Étiquette : République Democratique du Congo

  • L’avenir du Congo est insulté

    Le Congo cessera-t-il un jour de nous indigner ? A satiété, les meilleurs auteurs ont dénoncé les abus de la colonisation, le portage, le travail forcé…

    Les crimes politiques et les violences qui ont accompagné une indépendance mal préparée ont été longuement analysés, y compris au sein d’une commission d’enquête parlementaire.

    La dictature de Mobutu, sur laquelle l’Occident a fermé les yeux durant trois décennies a fini par disparaître dans l’opprobre général. Les guerres qui ont suivi, dévastant l’Est du pays, n’ont pas encore livré tous leurs secrets : guerres menées par les voisins, conflits ethniques, captation des ressources comme le coltan.

    Les crimes commis dans les deux Kivu n’ont même pas encore été jugés et à Beni, les morts se comptent toujours par dizaines. Malgré les carences de la justice et l’impuissance de la communauté internationale, on croyait tout savoir des souffrances du Congo, souvent incarnées par le viol des femmes et le recrutement des enfants soldats. Eh bien non. Force est de constater, la rage au cœur, qu’on ne savait pas encore tout.

    La confirmation du scandale nous frappe au visage comme un coup de poing : l’avenir lui aussi est insulté, hypothéqué. L’exploitation minière qui devrait permettre le développement des générations présentes se révèle une bombe à retardement pour les générations futures.

    Au Katanga, où les mines devraient servir à construire des routes, des écoles, des hôpitaux, alimenter le budget de l’Etat et permettre le décollage, elles font la fortune des grandes sociétés et se révèlent un fardeau pour l’avenir.

    Le Congo certes, a toujours possédé les ressources dont le monde avait besoin, qu’il s’agisse du cuivre, de l’uranium, du coltan et aujourd’hui du cobalt et du lithium. Mais non seulement ces pactoles successifs n’ont jamais bénéficié aux populations congolaises, aujourd’hui c’est l’avenir lui-même qu’elles hypothèquent. Car ces minerais qui devraient nous assurer une énergie propre et nous libérer de notre dépendance au pétrole, se révéleront peut-être un poison pour les Congolais eux-mêmes, soumis aux radiations, victimes de la contamination de leurs sols, de la mort clinique de leurs rivières, sans parler des menaces qui pèsent sur la forêt tropicale, réservoir de biodiversité !

    Si l’avenir est ainsi hypothéqué, ce n’est cependant pas à cause des ressources naturelles elles mêmes, qui auraient pu être une source de richesse partagée.

    Le véritable ennemi du Congo, qui risque de le détruire, c’est une fois de plus, l’avidité d’un monde obnubilé par le profit immédiat et dominé par les « majors » qu’elles soient occidentales et aujourd’hui chinoises. C’est aussi la complicité des élites nationales, au plus haut niveau du pouvoir, allègres partenaires du pillage ou vilipendées dès lors qu’elles veulent modifier les termes de l’échange.

    Tags : Congo, RDC, République Démocratique du Congo, mines, coltan, cobalt, multinationales, prédation,

  • Marocleaks : Réalisations et perspectives des relations Maroc- Afrique

    Réalisations et perspectives des relations Maroc- Afrique depuis la tenue de la réunion de la commission mixte public-privé, le 19 mars 2014

    – Afrique Centrale

    Les perspectives de développement des relations avec les pays constituant cette région restent prometteuses malgré les difficultés politiques et sécuritaires.

    Un effort particulier est à maintenir envers notre allié stratégique dans le région, le Gabon, dont des actions de coopération concrètes vont être réalisées rapidement (ex : envoi d’experts du tourisme durant le mois de mai).

    Au Congo, la cérémonie de pose de la première pierre du projet de construction d’une cimenterie de la CIMAF a eu lieu, le 23 mars 2014.

    Le Sao Tomé et Principe, pays pauvre de la région et en proie à des tensions politiques. Pour maintenir sa position positive sur la question nationale et évaluer le potentiel de partenariat, une invitation à la ministre des affaires étrangères pour une visite au Maroc et la tenue, à cette occasion, de la première session de la Commission mixte , a été lancée.

    La tenue de la sixième session de la Grande Commission Mixte de coopération Royaume du Maroc/République de Guinée Equatoriale devra avoir lieu bientôt ,suite à la réunion préparatoire de ladite commission tenue à Malabo, du 09 au 11 janvier 2014, pour booster le partenariat économique avec ce pays prometteur de la région où il y a une forte présence des entreprises marocaines.

    En Centrafrique, la situation sécuritaire reste très préoccupante, mais le déploiement en septembre 2014 d’une opération de maintien de la paix de l’ONU qui sera également appuyée par les présents à Bangui, pourra stabiliser le pays et ouvrira des perspectives de partenariat avec ce pays en reconstruction qui bénéficie d’une assistance humanitaire marocaine importante .

    Par contre en République Démocratique du Congo, l’opération menée par les Nations Unies a réunifié sous l’autorité de l’Etat, plus de 80% du vaste territoire de ce pays qui regorge de ressources naturelles (mines et hydroélectriques). Les Casques bleus marocains continuent de jouer un rôle important dans les opérations de traque menées contre les rebelles.

    – Afrique Australe

    Une campagne féroce des adversaires du Maroc est menée dans cette région et plus particulièrement vers les pays de l’Océan indien.

    Pour insuffler une nouvelle dynamique aux relations avec ces pays, une invitation a été adressée au Ministre des Affaires Etrangères de Maurice. Des secteurs économiques d’intérêt mutuel comme les pêches, le tourisme, les énergies renouvelables et les nouvelles technologies de l’information pourront constituer l’ossature d’un partenariat fructueux avec ce pays.

    Une relance de la coopération technique avec les Seychelles est également en chantier. Une invitation a été adressée à la Ministre de la Santé de ce pays pour effectuer une visite de travail au Maroc.

    Par ailleurs, et en raison de la crise politique qu’a connue Madagascar, le Maroc avait suspendu toutes les actions de coopération avec ce pays. L’élection du nouveau Président malgache et la désignation, le 11 avril 2014, d’un Premier Ministre ont scellé le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée permettra de développer davantage le partenariat économique pour le hisser au niveau des liens historiques d’amitié. Un plan d’action a été mis en place pour amorcer cette coopération.

    Le plus grand et influent pays de cette région, l’Afrique du Sud n’a pas changé sa position hostile envers notre pays et les prochaines élections qui seront organisées le 07 mai 2014, ne risquent pas de changer cette donne même si l’ANC pourrait se retrouver obligé de partager le pouvoir dans le cadre d’un gouvernement de coalition.

    Les autres pays de l’Afrique australe demeurent dépendants de l’Afrique du Sud, puissance économique et politique au sein de la SADC et encore plus forte, après avoir occupé le poste de Président de la Commission de l’Union Africaine.

    Photo : Carte confectionnée par les marocains sur le positionnement des pays africains par rapport aux thèses marocaines.

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    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Afrique, Union Africaine, Guinée, République Centrafricaine, Gabon, République Démocratique du Congo, RDC, RCA, Maurice, Madagascar, Afrique du Sud, SADC,

  • La République Démocratique du Congo vue par le Maroc

    Fiche succincte sur la République Démocratique du Congo

    I- Données générales :

    – Superficie : 2.345.410 km2 (05 fois la France) dont 37 km de côte atlantique

    – Population : 77.433.744 hab. (Juillet 2014 est.)

    – Capitale : Kinshasa

    – Villes principales : Lubumbashi, Kisangani, Kananga, Mbuji-Mayi, Bukavu

    – Provinces : 11 provinces : Bas Congo, Bandundu, Equateur, Kasaï-Orientale, Kasaï- Occidental, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Kinshasa)

    – Forêt : 128.004.198 ha (45 % de la forêt équatoriale africaine)

    – Fête nationale : 30 juin 1960 (Indépendance)

    – Président : M. Joseph Kabila Kabange (1er mandat depuis décembre
    2006 ; et 2ème mandat depuis novembre 2011)

    – Premier Ministre : M. Augustin Matata Ponyo Mapon (nommé le 18 avril 2012)

    – Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la
    Francophonie : M. Raymond TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO (avril 2012)

    – Religions : catholiques (50%), protestants (20%), kimbanguistes (10%),
    musulmans (10%)

    – Indice de développement humain : 186ème sur 187 (PNUD, 2012)

    – PIB/Habitant : 400 USD (2013 est.)

    – Dette extérieure : 6.874 milliards USD (Décembre 2013 est.)

    – Ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Kinshasa : M. Mohamed BEN KADDOUR
    Présentation des lettres de créances (07 juillet 2009)

    – Chargé d’Affaires de la RDC à Rabat : M. Bamialy Wawa (M. WAWA assure, depuis des années (juillet 2002), la représentation de la République Démocratique du Congo à Rabat en qualité de Chargé d’Affaires a.i.. Après de multiples démarches, rien n’a été fait pour élever le niveau de cette représentation au rang d’Ambassadeur. Il semble que cette situation est due à des restrictions d’ordre budgétaire).

    – Date de l’établissement des relations diplomatiques : 1960

    – Communauté marocaine en RDC : 100 personnes

    II- Situation intérieure :

    2-1) Politique intérieure :

    Indépendant depuis le 30 juin 1960, l’ancien Congo belge porte le nom de Zaïre de 1971 à 1997, lorsque Laurent-Désiré Kabila, à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) s’empare de Kinshasa, met fin au régime du Maréchal Mobutu Sese-Seko et donne au pays son nom actuel de République Démocratique du Congo.

    En janvier 2001, Joseph Kabila succède à son père assassiné avant d’être élu président en 2006, puis réélu en novembre 2011, dans des conditions contestées.

    Le processus de transition s’est achevé avec l’organisation, dans de bonnes conditions, du référendum sur la Constitution de la IIIèmeRépublique (18 décembre 2005) et des élections présidentielles, législatives et provinciales (scrutins des 30 juillet et 29 octobre 2006), marquées par une participation importante de la population (65% en moyenne).

    Le Président sortant J. Kabila est sorti vainqueur des élections présidentielles (58% au second tour) devant le vice-président J.P. Bemba (la cérémonie d’investiture a eu lieu le 6 décembre 2006).

    Les résultats officiels des élections présidentielles et législatives organisées le 28 novembre 2011 et publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) le 9 décembre 2011, ont annoncé la victoire de M. Joseph Kabila avec 48,95 % contre l’opposant Etienne Tshisekedi (32,33 %).

    A l’étranger, la plupart des capitales occidentales (Bruxelles, Paris, Londres, Washington) ont appelé les acteurs politiques à faire preuve de retenue et d’esprit de responsabilité, à éviter toute forme de violence et à recourir aux voies légales pour toute contestation éventuelle. La France a relevé que l’élection a été marquée « par nombreuses et sérieuses défaillances et irrégularités » et a exhorté les autorités congolaises à « assurer l’ordre public dans le respect de l’Etat de droit ».

    Le 28 avril 2012 a été marqué par la nomination d’un nouveau gouvernement par le Président, composé de 36 membres, dont 2 vice-premiers Ministres, 25 Ministres, un Ministre Délégué et 8 vice-Ministres. La configuration du nouveau gouvernement congolais, composé essentiellement de technocrates et dépourvu, à quelques exceptions près, de figures emblématiques des chefs des partis politiques, a suscité diverses réactions au sein de la classe politique au niveau de sa structure politique et géopolitique.

    Avec l’approche des élections présidentielles de 2016, la classe politique congolaise est agitée par des débats autour d’une éventuelle candidature du Président Joseph KABILA à ces prochaines électorales. Alors que la constitution en vigueur interdit à l’actuel Président de briguer un nouveau mandat, des voix s’élèvent parmi l’opposition, l’église et la société civile pour contrecarrer toute démarche de la majorité tendant à revoir les dispositions constitutionnelles qui ouvriraient la voie à une candidature pour un troisième mandat.

    En réaction aux déclarations sur le prochain scrutin tenues par le Secrétaire d’Etat américain, M. John KERRY, qui était en visite à Kinshasa, les 03 et 04 mai 2014, le porte-parole du Gouvernement congolais a souligné que lesdites élections se tiendront conformément à la constitution et que le Président Kabila « n’a jamais annoncé une quelconque candidature, ni entrepris de violer la constitution ».

    2-2) Situation sécuritaire en RDC :

    La République Démocratique du Congo reste confrontée aux lourdes conséquences des guerres qui ont eu lieu depuis près de vingt ans dans la région des Grands Lacs et sur son sol. La sécurité n’est pas complètement rétablie : l’Est du pays demeure instable du fait des nombreux groupes armés encore actifs. Les infrastructures, embryonnaires, restent très insuffisantes vu l’étendue du pays. La communauté internationale apporte un appui important à la RDC, où est déployée la MONUSCO, première opération des Nations Unies au monde par son ampleur.

    La situation, qui s’était fortement dégradée dans la région du Kivu au second semestre 2008, a connu une évolution positive à partir de la fin 2008, marquée par une nouvelle dynamique de coopération entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda.

    Toutefois, depuis mai 2012, la République Démocratique du Congo est en proie à une mutinerie dans l’armée dans l’est. Le pays voisin, la République du Rwanda, est soupçonné par les autorités congolaises d’abriter sur son territoire quelques 300 éléments armés faisant partie de ce mouvement de rébellion.

    Les mutins se réclament du M23 (Mouvement du 23 mars), crée par le Colonel Makenga début mai 2012 après les défections, et revendiquent la pleine application des accords de 2009, notamment en ce qui concerne leur intégration. Ils dénoncent des problèmes de salaires, de nourriture, de santé, d’obtention de grades et de fonctions.

    Les violences déclenchées par la mutinerie et le regain d’activité des groupes armés (congolais -CNDP-, ougandais -LRA, ADF/NALU-, rwandais -FDLR- et burundais -FNL-) dans la région depuis mai 2012 ont forcé plus de 100.000 personnes à fuir leur foyer, et plus de 20.000 autres à se réfugier au Rwanda et en Ouganda.

    Les puissances étrangères (Etats-Unis et Union Européenne -dont la Belgique-) ainsi que certaines ONG (Human Rights Watch et International Crisis Group) se sont dites préoccupées de la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, tout en réitérant leur soutien aux efforts déployés par le gouvernement congolais visant à rétablir l’ordre dans le pays et à traduire en justice les auteurs présumés des violations des droits de l’Homme et ce, en en coordination avec la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO).

    Après plusieurs mois de combat contre l’armée congolaise, le M23 a annoncé, le 05 novembre 2013, la fin de sa rébellion et son intention de poursuivre la recherche d’une solution aux causes qui ont été à l’origine de son insurrection.

    Suite à la décision d’arrêt des actes de rébellion du M23, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC s’est sensiblement améliorée sous le contrôle des forces onusiennes et congolaises. Ces dernières ont pu restaurer l’autorité de l’Etat sur la majeure partie de cette région du territoire congolais.

    Après avoir échoué à parvenir à un accord pour la conclusion des pourparlers de Kampala le 11 novembre 2013, le Gouvernement congolais et le M23 ont pu finalement signer, le 12 décembre 2013, à Nairobi, deux déclarations séparées par lesquelles :

    • Le M23 confirme son engagement à renoncer à sa rébellion armée tout en se réservant le droit de se constituer en parti politique dans le respect des lois de la RDC

    • Le Gouvernement congolais s’engage à faciliter la mise en œuvre de la renonciation du M23 à sa lutte armée et du programme de démobilisation, désarmement et réinsertion des anciens rebelles et à présenter au Parlement un projet de loi d’amnistie.

    En février 2014, le Président congolais Joseph KABILA a promulgué la loi portant amnistie qui couvre les faits insurrectionnels, les faits de guerre et les infractions politiques commis sur le territoire congolais à partir de la promulgation de la constitution du 18 février 2006 jusqu’au 20 décembre 2013, date de l’expiration de l’ultimatum lancé à tous les groupes armés à déposer les armes.

    III- Situation économique

    Le potentiel économique du pays est considérable, mais son exploitation nécessitera de profondes réformes en matière de bonne gouvernance et la mise en place d’un environnement juridique favorable aux investissements.

    En outre, la situation d’insécurité en RDC favorise le commerce illicite des métaux précieux. Certains experts de l’ONU ont estimé en décembre 2013 que 98 % de la production aurifère est exportée illégalement vers les pays de transit, principalement l’Ouganda, le Burundi et la Tanzanie.

    Par ailleurs, le projet du centre hydroélectrique d’Inga, sur le fleuve Congo, à 200 km de Kinshasa, a bénéficié, en novembre 2013, d’un financement de la Banque Africaine de Développement (BAD), dans le cadre du Projet d’Appui au Développement du Secteur de l’Electricité (PASEL). Représentant 43 % du coût total du projet (169 millions USD), ce financement favorisera le développement de la centrale hydroélectrique d’Inga dont le potentiel hydroélectrique est estimé à 44.000 MW, soit la moitié de la capacité électrique sur tout le continent.

    IV- Politique Extérieure :

    3-1) Relations régionales :

    Dans les Grands Lacs, la situation régionale a été marquée par des évolutions encourageantes à partir de la transition congolaise entamée en 2003. Après un premier sommet historique à Dar-Es-Salaam en 2004, le second sommet de la Conférence internationale sur la région des grands Lacs (CIRGL) s’est déroulé les 15 et 16 décembre 2006 à Nairobi et a abouti à la signature du Pacte de Sécurité, de Stabilité et de Développement pour la région des Grands Lacs, entré en vigueur en juin 2008. Le Secrétariat exécutif permanent de la CIRGL, dirigé par l’Ambassadrice tanzanienne Mulamula, a été inauguré le 3 mai 2007 à Bujumbura.

    L’année 2009 a vu le rétablissement des relations diplomatiques entre la RDC et ses voisins de l’Est, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

    S’agissant des organisations régionales, la RDC est membre de la CEEAC (dont elle a assuré la Présidence en 2008), de la SADC (dont elle assure la Présidence en 2009-2010), de la COMESA et de la CEPGL.

    Par ailleurs, la RDC a abrité pour la première fois le 14ème sommet des chefs d’Etats et de Gouvernement des pays ayant le français en partage dont les assises se sont tenues à Kinshasa du 12 au 14 octobre 2012.

    3-1) Relations avec l’Union Européenne et ses pays :

    Concernant les relations avec l’Union Européennes et ses pays, impliqués dans le règlement politique de la crise des Grands Lacs, la mission EUFOR RDC, déployée d’août à décembre 2006, a permis d’apporter un soutien à la MONUC pour la sécurisation du processus électoral (2400 hommes déployés). Son intervention a été décisive pour permettre le retour au calme lors des incidents survenus à Kinshasa en août 2006 entre les hommes de J. Kabila et de J.P Bemba.

    L’UE s’est ensuite impliquée dans la reconstruction des forces armées et de la police congolaises.

    Au premier jour de sa tournée éclair en Afrique le 27 mars 2009, le Président français a clarifié à Kinshasa son initiative controversée de paix pour la RDC puis plaidé à Brazzaville en faveur de la rénovation des relations franco-africaines. Le Président français s’est notamment attaché à lever les malentendus causés par sa proposition d’un partage des richesses entre la RDC et le Rwanda.

    En mars 2010, M. Pieter De Crem, le Ministre belge de la Défense a effectué une visite de travail en RDC et qui s’inscrit dans le cadre de l’intensification des relations entre les deux pays.

    En mars 2014, le Commissaires européen au développement, M. Andris PIEBALGS, en visite à Kinshasa, a annoncé l’octroi d’une nouvelle aide de l’UE d’un montant de 620 millions d’euros en faveur de la RDC pour la période 2014-2020. Cette aide sera destinée au développement des secteurs de la santé, l’environnement, l’agriculture durable ainsi qu’au renforcement de la gouvernance et l’Etat de droit, des infrastructures de base du pays et des systèmes de défense et judiciaire congolais.

    3-3) Rôle des Nations Unies :

    Les Nations Unies sont un acteur majeur de la résolution de la crise des Grands Lacs, présentes à la fois en RDC (MONUC) et au Burundi (BINUB).

    En RDC, le déploiement de la MONUC a commencé en mars 2001. La mission est dirigée depuis janvier 2008 par le britannique Alan Doss, qui a succédé à l’américain William Swing en poste depuis juillet 2003. Les effectifs (22 000 hommes) et le mandat de la MONUC ont été progressivement renforcés et concentrés sur la résolution de la crise dans l’Est. Environ 98% des troupes onusiennes sont déployées dans les provinces de l’Est, où la MONUC a pour mandat prioritaire d’assurer la protection de la population civile.

    Le 01 juillet 2011, la Mission de l’ONU en République Démocratique du Congo (MONUC), présente dans ce pays depuis fin 1999, est devenue la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO), et ce, en application de la résolution 1925 du Conseil de Sécurité, adoptée le 28 mai 2010.

    Jusqu’en mars 2014, grâce à l’intervention de la MONUSCO en RDC, presque 80 % du territoire congolais a été réunifié sous l’autorité de l’Etat avec une police nationale, des institutions de sécurité, une armée et des institutions administratives qui fonctionnent.

    Le 28 mars 2014, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 2147, prorogeant le mandat de la MONUSCO et, à titre exceptionnel, le mandat de sa brigade d’intervention jusqu’au 31 mars 2015.

    V- Relations bilatérales :

    4-1) Relations politiques :

    La RDC n’a jamais reconnu la fantomatique rasd, et l’actuel Gouvernement ne semble pas chercher à se départir de cette position. Celle-ci a été d’ailleurs consolidée lors de la Visite Royale effectuée, du 27 février au 1er mars 2006. A cette occasion, les autorités congolaises ont réitéré leur soutien à la marocanité du Sahara.

    Les relations entre les deux pays sont également marquées par la participation active du Maroc, avec un contingent militaire composé d’environ 700 hommes, aux efforts déployés par la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO), dont l’intervention a permis la réunification, en mars 2014, de presque 80 % du territoire congolais sous l’autorité de l’Etat.

    4-2) Cadre Juridique :

    De nombreux Accords lient le Maroc à la RDC, dont le dernier a été le mémorandum d’entente relatif aux négociations aéronautiques, signé à Rabat le 29 février 2008.

    Lors de la Visite Royale réalisée en 2006, ce cadre juridique a été enrichi par la signature d’un Mémorandum d’Entente pour l’établissement de consultations politiques entre les deux Ministères des Affaires Etrangères, de plusieurs Protocoles d’Accords de coopération dans les domaines, agricole, Pêches Maritimes, Santé, Coopération Industrielle et Commerciale et d’un Protocole d’Accord relatif au financement du projet de Renforcement des Capacités d’Analyse des laboratoires de l’Office Congolais de Contrôle.

    4-3) Coopération bilatérale :

    a) Coopération économique et financière :

    A l’occasion de la Visite Royale en RDC du 27 février au 1er mars 2006, S.M. le Roi a remis un don en médicaments et matériel médical en plus d’une campagne de vaccination lancée en faveur d’enfants et personnes âgées. Une Convention relative à l’octroi d’une aide financière, pour un montant de 5,3 Millions de DH, a été également signée lors de cette visite. Elle porte sur le financement de projets à caractère socio-économique

    Le Centre Marocain de Promotion des Exportations (CMPE) -Maroc Export- a organisé, les 10 et 11 décembre 2010, les journées économiques et commerciales maroco-congolaises. La délégation multisectorielle marocaine était conduite par Monsieur Abdellatif MAAZOUZ.

    Dans le cadre de la 7ème Caravane de Partenariat en Afrique organisée par Maroc Export, une importante délégation marocaine s’est rendue à Kinshasa, du 25 au 27 juin 2013. Elle était présidée par M. Abdelkader AMARA, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies et composée d’une centaine d’hommes d’affaires. Cette mission visait le renforcement des échanges commerciaux et du partenariat économique avec les deux pays dans les secteurs du commerce, de l’Industrie et des Technologies de l’Information…

    b) Coopération Technique :

    ◦ Le 21 janvier 2008, un don d’équipements et de matériels a été remis à l’Office Congolais de Contrôle conformément à la convention signée lors de la Visite Royale à Kinshasa en février 2006 (pour un montant de 5,3 Millions de DH).

    ◦ Du 14 au 20 avril 2008, a été organisée une semaine gastronomique marocaine coïncidant avec l’inauguration d’une ligne aérienne Casablanca- Kinshasa.

    ◦ Au titre de l’année académique 2012/2013, un quota officiel de 45 places avec bourse a été accordé à la RDC. En 2013, l’effectif total des étudiants congolais lauréats du Maroc a atteint 486, dont 30 en 2012.

    ◦ Au titre de l’année académique 2013/2014, l’AMCI a accordé à cinq (05) médecins congolais la possibilité de poursuivre leurs études en cycle de spécialité médicale dans les facultés de médecines et de pharmacie au Maroc.

    • Coopération dans le secteur minier :

    La Société marocaine MANAGEM exploite le gisement de Pumpi, riche en cobalt et en cuivre, et s’étalant sur une superficie de 400 km².

    • Secteur privé :

    Le groupe marocain Addoha a entamé, en 2014, des négociations avec les autorités congolaises pour la conclusion d’un accord en matière d’habitat social, prévoyant la construction de 15.000 logements sociaux.

    En juin 2014, un accord a été signé entre le groupe marocain et le gouvernement congolais pour la construction d’une cimenterie (CIMAF) qui sera opérationnelle en 2016, avec une capacité de production annuelle d’un million de tonnes.

    La cérémonie de pose de la première pierre du projet de construction de CIMAF a eu lieu dans la commune de Kasangulu (province du bas-Congo), le 26 juin 2014.

    IV- Echange de visites :

    Plusieurs visites ont été enregistrées dont notamment :
    • Coté marocain :

    • Visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en RDC, du 27 février au 1er mars 2006.

    • Le 29-30 juin 2010, MM. Mohammed Cheikh Biadillah et Mohamed Laenser ont représenté SM le Roi aux festivités marquant le Cinquantenaire de l’indépendance de la RDC.

    • Participation de la délégation parlementaire marocaine présidée par Mr Abdelwahed Radi, ex-Président de la Chambre des Représentants, aux travaux de la 37ème session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie à Kinshasa, du 05 au 08 juillet 2011.

    • Participation de M. El Yazghi, ex-Ministre d’Etat à la cérémonie d’investiture et de prestation de serment du Président J. Kabila, réélu pour un nouveau mandat de cinq ans.

    • 7ème Caravane de Partenariat en Afrique, à Kinshasa du 25 au 27 juin 2013. Elle était présidée par M. Abdelkader AMARA, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies.

    • Coté congolais :

    • Mars 2011, Une délégation présidée par Monsieur EVARISTE BOSHAB, Président de l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo.

    • Participation d’une délégation de la RDC conduite par M. Nkoy BAUMBU, Secrétaire Général à la Coopération Régionale, à la IV Conférence Ministérielle de la TICAD, tenue à Marrakech, les 05 et 06 mai 2012.

    • Visite de travail au Maroc du Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo du 12 au 14 février 2013.

    • Visite au Maroc, du 15 au 28 février 2014, du Secrétaire Général du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPDR), parti de la majorité présidentielle.

    • Visite au Maroc, du 17 au 22 juin 2014, du Président du Sénat de la RDC, M. Léon Kengo WA DONDO, dans le cadre de la promotion de l’échange de visites entre les groupes d’amitié parlementaire maroco-congolais.

    V- Perspectives :

    • Finalisation d’un projet d’accord relatif à la coopération dans le domaine de la Marine Marchande ;

    • Signature d’un accord sur la promotion et la protection des investissements et d’une convention sur la non double imposition ;

    • La partie congolaise a exprimé le souhait de renforcer ses relations de coopération avec notre pays dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, des transports, de l’éducation, de la communication et des pêches maritimes. Dans le domaine de l’agriculture, des opportunités d’affaires et d’investissement sont offertes grâce à l’existence d’exonérations fiscales pour l’importation des intrants et autres facteurs de production. En matière d’exploitation et de revalorisation de gisements de phosphates, les régions Bas Congo et Ituri offrent des potentialités énormes d’investissement.

    • Projet de visite au Maroc du Président J. KABILA (Invitation adressée en mai 2001 au Président congolais par le biais d’un Emissaire Spécial reçu par Sa Majesté le Roi lors d’une audience Royale).

    • Réunion de la 6ème session de la Commission Mixte de Coopération (prévue en avril 2007 puis reportée à une date ultérieure). La 5ème session a été tenue à Rabat, les 20 et 21 avril 1987.

    • Souhait exprimé par la partie congolaise en 2010 pour l’instauration d’un jumelage entre Rabat et Kinshasa.

    • Poursuivre la formation au Maroc des forces militaires et des éléments de la garde rapprochée du Président congolais.

    • Souhait exprimé par les autorités congolaises de réaliser une mission d’études au Maroc, au profit des cadres de la Direction chargée de la gestion des Zones Economiques Spéciales (ZES), relevant du Ministère de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises de la République Démocratique du Congo (RDC).

    • Projet de visite à Kinshasa, du 22 au 26 octobre 2014, du Président de la Chambre des Conseillers.

    Source : Document confidentiel de la diplomatie marocaine

    Tags : Maroc, République Démocratique du Congo, RDC, fiche succincte,

  • En République démocratique du Congo (RDC), la riposte à Ebola bute sur l’insécurité et le manque de financement (ONU)

    Dimanche, le premier cas d’Ebola a été confirmé à Goma, une ville d’environ un million de personnes située au sud de l’épicentre de l’épidémie
    NEW YORK, États-Unis d’Amérique, 16 juillet 2019/ — L’Organisation mondiale de la santé (OMS) convoquera prochainement son Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (RSI) sur la maladie à virus Ébola en République démocratique du Congo (RDC). Il s’agira pour ces experts de déterminer à nouveau si cette épidémie persistante doit être déclarée comme une urgence mondiale après la confirmation d’un cas à Goma.

    Près d’un an après le début de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le nombre de nouveaux cas a atteint des niveaux préoccupants, ont alerté les Nations Unies.

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) ont organisé lundi à Genève une réunion de haut niveau pour faire le point sur la réponse coordonnée à Ebola et mobiliser davantage de soutien aux efforts déployés par le gouvernement congolais pour vaincre cette maladie mortelle.

    Depuis août 2018, plus de 1.650 personnes sont décédées du virus, et environ 12 nouveaux cas sont signalés chaque jour.

    Dimanche, le premier cas d’Ebola a été confirmé à Goma, une ville d’environ un million de personnes située au sud de l’épicentre de l’épidémie. La personne malade est un homme arrivé par bus dimanche matin dans la capitale du Nord-Kivu, avec 18 autres passagers et le chauffeur, en provenance de Butembo, l’un des principaux foyers de la maladie dans la province.

    « Le malade a été ramené à Butembo pour qu’il soit pris en charge dans un centre de traitement d’Ebola. La vaccination a été lancée pour tous les contacts », a précisé le Dr. Oly Ilunga, Ministre de la santé de la RDC, présent à Genève. Devant les Etats membres réunis dans la ville suisse, M. Ilunga a indiqué que les autorités congolaises et l’OMS se sont préparées, depuis le début de l’épidémie, « à l’éventualité de cas positifs à Goma ».

    « L’identification du cas à Goma pourrait potentiellement changer la donne dans la lutte contre l’épidémie », a déclaré le Dr Tedros, le Directeur général de l’OMS.

    L’épidémie d’Ebola étant toujours limitée toujours au Nord-Kivu et de l’Ituri, deux provinces frontalières du Rwanda et de l’Ouganda pour la première et de l’Ouganda et du Soudan du Sud pour la seconde, la riposte est à un tournant critique. L’OMS estime que le risque de propagation au sein de ces provinces et vers les pays voisins de la RDC est très élevé.

    Face à une épidémie d’Ebola qualifiée par Kinshasa comme « la plus complexe de son histoire et même de santé publique au niveau mondial », le Dr. Tedros a affiché son optimisme et sa confiance dans les mesures de riposte mises en place. « Avec le gouvernement, nous pouvons et allons mettre fin à cette épidémie », a-t-il dit, se voulant rassurant : « Nous disposons de meilleurs outils de santé publique que jamais pour lutter contre le virus Ebola, notamment un vaccin efficace ».

    « Néanmoins, nous ne pouvons pas être trop prudents. J’ai donc décidé de convoquer à nouveau le comité d’urgence dès que possible pour évaluer la menace de ce développement et avoir des conseils en conséquence », a fait remarquer le chef de l’OMS.

    Le Ministre congolais de la santé a rappelé que la complexité de la riposte et les facteurs de risque de propagation de l’épidémie résident dans la densité et la grande mobilité de la population et un espace géographique concerné qui couvre 23 zones de santé répartis sur deux provinces.

    Mais la riposte à Ebola ne saurait être confinée à sa seule dimension technico-sanitaire, estime le chef de l’OMS. « Il faut que les attaques et autres perturbations de la réponse cessent », a souligné le Dr. Tedros. Depuis le début de l’année, l’opération de riposte à Ebola a subi 198 attaques qui ont fait sept morts et 58 blessés parmi le personnel de santé. Une contrainte sécuritaire qu’a reconnu le Dr. Ilunga : « Une partie de la riposte se déploie dans des zones d’opération militaire où opèrent des groupes armés et des milices communautaires ».

    « Nous avons besoin du soutien politique de toutes les parties et de l’engagement des communautés pour que les intervenants effectuent leur travail en toute sécurité et sans interruption. C’est le seul moyen d’empêcher le virus de continuer à se propager », a prévenu le chef de l’OMS.

    Les régions des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu touchées par le virus Ebola se caractérisent par des infrastructures médiocres ; par une instabilité politique et des conflits persistants impliquant de nombreux groupes armés et par la méfiance de la communauté à l’égard des autorités nationales et des étrangers.

    En mai, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres a nommé l’Américain David Gressly au poste de Coordonnateur des interventions d’urgence des Nations Unies contre Ebola. M. Gressly, actuellement déployé dans les zones touchées par le virus, a pour mission de garantir l’efficacité de la riposte sur le plan sanitaire, sécuritaire et logistique, mais aussi en matière d’engagement politique et auprès des communautés afin de répondre aux préoccupations de ces dernières.

    Sans davantage de financement, éliminer Ebola ne sera pas possible (OCHA)

    A Genève, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, s’est également fait l’écho des propos optimistes du Dr. Tedros. « Aujourd’hui, les bailleurs de fonds et les intervenants ont exprimé leur confiance dans l’approche que nous adoptons actuellement », a déclaré M. Lowcock.

    Mais le chef d’OCHA a rappelé aux Etats membres une évidence : l’argent est le nerf de la guerre contre Ebola.

    « Si nous n’obtenons pas immédiatement davantage de ressources financières, il ne sera pas possible de mettre fin à l’épidémie », a prévenu M. Lowcock. « Chaque retard donne au virus l’occasion de se propager, ce qui a des conséquences désastreuses ».

    Le Secrétaire général adjoint a insisté pour que la communauté internationale fasse tout son possible pour éviter que l’épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC atteigne le niveau de celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest il y a cinq ans. Entre 2014 et 2016. Plus de 10.000 personnes au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée ont perdu la vie avant qu’une intervention d’un coût de plusieurs milliards de dollars mette fin à l’épidémie, a rappelé M. Lowcock.

    Distribué par APO Group pour United Nations (UN)

    Tags : République démocratique du Congo, RDC, ébola, épidémie,

  • République Démocratique du Congo, Ituri: des crises sans précédents frappent les populations

    Aujourd’hui, l’organisation médicale internationale, Médecins Sans Frontières (MSF), réitère donc son appel

    GENEVA, Suisse, 28 juin 2019/ — Dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), Médecins Sans Frontières (MSF) est témoin depuis plusieurs mois de multiples crises humanitaires qui laissent des centaines de milliers de personnes en besoin urgent d’assistance. Tout récemment, des milliers de Congolais ont été amenés à fuir face aux nouvelles violences qui frappent les territoires de Djugu, Mahagi et de l’Irumu. En dépit des appels répétés aux organisations d’aide internationale pour une plus grande mobilisation, la majorité des personnes déplacées n’a toujours pas accès aux biens et services de première nécessité. Aujourd’hui, l’organisation médicale internationale, MSF, réitère donc son appel.

    « Ce n’est malheureusement pas la première fois que les besoins humanitaires sont si importants dans le pays », explique le Dr Moussa Ousman, chef de mission MSF en RDC. « Mais une telle combinaison entre des violences provoquant des déplacements majeurs de populations, une épidémie d’Ebola et une autre de rougeole, c’est sans précédent. »

    Sur le terrain, les équipes doivent aujourd’hui répondre à plusieurs crises, devant faire face à des déplacements massifs de populations dus à la violence dans un contexte épidémique qui cumule rougeole, Ebola et taux de prévalence de paludisme extrêmement élevé. L’épidémie d’Ebola actuellement en cours ne montre aucun signe de ralentissement et la rougeole semble s’étendre dans la région.

    Les violences en Ituri sévissent depuis décembre 2017 et depuis plus de 18 mois, une grande partie de la population a besoin de manière urgente d’aide humanitaire. Depuis octobre 2018, MSF a mené trois enquêtes de mortalité dans les sites et les villages des zones de santé de Drodro, Nizi et Angumu. Toutes font état de taux de mortalité bien supérieurs aux seuils d’urgence.

    « Les enquêtes font apparaître que les gens meurent principalement de maladies évitables comme le paludisme, la rougeole ou les diarrhées », poursuit le Dr Ousman. « C’est très inquiétant. D’autant plus que pendant une épidémie d’Ebola, on n’a jamais pu jusqu’à présent mener de campagne de vaccination contre la rougeole. Cependant, avec le ministère de la Santé, nous réfléchissons à des stratégies et des moyens innovants pour mettre en œuvre des réponses adaptées. »

    MSF appuie les autorités sanitaires locales dans la dispense de soins médicaux et la réponse aux besoins indispensables à la survie de ces personnes : approvisionnement en eau potable, distribution de produits de première nécessité, douches et latrines dans les sites de Drodro, Nizi et Bunia où sont installés les personnes déplacées.

    La situation demande toutefois une mobilisation humanitaire médicale qui s’inscrive dans la durée, afin de venir en aide aux déplacés et faire face à l’épidémie de rougeole ainsi qu’au pic saisonnier de paludisme. Le nouveau pic de violence entre les communautés de juin 2019 a en outre provoqué des déplacements massifs de populations, majoritairement composées de femmes et d’enfants, augmentant ainsi considérablement les besoins.

    Face à la complexité de la situation, l’organisation médicale internationale MSF appelle à une mobilisation immédiate et consistante de l’assistance humanitaire, et qui s’inscrive dans la durée, afin non seulement d’éviter de nouvelles pertes humaines mais aussi d’offrir de meilleures conditions de vie à toutes ces personnes forcées de fuir.

    Distribué par APO Group pour Médecins sans frontières (MSF).

    Tags : RDC, République Démocratique du Congo, Ebola, crise, medecins sans frontières, épidémie,

  • Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du SG de l’ONU: 17 juin 2019

    Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 juin 2019

    (La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Nigéria

    Le Secrétaire général condamne le triple attentat-suicide perpétré le 16 juin dans le village de Konduga, de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigéria.

    Le Secrétaire général présente ses sincères condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au Gouvernement et au peuple du Nigéria. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés et espère que les auteurs de ces attaques seront rapidement traduits en justice.

    Le Secrétaire général réitère la solidarité des Nations Unies avec le Gouvernement du Nigéria dans sa lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il renouvelle aussi l’engagement des Nations Unies à continuer d’appuyer les efforts régionaux de lutte contre le terrorisme.

    Kenya/Somalie

    Le Secrétaire général condamne l’attaque perpétrée hier dans le comté de Wajir, au Kenya, au cours de laquelle huit policiers ont perdu la vie et d’autres ont été blessés lorsque leur véhicule a heurté un engin explosif improvisé. L’attaque intervient après l’enlèvement de trois policiers réservistes dans le même comté vendredi dernier, lequel enlèvement a été revendiqué par les Chabab.

    Le Secrétaire général condamne aussi le meurtre d’au moins huit personnes alors que d’autres ont été blessées par l’explosion d’une voiture à un point de contrôle de Mogadiscio, en Somalie. Cet acte a également été revendiqué par les Chabab.

    Le Secrétaire général présente ses condoléances aux familles des victimes et aux Gouvernements et aux peuples du Kenya et de la Somalie. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

    Le Secrétaire général exprime la solidarité des Nations Unies avec les Gouvernements du Kenya et de la Somalie dans leurs efforts de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

    Droit de la mer

    Ce matin, le Secrétaire général a pris la parole lors de la réunion commémorant le vingt-cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

    M. Guterres a déclaré qu’il était essentiel de disposer d’un corpus de droit international bien défini établissant les droits et obligations des États en ce qui concerne les mers et les océans à un moment où ces espaces subissent une pression sans précédent.

    Le Secrétaire général a encouragé les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la Convention et exhorté tous les États parties à s’attaquer pleinement à la mise en œuvre de la Convention avec un engagement et une vigueur renouvelés.

    « Soyons la génération qui brisera le cycle du déclin continu de nos océans et garantira leur conservation et leur utilisation durable, au profit des générations actuelles et futures », a-t-il déclaré.

    Yémen

    L’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a informé ce matin le Conseil de sécurité, depuis Amman, par visioconférence, des récents développements sur le terrain. À Hodeïda, la réduction de la violence a généralement été respectée depuis six mois, après l’entrée en vigueur de l’Accord de Stockholm en décembre. Et ce, en dépit des retards pris dans la mise en œuvre de ce même accord en raison d’un certain nombre de défis et de frustrations qui allaient de pair avec. M. Griffiths a ajouté que, au cours des derniers mois, des membres du Comité de coordination du redéploiement des deux parties ont continué à s’engager de manière constructive auprès du général de corps d’armée Michael Lollesgaard s’agissant des première et deuxième phases du redéploiement.

    L’Envoyé spécial s’est déclaré préoccupé par l’escalade récente des combats au Yémen ainsi que par les récentes attaques de drones à l’aéroport d’Abha. Dans le contexte de tensions régionales plus larges, a-t-il observé, les risques pour le processus politique n’ont jamais paru plus aigus. M. Griffiths a appelé à l’adoption de mesures visant à désamorcer les tensions au profit du peuple yéménite et de la sécurité régionale.

    Le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, a, quant à lui, déclaré aux membres du Conseil de sécurité que les événements survenus au Yémen au cours des dernières années ont été récurrents, comme une boucle temporelle. La situation sur le terrain, a-t-il noté, n’a que très peu évolué depuis 2016. Mais à la suite des combats, 24 millions de personnes ont besoin d’aide et 10 millions de nourriture. M. David Beasley, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, a également pris la parole au cours de cette séance.

    République démocratique du Congo (RDC)

    La Mission de l’Organisation des Nations Unies République démocratique du Congo (MONUSCO) est préoccupée des informations faisant état de violences dans la province de l’Ituri (territoire de Djugu), qui ont entraîné la mort de dizaines de personnes. Des pillages, des incendies de villages et des déplacements forcés de populations ont également été signalés.

    Afin de soutenir les efforts déployés par la RDC pour faire face à la détérioration de la situation sécuritaire, la MONUSCO a renforcé sa présence dans la région avec le déploiement de trois bases militaires temporaires dans les territoires de Djugu et de Mahagi.

    La Mission a également déployé des équipes sur le terrain pour évaluer la situation et engagé les communautés et les autorités à contribuer à prévenir de nouvelles attaques et à stabiliser la situation.

    Soudan

    La Coordonnatrice des opérations humanitaires au Soudan, Mme Gwi-Yeop Son, est gravement préoccupée de la détérioration de la situation humanitaire, et des informations faisant état de violence intercommunautaire dans des régions du Darfour, y compris les derniers affrontements à Zalingei dans le Darfour central, qui ont fait 17 morts et causé la destruction de 100 logements.

    Mme Son a souligné l’importance d’une intervention humanitaire sans entrave, fondée sur des principes, et rapide dans tout le Soudan. Elle a appelé les autorités à faciliter les importations et la distribution de l’aide, y compris les médicaments, et à garantir la liberté de mouvement des travailleurs humanitaires à l’intérieur du pays.

    Elle a ajouté qu’un demi-million de personnes risquent d’être touchées à Khartoum et au Darfour si les médicaments ne sont pas importés en temps utile, et 250 000 mères d’être privées de soins maternels.

    La Coordonnatrice a aussi mis en exergue la nécessité de respecter le droit international humanitaire, y compris la protection des centres sanitaires, le personnel de santé et les autres acteurs humanitaires. L’ONU et ses partenaires prêtent assistance à 4,4 millions de nécessiteux à travers tout le Soudan.

    Chine

    Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), les pluies diluviennes et les inondations qui se sont abattues la semaine dernière sur six provinces du sud et du centre de la Chine ont touché plus de six millions de personnes. Au moins 88 personnes ont été tuées avant le 16 juin et 388 000 personnes évacuées. L’ONU présente ses condoléances au Gouvernement et au peuple chinois pour ces pertes humaines.

    Venezuela

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a dépêché des équipes supplémentaires, ce week-end, à la frontière entre le Pérou et l’Équateur pour aider les autorités à gérer le nombre sans précédent de réfugiés et de migrants vénézuélien arrivant au Pérou.

    Vendredi, plus de 8 000 Vénézuéliens ont traversé la frontière dans la ville péruvienne de Tumbes, le plus grand nombre jamais enregistré en une journée. Le nombre total de réfugiés et de migrants vénézuéliens au Pérou serait de 800 000.

    Le HCR a indiqué qu’il prête une assistance humanitaire et médicale sur le terrain ainsi que des informations et des soutiens juridiques aux réfugiés et aux migrants des deux côtés de la frontière. L’agence réitère son appel à la communauté internationale à intensifier son appui aux pays comme la Colombie, l’Équateur et le Pérou qui ont accueilli la grande majorité des quatre millions de réfugiés et de migrants du Venezuela.

    Désertification

    La Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse est célébrée aujourd’hui. Le thème cette année est « Construisons l’avenir ensemble. »

    Dans son message, le Secrétaire général indique que « la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse présentent un grave danger pour des millions d’habitants de la planète et en particulier les femmes et les enfants ». Il a ajouté qu’il nous faut protéger la terre, la restaurer et en faire un meilleur usage pour réduire la migration forcée, améliorer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique. « C’est ainsi que nous pourrons faire face à l’urgence climatique mondiale. »

    La principale célébration se déroule en Turquie. Cette année marque aussi le vingt-cinquième anniversaire de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.

    Population

    La population mondiale devrait croître de deux milliards de personnes au cours des 30 prochaines années, selon le rapport sur les perspectives de la population mondiale de 2019, publié aujourd’hui par le Département des affaires économiques et sociales.

    Neuf pays devraient concentrer plus de la moitié de la croissance estimée d’ici à 2050. Il s’agit de l’Inde, du Nigéria, du Pakistan, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie, de la Tanzanie, de l’Indonésie, de l’Égypte et des États-Unis.

    Le rapport confirme également que la population mondiale vieillit en raison d’une espérance de vie plus longue et de taux de fécondité plus bas. Entre 2019 et 2050, la population devrait baisser de 1% ou davantage dans 55 pays ou régions.

    Conférence de presse

    Demain à 12 h 30, le Secrétaire général et le Conseiller spécial pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng, s’adresseront à la presse à la sortie du Conseil économique et social (ECOSOC), à l’issue de la réunion informelle sur la Stratégie et le Plan d’action des Nations Unies contre les discours de haine, qui se tiendra à 11 heures.

    Source : ONU PRESS

    Tags : ONU, presse, Nigeria, Somalie, Yémen, République Démocratique du Congo, Congo, Ebola, ECOSOC,

  • La Fédération Congolaise de Rugby poursuit la conquête des nouvelles provinces

    Ce merveilleux projet qui devait démarrer l’année passée, a été finalement repoussé cette année pour des raisons sécuritaires

    KINSHASA, République Démocratique du Congo, 20 mai 2019/ — Le Directeur technique national de la Fédération Congolaise de Rugby (FeCoRugby.org), monsieur Teddy TSHISUAKA MUTOMBO, s’est rendu à Kananga, chef-lieu de la nouvelle province du Kasaï Central en vue d’assurer l’implantation du rugby. Il s’agira spécialement d’assister techniquement le noyau des jeunes gens qui a été recruté, en insistant sur la sécurité et la santé du joueur par l’organisation des séances d’entrainement supervisé par lui.

    En outre, il doit organiser une session de formation de deux jours à l’intention d’éducateurs GIR dont une poignée de participants seront des enseignants du cycle primaire et secondaire. L’objectif est d’amener le ballon ovale dans la plupart d’écoles éparpillées dans un immense pays aux dimensions d’un sous-continent.

    Ce merveilleux projet qui devait démarrer l’année passée, a été finalement repoussé cette année pour des raisons sécuritaires.

    La province de Tshopo sera notre prochaine destination à partir du mois de juillet avec comme point de chute, la ville martyre de Kisangani.

    Distribué par APO Group pour Fédération Congolaise de Rugby (FECORUGBY).

    Tags : Congo, République Démocratique du Congo, RDC, rugby, Fédération Congolaise de Rugby, FECORUGBY,