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  • Maroc : Nadia Jalfi, un relais de la DGED en Espagne

    Maroc, Espagne, Nadia Jalfi, Gustavo de Arístegui, DGED, services secrets, espionnage, lobbying,

    La femme d’Arístegui a aidé les services secrets marocains
    -Quelque 150 courriels de l’épouse de l’ancien porte-parole du PP Foreign révélés
    -Les ‘e-mails’ traitaient de sujets tels que l’image de presse du conflit du Sahara
    -Son contact était le chef de cabinet du chef du renseignement étranger
    Rabat a bloqué la diffusion de messages sur Twitter, mais ne les dément pas

    Le diplomate et cinéaste espagnol « nous propose de capter en images, de manière pertinente, la souveraineté historique du Maroc sur le Sahara . Il affirme détenir des documents inédits à ce sujet. Il n’est pas nécessaire d’expliquer le bénéfice que nous pourrions tirer d’un projet de cette nature.

    Celle qui écrit ces lignes à Rabat depuis sa messagerie Yahoo , au retour d’un voyage à Madrid fin 2008, c’est Nadia Jalfi . Ils sont envoyés à l’une des trois adresses mail ouvertes par Mourad el Ghoul . Il s’agit du directeur de cabinet du directeur de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), les services secrets étrangers marocains. La visite à Madrid, rappelle-t-il dans le message, a été effectuée après avoir obtenu « l’accord de principe » d’El Ghoul.

    Le profil anonyme qui depuis le 2 octobre a révélé, via Twitter , des centaines de documents et de mails confidentiels de la diplomatie marocaine et de la DGED a mis en ligne le 16 janvier environ 150 mails envoyés ou reçus, entre 2008 et 2011, par Nadia Jalfi et El Ghoul. Les deux sont sur la base du prénom et sont écrits en français. De ses lectures on déduit que pendant ces trois années Jalfi a entretenu une relation étroite avec la DGED.

    Peu de temps après ce post, Twitter a suspendu le compte de l’usurpateur du nom du sélectionneur de l’équipe nationale du Pays de Galles ( @chris_coleman24 ). Les autorités marocaines ont pris des dispositions pour que ce profil soit fermé, mais elles n’ont pas nié l’authenticité des documents qu’elle a mis au jour. Seul un homme d’affaires de la presse marocaine, Ahmed Charai , qui apparaît dans des centaines de courriels, a écrit qu’ils avaient été manipulés, mais sans préciser pourquoi.

    Nadia Jalfi a épousé, en octobre 2010, Gustavo de Arístegui , 51 ans, alors porte-parole des Affaires étrangères du Groupe populaire au Congrès des députés. Leur relation amoureuse avait commencé deux ans plus tôt. De Arístegui est ambassadeur d’ Espagne en Inde depuis 2012 .

    ‘Travail de milieu de gamme’

    « Nadia occupait un poste de milieu de gamme dans une agence de communication à Rabat, qui recevait des commissions d’administrations et d’entreprises privées », raconte une personne proche de l’épouse de l’ambassadeur et désignée par elle pour répondre aux questions d’EL MUNDO.

    « Il était en correspondance avec plusieurs clients, mais il ne connaît pas cet El Ghoul », ajoute cette même source, qui nie toute relation avec la DGED. « Certains des e-mails publiés ont été manipulés », précise-t-il, sans expliquer pourquoi. « Beaucoup de leurs clients souhaitaient que je les aide à promouvoir, via la presse européenne, des événements qui se déroulaient au Maroc, comme le Festival du film de Marrakech », précise-t-il.

    Nadia Jalfi « a cessé de travailler pour cette agence en 2008, bien qu’elle ait encore fait quelques collaborations sporadiques en 2009 », poursuit la même personne. « Si des mails ultérieurs sont apparus, c’est probablement parce que, par routine, certains de ses interlocuteurs ont continué à s’adresser à elle », soupçonne-t-elle. « Rien de ce qu’elle a fait n’est étrange ou illégal », souligne-t-il.

    Nadia Jalfi a travaillé ces années-là pour l’ agence Mena Media Consulting , qui appartenait à l’homme d’affaires saoudien Othman Al Omeir, avec des investissements dans la presse au Maroc. L’agence a ensuite été rachetée par Fouad Ali el Himma , le bras droit du roi Mohamed VI, selon les médias marocains.

    Une partie de l’activité professionnelle de Nadia Jalfi a été consacrée à essayer de faire connaître les aspects positifs du Maroc, en proposant par exemple aux radios espagnoles de diffuser leurs programmes vedettes en direct de Rabat. Il a envoyé ces invitations en coordination avec El Ghoul, selon les courriels divulgués.

    D’autres invitations ont été adressées à des directeurs de journaux espagnols et ont consisté en un voyage éclair à Rabat pour avoir une longue conversation informelle avec Yassine Mansouri , directeur de la DGED. À une occasion, El Ghoul a présenté Nadia Jalfi à un interlocuteur français en tant qu’ »attachée de presse » chargée de préparer la visite et d’accompagner le journaliste.

    Le Sahara, sujet récurrent

    Le Sahara occidental, cette ancienne colonie espagnole aux mains du Maroc depuis près de 40 ans, occupe une place importante dans la correspondance de Nadia Jalfi. Le 16 octobre 2008, il envoie un mail à El Ghoul pour son approbation et publication par l’agence de presse officielle ( MAP ). Elle y raconte la visite à Rabat de Pedro Sanz , président de La Rioja , qu’elle a contribué à organiser. L’invité espagnol estime que « la solution la plus logique et la seule viable pour résoudre le conflit du Sahara est une large autonomie », comme celle proposée par le Maroc.

    Le 17 décembre de la même année, Nadia Jalfi reçoit un mail d’un journaliste du magazine italien Tempi , dont elle a également organisé la visite au Sahara. Il annonce qu’il tiendra sa promesse en publiant un rapport « de trois pages consacré aux anciens membres du Polisario qui ont rejoint le Maroc après de mauvaises expériences dans les camps de réfugiés ».

    Deux ans plus tard, le 18 décembre 2010, El Ghoul confie à Nadia Jalfi que la chaîne de télévision américaine Fox News a enfin mis en ligne sur son site Internet un article « concernant les liens entre le Polisario et Al-Qaïda au Maghreb islamique « . Il vous exhorte à « le divulguer le plus possible à vos contacts ». Un mois plus tôt, le coordinateur antiterroriste du département d’État , Daniel Benjamin , avait cependant nié tout lien entre le Polisario et le terrorisme.

    « Pourriez-vous mobiliser vos contacts médias en France pour prendre la parole et couvrir l’événement ? », demande El Ghoul à Nadia Jalfi le 12 janvier 2011, dans l’un des derniers mails échangés. Il s’agit pour les médias français de se faire l’écho de la conférence de presse que l’avocat Michel de Guillenchmidt a donnée le 17 janvier pour dénoncer « la manipulation haineuse » de la presse espagnole.

    Après le démantèlement du grand camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en novembre 2010, l’agence Efe et plusieurs journaux espagnols (EL MUNDO, El País, La Vanguardia , etc.) ont publié une photo d’enfants palestiniens dans un hôpital de Gaza , se faisant passer pour Enfants sahraouis à l’ hôpital El Ayoun . Dans le flot d’instantanés envoyés à la presse par des individus du Sahara, auxquels la presse étrangère a opposé son veto, cette photographie a glissé. La plupart des journaux ont reconnu leur erreur et ont présenté leurs excuses à leurs lecteurs.

    Les autorités marocaines n’étaient pas satisfaites de cela. Ils ont donné instruction à la DGED de rechercher à Gaza deux parents et un enfant palestinien qui s’en sont sortis vivants et de les transférer à Rabat, où ils ont exprimé leur indignation face à la manipulation. Au consulat d’Espagne , ils ont obtenu des visas Schengen avec lesquels ils se sont rendus à Madrid, Paris et Bruxelles , où ils ont donné des conférences de presse, accompagnés d’avocats, et déposé une plainte.

    « Si Nadia avait été espagnole ou italienne, elle n’aurait pas été sous le commandement d’un espion », explique un ancien agent secret espagnol. « En Europe, si les pouvoirs publics veulent faire du lobbying à l’étranger pour améliorer leur image sur une certaine question, ils n’ont pas recours à un service secret », ajoute-t-il. « Mais au Maroc, c’est différent ; dès qu’on touche au Sahara, les services sont omniprésents », conclut-il.

    El Mundo, 02/02/2015

    #Maroc #Espagne #Nadia_Jalfi #Nadia_Khalfi #Lobbying #Espionnage #DGED #Mourad_el_ghoul

  • Maroc : Mehdi Ben Barka… Entre barbouzes et affaire d’Etat

    Le fait que le gouvernement POMPIDOU ait pu être interpellé à la veille de l’élection présidentielle de décembre 1965 après l’enlèvement de l’opposant au roi du Maroc HASSAN II, Mehdi BEN BARKA (ci-dessus), n’avait pas manqué d’étonner. Du moins jusqu’à ce que l’on apprenne que beaucoup trop de prétendus gaullistes se trouvaient « mouillés » dans une affaire assez complexe qu’on mettra quelque temps à démêler, et où l’on se trouvait en présence pour l’occasion, aussi bien de truands que de policiers voire de barbouzes. Ce sera du reste l’un des plus gros scandales de l’ère gaulliste et il nécessitera que le général en personne intervienne lors d’une conférence de presse pour répondre aux nombreuses interrogations des journalistes lesquels, notamment deux journalistes de l’Express, Jacques DEROGY et Jean-François KAHN, avaient très vite compris dans quel guêpier s’était fourré l’Etat et de ce dont il s’agissait avec ce qui est devenu l’un des plus célèbres assassinats politiques. D’autant que sur le sol français, et alors qu’il s’y croyait en parfaite sécurité, BEN BARKA, un leader politique d’envergure internationale, venait de périr assassiné.

    Chef de l’opposition au Maroc et représentant de l’Union Nationale des Forces Populaires, on ne retrouvera jamais le cadavre d’un homme que l’on a longtemps cru éliminé après son enlèvement. Ce que l’on sait, c’est que Mehdi BEN BARKA condamné à mort dans son pays avait émigré ces derniers mois en Suisse où il avait trouvé refuge à Genève chez le consul d’Algérie, qu’il se rendait fréquemment au Caire où il avait un appartement et qu’il se trouvait le 29 octobre 1965 à Paris pour, sans doute, y rencontrer le cinéaste Georges FRANJU. Celui-ci avait prévu avec l’aide du producteur Georges FIGON et de l’ancien directeur des programmes de Radio Maroc, le journaliste Philippe BERNIER de réaliser avec le leader tiers-mondiste un film évoquant la décolonisation qui devait faire la une à la veille d’un sommet des pays du Tiers Monde prévu pour janvier 1966. Après plusieurs tentatives de rendez-vous infructueuses, les deux hommes avaient d’ailleurs prévu ce jour-là de se voir à Paris à la Brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain où BEN BARKA s’était rendu accompagné d’un jeune étudiant marocain. C’est ce dernier qui alertera les autorités dès le lendemain. Ancien professeur du futur roi du Maroc HASSAN II, l’agrégé de mathématiques BEN BARKA rêvait à 45 ans de construire une société nouvelle dans un pays dirigé par le roi MOHAMMED V qui venait d’accéder à l’indépendance. Mais son opposition à son fils HASSAN II dès son arrivée au pouvoir en 1961, et à un système féodal basé sur un pouvoir absolu lui vaudra sans doute d’échapper dès novembre 1962 à un premier attentat et de nombreuses inimitiés. Devenu dangereux depuis qu’il animait un courant tricontinental, nombre d’observateurs estiment d’ailleurs que s’il n’avait pas été enlevé en octobre 1965 à Paris ni probablement tué, il aurait assurément changé le cours de l’histoire du Maroc et peut-être même du monde du fait de ses responsabilités dans le Tiers Monde et que l’entourage du roi HASSAN II en était parfaitement conscient.

    Mehdi Ben Barka… Entre barbouzes et affaire d’EtatAutour de cet enlèvement les questions restent nombreuses. Ce film de FRANJU, était-il vraiment à l’ordre du jour et n’était-ce pas plutôt pour faire venir Mehdi BEN BARKA à Paris que cette rencontre lui avait été proposée ? S’inquiétant de ne pouvoir le joindre le 1er novembre, son frère Abdelkader prévenu de son enlèvement apprendra qu’il n’avait pas été enlevé par des policiers français ce qui le décidera à porter plainte pour séquestration. Interpellé le 29 octobre précédent sans violence par deux hommes lors de son arrivée à la Brasserie Lipp, Louis SOUCHON et Roger VOITOT se présentant à lui comme étant des policiers français, BEN BARKA sera aussitôt emmené à Fontenay-le-Comte où l’aurait, a-t-on dit, attendu le Général OUFKIR, le Ministre de l’Intérieur du roi HASSAN II (ci-contre). Du moins selon l’une des versions connues, l’autre prêtant à un certain BOUCHESECHE d’être le responsable de sa mort. Un BOUCHESECHE qui finira sa vie d’une drôle de façon car l’entourage d’HASSAN II ne souhaitait pas laisser trop de témoins derrière lui. Il est vraisemblable qu’il avait été prévu le 29 octobre de rapatrier Mehdi BEN BARKA au Maroc et de l’y emprisonner. Selon une autre version, le Général OUFKIR ne se trouvera en France qu’un peu plus tard, sans doute pour savoir ce qu’était devenu l’opposant à son roi. Le général venu à Paris, aurait même demandé l’assistance technique à son homologue français, le ministre Roger FREY, pour effacer les traces d’un enlèvement qui aurait mal tourné. Ce qu’il est facile de deviner au vu de ce que l’on sait aujourd’hui c’est que le leader tiers-mondiste ait pu faire l’objet d’un véritable complot organisé par le ministre marocain et que celui-ci savait pouvoir compter pour cet enlèvement sur le concours de policiers et de responsables français dont le Préfet de Police Maurice PAPON. Toujours aussi zélé qu’à l’époque où il déportait des Juifs à Bordeaux, et évoquant une nouvelle fois la raison d’Etat, PAPON n’empêchera d’ailleurs pas le Général OUFKIR de regagner le Maroc. Ce qui apparaît également curieux dans cette ténébreuse affaire, c’est aussi la disparition méthodique de tous les témoins qui auraient pu assister à l’enlèvement et au probable meurtre et pas seulement du truand BOUCHESECHE. Qu’il s’agisse du producteur, l’autre truand Georges FIGON retrouvé suicidé à Paris l’année suivante ou du jeune étudiant marocain qui, à son tour, se serait curieusement « suicidé » en 1971.

    Malgré le procès qui se tiendra peu après cet enlèvement et l’implication de responsables français (1967), rien ne permettra de déterminer avec exactitude qui en était l’auteur. Le Français Antoine LOPEZ dit « Savonette » l’un des responsables des services de renseignements dont les attaches avec l’entourage d’HASSAN II ont été prouvées, sera l’un des seuls condamnés pour son implication dans l’enlèvement.

    Mehdi Ben Barka… Entre barbouzes et affaire d’EtatIl faudra cependant attendre de nombreuses années avant que l’affaire rebondisse. Après DEROGY et J-F. KAHN, un nouveau journaliste, Joseph TUAL (ci-contre) a entrepris en effet d’enquêter pour enfin connaître la vérité sur cette ténébreuse affaire. Comme vous le verrez dans le film qui suit, il a pu rencontrer un dénommé Ali BOUREQUAT qui a été incarcéré au Maroc avec des truands comme BOUCHESECHE et une partie de ceux qui avaient enlevé le leader et opposant marocain. Il semble même que la tête d’un Mehdi BEN BARKA décapité ait été ramenée au Maroc et qu’elle ait été enterrée avec les corps de tous ces témoins dont il convenait de se débarrasser dans les jardins du PF3, une prison secrète des quartiers chics de Rabat devenu par endroits un véritable charnier où l’on n’arrive plus depuis après que des transformations ont été apportées à faire pousser le moindre oranger, les corps ensevelis l’ayant été sous de la chaux vive. Bien que personne ne songe plus aujourd’hui à trouver la moindre explication à des investigations régulièrement contrariées, l’enquête continue. Mais saura-t-on un jour la vérité ?

    Source : Certitudes, 9 jan 2020

    Tags : Maroc, France, Mehdi Ben Barka, barbouzes, services secrets, Mossad, Israël, Hassan II,

  • Le Maroc : point commun entre les attentats terroristes qui ont secoué l’Europe

    Le feuilleton de la terreur marocaine a débuté en 2004 avec l’explosion des trains de Madrid qui a laissé 200 morts et près de 2000 blessés. Cette attaque est connue avec le code de 11-M en référence au 11 mars, date que les espagnols remémorent chaque année pour ne pas oublier ce massacre commis essentiellement par des marocains.

    La même année, le cinéaste néerlandais Théo Van Gogh est lâchement assassiné par un marocain du nom de Mohammed Bouyari.

    Mais ce n’est pas tout. En 2015, c’est au tour de la France de faire connaissance avec les terroristes marocains qui ont exécuté les attentats de Paris. Parmi eux les frères Abdeslam. Belgian-Moroccan Islamic terrorist Abdelhamid Abaaoud was the ringleader of the Paris attacks while Moroccan brothers Salah and Ibrahim Abdeslam carried out the attacks.

    Le 22 mars 2016, des terroristes de Daesh perpétuent des attentats suicides à l’aéroport de Bruxelles puis dans une rame du métro Maelbeek à Bruxelles, tuant 32 personnes et faisant près de 350 blessés. Les attentats de Bruxelles ont été vraisemblablement commis par une cellule terroriste commune aux attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015, cellule dirigé par le marocain Najim Laachraoui.

    Le 3 juin 2017, au Pont de Londres, 8 personnes laissaient la vie et 48 blessés par le trio Khuram Butt, pakistanais, 27 ans, les marocains Rachide Redouane, 30 ans et Youssef Zaghba.

    Le 21 août 2017, en Finlande, le marocain Abderrahman Mechkah, 18 ans, a laissé deux morts et huit blessés vendredi à couteau.

    C’est le cas aussi, la même année, de la cellule dirigée par l’imam de la ville de Ripoll et de Younes Abouyaaqoub, le boucher de l’Espalanade de Las Ramblas, à Barcelone qui s’est servi de sa voiture comme véhicule-bélier pour écraser les passant le 17 et 18 août 2017.

    Il serait trop naïf de penser qu’un phénomère si répétitif puisse être le produit d’un hazard, notamment sachant que le pays originaire des terroristes, le Maroc, a toujours été qualifié de « havre de paix » et reste, selon les dires du D Charles Saint-Pro, Directeur Général de l’Observatoire des Etudes Géopolitiques à Paris, un pays stable et un acteur important contre les risques de radicalisation.

    Selon d’anciens prisonniers salalfistes marocains, les services secrets marocains utilisent des méthodes très sophistiquées en vue de manipuler des simples citoyens dans le but de les pousser à commetre des actes terroristes. Dans ce contexte, il utilise les fiches « S » obtenues gràce au policier ripoux de l’aéroport d’Orly. Les individus suspectés par les services français sont des cibles potentiels qui seront rapprochées par les agents marocains en vue de les manipuler.

    Tags : Maroc, terrorisme, moroccan connection, Daech, ISIS, Charlie Hebdo, Bataclan, Barcelone, Las Ramblas, Ripoll, Imam, Fiche S,

  • Assassinats, coups d’Etat. Tout sur le passé trouble qui lie la France au Maroc

    Le Maroc et la France partagent une histoire occulte écrite par des truands et des mercenaires utilisés par les services secrets des deux pays pour exécuter leurs coups tordus et leurs basses œuvres. Plongée dans le monde des barbouzes.

    Nous sommes à la fin des années 1950. Le gouvernement français a constitué une “war room”, conseil de guerre ultrasecret et restreint, chargé de dresser “une liste de personnalités acquises au F.L.N” et “d’hommes publics particulièrement ennemis de la France” à neutraliser ou à liquider. Allal El Fassi est le premier homme à abattre.

    Dans ses mémoires, le colonel Le Roy-Finville, chef du service 7, spécialisé dans l’obtention de renseignements pour le compte du S.D.E.C.E (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), le décrit comme “un Marocain vigoureusement anti-français et allié virulent au F.L.N”. “L’idée, écrit Le Roy-Finville, est de faire sauter El Fassi et les autres chefs de l’Istiqlal à l’occasion d’une de leurs rencontres à Tétouan, en zone espagnole”, prévue à l’hôtel Dersa. Le service 7 se charge de fournir au service Action toutes les indications techniques : poids d’explosif nécessaire, épaisseur des murs, systèmes de sécurité, etc. “Du travail tout mâché”, rapporte le colonel. Sauf que “les militaires ne veulent pas se salir les mains” et constituent “un petit groupe de repris de justice qui se disent prêts, eux, à faire la sale besogne. Contre une bonne récompense (…) et des protections pour leurs petites affaires”.

    Ces spécialistes des coups tordus, connus sous le terme de barbouzes, sont dans leur grande majorité des truands employés par les services secrets français pour les basses œuvres. Ils sont notamment utilisés dans les “contrat homo”, expression désignant l’élimination physique de personnes gênantes pour les intérêts de la France. A la tête des truands engagés par les services spéciaux pour assassiner Allal El Fassi, Jo Attia et Georges Boucheseiche, deux barbouzes connus des renseignements de police en France et proxénètes chevronnés au Maroc. Ceux-là mêmes qui seront impliqués, quelques années plus tard, dans l’affaire Ben Barka. Massacreurs professionnels sur le papier, ces “types du milieu” sont loin d’être des enfants de chœur et ont un CV de malfrat long comme un jour sans pain.

    Le fiasco Attia

    Pourtant, ils s’avèrent être des dilettantes du crime dans la tentative d’assassinat de Allal El Fassi. Comme dans un San-Antonio loufoque, Leroy-Finville surnomme la tentative avortée d’éliminer le chef de l’Istiqlal le “fiasco Attia”. C’est que Jo Attia et Georges Boucheseiche, “le grand Malabar” et “le petit gros”, sont à la discrétion ce que l’hippopotame est à la grâce. A l’aéroport d’Orly où ils embarquent pour Tanger, les deux rossards se font remarquer par des effusions grandiloquentes, sous les yeux ébahis des voyageurs. Attia embrasse goulûment sa petite amie, “une petite brune piquante, très jolie”. Il faudra attendre que l’hôtesse de l’air lance un appel pour embarquement immédiat pour que les deux acolytes détalent “en direction de la salle de départ, en se retournant encore dix fois pour faire des signes à la fille”.

    Dans l’avion Air Atlas qui les mène vers Tanger, Boucheseiche et Attia retrouvent “deux hommes à eux, Nottini, dit la Béquille, et Palisse, autre future ‘célébrité’ de l’affaire Ben Barka”. Durant le vol, “Attia et les trois autres branquignols, sablant le champagne aux frais de la princesse, laissent tomber par inadvertance un sac de grenades qui roulent sous les sièges des passagers”. à quatre pattes, les malfrats, que les passagers prennent pour des plaisantins ivres, récupèrent les bombes, “qui ricochent comme des billes, au gré du balancement de l’appareil”. Les négligences perdurent à leur arrivée au Maroc : la première valise piégée installée à l’hôtel Dersa explose dans la mauvaise direction. La seconde, installée par les soins d’Attia dans la villa de Allal El Fassi, est retrouvée et désamorcée par la police espagnole. Le premier “contrat homo” est un échec.

    Des truands très show-off

    Après cette tentative d’assassinat avortée, la presse ne parle que d’eux. La police locale se lance aux trousses de la bande. Les barbouzes, en arrivant au Maroc, se font remarquer en faisant “la tournée des grands ducs dans les boîtes”, “en menant grand tapage”. Le gang se sépare : Palisse et Boucheseiche cavalent en zone française, tandis qu’Attia et Nottini la Béquille rebroussent chemin pour Tanger. Là-bas, Attia se fait passer pour un agent du S.D.E.C.E auprès d’un gérant de bar français. Ce dernier leur présente Antoine Lopez, chef d’escale de l’aéroport de Tanger. Ce futur agent secret, bientôt impliqué dans le kidnapping de Ben Barka, peut les rapatrier en France en leur évitant police et douane.

    “Empotés comme il n’est pas permis”, décrit Le Roy-Finville, Attia et Nottini brillent encore une fois par leur amateurisme. En voyant le déploiement de policiers à l’aéroport, Attia panique et se souvient qu’il a encore un revolver sur lui. Il s’engouffre dans les toilettes de l’aérogare et décide de cacher l’arme dans la cuvette. Sauf que le poissard a encore des balles dans sa poche. Il garde les munitions dans sa paume droite et décide, en feignant une poignée de main, de les tendre à Lopez. Sauf que le chef d’escale ne comprend pas. “Les balles tombent, rebondissent sur l’asphalte dans un crépitement métallique”, devant une flopée de policiers, qui se jettent sur le gang et mettent les brigands étourdis sous les verrous…

    L’affaire Ben Barka

    Malgré ce plantage, on refait appel quelques années plus tard à la bande de Boucheseiche. Elle est chargée d’organiser, le 29 octobre 1965, l’enlèvement de Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp avec l’aide de policiers français. Maurice Buttin, avocat de la famille de l’opposant marocain, rapporte que c’est d’abord Jo Attia qui reçoit “une demande des Marocains d’éliminer physiquement Ben Barka”. La consigne : procéder à l’assassinat à “Genève, avec un fusil à lunettes”. Un “contre-ordre” lui fait savoir que le pouvoir préfère “ramener Ben Barka vivant au Maroc”. On l’informe qu’à Paris, un certain Georges Figon doit se charger de la question. Attia n’accorde aucune confiance à ce personnage naviguant entre milieux intellectuels parisiens et malfrats de la capitale. Il préfère donc “refiler l’affaire à son lieutenant, Boucheseiche”.

    Georges Boucheseiche est à la tête de plusieurs maisons closes, au Maroc et en France, qu’il gère avec son épouse. La barbouze est introduite dans les hautes sphères du pouvoir marocain, organise des soirées pour le beau monde et rêve d’ouvrir, sous les cieux du royaume, le plus grand bordel sur terre. “Un établissement fabuleux installé à Aïn Diab, au bord de l’océan, pas trop loin du centre des affaires, tout près de l’aérodrome”, rapporte un article de presse de l’époque. Pour le convaincre de participer au kidnapping de l’opposant à Hassan II, on lui aurait fait miroiter l’espoir qu’il obtiendrait, une fois sa mission accomplie, son lupanar…

    Boucheseiche mouillé jusqu’au cou

    C’est Antoine Lopez, le chef d’escale qui devait, quelques années plus tôt, faciliter la fuite d’Attia après l’attentat contre Allal El Fassi, qui est chargé d’accueillir le leader du mouvement tiers-mondiste à l’aéroport et de prévenir ses ravisseurs de son arrivée. Une fois le rapt effectué, Ben Barka est amené, ce vendredi 29 octobre, dans la villa de Boucheseiche, à Fontenay-le-Vicomte, dans l’Essonne. Y est réunie sa bande, constituée de Jean Palisse, Pierre Dubail et André Le Ny. Avant l’arrivée du général Oufkir et du colonel Dlimi, Ben Barka aurait été enfermé au premier étage de la demeure. Parmi les innombrables versions dédiées au décès de l’opposant marocain, des éléments rapportés aux gendarmes par le fils de Le Ny, retranscrits par Maître Maurice Buttin dans Ben Barka, Hassan II, De Gaulle : “ce que je sais d’eux : Ben Barka aurait été transporté dans la villa de Boucheseiche, puis transféré à Ormoy, chez Lopez. Dlimi et Oufkir l’avaient torturé dans la cave (…) C’est Boucheseiche qui l’avait frappé en premier, car Ben Barka ne se laissait pas faire. D’un coup de poing, il lui avait cassé les cervicales. Ils l’avaient ensuite attaché (…) et Oufkir et Dlimi l’avaient un peu ‘bousculé’. C’est là que Ben Barka est décédé”.

    Dans le même ouvrage, Maurice Buttin cite un commissaire de police français retraité : “J’ai rencontré Palisse (…) Il m’a dit avoir assisté à la mort de Ben Barka, par accident, sur un mauvais coup que lui avait porté Boucheseiche”. à l’annonce de la disparition de Mehdi Ben Barka, c’est le royaume tout entier et l’Elysée qui se mettent en branle. Le 4 novembre 1965, Georges Boucheseiche prend la fuite pour le Maroc. Quatre jours plus tard, un mandat d’arrêt international est lancé contre lui. Sa bande ne tarde pas à le rejoindre. Le 7 juin de la même année, la barbouze est condamnée, par contumace, à la perpétuité. Malgré les mandats d’extradition qui pèsent sur leurs têtes, Boucheseiche et ses complices coulent des jours heureux au royaume. Les truands prospèrent, sous la surveillance, ou plutôt la protection de la police marocaine. Boucheseiche reprend les affaires dans ses bordels. Son paradis artificiel, sous les cieux marocains, prend fin quelques années plus tard.

    Des hommes qui en savaient trop

    Boucheseiche, Le Ny, Palisse et Dubail sont arrêtés, au lendemain de la tentative de coup d’Etat de Skhirat, en 1971. La bande, dans sa quasi-totalité, est enfermée au Point Fixe 3 (centre secret de torture et de détention installé à Rabat). Pierre Dubail y entame, de novembre 1973 à avril 1974, un dialogue avec son voisin de cellule. Il s’agit de Ali Bourequat, l’un des trois frères que Hassan II fait prisonnier dans les geôles de Rabat puis de Tazmamart. Dans son livre Dix-huit ans de solitude (Ed. Michel Lafon), il recoupe les informations que lui distille Dubail : “Nous savons trop de choses. (…) Nous avons travaillé sous les ordres d’Oufkir, pour le compte du roi”. Les barbouzes connaissent personnellement Hassan II. “Il nous tapait sur le ventre. Il nous invitait à dîner, nous emmenait en balade. Notre façon de parler l’amusait…”

    Dubail voudrait que Ali Bourequat, à sa sortie, se rende au Henry’s Bar à Rabat, sur le boulevard Mohammed V. “Tu verras un homme qui, le dimanche, à l’heure du tiercé, boit un perroquet (…) Il est des nôtres”. Dubail voudrait que Bourequat prenne un billet de tiercé et y inscrive les chiffres 2 9 1 0 6 5, correspondant à la date de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka. “Il te fournira tout ce dont tu as besoin, assure Dubail à Bourequat. En échange, donne-lui de nos nouvelles. Dis-lui que nous sommes ici, au PF3. Dis-lui que nous avons peu de chances de nous en sortir”. Dans les épanchements de Dubail, une révélation reste à ce jour invérifiée. Au centre du niveau 2, devant la cellule 14 du PF3, se trouverait une tombe “un peu spéciale”. Ce qu’elle contiendrait ? “La tête de Ben Barka”, affirme Dubail. “On la lui a tranchée après sa mort. (…) Hassan II voulait la voir”.

    Selon le récit de Bourequat, “Dubail, Boucheseiche et Le Ny quittent le PF3” en avril 1974. “Boucheseiche reviendra le premier, le 29 octobre”, date anniversaire de la disparition de Ben Barka. “Le Ny le suivra le 14 novembre. Dubail, lui, reviendra le 16 novembre 1974. Ni lui ni les autres ne seront alors en mesure de communiquer avec qui que ce soit”. La phrase est interprétée comme une métaphore macabre. Des enquêtes publiées sur l’affaire supposent que ce retour est posthume, et que ce sont les dépouilles des barbouzes qui sont reconduites au PF3. Une seule chose est sûre : le sort de Boucheseiche et de ses compères est presque aussi nébuleux que l’affaire Ben Barka…

    Bob Denard entre en ligne

    Intimement imbriquée à la politique française dans ses anciennes colonies, la barbouzerie prend un tournant nouveau durant les années 1970. Le caractère occulte des relations franco-africaines est désormais définit par le néologisme “Françafrique”, expression qui dénonce les coups d’Etat et interventions sur le continent noir menés par des mercenaires à la solde de l’Etat français, relayés parfois par les Marocains. C’est que dans le contexte de guerre froide des années 1970, Hassan II a choisi son camp : ce sera l’Ouest. Le Maroc apporte notamment son soutien au dictateur Mobutu, l’assassin du leader de gauche Patrice Lumumba. Le royaume va jusqu’à accueillir des mercenaires en route pour déstabiliser des régimes de gauche africains. “Le marché des missions secrètes est si prospère en Afrique que je ne tarde pas à être de nouveau sollicité. Le contact vient cette fois d’un agent marocain”, raconte dans ses mémoires le célèbre mercenaire Bob Denard. Courant 1977, à Paris, où Denard a établi sa base arrière, l’agent des services secrets marocains lui aurait fait rencontrer le docteur Emile Derlin Zinzou, l’ancien président du Dahomey, destitué en juillet 1969 suite à un coup d’Etat. Le Dahomey, devenu la république populaire du Bénin, est désormais gouverné par le général Mathieu Kérékou qui a instauré un régime d’inspiration marxiste-léniniste. Bob Denard raconte avoir été contacté par le Maroc car Kérékou embarrasse le royaume depuis qu’il a pris parti pour le Front Polisario en reconnaissant la république sahraouie. L’homme gêne aussi la France qui désire le renverser pour “le remplacer par quelqu’un de plus proche des vues françaises”, raconte Jacques Foccart, l’éminence grise de l’Hexagone pour les affaires africaines. Ce dernier connaît très bien Bob Denard pour avoir déjà fait appel à ses services afin d’organiser des opérations militaires et des coups d’Etat sur le continent noir.

    La France marchant main dans la main avec le Maroc, Bob Denard estime qu’il peut s’engager dans cette affaire car il bénéficiera “d’appuis sérieux et de fonds conséquents”. “Mister Bob”, comme on le surnomme, dépêche un jeune officier en reconnaissance dans la capitale béninoise, Cotonou. Se faisant passer pour un touriste, ce dernier séjourne une semaine sur place pour évaluer les forces armées de Kérékou. Fort du rapport de son espion, Bob Denard juge qu’une opération militaire menée par des mercenaires serait le moyen le plus efficace de blackbouler Kérékou du pouvoir. Il en fait part aux parties prenantes dans l’opération, et notamment à Hassan II qui lui aurait fait “un premier versement de cent quarante cinq mille dollars” pour amorcer l’opération.

    Benguerir, base de chiens de guerre

    Bob Denard lance une campagne de recrutement de mercenaires, employant des Béninois exilés, qui seront épaulés par des Européens enrôlés grâce à des petites annonces publiées dans des quotidiens français. Bob Denard se fait appeler “colonel Maurin” pour les besoins de l’opération. Il n’informe aucune de ses recrues de la nature de la mission. Tous ignorent leur destination. Ce n’est qu’à l’aéroport, en recevant leurs billets d’avion, qu’ils découvrent leur port d’arrivée : le Maroc. Les chiens de guerre arrivent par petits groupes au royaume où, toujours selon Bob Denard, ils sont accueillis par des membres de la Gendarmerie royale. Ils sont ensuite conduits sur la base militaire de Benguerir qui, à l’époque, est considérée comme la base d’intervention du 13ème régiment de parachutistes français, une unité qui fournit le service action du SDECE en hommes de main.
    Bob Denard et son armée privée, composée de quatre-vingt-dix soldats de fortune, s’entraînent un mois complet sur la base de Benguerir. Ils sont équipés de fusils d’assaut, de mitrailleuses, de mortiers et de lance-roquettes. Bob Denard affirme avoir rencontré deux fois Hassan II pendant les préparatifs de l’opération. Le souverain lui aurait garanti, pendant l’un de leurs entretiens, son soutien plein et entier. “Après avoir versé son obole, le roi du Maroc nous garantit par contrat que le docteur Zinzou (ancien président du Bénin) nous allouera, pour sa part, quatre cent mille dollars”, raconte-t-il dans ses mémoires. Le 15 janvier 1977, Bob Denard et ses mercenaires sont passés en revue par le colonel Dlimi. Ils s’apprêtent à embarquer pour le Gabon, avant de débarquer au Bénin. Nom de code du coup d’Etat en cours : opération Crevette.

    Denard, barbouze de Sa Majesté

    A leur arrivée à Cotonou, “Mister Bob” et son armée privée rencontrent une opposition farouche. Denard n’arrive pas à prendre le contrôle de Cotonou et doit réembarquer l’après-midi même avec ses troupes. L’opération est un fiasco total, le commando de Denard en déroute est rapatrié au Gabon, avant de rejoindre le sud du royaume, “en accord avec les autorités marocaines”, écrit le mercenaire. L’opération Crevette aurait pu rejoindre la longue liste des coups d’Etat foireux d’après-indépendance en Afrique, restés auréolés de mystère. Sauf que là, Bob Denard abandonne derrière lui une caisse de munitions contenant les documents de l’expédition. La “Crevette” est décortiquée par Kérékou qui met en cause le Maroc et ses alliés français et gabonais. Pour ne rien arranger, les documents oubliés par Bob Denard sont intégralement publiés par la revue Afrique-Asie et établissent l’implication du Maroc dans le complot contre Kérékou. (…)

    telquel-online.com, 20 août 2013

    Photo : Bob Denard aux Comores

    Tags : Maroc, France, services secrets, Bob Denard, Algérie, Sahara Occidental, Mathieu Kérékou, Bénin, Dahomey, mercenaires, Mehdi ben Barka,

  • Guerre secrète des renseignements marocains contre l’Algérie: modus operandi pour exploiter les journalistes et les officiers déserteurs

    Par Anouar Malek
    «Les renseignements marocains s’emploient souvent à recruter des militaires afin de s’en servir pour critiquer l’Algérie et faire l’apologie du Maroc dont elle ferait la première victime de la politique algérienne».
    «Certaines personnes à qui j’ai eu affaire et qui se sont avérées plus tard être en mission de renseignements, m’ont dit que les témoignages des officiers déserteurs constituent la plus grande menace qui pèse sur le régime algérien. C’est pour cette raison que le Maroc œuvre à utiliser ces militaires pour atteindre ses objectifs et montrer à la communauté internationale que l’Algérie est le principal acteur du conflit au Sahara Occidental».
    «Comme je l’ai déjà mentionné, les renseignements marocains se tournent vers les journalistes qui sont leur trait d’union avec ces pseudos témoins. A travers eux, les médias marocains font passer des messages en rapport avec la question sahraouie et le Front Polisario. De par mes contacts avec ceux qui ont publié ou à qui on a publié des livres, je me suis rendu compte qu’ils avaient été au préalable contactés par les renseignements marocains, de façon directe via des maghrébins établis à l’étranger, ou au moyen des journalistes et correspondants qui sont au service du Makhzen».
    «Je ne ferai pas la promotion de ces officiers en citant leurs noms, mais je précise qu’en plus de leurs témoignages qui appuient les accusations de l’internationale Socialiste, le Makhzen attend d’eux des informations et des positions affichées publiquement sur de prétendues relations liant le Front Polisario aux renseignements algériens, ainsi que des témoignages sur des questions où le Maroc est impliqué, comme le trafic de drogue en Algérie, les cellules terroristes dormantes et les prisons dans les camps de Tindouf». «Des sources de Paris m’ont par ailleurs affirmé que les renseignements marocains ont proposé à quelques officiers de travailler secrètement pour eux, de manière à ce que les renseignements français et algériens n’en apprennent rien. Leur but est de les inciter et de les aider à déserter, de découvrir les coulisses des investissements étrangers en Algérie ainsi que les relations entre l’Etat et certains investisseurs arabes».
    «Said Messalha, un investisseur palestinien qui a la nationalité israélienne, était directeur général de la société algero-turque du fer à Annaba. Il avait fui l’Algérie pour échapper aux impôts. Je lui ai parlé et il m’a affirmé que lorsqu’il avait été arrêté à Rabat, les renseignements marocains avaient fait pression sur lui pour le recruter, et le voyant hésitant, ils l’ont remis à l’Algérie en raison du mandat d’arrêt international dont il faisait l’objet pour une évasion fiscale qui a dépassé 170 milliards de centimes. Après sa libération, il a à nouveau rejoint Rabat et les renseignements marocains l’ont aidé à transférer très facilement l’argent qu’il avait pris avec lui d’Algérie et à rallier Israël. Quand je lui ai demandé pourquoi ce service, il m’a répondu qu’il avait payé un pot-de-vin, en plus de certaines informations qu’il a fournies au sujet de l’investissement en Algérie. Il leur a aussi promis de collaborer avec eux contre l’Algérie».
    Tags : Algérie, Maroc, Front Polisario, Sahara occidental, DGED, services secrets,
  • Agent secret, un métier d’avenir

    L’Office allemand pour la protection de la Constitution fait le bien en cachette

    Ulrich Gellermann

    La SÜDDEUTSCHE ZEITUNG se plaignait l’année dernière : « Ils s’appellent Mehmet ou Maximilian, Jan ou Chantal, et chacun d’eux a du talent, quelque chose à travailler comme un diamant brut. Trop souvent, cependant, il n’en résulte rien. Des centaines de milliers de jeunes commencent leur formation professionnelle en Allemagne année après année, mais beaucoup trop d’entre eux ne franchissent pas ce pas décisif dans leur vie ».

    Cette préoccupation était fondée sur le rapport du gouvernement fédéral sur l’enseignement et la formation professionnels. Cela n’a pas laissé le plus loyal des fidèles, le plus secret des secrets au repos l’Office fédéral de protection de la Constitution [Bundesamt für Verfassungsschutz, service de renseignements intérieurs, NdT] a sauté dans la brèche avec une offensive de formation. Parce que ‘il y a un emploi sûr, c’est le travail dans le service d’espionnage, que ce soit en tant qu’agent pu qu’agente, que ce soit sous ou sans couverturen, que ce soit seulement en tant qu’observateur ou en tant qu’agent provocateur. Les fouineurs de l’Office PC offrent des postes de travail à l’épreuve des crises. Car qui est impliqué dans la crise de la Constitution elle-même crée ses propres emplois pour sa protection.

    Récemment sur Internet : « Faire le bien en cachette » est le titre d’un article destiné aux élèves : « L’Office fédéral pour la protection de la Constitution est l’un des meilleurs formateurs en Allemagne », écrit l’Office fédéral pour la protection de la Constitution, puis s’adresse au groupe cible : « Tu as ton diplôme d’études secondaires dans la poche ou tu auras terminé tes études en un an au plus tard et tu es cherches une tâche passionnante à Cologne et Berlin ? » Ce qui commence d’une manière aussi générale devrait être plus concret. Par exemple, avec une grande perspective salariale : au sommet de l’Office, vous pouvez gagner 11.577,13 euros par mois. Et la pension n’est pas mal non plus. Afin de promouvoir cette carrière, l’Office met en ligne le « Rapport d’un stagiaire à l’Office fédéral de protection de la Constitution ». Et de passer aussitôt au langage de la guerre : « Pendant mes huit années de service à la Bundeswehr, j’ai participé à deux missions en Afghanistan et j’ai vu les événements politiques avec les « lunettes à l’étranger » ». Oui, avec les lunettes du contrevenant au droit international, on peut voir beaucoup de choses différemment des chieurs qui adhèrent au commandement de paix de la constitution.

    C’est pourquoi le mercenaire – parce que les soldats en mission de guerre perçoivent naturellement des salaires plus élevés – peut aussi dire avec fierté au sujet du travail à l’Office : « Aucun jour n’est comme l’autre ! ». Et de même qu’il est devenu volontaire de guerre grâce à une augmentation de solde, il fait maintenant la pub pour l’Office :  » De plus, les possibilités de transfert sûr et le statut de fonctionnaire m’ont motivé à postuler un emploi ». Certes le travail à l’Office n’offre pas autant de garanties de mort qu’en Afghanistan, mais dans les environs du NSU, le groupe terroriste de droite inspiré par les agents de l’Office, il y a eu aussi beaucoup de morts. C’est ainsi que le stagiaire du genre secret continue logiquement : « En ce moment, j’apprends à connaître le travail spécialisé dans le domaine de l’extrémisme de droite. On s’y amuse bien ». Bien sûr, parfois écouter, parfois lire, parfois regarder, c’est ce qui rend le « travail de spécialiste » si passionnant. Et quiconque a appris à connaître l’extrémisme de droite, en tant que Führer agent ou même en formation de Führer, peut apprendre à connaître le Führer de demain, c’est quelque chose, ça.

    On peut certainement corriger un petit manque dans l’annonce de recrutement : ce n’est pas assez concret. La description exacte du poste ne serait pas si difficile. Qu’en est-il de la formation comme déchiqueteur de documents, par exemple ? Il y a aussi quelque chose à apprendre en tant que regardeur ailleurs dans la préparation d’actes terroristes de droite. Très certainement, le service de presse de l’Office a encore beaucoup d’emplois de dissimulateur ou d’obscurcisseur à offrir. Et vous pouvez aussi faire carrière comme examinateur de couleurs, à en croire le rapport de notre stagiaire fédéral : « Il est important d’avoir l’œil pour les détails. Il est crucial de savoir si une cible porte un bonnet rouge ou bleu lors d’une observation continue, par exemple ». Quand il ne se passe rien, l’observation continue. Après tout, il y a même la possibilité de jouer au ballon en service, comme on peut le lire dans le rapport du stagiaire : « Si vous perdez de vue la cible, alors vous devez rester sur le ballon et faire tout votre possible pour la retrouver ! » Donc, si vous voulez envisager une carrière d’agousin ouvrant droit à pension, vous devriez présenter votre demande immédiatement.

    Le mieux est d’envoyer votre dossier à Angela Pley, attachée de presse de l’Office fédéral. Mme Pley a déjà prouvé ses qualifications lorsqu’elle a tiré au sort les postes d’observation pendant le procès du NSU. Après que l’Office eut initialement exclu les médias turcs, un nouveau tirage au sort a dû être effectué. Malheureusement, la déclaration spongieuse de Mme Pley au quotidien suédois Svenska Dagbladet n’a pas pu être réenregistrée : « Nous savons que dans les années 1990, de nombreux Allemands se sont rendus en Suède pour assister à des concerts et des manifestations d’extrême droite. Cependant, nous n’avons aucune information confirmée sur la participation des trois personnes en question (Zschäpe, Mundlos et Böhnhardt) à des manifestations suédoises ». Ainsi Mme Pley a rempli les vertus des armoiries de l’office de façon presque exemplaire ne rien voir et ne rien entendre, ça elle sait déjà bien le faire ; ne rien dire, ça viendra plus tard.

    L’Office peut être joint jour et nuit à l’adresse électronique suivante : bfvinfo@verfassungsschutz.de.

    Source: Tlaxcala

    Tags : agent secret, Allemagne, services secrets, espionnage,

  • L’argent de la DGED pour payer ses informateurs en Europe a été détourné par ses propres agents

    Une enquête judiciaire en Espagne révèle que l’argent de la DGED pour payer ses informateurs en Europe a été détourné par ses propres agents.

    Un dossier d’instruction ouvert au parquet d’Igualada, une ville du centre de la Catalogne, a mis à découvert un vaste réseau de détournement de fonds publics marocains opéré par plusieurs responsables et agents de la DGED (service de renseignements et de contre-espionnage marocain).

    Sous couvert de subventions de l’Etat marocain pour ses communautés installées à l’étranger, la DGED envoyait de l’argent pour payer ses informateurs (chekamas) en Espagne. Or, une partie de cette manne financière a été détournée et a fini dans les poches de ceux qui avaient la charge de la distribuer.

    Selon le quotidien « El Mundo » qui a publié cet info, cet argent a été déposé sur les comptes bancaires des épouses de ces agents, qui l’ont blanchi en l’investissant dans des agences de voyage et des sociétés fantômes en Catalogne.

    L’enquête ouverte après la plainte de Mimon Jalich, responsable d’une association qui s’est depuis retirée de l’accusation après sa convocation par la DGED à Rabat (ce qui n’a pas empêché le parquet de continuer ses investigations), a identifié plusieurs noms de bénéficiaires :

    1. La dentiste Naïma Lamalmi, épouse d’un chef de la DGED à Rabat : Mohamed Belahrech, le responsable chargé des mosquées et des imams en Europe dans ce service de renseignement.

    2. Naziha El Montasser, épouse d’Abdellah Boussouf, « historien » et secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME). Selon « El Mundo », c’est lui qui se chargeait de la distribution d’une partie de l’argent en Espagne.

    3. Atiqa Bouhouria, épouse de Noureddine Ziani, espion marocain de la DGED, débusqué et expulsé d’Espagne en urgence absolue en 2013 parce qu’il constituait « une menace pour la sécurité du pays ».

    Naïma Lamalni et Naziha El Montasser apparaissent dans des documents administratifs espagnols comme résidant au domicile de Atiqa Bouhouria ep. Ziani, rue Generalitat de Catalunya à Barcelone, alors qu’elles n’habitent pas en Espagne.

    Curieusement, selon « El Mundo », les noms de Belahrech, de Boussouf et de l’espion Ziani apparaissent comme « enregistrés » comme propriétaires d’une agence de voyage de Rabat, « Elysées Travels ».

    Au delà de ce détournement de fonds publics, cette affaire a permis de dévoiler plusieurs autres noms du monde obscur des services secrets. Celui de Mustapha El Mouahidi, colonel de la DGED, en poste au consulat général du Maroc à Barcelone (antenne très importante de la DGED en Espagne) jusqu’en 2009. Cette escroquerie n’a pu être menée à bien sans qu’il ne soit tenu au courant. El Mouahidi est l’officier marocain qui a monté un réseau d’espions et d’informateurs en Catalogne, une toile d’araignée qui s’est élargie par la suite dans le reste de l’Espagne.

    L’autre nom qui apparait dans le dossier est celui de l’Espagnol musulman de Melilla, Mohamed Khalifa. « El Gordo Jalifa », comme l’appellent certains, est un homme d’Ilias El Omari dans l’enclave espagnole. Les Espagnols le considèrent comme un agent intermédiaire entre la DGED et les Marocains d’Espagne. C’est Khalifa qui a exigé de Mimon Jalich de se rendre immédiatement à Rabat.

    Enfin, un effet collatéral de cette affaire : l’implication du secrétaire général du CCME, Abdellah Boussouf, dans ce détournement de fonds pose quelques interrogations sur la nature exacte de cet organisme étatique dirigé par l’ancien opposant Driss El Yazami, et dont on ne sait plus s’il est contrôlé ou simplement noyauté par la DGED.

    Ali Lmrabet

    Tags : Maroc, DGED, RME, services secrets, Espagne, détournement,

  • Un livre sur la guerre d’espionnage entre l’Espagne et le Maroc

    Une publication qui est en train de faire un tabas. Ignacio Cembrero vient de publier « El agente oscuro » (l’agent obscur. En fait, il n’a écrit que le prologue, mais c’est le seul nom que vous trouverez en couverture.

    Avec le sous-titre de « Mémoires d’un espion infiltré par le CNI », les services de renseignements espagnols.

    El Agente oscuro est un document de première importance pour comprendre les méandres de l’histoire de l’ombre mais il peut être lui aussi comme un véritanle roman. Dans un comme dans l’autres, il est à lire absolument.

    Source : RTVE

    Tags : Maroc, Espagne, DGED, services secrets, CNI,

     

  • Maroc – RG : Espions de proximité

    Vous ne savez rien d’eux, ils savent tout de vous. Enquête sur le premier service secret du royaume.

    “Le modèle policier marocain fut dominé dès sa naissance par une priorité absolue donnée à l’ordre public”, analyse Police Magazine. Une façon de voir, ajoute le mag’ des flics du royaume, marquée par une “présence accrue sur le terrain”. La revue ne croit pas si bien dire. Un service de police a embouteillé en particulier ce terrain : les Renseignements généraux, RG de leur petit nom. Rattachés Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), ils sont chargés depuis l’indépendance de collecter et d’analyser des informations en tout genre. Sous le règne de Hassan II, “l’ordre public” devient en priorité un ordre politique à protéger. Grâce à une police de proximité proche des Marocains au mauvais sens du terme. Les RG se voient confier la tâche de ficher les opposants au régime, les filer, noter leurs faits et gestes, mêmes les plus anodins. Ayant fêté leurs 53 ans, le 16 mai dernier, les RG continuent de croquer dans la vie des autres à pleines dents. Hier, ils mâchaient le travail aux sécuritaires en surveillant la gauche et ses projets de lendemains qui chantent. Depuis les attentats kamikazes du 16 mai 2003, ils se font les crocs sur un nouveau sujet d’inquiétude : les Marocains susceptibles de se transformer en pop corn humain.

    Le barbier de service

    17 avril 2008. La jeunesse du PJD tient congrès à Rabat. La barbe marxiste a fait place à une pilosité religieuse chez les jeunes. Mais le barbier est le même, ni de droite ni de gauche, fidèle à un seul slogan : “On vous le dit d’entrée au moment de votre affectation. Notre seule opinion politique doit être Allah Al Watan Al Malik”, confie un inspecteur des RG. Ses collègues sont disséminés dans l’assistance, à peine discrets. Ils se cachent davantage pour la forme, tout le monde sachant qu’ils sont là. Suivre la vie politique et syndicale, au fil des congrès et de manifestations en sit-in, vous transforme à la longue en éléments du décor. L’officier des RG supervisant la pêche à l’info a même droit à un siège à l’entrée de la salle. Il se plaint auprès d’un journaliste d’être obligé de travailler un dimanche. Tout ça, c’est la routine pour lui. Un détail trouble cependant son ennui. Des jeunes du PJD se font prendre en photo au fond de la salle. Ils ont cintré leur front d’un bandeau vert : le bandana des brigades Azzedine Al Qassam, une branche armée du Hamas. Cela relève du décorum et de l’actualité. C’est dans l’air du temps, tout au plus. Mais l’officier en prend tout de même note. Car c’est son boulot l’air du temps, le sentir, le nez à la recherche de l’odeur discordante. Il “chemcheme”, selon le jargon des RG. Au plus près du corps social. De ses besoins primaires parfois. Comme manger.

    Du pain et eux

    Les kamikazes de Hay Farah auraient ainsi été trahis par leur estomac. Le propriétaire d’un four du quartier aurait tiqué devant une commande inhabituelle. Un client venait de déposer huit pains à cuire au lieu des deux habituels. “Moul ferran” en aurait parlé au moqddem du quartier. Fidèle à la voie administrative, le fonctionnaire transmet le tuyau à l’inspecteur des RG du commissariat le plus proche. En temps ordinaire, ce dernier aurait classé l’info à la rubrique des chiens écrasés. Mais ce n’était pas un jour comme les autres. Un kamikaze venait de se faire exploser dans un cyber de Sidi Moumen, deux autres à quelques pas du consulat américain de Casablanca. Le Maroc est en alerte. Six pains en trop, le compte n’est pas bon, c’est peut-être un scoop. Quelques jours plus tard, les forces de l’ordre encerclent le quartier, accompagnées d’agents de la DGED et de la DST. Les RG, quant à eux, restent en retrait, au sein de la foule des curieux… Hay Farah illustre leur place dans le dispositif des renseignements marocains. A cheval entre la police et les services secrets, ils informent mais n’agissent pas. Ils sont le back-office dans l’entreprise du renseignement, chargés d’alimenter une base de données, afin de fournir en temps et en heure des noms, des lieux et des dates. “Les informations recueillies par les RG ont permis les rafles massives après le 16 mai”, explique à ce propos Mohamed Darif, spécialiste des mouvements islamistes. Sauf qu’aujourd’hui, l’info label RG n’aurait plus autant la cote dans la lutte contre le terrorisme. Noter les petits riens du quotidien, leur raison d’être, c’est avoir la tête dans le guidon. Ne pas voir loin alors que cela se passe ailleurs : “En 2006, l’Etat a dû admettre que le terrorisme au Maroc avait des ramifications internationales. Chargée d’enquêter à l’étranger, la DGED est devenue tête de file dans le recueil de renseignements”, analyse Darif. Et les RG has been du coup, accusés de radoter, à l’instar d’un vieil agent secret dépassé par les événements.

    Trop d’infos tue l’info

    Le 16 mai est venu aggraver la maladie. Des informateurs se sont mis à noter tous les signes extérieurs de religiosité, transformant le service de police en tout à l’égout. “On nous signale des trucs sans importance. Un vendeur de détail a trouvé suspect, un jour, le comportement d’un habitant car il allait à la mosquée trop souvent. Vérification faite, il y priait 5 fois par jour, quoi de plus normal”, confie un inspecteur des RG. “C’est le principe du trop d’informations tue l’information”, analyse Darif. Ce reproche est fait aux RG depuis toujours?: obstruer les canaux de renseignements avec des infos sans aucune valeur. “Au lendemain de l’indépendance, on a donné des postes au sein des RG à des résistants dont on ne savait pas quoi faire. La qualité des informations recueillies s’en est ressentie”, explique Darif. L’analyse n’était pas au rendez-vous non plus, à en croire plusieurs militants ayant eu affaire à eux : “J’ai été interrogé à la fin des années 80 par un commissaire des RG. Il était incapable de me situer sur l’échiquier politique. On lui avait écrit la question à me poser sur un bout de papier. Cela vous donne une idée de son niveau intellectuel”, ironise Mohamed Sebbar, président du Forum vérité et justice. Le peu d’intérêt porté à la compétence des agents se serait fait ressentir même dans le choix des patrons. Le meilleur exemple reste Brahim Hmiri, responsable des RG au milieu des années 1990. Nommé à la tête de la DGSN, Hafid Benhachem l’a mis au placard illico presto. Il est allé jusqu’à afficher dans tous les commissariats du royaume une circulaire soulignant l’incompétence supposée du patron des RG…

    Agents new look

    “L’Etat a décidé de moderniser ses services de renseignements suite aux attentats de 2003. Les RG ont aussi eu droit à un programme de mise à niveau”, explique Mohamed Darif. Au bas de l’échelle, les petites mains sont désormais sommées de trier de manière plus stricte le bon grain de l’ivraie. Repérer la pépite dans un fatras d’infos faisandées. Et la livrer toute chaude aux patrons à Rabat pour l’analyse. Pour cela, le service tberguig de la police s’est lancé depuis peu dans une mise à niveau de ses cadres. C’est ainsi qu’en 2007, près d’une cinquantaine de hauts gradés des RG sont partis aux Etats-Unis s’initier aux méthodes du FBI. La base, elle, n’a pas eu droit à un voyage exotique. On l’a plutôt renvoyée sur les bancs de l’école : “Une formation continue pour les agents chargés du renseignement a été mise en place”, explique une source sécuritaire. Une manière de combler une lacune : les futurs agents des RG suivent un tronc commun à tous les flics du royaume sans cours spécifique sur la récolte d’infos.

    Les effectifs ont aussi été rajeunis. Le lifting saute d’ailleurs aux yeux pour qui fréquente les couloirs des tribunaux lors des procès des islamistes. Il est devenu courant de croiser dans la salle d’un tribunal des agents en jeans, tout propres sur eux. “Ce sont nos jeunes !”, vous signale tout fier un officier des RG. Les plus audacieux, quelques semaines après le grand saut, se sentent déjà comme des poissons dans l’eau. Ils n’hésitent pas à aborder les avocats des accusés, sonder un proche parent, voire même discuter d’un article sur le procès avec le journaliste concerné.

    Université à la loupe

    Ces jeunes pousses peuvent aussi être affectées à la surveillance des facultés. C’était déjà valable à l’époque de Basri, qui avait infiltré des éléments des RG à l’université afin de surveiller les étudiants d’extrême gauche. Le campus de Fès a ainsi bénéficié d’une “attention particulière” suite aux événements sanglants du début des années 1990. “Il était courant de voir des étudiants attaquer, à jets de pierre, des voitures des RG traversant le campus universitaire”, témoigne un ancien étudiant à Fès. Le service de police a aussi noyauté la faculté de Fès en recrutant des informateurs parmi les étudiants. En réponse, les militants d’extrême gauche organisaient des procès symboliques pour juger les indics démasqués. Aujourd’hui Basri n’est plus, mais les RG surveillent autant les facs, collant au plus près de l’actualité estudiantine toujours aussi agitée. Simple exemple, entre autres, les manifestations d’étudiants sahraouis de l’Aïd El Kébir dernier, à la gare routière d’Agadir. Voulant rentrer chez eux pour la fête, coûte que coûte, deux d’entre eux sont morts dans l’agitation générale. En réaction, les RG se sont mis en branle en quadrillant les facultés comptant une présence massive de Sahraouis. Ils ont aussi investi les gares. Comme cet agent des RG qui a passé semaine à la station ferroviaire de Mohammédia, en jellaba et babouche, pour signaler tout risque de débordement.

    Photo souvenir

    Les RG ont une obsession chevillée au corps : ficher les nouvelles têtes tentées par la contestation. “On photographie tous les visages inconnus lors des réunions d’étudiants d’extrême gauche ou de diplômés-chômeurs”, raconte un inspecteur des RG, qui s’est vu plusieurs fois confier la mission de retrouver le domicile des “clichetés”. “On commence toujours l’enquête par une tournée des mouqataâs du secteur en demandant à voir les moqaddems”. Un vague air de ressemblance, croit seulement distinguer l’un d’entre eux ? L’inspecteur va tout de même vérifier à l’adresse indiquée. Si la piste est un ***-de-sac, pas grave. On passe aux moqaddems suivants. C’est juste une question de patience car, au final, le “suspect” est toujours localisé. “J’entame une conversation avec un habitant du quartier sous un prétexte quelconque. Si cela accroche entre nous, je lui montre la photo en racontant un bobard. Que je le cherche car il doit de l’argent à un vieux haj, par exemple. C’est une histoire qui marche bien”, confie-t-il. Le voisin accepte d’aller frapper à la porte du vilain débiteur. “Je menace le suspect de lui faire un scandale s’il ne rend pas l’argent à l’haj. Il accepte toujours de me suivre pour une explication. J’indique discrètement au taxi de passer par le boulevard Zerktouni”, poursuit l’inspecteur. Pause surprise au niveau de la préfecture de police de Casablanca. Le jeune homme se retrouve, étonné, dans un bureau à l’étage où on lui conseille gentiment de “changer de fréquentations”.

    T’as du réseau ?

    “Les gens collaborent avec une facilité déconcertante”, lance, apathique, un inspecteur des RG. Il trouve la délation presque normale, le tberguig étant un sport national au royaume, moins fatigant que le football. Plus sarcastique, un haut responsable de la police nationale a résumé un jour la situation : “Le Maroc a une chance formidable. Il compte 30 millions d’informateurs potentiels”. Du citoyen lambda au militaire à la retraite, le contact établi par les RG prend mille et une formes. S’arc-boutant sur le réseau officiel des moqadems, ils recrutent aussi dans une masse d’informateurs informels, s’immisçant dans tout le champ professionnel. A voir comment procèdent les RG, il n’y a jamais trop d’indics. A chacun son utilité, son champ de vision, ses détails. Parmi les informateurs potentiels, les pompistes. De leurs stations-service, ils repèrent les voitures neuves, jugent, à la tête du client, s’il a le profil pour conduire un tel bolide. Les profilers de la pompe à essence, aussi performants qu’ils puissent être, restent des indics anonymes. “Dans le rapport, on indique que l’information nous a été transmise par un agent de la circulation, pour ne pas créer d’embrouilles avec les dirigeants des chaînes de station-service”, justifie cet inspecteur. Ça, c’est de l’entraide. Les vendeurs de détail ont aussi leur utilité. Et pour cause?: leur emplacement, à un poste fixe, leur permet d’observer les passants. Leur carré de rue, avec vue dégagée des deux côtés, laisse le champ libre à toute sorte d’investigation statique. Même intérêt pour les chauffeurs de bus et de taxi, sur la route toute la sainte journée. Les RG amassent l’information, après le service du conducteur, dans les dépôts. Dans la même veine romantique, le rôle de la Lydec dans les renseignements généraux?: tout nouvel abonnement leur est faxé illico presto. Et tout ça, pour combien ? 700 DH par mois pour l’indic lambda qui a fait ses preuves. Il faut le vouloir.

    Tous les chats sont gris

    4ème étage de la préfecture de police de Casablanca. Un grand tableau plein de chiffres. Les codes des enquêtes en cours s’égrènent : 411, 413, etc. Elles ont été ouvertes pour beaucoup grâce à des infos glanées par les RG. Parmi les cas, sexe, drogues et trafic en tous genres. La moisson nocturne a été bonne grâce à la surveillance des bars, boîtes de nuit et cabarets. Hiboux de nuits, ils contrôlent l’horaire de fermeture, le respect de la législation sur l’alcool. La ronde des inspecteurs englobe aussi les casinos dans le cadre de la “police des courses et des jeux”. Il y a bien entendu, derrière la tournée pépère, comme une directive administrative, une face obscure. “L’aire d’intervention de la police de la réglementation (les RG, ndlr) est une aire de menace par excellence”, note Abdellatif Agnouch, professeur en sécurité publique à l’université de Settat. L’“aire de menace” devient ipso facto une zone de pêche à l’info auprès des videurs et des gérants de boîtes de nuit. Et last but not least, les prostituées : “Elles sont utiles pour lutter contre le deal de cocaïne dans les boîtes de nuit”, précise un inspecteur des RG. Elles prennent note aussi d’“un client habituel qui dépense subitement trop d’argent”. Au cœur des excès, là où cela se passe aussi pour les RG. Presque à la marge, un autre de leur territoire de chasse : “On a répertorié 75 000 homosexuels à Casablanca”, lâche un inspecteur au détour d’une phrase. Scribe des mœurs des autres, il recrute beaucoup d’informateurs parmi eux. La boucle est bouclée…

    Telquel

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    Tags : Maroc, services secrets, sécurité, espionnage, RG, rensignements,

  • Alexandre Benalla, Mossad, pédophilie et services secrets marocains

    L’affaire Benalla : Le régime (néo-féodal) marocain derrière!

    Lahcen BENHALIA de son vrai nom, sujet Marocain qui ferait partie du corps des » moukhabarates » (services secrets marocains) nous interpelle (si ces faits sont établis) dans le sens suivant : COMMENT ? Un petit espion minable a t-il pu monter si haut dans l’organigramme de la République ? Quel est le message que le régime dictatorial marocain veut faire passer à Champs éllisé ?

    Si on réfléchit bien : nous savons que le Maroc est devenu le lieu de « tous les excès et toutes les folies » du Gotha de la politique, du spectacle et des affaires…Rappelons l’interview du ministre Luc FERRY qui déclarait devant les caméras qu’un ex-ministre s’était fait « poisser » à Marrakech en compagnie d’adolescents mineurs (il s’agissait de Jack LANG).

    Le gouvernement français se prévaut et se vante de son appartenance à la franc-maçonnerie ! Hors, plus grand monde n’ignore de nos jours le lien entre haute franc-maçonnerie et pédophilie !

    Et si le roi prédateur MOHAMMED VI du Maroc s’était « amusé » à constituer des « dossiers secrets » avec preuves à l’appui, sur les frasques plus ou moins avouables des irréprochables « hommes d’état de France??? ».Quel moyen de pression imparable ce serait !

    Ce ne serait pas ça le message ? : « Vous êtes tellement pervers, pourris et corrompus, et nous en avons les preuves, que nous pouvons faire tout ce que nous voulons chez vous et PERSONNE n’osera bouger le petit doigt. « Vous êtes tellement tous mouillés » dans ces sales affaires que cela engendrerait un cataclysme politique dont vous ne vous remettriez pas…».

    Et si un SCANDALE PÉDOPHILE de grande envergure était derrière tout ça ?

    Depuis le début, je pressentais que le MOSSAD était derrière tout ça, et puis, j’ai découvert qu’il y avait aussi le Maroc (vendu à Israël) directement impliqué !

    Le niveau élevé « d’amateurisme » révélé par cette affaire m’a déstabilisé, c’est pour cela que je suppute en toile de fond une sordide histoire de «mœurs».

    La morale de cette affaire est de mettre au grand jour l’état de déliquescence et d’effondrement de la présidence française, dont, encore une fois, l’inexpérience et l’amateurisme clairement affichés sont une véritable gifle infligée chaque jour au peuple de ce pays…

    J’ai HONTE A LA France.

    Orilio Leaks

    Tags : France, Macron, Benalla, Maroc, pédophilie, services secrets, Mossad,