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  • Tunisie, Algérie, Maroc – Hicham Alaoui : Pour un pacte entre tous les acteurs, en leadership Maghrébin dans le monde arabe

    Le Maghreb après le Printemps arabe : tel était le thème d’une conférence tenue jeudi dernier 25 avril 2019, à l’Université de Georgetown, Wahington DC. Elle couronne un long travail de recherche et d’analyse consigné dans un ouvrage collectif de 12 universitaires intitulé ‘The Maghreb after the Arab Spring : The Lure of Authoritarianism‘.

    Introduisant les travaux de la conférence, Hicham Alaoui (Harvard University), a livré sa lecture de l’évolution dans les pays du Maghreb, se concentrant particulièrement sur le Maroc, son pays, l’Algérie et la Tunisie. Sa description de chacun de ces pays est intéressante à lire. La thèse de Hicham Alaoui est de favoriser, dans une singularité maghrébine (et non un caractère exceptionnel), un pacte consacrant un compromis entre tous les acteurs significatifs, y compris les islamistes. C’est ce qui consacrera un leadership démocratique dans le monde arabe. Extraits. (Traduction non-officielle)

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    Tunisie : pour la première fois la Ligue arabe a tenu son sommet dans une démocratie qui fonctionne

     »Il y a beaucoup à dévoiler ici au croisement de la singularité maghrébine. Je voudrais me concentrer sur un seul aspect, à savoir les possibilités de changement démocratique au niveau macro-analytique. Permettez-moi d’envisager un sous-ensemble du Maghreb, à savoir le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, que je connais intimement. Comme on le sait il existe en Tunisie, une démocratie électorale en cours de processus de consolidation alors qui a du mal à institutionnaliser l’Etat de droit et les responsabilités. Sa démocratisation en 2011 n’était jamais supposée se produire, étant donné les revendications répétées de l’exceptionnalisme maghrébin ou tunisien utilisé par les élites françaises, en soutien à Ben ‘Ali.

    Tout comme la troisième vague de démocratie, la démocratie tunisienne a été conçue à travers pactes entre acteurs politiques concurrents. Dans ce cas, ces acteurs concurrents étaient Islamistes et laïcs. Divisés par la discorde idéologique mais incapable de l’emporter les uns contre les autres.

    En Tunisie, les partis islamistes et non islamistes ont coopéré par le biais d’une coalition de gouvernance afin de jeter les bases de sa transition démocratique, y compris des élections et une nouvelle constitution. Ce chemin n’était ni facile ni parfait. Islamistes et laïcs ont dû négocier constamment en pleines tensions et leur alliance a failli s’effondrer plusieurs fois. De plus, les problèmes économiques, les revendications sociales, les problèmes de justice transitionnelle et la corruption ont pesé sur l’Etat tunisien.

    Néanmoins, la Tunisie pourrait bien révéler que le mode de transition politique le plus avantageux en Europe le Moyen-Orient est une démocratie pactée. En tant que tel, il peut être bénéfique intellectuellement de relancer l’étude comparative des pactes et des transitions pactées. Les gains de la Tunisie ont a également produit un fait extraordinaire non mentionné dans les médias arabes. Quand Tunis a accueilli 30ème sommet de la Ligue arabe le mois dernier, c’était la première fois que la Ligue arabe ne s’était jamais réunie auparavant dans une démocratie arabe qui fonctionne.

    (…)

    Tunisie, Algérie et Maroc : pluralisme et leadership

    Ces trois vignettes de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc montrent un fil conducteur. Avant le printemps arabe, ils avaient tous des États de type «jacobin» définis par un degré élevé de centralisation autoritaire. Dans le même temps, ils ont également générés à des frais très limités, un pluralisme qui a été exploité à bon escient. Ainsi, ces vieilles stratégies de survie ne fonctionnent plus. En effet, une question intelligente est de savoir non pas si à grande échelle changements politiques viendraient à se produire, mais quand et comment, ainsi qu’à quel coût en fonction des tendances tunisiennes et algériennes relevées.

    Ma conviction, enracinée dans la singularité maghrébine et sa représentation de la politique arabe au sens large, est que cette démocratisation peut s’accomplir si elle est pactée. La démocratie sera poussée d’en bas, mais doit finalement être façonnée et institutionnalisée par le biais d’un compromis entre acteurs. Il existe de nombreux groupes et forces rivaux qui revendiquent le pouvoir dans les pays du Maghreb. Certains ont été historiquement supprimés, tandis que d’autres sont restés au pouvoir depuis des décennies. En cas de rupture populaire, il appartiendra à ces concurrents de se forger une compréhension mutuelle afin de créer un ordre politique commun.

    Si nous voyons de tels changements positifs catalysés de cette manière, peut-être dans quelques années ne parle pas d’exceptionnalisme maghrébin, ni de singularité maghrébine, mais plutôt de leadership maghrébin pour le monde arabe en termes de caractère démocratique. Et c’est une réalité mérite d’être étudié. »

    Source : Leaders

    Tags : Maroc, Tunisie, Algérie, Hicham Alaoui, Printemps arabe,

  • Maroc : Texte et commentaires sur la constitution octroyée

    ARTICLE 19: Le Roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat, veille au respect de l’Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités.

    Commentaire : Et nous, qui va nous protéger de celui qui viole les « libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités » ?

    Il garantit l’indépendance de la Nation et l’intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques.

    Commentaire : Il garantit avant tout que ses affaires marchent bien et que le pillage du Maroc par son entourage direct continue.

    ARTICLE 20: La Couronne du Maroc et ses droits constitutionnels sont héréditaires et se transmettent de père en fils aux descendants mâles en ligne directe et par ordre de primogéniture de SA MAJESTÉ LE ROI HASSAN II, à moins que le Roi ne désigne, de son vivant, un successeur parmi ses fils, autre que son fils aîné. Lorsqu’il n’y a pas de descendants mâles en ligne directe, la succession au Trône est dévolue à la ligne collatérale mâle la plus proche et dans les mêmes conditions.

    Commentaire : On comprend mieux maintenant pourquoi « Moulay Hicham », petit-fils de roi, neveu de roi et cousin de roi, premier de la « ligne collatérale mâle » pense qu’il des chances de piquer le trône à son cousin. Mais bon, il faudrait quand même que le futur « Hassan III » ou le possible « Rachid je ne sais combien » ne soient plus là pour le raconter.

    ARTICLE 21: Le Roi est mineur jusqu’à seize ans accomplis. Durant la minorité du Roi, un Conseil de régence exerce les pouvoirs et les droits constitutionnels de la Couronne, sauf ceux relatifs à la révision de la Constitution. Le Conseil de régence fonctionnera comme organe consultatif auprès du Roi jusqu’au jour où il aura atteint l’âge de vingt ans (20) accomplis.

    Le Conseil de régence est présidé par le premier président de la Cour Suprême. Il se compose, en outre, du président de la Chambre des Représentants, du président de la Chambre des Conseillers, du Président du Conseil régional des oulémas des villes de Rabat et Salé et de dix personnalités désignées par le Roi intuitu personae.

    Les règles de fonctionnement du Conseil de régence sont fixées par une loi organique.

    Commentaire : J’ai une proposition pour assurer la pérennité de la monarchie en cas de vacance du pouvoir. Changer la composition du Conseil de la régence et nommer comme membres dirigeants les personnes suivantes : Cheikh Abdeslam Yassine de Al Adl Wal Ihsane (Justice et spiritualité), Abdallah El Harrif de La Voie démocratique, Abdelhamid Amine le vice-président de l’AMDH et le putschiste militaire copain du général Mohamed Oufkir Ahmed Rami.

    ARTICLE 22: Le Roi dispose d’une liste civile.

    Commentaire : Bien sûr. Selon le quotidien espagnol El Pais, le budget de la famille royale marocaine est 28 fois supérieur à celui de la famille royale espagnole. C’est-à-dire que le Maroc est 28 fois plus riche que l’Espagne. Et après ils disent ne pas comprendre pourquoi certains ne sont pas contents de vivre sous cette « démocratie mohammedienne ».

    ARTICLE 23: La personne du Roi est inviolable et sacrée.

    Commentaire : Doucement les gars, personne n’a envie de violer quiconque ici ! Et puis, Pardon Majesté ! il n’y a de sacré que dieu.

    ARTICLE 24: Le Roi nomme le Premier ministre.

    Sur proposition du Premier ministre, Il nomme les autres membres du Gouvernement,

    Il peut mettre fin à leurs fonctions.

    Il met fin aux fonctions du Gouvernement, soit à Son initiative, soit du fait de la démission du Gouvernement.

    Commentaire : Et qui peut mettre fin aux fonctions du roi ? C’est une simple et innocente question.

    ARTICLE 25: Le Roi préside le Conseil des ministres.

    Commentaire : Combien de fois il l’a fait présidé depuis son accension au trône ?

    ARTICLE 26: Le Roi promulgue la loi dans les trente jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.

    Commentaire : Pourquoi trente jours et pas trente ans ? Il peut faire ce qu’il veut. Le Maroc lui appartient. Ceux qui attendent continueront d’attendre.

    ARTICLE 27: Le Roi peut dissoudre les deux Chambres du Parlement ou l’une d’elles seulement, par dahir, dans les conditions prévues aux articles 71 et 73 du titre V.

    Commentaire : D’accord, d’accord… mais sur proposition du premier ministre SVP.

    ARTICLE 28: Le Roi peut adresser des messages à la Nation et au Parlement. Les messages sont lus devant l’une et l’autre Chambre et ne peuvent y faire l’objet d’aucun débat.

    Commentaire : Non mais, c’est quoi cette histoire ? C’est Big Brother ou quoi ? Et bien non. Du moment que ces « messages » ne sont pas relus avant par un premier ministre élu par les urnes, et qui le cas échéant peut apporter les corrections qu’il estime nécessaires, ces messages doivent être débattus et pourquoi pas refusés par un parlement dont les membres seraient élus démocratiquement.

    ARTICLE 29: Le Roi exerce, par dahir, les pouvoirs qui Lui sont expressément réservés par la Constitution.

    Les dahirs sont contresignés par le Premier ministre, sauf ceux prévus aux articles 21 (2° alinéa), 24 (1er, 3° et 4° alinéas) 35, 69, 71, 79, 849 91 et 105.

    Commentaire : Après la réforme de la constitution par une assemblée constituante, les élus du peuple vont devoir diminuer considérablement les pouvoirs astronomiques du souverain. Certes, le roi, s’il est toujours là, peut continuer à exercer par dahir, ou par lettre de cachet si ça lui chante, mais uniquement sur proposition d’un premier ministre élu démocratiquement.

    ARTICLE 30: Le Roi est le Chef Suprême des Forces Armées Royales.

    Il nomme aux emplois civils et militaires et peut déléguer ce droit.

    Commentaire : Pourquoi toutes ces majuscules ? « Roi », « Chef », « Suprême », « Forces »… On a compris que pour le moment c’est lui le boss. Il se prend pour dieu. Mais dans le futur son rôle consistera à porter un joli uniforme, à suivre les parades militaires conjointement avec le premier ministre et à inaugurer les chrysanthèmes.

    ARTICLE 31: Le Roi accrédite les ambassadeurs auprès des puissances étrangères et des organismes internationaux. Les ambassadeurs ou les représentants des organismes internationaux sont accrédités auprès de Lui.

    Il signe et ratifie les traités. Toutefois, les traités engageant les finances de l’Etat ne peuvent être ratifiés sans avoir été préalablement approuvés par la loi.

    Les traités susceptibles de remettre en cause les dispositions de la Constitution sont approuvés selon les procédures prévues pour la réforme de la Constitution.

    Commentaire : Pourquoi pas ? Mais, même réponse que pour l’article 29.

    ARTICLE 32: Le Roi préside le Conseil Supérieur de la Magistrature, le Conseil Supérieur de l’Enseignement et le Conseil Supérieur de la Promotion Nationale et du Plan.

    Commentaire : Pas de problème. Dans un Maroc démocratique on l’occupera aussi avec d’autres « Conseils Supérieurs ». Le Conseil Supérieur de la défense du tagine marocain, le Conseil supérieur de la Derbouka, etc…

    ARTICLE 33: le Roi nomme les magistrats dans les conditions prévues à l’article 84.

    Commentaire : Si vous voulez…. Mais rappelez-vous, cela doit être fait sur proposition du ministre de la justice et avec l’accord préalable du premier ministre.

    ARTICLE 34: Le Roi exerce le droit de grâce.

    Commentaire : Même réponse que pour l’article 33.

    ARTICLE 35: Lorsque l’intégrité du territoire national est menacée ou que se produisent des événements susceptibles de mettre en cause le fonctionnement des institutions constitutionnelles, le Roi peut, après avoir consulté le président de la Chambre des Représentants. Le président de la Chambre des Conseillers ainsi que le président du Conseil Constitutionnel, et adressé un message à la Nation, proclamer, par dahir, l’état d’exception. De ce fait, Il est habilité, nonobstant toutes dispositions contraires, à prendre les mesures qu’imposent la défense de l’intégrité territoriale, le retour au fonctionnement des institutions constitutionnelles et la conduite des affaires de l’Etat.

    L’état d’exception n’entraîne pas la dissolution du Parlement.

    Il est mis fin à l’état d’exception dans les mêmes normes que sa proclamation.

    Commentaire : Rien de tout cela. Dans les moments difficiles pour la Nation, c’est le Parlement sous la conduite du premier ministre et des chefs des groupes parlementaires qui mène la danse. Le roi, cantonné dans son beau palais, n’a qu’à signer les dahirs que lui présentera le premier ministre.

    La défense du pays dans ses frontières internationalement reconnues est affaire de tous les Marocains.

    Source

    Tags : Maroc, constitution, printemps arabe, démocratie, Makhzen, mohammed VI

  • Maroc : La monarchie, source du conflit?

    Le 20 février est passé. Ce 20 février si particulier qui aura au moins eu le mérite de réunir la grande majorité des marocains pour débattre autour d’une même question. Ce 20 février qui aura permis à chacun d’exprimer sa déception, sa frustration, sa colère, son amour, son loyalisme… Ce 20 février où chacun voulait se montrer plus patriote que l’autre.

    Mais, comme dans tout mouvement, il y a ceux qui étaient pour (que j’appellerai les 20 févriyistes), et ceux qui étaient contre (que j’appellerai les anti-20 févriyistes).  Ces antagonismes ont donnés naissance à divers conflits d’idées que l’on a pu tous constater un peu partout sur le net. Et je pense que la violence de ces antagonismes sont dû à un point clé qui aura causé une grande confusion, et qui aura détourné le débat de ses objectifs initiaux. Quel est ce point ? et comment a-t-il influencé le débat ?

    Notre pays à tous, le Maroc, que nous aimons chacun à notre manière, est un pays qui se dit être en cours de changement. Mais malgré tous les changements opérés, nous sommes tous plus ou moins conscients qu’il y a des problèmes de fond qui ne peuvent pas être changés par des solutions de rapiéçage.  Et c’est pour cela que le mouvement du 20 février est né. Ce mouvement est né car il existe au Maroc des problèmes, comme la corruption, qui le pourrissent de l’intérieur tout en gardant une façade colorée. C’est comme si vous aviez une pomme bien ferme, bien brillante, mais que quand vous la mordez, vous trouvez qu’un verre l’a bien gâtée à l’intérieur. Mais si tous les Marocains sont d’accord qu’un changement est nécessaire, pourquoi tous les Marocains ne sont pas sortis manifester le 20 février, ou du moins pourquoi les débats n’ont-ils pas convergés vers une solution commune constructive? car comme je l’ai dit précédemment, un point a fait tomber les discussions dans une stérilité incroyable. Ce point est celui de la Monarchie. Au lieu que les débats soient menés de manière constructive pour comprendre la meilleur manière de mener notre pays de l’avant, des actions à faire pour faire tomber les têtes corrompues et ainsi cesser la corruption, au lieu de discuter de quelle politique et quel plan économique est nécessaire pour mener le Maroc au devant de la scène internationale pour qu’il devienne un pays décideur et non un pays qui subit les décisions impérialistes des autres pays (et pourquoi pas ? hein ?), au lieu d’essayer de discuter de la meilleure manière pour que les Marocains ne se sentent plus étrangers chez eux, pour que le complexe de l’étranger soit effacé, pour que l’éducation et la politique sociale permettent au Marocain de vivre dans la dignité, pour que la Culture marocaine soit vécue et devienne influente au lieu que les Marocains se prostituent dans une forme d’aliénation occidentale cause d’une sacré schizophrénie, au lieu de tout ça nous sommes entrés dans un délire de pro et anti-monarchie alors que ce n’était à la base pas du tout ça le point de discussion. Ceci a généré un conflit dans la communauté Marocaine qui a fait que chacun est resté campé sur ses positions, et nous n’avons pas pu tendre vers une solution médiane qui arrangerait tout le monde : pro et anti 20 février. Les débats en sont devenus stériles. Pourquoi ? parceque tout simplement le conflit génère le conflit, et très rarement les solutions. A tel point qu’à un certains moment, chacun a perdu le fil de ses convictions de départ : certains qui ne voyaient aucun problème dans la Monarchie mais qui estimaient qu’il fallait tout de même des réformes se sont trouvés à attaquer la personne du Roi ; D’autres qui voyaient qu’un changement est nécessaire se sont retranchés dans une défense inconditionnelle de la Monarchie tout en oubliant cette nécessité de discuter une solution pour le changement réel et profond.  Résultats ? Rien.  Les  20 févriyistes  n’ont pas changé une lettre de leurs revendications et de leur désire de sortir manifester, et  les anti-20 févriyistes sont tombés dans une sorte d’acceptation de la situation et un déni totale de la face-cachée bien sombre de notre cher et aimé Maroc.

    Le 20 février est passé, et il a causé ce qu’il a causé comme dégâts. Et cela, j’estime que les 20 févriyistes n’en sont pas les seuls responsables… tout le monde en est responsable ! Nous tous, qui n’avons pas su mener les discussions vers la meilleure des solutions. Mais, le fait qu’il y ait eu des dérives aurait dû au moins mettre la puce à l’oreille de ceux qui estiment que le Maroc va pour le mieux. Si ces dérives démontrent d’une chose, c’est justement d’un échec profond de la politique sociale. Ces actes non civilisés prouvent en eux-mêmes qu’il est urgent que le changement s’accélère au niveau social, au niveau de l’éducation, au niveau économique… Ceci ne veut pas dire que je nie ce que le Roi a pu apporter comme améliorations, seul un aveugle ne le remarquerait pas, mais ceci ne se fait pas à la vitesse qu’il faut. Et pourquoi cela ? parceque justement on laisse au Roi la charge de tout faire. Ceux qui disent qu’ils l’aiment, qu’ils sont satisfaits de ce qu’il fait, et qu’ils l’encouragent dans la politique de changement qu’il a entamé depuis le début de son règne, en fait ils ne l’aiment pas vraiment. Car on le laisse trimer à notre place, on le laisse porter la charge de tout un peuple et de toute une Nation, et on préfère rester là à l’observer, jusqu’à ce qu’un jour une de ces actions ait une répercussion positive sur les vies de certaines âmes passives. On devrait tous se lever pour mener ce pays de l’avant. On devrait tous se lever pour aider notre cher Roi à faire de ce pays une référence mondiale, et qu’il ne soit plus une référence juste en terme de tourisme sexuel et de prostituée de « qualité » comme se plaisent si bien à le dire ces pachydermes bourrés aux pétrodollars.

    Mais pour que cela puisse se faire, il faut tout d’abord que tout le monde soit sur le même pied d’égalité. Il faut que l’on laisse à chacun la chance de participer à poser sa pierre sur l’édifice. Comment ? en adoptant une attitude rationnelle et responsable, en ayant un point de vue critique et en acceptant la critique, en n’étant pas individualistes et égoïstes, en acceptant les valeurs morales et la valeur du respect comme étant le noyaux et le moteur de la société que nous voulons construire, en respectant notre passé, nos traditions et notre culture tout en tournant notre regard vers un avenir et une modernité à la Marocaine. Et cela passe par deux choses fondamentales. Premièrement, pour être sur un même pied d’égalité, il faut donc que tout ce qui relève de la fraude et de la corruption soit éradiqué au plus vite, et pour cela il faut qu’on adopte une attitude ferme contre toute forme de corruption, à commencer par la corruption des élites et de ceux qui sont nourrit par la culture du prestige. Deuxièmement, il ne faut pas confondre les moyens et les objectifs. On exige une démocratie plus prononcée, mais la démocratie nécessite une certaine responsabilité préalable qui n’est pas encore intégrée dans les esprits. Et pour une réelle démocratie, il faut être conscient de certains phénomènes encore plus gros qu’il faut savoir dompter. En effet, la démocratie qui se veut être le gouvernement du peuple par le peuple a encore du chemin à faire et ceci dans le monde entier. Les gouvernements sont surtout au service d’une oligarchie technocratique et financière. Et sur ce point j’estime qu’au lieu de vouloir calquer une politique occidentale qui pourrait nous mener dans une situation encore moins appréciable, il vaudrait mieux que l’on pense à une manière de faire de la Monarchie une force au service du peuple, du peuple une force au service de la Monarchie, et de ce fait se créera une union forte, basée sur un respect et un amour véritables, d’un Roi et d’un peuple au service de la Nation Marocaine.

    En somme, je ne suis pas là pour apporter un programme à suivre ou faire un appel à la manifestation car je n’ai aucunement la prétention de parler au nom de tout un peuple. Mon but est de donner une piste à suivre pour pouvoir atteindre des solutions constructives qui prendraient naissance d’une mobilisation et d’une entraide entre les Marocains. Et pour cela il ne faut pas se tromper de débat, ce n’est pas du tout la Monarchie qui est en question, et nier les réalités et attendre que le changement se fasse de lui-même ne nous permettra jamais d’être compétitifs. Ceci pourrait aboutir à opter pour la manifestation pour certains points précis, à la créations de mouvements, d’associations ou autre. Seul un réel débat nous permettra de nous faire une idée plus claire. Pensez-y.

    Amine B.

    Talk Morocco, 30 mars 2011

    Tags : Maroc, Makhzen, Mouvement 20 février, Printemps Arabe,

  • Maroc : Mohammed VI sévèrement critiqué dans revue Foreign Affairs

    Le bimestriel, mondialement connu, publié à New York, par le Conseil des relations étrangères, depuis 1922 et diffusé à plus de 100 000 exemplaires « Foreign Affairs » a publié dans son édition de mai 2011, une série d’articles consacrés au printemps arabe. Parmi lesquels « Quatrième vague ou faux départ ? » écrit par un éminent spécialistes des transitions démocratiques, Larry Diamond qui a brillamment analysé la situation politique de plusieurs états du Maghreb et du Moyen Orient.

    Son évaluation de la situation au Royaume chérifien est pour le moins critique à l’égard de Mohammed VI et va qualifier le monarque alaouite de faible et incompétent en détaillant sont indulgencce à l’égard des affairistes et mafieux qui l’entourent. Selon l’auteur de l’article, les réformes sont avortées à cause d’une coalition formée de sécuritaires et de mafieux proches de la dynastie.

    Larry Diamond est un professeur, auteur, conférencier, conseiller sur la politique étrangère, l’aide internationale et la diplomatie américaine et enseigne à l’Université de Stanford. Il est aussi le directeur du Centre de la Démocratie, du Développement et de la Règle de Droit, centre auquel est affilié le cousin du Roi, Hicham Benabdallah Alaoui. Voici la traduction du paragraphe extrait concernant la situation du Maroc:

    « Le Roi Du Maroc, Mohammed VI est toujours vénéré dans son pays et considéré comme un réformateur à l’étranger, mais il est encore plus faible et plus incompétent que Abdullah (Roi de Jordanie). Il n’a montré aucune volonté pour maitriser les intérêts vénaux qui entourent la monarchie, ou réduire l’extraordinaire concentration des richesses dans son pays. Au lieu de cela, son appareil sécuritaire, son cercle restreint d’amis, et les milieux oligopolistiques des affaires qui lui sont proches, bloquent les demandes de réformes, isolant encore plus le roi, et aggravant la tempête politique qui se prépare sous une surface de calme apparent. »

    Last Night in Orient, 4 Juin 2011

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Makhzen, rente, clientélisme, népotisme, printemps arabe,

  • Note relative à la stratégie de médiatisation poursuivie pour le 23 mars

    L’évènement du 23 mars à Paris constitue une fenêtre médiatique à exploiter pour continuer la pédagogie des réformes post 9mars.

    A la sémantique économique dominante, il est préconisé également de faire passer le message politique, notamment via le ministre du commerce M. Chami.
    Il est demandé que M. L’Ambassadeur Sahel soit sensibilisé sur le fait que M. Moulay Abdelmalek Alaoui va amener les journalistes « amis » lors de cet évènement, afin qu’il valide les différents interviews demandés.

    Un listing est soumis en pièce jointe, reprenant les journalistes que nous avons contactés et qui souhaitent interviewer les membres de la délégation, il est préconisé que ce listing soit transmis à M. L’ambassadeur.

    Outre les membres du gouvernement qui seront présents, nous pensons emmener un ou deux juristes au cas où nous arrivons à placer des articles sur la réforme de la constitution, ainsi que sur le processus global.

  • Facture d’un colloque sur le Maroc à 82.248 euros

    —– Message transféré —-

    De : Ralph BOUSSIER <rboussier@galilex.com>

    À : aaamine145@yahoo.fr

    Envoyé le : Mer 9 février 2011, 14h 47min 15s

    Objet : actions à menées</rboussier@galilex.com>

    Monsieur le Directeur Général.

    Dans le droit fil de nos différentes conversations, je souhaitais juste fixer sur le papier nos échanges sur les perspectives d’actions qui pourraient être menées.

    Comme je vous l’ai indiqué, chaque année, les réunions du Black Caucus avec une délégation sont un succès.

    Toutefois, il me semble que nous pourrions capitaliser encore plus sur cet investissement en prolongeant celles-ci de rendez-vous réguliers avec les interlocuteurs qui ont pu être rencontrés à l’occasion des journées du Black Caucus.

    C’est pourquoi j’avais suggéré de monter avec deux/trois intervenants des structures légères qui pourraient, tous les deux mois, aller à Washington rencontrer différents Congres men et leur exposer, à l’occasion de ces rencontres informelles autour d’un déjeuner ou d’un dîner, l’évolution du Royaume du Maroc.

    Ceci peut également être prolongé compte tenu des opportunités que nous connaissons auprès, le cas échéant, de représentants de premier ordre à l’ONU.

    Dans le même ordre d’idée, j’ai réfléchi et pris les contacts nécessaires pour pouvoir créer sous la même forme légère un réseau de sympathisants dans un premier temps puis d’amis dans un deuxième temps du Royaume, au niveau européen, qui ne sont pas encore suffisamment sollicités et qui ne connaissent pas suffisamment les atouts et l’évolution du Royaume du Maroc.

    Cette démarche, qui peut prendre différentes formes comme par exemple des rencontres de deux/trois députés européens autour d’un petit déjeuner soit à Bruxelles, soit à Strasbourg, soit à Paris, doit être renforcée par l’organisation d’un colloque par an qui aura la particularité d’être répliqué à Bruxelles, à Rabat et à Washington.

    Il m’apparait que, compte tenu des problèmes dont se fait l’écho en ce moment la presse française et du positionnement constant de réglementations américaines afférentes aux déplacements des parlementaires ou des décideurs significatifs, il va être de plus en plus compliqué et difficile d’organiser de simples déplacements, même s’il faudra malgré tout tenter de poursuivre ces actions mais avant que les choses ne retrouvent leurs normalité je propose de faire à paris des rencontres entre des hommes politiques français et marocains puisque les premiers vont regarder par deux fois avant de se déplacer.

    Sinon, je suggère comme premier thème de colloque au mois de juin à Paris une opération qui pourrait s’intituler :

    « Le Maroc, pôle de stabilité … »

    A cet effet, je me permets de vous soumettre un budget prévisionnel qui bien entendu peut faire l’objet de toutes réflexions et amodiations en fonction de la dimension que l’on souhaite donner à de telles manifestations.

    Je me tiens à votre disposition, Monsieur le Directeur Général, pour débattre de cela et vous prie d’agréer l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.

    Ralph Boussier