Étiquette : Samuel Paty

  • Un regard américain sur les contextes de l’assassinat d’un professeur

    Ce post n’a pas pour but de parler directement de l’agression meurtrière dont a été victime Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie tué et décapité le 16 octobre alors qu’il venait de quitter son lieu de travail et rentrait chez lui. Il n’a pas non plus pour but de discuter des motivations de l’assassin qui a expliqué sur les réseaux sociaux vouloir punir l’État français qui se moquerait du prophète de l’Islam.

    Il n’a pas non plus pour objet de discuter du statut de la représentation du prophète dans la religion musulmane. Pour deux raisons. La première est que les représentations réalisées par les dessinateurs de Charlie Hebdo sont injurieuses et donc inadmissibles pour les tenants de la religion musulmane quelle que soit leur position relativement aux représentations imagées du prophète. La deuxième, c’est la plus importante, est que dans cette tragédie, la religion en tant que telle, dans ses contenus, ses prescriptions ou proscriptions est un non sujet, est hors sujet pour être plus précis.

    Ce qui ne signifie pas que les vidéos imbéciles qui dénonçaient publiquement le professeur, décrit comme un vulgaire voyou et divulguant son lieu de travail et son identité par dessus le marché, n’ont pas joué de rôle dans la mort du professeur. Le tueur cherchait une cible, elle lui a ainsi été offerte.

    L’objet de ce post est de présenter un point de vue étranger sur l’assassinat, plus exactement le contexte dans lequel il a eu lieu et le contexte qu’il a créé. Et ce point de vue étranger est des plus instructifs même si on ne peut pas dire que la presse étrangère s’est beaucoup intéressée à l’assassinat de Samuel Paty,. Cette relative indifférence contraste évidemment avec l’émotion et l’indignation suscitées, c’est bien compréhensible, par ce crime en France où il est qualifié d’attentat islamiste.

    La presse américaine, par exemple, a été peu diserte. Peut-être parce que de l’autre côté de l’Atlantique on ne comprend pas comment il peut être possible à un enseignant de montrer à des élèves des caricatures moquant un personnage central d’une religion? Ou qu’on est déjà assez occupé avec la campagne présidentielle? Ou les deux à la fois?

    Des journalistes ont cependant produit des articles tel Matt Bradley pour NBC, un grand network américain.

    Matt Bradley est basé à Londres. N’empêche qu’en quelques lignes il nous livre des éléments qui devraient faire rougir de honte pas mal de journalistes français soi-disant biberonnés à la laïcité.

    Ainsi le journaliste américain relève que la laïcité, dont il donne rapidement une définition juste, est une notion au départ « progressiste » dont se sont ensuite emparés les conservateurs qui lui ont donné un autre sens.

    Bradley date cette évolution du grand échec des tenants de la laïcité, échec qu’il fait remonter à l’incapacité du gouvernement d’union de la gauche à créer le grand service public unifié d’éducation face aux réactions massives des partisans de l’enseignement privé confessionnel, c’est-à-dire catholique. La contestation du projet de loi du ministre de l’éducation Alain Savary au début des années 1980 avait été ouvertement soutenue par les évêques dont Jean-Marie Lustiger mais aussi par des politiciens aussi connus que Jacques Chirac, Valery Giscard d’Estaing et Simone Veil. Avaient suivi la démission d’Alain Savary et celle de Pierre Mauroy, alors premier ministre.

    A partir de là, la Laïcité scolaire n’a cessé de reculer. Ainsi Jack Lang a accordé en 1992-1993 la même formation aux maîtres du privé que celle de ceux de l’enseignement public; il a aussi accepté la revalorisation du forfait d’externat de ces écoles confessionnelles.

    L’abrogation de la loi Falloux par François Bayrou a supprimé le plafonnement des aides des collectivités locales aux écoles privées.

    Une des dernières entorses à la laïcité de l’enseignement est due à M. Blanquer avec la scolarité obligatoire à partir de trois ans qui oblige les communes à accroître de manière considérable les subventions aux écoles maternelles privées.

    Tout ça pendant que l’Alsace Moselle reste sous le régime concordataire, donc non laïque.

    Les ennemis de la laïcité, pour le coup, sont plutôt ceux qui en parlent tout le temps et prétendent la défendre. Une espèce de gri-gri qu’on agite à la face de ceux qu’on n’aime pas avec d’autres gri-gris comme République, Liberté etc.

    LA FRANCE A ADOPTÉ DEPUIS LONGTEMPS LA LAÏCITÉ. APRÈS CETTE DÉCAPITATION, SERVIRA-T-ELLE À OPPRIMER?

    «La nouvelle ‘laïcité’ … est devenue un outil pour viser des personnes que nous considérons comme les ennemis de notre culture», déclare le professeur Raphaël Liogier.

    par Matt Bradley, NBC News (USA) 22 octobre 2020 traduit de l’anglais par Djazaïri

    CONFLANS-SAINTE-HONORINE, France – Des dizaines d’adolescents se tenaient debout émus dans les rues sombres et humides près après la sortie de l’école et avoir appris ce qui aurait dû être impensable: un réfugié tchétchène avait décapité leur professeur pour avoir montré aux élèves des caricatures du prophète Mahomet.

    Parmi eux, Martial Lusiela, 15 ans, qui se dit consterné par le meurtre mais ajoute qu’il avait averti son professeur, Samuel Paty , que rien de bon ne sortirait du fait de montrer les images.

    « Ce n’est pas le genre de caricature que vous devriez montrer aux élèves, car il y a des musulmans dans la classe », avait dit Martial à Paty à l’époque. « Nous sommes dans un établissement » laïque « . Cela pourrait entraîner des problèmes. »

    Martial avait peut-être pensé que la laïcité – la laïcité appliquée par l’État en France – signifiait que son professeur aurait dû éviter de telles discussions religieuses polarisantes. Mais dans les jours qui ont suivi le meurtre, les politiciens français ont eu l’interprétation inverse, présentant la laïcité comme justification à la fois de l’action de l’enseignant et d’une répression radicale de la minorité musulmane de France.

    Pendant plus d’un siècle, la «laïcité», qui visait à séparer l’État français de l’influence de l’Église catholique romaine, fut considérée comme un pilier sacré au centre de la conscience libérale française. Mais certains théoriciens politiques disent que sa signification a été récemment corrompue et transformée en arme par la droite politique.

    « La nouvelle laïcité … ce n’est plus un principe juridique et philosophique », déclare le philosophe et sociologue Raphaël Liogier, professeur à Sciences Po Aix-en-Provence. « C’est devenu un outil pour cibler les personnes que nous considérons comme les ennemis de notre culture. »

    L’hommage officiel du gouvernement à Paty fut un spectacle solennel organisé mercredi soir dans la cour d’honneur de l’Université de la Sorbonne. Le cercueil de Paty a été introduit dans la cérémonie sur l’air de «One» de U2 – la première de plusieurs chansons pop douces-amères jouées parmi les élégies, les poèmes et les prières récités par la famille, les amis et les collègues du professeur assassiné.

    Certains des membres les plus importants du gouvernement français siégeaient aux premiers rangs: le président français Emmanuel Macron a rendu un hommage émouvant à Paty – un mélange de gratitude pour le professeur assassiné, de défi face à la violence et, encore une fois, de fidélité à la laïcité.

    «Nous défendrons la liberté que vous avez si bien enseignée et nous augmenterons la laïcité», a déclaré Macron. «Nous n’abandonnerons pas les caricatures, les dessins, même si d’autres reculent. Nous offrirons toutes les chances que la République doit à toute sa jeunesse sans aucune discrimination. Nous défendrons la liberté q ue vous enseigniez si bien et nous porterons la laïcité, nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent »

    Les politiciens et les commentateurs de toutes tendances ont immédiatement qualifié le meurtre de Paty d’attaque contre la laïcité française. Ce point de vue a envahi les ondes et les journaux français, devenant un cri de ralliement pour réprimer l’extrémisme islamique, même si elle (la laïcité) visait visait à l’origine à éloigner l’État le plus possible des affaires religieuses. (Les musulmans qui sont une importante minorité en France, représentent un peu moins de 10% de la population, selon le Pew Research Center.)

    Les talk-shows télévisés ont animé des heures de débats sur le thème de la laïcité. Les chroniqueurs de journaux ont disserté longuement sur «l’attaque contre la laïcité» par «l’islam radical». Dans une interview sur BFM TV, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a vanté la laïcité tout en critiquant la vente séparée d’aliments halal dans les supermarchés présentée comme un ferment de séparatisme religieux.

    « La laïcité, l’épine dorsale de la république, a été visée par cet acte ignoble », a déclaré le Premier ministre Jean Castex à un groupe d’enseignants le lendemain de l’attaque.

    Macron, qui a longtemps défendu les droits des minorités, a récemment adopté une ligne plus dure.

    « Les islamistes ne dormiront pas tranquille en France », a-t-il déclaré après la décapitation.

    Dur avec le terrorisme ou cadeau aux xénophobes?

    L’invocation répétée de la laïcité a permis à Macron de faire valoir un lien de nature politique entre l’attentat terroriste et ses récentes propositions législatives visant à renforcer le caractère laïque de l’Etat face au «séparatisme islamiste» perçu. Beaucoup à gauche voient cela comme de la complaisance de Macron à l’égard de la droite xénophobe juste avant les élections de l’année prochaine.

    Macron a présenté la loi, qui doit être votée l’année prochaine, quelques jours seulement avant l’assassinat du professeur. Si elle est adoptée, elle donnerait à l’État un pouvoir considérable pour dissoudre les organisations religieuses, les associations et les écoles qui sont censés répandre une idéologie extrémiste. Cela conduirait au genre de contrôle politique sur les institutions religieuses qui, historiquement, aurait été un impensable pour les défenseurs de la laïcité.

    Lundi, la police a ciblé des personnes figurant sur des listes de surveillance terroriste et des organisations qui avaient exprimé leur soutien à la décapitation, fermé plusieurs associations d’entraide musulmanes et menacé d’expulser des islamistes connus, dont beaucoup sont déjà en prison. Darmanin a même proposé de dissoudre le Collectif contre l’islamophobie en France, une organisation non gouvernementale qui lutte contre les attaques contre les musulmans

    Le gouvernement a justifié la répression en affirmant qu’elle était non seulement nécessaire mais qu’elle aurait dû intervenir plus tôt. La France est toujours sous le choc d’une série d’attentats terroristes horribles, dont les attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan en 2015, qui ont fait près de 200 morts. Le procès des personnes soupçonnées d’avoir aidé les assassins se poursuit, et le gouvernement a continué à surveiller les menaces de radicaux islamiques visant des personnes et des lieux associés à Charlie Hebdo.

    Début octobre, deux personnes avaient été blessées quand un jeune homme qui affirmait défendre l’Islam les avait attaquées à l’arme blanche devant les anciens locaux de Charlie Hebdo.

    Les différentes significations de la laïcité ont suivi l’évolution des angoisses et des préoccupations de la société française. Le concept est souvent attribué à la loi française de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, qui a défini la compréhension moderne de la laïcité, même si le mot n’est jamais mentionné dans le texte.

    À l’époque, la loi était considérée comme un frein au pouvoir de l’Église catholique sur le gouvernement. Et pendant la majeure partie du siècle suivant, la laïcité a été considérée comme une cause progressiste de gauche qui allait encore plus loin que le premier amendement des États-Unis.

    Le concept contraste quelque peu avec la «liberté de religion» aux États-Unis. En France, toute référence à la religion dans la vie publique et politique peut aboutir à une mise à l’écart voire à une action en justice.

    Le laïcité concerne tout le monde, des plus modestes fonctionnaires aux élus. Les professeurs de l’enseignement public et les postiers n’ont pas le droit de porter le hijab islamique ou de grandes croix, tandis que la politicienne de droite Christine Boutin s’est retrouvée politiquement marginalisée après avoir brandi une Bible lors de son discours contre les organisations de défense des droits des homosexuels à l’Assemblée nationale en 1998.

    Mais le changement de définition a commencé dans les années 1980, lorsque la droite catholique a réussi à mettre en échec les tentatives du gouvernement socialiste français de mettre fin au financement public des écoles catholiques au nom de la laïcité.

    La conception de gauche ayant été vaincue, elle a été facilement réinvestie par une nouvelle génération d’hommes politiques populistes de droite au début des années 2000, déclare Éric Fassin, professeur de sociologie à l’Université Paris 8 St-Denis.

    « Le mot » laïcité « avait un sens, et la défaite politique de ce type de laïcité l’a rendu disponible pour quelque chose d’entièrement différent », dit-il.

    Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et la vague d’attentats terroristes en France en 2015, observent Fassin et Liogier, la laïcité vise désormais presque entièrement à nettoyer la société des immigrés et de l’islam.

    La « nouvelle laïcité » pervertit un idéal libéral français fondateur tout en l’utilisant pour ostraciser une minorité vulnérable,déclare Fassin, ce qui, selon lui, est exactement ce que veulent les terroristes islamistes.

    « Les terroristes veulent un monde en noir et blanc. Ils ne veulent pas d’une zone grise », dit-il. « Ils veulent que tous les musulmans aient le sentiment de devoir prendre parti. Et de le faire en prenant parti contre l’Occident.»

    Mounadil Al Djazaïri, 24 oct 2020

    Tags : France, religion, laïcité, Samuel Paty, Macron, Islam, libertés,

  • Algérie : des partis appellent à une réaction officielle sur les propos de Macron sur l’Islam

    Propos de Macron sur l’islam : des partis appellent à une réaction officielle

    Par Aziza Mehdid

    Les dernières déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’islam et les musulmans de France ont suscité une vive polémique et moult réactions de par le monde. Si Alger a préféré « ne pas répondre officiellement à des propos participant de la pure propagation », la classe politique, elle, y voit un « devoir » à ne pas passer sous silence une telle attaque.

    Ce sont particulièrement les partis issus de la mouvance « islamiste » qui ont réagi, à l’image du Mouvement El-Bina de Abdelkader Bengrina. Ce dernier a décidé hier d’emboîter le pas au Mouvement de la société pour la paix (MSP) en appelant les autorités publiques « à intervenir en vue de protéger la communauté musulmane en France de la montée de la haine et des pratiques racistes suite aux déclarations non responsables du président français ».

    « Face aux attaques franches subies par l’islam et les musulmans et l’atteinte officielle et directe de la France à la sacralité de la nation, et la montée accrue des jugements racistes, ainsi que les approches intégristes des politiciens contre cette religion, il est du devoir de tout musulman et de la nation musulmane de protéger l’islam, de défendre l’honneur de son prophète (QSSSL) et d’imposer le respect de la sacralité des musulmans de toute partie visant à leur porter atteinte », lit-on dans un communiqué publié sur la page Facebook du président du Mouvement El-Bina.
    M. Bengrina considère que « les derniers évènements ayant eu lieu en France ne seront pas sans conséquences dangereuses sur les relations de Paris avec les autres pays ». Des répercussions qui, explique-t-il, toucheront les intérêts français dans le domaine économique et culturel.
    Ainsi, le Mouvement tient, selon la même source, à « rejeter les politiques de l’hostilité et le conflit mené contre l’islam à travers des croisades et des politiques colonialistes, dont l’impact est toujours perceptible dans le monde musulman ». Le chef du parti précise qu’il dénonce « le terrorisme au nom ou contre la religion, au nom ou contre l’Etat, quelle que soit son origine », appelant « les sages de la place politique française à freiner la dégradation gouvernementale qui tente de justifier l’échec en fabriquant des batailles extérieures ».

    Le président du parti appelle « les peuples de la nation musulmane, de par le monde, à exprimer leur refus de ces menaces avec des méthodes pacifiques et légales », et « à faire primer le langage de la raison et du dialogue civilisationnel au lieu d’acculer le monde à des dérapages vers la violence et la contre-violence ». Par ailleurs, le MSP a exprimé son indignation dans un communiqué rendu public ce week-end. Son président Abderrazak Makri a accusé clairement le président français Macron d’atteinte à l’islam, appelant les autorités algériennes « à dénoncer officiellement les déclarations du président français et à prendre une position diplomatique, politique et économique convenable en considérant que l’islam est religion d’Etat ».
    « Le président français poursuit d’offenser les musulmans et d’agresser le prophète Mohammed ( QSSSL). Il s’agit d’une agression directe contre chaque musulman. C’est un comportement qui exprime une profonde haine envers l’islam et les musulmans. Persister dans cette offense est une attitude non conforme à l’éthique et s’inscrit aux antipodes des normes politiques et diplomatiques, au risque d’attiser les haines et les conflits entre les nations et civilisations », indique le communiqué du parti.
    Tout comme le Mouvement El-Bina, le MSP souligne que l’islam et les musulmans se démarquent du terrorisme et de ceux qui sèment l’horreur au nom d’une quelconque religion. « Chaque musulman connaissant sa religion condamne le terrorisme quelles que soient sa forme ou ses raisons. L’assassinat de l’enseignant français est condamnable et répréhensible, malgré l’acte criminel qu’il a commis à l’encontre du prophète de l’islam. Certes, il y a une minorité musulmane qui exploite le culte musulman pour justifier ses tendances violentes, mais cela est contraire aux préceptes de la charia’ islamique tolérante. Ce qui est valable aussi pour les autres religions », poursuit le même document.

    Pour Makri, l’argument de la liberté d’expression n’est pas admissible et ne justifie en rien la publication des caricatures sur le prophète Mohammed (QSSSL) dans la presse française, faisant observer qu’« aucune critique, sous toutes ses formes, n’est tolérée concernant la Shoah, qualifiée de comportements racistes et sionistes ». Le chef du parti « islamiste » s’est également adressé aux institutions religieuses et aux organisations et autres associations du culte pour prendre position « en condamnant les propos du président français ». Il demande toutefois à la communauté musulmane de « résister aux altérations faites à leur religion » et de donner surtout « une bonne image de l’islam civilisationnel et tolérant ».

    Le Jeune Indépendant, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, Macron, Islam, caritcatures, Samuel Paty, islamophobie,

  • Algérie : Abdallah Djaballah appelle au boycott des produits français

    par Ilhem Tir

    En réaction aux dernières déclarations provocatrices du président français, Emmanuel Macron, et aux atteintes au prophète Mohamed (QSSSL), le président du Front pour la justice et le développement (FJD), Abdallah Djaballah, en campagne contre le projet de la Constitution, appelle au boycott de tous les produits français.

    En meeting hier au Centre culturel Ibn Badis de Constantine dans le cadre de sa campagne contre le projet constitutionnel, Abdallah Djaballah a préféré endosser la abaya du cheikh que le costume du politique en prononçant un discours purement religieux profitant de la circonstance des événements islamophobes en France.

    Un pari gagnant puisqu’il a su capter l’attention de toute la salle acquise à sa cause lorsqu’il parla du prophète et de sa position dans le cœur de tous les Algériens. Tout en se référant au Coran et à quelques versets, le leader islamiste a appelé les citoyens à s’exprimer face à ces attaques provocatrices contre leur prophète avant de proposer une campagne de boycott de tous les produits français et en invitant l’État à prendre des mesures concrètes comme la convocation de l’ambassadeur de la France à Alger.

    Après une heure de prêche, le chef de file des islamistes a convergé vers la principale raison de la tenue de son meeting à savoir la Constitution et «le devoir d’aller voter et dire non à ce projet», dira-t-il. Sans verser dans les détails, il a accusé, lors de son intervention, la commission chargée de l’élaboration de ce projet d’être composée majoritairement de membres «laïques».

    «Cette Constitution sera une malédiction, pour le pouvoir et pour les Algériens qui voteront par oui, a-t-il affirmé.

    Affirmant avoir étudié le projet de manière explicite, le chef du FJD a considéré la nouvelle Constitution comme une «menace pour les constantes» avant d’énumérer les prérogatives élargies du président de la République dans cette nouvelle mouture de la loi fondamentale.

    Il a regretté que le chef de l’État se soit accaparé tous les pouvoirs contrairement à ses promesses.

    Ilhem Tir

    Le Soir d’Algérie, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, France, Islam, Samuel Paty, islamophobie, boycott, Abdallah Djaballah,


  • Maroc: Sur Twitter, un hashtag appelle au boycott des produits français

    Selon le site Middle East Monitor, les marocains ont adhéré à la campagne de boycott des produits français suite à la publications de caricatures illustrant le prophète Muhammad sur les murs d’immeubles français.

    La campagne a débuté sur les réseaux sociaux avec le hachtag #BoycottFrenchProducts « en réponse aux caricatures et à la suite des déclarations du président français Emmanuel Macron, qui ont suscité l’émoi des musulmans du monde entier ».

    Sur Twitter et Facebook, les photos de profil des utilisateurs ont été changés par « la bannière «Muhammad le messager d’Allah», en rejet des déclarations des responsables français », indique MEMO.

    Rania Lamlahi a tweeté: «En tant que Marocaine, je n’accepte pas la façon dont le président français se comporte envers l’Islam, alors je soutiens la campagne de boycott des produits français.»

    À son tour, l’activiste Siham Sark a critiqué dans un tweet la façon dont Macron a traité la question des caricatures offensives: «Malgré son allégation selon laquelle la France est un pays qui garantit les libertés.»

    Quant à Jalal Aouita, il a posté sur Facebook: «Il n’y a pas de différence entre la France d’autrefois et la France d’aujourd’hui sauf pour les tendances maquillage et les veilleuses de Paris. La même haine, la même discrimination, la même intimidation, les mêmes mentalités.

    Aouita a ajouté: «J’ai volontairement publié les caricatures pour que tout le monde prenne conscience de la rancune des décideurs français contre l’islam.»

    Dans un post Facebook, le consultant de la municipalité de Rabat, Hisham El-Harch, a déclaré: «C’est un triste jour dans l’histoire des musulmans, un triste jour dans le vrai sens du terme. La France est-elle devenue folle?

    El-Harch a ajouté: « Les caricatures publiées par le magazine français Charlie Hebdo visant le Messager d’Allah sont affichées sur les murs de certains hôtels de Toulouse et Montpellier en France, après que le président français a annoncé qu’il n’interdirait pas ces publications abusives. »

    La France a récemment été témoin d’une polémique sur les déclarations de politiciens français visant l’Islam et les musulmans, suite à la décapitation d’un enseignant le 16 octobre.

    « Ces derniers jours, les raids contre les organisations de la société civile islamique en France se sont multipliés suite à l’attaque. Mercredi, Macron a annoncé dans un communiqué de presse que son pays n’interdirait pas les caricatures insultant le prophète Mahomet et l’islam », conclue la mème source.

    Tags : Maroc, France, caricatures, Samuel Paty, prophète, Islam, Islamisme, terrorisme, amalgame, islamophobie, Charlie Hebdo,

  • Campagne de boycott des produits français – Lancée sur les réseaux sociaux

    Des internautes ont lancé sur les réseaux sociaux une campagne d’envergure de boycott des produits fabriqués en France sous le hashtag “#BoycottLes produitsfrançais” en réaction aux déclarations du président français Emmanuel Macron encourageant les caricatures et les dessins offensants le Prophète Mohamed (QSSSL).

    En effet, le hashtag incitant au boycott des produits français s’est placé en tête des sujets les plus discutés dans le monde arabo-musulman et ce en réaction aux propos hostiles à l’Islam et aux musulmans tenus par des officiels français et en soutien au Prophète (QSSSL).

    En Algérie, plusieurs pages sur les réseaux sociaux et des personnalités publiques ont manifesté leur soutien à cette initiative.

    Le président français a déclaré, lors d’un hommage rendu au prof d’histoire-géographie tué par un jeune homme d’origine tchétchène, que « Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent », martelant que ce dernier a été assassine « parce qu’il incarnait la République ».

    « Samuel Paty fut tué parce que les islamistes veulent notre futur et qu’ils savent qu’avec des héros tranquilles tels que lui, ils ne l’auront jamais», a insisté celui qui a succédé à François Hollande en 2017.

    Imène Boukhatem / Traduit par: Moussa. K.

    Source : Echourouk Online, 23 oct 2020

    Tags : France, Islam, Islamisme, Charlie Hebdo, caricatures, Samuel Paty, boycott, produits français, réseaux sociaux, campagne,

  • Le Maroc pointé du doigt dans l’assassinat de Samuel Paty

    Dans un article paru mercredi 21 octobre, le portail Jforum rappelle que l’ambassade du Maroc dément tout lien avec l’Islamiste Abdehakim Sefrioui. Ensuite, il se demande « pourquoi ce démenti ? ». Mais il n’apporte pas la réponse adéquate qui est que les autorités marocaines sont acculées par l’association du nom du Maroc avec tous les attentats terroristes commis en Europe depuis 2004.

    Une information rapportée par L’Express implique le Maroc directement dans l’assassinat du professeur Samuel Paty : Abdehakim Sefrioui, fiché « S » n’a pas été déchu de la nationalité en raison de sa proximité avec les autorités marocaines. Il a été aussi établi son appartenance au parti islamiste marocain PJD et avec la source d’inspiration de ce dernier, les Frères Musulmans.

    Aujourd’hui, Sefrioui est mis en cause pour «lien de causalité directe» établi entre l’attentat et la campagne qu’il a menée sur Internet en compagnie du parent d’élève Brahim Chnina.

    Selon le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard, le meurtrier de Samuel Paty s’est « directement inspiré » des messages diffusés par ce parent d’élève et l’enquête a établi que des contacts avaient eu lieu entre les deux hommes avant le meurtre du professeur.

    Abdelhakim Sefrioui a effectué la démarche de contacter le père de l’élève pour l’appuyer dans sa campagne contre Samuel Paty.

    Charlie Hebdo a exprimé son étonnement du fait que « la police et la justice ne se soient pas intéressées à lui plus tôt ».

    Le média satirique français rappelle ses campagnes agressives contre les imams qui ne sont pas d’origine marocaine : le tunisien Hassen Chaglhoumi et l’algérien Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris. Des faits qui peuvent être imputés à l’agenda du Makhzen voulant contrôler la totalité des mosquées sur le sol français dans le but de s’assurer le contrôle et la manipulation des musulmans d’origine marocaine. Dans ce cadre, « on le retrouve un peu après dans l’équipe fondatrice du Conseil des imams de France (CIF), une structure qui veut faire pièce au Conseil français du culte musulman (CFCM) en cours de lancement », précise Charlie Hebdo.

    Tags : France, terrorisme, Samuel Paty, Charlie Hebdo, caricatures, Islamisme, Abdelhakim Sefrioui,

  • La peur au ventre

    par Hatem Youcef


    A chaque fois qu’un acte criminel perpétré est relié de près ou de loin à des motivations religieuses pour ne pas dire islamiques surtout quand l’horreur le dispute à la consternation comme ce fut le cas pour la condamnable décapitation de l’enseignant Samuel Paty par un refugié tchétchène, toute la communauté musulmane de France se retrouve dans de beaux draps, contrainte de vivre avec la peur au ventre durant tout le temps que le crime en question occupe les esprits et les médias surtout. Alors, tout ce qui a un lien avec la religion musulmane devient (ir)réellement le point de mire de la nation éplorée, musulman pratiquant ou pas, barbu ou rasé de près, vêtu de qamis ou col blanc, burkini ou bikini, intello ou simple ouvrier d’usine, naturalisé ou simple résident, nouveau débarqué ou beur de l’ultime génération, utile à la France ou pas, baptisé ou arborant son prénom musulman comme un stigmate en l’occurrence, laïc, agoniste, déiste ou athée, tous sont coupables d’appartenir à la confession musulmane même s’ils s’égosillent à longueur d’année à apporter de l’eau au moulin de la République.

    Tous se recroquevillent durant tout le temps que la tension est maintenue au summum, ils rasent les murs, se font tout petits, pestent contre le coreligionnaire qui a réveillé les démons patents du racisme et de l’islamophobie. On veut se renier, se convertir momentanément au christianisme, au judaïsme ou encore au bouddhisme pour être fréquentable, innocent et intégrable. La peur au ventre ne laisse point de place aux délices de la nourriture, aux lumières de Paris ; on étouffe dans ce décor tout à coup redevenu gothique et l’on voit partout des policiers prêts à bondir sur vous pour vous inculper d’homicide de Français. On s’impose un couvre-feu, on s’autocensure et se confine à loisir. Les victimes de Charlie Hebdo refont surface et leur journal redevient prisé, très vendable et les sinistres caricatures par qui l’islamophobie croit triompher sont (re)prises d’assaut et exhibées lors des rassemblements et les hommages subséquents.

    La peur au ventre fait oublier la démocratie et les droits de l’homme, vous donne envie de réécrire l’histoire, replonger dans le passé avant l’affaire de l’éventail et envisager une vie en terre natale sans déchirement ni reniement. Tant que la tension est à son paroxysme, on s’en veut d’être là, on se trouve lâche de s’être expatrié, d’être proie aux caprices du destin. La nostalgie vous happe et en rajoute à la peur au ventre qui est l’unique lot de tous ceux qui sont liés de près ou de loin à l’islam là-bas. Il ne faut surtout pas se montrer dans les rassemblements où l’on rend hommage au défunt, il ne faut pas non plus se joindre aux pétitionnaires et signer ‘je suis prof’ car le nom aux consonances musulmanes est plausiblement rejeté, car en pareilles circonstances il ne fait bon être musulman dans l’hexagone. Même les nouveaux convertis adoptent un profil bas et vivent eux aussi avec la peur au ventre en dépit du bleu qu’ils ont dans les yeux.

    Le Quotidien d’Oran, 22 oct 2020

    Tags : France, Islam, islamisme, Samuel Paty, Charlie Hebdo, caricatures, terrorisme, intégrisme,

  • France : deux femmes voilées d’origine algérienne poignardées sous la tour Eiffel

    Les effets collatéraux de la tension psychologique et politique suscitée par le débat sur l’intégrisme dans l’Islam et l’amalgame créée par ce débat commencent à être visibles dans la rue française.

    La Tour Eiffel a été témoin dimanche soir d’une agression contre deux femmes voilées d’origine algérienne. Même si le mobile religieux n’est pas encore évoquée, l’agression a été précédée d’insultes racistes suite à un différend autour d’un chien non attaché. Le commissariat du 7ème arrondissement est chargé d’interroger deux personnes qui se trouvent en garde-à-vue.

    Tout a commencé lorsqu’un chien appartenant à deux jeunes femmes a fait peur aux enfants des deux femmes algériennes. Ces dernières leur ont demandé de tenir le chien en laisse. Et c’est là que la dispute a commencé pour finir avec les deux femmes poignardées.

    Les agresseuses ont proféré des propos racistes tels que « rentre dans ton pays”, « sale arabe », « on est chez nous »…Le voile de l’une des femmes a été arrachée par l’une des femmes coupables d’agression.

    L’une des victimes a déclaré qu’elle n’est pas sûre que l’agression a été intentionnelle, que c’était parce qu’elles portaient un voile. Le parquet de Paris a indiqué qu’il est trop tôt pour se prononcer à ce sujet.

    L’une des deux cousines algériennes a reçu plusieurs coups de couteau et a dû être opérée de la main. L’autre, qui se trouve toujours hospitalisée, a reçu six coups d’arme blanche et subi une perforation du poumon.

    Agences

    Tags : France, Islam, islamisme, Samuel Paty, Charlie Hebdo, caricatures, terrorisme, radicalisation, intégrisme,

  • Quand Emmanuel Macron “plagie” Réda Malek

    Le président français Emmanuel Macron a déclaré -dans le cadre de ce qu’il qualifie de lutte contre le radicalisme islamiste- que « la peur va changer de camp », en reprenant la célèbre phrase du défunt chef de gouvernement Réda Malek prononcée dans les années 1990.

    Selon la presse française, le locataire du palais de l’Elysée a lancé lors d’un conseil de défense et de sécurité nationale tenu dimanche soir, suite à l’assassinat d’un prof d’histoire à Paris, que « la peur va changer de camp » et que « les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquille dans notre pays [France, ndlr] ».

    En effet, c’étaient les mêmes mots utilisés par feu Réda Malek -en pleine crise des années 1990- en martelant que « la peur doit changer de camp ». C’était lors de l’enterrement de l’une des icônes du 6e art en Algérie, en l’occurrence Abdelkader Alloula, assassiné par des terroristes en mars 1994.

    Revenant sur sa déclaration qui est devenue célèbre, le défunt Réda Malek a rappelé que « j’étais alors chef de gouvernement et que la peur s’était emparée de l’opinion publique, journalistes, universitaires…j’ai dit que la peur devait changer de camp (groupes terroristes) car la lutte a porté et c’est grâce à elle que l’Algérie restera debout ».

    Echourouk Online, 21 oct 2020

    Tags : France, Emmanuel Macron, Reda Malek, plagiat, Islam, terrorisme, Samuel Paty,

  • L’héritage empoisonné d’Emmanuel Macron

    Valeurs

    En France, un professeur a été lâchement et brutalement assassiné vendredi dernier, provoquant l’effet d’un véritable électrochoc de la classe politique, des médias et d’une large majorité de Français qui s’inquiètent plus que jamais de voir certaines de leurs valeurs et liberté être combattues sur leur sol par des islamistes aux méthodes abominables. Et si Emmanuel Macron avait déjà posé les jalons d’une prochaine réforme de la laïcité pour combattre le communautarisme, l’horrible attentat dont a été victime un professeur de collège pourrait pousser le Président français et ses équipes à se faire encore plus intransigeants contre ceux qui veulent soumettre la France et qui usent une fois encore des réseaux sociaux pour s’organiser, même à la plus petite échelle.

    Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a ainsi souligné dimanche la «responsabilité» de ceux qui ont participé au «lynchage public» de l’enseignant Samuel Paty sur internet avant l’assassinat de l’enseignant, mais aussi celle des réseaux sociaux. «Je suis convaincu que ceux qui ont participé à ce lynchage public de cet enseignant, il y a des vidéos qui ont été postées sur les réseaux, il y a peut-être d’autres mobilisations qu’on n’a pas vues, sont d’une certaine manière responsables de ce qui s’est passé», a-t-il estimé.

    «Je ne suis pas la justice, je ne suis pas la police, mais il faut une réponse absolument exemplaire sur ce sujet-là», a-t-il ajouté. Le porte-parole du gouvernement a en outre estimé que les réseaux sociaux «ont une responsabilité», remarquant que «les choses ont démarré sur les réseaux sociaux et se sont terminées sur les réseaux sociaux». Donc, «on doit arriver à mieux les encadrer».

    Après la censure de la loi Avia par le Conseil constitutionnel au nom de la liberté d’expression, il a indiqué que le gouvernement travaillait à «un dispositif juridique de lutte contre la haine sur les réseaux sociaux». Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, doit recevoir aujourd’hui les patrons de ces réseaux. Y a-t-il eu des ratés de la part de l’Éducation nationale ? L’enquête va permettre de «voir s’il y a eu des angles morts ou pas», a indiqué Gabriel Attal, en remarquant que «la principale du collège, de l’avis de tous, a été absolument exemplaire dans son action». «On en tirera des enseignements, rien ne sera mis sous le tapis», a-t-il promis.

    Gabriel Attal a, par ailleurs, précisé que le gouvernement travaillait avec les enseignants et leurs représentants syndicaux pour que «quelque chose de spécifique et d’historique se passe à la rentrée scolaire» après la Toussaint dans les établissements. Il a jugé «pas acceptable» que des professeurs puissent «s’autocensurer» sur les sujets de laïcité car ils auraient «peur de la réaction de leurs élèves dans les endroits les plus difficiles», ce qui risque d’être «encore plus le cas» après cet assassinat. Reste à voir si les autorités françaises s’appuieront pour corriger cet état de fait sur les lois déjà existantes et qui répondent à de nombreux problèmes rencontrés aujourd’hui par les professeurs, agents administratifs, élus de la République, ou simples citoyens, ou si le gouvernement décidera de muscler encore un peu plus l’appareil législatif en place, qui doit déjà être revu dès le 2 décembre avec la présentation de la nouvelle loi sur la laïcité.

    Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron doit affronter ce dossier de front et traiter ce problème de société que lui ont légué ses prédécesseurs qui ont toujours préféré ignorer et même souvent dénigrer ceux qui tentaient de les alerter sur les dangers de l’islamisme en France et de son emprise de plus en plus menaçante, notamment dans les banlieues des grandes villes.

    Source : Le Jour d’Algérie (Le titre a été modifié)

    Tags : France, Islam, Islamisme, terrorisme, Samuel Paty, Abdelhakim Sefrioui,