mardi prochain des diplomates américains et français à Alger

    Au moment où le régime algérien est en train de faire face à un véritable soulèvement populaire, le général Toufik s’active très discrètement dans les coulisses pour tenter de jouer un rôle important dans cette cruciale période de l’histoire de l’Algérie.

    L’ex-puissant patron du DRS qui était aux commandes de la plus stratégiques institutions du régime algérien pendant plus de 25 ans, s’apprête à rencontrer mardi prochain des diplomates américains et français à Alger, a-t-on appris de sources proches de l’entourage de l’ex-patron des services secrets algériens officiellement mis à la retraite le 13 septembre 2015.

    Selon nos sources, cette rencontre va se dérouler à l’École Supérieure d’hôtellerie et de Restauration d’Alger dont les locaux sont situés à Ain Benian. Il s’agit d’un lieu très prisé par le général Toufik où il y rencontre régulièrement des interlocuteurs. Mais cette fois-ci, cette rencontre avec des diplomates étrangers n’est pas anodine. Mieux encore, elle revêt un caractère politique très énigmatique.

    D’après nos sources, des hauts responsables de l’ambassade américaine à Alger vont s’entretenir avec le général Toufik pour connaître sa véritable position face au mouvement populaire qui ébranle l’Algérie depuis le 22 février dernier.

    Les diplomates américains veulent également cerner le rôle exacte que peut jouer le général Toufik dans cette conjoncture particulière de l’histoire de l’Algérie.

    Par ailleurs, nos sources certifient qu’un émissaire sera dépêché par les autorités françaises depuis Paris pour s’entretenir avec le plus célèbre des généraux algériens. Nous ignorons encore l’identité et fonction de cet « émissaire », mais il sera accompagné par des fonctionnaires de l’ambassade de France à Alger.

    Les conclusions de cette rencontre que ses organisateurs ont voulu « secrète » pourraient avoir des conséquences notables sur la position américaine et française sur la suite des événements en Algérie.

    Algérie7

  • La rue m’a redonné foi en mon Algérie

    Ma douce Algérie, une identité amazigh, une Deridja miroir d’un passé multi culturel, l’Algérie des poly-colonies, 19 ans de passage espagnole, 315 ans d’emprise Ottomane,132 de colonisation française, 10 ans de guerre civile, l’Algérie est désorientée, désemparée, des coups d’état, des douleurs, de la précarité, de l’ambigüité, de la souffrance, une oligarchie dictatoriale déguisée en un éventail républicain, l’Algérie des scandales, des dérives, beaucoup de corruption et un divorce très compliqué entre le peuple et sa tutelle.

    Il était 15 H 00 le 21/02/19, lorsque assise sur un siège déchiré d’un vieux bus qui me menait au centre hospitalo-universitaire d’Oran pour faire ma garde, j’aperçois en face de moi à travers une vitre brisée, dressé sur un immeuble d’une dizaine étages, le portrait géant de Mr. Abdelaziz Bouteflika, la cause n’est pas des moindre, nous sommes en pleine compagne électorale et Mr. Bouteflika malgré son état de santé précaire, se force à briguer un cinquième quinquennat.

    Essayant de fuir du regard ce portrait sordide, je plonge mes yeux dans mon smartphone, qui m’informe à ma grande surprise qu’à Khenchela, dans les Aurès à l’est du pays, des manifestations pacifiques ont lieu depuis déjà quelques jour et ont pour principales revendications : la dissolution immédiate du gouvernement et le départ imminent d’un président figé dans sa fonction depuis 1999. Je note aussi la participation demain à une méga marche pacifique dans les quatre coins du pays dont Oran, ma ville natale.

    Désormais, tous les Algériens sont officiellement contre le système politique, la démystification de Bouteflika s’est faite petit à petit au fil des années, à du commencer en 2013,suite à un handicap causé par un AVC en 2013, Bouteflika a terni sa propre figure, autrefois considéré comme un patriarche adulé et démocrate, et actuellement portraitisé en un vieux sénile, infirme, aphasique au visage scénique, assoiffé de pouvoir, voulant faire d’une république une monarchie Bouteflikenne, bénéficiant de la bénédiction des militaires et des pilleurs de richesses, ayant l’emprise sur un peuple qui a développé il y a vingt ans le Syndrome de Stockholm. Je m’efforce d’oublier ce personnage sinistre en fuyant sur ce que YouTube me propose , d’abord, « le corps abattu sur un brancard posé au sol du colonel Amirouche, le grand martyr de la révolution, son père resté assit à ses pieds, le regard triste, cette scène observée notamment par une cinquantaine de personnes entre Harkis et militaires de l’armé française, « Ma patrie, ton histoire est écrite par le sang des martyrs » je repense à Djamila BOUHIRED, à Zohra DRIF, au Colonel AMIROUCHE, au colonel LOTFI, à Ali la pointe, à Larbi Ben MHIDI.

    Ce FLN rassemblait jadis l’élite du patriotisme et n’est actuellement qu’un vulgaire comité inintéressant d’ignares égocentriques, c’est donc avec le cœur lourd que je me rends ce jour là à ma garde, aux urgences pédiatriques que je maudis, dans un endroit pommé du CHU d’Oran, une structure en parfait état de délabrement.

    Je me dirige vers la chambre de garde, où les rats cohabitent, afin de vérifier la trousse d’urgence et comme à son habitude elle ne contient dans son fond qu’un laryngoscope et un ballonnet défectueux, pas de médicaments d’urgence, pas de plateau technique.

    Durant ces 16 heures de garde je verrais une centaine de patients, les nerfs à fleur de peau, affluer afin de bénéficier d’une prise en charge.
    C’est à cause de ces conditions de travail indignes et précaires que je suis sortie dans la rue manifester en 2018 avec mes confrères mais à notre plus grand désarroi, le gouvernement OUYAHIA nous a usé, réprimé avec ses méthodes sanguinaires et anti démocratique qu’il lui sont connus.

    Au fur et à mesure que ma garde avançait, les patients me tenaient informé de leur souhait de participer en famille et en masse aux manifestations du lendemain, je m’abstenais bien entendu de tout commentaire. Cet hôpital, malgré son état de non enchantement, se doit de rester un lieu apolitique, mais j’avoue que durant mes moments creux, je me tenais informé de ce qu’il pouvait se dire au sein de cette populace.

    Le 22/02/19, et à ma grande surprise, j’étais le témoin de la renaissance d’une nouvelle Algérie, les cieux ont finalement eu raison d’entendre les prières des saints. Une symbiose parfaite entre le peuple et sa patrie s’est conçue. C’était comme un deuxième 1er novembre, mais un 1er novembre beaucoup plus gai, festif et pacifique.

    Ce jour là, les Algériens ont choisi de marcher par millions, main dans la main, rejetant fermement, anonymement et en masse tout label et toute idéologie. Pour la première fois depuis l’indépendance, et malgré ces décennies de répression, les rues étaient libres de toute crainte et de toute soumission.

    Cette drôle d’Algérie que je viens de découvrir me plait fortement. Une fête nationale était à l’ordre du jour, diversité, musique, youyous, drapeaux, pancartes humoristiques, grands et petits ont défilé dans le plus grand calme, distribuant des bonbons et des fleurs aux forces de l’ordre, aujourd’hui quelle fierté de se sentir Algérien, quel honneur de voir la peur changer de camp, le gouvernement Ouyahia a compris qu’il n’était plus légitime, Bouteflika depuis son lit d’hôpital à Genève a compris qu’il n’était pas un empereur, mais un président maudit.

    Les Bouteflika ne sont pas une royauté, et c’est la rue qui désormais détient le pouvoir; l’Algérie est aux Algériens, la constitution n’est pas un carnet d’essaie, les FLNistes, opportunistes savent désormais que leur partie est du passé.

    Ouyahia a joué et il a perdu, celui qui méprise son peuple doit partir, ce jour du 22 février j’ai compris que le sang des martyrs n’était pas vain, cette Algérie des incivilités, des dépassements, et de la violence, la rue la renie !

    Durant les prêches des vendredis, même la religion était instrumentalisée, « il n’est pas possible de manifester, Dieu vous l’a ordonné ainsi » dit l’Imam-fonctionnaire à ses fidèles. A la grande surprise « Que, tout ceux qui sont dans la mosquée arrêtent de prier, notre unique religion est l’Algérie » rétorqua le peuple en tutti quanti.

    Pour avoir respecté la volonté du peuple, Ouyahia a présenté sa démission, jusqu’àlors c’était son plus grand accomplissement, il est désormais quatre fois ex-ministre et il ferait mieux d’aller vivre lui et sa famille dans une jungle, loin des yeux du peuple qui le maudit me dis-je.

    Les vendredis qui suivent furent plus démonstratifs, la colère du peuple a été renforcée par les syndicats des travailleurs, les enseignants, les médecins, les chercheurs, les avocats et les magistrats, les employés de Sonatrach… La Rue était plus nombreuse et plus colorée.

    Les Algériens continuent à envahir joyeusement les rues et cela jusqu’à la satisfaction de leurs revendications : La dissolution du gouvernement et du FLN, le départ de la famille Bouteflika, l’organisation de nouvelles législatives et la formation d’une nouvelle république, démocratique et laïque, loin de tout courant islamiste ou séparatiste.

    L’esprit dogmatique des Algériens s’est volatilisé, l’Algérie sait que la transition est non sans risque, mais la liberté n’a pas de prix, quitte à prendre des risques, l’Algérien à de l’espoir et peut envisager sereinement son avenir après des années de tyrannie.

    Avant le 22/02/2019 je pensais encore vivre au pays de Big Brother ou encore chez Garcia Marquez ; aujourd’hui La Rue m’a redonné foi en mon pays.

    Par Amina FEDJER

    Source: Algérie Part

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika,

  • Algérie : Le loup est dans la bergerie !

    « A simple titre d’exemple, j’ai vu ce vendredi des manifestants scander à tuetête ce slogan qui glace le sang et avec lequel j’aurais aimé en avoir fini depuis belle lurette : « dawli islamiya ». »

    Par Mohamed Abdoun :

    Beaucoup de gens estiment, à tords sans doute, que l’Algérie serait définitivement vaccinée contre la poussée de fièvre islamiste. Ils en veulent pour preuve ces mêmes arguments que j’avais été le premier à développer dès 2011, au plus fort des printemps arabes.

    Grosso-modo, si j’avais prévu des déferlantes islamistes, et même terroristes, au niveau de l’ensemble des pays touchés par ces printemps préfabriqués, je n’en avais pas moins ajouté que notre printemps à nous s’était déroulé en octobre 88, et que nous avions payé chèrement le droit de repousser cette vague islamiste.

    Depuis, que d’eau a coulé sous les ponts. Il nous est demandé, aujourd’hui plus que jamais, de se garder de dormir sur ses lauriers. La menace rode encore. Elle est plus forte et plus dangereuse que jamais.

    En effet, si nous avons vaincu le terrorisme de haute lutte, sur les plans militaire, médiatique et politique, l’intégrisme, lui, ne sait jamais mieux porté sous nos cieux. Celui-ci, terreau du terrorisme, a fini par gangrener en profondeur toute la société algérienne.

    A simple titre d’exemple, j’ai vu ce vendredi des manifestants scander à tue-tête ce slogan qui glace le sang et avec lequel j’aurais aimé en avoir fini depuis belle lurette : » dawli islamiya «.

    Les islamistes, très bien organisés, toujours en e m b u s c a d e , n’ignorent rien du traumatisme subi par le peuple algérien. Mais, leur formation leur permet de s’adapter à toutes sortes de situations, d’attendre patiemment leur heure, et de savoir constamment reculer pour sauter toujours plus haut et plus loin. Ce n’est, par exemple, pas un hasard sur au sein des réseaux sociaux, qui » gèrent » depuis le début ce fantastique sursaut populaire, Benghebrit a été directement prise pour cible, parce qu’elle a interdit la prière au sein des salles de classe.

    Les citoyens, en grand nombre, sont tombés tête baissée dans ce grossier piège. Pourtant, non seulement elle avait parfaitement raison en décrétant cet interdit qui, ma foi, va de soi, mais en plus le fait de focaliser sur cette personne, et concernant ce sujet précis, a de quoi diluer les vraies revendications citoyennes d’une part, et permettre aux islamistes de reprendre du poil de la bête de l’autre. Il est, dès lors, plus que certains que ce sont eux, toujours embusqués, et refusant de se faire voir directement au sein des manifs, comme on l’avait vu en Egypte, en Tunisie et en Libye, et même en Algérie en octobre 88, qui se trouvent derrière cette sournoise et perfide attaque.

    Je n’oublie pas non plus de préciser que les islamistes, qui disposent de fonds conséquents, et qui jouissent d’une grande organisation, arrivent toujours à faire le plein des voix, surtout lorsque l’enjeu en vaut la peine. Or, face à eux, pouvoir et opposition sont désorganisés et disloqués.

    Comme en 91, donc, ils ont une chance de gagner même s’ils ne remportent pas la majorité des voix. Tant s’en faut. Voilà pourquoi la prudence doit être de mise, d’une part. et les citoyens qui représentent cette fameuse majorité silencieuse, dont je fais moi-même partie, doit absolument se réconcilier avec les urnes.

    M. A.

    Tribune des Lecteurs, 22 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, Transition,

  • Algérie : «Les lettres de Bouteflika et son certificat médical sont des faux»

    Ce que tout le monde pensait tout bas, le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Alger, Me Abdelmadjid Sellini, l’a dit tout haut : les lettres imputées au président de la République, ainsi que son certificat médical relèvent « du faux et usage du faux ».

    Nous affirmons que « les lettres qui sont imputées au président de la République sont des faux et leur utilisation est un l’usage de faux » a-t-il souligné au cours d’une conférence de presse qu’il a animée au tribunal Abane Ramdane à Alger, ajoutant que l’usage de faux concerne aussi le certificat médical de Bouteflika présenté au Conseil constitutionnel.

    Des cercles cachés sont derrière ces pratiques, selon lui. Pour étayer ce qu’il affirme, le bâtonnier relève qu’il est anormal que dans une lettre « il se porte candidat », et dans une autre il dise qu’il « n’avait jamais eu l’intention de se porter candidat car il était malade».

    C’est sur cette base que « nous avons dit non à la candidature et non aux pratiques non constitutionnelles » a-t-il ajouté.

    « Celui qui veut pratiquer le pouvoir par procuration », doit se soumettre à la volonté du peuple, a insisté encore le bâtonnier d’Alger.« Savez-vous pourquoi, nous sommes arrivés à cette situation ? C’est parce que la constitution avec laquelle le pays fonctionne est celle du parti unique », a souligné le conférencier, relevant que « dans cette constitution, il n y’a pas de mécanisme de sortie des situations non constitutionnelles ».

    Lorsque le régime part, « il n y a pas de mécanisme qui garantisse la continuité des institutions de l’Etat», a-t-il relevé.

    Dernière modification le vendredi, 22 mars 2019 20:38

    L’Est Républicain, 22 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, Transition,

  • Algérie : Cinq partis politiques lancent une initiative

    Rassemblement pour une nouvelle République: Cinq partis politiques lancent une initiative

    Cinq partis politiques ont lancé, mardi à Alger, une initiative le « Rassemblement pour une nouvelle République », à travers laquelle « ils ont exprimé leur attachement à la poursuite du processus électoral et appelé à la dissolution du parlement et son remplacement par une assemblée constituante ».

    Lors d’une conférence de presse, les représentants du Parti national algérien (PNA), du Parti national libre (PNL), du Front de la bonne gouvernance (FBG), du Front du militantisme national (FMN) et du Mouvement El-Infitah ont annoncé la création du « Rassemblement pour une nouvelle République », une initiative en faveur du « respect de la volonté du peuple qui a revendiqué, lors des marches pacifiques, le respect de la Constitution et exprimé son attachement à la poursuite du processus électoral ».

    A travers cette initiative, ces cinq partis ont proposé « la dissolution des deux chambres du Parlement et son remplacement par une assemblée constituante qui supervisera la gestion de la période de transition et aura pour missions la formulation de la nouvelle Constitution et l’élaboration de la nouvelle loi relative au régime électoral ».

    Dans ce contexte, les partis ont salué les marches pacifiques populaires, organisées à travers le pays, depuis le 22 février, mettant en exergue « la conscience politique du peuple algérien ».

    Ils ont exprimé, à cette occasion, « leur soutien à la volonté populaire aspirant au changement de manière à préserver l’intérêt suprême du pays et leur rejet de toutes tentatives d’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays, quels que soient les circonstances et les motifs ».

    Houda. H

    L’Echo d’Algérie, 20 mars 2019

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  • Lettre de Tunisie : A mes amis Algériens

    Très loin de moi la prétention de vous avertir ou de vous conseiller en quoi que ce soit. Ce qui se passe en Algérie en ce moment est la marque d’une citoyenneté exceptionnelle dont on ne peut être qu’admiratif.

    Mon intention, à travers ces mots, est juste de vous communiquer quelques faits qui se sont passés depuis la révolution tunisienne (2011) et dont je fus le témoin direct. Ces faits méritent d’être connus par les Algériens qui veulent que leur mouvement réussisse sans heurts ni crises et que l’Algérie reste souveraine.

    D’abord, la théorie du complot concernant les mouvements populaires qui ont lieu depuis quelques années dans nos pays sont de la pure chimère. Les complots ne sont que dans les cerveaux inertes.
    Ces mouvements populaires sont spontanés, légitimes, profonds et salutaires, sauf qu’ils sont rarement suivis d’une gestion intelligente, principalement à cause d’une effervescence difficile à canaliser. C’est sur ce point que se basent les islamistes pour tenter de s’imposer.

    La promptitude avec laquelle les islamistes ont réagi après le 14 janvier 2011 en Tunisie et ailleurs n’a rien d’un complot, il s’agit de récupération d’un mouvement civil. Toutes les révolutions du monde sont récupérées par les entités les plus organisées. Les islamistes ont vu là une grande occasion pour s’imposer et, pour ce faire, ils usent de leur esprit de secte et profitent des immenses aides de leurs alliées orientaux.
    Esprit de secte et aides financières sont les deux éléments dont les progressistes sont dépourvus. Dans ces conditions, comment peuvent-ils agir pour que leur mouvement salvateur ne soit pas récupéré pour des intérêts autres que ceux de l’Algérie?

    Le premier péril à éviter est de dissoudre l’ancien parti dominant, même si ce dernier traîne d’énormes casseroles.

    Pourquoi? Parce que ce parti n’est plus idéologique. Depuis des décennies, il est devenu une organisation de masse que le pouvoir utilise pour asseoir son système, ce qui veut dire qu’il s’agit d’une organisation d’exécutants dont il faut simplement changer la superstructure ou « l’ADN ».

    Plus pratiquement, ce parti, qui est une organisation très utile, doit demeurer, à condition de lui changer son mode de fonctionnement, de communication et d’action pour en faire la courroie de transmission de nouvelles valeurs comme celles de promotion et défense de l’honnêteté, de la propreté, démocratie, liberté, efficacité, etc… en fait tout ce que les Algériens demandent aujourd’hui.

    Pourquoi maintenir le parti? Parce qu’en face, les islamistes disposent d’une machine parfaitement huilée et autrement dangereuse car soutenue par l’étranger, menée par un esprit de secte et destinée à d’autres intérêts que ceux du pays.

    Le changement d’identité du parti au pouvoir n’est pas chose facile, mais ce n’est pas non plus impossible car ce parti dispose d’un énorme réseau d’intérêts qui risque d’être vite récupéré par les islamistes, comme ils l’ont fait en Tunisie. Or, la récupération du parti au pouvoir est quelque chose de très dangereux car ce parti dispose de tous les moyens nécessaires pour agir, qu’ils soient médiatiques, administratifs ou policiers.

    Il ne faut pas oublier que le parti au pouvoir n’est pas exclusivement formé de profiteurs, il dispose d’un nombre important de militants sincères qui ont eux-mêmes souffert du système et qui n’attendent que la bonne occasion pour travailler de façon saine et efficace. C’est à eux d’agir pour nettoyer le parti des mafias qui le parasitent et en faire l’outil de l’Algérie de demain, dans le respect des valeurs portées par la révolution.

    En définitive la question est simple : les progressistes ont-il le choix? Peuvent-ils céder aux islamistes (qui vont être les premiers à exiger la dissolution du parti) un pareil outil?

    Le second péril est celui de la division

    Le principal problème est dans l’unicité du mouvement islamiste opposée à la multiplicité des mouvements progressistes qui, même s’ils sont majoritaires, tombent dans le piège de la division. Et comme ils sont divisés, il exigent, pour les élections, une représentation proportionnelle, ce qui fait parfaitement le jeu des islamistes qui sont les premiers profiteurs de la proportionnalité.

    Pour arriver à imposer la proportionnalité, les islamistes poussent de toutes leurs forces la société civile à la division, et malheureusement, la société civile reste très sensible aux égos. Or, c’est justement sur ces égos que misent les islamistes. J’ai été moi-même l’un de ces nouveaux acteurs de la société civile en 2011, j’ai participé à la fondation d’un parti et observé la tactique des islamistes pour gagner le pouvoir.

    D’abord, ils vont, très vite, s’assurer des alliances secrètes avec d’anciens opposants qui, par goût du pouvoir ou par sensibilité conservatrice, vont céder à la tentation. Ces anciens opposants jouissent d’une certaine légitimité mais surtout d’une identité progressiste qui va pousser bien des citoyens à les suivre. Ces opposants croient souvent qu’ils vont maîtriser le jeu et sortir gagnants, mais ils se trompent car ils ne disposent pas d’une puissance suffisante et finissent par servir de serpillère aux mouvements islamistes. Ils auront, d’ailleurs, la destinée des serpillères.

    Outre ces alliances secrètes, les islamistes vont pousser à la division en caressant les petits partis dans le sens du poil en leur faisant parvenir des messages du genre « vous êtes les vrais forces vives de ce pays et on vous craint », ce qui va faire très plaisir à des micros formations qui vont se prendre pour des partis importants et ajouter à la division.
    Cette technique est essentielle pour les islamistes car 1, ils s’assurent de la faiblesse de leurs alliés « progressistes » et 2, ils s’assurent ainsi d’avoir des défenseurs du scrutin proportionnel que les petits partis vont exiger avec force.

    Voilà en gros, les premiers aspects du danger islamiste dans nos républiques débarrassées de la dictature.

    Il faut garder à l’esprit que les islamistes sont par essence des non-patriotes qui sont de simples commerçants de religion. Ils n’ont aucune espèce de compétence pour diriger un pays et ils n’usent du pouvoir de la religion que pour soumettre les peuples. Pour y arriver, ils sont prêts à toutes les compromissions et à toutes les arnaques et forfaits possibles, comme nous l’avons vu lors de la guerre de Syrie.

    Nos républiques sont, malgré leurs immenses défauts, bien plus respectueuses des citoyens. Si vous voulez en être persuadés, regardez l’état des Droits des peuples en Arabie Saoudite ou dans les pétromonarchies qui justement financent ces mouvements islamistes.

    Notre destinée est de réussir à sortir nos pays de leur sous-développement matériel et moral pour en faire des pays où il fait bon vivre.

    Pour cela, il faut être très vigilant, il faut user de patriotisme, d’intelligence et de bon sens et ne jamais céder à la passion ou à la facilité.

    Abdelaziz Belkhodja

    Le Provincial, 20 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, Transition,

  • Algérie – Cinquième vendredi de protestation: La mobilisation continue

    par M. A., H. B. Et A. Z.

    La mobilisation populaire contre le prolongement du quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, pour le départ du système et le changement radical a été au rendez-vous pour le cinquième vendredi consécutif, et ce à travers le territoire national.

    Avec un mot d’ordre «l’Unité nationale est une ligne rouge», pouvait-on lire sur une grande banderole brandie par des jeunes à Alger. Et sur une autre il était écrit «Kabyles, Arabes, Mozabites, Chaouis, Chenouis, Targuis : tous unis comme un seul homme ! Pour une Algérie libre et démocratique».

    Dès 10h du matin, la Grande Poste d’Alger et son esplanade affichaient déjà complet, des familles, des jeunes venant de la banlieue d’Alger et de wilayas limitrophes traversaient à pied la route de la moutonnière. Ayant stationné leurs véhicules au niveau des Bananiers et à Ruisseau, les protestataires portant l’emblème national et le drapeau amazighe ont battu le pavé vers Alger centre, dans une ambiance festive. Ni le vent, ni la pluie, ni même le ciel gris n’ont empêché les protestataires de marcher.

    Les banderoles et les pancartes brandies décrivaient parfaitement les doléances du peuple et traduisaient des réponses aux propositions de la classe dirigeante. Sur des pancartes il était écrit «Le peuple s’engage, pouvoir dégage», «Non à la conférence des traitres» et le «Peuple demande la dissolution des partis de l’Alliance présidentielle, les partis de la Brosse».

    Sur d’autres banderoles on pouvait lire «Non aux forces Extraconstitutionnelles» ou encore «Le peuple algérien n’a pas de revendications, mais il a un projet d’Etat».

    Tout en s’adressant à la classe qui gouverne, plutôt «à la famille royale et leurs serviteurs», les protestataires affirment à travers leurs écrits «la solution, c’est votre dissolution» et «le pouvoir revient au peuple».

    Les compagnons et la famille du défunt Hassan Benkhedda, décédé lors de la marche du 1 mars dernier, étaient parmi la foule brandissant sa photo en dessous de laquelle on pouvait lire «le Chahid de la dignité».

    Les slogans rythmés répétés sans cesse par les manifestants est un message assez clair aux plus hautes autorités du pays «pas de 4,5 mandat, dégage», «FLN et RND dégage», «Algérie libre et démocratique». Aucun incident n’a été signalé jusqu’à 17 heures à Alger centre. Des échos font état par contre de l’utilisation par les forces de l’ordre de bombes lacrymogènes et de canons à eau sur le chemin menant vers El Mouradia pour repousser les manifestants.

    A Oran, la contestation populaire était aussi au rendez-vous avec ferveur, avec comme mot d’ordre : sauvegarder l’unité du peuple avec l’ensemble de ses composantes et maintenir le caractère pacifique des marches. Côté mobilisation, cette semaine a beaucoup ressemblé que celle du vendredi précédent avec une participation estimée à quelques dizaines de milliers de manifestants. Un changement tout de même, celui d’un renouveau notable des slogans par les participants à la marche, réadaptés aux dernières évolutions de l’actualité politique.

    La référence au départ de l’ensemble des partis politiques qui avaient composé la coalition présidentielle a été omniprésente dans plusieurs pancartes et écriteaux levés par les manifestants. On pouvait ainsi lire sur des pancartes flanquées des couleurs de l’emblème national «FLN dégage, RND dégage, MPA dégage…».

    D’autres figures comme le patron du FCE, Ali Haddad, ou celui de l’UGTA, entre autres, n’ont pas échappé eux non plus à la vindicte populaire qui les a également appelés à partir.

    D’autres slogans ont par ailleurs souligné le refus du peuple «de désigner des représentants parlant en son nom» ou encore «l’exclusion de toutes solutions adoptées en dehors de la Constitution».

    La récente tournée internationale du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, n’est également pas passée inaperçue avec des slogans refusant toute ingérence étrangère qui pourrait confisquer ou menacé le mouvement populaire et ses revendications légitimes. «Ni Moscou, Ni Washington, Ni Paris, Ni Pékin : Le peuple est souverain».

    Sit-in des journalistes et travailleurs de l’ENTV à Constantine

    A Constantine, le centre-ville a été le théâtre de rassemblements et de marches organisés par les citoyens pour manifester leur rejet total du système. Et, la pluie battante n’a pas dissuadé des milliers de personnes, des familles entières, avec femmes et enfants, des jeunes et des moins jeunes, des personnes âgées, d’affluer de tous les quartiers vers le centre-ville pour participer à cette 5e marche, qualifiée de «marche de la victoire » par les manifestants. Reprenant les mêmes slogans scandés durant les dernières marches, la foule a montré sa détermination pour le «départ de tout le système » et «le plus tôt serait le mieux », selon les banderoles brandies par des manifestants. Il y a également, comme d’habitude, des chants patriotiques qui ont été repris par les manifestants, entrecoupés par des slogans «Djazaïr horra democratia » (Algérie libre et démocratique), «système dégage», «non à la prolongation du mandat présidentiel » et autres slogans hostiles au pouvoir en général. Aussi, doit-on noter, malgré son ralliement au «Hirak », le FLN n’a pas été épargné par la colère des manifestants qui ont continué à crier «FLN dégage ».

    La veille, jeudi, des journalistes et des travailleurs de la station régionale de l’ENTV à Constantine ont organisé un sit-in à l’intérieur du siège de la station, à proximité de l’université des sciences islamiques Emir Abdelkader, pour dénoncer les entraves à l’exercice libre de leurs missions dans cette période si particulière que traverse le pays. Brandissant des banderoles portant des écrits qui en disent long sur les aspirations étouffées, «Halte à la marginalisation et l’exclusion des compétences », «Ensemble défendons la liberté d’expression », «Free journalists free society » (journalistes libres, société libre), «La Constitution protège le droit du journaliste de dire la vérité », les manifestants ont tenu à marquer leur soutien aux manifestations du peuple algérien. Les manifestants ont également scandé des slogans rappelant que la télévision publique est synonyme d’union nationale. «La télévision publique est la voix du peuple », criait-on.

    «Nous réclamons notre droit à transmettre l’information réelle au peuple, c’est un droit constitutionnelle, nous sommes devenus des porte-parole d’institutions alors que nous sommes des porte-parole de l’Etat avec toutes ses constituantes, dont le peuple algérien », nous ont lancé des journalistes.

    D’autres ajoutent que «nous avons assuré des couvertures des manifestations mais ce qui a été passé à la télévision ne reflète pas la réalité », non sans s’interroger qu’ «il y a bien eu une ouverture au niveau de la radio et l’APS, pourquoi la télévision publique tarde-t-elle à opérer cette ouverture ? ».

    On signalera également qu’ «il y a eu des idées d’émissions pour aller vers le peuple mais tout a été rejeté, au profit de qui, de quoi, du pourrissement auquel nous sommes arrivés ? », s’interroge-t-on encore. Le sit-in a été levé en milieu de journée, après près d’une heure et les manifestants se sont dispersés dans le calme.

    Le Quotidien d’Oran, 23 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition,

  • Mauritanie – Présidentielles 2019 : tant de bruits pour rien !

    Les élections présidentielles en Mauritanie, commencent toujours avant l’ application du décret invitant les électeurs aux urnes ! Pour la énième fois, on voit les partis d’opposition quitter leurs formations pour y revenir deux jours après ! Les conciliabules continuent dans la rue entre chefs de partis et il y a eu déjà tant de bruits pour rien…

    On voit Ould Boubaacar claquer la porte de Tawassoul , après avoir tapé à leur porte des mois durant ! Ceux qui le fuyaient hier, lui font la cour aujourd’hui, parce qu’il sent du pétro gaz Qatari !

    Monsieur Ghazouani aussi ramasse beaucoup d’électeurs –mirage, donc les choses semblent se préciser principalement, et on semble s’acheminer vers un duel Ghazouani Sidi Mohamed Ould Boubacar ! Nous aurons donc une transposition en Mauritanie des conflits opposant les pays du golf, sachant que Ghazouani est soutenu par les émirats arabes qui lui ont déjà livré de la logistique !

    Ould Maouloud quant à lui , il ne semble pas avoir de chance du tout malgré son contrat politique avec plusieurs partis sans bases réelles , donc partis peshmergas !

    Quant aux figurants comme Biram et les FLAM , ils sont bruyants certes mais leurs extrémismes les privent d’ électeurs sérieux sur lesquels on peut compter ! Cette fois ci, Biram n’aura que les voix de Samouri Ould Byé , un HAPNOL radical déjà contesté ! En tout cas, la campagne elle-même viole la constitution parce qu’elle a déjà commencé avant la convocation du collège électoral, et chacun cherche des voix qui ne semblent pas pressées pour s’ annoncer , parce que l’argent, n ‘ est pas encore en campagne ! (A suivre)

    Source : Lakbar Tebgue Vidar, 21 mars 2019

    Tags : Mauritanie, Présidentielles 2019, Mohamed Ould Abdelaziz, Mohamed Ould El Ghazouani, FLAM, Tawassoul OUld Boubakar,

  • Algérie – Alliance présidentielle : A couteaux tirés

    Le député du RND et néanmoins fidèle lieutenant d’Ahmed Ouyahia a tiré un retentissant coup de sommation avant-hier soir contre le régime de Bouteflika. Sur le plateau d’El Bilad TV, il fit des déclarations osées en affirmant notamment que le pays était géré par des «forces extraconstitutionnelles et non structurées» et que son parti était contre la candidature du président Bouteflika au 5ème mandat.

    Sorties de la bouche d’un haut responsable d’un parti du pouvoir, ces déclarations sonnent comme des bombes politiques explosées sur la place publique qui grogne depuis le 22 février précisément contre le passage en force du clan Bouteflika.

    Il est clair que ces mœurs du régime telles que déclinées par Seddik Chihab renforceront à coup sûr la colère de la rue qui ne se faisait pas trop d’illusion par ailleurs. Il a juste dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas à savoir que l’Algérie, du moins depuis le 4ème mandat et l’AVC du président, n’obéit plus aux règles d’une république qui fonctionne avec des institutions crédibles.

    En un mot, c’est une gouvernance qui confine à l’informel dès lors que les partis proches du pouvoir ont dû cautionner le 4ème puis le 5ème (avant la fronde populaire) et la prolongation du mandat sans être convaincus comme le révèle Seddik Chihab.

    Du coup, les algériens se posent légitimement la question de savoir qui gouverne réellement leur pays ? Il va sans dire que cette sortie médiatique tonitruante du lieutenant d’Ouyahia dix jours après le débarquement de ce dernier de la tête du gouvernement, est symptomatique de l’ambiance au sommet.

    Le S.G du FLN Mouâd Bouchareb a lui aussi osé le grand écart en annonçant hier solennellement que «les enfants du PFLN accordaient leur soutien absolu au mouvement populaire» (sic). Il en a profité pour mettre tous les maux de l’Algérie sur le compte d’Ahmed Ouyahia sans le nommer feignant d’oublier que Sellal était Premier ministre pendant 5 ans et que l’exécutif était composé majoritairement des ministres de son parti.

    De fait, les coûteaux semblent tirés entre les différents soutiens au président qui étalent publiquement leur linge sale après avoir béni l’agenda de Bouteflika en toute connaissance de cause.

    Il est de bon ton maintenant de vouloir sauver les apparences en louant le peuple qui manifeste après lui avoir tourné le dos. Sans doute que ces déballages vont se poursuivre voire s’accélérer dans les prochains jours à mesure que le bâteau ivre de la prolongation de mandat prenne eau de toutes parts.

    Quant au peuple, il ne prête pas trop attention à ces intrigues de palais et s’accroche résolument à son objectif de faire partir tous ces gens-là, sans exception.

    L’Est Républicain, 21 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition,

  • Algérie : Les manifestations populaires plombent les réservations dans les hôtels

    Les images des grandes manifestations populaires qui ont fait le tour du monde, ont détourné les clients des hôtels Algériens. Le recul de la fréquentation hôtelière est manifeste depuis le 22 février. Les taux de remplissage des établissements hôteliers affichent un repli important, nous confirment plusieurs hôteliers joints par notre rédaction.

    En effet, les hôtels publics et privés dans tout le pays voient depuis quelques semaines leurs réservations en grande baisse, après les manifestations populaires contre le maintien au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika, après la fin de son mandat le 27 avril 2019.

    Les taux d’occupations sont subi une baisse drastique alors que les hôteliers rapportent des vagues d’annulations, et que les rares séjours dans les établissements hôteliers sont écourtées.

    Cette situation, si elle devait perdurer, pourrait amener les hôteliers à licencier une partie de leur personnel, selon les hôteliers contactés par notre rédaction.

    « Les chefs d’entreprises touristiques pourraient devoir commencer à ajuster leur nombre d’employés pour s’adapter aux niveaux de demandes plus faibles » souligne-t-on.

    Algérie1, 19 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition,