Étiquette : Séleka

  • La RCA vue par le Général Soriano, ancien commandant de la force française en Centrafrique

    Source : document confidentiel de la diplomatie marocaine

    Objet : Echange avec le Général Francisco Soriano, ancien commandant de la force française en Centrafrique.

    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en marge d’un dïner organisé le 16 courant à la Présidence de la République, à l’occasion de la Fête Nationale Gabonaise, j’ai eu un échange avec le Général Francisco Soriano, Commandant des Forces Françaises au Gabon.

    Mon interlocuteur m’a confié que la violence a toujours été un trait dominant en République Centrafricaine. Depuis pratiquement son indépendance, le pays vit dans l’instabilité.

    Tous les Chefs d’Etats qui se sont succédé ont délaissé l’intérieur du pays pour se concentrer sur la capitale Bangui. Paradoxalement, M. Jean-Bedel Bokassa est le seul à voir entrepris quelques actions au bénéfice du pays, malgré le caractère mégalomane du personnage.

    Selon le Général français, la crise actuelle en RCA n’est pas d’essence religieuse. Les ex-Séléka avaient dans leurs rangs environ 20 % de chrétiens.

    L’Imam de la Mosquée de Bangui s’est distingué par ses prises de position contre les Séléka. Au sein des anti-Balaka, une minorité de musulmans y officie.

    Ce qui accrédite l’idée d’une crise d’ordre confessionnel tient largement au fait que les ex-Séléka s’étaient livrés à des exactions contre les chrétiens, sans épargner pour autant quelques musulmans.

    D’après le Général, le pays est victime d’une mauvaise gouvernance politique et économique. Il aurait dû tirer profit des immenses richesses (diamant, pétrole…) que son territoire recèle pour améliorer le sort de ses populations qui ne dépassent les 5 millions d’habitants.

    La transformation de la MISCA en MINUSCA, sous l’égide des Nations Unies, à partir du 15 septembre 2014, pourrait être le prélude à une sortie de crise. Toutefois, des difficultés persistent pour atteindre les 12000 casques bleus, taille jugée critique pour sécuriser le pays.

    A cet égard, je vous signale que M. Hervé Ladsous, chef des Opérations de maintien de la paix des Nations Unies a déclaré, ce matin sur RFI que le Maroc, le Pakistan et le Bangladesh sont disposés à la MINUSCA.

    Très haute considération

    L’ambassadeur Ali Bojji

    Tags : République Centrafricaine, Général Soriano, Séléka, Balaka, musulmans, chrétiens,

  • La République Centrafricaine vue par le Maroc

    Fiche succincte sur la République Centrafricaine

    I. Données de base :

    ▪ Appellation officielle : République Centrafricaine

    ▪ Superficie : 623.000 Km²

    ▪ Population : 5.277.959 hab. (Juillet 2014 est.)

    ▪ Capitale : Bangui

    ▪ Pays limitrophes : Cameroun, Tchad, Soudan, Congo, RDC

    ▪ Chef d’Etat de la Transition : Mme Catherine SAMBA-PANZA (23 janvier 2014, démission le 05 août 2014)

    ▪ Premier Ministre, Chef du Gouvernement : M. Mahamat KAMOUN (nomination le 10 août 2014)

    ▪ Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine, de la Francophonie et des africains de l’étranger : M. Toussaint KONGO DOUDOU (27 janvier 2014)

    ▪ Principales ressources: Diamants, or, uranium, bois, hydro-électricité, coton, manioc, café.

    ▪ PIB/hab. : 700 USD (2013 est.)

    ▪ Dette extérieure: 634,2 millions USD (Décembre 2013 est.)

    ▪ Indice de développement humain : 180ème sur 186 pays (PNUD 2013)

    ▪ Ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Bangui : M. Mostafa HALFAOUI (nommé le 06 décembre 2011, présentation des lettres de créance le 18 janvier 2012)

    ▪ Ambassade de la République Centrafricaine à Rabat : M. Ismaïla NIMAGA (depuis le 07 octobre 2001)

    ▪ Date de nomination du Premier Ambassadeur du Maroc : 14 avril 1986

    ▪ Date d’établissement des relations diplomatiques : 1976

    ▪ Communauté marocaine en Centrafrique : 30 personnes (composée essentiellement de femmes, conjoints de ressortissants centrafricains)

    II. Situation politique intérieure :

    Depuis son indépendance en 1960, une situation d’instabilité politique, due aux différents coups d’Etat, sévit dans la République Centrafricaine (RCA). Après la période de l’Empereur, Jean Bedel BOKASSA, de 1965 à 1979, le Président David DACKO a commencé par instituer les libertés démocratiques et le multipartisme. La prise de pouvoir en 1981 par le Général KOLINGBA, a bloqué le processus de démocratisation. Le multipartisme fut rétabli en 1992. Une année après, les élections présidentielles ont porté Ange Félix Patassé à la tête de l’Etat.

    Le pouvoir en place n’a pu redresser la situation que grâce au soutien militaire de la Libye et du Mouvement rebelle congolais de J.P.Bemba. Cependant, le limogeage par le président Patassé de tous les responsables de la sécurité suite au putsch de novembre 2001, notamment le Général François BOZIZE, ex-Chef d’Etat Major, a de nouveau crée une tension extrême dans le pays qui a été accentuée par la fuite de ce dernier au Tchad.

    Pour remédier à cette situation d’instabilité, la CEN-SAD a adopté, plusieurs résolutions dont notamment la création d’une force de maintien de la paix et le rétablissement de l’unité nationale.

    De son côté, la CEMAC s’est engagée militairement en RCA avec le déploiement d’un contingent de 300 à 350 éléments. L’envoi de cette force serait également motivé par le souci de remplacer les troupes libyennes installées à Bangui, dont la présence n’a jamais été appréciée ni par les pays de la sous-région, ni par la France et les Etats-Unis et, encore moins par le Tchad.

    Au moment où gouvernements et partis politiques s’étaient engagés dans la préparation d’un dialogue national de réconciliation, un coup d’Etat militaire fut perpétré, le 15 mars 2003, par le Général François Bozizé. bien que cette prise de pouvoir par la force ait été fermement condamnée par la communauté internationale, François Bozizé a réussi, au bout de quelques semaines, à s’imposer comme le nouvel homme fort du pays.

    En suspendant la Constitution et dissolvant l’Assemblée Nationale, le Président autoproclamé a procédé, le 1er avril 2003, à la nomination d’un nouveau gouvernement d’union nationale dirigé par M. Abel Goumba, ancien opposant. Il a d’autre part mis en place un Conseil National de Transition (CNT) dont la tâche était d’assister le gouvernement dans l’élaboration d’une nouvelle Constitution et la préparation des élections générales de mai 2005. Ces élections ont consacré la victoire de François Bozizé (64,6% des suffrages) face à son rival l’ancien Premier Ministre Martin ZIGUELE. L’équipe gouvernementale, formée le 19 juin 2005, est composée en majorité de membres de partis regroupés dans la Convergence Nationale « Kwa na Kwa » qui avait soutenu la candidature de M. Bozizé à la présidentielle.

    En décembre 2012, le Gouvernement centrafricain a connu un remaniement partiel. Conformément à l’Accord de sortie de crise conclu par les parties belligérantes, le 11 janvier 2013 à Libreville, le Président de la RCA a nommé officiellement, M. Nicolas TIANGAYE au poste de 1er Ministre (avocat et ancien Président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme.

    Accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences interreligieuses dans son pays, le Président centrafricain de la Transition M. Michel Djotodia et son Premier Ministre Nicolas Tiangaye, se sont vus contraints de démissionner, le 10 janvier 2014, sous la pression des dirigeants des pays membres de la CEEAC, réunis en sommet extraordinaire à N’Djamena le même jour.

    Le Président du CNT et Chef de l’État centrafricain par intérim, M. Alexandre-Ferdinand Nguendet a déclenché, le 14 janvier 2014, une réunion du CNT pour élire un nouveau Président ; parmi 08 candidatures retenues, le choix a été porté, après un deuxième tour du scrutin organisé le 20 janvier 2014, sur Mme Catehrine SAMBA-PANZA (Maire de Bangui depuis mai 2013), pour occuper le poste de Chef d’Etat de Transition en RCA, jusqu’en février 2015, date des prochaines élections générales.

    Malgré la bonne volonté affichée par la Présidente de la Transition, il semble que le nouveau Gouvernement n’est pas en mesure d’entreprendre des actions de portée sociale ou économique comme le paiement des salaires des fonctionnaires, de la Gendarmerie et de la Police.

    Sur la question des élections, prévues par le Conseil de Sécurité de l’ONU en février 2015, les opinions sont partagées entre ceux qui veulent respecter ce délai et ceux qui exigent la création d’un environnement sécuritaire stable et d’un dialogue national pour garantir le succès de toute consultation.

    Lors de l’assemblée générale de l’ex-Séléka qui s’est tenue le 12 juillet 2014 à Birao, au nord du pays, l’ex-Président M.Djotodia a été reconduit à la tête de la coalition. A noter que du 09 au 11 mai 2014, les membres de l’ancienne coalition Séléka, retranchée dans le nord du pays et contrôlant 8 préfectures sur 16, se sont déjà réunis à Ndélé, au nord-est du pays en vue de se réorganiser et élire des responsables politiques et militaires.

    Il semble que les ex-Séléka visent par ces actions l’obtention de plus de poids dans le pouvoir central.

    Dans le cadre de la mise en œuvre effective des engagements émanant du Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique tenu à Brazzaville, en juillet 2014, et à la demande de la Présidente Mme SAMBA-PANZA, le Premier Ministre centrafricain, André Nzapayéké et son gouvernement ont démissionné, le 05 août 2014.

    Le 10 août 2014, M. Mahamat KAMOUN, de confession musulmane, a été nommé Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Il a été chargé d’entamer des consultations pour la formation d’un nouveau Gouvernement.

    • Evolution de la situation politique et sécuritaire en Centrafrique :

    L’accession, par la force, au pouvoir de la rébellion « Séléka » le 24 mars 2013, a suscité de vives réactions et inquiétudes de la part de la communauté internationale et des instances régionales qui ont appelé au retour de la paix et de la démocratie en Centrafrique.

    Le 18 avril 2013, le sommet de la CEEAC a tenu ses travaux à N’djamena. Lors de cette réunion, il a été décidé de la mise en place d’une Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) ainsi que de la création d’un Groupe de Contact International (GCI), composé d’organisations régionales et internationales, ayant pour mission de mobiliser les appuis politiques et les ressources financières permettant la réussite de la transition.

    Préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire en Centrafrique, le Conseil de Sécurité a autorisé, le 05 décembre 2013, après l’adoption à l’unanimité de ses 15 membres de la résolution 2127, le déploiement de la MISCA sous conduite africaine pour une période de 12 mois et ce, avec l’appui des forces françaises et avec l’éventualité de la transformer en forces onusiennes. Dans l’attente de l’organisation des élections présidentielles prévues en début 2015, le nombre total des effectifs de la MISCA devrait atteindre 4000 hommes.

    En vertu de la même résolution, une Commission d’Enquête Internationale (CEI) a été créée pour une période initiale d’un an. Elle a pour mandat d’enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire (D.I.H) et du droit international (D.I) des droits de l’Homme (DH) et d’atteintes aux droits de l’Homme qui auraient été perpétrées en RCA depuis le 01 janvier 2013.

    Dans son rapport préliminaire, de juin 2014, la CEI, affirme qu’il existe suffisamment de preuves pour démontrer que les parties belligérantes ont commis des violations du DIH, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, et sollicite ainsi le renforcement du soutien accordé au gouvernement de transition.

    S’agissant de l’appui fourni à la MISCA, le Conseil a engagé les pays de la région et les autres pays d’Afrique à participer à la mise en place de la Mission et les États Membres de l’ONU à l’appuyer efficacement «en temps utile».

    Pour sa part, la France a procédé, le 06 décembre 2013, au déploiement de ses forces militaires, dans le cadre de l’opération baptisée « Sangaris ». Cette opération a mobilisé au total 1600 soldats français.

    A noter que la Présence militaire française dans le pays était au début cantonnée à une mission de sécurisation de l’Aéroport de Bangui-Mpoko et de protection des ressortissants français.

    Dans sa résolution 2121, adoptée à l’unanimité, le 11 octobre 2013, le Conseil de Sécurité a exigé « l’application immédiate » des dispositions de l’Accord de Libreville du 11 janvier 2013 et de la feuille de route adoptée au Sommet de N’Djamena du 18 avril 2013, qui doivent aboutir à l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres et transparentes 18 mois après le début de la période de transition.

    Le Conseil de sécurité a décidé en outre de renforcer, en vertu de la même résolution, le mandat du Bureau des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix en République Centrafricaine (BINUCA). Le mandat du Bureau prévoit ainsi un appui à la mise en œuvre du processus de transition, en facilitant notamment la mise en œuvre du processus électoral. Le Bureau fournira également un appui à la prévention des conflits et à l’assistance humanitaire, ainsi qu’à la stabilisation des conditions de sécurité.

    Une opération internationale de maintien de la paix de l’ONU impliquant toute la communauté internationale s’avère impérative, afin de garantir la pleine réussite aux efforts de paix déployés ; ainsi, la plupart des 4000 soldats de la Misca qui œuvre aux côtés des 2.000 Français de la force « Sangaris », devraient passer sous mandat de l’ONU. A l’exception des 850 militaires tchadiens, dont N’Djamena a annoncé le retrait, le 03 avril 2014, après l’incident meurtrier survenu la nuit du 27-28 mars 2014 à Bangui, ayant fait plus de 30 morts, impliquant plusieurs soldats tchadiens accusés de partialité en faveur des éléments de l’ex-Séléka.

    Le 10 avril 2014, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 2149, prévoyant l’envoi de 10.000 soldats et 1.800 policiers pour rétablir l’ordre et la sécurité en RCA. Cette résolution prévoit le transfert d’autorité de la MISCA à la MINUSCA en septembre 2014. Avec ses 12.000 hommes, cette nouvelle opération de maintien de la paix de l’ONU devrait être opérationnelle le 15 septembre 2014.

    Un Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique, sous l’égide du Médiateur de la CEEAC dans la crise centrafricaine, le Président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, s’est tenu à Brazzaville, du 21 au 23 juillet 2014. A l’issu de ce Forum, un accord de cessation des hostilités et de violences a été signé par les parties prenantes au conflit en RCA. Cette rencontre sera suivie de consultations populaires au niveau régional, dans les 16 préfectures du pays, avant de tenir un Forum de réconciliation nationale à Bangui.

    III- Relations Extérieures :

    • Puissances étrangères et crise centrafricaine :

    La France a procédé, le 06 décembre 2013, au déploiement de ses forces militaires, dans le cadre de l’opération baptisée «Sangaris». Cette opération a mobilise un total de 2000 soldats français.

    La Belgique et la Pologne ont marqué leur disposition, le 18 décembre 2013, à apporter des renforts aux côtés des forces françaises et africaines en RCA. Pour sa part, la Hollande a déclaré apporter un soutien de transport à la mission militaire conduite par la France. L’Allemagne s’est engagée, quant à elle, en janvier 2014, à apporter une aide logistique.

    Un contingent militaire polonais composé de 50 personnes s’est déplacé en Centrafrique en février 2014, pour une mission de trois mois.

    L’Union Européenne (UE), qui n’était pas prête à s’impliquer totalement dans l’opération « Sangaris », a décidé, le 20 janvier 2014, l’envoi de ses forces en Centrafrique dans le cadre de l’opération «EUFOR-RCA», en appui aux forces de la MISCA et des troupes françaises. Atteignant sa pleine capacité le 15 juin 2014, l’EUFOR-RCA compte 800 hommes (soldats et gendarmes).

    En juillet 2014, l’UE a adopté un paquet « développement » en faveur de la Centrafrique, à hauteur de 119 millions € afin de permettre le rétablissement des services sociaux de base, de la stabilisation macro-économique et l’appui au processus électoral. A cela s’’ajoute le lancement du fonds fiduciaire européen « Bekou », doté d’un budget initial de 59 millions €.

    De son côté l’administration américaine avait appuyé l’adoption de la résolution 2127 par le Conseil de Sécurité de l’ONU, en décembre 2013. Il convient de signaler que les Etats-Unis avaient fourni du matériel et assuré le transport aérien pendant une semaine de 850 soldats du Burundi vers la RCA ainsi que leur formation avant leur déploiement. Le 20 novembre 2013, l’administration américaine avait annoncé le versement de 40 millions USD aux pays qui fournissent des contingents à la MISCA. Le 10 décembre 2013, les autorités américaines ont également décidé d’apporter un appui de 60 millions USD sous forme d’articles et de services liés à la défense, de manière à fournir une assistance militaire immédiate à la France et à l’Union Africaine.

    En outre et au cours de l’année 2013, les Etats Unis avaient fourni plus de 24 millions USD au titre de l’aide humanitaire, avec une assistance supplémentaire de 6,2 millions USD annoncée en septembre 2013 pour venir en aide aux réfugiés centrafricains dans les pays voisins.

    Par ailleurs, la communauté internationale a décidé, sur initiative conjointe des Nations Unies et de la Commission Européenne, de consacrer 496 millions USD à la Centrafrique pour l’année 2014, dont 200 millions pour l’aide d’urgence et 296 millions pour des programmes humanitaires dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.

    • RDC et crise centrafricaine :

    L’instabilité en République Centrafricaine a engendré un flux de réfugiés centrafricains vers la République Démocratique du Congo (RDC). En décembre 2013, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a estimé que plus de 47.000 réfugiés centrafricains vivent en RDC. Plus de 20.000 ont déjà été transférés dans quatre camps de réfugiés mis en place par le HCR, dont trois sont situés dans la province de l’Equateur et un en Province Orientale.

    En décembre 2013, la RDC a décidé d’envoyer un contingent de 850 éléments des Forces Armées de la RDC (FARDC) en RCA, dans le cadre de la MISCA et ce, en réponse à la requête des instances de la CEEAC et de l’UA.

    • Cameroun et crise centrafricaine :

    Après la démission du Président centrafricain de la Transition en janvier 2014, l’ex-Président centrafricain déchu, M. François BOZIZE, est retourné au Cameroun après l’avoir quitté en juin 2013 pour s’installer en Afrique du Sud.

    Le retour de BOZIZE au Cameroun traduit l’ambition de Yaoundé de s’impliquer fortement dans la solution de la crise centrafricaine. BOZIZE et sa formation politique pourraient être instrumentalisés par Yaoundé pour stabiliser la RCA, y sauvegarder ses intérêts et contenir la politique hégémoniste de son voisin tchadien dans la sous-région.

    IV. Relations bilatérales :

    1. Relations politiques

    Les relations politiques entre le Maroc et la RCA, ont toujours été excellentes. La RCA n’a jamais reconnu la pseudo « rasd », et soutient sans réserve, depuis juin 2008, l’Initiative d’autonomie élargie de la région du Sahara, proposée par le Maroc en application de la résolution 1813 du Conseil de Sécurité. Cependant, la RCA n’intervient que très rarement dans les débats consacrés à la question du Sahara.

    Afin de donner une nouvelle impulsion aux relations maroco-centrafricaine, le Maroc a élevé sa représentation diplomatique à Bangui du poste de Chargé d’Affaires au rang d’Ambassadeur de Sa Majesté le Roi.

    • Crise centrafricaine :

    L’arrivée de la rébellion Séléka par la force, le 24 mars 2013, n’a eu aucun impact sur la qualité des relations maroco-centrafricaines qui, de surcroît, ont été renforcées par l’intervention marocaine à travers l’évacuation et l’hospitalisation de plusieurs blessés de guerre.

    Le Maroc a été sollicité à maintes reprises par la République Centrafricaine pour répondre à des demandes d’aide concernant :

    • L’évacuation sanitaire depuis avril 2013 et aide en matériel médico-technique en faveur des blessés centrafricains (jusqu’en janvier 2014, 100 évacuations sanitaires ont été réalisées au bénéfice de la population centrafricaine) ;

    • Fourniture de matériel de bureaux au profit de certains Départements étatiques centrafricain (ordinateurs, imprimantes, photocopieurs, rames de papier…etc.) ;

    • Demande d’aide financière formulée, le 30 avril 2013, par la Mission Permanente centrafricaine pour la couverture des besoins mensuels de la résidence et de la chancellerie, estimés à 17.500 USD.

    Le Maroc avait également répondu favorablement à l’appel lancé par le Conseil de Sécurité concernant le déploiement de 250 éléments des FAR en Centrafrique (ce nombre devrait atteindre 560 hommes), qui constituent l’Unité de Garde de la BINUCA. Les troupes marocaines sont arrivées en Centrafrique en fin décembre 2013.

    Sur un autre plan, le Maroc a été désigné, en janvier 2014, à la Présidence de la Commission de la Consolidation de la Paix/Configuration « République Centrafricaine » des Nations Unies.

    Après l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2149, le 10 avril 2014, prévoyant le déploiement d’une opération de maintien de la paix (12.000 hommes) à partir du 15 septembre 2014, à travers le transfert d’autorité de la MISCA à la MINUSCA, il est prévu que le nombre des éléments de FAR déployés en RCA atteigne 850, sachant que 800 hommes est le seuil exigé pour pouvoir intégrer la future mission onusienne.

    2. Relations économiques :

    Les relations économiques entre le Maroc et la RCA, sont très modestes et ne reflètent pas la qualité des relations politiques.

    Les échanges commerciaux entre les deux pays restent très faibles. Les exportations portent essentiellement sur les poissons en conserve, conserves de légumes et de produits divers de consommation, tandis que les importations concernent le coton et le café.

    a. Cadre juridique

    Le cadre juridique régissant les relations entre le Maroc et la RCA comporte huit accords portant entre autres, sur la coopération culturelle et scientifique, économique et technique, le commerce, la santé, le transport aérien et la communication.

    b. Commission Mixte de Coopération

    La Commission Mixte de Coopération maroco-centrafricaine a tenu jusqu’à présent trois sessions. La 1ère à Bangui en juin 1986, et la 2ème à Rabat en novembre 1989 et la troisième les 25 et 26 septembre 2006, à Rabat en marge de la visite au Maroc du Premier Ministre Centrafricain, Monsieur Elie DOTE.

    d. Coopération économique, technique et culturelle

    Le Maroc offre, annuellement, à la RCA un quota officiel de 35 places pédagogiques assorties de bourses. Des cadres militaires centrafricains sont également formés régulièrement au Maroc.

    La coopération maroco-centrafricaine couvre également le domaine de l’aviation civile, l’assistance financière (dotation de 600.000 USD ; en décembre 2006, 500.000 USD pour contribuer à l’épuration des arriérés de sa dette vis-à-vis de la BAD), le secteur bancaire (Création, en juillet 1991, à Bangui de la Banque Populaire maroco-centrafricaine)…etc.

    En 2010, lancement des travaux de réhabilitation du CNHUB, et en mars 2013, inauguration de la station marocaine « Hit Radio »)…etc.

    V. Perspectives :

    – Achèvement par l’AMCI des travaux de réhabilitation du Centre National.

    – Projet de visite au Maroc de trois responsables du Conseil Economique et Social pour s’enquérir de l’expérience de son homologue marocain (souhait exprimé en décembre 2012).

    – Aide en matériels médico-techniques en faveur des blessés en Centrafrique.

    – Demande d’aide financière soumise par la Mission Permanente centrafricaine à New York estimée à 17.000 USD pour couvrir les besoins mensuels de la résidence et de la chancellerie.

    – Demande d’aide financière soumises par la partie centrafricaine portant sur un montant estimé à 22.404.000 FCFA soit 44.005 USD essentiellement destinées à la réfection des bureaux du Ministre centrafricain des Affaires Etrangères, du Ministre Délégué et du Chef de Cabinet ainsi que la fourniture de 20 ordinateurs avec imprimantes, 10 photocopieuses et 150 rames de papier (accord donné par Monsieur le Ministre pour répondre favorablement à cette demande d’aide).

    – Souhait exprimé en mai 2013 par le Président du Conseil National de Transition centrafricain (CNT) de se rendre au Maroc pour rencontrer le Président de la Chambre des Représentants.

    – Souhait exprimé en juin 2013 par la partie centrafricaine d’engager des discussions en vue d’enclencher la procédure de mise en œuvre des Accords suivants :

    1. Mémorandum d’Entente en matière de Coopération Industrielle et Commerciale ;

    2. Accord sur la promotion et la protection Réciproque des Investissements.

    Source : Document confidentiel de la diplomatie marocaine

    Source : Maroc Leaks, 1 fév 2020

    Tags : Maroc, Marocleaks, République Centrafricaine, RCA, Sahara Occidental, Seleka, Balaka,

  • « Les Centrafricains ont soif de paix », souligne une experte indépendante de l’ONU

    Au Conseil des droits de l’homme, l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République Centrafricaine (RCA), Marie-Thérèse Keita Bocoum, a relayé « les espoirs et les inquiétudes » de la population qu’elle a recueilli lors de sa dernière mission dans le pays.

    « Les Centrafricains ont soif de paix », a déclaré mercredi à Genève Mme Bocoum, qui estime crucial que la population centrafricaine ressente dès aujourd’hui que la dynamique amorcée par l’adoption de « l’accord de paix contribuera à changer leur quotidien ».

    Devant le Conseil, l’experte a décliné les priorités devant mener la Centrafrique sur le chemin de la paix définitive. « Cela implique des efforts en matière de sécurité et de réduction de la violence mais cela implique aussi une action robuste pour le relèvement économique du pays », a-t-elle dit. Dans cette perspective, Mme Bocoum a plaidé pour qu’une attention particulière soit accordée à la situation des jeunes qui sont souvent victimes mais aussi particulièrement « vulnérables aux discours extrémistes ».

    Dans le contexte fragile de la RCA, les jeunes peuvent facilement constituer un « réservoir des groupes armés pour embrigader de nouvelles recrues ». A cet égard, la mise en œuvre rapide, dans toutes les provinces du pays, d’un programme de renforcement des capacités et le développement d’activités génératrices de revenus pour les jeunes contribueront à atténuer les tensions au sein des communautés, estime l’experte.

    Insistant sur cette « soif de paix », Mme Bocoum a tenu ainsi à transmettre aux membres du Conseil « les espoirs et les inquiétudes » rapportées lors de sa dernière mission en RCA, au sujet de la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation signé à Bangui le 6 février dernier entre le gouvernement et 14 groupes armés ». Avec la participation des groupes armés au gouvernement, cet accord constitue « une réelle opportunité pour le peuple Centrafricain ». « Il porte en germe de réels espoirs de paix et conséquemment de développement pour le pays », a-t-elle fait valoir.

    Augmentation de la criminalité malgré une baisse des « incidents graves »
    Mais en plus de la problématique du développement, de nombreux interlocuteurs à Bangui et en provinces, ont ainsi rappelé à Mme Bocoum, « l’importance du respect des droits humains » et le fait d’exclure dans cet accord, « l’amnistie, notamment pour les crimes les plus graves, conformément aux attentes de la population pour plus de justice ». « Il faudra aussi qu’il soit accompagné de mesures fortes de justice, conformément aux souhaits de la population », a relevé l’experte onusienne.

    D’autant que sur le terrain, malgré une baisse du nombre d’incidents graves, elle a été informée « d’une augmentation de la criminalité dans de nombreuses localités », notamment à Bangui, et de la persistance des points de contrôles sur les routes, source régulière de violences et de harcèlement à l’encontre de la population.

    Dans ce contexte, les évènements survenus dans la région de Paoua en mai dernier, au cours desquels près d’une cinquantaine d’habitants de différents villages de Koudjili, Ndondjom, Bohong, Lemouna et Koui ont été tués lors d’attaques coordonnées par des combattants du groupe 3R continuent de susciter l’indignation. « Deux mois après ces attaques, le commandement du groupe armé n’a livré que trois personnes qui auraient participé à ces attaques alors que les témoins dans les différents villages évoquent plus d’une douzaine de motos et des douzaines d’attaquants », a regretté l’experte.

    Plus largement, Mme Bocoum a indiqué que si des groupes armés revendiquent leur place dans le processus de paix, ils doivent immédiatement mettre fin à la violence. « Ils doivent aussi se rappeler qu’ils peuvent être poursuivis pénalement pour leur implication directe dans la commission de ces actes odieux ou du fait de leur position de commandement par rapport à leurs subordonnés », a-t-elle mis en garde.

    Pour une approche holistique sur la question de la transhumance
    De même, il est de la responsabilité de l’Etat de mettre l’action publique en mouvement afin de poursuivre « tous les auteurs de ces crimes odieux ». Une façon de rappeler que si de tels actes ne sont pas sanctionnés, ils sont susceptibles de « mettre en danger la réussite du processus de paix ».

    Ainsi donc, elle a invité les parties à l’accord de paix, les garants et facilitateurs à appliquer de manière systématique les sanctions prévues en cas de brèches de l’accord. « Je les exhorte aussi à prendre toutes les mesures nécessaires, pour que les responsables soient poursuivis et sanctionnés afin que de tels actes ne se reproduisent plus », a insisté l’experte.

    De nombreux défis restent à surmonter sur le chemin de la paix. A Genève, Mme Bocoum s’est dit préoccupée par la question de la transhumance qui continue d’engendrer « des conflits fréquents dans les zones rurales où l’Etat est encore faible ». « Ma visite, en cette saison des pluies, m’a permis d’en saisir une nouvelle fois l’acuité », a-t-elle fait remarquer, tout en soulignant l’urgence d’avoir « une approche holistique » sur ce problème.

    Il s’agit de compléter les mesures sécuritaires par des actions visant à réguler ces déplacements, notamment en travaillant de concert avec les différents acteurs concernés, y compris les pays voisins. « J’ai été informée que le travail a commencé avec des pays de la sous-région dans le cadre des Commissions mixtes », a précisé l’experte.

    Par ailleurs, le déploiement des fonctionnaires de l’Etat est parfois retardé par leurs difficultés à percevoir leurs salaires et être opérationnels, compte tenu des limitations logistiques auxquels ils doivent faire face. L’experte a donc plaidé pour que plus de moyens soient mis à disposition pour s’assurer que les fonctionnaires soient payés à temps pour pouvoir travailler dans des conditions acceptables et ne pas être tentés de se servir sur la population.

    Dans ce contexte, Mme Bocoum a estimé qu’il est important également que les axes routiers soient complètement sécurisés pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

    UN News

    Tags: RCA, conflits, ethniques, Seleka, Balaka,