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  • La recomposition géo-politique programmée du Moyen Orient

    par Pierre Hillard

    Les tensions et les violences qui secouent le Moyen-Orient depuis l’intervention israélienne au Liban, le 12 juillet 2006, ne sont que la partie visible d’un immense enjeu politique, économique, religieux et philosophique opposant l’Occident aux Etats islamiques de la région. L’occupation américaine de l’Irak en mars 2003 a permis le lancement d’un projet révolutionnaire en vue de remodeler une vaste zone géographique allant du Maroc au Pakistan: le Grand Moyen-Orient. Derrière cette appellation, c’est une recomposition profonde qui attend ces pays musulmans. Beaucoup de théories et de supputations courent sur les ambitions des Etats-Unis et d’Israël au sujet de la politique poursuivie par leurs dirigeants. Cependant, des signes avant-coureurs apparaissent et permettent d’apercevoir concrètement les plans en cours. C’est tout l’enjeu des cartes ci-jointes appelant à recomposer le Moyen-Orient.

    Ces cartes (« before » : situation en 2006 (ci-dessus) et « after » : situation après recomposition (ci-dessous)) sont parues dans une revue militaire américaine, AFJ (Armed Forces Journal), en juin 2006 sous la plume d’un lieutenant-colonel américain à la retraite, Ralph Peters. Ce dernier s’est illustré dans une division d’infanterie mécanisée à partir de 1976 pour, ensuite, poursuivre ses activités dans le renseignement militaire en 1980. Auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales, Ralph Peters s’est retiré officiellement de l’armée en 1999. Cependant, ses contacts restent étroits avec ce milieu puisqu’il fait partie de l’équipe dirigeante d’AFJ. Cette revue n’est qu’une partie d’un véritable empire de la presse militaire américaine. Fondé en 1863, ce mensuel s’adresse aux officiers des Etats-Unis traitant de sujets aussi variés comme : la technologie militaire, la logistique, la stratégie, la doctrine ou encore la tactique. En fait, AFJ est coiffé par une maison mère, Army Times Publishing Company, dont les publications s’articulent autour de trois axes :

    The Military Times Media Group qui publie: Army Times, Navy Times, Air Force Times et Marine Corps Times.
    The Defense News Media Group, groupe mondial des revues de défense et qui publie: Defense News, Armed Forces Journal (AFJ), Training § Simulation Journal et C4ISR Journal (renseignement, surveillance et reconnaissance).

    The Federal Times, hebdomadaire d’informations traitant des nouvelles technologies et des sujets financiers.

    Depuis le 1er août 1997, Army Times Publishing Company est une filiale d’un groupe encore plus puissant, la société Gannett. Fondé en 1906 par Frank Gannett, cet empire de presse et des médias publie aux Etats-Unis près de 90 quotidiens dont les plus connus sont USA Today et USA Weekend et contrôle 22 stations de télévision. Ses activités débordent aussi au Royaume-Uni puisque 17 quotidiens sont sous son influence. L’ensemble génère des revenus financiers colossaux estimés à 7,6 milliards de dollars pour 2005.

    Cette présentation permet de mieux saisir dans quel milieu la revue AFJ évolue et la signification des travaux de Ralph Peters. En effet, les propositions de ce dernier et les appels lancés à un changement radical des frontières du Moyen-Orient ne sont évidemment pas le résultat des réflexions d’un seul homme soucieux d’occuper son temps. De nombreuses études ont été lancées au sein des instances militaires américaines comme dans de nombreux think tanks appelant à revoir les limites frontalières de ces Etats. Comme le montre la carte (« after »), les modifications apportées aux frontières sont le fruit d’une lente mais sûre réflexion intellectuelle dont la publication dans une revue militaire américaine de haut rang n’est pas l’effet du hasard. Le but recherché est aussi de tester les réactions en particulier celles des musulmans de la région. Cela dit, il ne faut pas voir ce document comme définitif. En fait, c’est un prototype susceptible de connaître des changements que certains appelleraient des variables d’ajustement. En réalité, l’intérêt majeur de ces travaux est de révéler que les instances militaires et politiques des Etats-Unis se sont résolument engagées dans un domaine en n’hésitant plus à l’officialiser. En même temps, cette entreprise doit se faire en adéquation avec Israël concerné au premier chef par ces bouleversements. A l’égard de ce pays, Ralph Peters se définit comme un ami « de longue date » (New York Post, 22 juillet 2006).

    L’article de ce militaire américain, intitulé « Frontières ethniques, que faire pour améliorer le Moyen-Orient », part du principe qu’il faut lever le tabou de la sacro-sainte frontière inamovible. Pour l’auteur, les nouvelles frontières doivent se modeler en fonction du critère ethnique et confessionnel. Même s’il n’est pas possible de tracer des frontières respectant la totalité des particularismes en tout genre nombreux et numériquement très variables, il faut pour Ralph Peters se rapprocher au maximum de ce concept.

    Comme il le souligne : « Nous parlons de difformités énormes faites par les hommes qui n’arrêteront pas de générer la haine et la violence tant qu’elles n’auront pas été corrigées ». Dans son esprit, il s’agit de remettre radicalement en cause les frontières nées des Accords Sykes-Picot de 1916 préparant le démantèlement de l’Empire ottoman.

    En observant l’ensemble de cette zone en partant de la Péninsule arabique, on constate immédiatement le démantèlement du royaume d’Arabie Saoudite. Les propos de l’auteur sont très clairs à l’égard d’un pays qui a bénéficié de la protection américaine suite aux discussions entre le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud, le 14 février 1945, à bord du croiseur USS Quincy. Désormais, le royaume d’Arabie Saoudite passe à la trappe. Deux grandes entités territoriales échappent à l’autorité de Riyad. Sur la côte Ouest, il s’agit de créer un « Etat sacré islamique ». Comme le précise Ralph Peters dans des propos lourds de conséquences : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille royale saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis au Saoud (ndlr : la famille régnante d’Arabie Saoudite) de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. (…) Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé ».

    Ce point est capital puisqu’il révèle la volonté de réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux. Une sorte « d’Islam des Lumières » élaboré au cœur de cet Etat sacré islamique permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste. Il est vrai que contrôler les esprits a toujours permis de contrôler les hommes. C’est d’ailleurs dans le même ordre d’idée que l’on retrouve ces mesures préconisées par la Fondation Bertelsmann, think tank allemand qui, dans ses travaux débattus dans le cadre des « Discussions de Kronberg » en 2002 et 2003 (Europe, the mediterranean and the Middle East, strengthening responsibility for stability and development et Die Zukunft der europäischen Politik im Nahen Osten nach dem Irak Krieg), relève l’inadéquation de l’Islam à l’évolution du monde moderne et prône une refonte des mentalités et la remise en cause des frontières. Ces recommandations allemandes soulignent aussi la convergence des buts à atteindre de part et d’autre de l’Atlantique pour refondre entièrement le Moyen-Orient. Il est vrai aussi que les concepts ethno-confessionnels développés par Ralph Peters cadrent parfaitement avec la vision ethniciste germanique.

    Sur la côte du Golfe persique, c’est la province de Hassa dont la population est majoritairement chiite qui est détachée de l’Arabie Saoudite et intégrée à un « Etat chiite arabe », vestige d’un Irak littéralement explosé. L’application de cette mesure entraînerait la mort économique du royaume car c’est à cet endroit que se concentre l’essentiel de l’extraction des hydrocarbures autour de la triade Dammam-Dharhan-Al-Khobar. L’Etat chiite arabe verrait ses réserves pétrolières et gazières monter en flèche et deviendrait incontournable car, outre les vastes ressources de Hassa et de la production off-shore, il faudrait ajouter celles de la région de Bassora (ex-Irak) et des provinces arabes iraniennes, détachées de Téhéran, riches en hydrocarbures jouxtant le Chatt el-Arab (Arabes chiites du Khouzistan et Arabes sunnites du Bouchir). De plus, Riyad perdrait ses provinces du Sud (Jizrane, Najran et l’Assir) au profit du Yémen, territoires acquis en 1934 lors du Traité de Taëf, et qui ont conservé leur identité yéménite. Enfin, la curée sera complète avec l’octroi d’une façade maritime à la Jordanie, Etat pro-occidental, en arrachant à l’Arabie Saoudite les provinces de Tabouk et une partie du Jouf.

    La destruction du royaume des Al Saoud affichée par la carte (« after ») de Ralph Peters n’est que la confirmation de projets élaborés au sein de certaines instances américaines. David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, dans son ouvrage « Géopolitique de l’Arabie Saoudite » (Editions Armand Colin) le souligne clairement :

    « Il y eut notamment la publication le 6 août 2002, par le Washington Post, d’un briefing qui a eu lieu le 10 juillet 2002 au Defense Policy Board (DPB, ndlr : organisme de planification stratégique créé en 1985 par Donald Rumsfeld), alors dirigé par le très influent Richard Perle, surnommé le Prince des ténèbres lorsqu’il officiait au Pentagone entre 1981 et 1987 sous l’administration Reagan. Au cours de ce briefing, l’Arabie Saoudite avait été qualifiée par Laurent Murawiec, un analyste du prestigieux centre de recherches stratégiques de la Rand Corporation, de pays ennemi. (…) Pire en core, Murawiec avait évoqué la légitimité de sanctions, dont le gel des avoirs saoudiens, voire… la scission de la province orientale du royaume renfermant ces gisements et ces réserves pétrolières qui font de l’Arabie le maître du quart des réserves d’or noir.

    (…) Quelques temps seulement après l’affaire Murawiec, c’était au tour d’un think tank proche des néo-conservateurs, le Hudson Institute – dont Perle est membre, et où officie désormais Murawiec – de reprendre et de développer les idées avancées par le DPB. Etait alors ouvertement évoqué un plan de démantèlement de l’Arabie Saoudite qui, en réalité, existe depuis la fin des années 70, à l’initiative d’Henry Kissinger, alors Secrétaire d’Etat de l’Administration Nixon. (…) C’est également dans le même ordre d’idées que semble s’inscrire un rapport remontant à la fin de l’année 2002, circulant au plus haut niveau dans les milieux officiels de Washington. Il envisagerait rien moins que le démembrement pur et simple de l’Arabie Saoudite selon le scénario suivant : les Lieux saints de la Mecque et de Médine se verraient confiés aux Hachémites qui, en tant que descendants du Prophète, bénéficient d’une légitimité qui fait largement défaut à la dynastie des Al Saoud et la province du Hassa serait poussée à faire sécession dans le but de se constituer en Emirat pétrolier. »

    Les révélations de ce spécialiste français continuent sur la même lancée puisqu’il affirme la volonté des Etats-Unis de favoriser une « recomposition politique radicale du Moyen-Orient qui passerait notamment en Irak même par une dévolution du pouvoir à la majorité chiite par les grâces d’une démocratie arithmétique ». C’est justement ce que révèle la carte (« after ») de Ralph Peters où l’Etat irakien a disparu au profit d’un Etat chiite arabe et d’un résidu appelé « Irak sunnite » que le militaire américain propose même d’unifier à la Syrie qui, entre-temps, a perdu sa façade maritime au profit d’un Grand Liban. Il est même évoqué sous sa plume la renaissance de l’antique Phénicie (Phoenecia reborn) tandis que l’Etat d’Israël est conservé dans ses frontières d’avant 1967. Il est étonnant de constater, en raison du véritable chambardement des frontières au Moyen-Orient, que Ralph Peters conserve le territoire de la Cisjordanie (West Bank) au rang de statut indéterminé. Peut-être que le statut définitif de Jérusalem, siège de trois grandes religions, nécessite de ne pas révéler tout de suite l’avenir d’une zone éminemment convoitée.

    En tout cas, la partition de l’Irak sur la carte (« after ») commence à prendre forme sur le terrain. L’ambassadeur britannique à Bagdad, William Patey, et le général américain John Abizaid ont clairement affiché leurs craintes d’une guerre civile suivie d’une division du pays comme l’a révélé un document confidentiel publié par la BBC (Spiegelonline, 3 août 2006). Leurs affirmations ne font que confirmer les propos du journal d’Istanbul, Vatan, qui évoquait les propos tenus à des représentants turques par des responsables américains, début 2006, au sein des think tanks de Washington : « Arrêtez de vous soucier de l’intégrité territoriale de l’Irak. En réalité, ce pays est déjà divisé ! Vous [les Turcs] feriez mieux de vous préoccuper maintenant de votre Sud-Est [région à majorité kurde]. Essayez d’imaginer quelles seront les répercussions de l’autonomie du Kurdistan irakien dans votre pays » (Courrier International n°805).

    C’est d’ailleurs le même son de cloche de la part des dirigeants européistes de Bruxelles qui susurrent à Ankara que « Si la Turquie se séparait de son Sud-Est, elle entrerait plus facilement dans l’Union européenne » (Courrier International n°805). L’ethno-régionalisme prôné par les instances bruxelloises ne ferait qu’accélérer le phénomène de décomposition de l’Etat turc. Finalement, les propos de Ralph Peters ne font que confirmer ces prises de position puisqu’il ajoute qu’un cinquième de la partie Est de la Turquie est un « territoire occupé » et qu’un « Kurdistan libre, s’étendant de Diyarbakir jusqu’à Tabriz deviendrait l’Etat le plus occidental entre la Bulgarie et le Japon ».

    La création d’un Etat kurde (Free Kurdistan) construit à partir des territoires Sud-Est de la Turquie, du Nord de la Syrie et de l’Irak, et de l’Ouest de l’Iran aboutirait à l’émergence d’un bloc estimé à environ 30 millions d’habitants. Fort des installations pétrolières de Kirkouk, cet Etat kurde pro-américain serait avec l’Etat chiite arabe les deux grands pôles de la production d’hydrocarbures et de gaz du Moyen-Orient. L’importance de cet Etat kurde serait d’autant plus grande que l’oléoduc BTC évacue le pétrole de la Mer Caspienne à partir de Bakou (Azerbaïdjan), passe par Tbilissi (Géorgie) pour, ensuite, traverser tout le Sud-Est de la Turquie et aboutir à Ceyhan en Méditerranée. Les Kurdes seraient donc les grands maîtres de ce corridor énergétique voulu par les Américains en 1994. En plus du pétrole, il faut ajouter l’autre grande richesse, l’eau. Le « Grand projet anatolien » (GAP) poursuit l’objectif, grâce à 22 barrages, de dompter le Tigre et l’Euphrate qui prennent leurs sources dans les montagnes kurdes. L’achèvement de ce projet qui doit avoir lieu vers 2013, permettant l’irrigation de 1,7 million d’hectares et la production d’électricité, sera une arme redoutable aux mains de l’Etat kurde et pèsera lourdement sur la vie des habitants de tout le Moyen-Orient.

    A l’Est des Etats kurdes et chiites, l’Iran est remodelé en fonction des critères ethniques. Après avoir cédé sa partie kurde, la zone turcophone du Nord est octroyée à l’Azerbaïdjan. En revanche, la province iranienne du Khorasân s’agrandit vers l’Est en acquérant le territoire Ouest de l’Afghanistan, la région de Hérat, en conformité avec la volonté de Ralph Peters de reconfigurer la région selon les critères ethno-linguistiques. Comme le confirme Bernard Hourcade, directeur au CNRS (équipe de recherche : monde iranien), dans son ouvrage « Iran, nouvelles identités d’une République » (Editions Belin) : « L’immense province de Khorasân, (…) les limites anciennes incluaient les régions de Hérat dans l’actuel Afghanistan et celles de Samarcande et Boukhara en Ouzbékistan ». Enfin, un « Baloutchistan libre » (Free Baluchistan) est créé à partir des deux entités iraniennes et pakistanaises tandis que l’Afghanistan se voit agrandi au dépens du Pakistan jusqu’au fleuve Indus afin d’y rattacher les populations pachtounes. L’Etat pakistanais réduit de près de la moitié de sa superficie verrait sa puissance économique fortement amoindrie au point d’être incapable de servir d’allié de revers au profit de la Chine face à l’Inde. Sur ce point, les Etats-Unis seraient gagnants. Seuls des Etats comme Oman, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Koweït échappent à ces modifications. Cependant, cette carte (« after ») étant un prototype, rien n’interdit à leurs concepteurs de se rattraper. En tout cas, la finalité américaine est de contrôler tout ce Moyen-Orient par la parcellisation ethnique et religieuse selon le bon vieux principe « diviser pour régner ». Les Etats-Unis, cherchant à s’assurer la production d’hydrocarbures à leur profit, seraient en mesure de priver la Chine, puissance montante et rivale, de l’arme énergétique si nécessaire à son accession à la cour des grands.

    L’impression générale qui se dégage du remodelage annoncé par cet auteur comme de la part de nombreux think tanks américains et allemands est celle d’un bouleversement mettant à feu et à sang ces pays du Moyen-Orient. En effet, on ne voit pas ces Etats se laisser charcuter, voire disparaître, sans se laisser faire. Comment réagira, par exemple, le Pakistan qui possède l’arme nucléaire ? En réalité, l’objectif est d’intégrer ces immenses territoires à la sphère d’influence occidentale. Le discours de Joschka Fischer à la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité dans le cadre de l’OTAN, le 7 février 2004, annonçait la volonté du monde occidental de mettre ces pays du Moyen-Orient aux normes euro-atlantistes. Ces mesures furent confirmées par « l’alliance germano-américaine pour le XXIè siècle » signée, le 27 février 2004, entre le président Bush et le chancelier Schröder à Washington, annonçant la couleur : « Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux Etats du Proche et Moyen-Orient (…) ». Cette immense construction politique et métaphysique doit obligatoirement obéir à des règles communes qui sont politiques, économiques et civilisationnelles.

    Une logique, mais une logique folle, anime les concepteurs de ce projet. C’est le think tank German Marshall Fund (GMF) qui, indirectement, a révélé l’engagement profond des instances atlantistes. En effet, il s’est engagé sous l’égide du très influent Bruce Jackson à développer une nouvelle politique en Mer Noire intitulée « A new euro-atlantic strategy for the Black Sea region ». Il s’agit en liaison avec l’Union européenne de créer une eurorégion de la Mer Noire qui doit voir le jour pour 2007 selon les affirmations de Giovanni di Stasi, président du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe (CPLRE). Or une « petite » phrase résume tout. Paru en 2004, le rapport du GMF dans sa préface précise que « La Mer Noire est la nouvelle interface entre la communauté euro-atlantique et le Grand Moyen-Orient ». Une « interface » géographique obéit aux lois de la physique. Pour fonctionner et jouer pleinement sa mission de charnière, cette interface doit s’articuler entre deux mondes, le bloc euro-atlantiste d’une part, et le bloc moyen-oriental d’autre part, régis par les mêmes lois et les mêmes concepts édictés par la philosophie mondialiste. Cela suppose nécessairement une refonte généralisée de cet espace arabo/perse musulman pour qu’il y ait adéquation. Pour réussir cette entreprise, les moyens mis en œuvre risquent d’aboutir à un chaos inimaginable dans cette région et, par ricochet, à l’échelle planétaire. Tout compte fait, les adeptes de cette politique ne font qu’appliquer les fameux vers du poème de Goethe, « l’apprenti sorcier », qui rappelaient : « Les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

    Pierre Hillard

    Pierre Hillard est docteur en sciences politiques, B.I n°113 (*) est professeur d’histoire-géographie. Il a publié différents articles dans Le Figaro, Géostratégiques, Conflits Actuels, Intelligence et Sécurité, Balkans-Infos.

    Emission « Le Dessous Des Cartes »

    Source : Knowledge-TV

    Tags : Moyen Orient, Proche Orient, Palestine, Syrie, Irak, Arabie Saoudite, Liban, Emirats Arabes Unis,

  • Ce que ferait Joe Biden au Moyen Orient et en Afrique du Nord (Hicham Alaoui)

    Hicham Alaoui

    Associé, Weatherhead Center for International Affairs. DPhil, études orientales, St Antony’s College, Oxford.

    Si Joe Biden remportait les élections de novembre 2020, sa nouvelle administration serait immédiatement confrontée à quatre défis au Moyen-Orient: l’Iran, l’axe saoudo-émirati, le printemps arabe et Israël / Palestine.

    La politique de l’administration Trump au Moyen-Orient est celle d’un repli chaotique. En revanche, la stratégie de l’administration Biden serait une stratégie de réengagement prudent. Il serait fondé sur un sens du réalisme critique, un peu comme l’approche de l’administration Obama. Elle verrait la région comme un terrain géopolitique cohérent, dans lequel la réalisation des objectifs à long terme exigerait moins d’action unilatérale et plus de coordination multilatérale. En même temps, il affronterait l’importance décroissante du Moyen-Orient pour les intérêts américains à l’étranger.

    Premièrement, en ce qui concerne l’Iran, l’administration Biden essaierait de restaurer le principe de négociation incarné par le cadre de l’accord nucléaire de 2015. Au cours des quatre dernières années, les États-Unis sont revenus à une position d’intimidation unilatérale et de rhétorique militarisée, de sanctions et de frappes militaires dans l’espoir de contraindre l’Iran à se soumettre. Pourtant, si les États-Unis peuvent lentement étouffer les ressources nucléaires de l’Iran, ils ne peuvent pas le faire avec leur programme de missiles balistiques existant, qui est le principal fer de lance de l’Iran pour ses ambitions d’expansion régionale.

    En tentant de revoir le cadre de l’accord sur le nucléaire pour ouvrir un nouveau dialogue, les États-Unis essaieraient de freiner le programme de missiles balistiques de l’Iran en donnant à son régime une place à la table des négociations. Les dirigeants iraniens résisteront sans aucun doute à l’invitation, car l’arsenal reste un atout vital pour sa capacité militaire. Cependant, ce processus pourrait ouvrir la porte à un grand marché régional à long terme. Un tel accord aborderait de manière globale l’implication de l’Iran dans des pays comme la Syrie, le Yémen et l’Irak sans aggraver les tensions dans le Golfe.

    Deuxièmement, en ce qui concerne l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU), les États-Unis reconsidéreraient soigneusement leur attitude libre. Au cours de la dernière décennie, et en grande partie sous une nouvelle direction politique, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont agi en tant qu’avant-garde contre-révolutionnaire du Moyen-Orient, s’efforçant d’inverser les acquis démocratiques. Ils ont cherché à renforcer les régimes autoritaires et les alliés dans toute la région – et ils ont réussi grâce à un mandat virtuel de l’administration Trump.

    L’administration Biden serait plus stricte, consciente des conséquences désastreuses de ce que l’aventurisme saoudo-émirati a produit au Yémen, en Libye et au Qatar. Les actions menées au sein de ces pays ont créé des perturbations tumultueuses avec peu de retours positifs. Bien sûr, les États-Unis resteraient en dehors de la politique intérieure saoudo-émiratie. Pourtant, il reconnaîtrait également que les deux sont différents. Alors que les dirigeants des Émirats arabes unis feraient face à des conséquences moins graves de ce recalibrage, les dirigeants saoudiens subiraient des coûts plus élevés en raison de leur domination sur un pays beaucoup plus grand avec des courants populaires plus diversifiés et un défi économique plus difficile. En outre, les dirigeants saoudiens auraient lésé de nombreux acteurs politiques internes, et ils pourraient essayer de réaffirmer leur pouvoir dans le système politique.

    Troisièmement, les États-Unis réorienteraient leur vision du printemps arabe – qui est un processus historique en cours plutôt qu’un résultat singulier. Ce processus est un processus de changement politique, et l’administration Biden reconnaîtrait que les luttes impliquées ont des racines structurelles. L’ancien contrat social qui a troqué l’obéissance politique contre la subsistance économique est révolu. Les sociétés jeunes exigent voix et dignité, et les régimes autoritaires ne peuvent pas le faire.

    Le rétablissement de la démocratie américaine dans le pays peut enhardir les mouvements démocratiques dans la région et même dans le monde. Le déclin de la démocratie dans le monde et son affaiblissement du dynamisme du printemps arabe sont souvent négligés. De plus, si de nouvelles révolutions éclatent, une administration Biden ne supposerait pas que les alliés autocratiques, comme le régime de Sissi en Égypte, resteront stables. Les attentes populaires en matière de réforme exigeraient une réponse plus raisonnée de la part des États-Unis.

    Dans le même ordre d’idées, des pays fracturés comme la Libye et la Syrie exigeraient le multilatéralisme plutôt que des interventions ponctuelles. Cela nécessiterait à terme de reconstruire les modes de coopération avec les alliés occidentaux et de réengager la Russie et la Chine à travers un cadre d’interactions positives et bien réglementées. Une administration Biden adopterait plus volontiers une telle approche.

    Enfin, l’administration Biden s’occuperait de la tragédie palestinienne. Ici, en raison de leur partialité passée, les États-Unis ont peu d’espace de manœuvre, et cela ne changera probablement pas. Il reviendrait sur «l’accord du siècle» et tenterait de ressusciter la solution à deux États. La possibilité d’une solution à deux États est effectivement morte, mais aucune des parties impliquées ne souhaite en reconnaître l’implication douloureuse. Ainsi, les États-Unis tenteraient de ramener Israël aux négociations. Cependant, il y aurait des gains limités: même si le gouvernement israélien arrête l’annexion de jure du territoire palestinien, il y aura toujours une annexion de facto par des activités de colonisation illégales. Beaucoup dépendrait également de la manière dont les Palestiniens se réorganiseraient, car l’Autorité palestinienne est bloquée dans un déclin moribond depuis des décennies.

    Pourtant, se retirer de l’accord du siècle aurait des implications régionales à considérer. Par exemple, les États arabes seraient moins incités à se précipiter dans des normalisations avec Israël sans que ce dernier ne traite des droits des Palestiniens. En ce sens, la politique étrangère de l’administration Biden au Moyen-Orient aurait des conséquences considérables, mais il faudrait un certain temps pour réparer les dommages causés par les politiques américaines actuelles.

    Dans le cas où Trump gagnerait, nous verrions plus de la même chose en termes de politique étrangère employée au cours des quatre dernières années. Les États-Unis poursuivraient leur approche militante vis-à-vis de l’Iran, et continueraient à donner aux dirigeants saoudiens et émiratis leur mandat pour la contre-révolution. Il resterait inactif alors que la région entre dans un nouveau cycle de répression autoritaire et de répression populaire. Ce refoulement consommerait la rue et serait plus fracturé que jamais, car il y aurait encore moins de répit au sein de la société civile. Les conflits régionaux en Libye, au Yémen et ailleurs s’aggraveraient en l’absence de coopération transatlantique et d’engagement multilatéral. Ces pays sombreraient plus profondément dans le conflit.

    Enfin, les États-Unis continueraient à négliger la dynamique israélo-palestinienne et à ne pas dépenser ne serait-ce qu’un minimum d’efforts pour relancer le processus de négociation. En conséquence, cela accélérerait la dissolution éventuelle de l’Autorité palestinienne et accélérerait également la reconnaissance formelle du fait que la solution à deux États est définitivement morte.

    Source : EPICENTER, 27 oct 2020

    Tags : Proche Orient, Moyen Orient, Noe Biden, Donald Trump, Hicham Alaoui, Palesine, Israel,

  • La Ligue arabe en quête de président de session

    Par Mohamed Habili

    En septembre dernier, après la Palestine, qui avait renoncé à son tour de présider l’actuelle session de la Ligue arabe, la 154e du nom, en raison de la non-adoption de sa résolution condamnant la normalisation avec Israël par les Emirats et le Bahreïn, cinq autres membres se sont à leur tour excusés de ne pouvoir assumer ce rôle. Ce sont, par ordre d’intervention si l’on peut dire : le Qatar, les Comores, le Koweït, le Liban et la Libye.

    Si cette liste n’a pas été plus longue, c’est sans doute parce que l’offre d’occuper le siège laissé vacant par le ministre palestinien des Affaires étrangères ne s’est pas poursuivie. On ne sait trop d’ailleurs comment s’expliquer cette cascade de refus, probablement sans précédent dans l’histoire de l’organisation. Est-ce par répugnance à accepter ce à quoi un autre membre a renoncé de son propre chef, ou par solidarité avec lui ?

    Et à ce dernier titre, par conséquent, en manière de condamnation des initiatives des Emirats et du Bahreïn, prises d’ailleurs en contradiction flagrante avec le plan arabe conditionnant la paix avec Israël à l’établissement d’un Etat palestinien. Cela dit, il est bien possible que ce soit pour les deux motifs à la fois : d’une part, pour ne pas avoir à présider une session comportant bien des désagréments, et de l’autre, pour ne pas donner le sentiment d’accabler davantage les Palestiniens.

    Ces derniers ne pouvaient décemment pas continuer à présider la session après que leur motion condamnant les initiatives émiratie et bahreïnie n’a pas été adoptée par la Ligue, n’ayant obtenu sur elle qu’une minorité de voix. Toutefois, même attitude abstentionniste lorsque les Emiratis ont proposé une motion contraire, dans laquelle ils demandaient l’approbation de leurs pairs pour leur initiative.

    En toute logique, on ne peut s’abstenir et dans le premier cas et dans le second. Si on se refuse à condamner une résolution, c’est qu’on est pour elle, sinon totalement du moins dans une bonne mesure. Et si on est contre elle, c’est qu’à l’inverse, on est pour la condamner. Mais ce n’est pas ainsi que l’entend la plupart des membres de la Ligue, qui veulent conserver leurs bonnes relations à la fois avec les Palestiniens et avec les Emirats et le Bahreïn.

    La même incohérence ne peut évidemment pas être imputée à ceux des membres ayant déjà établi des relations avec Israël, c’est-à-dire l’Egypte et la Jordanie. On le peut encore moins s’agissant de la première qui elle s’est empressée de se féliciter de la normalisation en question, à la différence de la Jordanie qui a réservé son opinion.

    L’Egypte pourtant n’est pas sans savoir que ce ne sont pas exactement pour les mêmes raisons que les Emirats et le Bahreïn ont normalisé avec Israël. La géographie lui avait fait obligation, comme d’ailleurs à la Jordanie, d’établir des relations diplomatiques avec Israël. Or, ce n’est pas la recherche de la paix qui justifie l’initiative des Emirats et du Bahreïn. C’est même l’inverse, l’idée que la guerre avec l’Iran est quelque chose d’inévitable à terme, et que dans cette perspective l’alliance avec Israël est la meilleure des garanties de ne pas en faire les frais le moment venu.

    On peut donc facilement imaginer l’Egypte et la Jordanie se démarquant de l’initiative des Emirats et du Bahreïn, ce que bien sûr elles n’ont fait ni l’une ni l’autre.

    Le Jour d’Algérie, 11 oct 2020

    Tags : Ligue Arabe, Palestine, Israël, Proche Orient,

  • Liban : Quelle mouche a piqué Macron?

    « Profiteurs », « rente », « système crapuleux », « jeu mortifère de la corruption », « trahison collective »… « J’ai honte pour vos dirigeants, j’ai honte » a martelé le président français Emmanuel Macron, dimanche dernier depuis l’Élysée. Si, sur le fonds, il n’a pas tout à fait tort, la forme est particulièrement inappropriée, déplorable, sinon catastrophique dans un contexte où les Libanais et leur classe politique ont besoin d’autres choses que ces admonestations paternalistes et coups de menton !

    Richard Labévière*

    – Macron au Liban après la double explosion du port de Beyrouth. Et il est particulièrement sidérant que le président français ne se souvienne pas de la guerre de l’été 2006 (12 juillet/11 août) durant laquelle le régime de Tel-Aviv a détruit quasiment toutes les infrastructures libanaises (routes, autoroutes, ponts et viaducs, ports et entrepôts, etc.).On le sait, le Liban c’est comme la Samaritaine : il s’y passe toujours quelque chose… mais l’analyse, sinon le décryptage de cette agitation perpétuelle nécessite un peu de rigueur…

    De fait, la démission – samedi dernier – du Premier ministre Mustapha Adib chargé de former un nouveau gouvernement, en remplacement de celui de Hassan Diab – victime collatérale de la gigantesque explosion du 4 août -, ouvre une nouvelle phase d’incertitudes politiques. La question récurrente concerne – toujours et encore – la recherche d’un État stable, durable et capable de résoudre l’organisation des secteurs de l’eau, de l’électricité, des marchés publics, du port de Beyrouth et de toutes les autres priorités identifiées depuis des années. Il est quand même incroyable qu’un pays comme le Liban ne dispose toujours pas d’une ou deux centrales thermiques ou nucléaires capables de répondre aux besoins énergétiques du pays !

    Mais, ce qui est encore plus incroyable est de voir que les cibles principales de l’ire élyséenne soient le Hezbollah et Amal, le parti chi’ite du président du Parlement Nabih Berri, le premier (également chi’ite) étant accusé d’avoir imposé « un système de terreur » !

    « Le Hezbollah ne doit pas se croire plus fort qu’il ne l’est », a mis en garde le président Macron, ajoutant avec beaucoup de solennité : « j’ai réengagé le Hezbollah comme force politique pour la première fois. Je ne veux pas aujourd’hui dire qu’il n’y a plus aucun espoir d’avoir des débouchés politiques. Ces derniers mois, ces dernières années, le Hezbollah a maximisé son pouvoir en jouant sur son ambiguïté, que beaucoup d’autres dirigeants dénoncent : une ambiguïté où il est à la fois milice, groupement terroriste et force politique ».

    « Groupement terroriste » ??? La notion de « terrorisme » requiert toujours certaines précisions et rappels historiques. Oui, le Hezbollah est une organisation politico-militaire… créée en 1982 pour répondre à une invasion israélienne ! « Organisation militaire » parce que le Liban demeure au cœur d’une région toujours en guerre, notamment à cause du conflit israélo-palestinien qui perdure depuis la création de l’État hébreu (1948). Depuis la fin des années 1940, Israël est en guerre avec la plupart de ses voisins arabes.

    Et il est particulièrement sidérant que le président français ne se souvienne pas de la guerre de l’été 2006 (12 juillet/11 août) durant laquelle le régime de Tel-Aviv a détruit quasiment toutes les infrastructures libanaises (routes, autoroutes, ponts et viaducs, ports et entrepôts, etc.). Emmanuel Macron n’a pas cité une seule fois la menace israélienne – pourtant récurrente -, qui maintient le Pays du Cèdre dans une espèce de « Guerre froide » permanente face à Tel-Aviv et son soutien inconditionnel américain et autres pays du Golfe qui viennent de faire la plus honteuse des allégeances à ce « petit pays de merde… », comme le qualifiait le grand diplomate français Daniel Bernard, malheureusement aujourd’hui disparu.

    Avec une armée libanaise non pourvue des armements et équipements nécessaires à la défense du pays, heureusement – oui, heureusement – que le Hezbollah soit en mesure d’assumer cette tâche essentielle. Faut-il rappeler qu’en juillet 2013, c’est ce même Hezbollah qui a empêché les terroristes de Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie) d’envahir le port de Tripoli et d’autres secteurs de la plaine de la Bekaa ? Quoiqu’on puisse penser du Hezbollah, c’est une organisation libanaise – oui, libanaise – et nationale, sinon nationaliste !1 Et ce n’est certainement pas au Président français de donner quelque leçon que ce soit aux Libanais en termes de défense et de sécurité nationales !

    Oui, oui quelle mouche a piqué Emmanuel Macron, qui pourtant prenait bien soin de différencier l’approche française des pressions américaines visant à favoriser Israël et les pays du Golfe dans leurs obsessions anti-iraniennes ?

    Depuis plusieurs années, la diplomatie française est particulièrement aphone sur le dossier israélo-palestinien, comme si elle avait fini par admettre que cette question se réduit désormais à une problématique de sécurité, de lutte anti-terroriste ou de simple résidu d’une Guerre froide dépassée… Traditionnellement, le Quai d’Orsay renvoyait dos à dos la violence « d’où qu’elle vienne… » Aujourd’hui, plus un mot sur ce conflit qui demeure pourtant l’épicentre de l’arc de crises proche et moyen-orientales. Plus un mot sur les autres dossiers de la région, comme si la France avait renoncé à promouvoir ses analyses, positions et intérêts aux Proche et Moyen-Orient, laissant ainsi Washington et Tel-Aviv incarner un pseudo-camp occidental résolument soutien des intérêts israéliens.

    La sortie d’Emmanuel Macron est d’autant plus curieuse que son conseiller diplomatique – Emmanuel Bonne – qui fut ambassadeur de France au Liban (entre 2015 et 2017), connaît parfaitement la situation. A l’époque, bien que farouchement partisan du renversement de Bachar al-Assad en Syrie, Emmanuel Bonne avait parfaitement compris les subtiles complexités de la classe politique du Levant, allant même jusqu’à admettre que le prochain président du pays ne pouvait être que Sleiman Frangieh, le jeune chef des Marada, personnalité dominante du nord du pays. C’est dire !

    Avec cette dernière sortie élyséenne, c’est donc toute une expertise levantine française qui passe à la trappe, pour s’abolir dans la ligne de Washington dont l’obsession reste la disparation du Hezbollah.

    Les mots d’Emmanuel Macron ont choqué – profondément choqué – plus d’un Libanais (voir notre rubrique Orient-ations). En les prononçant, quel objectif pouvait bien poursuivre le président de la République ? En tous cas pas les intérêts de la France. Quel gâchis ?

    L’éditorial de Richard Labévière
    5 octobre 2020

    PS/ Grand merci au merveilleux François Cluzet qui, dernièrement (en direct sur RTL) a remis à sa place Jean-Marie Bigard, monstre de vulgarité, « roi des beaufs » et « abruti total ».

    *Richard Labévière est le rédacteur en chef du journal en ligne et Observatoire stratégique Proche et Moyent-Orient.ch. (https://prochetmoyen-orient.ch/). Spécialiste du Monde arabe, du Maghreb, des questions de la défense et du terrorisme, on lui doit une vingtaine d’ouvrages de référence dont : Dollars for terror ; Quand la Syrie s’éveillera ; La bataille du Grand Nord a commencé… ; Les coulisses de la terreur ; Bethléem en Palestine ; Le grand retournement: Bagdad-Beyrouth ; Oussama Ben Laden, ou, Le meurtre du père: Etats-Unis, Arabie Saoudite, Pakistan ; Vérités et mythologies du 11 septembre: modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire ; Terrorisme face cachée de la mondialisation ; Islam et terrorisme, le casse-tête syrien ; Duel aux sommets: la montagne à l’épreuve de la démocratie, La trastienda del terror, La tuerie d’Ehden, ou, La malédiction de Arabes chrétiens ; Les dollars de la terreur: Les États-Unis et les islamistes ; Bernard-Henry Lévy, ou, La règle du je., Terrorisme, face cachée de la mondialisation ».
    Dernier ouvrage paru : Reconquérir par la mer – La France face à la nouvelle géopolitique des océans ; Éditions Temporis, 2020 ; 314 pages

    Note
    1 Sur la question l’ouvrage des politologues Frédéric Domont et Walid Charara fait toujours autorité : Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste. Éditions Fayard, 2004.

    Source : Afrique-Asie, 5 oct 2020

    Tags : France, Liban, Macron, Hezbollah, Nasrallah, Proche Orient, Israël, Palestine, géopolitique,

  • Palestine : Le deal de toutes les prédations

    Trois grands conflits en Afrique et au Moyen Orient ont jeté un voile sur un vieux problème que l’humanité traîne depuis plus de 70 ans. En effet, le Mali, la Libye et la Syrie vers où convergent les inquiétudes des Occidentaux, des Africains et des Arabes, ont relégué au second plan la question de décolonisation en Palestine. La récente sortie de Trump avec son «deal du siècle» renseigne, si besoin, des conséquences de l’absence de vigilance sur le dossier palestinien.

    Certes, les deux époques sont différentes, l’origine des conflits également, mais l’on constate dans les deux cas une volonté occidentale de maintenir la plaie ouverte. Les Britanniques, les Français et les Américains, le trio de pays qui n’ont pas hésité à attaquer l’Egypte de Nasser en 1956, pour sauver Israël, pousser ces dernières années les pays du monde à entrer dans un conflit international et ouvert contre la Syrie. Un seul objectif sous-tend cette attitude guerrière: fragiliser au maximum le pays-cible pour le rendre dépendant de leur volonté et l’offrir à Israël, dont le rêve de contrôler le monde arabe, n’a jamais été aussi près d’être réalisé.

    Dans ce monde arabe, il y a également l’Algérie. Après l’échec de l’anéantissement de cette grande Nation, le même trio milite «secrètement» pour allumer la mèche d’un autre conflit aux conséquences insoupçonnables aux frontières sud et est du pays. Pareille perspective n’anéantira certainement pas l’Algérie, mais risque de l’affaiblir au sens où elle aura, en tant que puissance régionale, à gérer une situation inextricable où des dizaines de pays impliqués dans la guerre, voudraient tirer profit de la situation.

    Le but des Occidentaux à travers l’internationalisation des conflits libyen, syrien et malien, est sans doute de créer des foyers de tension permanents qui viendraient s’ajouter à la question palestinienne. Cela reléguera aux calendes grecques le règlement d’une des plus importantes et légitimes revendications de l’humanité depuis l’imposition par les pays du tiers-monde du principe de l’autodétermination.

    Il est vrai que ces conflits arrangent deux alliés objectifs de l’Occident: Israël. Le printemps arabe et Daech ont complètement occulté les souffrances du peuple palestinien encore sous le joug de l’occupation. Comme quoi les «Révolutions» et le terrorisme servent les pouvoirs les plus injustes de la planète.

    Par Nabil G.

    Ouest Tribune, 12 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, deal du siècle, autodétermination, Proche Orient, monde arabe, terrorisme, Daech, printemps arabe,

  • Le « plan de paix » de Trump assigne aux Palestiniens un rôle d’esclaves sécuritaires

    Des lignes directes peuvent être observées entre « le Deal du siècle », les accords d’Oslo et leur mise en œuvre frauduleuse, qui a conduit à la création d’enclaves palestiniennes distinctes.

    La métaphore humiliante – mais juste – de l’Autorité palestinienne en tant que « sous-traitant » des agences de sécurité israéliennes est révolue. Maintenant, elle doit laisser place à celle de « l’esclave de la sécurité d’Israël » : c’est ce que le plan nommé d’après Donald Trump exige du pseudo-Etat palestinien.

    « Le Deal du siècle » piège les dirigeants palestiniens dans les sections sur la « sécurité », simplement parce qu’elles sont basées sur la logique de la coordination de la sécurité avec Israël à laquelle les dirigeants de l’Autorité Palestinienne (AP), notamment le Président Mahmoud Abbas, ont adhéré pendant de nombreuses années, et ce ouvertement.

    Les dirigeants de l’AP ont justifié cela comme une mesure vitale pour progresser vers un État indépendant, sur la base de leur interprétation naïvement positive des accords d’Oslo au début et d’un raisonnement sans fondement plus tard. Cette persévérance est précisément ce qui a permis aux hauts responsables du Fatah et à leurs associés de devenir une nomenklatura (une classe restreinte qui lègue son statut dominant et ses privilèges à ses enfants) et de mener une vie confortable – dans certains cas avec ostentation – sous la botte israélienne et avec le patronage d’Israël.

    Mises à part les tactiques diplomatiques habituelles et les critiques envers les institutions des États arabes, musulmans et neutres, cette nomenklatura n’a pas de plan solide en réserve contre les dangers immédiats et à long terme du plan Trump. Les services de sécurité palestiniens ont été formés pour opérer contre leur propre peuple, pas pour le défendre contre les attaques des colons ou les raids nocturnes de l’armée. Même si c’est une société qui n’est pas très forte pour garder les secrets, il est difficile d’obtenir beaucoup d’informations des Palestiniens sur les détails de la coopération sécuritaire entre l’AP et Israël (rappelons que le Hamas a accusé l’AP d’aider Israël à assassiner les cadres de la Résistance), mais le désir de l’establishment sécuritaire israélien de la préserver montre à quel point il l’apprécie.

    La nomenklatura et la coordination sur les questions de sécurité vont de pair et sont interdépendantes. La nomenklatura s’est tellement habituée à son style de vie qu’il est difficile d’imaginer qu’elle y renonce. Et même si elle essayait de le faire, il est difficile de voir comment elle pourrait regagner la confiance de la population palestinienne – qui a maintenant été complètement brisée –, même si Abbas a ordonné l’arrêt de toute coopération en matière de sécurité aujourd’hui. Et le fait même qu’il soit sincère est loin d’être une certitude. Dans les cercles de sécurité israéliens, qui sont en contact constant avec les Palestiniens, le sentiment est qu’il ne fera rien de tel, et que ce ne sont que de vaines rodomontades.

    Rétablir la confiance du public palestinien dans son leadership revient à passer de la « coordination sur les questions de sécurité » à un plan de « rébellion civile non armée » (semblable à ce qui a été proposé il y a quelques années par Qadura Fares, membre du Fatah poussé à la marge par Abbas). Il est également essentiel de rétablir cette confiance pour espérer mettre un terme aux appels à la lutte armée qui couvent dans des organisations comme le Hamas, le Jihad Islamique et le Front populaire de libération de la Palestine, ainsi que parmi les partisans du Fatah et la jeunesse.

    Les dirigeants palestiniens qui veulent bloquer le plan Trump doivent convaincre leur peuple qu’il ne doit pas se contenter d’une réponse pavlovienne d’attaques armées contre des Israéliens (armés et non armés). Après tout, l’expérience des 20 dernières années montre que les actions armées facilitent simplement la poursuite des saisies de terres colonialistes par Israël et affaiblissent le peuple dépossédé.*

    Mais lorsque les gens sont frustrés, désespérés et sceptiques quant aux motivations de leurs dirigeants, il est plus facile pour quelques individus de déclencher une bombe près d’une source que les colons ont l’intention de voler aux Palestiniens que de conduire 20 000 personnes à des pique-niques de masse tous les vendredis près des sources des villages palestiniens que les colonies ont accaparé – avec l’aide de l’administration civile israélienne.

    Méthodes dictatoriales

    En tant qu’ « esclave de la sécurité » d’Israël, la future entité palestinienne est également obligée par le plan Trump d’instituer le type d’oppression dictatoriale familière dans certains États arabes. Selon la section très détaillée sur la sécurité, lors des négociations que le plan prévoit de mener entre Israël et les Palestiniens, « les parties, en consultation avec les États-Unis, s’efforceront de créer des mesures initiales acceptables concernant des critères de sécurité acceptables pour l’État d’Israël et en aucun cas moins rigoureux que les paramètres utilisés par le Royaume hachémite de Jordanie ou la République arabe d’Égypte (selon ceux qui sont les plus stricts). »

    Certaines de ces méthodes dictatoriales sont déjà utilisées en Cisjordanie et à Gaza. Elles ne garantissent pas tant la sécurité que le statut privilégié des nomenklaturas (y compris celle du Hamas).

    Le récit trompeur d’Israël est visible dans à ligne du plan. Si le plan parvenait un jour sur une autre planète, les lecteurs y concluraient qu’Israël est un pays faible et persécuté qui a la chance d’avoir la protection de la plus grande superpuissance morale du monde, tandis que les Palestiniens seraient à l’origine de tous les problèmes (d’accord, l’Iran aussi), et qu’ils concoctent sans relâche des complots terroristes sans aucune raison. Les lecteurs extra-Terrestres concluraient également que les Palestiniens ont beaucoup d’armes dangereuses et sophistiquées pour menacer le petit Israël sans défense et malheureux.

    Le plan, bien sûr, ne reconnaît pas l’existence de l’occupation, sans parler de la nature colonialiste de l’État d’Israël qui a dépossédé le peuple palestinien de sa patrie.

    Mais le plan des exigences de sécurité imposées aux Palestiniens – un plan qui est tellement direct et explicite que cela en devient écœurant – ne reflète pas seulement la « vision » de droite de Benjamin Netanyahou. Il est naïvement erroné de considérer le soutien de Benny Gantz et d’Ehud Barak au plan comme rien d’autre qu’une manœuvre électorale. Comme Barak l’a dit dans Haaretz, le plan « satisfait tous les besoins de sécurité d’Israël ».

    Comme son prédécesseur Yitzhak Rabin (qui s’attendait à ce que l’AP ne soit pas entravée par la Haute Cour et le groupe de défense des droits B’Tselem), Barak a également exprimé son espoir ou son attente, à la fin des années 90, que les dirigeants palestiniens sauraient opprimer efficacement leur propre peuple. Le soutien de Gantz et Barak au projet de Trump est authentique : l’annexe sur la sécurité du plan Trump reflète ce à quoi plusieurs générations de responsables de la sécurité israéliens – qui sont également devenus des dirigeants politiques civils – ont œuvré.

    Rabin et Peres ne soutenaient pas le droit palestinien à l’autodétermination au point de devenir un État indépendant. Le deuxième paragraphe du plan Trump, intitulé « Oslo », rappelle que Rabin « envisageait que Jérusalem demeure unie sous la domination israélienne, avec l’incorporation à Israël des parties de la Cisjordanie ayant de grandes populations juives et de la vallée du Jourdain ; le reste la Cisjordanie, avec Gaza, deviendrait soumise à l’autonomie civile palestinienne dans ce qui serait, selon ses mots, ‘moins qu’un État’. La vision de Rabin était la base sur laquelle la Knesset a approuvé les accords d’Oslo, et elle n’a pas été rejetée par la direction palestinienne à l’époque. » Ici, l’auteur du plan Trump dit la vérité.

    Contrairement à la légende, les accords d’Oslo n’ont pas fait d’un « Etat » le point final des étapes graduelles du plan. Le mot « occupation » n’était pas non plus mentionné dans les documents de « paix » de Peres et Rabin.

    En fait, dans la lettre humiliante que Yasser Arafat a été contraint d’écrire à Yitzhak Rabin (le 9 septembre 1993), il a promis que les Palestiniens renonceraient à l’usage « de la terreur et d’autres actions violentes » (propos se référant au soulèvement populaire de la première Intifada). C’est comme si la source du problème n’était pas la violence des armes et la bureaucratie du régime d’occupation israélien, mais plutôt la réponse palestinienne. En échange de cette humiliation, Rabin a déclaré qu’Israël reconnaissait l’OLP comme le représentant du peuple palestinien.

    La différence d’aujourd’hui est qu’il y a 27 ans, de nombreux partisans du Parti travailliste et du parti Meretz reconnaissaient le caractère dangereux et immoral de l’occupation et soutenaient la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Comme les Palestiniens, ils voulaient croire à la « dynamique » positive des accords d’Oslo et considéraient le document comme une marche vers un État palestinien authentique. Pendant trop longtemps, ils ont ignoré les nombreuses preuves contenues dans les accords et le processus de mise en œuvre, qui indiquaient on ne peut plus clairement que le contraire était vrai.

    Des conditions draconiennes

    Un élément de preuve était et reste la vallée du Jourdain. Le nombre de Palestiniens là-bas (environ 80 000, y compris à Jéricho) est à peu près le même qu’en 1967, après que des centaines de milliers de personnes ont fui et ont été expulsées pendant la guerre des six-Jours. En d’autres termes, les nombreuses étapes mises en œuvre par Israël pratiquement depuis le début, inspirées du plan Allon, ont atteint leur objectif et empêché que la communauté palestinienne se reconstitue.

    Ces mesures ont été mises en œuvre avant les accords d’Oslo et affinées par la suite : désigner de vastes régions comme zones de tir militaires ou réserves naturelles, bloquer l’accès aux terres agricoles près du Jourdain, saisir les sources d’eau et assécher les sources utilisées par les Palestiniens, harceler les bergers et les agriculteurs, confisquer et tuer les moutons, prononcer des interdictions de construire, empêcher les connexions aux réseaux d’eau et d’électricité, et souvent démolir les bâtiments résidentiels et les infrastructures.

    À tout cela, ces dernières années, s’est ajoutée la violence croissante des avant-postes de bergers israéliens (colonies sauvages) qui, avec l’aide de l’armée israélienne, chassent les Palestiniens de leurs terres. Peu de gens pourraient résister à ces conditions draconiennes, si bien que contrairement au reste de la Cisjordanie, le nombre de Palestiniens dans la vallée du Jourdain a en fait diminué.

    La vallée du Jourdain est riche en eau, et les forages israéliens y détournent une grande partie des réserves d’eau vers les colons et leur agriculture d’exportation intensive ; cela se fait au détriment de l’eau potable pour les Palestiniens et de leur agriculture. Mais malgré les incitations financières, les Israéliens ne sont pas très enclins à vivre dans la chaleur extrême de la vallée du Jourdain, de sorte que leur nombre là-bas (environ 11 000) n’a pas beaucoup augmenté non plus. L’annexion de la vallée du Jourdain au prétexte de considérations sécuritaires permettrait à Israël de détourner de grandes quantités d’eau – équivalant à près d’un tiers de la quantité consommée par tous les Palestiniens de Cisjordanie – au profit d’autres Israéliens.

    Bien qu’il s’agisse du plan Trump, « le Deal du siècle » n’est pas stupide. Il manifeste effectivement de l’ignorance et un mépris caractéristique pour les faits, il parle d’une manière néocolonialiste condescendante de la « croissance », rappelant les rapports des agences internationales de développement. Et cela montre beaucoup d’astuce – comme les déclarations soigneusement parsemées çà et là sur la façon dont il sera bon pour la Jordanie et toute la région qu’Israël contrôle la vallée du Jourdain et protège ainsi le royaume hachémite des éléments hostiles.

    Des lignes directes peuvent être observées entre le plan Trump et les accords d’Oslo et leur mise en œuvre frauduleuse, qui a conduit à la création d’enclaves palestiniennes dans l’immensité de

    la zone C de la Cisjordanie, et pour laquelle, avant même Trump, Israël avait promis de créer une « contiguïté des transports ». Pour exactement cette raison, ce serait une erreur de rejeter le plan de Trump comme une simple aide amicale à Netanyahou ou quelque chose de forcément voué à l’échec. Tout comme les accords d’Oslo, « le Deal du siècle » pourrait réussir précisément parce qu’il correspond si parfaitement au projet colonialiste israélien.

    NdT

    Je récuse ce paragraphe : la résistance armée est le seule voie pour libérer la Palestine, à condition d’être sérieuse et non un simple moyen d’obtenir des concessions ; la Résistance a échoué jusque-là car elle n’était pas exclusive, le Hamas aspirant à remplacer le Fatah dans son rôle de sous-traitant d’Israël ; le Hezbollah a montré la voie à suivre.

    Tlaxcala, 4 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, Donald Trump, Netanyahu, deal du siècle, Proche Orient,

  • «Transaction du siècle»: Les Palestiniens seuls contre tous

    par Ghania Oukazi

      La réunion extraordinaire que la Ligue arabe a tenue samedi dernier au Caire a confirmé, si besoin est, l’enlisement de ses pays membres dans des situations de dévoiement d’une question capitale de décolonisation.

    Tenue à la demande du président palestinien, Mahmoud Abbas, la réunion n’avait rien d’extraordinaire. Comme de tradition, elle s’est contentée de dénoncer et rejeter «la transaction du siècle», avec des paroles déjà exprimées à maintes reprises y compris quand les Palestiniens sont expropriés de leurs propres terres ou sont la proie d’un génocide. Le niveau de représentation des Etats-membres à cette réunion, – à commencer par celui de l’Algérie – montre déjà l’esprit de désengagement de leurs plus hautes autorités vis-à-vis de la question palestinienne. Désengagement qui éloigne tout espoir de voir la Ligue arabe empêcher l’entité sioniste de formaliser cette transaction du déni du droit de vivre du peuple palestinien. Pourtant, comme affirment des analystes politiques, la transaction ne concerne pas que les Palestiniens.

    Les administrations et lobbys américano-sionistes veulent solder cette cause et de là, hypothéquer jusqu’au droit d’existence libre et souverain de l’ensemble des peuples arabes et musulmans. Ce qui semble ne pas inquiéter outre mesure les souverains et chefs d’Etats arabes encore moins leur Ligue qui s’est contentée samedi dernier de prendre acte de «la transaction du siècle» présentée mardi dernier par le président américain. «Et cela est la (manière) la plus faible de la foi (Hadha adhaaf el Imane)», diraient les Musulmans. «On ne pourra pas parce qu’on n’a plus de leaders !», a lâché Abdelaziz Belkhadem en 2006, au lendemain de l’offensive armée menée par le Hezbollah contre l’armée israélienne, en réponse à une question sur la possibilité des Etats arabes de rééditer la guerre de 1973 contre Israël.

    L’imam de la grande mosquée d’Al-Azhar, Ahmed Al Tayeb, a pour sa part résumé avant la tenue de la réunion de samedi dernier, la situation dans laquelle évolue le monde arabe et musulman. «Nous n’avons plus d’identité (…) en tant qu’Arabes et musulmans. Nous ne sommes plus rien (…). Je me suis senti terriblement déshonoré quand j’ai vu (Donald) Trump avec (le Premier ministre) israélien (…), ce sont eux qui prévoient, discutent, décident et résolvent nos problèmes. Il n’y a aucun Arabe ou musulman».

    L’embargo éternel sur Ghaza

    Préparés dans des laboratoires étrangers, «les printemps arabes» ont été un moyen efficace pour détourner du conflit israélo-arabe ce monde dont parle l’imam, qui s’étale de Kaboul à Tanger. Le déclassement du problème palestinien d’une cause de décolonisation vers une autre humanitaire a été en même temps mené avec doigté par l’administration américaine dont le dédale est «habité» par les Juifs les plus sionistes. Ghaza est mise ainsi par Tel-Aviv sous un embargo éternel. Les bombardements et raids aériens israéliens continus contre les civils palestiniens et leurs habitations dans cette région damnée n’ont jamais fait bouger les consciences de la communauté internationale. D’ailleurs elle refuse de s’attarder sur les crimes israéliens contre l’humanité et soutient seulement les aides en médicaments et en couvertures au profit des rescapés de ce génocide des temps modernes.

    Donald Trump l’a clairement démontré en s’appuyant sur les plus durs d’entre ces sionistes pour élaborer un projet de «solution» qui efface la Palestine de la carte du monde. Il fut un temps où les pays qui ont constitué le front de fermeté ou du refus finançaient les mouvements révolutionnaires palestiniens et les équipaient en armement pour se battre contre l’entité sioniste. L’Algérie, la Syrie, l’Irak, la Libye et le Yémen ont réalisé à eux seuls des prouesses dans ce sens auxquelles tous les Etats arabes réunis n’ont jamais osé y penser. Aujourd’hui, seule l’Algérie se bat contre les nombreuses tentatives de déstabilisation qui lui sont fomentées ici et ailleurs par des officines animées par un esprit colonialiste morbide. Les quatre autres pays vivent au rythme des bombardements d’armées occidentales conventionnelles ou menés par procuration par d’autres non conventionnelles de mercenaires et de groupes terroristes. Ce sont malheureusement les quelques rares pays qui pensent que l’indépendance de la Palestine ne peut être réalisée que par la reprise de l’action armée par les fidaïyine. «A la guerre comme à la guerre» soutiennent certains de leurs hauts responsables qui affirment que l’humiliation la plus dure qu’Israël subit quotidiennement en Palestine occupée, est celui de tourner ses chars, ses gaz chimiques, son arsenal militaire sophistiqué vers des enfants palestiniens avec comme seul moyen de défense une pierre dans la main.

    L’Iran reste dans ce désordre géopolitique programmé le pays le moins vulnérable malgré les longues années d’embargo américain et les assassinats de ses meilleurs scientifiques et de ses dirigeants militaires et politiques.

    Acquittement de Trump par le Congrès ?

    L’assassinat le mois dernier de son stratège en opérations armées au Moyen-Orient, entre autres contre la colonisation américaine de l’Irak, le général Qassam Souleimani, près de l’aéroport de Baghdad, s’il a amputé l’armée iranienne de l’un de ses plus brillants éléments, il a rapproché les Iraniens de leurs autorités politiques et religieuses après les escarmouches qui les ont opposées en raison de la complication des problèmes économiques et sociaux.

    Les Iraniens ont juré vengeance et quelques jours après, ils ont lancé des missiles à partir de leur pays, qui ont pu atteindre deux bases militaires américaines en Irak. Au regard des vidéos qui circulent sur la toile faisant état de nombreux dégâts humains et matériels au niveau des troupes américaines, il semble que les deux pays se sont entendus pour affirmer que l’attaque iranienne n’a pas fait de morts américains. Les Etats-Unis restent aussi évasifs sur le crash, il y a quelques jours, d’un avion américain en Afghanistan transportant l’un des membres de la CIA qui a programmé l’assassinat de Souleimani en Irak.

    Les nombreuses manifestations des milliers d’Irakiens pour faire sortir les Américains de leur pays s’ajoutent aux multiples affronts que les Etats-Unis ne cessent d’essuyer pratiquement à travers toute la planète. En parallèle, il serait en principe vain de penser que le Congrès pourrait aller jusqu’à prononcer l’empeachment contre Donald Trump comme voulu par les Démocrates pour cause d’un «Ukraingate» version revue et corrigée au rabais de l’affaire du Watergate qui a elle aussi poussé à l’ouverture par le Congrès d’un procès de destitution contre Richard Nixon élu président des Etats-Unis en 1973. A ne pas confondre entre les deux personnages, Trump et Nixon, ou comparer entre eux en raison d’un cursus et d’un quotient intellectuel qui ont fait de Nixon un homme d’Etat et l’ont poussé à démissionner en 1974 et de Trump un homme d’affaires après avoir été de divertissements télévisuels. Son acquittement par le Congrès, après le forcing des Républicains pour sa destitution, devrait intervenir dans les jours à venir.

    Le Quotidien d’Oran, 4 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, deal du siècle, Proche Orient,

  • Au Maroc, les arabes du Proche Orient sont attirés par la sodomisation

    Selon Sputnik News, « les palais et maisons de luxe que possèdent les princes et rois des pays du Golfe au Maroc seraient la principale raison pour laquelle le royaume chérifien est leur destination touristique préférée ». Rien n’est moins faux !

    Les Cheikhs et princes arabes sont attirés par des pratiques sexuelles qu’ils ne trouvent pas chez eux, notamment la sodomisation.

    En effet, les arabes du Moyen Orient apprécient spécialement cette pratique sexuelle très chère aux femmes marocaines et à laquelle donnent un prix spécial. Aux Emirats, la fellation coûte 1500 dirhams alors que pour faire une sodomisation, il faut débourser 2000 dirhams.

    Il suffit d’écrire le mot « qawada maghribiya » (proxénète marocaine) pour se faire une idée de la valeur de cette pratique très convoitée par les turbannés du Golfe. Non sans raison elle est plus chère.

    Tags : Maroc, prostitution, sodomisation, Golfe, Proche Orient, femmes marocaines, tourisme sexuel,

  • Le directeur du Mossad qualifie le Qatar de «véritable problème»

    Le directeur du Mossad (le service de renseignement israélien) Meir Dagan a qualifié le Qatar de «véritable problème» et son émir de quelqu’un qui «irrite tout le monde», selon un câble diplomatique américain publié vendredi par WikiLeaks.

    Il a tenu ces propos lors d’une rencontre, le 12 juillet, avec l’assistant du président Obama pour la sécurité intérieure et le contre-terrorisme, Francis Fragos Townsend, selon WikiLeaks.

    L’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, tente de jouer sur tous les tableaux – la Syrie, l’Iran, le Hamas – pour assurer sa sécurité et affirmer son indépendance, fait remarquer M. Dagan.

    «Je pense sérieusement que vous devriez retirer votre base du Qatar», ajoute-t-il à propos de la base Aidid utilisée par les forces américaines.

    El Watan, 4 déc 2010

    Tags : Proche Orient, Qatar, Etats-Unis, Mossad, Wikileaks,

  • Nasrallah: L’axe soutenu par les États-Unis vaincu, nous avons assez de missiles pour redessiner la carte du Moyen-Orient

    […] Un autre élément indiquant (l’improbabilité d’une guerre contre l’Iran) est constitué par les données de terrain, et je parle du (triple) Sommet que je viens de mentionner. Et nous entrons maintenant dans la (4ème partie de mon discours consacrée au triple) Sommet arabe (à La Mecque du 30 mai au 1er juin). Le sommet a été convoqué en urgence. Pourquoi? Il y a deux raisons, deux raisons claires qui sont mentionnées dans les déclarations (finales) (du Sommet).

    La première raison… La première raison… Je me souviens que durant les premiers jours de la guerre d’agression contre le Yémen, Son Éminence le Chef (Suprême) Sayed [Khamenei] a déclaré que les jeunes (combattants) du Yémen allaient trtaîner le nez des Al Saoud dans la boue. Il y a quelques jours, l’armée saoudienne a mordu la poussière (encore une fois). Cest ce qui est arrivé.

    La première raison (pour l’improbabilité de la guerre contre l’Iran), que j’ai mentionnée plus tôt, est que l’Arabie saoudite a reconnu le fait qu’il n’y avait aucune issue contre les missiles de l’armée yéménite et des comités de défense populaire, qu’ils appellent « missiles houthies » et contre leurs drones, et ma preuve en est ce qui s’est passé à Yanbu » (frappes d’un drone yéménite contre des installations pétrolières en Arabie saoudite). C’est un échec, un désastre complet. Sur le plan technique, militaire, de la sécurité et à tous les autres niveaux, c’est un échec colossal. Et c’est un grand succès pour nos frères yéménites.

    Et c’est pourquoi, dans la déclaration commune qui conclut le Sommet arabe, à partir de la première ligne, les points 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 ne parlent que des Houthis, des Houthis et encore une fois des Houthis, ainsi que l’Iran. Cela montre clairement à quel point la question de nos frères yéménites est présente et constitue la principale raison de la convocation de ce triple Sommet.

    La seconde raison (indiquant l’improbabilité d’une guerre contre l’Iran) est que le régime saoudien et ses alliés ont compris avec certitude qu’il n’y aurait pas de guerre américaine contre l’Iran. Vous rêvez (Ô Saoudiens), vous dépensez votre argent pour rien et vous incitez à la guerre, mais en vain. Trump ne se battra pas pour vous alors que c’était votre plus grand espoir. La dernière chose qui restait aux Saoudiens était cet espoir (sur lequel ils avaient tout misé). Y a-t-il quelque chose qu’ils peuvent faire? Les Saoud ont-ils des alternatives (à prévaloir)? Qui ira en guerre contre l’Iran? Les Saoud eux-mêmes? Au Yémen, selon les informations des Saoudiens eux-mêmes, ces jeunes combattants yéménites qui ne possèdent ni armée, ni grandes capacités, assiégés, isolés, affamés, malades, mais qui ont défait  l’Arabie saoudite! Et vous (les Saoudiens) iriez en guerre contre (une puissance aussi formidable que) l’Iran? Qui (osera attaquer l’Iran)? Engageront-ils Netanyahu pour déclencher une guerre contre l’Iran? Laissez-le d’abord s’occuper de ses propres problèmes (électoraux et avec la justice israélienne)!

    C’est la fin de la route (pour les Saoud)! Tous leurs projets et leurs espoirs reposaient ces dernières semaines sur Trump, son incitation à la guerre, Bolton, Pompeo et tous leurs compagnons pervers qui menaçaient d’attaquer l’Iran et de le dévaster. Mais c’est fini. Tous leurs espoirs ont été anéantis.

    C’est la raison pour laquelle ce sommet a été convoqué à La Mecque, comme je l’ai dit, pour appeler les mondes arabe et musulman et les pays du Golfe à l’aide. « Hâtez-vous donc (à notre aide), O Arabes » (cria la dynastie Al-Saud)! J’ai écrit ici… Où est ce document?… J’ai écrit (résumé à ce sujet)… “L’Arabie Saoudite a convoqué le triple Sommet pour se renforcer avec le soutien du Golfe, il s’est déchiré…” Car qui est responsable de la crise dans le Conseil de coopération du Golfe? L’Arabie Saoudite! “(L’Arabie saoudite a convoqué le triple sommet) pour se renforcer avec le soutien du Golfe qu’elle a déchiré, des Arabes qu’elle a écrasés…” Y a-t-il un seul pays arabe où l’Arabie saoudite n’a pas créé la discorde et la division? Et jusqu’à présent, jusqu’à présent, il y a des pays arabes déchirés par des guerres civiles, et l’Arabie Saoudite en est (le principal) responsable. Et il y a des pays arabes sous la menace de tomber dans des guerres civiles (Algérie, Soudan…), et nous devons chercher (la main de) l’Arabie saoudite (derrière elle). « (L’Arabie saoudite a convoqué le triple sommet pour se renforcer avec le soutien du Golfe qu’elle a déchiré), des Arabes qu’elle a écrasés et des musulmans parmi lesquels elle a propagé la sédition de takfir. »

    Voir Pakistan: l’Arabie saoudite veut devenir plus forte en obtenant le soutien de ce pays, tout en propageant son idéologie takfiri chez les Taliban, qui ont créé d’innombrables problèmes pour l’armée et le peuple pakistanais. Aujourd’hui, l’Arabie saoudite appelle tous ces pays à le sauver (et à le sortir du bourbier yéménite).

    Premièrement, en ce qui concerne le Sommet… Je conclurai mes remarques par quelques mots. En ce qui concerne le sommet (de la Mecque), tel est le contexte qui l’explique. C’est un appel à l’aide, un appel à l’aide, une demande d’intercession… Vous savez que c’est le Ramadan (où tous les souhaits peuvent être exaucés), alors les Saoudiens font des prières, expriment leurs souhaits, cajolent (les gouvernements arabes) afin que  leurs souhaits se réalisent, à cause de leur échec et de leur impuissance, et parce que leurs espoirs ont été anéantis. L’axe opposé (États-Unis, Israël, Arabie saoudite) n’est en aucun cas en position de force. Il est dans une position de faiblesse et d’échec, désespéré, très confus et complètement découragé. C’est la vérité.

    Deuxièmement, considérons la déclaration commune publiée après le sommet. Nous voyons qu’elle est composée de 10 points, qui ne parlent que de l’Iran et des «houthis», comme ils les appellent, mais à la fin de cette déclaration, alors que nous commémorons la Journée internationale d’Al-Quds (Jérusalem), à la fin de cette déclaration, vraiment les deux dernières lignes, nous lisons: «Et concernant la cause palestinienne, principale cause des Arabes, le Sommet a confirmé son attachement aux résolutions du 29ème Sommet arabe (d’avril 2018) à Dhahran (Arabie saoudite), ou le sommet Al-Qods, et les résolutions du 30e sommet arabe à Tunis (en mars 2019). ”Période. Ils n’ont même pas consacré deux lignes à la Palestine! Ils ne lui ont donné qu’une ligne et demie de leur déclaration finale! C’est l’importance de la Palestine pour le Sommet arabe. Je ne sais même pas s’ils en ont réellement parlé (au cours de leurs discussions), je viens de lire la déclaration finale.

    Et à propos du sommet du Conseil de coopération du Golfe, il y a une chose vraiment amusante, le 4ème point. Écoutez le 4ème point (de la déclaration finale) du Sommet du Conseil de la coopération du Golfe: «Confirme la force, l’harmonie et la résolution du Conseil de coopération du Golfe et l’unité de ses membres autour d’une ligne commune face à ces menaces. ”Et ils disent cela alors qu’ils assiègent le Qatar! Ils assiègent l’État et le peuple du Qatar depuis plus d’un an! C’est vraiment hilarant, oncle! Par Dieu, certaines personnes ne réalisent vraiment pas qu’elles sont devenues la risée du monde! Le monde entier se moque d’eux, les rabaisse et les humilie!

    Autre point concernant le sommet arabe, nous avons le devoir de louer la position exprimée par l’Iraq et le président de la République d’Iraq. C’est une position remarquable, courageuse et excellente. Quel dommage que le reste des présidents arabes, des rois et des émirs ne parlent pas de la même manière! Et la délégation irakienne n’a pas dit qu’elle voulait faire la guerre contre l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou qui que ce soit, rien de tel! Ils ont parlé de manière équilibrée (sans prendre parti pour l’Iran ni l’Arabie saoudite). Vous pouvez faire la même chose (et afficher une neutralité conciliatrice). Qu’est-ce qui vous a empêché de le faire, Arabes? Quel dommage que (les participants à ce sommet), malgré l’échec, l’impuissance et la confusion (de l’Arabie saoudite) et l’exploitation économique de la situation par les États-Unis, n’aient pas parlé en termes conciliatifs de l’Iran, alors que l’Iran lui-même, il y a quelques jours, a déclaré via ses délégués qu’ils étaient prêts à parler avec les États du Golfe et à conclure des pactes de non-agression avec eux! Pourquoi n’ont-ils pas adopté le même langage diplomatique ouvert et conciliant? S’ils l’avaient fait, leur argent, leur sécurité, leurs intérêts et même leur dignité ne seraient pas violés par Trump matin et soir.

    En ce qui concerne le Sommet arabe, j’ai encore une chose à dire: en tant que parti libanais participant au gouvernement du Liban, nous (Hezbollah) considérons que la position de la délégation officielle libanaise au Sommet arabe est en contradiction avec la Déclaration ministérielle (du gouvernement Hariri) et viole les engagements et les promesses du gouvernement libanais, qui a bénéficié de la confiance du Parlement sur la base de cette déclaration. Où est la neutralité promise, ô délégation libanaise officielle dans la ville sainte de La Mecque? Vous auriez pu dire… Il n’était même pas nécessaire que vous preniez une position similaire à celle de l’Irak. Vous auriez simplement pu dire que le gouvernement libanais était attaché à la neutralité (dans les conflits régionaux) et qu’une telle position était nécessaire dans l’intérêt national du Liban, qui devait rester neutre, comme il l’avait fait lors de sommets précédents.

    C’est pourquoi nous rejetons cette position (exprimée par la délégation libanaise), que nous considérons inacceptable et condamnons car elle ne représente pas le Liban. Elle ne représente que les membres de la délégation (en tant qu’individus) ou les partis politiques auxquels ils appartiennent. Il est impossible que telle soit la position officielle du Liban, une position qui publie une déclaration avec 10 paragraphes condamnant l’Iran et ne consacre qu’une ligne et demie à la Palestine, cette déclaration exprimant son soutien à un axe (Etats-Unis-Saoudo-Israélien) contre un autre (l’axe de résistance).

    Bien sûr, le parti de l’avenir aurait pu faire sa propre déclaration en soutenant avec éloquence la déclaration finale de ce sommet qui s’est tenu à La Mecque, c’est leur droit naturel. Cela ne nous dérangerait pas du tout car (il est de notoriété publique) que nous avons des positions opposées (sur des questions régionales). Nous avons déjà dit que la neutralité n’était pas requise des forces politiques. Et nous sommes les premiers à ne pas être neutres (et à annoncer fermement et publiquement nos positions contre les États-Unis, Israël, les Saoud…). Mais nous avons convenu que le gouvernement libanais resterait neutre. L’État libanais doit rester neutre (car il est composé à la fois de forces pro-américaines et pro-iraniennes). Et ce qui s’est passé à La Mecque va à l’encontre des engagements et des promesses (pris par l’Alliance pour l’avenir à la tête du gouvernement) et des intérêts nationaux du Liban.

    Cela m’amène au dernier point (de mon discours). (Je suis désolé) d’avoir été si long en cette nuit de ramadan, mais c’est une question délicate dont la mention ne peut être différée. En ce qui concerne la délimitation des frontières (terrestres et maritimes) (entre le Liban et Israël), comme je l’ai répété à maintes reprises, en tant que résistance, nous n’avons aucun problème et nous nous conformons aux décisions de l’État. Et malgré tout ce qui se passe aux frontières, nous laissons tout entre les mains de l’État, que ce soit bien ou mal, bien ou mal. En ce qui concerne la démarcation de nos frontières terrestres et maritimes, nous respecterons toutes les décisions de l’État (et nous n’aurons pas voix au chapitre).

    Et en faisant ces déclarations, je n’exagère pas. Certains frères pensent que mes paroles sont conciliantes mais ne coïncident pas avec la réalité, mais non, je dis la vérité quand je dis que, au Hezbollah, nous faisons confiance aux responsables libanais qui sont responsables de ce dossier et qui sont déterminés à défendre tous les droits du Liban à la terre et à l’eau, en termes d’espace maritime, de pétrole et de gaz (ressources présentes en Méditerranée). Nous avons (pleinement) confiance en eux et c’est pourquoi nous n’intervenons pas dans ce dossier. Voilà pour les points positifs, car je vais maintenant aborder un point très différent.

    Sur cette question, qu’est-ce que les États-Unis s’efforcent de réaliser par l’intermédiaire de leur envoyé, M. [David] Satterfield et ses semblables? Les États-Unis sont très forts pour exploiter tout, et exploiter (toutes les situations) de manière perverse (dans leur intérêt et à notre détriment). Puisque le Liban a besoin d’une délimitation rapide des frontières, notamment en mer, pour pouvoir (exploiter) le pétrole et le gaz (ressources en mer), et que le Liban a besoin d’une situation calme pour pouvoir obtenir des prêts financiers – car nous parlons principalement de prêts, pas des subventions -, dans ce contexte, les États-Unis en viennent à… J’espère que tous les Libanais vont m’écouter.

    Les États-Unis veulent exploiter les négociations (indirectes) (entre le Liban et Israël) sur la démarcation des frontières terrestres et maritimes pour résoudre un autre problème adjacent non lié, dans le seul intérêt d’Israël, et qu’Israël est incapable de résoudre depuis des années, à savoir les missiles de précision et la fabrication de missiles de précision.

    Depuis plus de deux ans (ambassadeurs, ambassades, services de renseignement étrangers, y compris les pays qui nous considèrent officiellement comme des terroristes, nous contactent constamment), cela ne les dérange pas. Ils nous ont posé les questions suivantes, ou (plutôt) nous ont adressé les messages suivants: vous avez des missiles de précision, et c’est quelque chose qu’Israël ne tolérera pas, et quand Israël apprendra sa place (sur le lieu de stockage), il les bombardera. C’est le message que nous recevons depuis plus de deux ans. C’est le premier point.

    Le deuxième point concernait l’accusation selon laquelle nous aurions des usines de missiles de précision au Liban, ce qui est (prétendument) une ligne rouge pour Israël qui ne sera pas tolérée, et l’avertissement que si Israël apprend à connaître leur emplacement, il les bombardera. Nous avons caché cette affaire au public pendant deux ans pour ne inquiéter personne et régler cette affaire en coulisse. Cependant, certaines choses qui me poussent à prendre la parole au cours de la semaine sont survenues au cours de cette semaine, car je pense que toute cette question sera bientôt débattue dans les médias, ce sujet étant débattu aujourd’hui dans des cercles plus larges. Je préfère exposer publiquement notre position sur cette question plutôt que de laisser les fonctionnaires (de l’État) responsables d’envoyer des messages ou de répondre à des questions (à ce sujet), et il est préférable que ces réponses proviennent directement de moi afin que les États-Unis, Israël et les autres les reçoivent distinctement. (C’est mieux), n’est-ce pas? C’est pourquoi je le mentionne.

    En ce qui concerne le premier point, la question des missiles de précision, nous sommes des personnes qui disent toujours la vérité, nous ne mentons jamais. Nous ne pouvons bien sûr pas révéler la vérité sans mentir, ou ne dire qu’une partie de la vérité, mais nous ne mentons jamais. C’est pourquoi quand ils nous ont demandé (si nous avions des missiles de précision), nous avons répondu que oui, nous avions des missiles de précision, et puis vous vous souvenez qu’il y a deux ans, le dixième jour (de ‘Ashura), j’ai annoncé très clairement que nous avions une précision missiles capables d’atteindre toutes les cibles requises dans l’entité sioniste.

    Et aujourd’hui, en cette Journée (internationale) d’Al-Qods (Jérusalem), à l’occasion du 40e anniversaire de l’annonce de cette journée, je dis au monde que oui, nous avons au Liban suffisamment de missiles de précision pour changer le visage de la région. et (contrarié) toutes les équations!

    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    Mais je ne dis rien de nouveau. C’est ce que j’ai dit pour ‘Ashura il ya deux ans. Et à tous ceux qui nous ont demandé, nous avons dit oui, nous avions des missiles de précision. Et à tous ceux qui ont dit ou transmis des messages (menaces israéliennes), nous avons dit qu’il n’y avait pas de problème… Cela fait 1, 2 et 3 ans que ces messages circulent, et que notre réponse a été donnée et est parvenue à Israël: chaque fois qu’ils ont essayé pour nous intimider en parlant d’Israël, de lignes rouges, de choses inacceptables, de bombardements, de réactions (violentes), etc., notre réponse était claire, et je l’ai ensuite répétée publiquement (dans une interview) avec Al-Mayadeen TV et ensuite dans un discours en direct. Et je le répète: nous avons dit que contre toute agression, toute frappe israélienne contre toute cible liée à la Résistance au Liban, qu’il s’agisse de missiles ou autre, le Hezbollah exercera des représailles immédiates, directement et avec une (grande) force!

    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    Et c’est pourquoi, depuis 1 an, 2 ans et 3 ans maintenant, ils n’ont jamais bombardé (Liban). Et plus encore, Israël se rend à l’ONU pour se plaindre que, sous le stade de football Al-Ahed, il y aurait des missiles. À cet endroit également (et ensuite, l’ONU) demande au gouvernement de vérifier si les missiles sont efficaces. présent à un endroit donné, etc. Ce n’est pas par mœurs ou par pudeur qu’Israël ne frappe pas nos missiles. C’est parce que nous sommes convaincus qu’ils n’osent pas le faire (parce qu’ils craignent nos représailles) et que nous répondrons à toute agression par une attaque similaire, sinon plus!
    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    La question des missiles de précision était donc terminée (avec une impasse pour Israël). Personne ne peut rien faire contre cela. La question a donc été améliorée avec l’accusation de possession d’usines de missiles de précision (au Liban). Il y a quelques mois, un responsable (libanais) a déclaré que les États-Unis l’avaient contacté pour lui dire ceci et cela. J’ai répondu: «Mon cher fonctionnaire – je ne dis rien de spécifique pour protéger son identité -, cette information est fausse. Nous n’avons pas — et je parle en toute franchise — nous n’avons aucune usine de missiles de précision au Liban. ”Il a demandé si les Iraniens avaient de telles usines au Liban. Je lui ai dit que les Iraniens n’avaient pas d’usine au Liban, que ce soit pour les missiles de précision ou d’autres missiles, ou quoi que ce soit du tout.A ce jour, j’ai dit jusqu’à ce soir, jusqu’à cette Journée internationale Al-Quds usines de missiles de précision (au Liban). Les Américains sont donc partis et sont revenus plus tard (avec de nouvelles accusations), affirmant qu’il y avait de telles usines dans tel lieu, jusqu’à ce qu’ils aient dit récemment, à savoir que le processus de délimitation des frontières maritimes était entravé par le fait que dans une telle région , il y avait des usines de missiles de précision. Encore une fois, plusieurs responsables libanais m’ont posé des questions à ce sujet et j’ai dit que ce n’était pas vrai. Dans cette région, il existe des installations militaires, des fournitures et du matériel du Hezbollah, mais aucune usine de missiles de précision. C’est tout. Quel est mon argument? Ces fausses accusations ont été accompagnées de diverses menaces. Je ne dirai pas quelles étaient les menaces, car je n’avais aucune raison de les révéler, mais plusieurs menaces ont été proférées, de sorte que le Liban règle le problème (usines de missiles de précision), détruit telle ou telle installation, les rase et les termine. leur. Mais mes chers amis, savez-vous à qui vous avez affaire? Dans quel monde vivez-vous (croire que vos menaces peuvent effrayer le Hezbollah)? C’est absolument inconcevable pour nous. De plus, nous, au Hezbollah, sommes plus dignes de confiance et fiables que les Américains et leurs prédécesseurs et plus fiables que les Israéliens et leurs prédécesseurs. Quand je vous dis qu’il n’y a pas d’usines de missiles de précision, cela signifie qu’il n’y en a pas. Et s’il existait de telles usines, j’aurais dit ce soir à la télévision qu’il en existait, comme je le prouverai dans un instant. Je vais expliquer mon problème avec cette question et conclure mon discours. Le problème est que… C’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu discuter de cette question avec des responsables libanais, mais je souhaite que nous (tous les Libanais) y prenions part. La discussion même de ces questions avec les États-Unis, leur permettant simplement de nous poser des questions sur (nos armes), cette porte devrait à mon avis être fermée. Ce n’est pas leur affaire, ils n’ont pas le droit de se renseigner sur nos armes. Les États-Unis n’ont aucun droit de s’y mêler. Qu’il y ait ou non des usines de missiles de précision au Liban, cela ne les regarde pas. Israël, qui est juste à côté de nous, fabrique des missiles, des avions de guerre, des chars d’assaut, des armes nucléaires et chimiques. Laissez-les y aller et faites les mêmes demandes! Pour nous, c’est notre droit – et c’est ce que je veux ajouter ce soir -, nous avons le droit absolu de posséder tout type d’arme pour défendre notre pays. Et c’est notre droit absolu de fabriquer tout type d’armes, car avoir une arme n’a que trois possibilités: soit vous les achetez, soit quelqu’un vous les donne, soit vous les fabriquez. À Gaza, que font-ils? Ils les font. Au Yémen, que font-ils? Ils les font. Mais la mentalité saoudienne est incapable de concevoir que les Yéménites puissent fabriquer leurs propres missiles et drones (et accusent l’Iran de les avoir fournis). Que voulez-vous que je fasse à ce sujet? En Iran, que font-ils? Ils fabriquent leurs propres armes! Et nous avons absolument le droit de faire la même chose. J’affirme que les États-Unis n’ont pas le droit de débattre avec nous de ce droit. C’est le premier point. Comment cela vous concerne? Que nous ayons ou non de telles usines, cela ne vous regarde pas. Je vous assure qu’il n’y a pas encore de telles usines, mais vous n’avez pas le droit de me demander à la première place! Qu’il y ait ou non de telles usines, faites attention à vos affaires! Nous avons parfaitement le droit de disposer de toutes les armes qui nous permettent de défendre notre pays, que nous les achetions, nous les donnions ou que nous les fabriquions. C’est le premier point.

    Deuxièmement, si les États-Unis continuent de soulever ce problème, je leur dis ceci: nous avons toutes les capacités techniques et humaines, grâce à notre jeunesse, pour fabriquer des missiles de précision, et nous sommes parfaitement en mesure d’importer au Liban tous les équipements nécessaires pour: ouvrir de telles usines. Je déclare ce soir que si les États-Unis continuent à soulever cette question, faites savoir au monde entier que nous allons ouvrir des usines de missiles de précision au Liban!

    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    Jusqu’ici, nous n’avons pas de telles usines (au Liban), mais si elles continuent à soulever ce problème, elles nous convaincront de le faire! Ensuite, le gouvernement parle de nombreux problèmes de l’industrie libanaise. Aujourd’hui, l’un des plus grands maux du monde est la vente d’armes… Pourquoi ris-tu, je suis sérieux! Nous sommes en mesure de fabriquer des missiles de précision et de les vendre au monde entier, aidant ainsi le Trésor libanais. C’est pourquoi je conseille à Satterfield de rester calme et de faire le travail qui lui est confié (sans empiéter sur nos affaires), car il prétend être là pour aider… Mais à qui (veut-il vraiment) Aidez-moi? Parce que vous savez qu’en général, les États-Unis ne sont pas des intermédiaires. Ils ne sont là que pour faire pression et défendre les intérêts d’Israël, et que Dieu aide nos frères libanais responsables de ces négociations. Laissez Satterfield fermer ce fichier et ne pas perdre son temps dans des menaces (inutilisées), et arrêtez de vous exercer. Il devrait cesser de s’exercer (en vain). C’est notre droit naturel (d’avoir toutes les armes requises), nous y resterons attachés et les menaces ne mènent à rien avec nous. Ces menaces ne sont pas nouvelles, mais remontent à 2 ou 3 ans. Je leur ai répondu et je ne veux pas avoir à me répéter, d’accord? Que ce soit maintenant, avant ou après, notre position reste la même.En conclusion, mes chers et nobles frères, en ce jour d’Al-Quds, en ce 40ème anniversaire de la célébration de ce jour, notre axe (Résistance) est en une position de force, comme c’est notre front (le champ de bataille). Il est vrai que nous avons consenti de nombreux sacrifices ces dernières années, mais par la grâce du sang des martyrs, nous sommes sortis de tous ces sacrifices plus forts et plus présents. Et c’est plein de force, de détermination, de foi et de confiance que je vous dis à tous que nous pouvons défaire le deal du siècle et le faire échouer, et au premier plan le peuple palestinien: lorsque les Palestiniens sont unanimes dans leur position souveraine, l’appelle, à propos du deal du siècle et de la conférence de Bahreïn (condamnés par toutes les factions), personne ne peut rien imposer, ni aux Palestiniens ni à la région.Lorsque le peuple syrien refusera de céder le Golan, le Golan ne deviendra jamais Israël, même si Trump redessine les cartes et les panneaux ci-dessous, comme annoncé par Netanyahu hier. Laissez-les signer ce qu’ils veulent, faire ce qu’ils veulent et dire ce qu’ils veulent (ce sera futile). Si nous restons présents sur le terrain, sur tous les champs de bataille, si nous restons attachés à nos droits, et surtout, avant, après et avec tout, si nous avons confiance en Dieu et en sa promesse de victoire, si nous croyons en lui, nos peuples, notre génération, nos hommes, nos femmes, notre cerveau, notre esprit et notre volonté, l’avenir appartient à Al-Quds, et non à Trump ni à tous les nains insignifiants qui travaillent pour Trump.Peace Be sur l’âme du grand Khomeiny, qui a fondé ce jour, une fête heureuse (al-Quds) et que Dieu vous accorde la victoire et la gloire.

    Source

    (Traduction automatique)

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