Étiquette : présidentielles 2019

  • Algérie: l’heure de vérité pour le peuple Algérien

    Depuis des siècles la Géographie et l’Histoire associent les destinées des peuples algérien et français. À la veille d’une échéance électorale importante, il appartenait à nos amis algériens et à eux seuls de déterminer leur avenir.

    Ils ont su le faire avec calme et détermination. Mais les hypothèques qui pèsent sur l’avenir politique du pays ne sont pas encore levées.

    Les Radicaux de Gauche souhaitent contribuer avec tous les Français à la construction d’une amitié élargie, respectueuse et apaisée entre les deux nations.

    Cette relation doit dépasser le cadre de relations économiques intéressées comme celui de la seule histoire récente. Elle doit être prospective et positive pour tous nos citoyens, où qu’ils vivent et ou aient vécu. Elle est nécessaire aussi bien au partage culturel qu’à l’indépendance des deux peuples et à leurs mondes associés dont l’Union européenne.

    Les Radicaux de Gauche espèrent que les prochains dirigeants de la République Algérienne démocratique et populaire ouvriront la porte à cet avenir et que de son côté, la France saura comprendre et accompagner l’évolution politique qui semble se préparer pour la nation algérienne.

    Contribution de Jean Levain,

    Secrétaire national des radicaux de Gauche aux affaires internationales

    Les radicaux de gauche

  • Algérie: Les éclaircissements de Saïd Sadi aprés sa rencontre avec Lakhdar Brahimi

    L’information révélée par un journal électronique selon laquelle le diplomate Lakhdar Brahimi a rencontré l’expatron du RCD, Saïd Sadi, s’est avérée être une information fondée.

    Et c’est Saïd Sadi lui-même qui l’a confirmée hier sur sa page Facebook. L’ex-chef de file du RCD s’est ainsi expliqué sur cette rencontre en révélant qu’elle a eu lieu dimanche dernier 10 février et non le mercredi 13 février comme révélé par le journal électronique en question. Lequel média a aussi révélé que Lakhdar Brahimi a aussi rencontré la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune.

    « M. Lakhdar Brahimim’a appelé le dimanche 10 mars, et non mercredi ( …), pour me dire qu’il venait d’arriver àAlger pour un bref séjour et qu’il se trouvaità l’hôtel Aurassi. Etant libre dans lasoirée, je m’y suis rendu », a indiqué Saïd Sadi dans ce qui semble être une mise aupoint. Au passage, il révèle qu’Abdelaziz Rahabi était aussi à la table de Lakhdar Brahimi et que ce dernier a quitté les lieux un quart d’heure après son arrivée. Sadi a révélé aussi que le diplomate Lakhdar Braihimi a discuté quelques jours auparavant avec l’écrivain Kamel Daoud à Paris. Il a précisé qu’il connait bien le diplomate depuis « plusieurs années par l’intermédiaire de son frère Miloud ». Il fait allusion à l’avocat, maître Miloud Brahimi.

    Evoquant la teneur de cette discussion, Sadi dira à l’adresse de son interlocuteur qu’il risquait « d’être déçu car, connaissant mieux que moi le régime, il doit savoir que l’opacité ne s’éclaircit pas dans les périodes de trouble.

    Pendant notre échange général, j’ai expliqué que j’étais assez inquiet car il ne me semblait pas que le pouvoir appréciait à sa mesure la gravité de la situation, ajoutant que, de ce que j’entends et crois, le départ de Bouteflika et la démission du gouvernement était un des préalables à toute démarche sérieuse » écrit Saïd Sadi dans son post sur sa page Facebook.

    D’après Saïd Sadi, Lakhdar Brahimi n’a « pas fait de commentaires sur ce point » en précisant aussi que son hôte ne lui « avait pas donné l’impression d’avoir été chargé de quelque mission que ce soit puisqu’il lui a révélé qu’il devait « vite repartir sur Paris ».Sadi soutient ne pas être en mesure de »donner les raisons qui ont amené M. Brahimi à prolonger son séjour à Alger ».

    Le diplomate, pour rappel, a multiplié les déclarations médiatiques  et les apparitions sur de nombreuses chaînes de télévision en défendant la démarche du Président Bouteflika et en appelant au dialogue entre toutes les parties.

    Par : LAKHDARI BRAHIM

    Le Midi Libre, 17 mars 2019

    Tags : #algérie, #présidentielles 2019, #bouteflika,

  • Algérie : Et maintenant ? Au lendemain des imposantes manifestations contre le prolongement du mandat de Bouteflika

    Bouteflika -ou ceux qui décident en son nom- a proposé son idée pour assurer la transition et le peuple a répondu. Une réponse plus clairement déclinée en réalité que ne l’a été la démarche du Président, qui plus est, confiée pour exécution à un personnel issu de ce même sérail dont les Algériens ne veulent plus.

    Il ne fait aucun doute que le régime est conscient de ce qui se passe dans le pays, mais pour autant, est-il en phase dans sa démarche avec les revendications du peuple ? La rue s’est chargée de la manière la plus extraordinairement claire à reformuler sa revendication, passant du rejet d’un cinquième mandat au refus du prolongement du quatrième assorti de la fin du régime qu’incarne Bouteflika. Dès lors, quelle suite donneront le président de la République et «son entourage» à cette nouvelle sortie du peuple d’Algérie ?

    L’annonce de la nouvelle équipe qui accompagnera le duo Bedoui-Lamamra aura-t-elle de l’étoffe et assez de charisme pour adoucir le sentiment de ces millions d’Algériens qui exigent «irouhou gaâ» (qu’ils partent tous) ? Il est permis d’en douter eu égard à la fermeté du leitmotiv qui a fait sortir, vendredi, les Algériens d’une façon telle que rarement, pour ne pas dire jamais, on en a vu dans le monde.

    En fait, les Algériens connaissent trop bien ceux qui les dirigent, assez pour savoir que le pouvoir en place a de la suite dans les idées et, dès lors, il n’allait pas rompre aussi vite que le mouvement a été lancé, le 22 février dernier.

    En effet, lâcher dès les premières manifestations n’est pas la marque de fabrique d’un pouvoir rompu à toutes les ficelles, comme ces «coups de maître» qui lui ont permis de parer, dès les toutes premières étincelles, à tout prolongement jusque chez nous du Printemps arabe en 2011-2012.
    Alors, quel tour nous préparent Bouteflika et ce fameux entourage qui, de toute évidence, n’ont pas vu le coup venir cette fois, du moins pas de par son ampleur, parce qu’on peut être convaincu qu’ils savaient que les Algériens n’étaient pas aussi enchantés de voir le Président candidater pour un nouvel exercice du pouvoir suprême ? Devrions-nous nous attendre à un nouveau message présidentiel ou bien les «décideurs» mettront-ils une bonne partie de leurs espoirs sur la nouvelle équipe qui sera en charge des affaires du pays en attendant la conférence inclusive promise ?

    Et puis, et surtout, comment ces millions de manifestants du genre qui a épaté le monde verront la suite du mouvement ? Un mouvement qui fait de son caractère pacifique une préoccupation majeure, qui lui a permis sans doute de se prémunir contre toute réaction musclée de la police, même si l’on sait, comme le démontrent l’infinité d’images répercutées sur les réseaux sociaux, que dans les rangs des services de sécurité, depuis la toute première manifestation, des policiers rechignent à user de la matraque. En fait, le gros risque qu’encourt le mouvement de protestation réside dans sa longueur, et partant, de la lassitude qui pourrait gagner ces millions de révolutionnaires des temps nouveaux.

    Le facteur temps qui, a contrario et jusqu’à une certaine limite, pourrait donner l’air de constituer un atout entre les mains du pouvoir tant que le 4e mandat n’atteint pas la date limite constitutionnellement admise, parce que au-delà, les relations de l’Algérie avec ses partenaires du reste du monde pourraient être vues autrement par ces derniers.

    C’est dire donc si tous les antagonistes ont intérêt à ce que la crise ne s’éternise pas et que cet acteur sur lequel tout le monde à l’ouïe tendue, l’ANP, ne soit pas mis dans une inconfortable position, ni avant la fin légale du 4e mandat ni après, c’est-à-dire en plein dans l’anti-constitutionnel, là où l’on se dirige si l’on suit le raisonnement du pouvoir en place, à travers la dernière offre du Président.

    Azedine Maktour

    Le Soir d’Algérie, 17 mars 2019

    Tags : #algérie, #présidentielles 2019, #bouteflika,

  • Algérie : Un gouvernement sera annoncé aujourd’hui, et après?

    Selon des sources généralement bien informées, le Premier ministre est sur le point d’achever la formation de son cabinet, qu’il devrait annoncer aujourd’hui. Jeudi passé, Noureddine Bedoui avait promis, lors de sa conférence de presse qu’il a tenue conjointement avec son adjoint, Ramtane Lamamra, de constituer son gouvernement dans un délai ne devant pas dépasser une semaine mais n’a rien dévoilé sur les personnalités qu’il comptait intégrer dans l’Exécutif, se contentant d’assurer que la priorité sera accordée, suivant les instructions du chef de l’Etat en la matière, aux compétences et aux éléments jeunes.

    Selon des indiscrétions recueillies auprès d’activistes, Nouredine Bedoui ne serait qu’un exécutant de directives venant du cabinet « noir ». Selon les mêmes sources, l’ancien ministre de l’Intérieur n’a aucune influence sur les événements ou le choix des hommes.

    Son rôle se limite à jouer l’interface. Pressés par les événements qui secouent le pays et le besoin urgent de répondre aux attentes de la population, Bedoui et son adjoint avaient parlé, au départ, d’un gouvernement de «technocrates» mais, très vite, ils ont annoncé leur intention de s’ouvrir aux partis de l’opposition et à la société civile en vue de les y intégrer.

    Des informations avaient, entretemps, circulé sur des contacts prévus avec des représentants de la protestation mais, aussi, avec des dirigeants des partis de l’opposition. En l’absence de communication officielle sur cette question, les spéculations vont bon train, alimentant une campagne acharnée sur les réseaux sociaux contre toute participation au futur gouvernement, décrite comme une «trahison» de la lutte du peuple pour son émancipation.

    Les représentants du « Hirak » n’étant pas identifiables, pour le moment, il serait hasardeux d’avancer des noms. Mais cela n’a pas empêché certaines sources d’évoquer la sollicitation de Fodil Boumala, d’Abdellali Rezagui ou même de Karim Tabou, quoi que pour ce dernier, l’annonce paraît fantaisiste, eu égard aux positions de l’ancien Premier secrétaire du FFS.

    Quoi qu’il en soit, toutes les personnalités qui accepteront de faire partie du nouveau gouvernement, risquent à court terme de « jouer » leur crédibilité. Il est donc attendu que le gouvernement de Bedoui sera rejeté par la majorité des Algériens, qui ne veulent plus entendre parler du pouvoir et de ses propositions.

    M.M

    L’Est Républicain, 17 mars 2019

    Tags : #algérie, #présidentielles 2019, #bouteflika,

  • L’Algérie: en premier chef, la plénitude

    Ce que des médias français ont qualifié «une Révolution en douceur», ou d’autres, «une réaction de rue en velours», se présente plus authentiquement qu’un mouvement citoyen qui vient d’inventer une voie inédite, jamais pensée ou matérialisée dans l’ensemble du monde en développement. La planète politique entière, s’est inclinée devant la dimension intellectuelle, pacifique et festive par endroit de la société civile algérienne, dans toute sa composante et ses générations.

    Un leitmotiv central, une revendication objective pathétique, un espoir pour une ère nouvelle, autant de souhaits que le Président Abdelaziz Bouteflika a publiquement reconnu de légitimes. Même les plus irréductibles avocats du système politique en cours, se sont rangés, graduellement, à l’évidence d’un changement et de décisions fortes dont le chef de l’Etat a déjà mentionné après s’être totalement démarqué d’un cinquième mandat.

    Les vœux exprimés par le peuple algérien dans une tenue, une discipline et une classe applaudie par la planète entière, géographiquement et politiquement parlant, auront finalement sensibilisé jusqu’aux socles du système. Si les plus hauts décideurs du pouvoir, armée, présidence, gouvernement, coalition présidentielle, groupements économiques, centrale syndicale, se sont rangés derrière les sacro saintes valeurs de liberté d’expression et de choix politique entonnés depuis le 24 février dernier, c’est bien parce que tous les cadres et gestionnaires du pays percevaient l’urgence d’un changement de système. C’était le moment où, paradoxalement, le temps commençait à délaisser les rêves et espoirs de la société algérienne.

    La répétition et l’accélération des décisions inopportunes, défient l’attente, l’impatience. Elles provoquent la sagesse et la résignation. Et forcément, elles génèrent les impressionnantes mobilisations de foules dont nous commençons à peine à mesurer les effets. Et justement, aujourd’hui, la dernière décision du Président de la République ainsi que la conférence nationale sur le devenir de la Nation, suspendront-ils ce mouvement et dénuderont-ils cet espace de manifestations qui ne sera apparemment jamais saturé, tant que toutes les sensibilités sociales du pays ne seront pas convaincues par des transformations institutionnelles et des challenges économiques.

    Pour l’heure, ce combat de la génération multimédia ne paraît pas s’essouffler, tant que les actions concrètes architecturées par les timoniers de la transition, n’éclaireront pas le quotidien. L’énergie des futurs metteurs en scène de la stratégie politique, la clarté, les destinations et les cibles des imminents chantiers prêts à démarrer, évacueront ou non le marasme actuel.

    Le chef de l’Etat a démontré qu’il avait conscience des tâches à entreprendre, des impacts qui en découleront et des lectures qui s’en grefferont. Dans l’ère post-historique qui se dessine, n’importe quel faux pas, toute maladresse d’anticipation briseront les espoirs reconduits sur l’autel de la confiance. Si elle sera reconduite. Simplement parce que l’intolérance à la continuité du système politique, a marqué au fer rouge les esprits et les attentes sans cesse reportées.

    A ce jour, nul ne sait comment pourrait évoluer la crise actuelle. Seule évidence, Abdelaziz Bouteflika ne s’alignera pas sur la compétition électorale. Les marques et les félicitations des chefs d’Etats étrangers et des diplomates internationaux envers cette décision, nous édifient de ce qu’ils pensaient du nœud inextricable de nos présidentielles, finalement reportées à la fin de l’année 2019.

    Les Etats Unis, la France et l’Union Européenne, ont affirmé «soutenir le peuple algérien dans son droit à s’exprimer, à manifester, à choisir ses dirigeants et à décider de ses dirigeants». Depuis Djibouti et en présence d’Ismail Omar Guelleli son hôte, «Macron salue la décision du Président Bouteflika et a appelé à une transition d’une durée rapide». Sinon les interrogations et les projections se greffent les unes aux autres.

    Les commentaires s’entrechoquent: «Bouteflika a-t-il reculé par bons sens ou simplement pour sauver le régime ?», titrent de nombreux supports. Seule sensation réelle perçue par la population, les inquiétudes et les angoisses injectées par les mots d’ordre permanents par de «courageux» inconnus, à recourir encore à des grèves, voire «à la désobéissance civile».

    Des comportements dangereux, ne servant absolument pas le peuple algérien, mais qui arrangeraient des forces occultes cherchant le pourrissement de la situation et la mise en place de mesures exceptionnelles.

    Parce qu’en vérité, les ennemis de la Nation sont calfeutrés entre nos pierres. Jamais, vigilance n’aura été aussi vitale et permanente dans les manifestations annoncées.

    Par Fayçal Haffaf

    Ouest Tribune, 13 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, #algérie #bouteflika

  • Algérie – Les syndicats pour le maintien de la pression: Préparer «l’après-dégage»

    par Yazid Alilat

    Plusieurs syndicats ont rejoint tôt le mouvement de protestation citoyen contre le 5ème mandat et pour le changement de régime politique dans le pays, et ont activement participé à la mobilisation populaire pour rejeter la candidature du Président Bouteflika à un 5ème mandat.

    Le «Hirak» algérien, au sortir du 4ème vendredi de suite contre cette élection présidentielle, le 5ème mandat ou la prolongation du 4ème mandat, a pris une telle ampleur qu’il est devenu une force sociale et politique avec laquelle le pouvoir doit composer pour trouver une solution de sortie pacifique et consensuelle. Pour des syndicats de l’Education, comme pour ceux de la Santé notamment, le « ras le bol » citoyen n’est pas venu comme çà. « Il n’est pas venu comme çà, il y a eu quand même des mouvements avant, nous, surtout les syndicats de l’Education, on ne s’est jamais tu », explique au ‘Quotidien d’Oran’ Boualem Ammoura, coordinateur du SATEF. « Maintenant, c’est la goutte qui a fait déborder le vase avec l’injustice du système. Tout le monde vous dit qu’il faut que le système parte, parce que quelque part, il y a beaucoup de ‘hogra’ dans ce pays », estime-t-il avant de faire remarquer que « ce n’est pas parce que le peuple algérien a faim.

    Non, parce qu’il y a la ‘hogra’ et que nous avons subi, tous, cette ‘hogra’ », expliquant qu’ « il y a une poignée de gens qui ont pris en otage l’Algérie. » Pour le coordinateur du SATEF, les gens du pouvoir « ont tous les privilèges. Et on a vu des travailleurs qui sont payés à 18.000 DA, en 2019 avec 4 à 5 enfants ». « Et donc, a-t-il dit, c’est la goutte qui a fait déborder le vase ». « Dans ce pays, il faut un changement radical », explique t-il encore, avant de souligner que « nous n’avons pas d’autres choix, soit une rupture radicale avec ce pouvoir et contre ce pouvoir, soit une rupture négociée pacifiquement ». « Cela aussi est discutable, mais je ne sais pas si ces gens du système vont partir tranquillement», s’interroge-t-il. Il a par ailleurs indiqué que « maintenant, je pense qu’il faut encadrer ce mouvement, et je ne vous cache pas qu’il y a une initiative avec les gens de la société civile, le SATEF est dedans. On a tenu deux réunions pour savoir que faire après ce mouvement, il lui faut une certaine organisation». Avant de s’interroger : « demain on lui dit (au système, NDLR) dégage, il dégage, et puis qu’est ce qu’on va faire ? Qui va prendre les rênes, organiser la vie publique » ? C’est bien beau de dire « dégage », mais il faut préparer « l’après dégage ». Messaoud Boudiba, coordinateur du CNAPEST, explique de son côté que le ‘Hirak’ est « un mouvement populaire, avec son caractère pacifique, qui s’est imposé à tous, et ce mouvement est respecté ».

    « Cela a montré, explique t-il, que c’est une des caractéristiques de la société algérienne, et dès lors s’il y aura des dérapages, on saura que ce n’est pas venu du côté du peuple algérien, mais de trublions du pouvoir ». « Nous en tant que syndicats, on était très vite, depuis le début, dans le mouvement, depuis le début on avait insisté qu’il fallait soutenir le «Hirak» ensuite on doit le protéger, et troisièmement, il faut qu’il se poursuive. » « Nous avons appelé, ajoute-t-il, les autorités pour le protéger, et qu’elles doivent répondre aux revendications du peuple algérien ». « Ce sont là nos positions en tant que syndicat et les syndicats de l’Education qui ont une expérience du terrain, ont participé, qualitativement, depuis le 22 février à ces manifestations, à travers leurs membres », ajoute M. Boudiba, selon lequel « on a organisé une journée de grève, le 13 mars et des marches imposantes, qui ont donné un souffle nouveau au ‘Hirak’ ». « C’est une accumulation d’injustices qui a débouché sur un ras le bol, qui s’est exprimé ensuite dans la rue », estime de son côté Meziane Meriane, coordinateur du SNAPESTE. Pour lui, « il fallait s’y attendre. J’ai dit, il y a plus d’une année que ça va éclater, mais quand ? Personne ne le savait ». « C’était prévisible avec toutes ces injustices, toute cette ‘hogra’ ne pouvait finir que par un ras le bol qu’on est en train de vivre, actuellement, dans la rue », souligne Meziane Meriane selon lequel « c’est la goutte qui a fait déborder le vase : on a ignoré le peuple algérien jusque-là, le peuple algérien a été toujours considéré par le pouvoir politique comme étant mineur, et il leur a démontré qu’il est majeur. » « Maintenant, a-t-il dit, il faut rendre hommage au peuple algérien ». Il a expliqué d’autre part que « généralement, les accumulations d’injustices se transforment en force destructrice, et Dieu merci, le peuple algérien a démontré sa maturité », avant de s’interroger : « qui a allumé la mèche ? C’est le 5ème mandat.

    Le peuple n’est pas dupe, en tant que président, que Dieu le guérisse, il est malade, il est dans l’incapacité d’écrire. Il faut le dire, on ne doit plus cacher la vérité comme on a l’habitude de la cacher, car il est dans l’incapacité de dicter, de parler». Et d’ajouter qu’ « on parle en son nom. Donc, c’est une façon de leur dire ‘barakat, ne mentez plus » ! « Maintenant l’avenir, on doit penser à l’Algérie nouvelle, où il n’y aura plus de violence, où il n’y aura plus de corruption, où il y aura une justice sociale, où chacun prend son dû, et chaque Algérien va se retrouver libre dans son pays, il ne va plus subir d’injustice, il y aura une justice indépendante, la séparation des pouvoirs, voilà les jalons que pose ce mouvement ». Pour le coordinateur du SNAPESTE, « il faut que ce soit le plus rapidement possible, car la rue est en position d’attente, et la manifestation d’hier (vendredi 15 mars), il faut la considérer comme une rupture avec le système hérité de 1962, à ce jour ».

    Pour le SG du syndicat des Imams Djelloul Hadjimi, « il faut que les choses soient bien maîtrisées. Nous avons été précurseurs dans la revendication du changement », et « nous avons transmis aux autorités nos doléances », a-t-il ajouté. Quant au syndicat des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires, il a affirmé dans un communiqué, daté de jeudi 14 mars, son « soutien indéfectible et sa solidarité sans faille aux revendications légitimes de notre valeureux peuple ». Il a également indiqué qu’il s’oppose « à la décision prise de prolonger le 4ème mandat du président de la République et de l’organisation d’une conférence pour un consensus national ». Le SNECHU a, par ailleurs, appelé au « changement réel du système (…), qui passe par deux phases : le respect par le président de la République sortant de la Constitution à l’issue de son 4ème mandat, et la mise en place d’un gouvernement de transition et d’une Assemblée constituante ».

    Enfin, chez des membres du Collectif autonome des médecins algériens (CAMRA), il y a une « certaine amertume, car nous avons milité, nous aussi, pour le changement, sans vraiment être écoutés. Nous sommes, cependant, solidaires et soutenons le «Hirak ».

    Le Quotidien d’Oran, 17 mars 2019

  • Algérie : Bedoui peine à convaincre

    POUR SA PREMIÈRE SORTIE PUBLIQUE: Bedoui peine à convaincre

    Le nouveau Premier ministre, Noureddine Bedoui, a esquissé, jeudi dernier, lors d’une conférence de presse qu’il a animée conjointement au Centre international des conférences à Alger, avec son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, les contours de son futur gouvernement : un gouvernement technocrate, à durée de vie limitée et qui aura pour mission la préparation de «la conférence nationale inclusive».

    Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – «Concernant la composante du nouveau gouvernement, nous sommes en période de concertation et le prochain exécutif sera composé de technocrates, représentatifs des forces et compétences nationales, à même de contribuer à gérer la période de transition qui ne devrait pas dépasser une année pour répondre aux aspirations du citoyen algérien», dira, à ce propos, le successeur de Ahmed Ouyahia.

    Outre la gestion des affaires courantes, Bedoui affirmera que son futur cabinet s’attellera «à mettre tous les moyens pour permettre le bon fonctionnement des différents services et institutions du pays. Ce gouvernement, qui sera ouvert à tous les courants politiques, s’attellera dès son installation à préparer la Conférence nationale indépendante et inclusive de consensus à laquelle avait appelé le président de la République».

    Dans un pays en ébullition, où le mandat d’un Abdelaziz Bouteflika — qui est déjà lui-même massivement contesté à travers tout le pays — expire fin avril prochain, et qui vient de reporter sine die l’élection présidentielle, peut-on raisonnablement faire face à cette crise sans précédent avec des technocrates ? De «jeunes technocrates», tous les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années en pullulaient à chaque fois pourtant.

    La crise que traverse le pays est d’autant plus compliquée, que, d’un côté, tout le pays réclame le départ du patron lui-même, et, de l’autre, ce dernier, non seulement ne lâche pas, mais se propose comme l’alternative au changement réclamé du système ! Le nouveau Premier ministre, Noureddine Bedoui, étant lui-même technocrate, l’on avait affaire, jeudi dernier, à un chef de l’exécutif visiblement assez désarmé pour expliquer, encore moins justifier les lourdes décisions prises par Bouteflika le 11 mars dernier. Bedoui s’accrochera, dès lors, comme à une bouée de sauvetage, à cette « conférence nationale inclusive », tantôt présentée comme objectif, tantôt comme le seul moyen de s’en sortir ! Comme pour son futur gouvernement, Bedoui affirmera que cette conférence «sera ouverte à tous, sans exclusion».

    Au nom du gouvernement, et du pouvoir donc, Bedoui affirme que «les portes du dialogue sont ouvertes pour tout le monde», et invite tous les Algériens «qui croient en leur Nation et ses institutions, et conscients de la valeur de la paix et la stabilité, à travailler la main dans la main pour l’unique but de faire de l’Algérie un pays fort stable et aller de l’avant vers un avenir meilleur consacrant l’Etat de droit».

    Se voulant conciliant , il lancera également : «Nous lançons un appel à tous les partenaires politiques, notamment ceux qui sont dans l’opposition, au dialogue et à nous écouter les uns les autres afin de pouvoir dépasser la conjoncture difficile que traverse notre pays.» S’il est déjà quasiment une certitude que les partis de l’opposition ne vont pas se risquer à une participation suicidaire au nouveau gouvernement, l’on s’interroge vraiment sur la nature de cette «conférence nationale», que Bedoui affirme s’engager à préparer dès la composition de son exécutif. Manifestement plus au fait des détails, c’est le vice-Premier ministre Ramtane Lamamra qui en parlait plus à l’aise, la veille déjà, lors de son passage à la radio. De même , lorsqu’il s’est agi de parler de la prolongation du mandat actuel de Bouteflika : «Toutes les institutions constitutionnelles continueront à travailler jusqu’à l’élection du futur président de la République, partant du principe de la permanence de l’Etat.»

    Par ailleurs, et en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, Lamamra affirmait, jeudi, que l’Algérie exprime son «rejet catégorique de toute ingérence dans ses affaires internes, partant de son histoire et de ses principes. Nous comprenons l’intérêt de certains médias et de responsables étrangers à ce qui se passe en Algérie, mais nous n’accepterons jamais d’ingérence dans ses affaires internes». Aussi, ajoutera-t-il, «l’Etat recèle une grande expérience en matière de maintien des plus hauts niveaux de vigilance pour défendre la décision libre et indépendante du peuple algérien».

    K. A.

    Le Soir d’Algérie, 16 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika,

  • Algérie : Ali Ghediri réclame le maintien des présidentielles au 18 avril !

    Mohamed Benchargui 14, Mars, 2019

    Ali Ghediri ne veut rien lâcher ! Le candidat libre à l’élection présidentielle annulée et prévue initialement pour le 18 avril, conteste la décision du Conseil constitutionnel qui vient d’archiver les dossiers des candidats, estimant « sans objet » le fait de statuer sur leur validation.

    « Le conseil constitutionnel, institution suprême de l’Etat de droit garante du respect des lois, n’a fait qu’entériner une violation grave de la loi régissant la matière pour des considérations politiques subjectives », écrit, ce jeudi 14 mars, Ghediri dans un communiqué.

    Pour le général à la retraite qui ne s’est pas retiré de la course malgré le mouvement populaire déclenché depuis le 22 février, « le régime politique a usé et abusé des pouvoirs que lui confère la constitution dans le seul but de sauver un système politique arrivé à son terme et que le peuple rejette ». « Il prive de la sorte des citoyens qui n’ont fait que se conformer aux prescriptions de la loi, de leur droit constitutionnellement consacré », a-t-il ajouté.

    Paradoxalement, Ali Ghediri refuse de jeter l’éponge et de se mettre à l’évidence, insistant sur le maintien des présidentielle à leur délai, soit le 18 avril 2019. « Pour notre part, si nous prenons acte de cette violation flagrante de la constitution, nous n’en exigeons pas moins que le cadre constitutionnel soit respecté et que les élections prévues puissent se dérouler dans les délais impartis », insiste le général qui se considère toujours candidat.

    DMA, 14 mars 2019

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  • Une conférence nationale, pourquoi faire ? : 10 jours pour sauver l’Algérie

    Chaouki Mechakra

    Pour brutale qu’elle soit, la question mérite d’être posée. En effet, ses revendications de base sont en passe d’être digérées par le pouvoir qui y trouve une issue de secours inespérée à ses errements. Ne lui connaissant pas des aptitudes innées à se montrer conciliant avec les manifestations encore moins à ne pas les réprimer, il apparaît évident que ce mouvement le sert plus qu’il ne le dessert, notamment aux yeux des opinions internationales. Ne fait-il pas siennes, les félicitations et les marques de sympathie engrangées par ce mouvement qui a « émerveillé » le monde par son comportement civilisé et pacifiste inédits. Ces relais ont même osé dire que ce niveau de maturité est le fait de vingt années de règne de Bouteflika. Rien que cela !

    De l’important et de l’essentiel

    Aux yeux de certains observateurs avertis, le Hirak a été sournoisement détourné par une sur-médiatisation quasi hollywoodienne, faisant passer en second plan la revendication essentielle, à savoir le retrait de la candidature de Bouteflika d’une part et le changement sans conditions du système.

    Si la première partie de ce vœu a été exaucée sous la pression de la rue, la seconde a subi un noyautage qui fait superbement « balader » analystes, journalistes, activistes…

    En effet, le fait que le pouvoir ait réussi à vendre son idée de conférence nationale qui fait désormais l’objet d’études de faisabilité sur les plateaux de télévision, est en soi une défaite pour le Hirak et les naïfs citoyens qui y participent sincèrement.

    De fait, il a fait naître une crise politique qu’il a jeté à la rue, à charge pour elle de la prendre en main, la gérer et lui trouver une solution. Machiavel n’aurait pas fait mieux, surtout qu’il s’agissait tout simplement en renonçant à la reconduction de Bouteflika, de le contraindre à laisser le cours du processus électoral se poursuivre ou au pire de démissionner.

    Dans les deux cas, l’Algérie, Etat, nation et société auraient été sous la protection de la Constitution en vigueur, ne laissant aucune place à un quelconque aventurisme dont on connait la date de départ, mais pas celle de la fin.

    Sursis pour les uns, usure pour les autres

    Cette option du pouvoir pour rallonger un mandat par usurpation n’est pas une fatalité. Il reste aux Algériens et aux candidats dont les dossiers ont été archivés par le Conseil Constitutionnel, un délai d’une dizaine de jours pour dénoncer ce coup de force et cette prise d’otages lamentablement revendiquée par des acteurs politiques aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pouvoir. Car faut-il le rappeler, le pouvoir de M. Bouteflika et ses démembrements, nous contraignent à vivre et accessoirement solutionner une crise qui n’a pas lieu d’exister, constitutionnellement parlant. En s’attribuant ce délai de grâce, les concepteurs de cette déviance politique misent sur l’essoufflement et l’usure des manifestants et ils sauront le moment venu, user de leur « joujou » répressif pour, une fois encore, tuer dans l’œuf une révolution naissante.

    Cerise sur le gâteau, en prônant cette conférence nationale inclusive avec toutes les couches de la société, ne voilà-t-il pas que les anciens du FIS sont les premiers à répondre à l’appel de « Fakhamatouhou » ?

    C’est du reste là, que le rejet pur et simple de cette « initiative » devient, à son tour, un devoir national pour les 200.000 morts de la décennie noire. Toute solution autre que la poursuite du processus électoral ou la démission de Bouteflika, ferait de ses auteurs des personnes coupables de haute trahison. Nous ne sommes pas des mineurs Messieurs les auto-proclamés tuteurs. Nous pouvons aller vers un candidat, fut-il inconnu, que de vous subir encore pour un temps indéterminé. La récréation est finie.

    C. Mechakra

    Le Provincial, 15 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika,

  • Algérie : Et maintenant M. Bouteflika ?

    Pays de contrastes. Pays des impossibles devenus possibles. Pays de l’espoir réarmé. L’Algérie, terre de feu, de rocailles et de sables est en train de donner la plus belle leçon de sa viabilité à ceux qui la regardent.

    Après 20 d’euthanasie bouteflikienne, l’Algérie se remet en marche. Enfin ! Des lointains villages abandonnés jusqu’aux villes les plus denses, les Algériens se sont donné la main et la voix pour crier leur refus de l’abdication devant la méprisante perspective d’une présidentielle à vie de Bouteflika.

    Incorrigible menteur, perfide et usurpateur en diable, le président Bouteflika aura passé son règne à tromper les Algériens. A dresser les uns contre les autres. A faire haïr cette terre à ses meilleurs enfants. A piller ses plus belles richesses, à offrir même outardes et gazelles à ses coquins moyens-orientaux, à réserver les meilleurs marchés publics aux Haddad, Kouninef and co…

    Mais on ne peut pas tromper tout le temps tout un peuple, pour paraphraser un président américain

    Une flamme est née des cendres laissées par le règne pourri de Bouteflika et ses courtisans. Une flamme d’espoir symbolisée par ces millions de voix mêlées dans le fracas d’une colère populaire contenue

    C’est le retour de l’histoire. L’homme qui est entré à Alger un certain mois d’août 1962 sur un char de l’armée de l’extérieur est aujourd’hui éconduit comme un malpropre par le peuple. Pire, il risque de sortir par un trou de souris.

    Quatre dates, quatre référendums successifs pour renvoyer les Bouteflika et leurs obligés à leurs bases œuvres et à leurs viles manœuvres.

    Leur mépris sans fond du peuple a fini par avoir raison d’eux. 20 ans de mensonges

    Pays de contrastes. Pays des impossibles devenus possibles. Pays de l’espoir réarmé. L’Algérie, terre de feu, de rocailles et de sables est en train de donner la plus belle leçon de sa viabilité à ceux qui la regardent.

    Après 20 d’euthanasie bouteflikienne, l’Algérie se remet en marche. Enfin ! Des lointains villages abandonnés jusqu’aux villes les plus denses, les Algériens se sont donné la main et la voix pour crier leur refus de l’abdication devant la méprisante perspective d’une présidentielle à vie de Bouteflika.

    Incorrigible menteur, perfide et usurpateur en diable, le président Bouteflika aura passé son règne à tromper les Algériens. A dresser les uns contre les autres. A faire haïr cette terre à ses meilleurs enfants. A piller ses plus belles richesses, à offrir même outardes et gazelles à ses coquins moyens-orientaux, à réserver les meilleurs marchés publics aux Haddad, Kouninef and co…

    Mais on ne peut pas tromper tout le temps tout un peuple, pour paraphraser un président américain

    Une flamme est née des cendres laissées par le règne pourri de Bouteflika et ses courtisans. Une flamme d’espoir symbolisée par ces millions de voix mêlées dans le fracas d’une colère populaire contenue

    C’est le retour de l’histoire. L’homme qui est entré à Alger un certain mois d’août 1962 sur un char de l’armée de l’extérieur est aujourd’hui éconduit comme un malpropre par le peuple. Pire, il risque de sortir par un trou de souris.

    Quatre dates, quatre référendums successifs pour renvoyer les Bouteflika et leurs obligés à leurs bases œuvres et à leurs viles manœuvres.

    Leur mépris sans fond du peuple a fini par avoir raison d’eux. 20 ans de mensonges les plus éhontés sont démontés impitoyablement par ce même peuple méprisé.

    Quelle avanie ! L’homme qui se rêvait d’être un nobélisable, un Nelson Mandela, se réveille en Ceausescu, un autocrate honni par le peuple. Plus de 25 millions d’Algériens ont marché contre lui et sa bande ! Un moment révolutionnaire unique dans l’histoire.

    La cinglante 4e leçon donnée, vendredi 15 mars, au clan au pouvoir devrait donner à réfléchir. Les premiers de combines essayent encore de tirer les ficelles. Ils tentent vainement de retourner l’opinion. Mais ces glapissements des derniers obligés de la clique n’y changeront rien. Car ces quatre dates ont valeur de référendum implacable. L’horizon est derrière eux.

    Ne leur reste qu’à trouver la porte de sortie.

    Auteur

    Hamid Arab

    Le Matin d’Algérie

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika,