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  • Tournée de la haute représentante/vice-présidente Federica Mogherini dans la région du Sahel

    La haute représentante/vice-présidente Federica Mogherini a conclu aujourd’hui sa tournée dans la région du Sahel, au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

    La 5ème réunion ministérielle UE–G5 Sahel s’est tenue à Ouagadougou avec les Ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel. Cette réunion était dédiée à la situation sécuritaire et l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel, au défi du retour de l’Etat dans les zones fragiles pour la sécurité, la justice et les services aux populations, ainsi qu’aux mécanismes de réconciliation et de dialogue nécessaires pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les tensions communautaires.

    A l’occasion de sa visite, la haute représentante a été reçue par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, puis par le Premier Ministre, Christophe Dabiré et les membres de son gouvernement, afin de parler du partenariat bilatéral entre l’UE et le Burkina Faso. Les discussions se sont concentrées sur la stratégie intégrée du gouvernement pour la sécurité et le développement, le programme d’urgence pour le Sahel (PUS) élargi, pour lequel un soutien supplémentaire de 55 millions d’euros a été confirmé.

    Federica Mogherini a eu l’occasion de visiter, en compagnie du Ministre burkinabè de l’Education, une école franco-arabe qui bénéficie d’un appui de l’UE dans le cadre du programme « Protection des jeunes dans les zones à risque au Burkina Faso à travers l’éducation et le dialogue » qui vise à renforcer l’offre éducative dans les zones vulnérables et l’employabilité des jeunes.

    Au Mali, la haute représentante s’est entretenue avec le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier Ministre, Boubou Cissé et le Ministre des Affaires étrangères, Tiebilé Dramé. Divers Ministres et responsables politiques ont participé à ces échanges.

    Face aux défis sécuritaires, Federica Mogherini a réaffirmé le fort soutien de l’Union européenne au Mali et a exprimé le souhait d’une accélération de la mise en œuvre de l’Accord de paix d’Alger. Elle a salué la perspective du dialogue politique national inclusif.

    La haute représentante s’est rendue à Mopti où elle a rencontré des représentants de la société civile et des principales communautés du centre du pays. Face à leurs témoignages, elle a réaffirmé l’importance du dialogue, de la justice et de la lutte contre l’impunité ainsi que l’urgence du retour de l’Etat et des services fondamentaux pour la population dans ces zones.

    Cette tournée s’est achevée aujourd’hui au Niger.

    Federica Mogherini a été reçue par le Président de la République, Mahamadou Issoufou. Après avoir abordé la situation sécuritaire, elle a félicité le Président de la République pour le début de sa présidence de la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, pour l’accession du Niger au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, ainsi que pour le succès du Sommet de l’Union Africaine 2019, notamment la 12° Assemblée Extraordinaire qui a vu l’entrée en vigueur de la zone de Libre Echange Continentale Africaine.

    Federica Mogherini a rencontré le ministre des Affaires étrangères Kalla Ankourao et a participé à une réunion interministérielle pour effectuer un tour d’horizon des enjeux auxquels le Niger fait face, et des réponses de l’Union européenne, notamment dans les domaines du développement, de la sécurité et de la gestion des flux migratoires.

    La haute représentante a également rencontré l’Etat-Major du PC du fuseau centre de la Force conjointe du G5 Sahel, pour la remise d’équipements financés par l’UE. Enfin, Federica Mogherini a visité le centre de transit pour femmes et enfants de l’Organisation internationale pour les migrations.

    Elle a quitté Niamey en fin de journée pour Bangui en République Centrafricaine.

    Fiche sur le partenariat de l’Union Européenne avec les pays du G5 Sahel

    Fiche sur le partenariat de l’Union Européenne avec le Burkina Faso

    Fiche sur le partenariat de l’Union Européenne avec le Mali

    Fiche sur le partenariat de l’Union Européenne avec le Niger

    Fiche sur les relations UE-République Centrafricaine 

    Source

    Tags : Sahel, G5, Niger, Mauritanie, Tchad, Burkina Faso, Mali, terrorisme,

  • Quai d’Orsay – Point de presse de la porte-parole : G5 Sahel

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    Ministère des Affaires Etrangères de la République Française

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Quai d’Orsay – Point de presse de la porte-parole : G5 Sahel

    Un soutien international efficace est indispensable

    PARIS, France, 17 mai 2019/ — Au point de presse de ce jour, la porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

    Q – Le ministre des affaires étrangères burkinabè a déclaré hier que le G5 Sahel ne serait pas suffisant pour éradiquer la menace terroriste dans la région et a appelé à la création d’une coalition internationale comme pour le Levant. Pensez-vous qu’une telle coalition pourrait faire partie d’une nouvelle stratégie pour la région, vu que la politique actuelle ne porte pas ses fruits ?

    R – Face à la situation sécuritaire et humanitaire au Sahel, la pleine mobilisation des États du G5 Sahel est indispensable. C’est pourquoi la France se mobilise en faveur du soutien international à la force G5 Sahel, ainsi qu’à l’Alliance Sahel. Elle appelle ses partenaires internationaux à poursuivre leur engagement dans la région et à soutenir le déploiement par les États du G5 Sahel de leurs forces de sécurité et des services publics sur l’ensemble de leur territoire.

    Un soutien international efficace est indispensable. La France veillera à ce que lors du renouvellement à venir du mandat de la MINUSMA, les modalités techniques du soutien international soient davantage adaptées aux besoins de la force conjointe G5 Sahel.

    Distribué par APO Group pour Ministère des Affaires Etrangères de la République Française.

    SOURCE : Ministère des Affaires Etrangères de la République Française

    Tags : France, G5 Sahel, terrorisme, Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad,

  • Le Conseil de l’UE cherche à renforcer la relation de l’UE avec la région

    BRUXELLES, Belgique, 13 mai 2019/ — Le 13 mai, le Conseil a examiné et adopté des conclusions sur le Sahel. Il y a rappelé que le Sahel constituait une priorité stratégique pour l’UE et ses États membres. Les différentes sessions et réunions prévues durant la semaine du 13 mai témoignent de ce sens des priorités et de l’approche intégrée adoptée par l’UE à l’égard de la région. Les ministres des affaires étrangères ont tenu un débat – qui devrait être axé sur les aspects liés à la sécurité – visant à définir le cadre politique, dans la perspective des échanges de vues auxquels procéderont les ministres des affaires étrangères et de la défense de l’UE le 14 mai avec leurs homologues des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger). Le jeudi 16 mai, les ministres de l’UE chargés du développement débattront de la manière de renforcer la relation à long terme de l’UE avec la région, ainsi que le soutien que l’UE apporte au Sahel.

    Les conclusions rappellent que l’UE se tient aux côtés des autorités et des populations du Sahel, qui demeurent confrontées à des défis de diverse nature:

    • au niveau politique, avec en particulier de graves lacunes en matière de gouvernance, d’état de droit et de protection des droits de l’homme;
    • ii) sur le plan sécuritaire, en raison de l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux;
    • en matière de développement, avec une pauvreté endémique, une forte croissance démographique et une faible cohésion socioéconomique;
    • ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humanitaire.

    C’est dans ce contexte que des conflits intercommunautaires ont connu une résurgence significative en quelques mois dans plusieurs pays de la région. Relever ces défis et répondre à ces lacunes relève avant tout de la responsabilité des États du Sahel. La communauté internationale les soutient dans les efforts qu’ils déploient.

    Conclusions du Conseil sur le Sahel

    1. L’Union européenne (UE) se tient aux côtés des autorités et des populations du Sahel, qui demeurent confrontées à des défis de diverse nature: i) politiques, en particulier de graves lacunes en matière de gouvernance, d’état de droit et de protection des droits de l’homme; ii) sécuritaires, avec l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris de la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux; iii) en matière de développement, avec une pauvreté endémique, une forte dynamique démographique et une faible cohésion socio-économique; iv) ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humanitaire.
    C’est dans ce contexte que des conflits intercommunautaires ont connu une résurgence significative en quelques mois dans plusieurs pays de la région. Relever ces défis et répondre à ces lacunes relève avant tout de la responsabilité des États du Sahel. La communauté internationale les soutient dans leurs efforts

    2. Le Sahel est une priorité stratégique pour l’UE et ses États membres.
    La réunion entre les ministres des affaires étrangères et de la défense des vingt-huit États membres de l’UE et des cinq États membres du G5 Sahel lors de la session du Conseil des affaires étrangères du 14 mai 2019 en témoigne. Dans le cadre d’un dialogue politique permanent et d’une approche intégrée axée sur le nexus développement et sécurité, et sur la base de la stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement au Sahel et de son plan d’action régional, ainsi que des cinq piliers du plan d’action adopté lors du sommet de La Valette en 2015, l’ensemble des instruments européens d’action extérieure ont été déployés. L’UE soutient ainsi individuellement chacun des cinq pays rassemblés au sein du G5 Sahel et accompagne leurs efforts de coopération. L’UE et ses États membres sont les principaux partenaires de la région, mobilisant plus de 8 milliards d’euros entre 2014 et 2020 au titre de l’aide au développement pour des programmes nationaux et régionaux, notamment à travers le fonds fiduciaire d’urgence. L’UE et ses États membres soutiennent également la sécurité au Sahel en déployant de très importants moyens humains et matériels dans le cadre notamment des missions menées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) – EUTM Mali, EUCAP Sahel Mali et EUCAP Sahel Niger -, par leur participation à la mission MINUSMA des Nations unies, au travers de l’opération française Barkhane, soutenue par d’autres États membres, et dans le cadre de nombreux engagements bilatéraux.

    3. L’UE réaffirme son engagement, conformément à la résolution 2391 du Conseil de sécurité des Nations unies, en faveur du G5 Sahel et rappelle le soutien significatif qu’elle apporte à la mise en place de ses structures de gouvernance, à l’opérationnalisation de la Force conjointe (FCG5S) et à la mise en œuvre du Programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel (PIP) et de son Programme d’urgence, avec l’appui de l’Alliance Sahel et d’autres donateurs. Elle salue la reprise des opérations de la FCG5S et appelle à une intensification de ses efforts. Un an après la conférence de haut niveau sur le Sahel qui s’est tenue à Bruxelles le 23 février 2018, l’UE et ses États membres s’engagent à poursuivre la mise en œuvre des 147 millions d’euros déjà alloués à la Force.

    4. L’UE reste toutefois gravement préoccupée par la montée des violences terroristes, mais aussi communautaires, au Mali et au Burkina Faso. Elle appelle les autorités à lancer ou à diligenter des enquêtes appropriées, y compris sur les violences sexuelles et basées sur le genre, pour déterminer les responsabilités, directes ou indirectes, de l’ensemble des protagonistes, à ne laisser aucune place à l’impunité et à tenir les citoyens informés des progrès réalisés à cet égard. Elle appelle également les gouvernements à dissoudre et à désarmer toutes les milices actives sur leurs territoires et à lancer pour les régions concernées un processus politique ambitieux et inclusif de dialogue et de réconciliation pour résoudre les problèmes de cohésion sociale et de confiance, notamment entre la population et les forces armées. Elle appelle à cet égard à un comportement exemplaire des forces de sécurité et de défense dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire ainsi qu’à un suivi judiciaire des incidents, qui peuvent constituer des violations de ces droits. La prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats et la lutte contre ce phénomène ainsi que la réinsertion des enfants soldats doivent être assurées. L’UE encourage le G5 Sahel et chacun de ses États membres à accorder la priorité aux zones d’instabilité les plus critiques, sans négliger les zones stables, et à traiter de manière intégrée les causes profondes de l’insécurité pour prévenir la violence et satisfaire aux besoins et aux aspirations des populations, y compris des femmes et des jeunes.

    5. L’UE souligne l’importance des réformes majeures que doivent entreprendre les gouvernements du G5 Sahel afin d’assurer une paix, une sécurité et une prospérité durables. D’une part, la gouvernance inclusive des territoires au niveau national et local, une véritable décentralisation, en particulier le retour des services publics, y compris l’accès à l’éducation, en particulier pour les filles et les femmes, la réouverture des écoles, l’accès à la justice pour tous, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance sont clés. D’autre part, la réforme du secteur de la sécurité, afin de rendre plus efficace la lutte contre l’insécurité et à mettre un terme aux exactions commises contre les populations civiles, s’impose. Des perspectives économiques plus équitables, le respect des droits et l’autonomisation des femmes et des filles, la protection et l’intégration des personnes en situation de vulnérabilité et l’égalité en matière d’accès aux services publics, y compris l’accès aux services de soins de santé sexuelle et reproductive doivent être assurés. Enfin, pour un développement économique inclusif et durable, un accès équitable aux ressources naturelles, des réponses appropriées aux changements climatiques et écologiques et un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat et à l’investissement sont également nécessaires. L’UE souligne aussi l’importance d’une participation pleine et entière des jeunes, des femmes et de la société civile aux processus de paix, y compris à la prévention des conflits, en général également au niveau local. Cela est indispensable pour la paix et le développement durable dans la région du Sahel. L’UE encourage le G5 Sahel à intégrer une perspective de genre dans l’ensemble de ses actions.

    6. L’UE appelle les États du G5 Sahel à redoubler, accélérer et approfondir leurs efforts en matière de coopération régionale, notamment en donnant au secrétariat permanent les moyens de remplir sa mission, et à renforcer leur mobilisation pour une opérationnalisation complète de la Force conjointe et une mise en œuvre immédiate du PIP dans les zones les plus vulnérables. Elle souligne une nouvelle fois l’impératif d’une mise en œuvre effective, par la FCG5S et ses États membres, du cadre de conformité pour les droits de l’homme et le droit international humanitaire, et la nécessité de mettre en place une véritable composante « police » en appui à la Force conjointe, en vue de garantir une interface efficace entre la Force conjointe et les systèmes nationaux de justice pénale. L’UE se réjouit à cet égard de la tenue, le 21 janvier dernier à Niamey, de la deuxième conférence sur le renforcement des liens entre sécurité, justice et développement dans l’espace du G5 Sahel.

    7. Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la région, aggravée par l’instabilité dans les pays limitrophes, l’UE rappelle que tous les acteurs – les gouvernements nationaux des pays du G5 Sahel, le G5 Sahel, la CEDEAO et les pays voisins, l’Union africaine et les Nations unies – ont la responsabilité de mobiliser leurs moyens dans le cadre d’une approche cohérente et globale de stabilisation permettant le retour de la sécurité et du développement. L’UE salue à cet égard le travail des gouvernements des pays du Sahel et des acteurs nationaux et internationaux et le rôle de coordination des Nations unies. Elle souligne le rôle crucial de la MINUSMA pour la stabilité, la paix et la réconciliation au Mali, y compris son rôle au nord et au centre du pays, en particulier ses missions d’appui au redéploiement de l’État, de protection de tous les civils, sans discrimination, d’appui au retour des services de base et de bons offices pour le processus politique malien qui doit impérativement être mené à terme, ainsi que sa capacité d’interaction avec les autres forces de sécurité, y compris par l’appui qu’elle apporte à la FCG5S. En conséquence, l’UE accueillerait favorablement l’adoption, par le Conseil de sécurité des Nations unies, en juin prochain, d’un mandat de la MINUSMA à la hauteur de ces enjeux.

    8. L’UE salue les avancées constatées au Mali dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation signé en juin 2015, y compris à travers le comité de suivi, mais appelle les parties prenantes, en particulier le nouveau gouvernement malien, à poursuivre leurs efforts et à les faire aboutir rapidement, notamment en ce qui concerne la réintégration effective des combattants via le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, la réforme du secteur de la sécurité, l’avancée du processus de décentralisation et la création d’une zone de développement pour les régions du Nord. Elle appelle les plus hautes autorités maliennes à mener le processus de révision de la Constitution dans un esprit inclusif, pour que celle-ci soit acceptée par l’ensemble de la société malienne et qu’elle soit à même de contribuer au retour de la paix dans un Mali refondé. L’UE souligne l’importance d’une inclusion pleine et entière des femmes, des jeunes et de la société civile dans la mise en œuvre de l’accord.

    9. L’insécurité croissante contribue à la détérioration de la situation humanitaire. Les déplacements causés par la violence ne font qu’exacerber les difficultés liées aux crises alimentaires et nutritionnelles récurrentes, et augmentent les besoins en matière de protection des personnes en situation de vulnérabilité, en premier lieu les enfants, les femmes et les personnes handicapées. Bailleur humanitaire majeur avec plus de 250 millions d’euros alloués au cours des deux dernières années en faveur des populations des pays du G5 Sahel, et dans un contexte où la réponse d’urgence reste sous-financée, l’UE invite les pays du G5 Sahel à intensifier leurs efforts afin de prévenir de nouveaux déplacements et de garantir l’accès des populations touchées par les conflits et la violence aux services de base. L’UE continuera à se tenir aux côtés de la population.

    10. L’UE continuera à attacher une importance prioritaire à la région du Sahel et à prendre les initiatives appropriées, tout en restant attentive à l’engagement de ses partenaires et à l’efficacité des actions menées. L’UE rappelle sa détermination à accompagner le retour de l’État et des services de base, la stabilisation des zones périphériques, la lutte contre les trafics, par exemple au moyen du projet GAR-SI Sahel, et toute initiative de dialogue et de réconciliation. Elle est également prête à continuer à soutenir la nécessaire réforme des forces de sécurité et de défense des pays du G5 Sahel, la poursuite du développement de leurs capacités, sur la base des stratégies locales, et leur redéploiement, en s’appuyant en particulier sur les missions de PSDC existantes au Mali et au Niger, conformément au mandat de ces dernières. Par ailleurs, elle souligne que le soutien de l’UE ne peut être efficace que s’il accompagne d’efforts conséquents des pays du G5 Sahel pour améliorer la gouvernance, le développement et la sécurité dans l’ensemble de la région. L’UE continuera à suivre de près la situation et identifiera, le cas échéant, des ajustements nécessaires dans la mise en œuvre des actions qui sont en cours, sur la base d’avancées concrètes, notamment en vue de la réunion ministérielle annuelle entre le G5 Sahel et la haute représentante prévue à Ouagadougou en juillet 2019.

    Source : UE

    Tags : Union Européenne, UE, Sahel, terrorisme, sécurité, G5, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad, Barkhane,

  • Tchad : Idriss Déby demande à l’Elysée d’intervenir pour évacuer l’ambassade tchadienne à Paris occupée par des opposants

    Le président Idriss Déby vient de demander au Quai d’Orsay d’ordonner l’évacuation sans ménagement de sa représentation à Paris, qu’il considère « d’illégal » ainsi que la judiciarisation des occupants afin de dissuader d’autres activistes, a rapporté un activiste politique tchadien.

    L’ambassade du Tchad en France a été assiégé mardi par des militants tchadiens résidents en France.

    L’ambassade a été prise d’assaut tôt ce matin pour, entre autres

    • protester contre le refus du dialogue politique réclamé par l’opposition et la société civile qui souhaite une issue pacifique de la crise politique qui a tant duré.
    • Départ sans conditions de l’armée française du Tchad
    • la libération des rebelles arrêtés lors du bombardement français sur une colonne de l’UFR
    • un dialogue inclusif regroupant toutes les forces vivent du Tchad ( opposition pacifique, oppositions armées, les diasporas, et le gouvernement).

    Selon des activistez tchadiens, l’ambassadeur aurait pris la fuite.

    Tags : Tchad, Idriss Déby, rébellion, françafrique,

  • Tchad : Idriss Déby interdit une manifestation contre le Franc CFA

    Une manifestation prévue jeudi 14 mars contre le Franc CFA et le néo-colonialisme a été interdite par les autorités de N’djamena.

    Idriss Déby, celui qui hier disait «  L’Afrique ne peut pas évoluer avec le Franc CFA. Nous devons frapper notre propre monnaie » est le même qui s’oppose aujourd’hui à une manifestation contre la monnaie négrière de la France.

    Il y a à peine un mois, les forces françaises stationnés au Tchd dans le cadre de l’opération Barkhane sont intervenuest contre les forces d’opposition tchadiennes de l’UFR pour sauver la tête du président Déby.

    Ainsi dont, Deby lui rend l’ascenseur à Paris pour la remercie de son intervention contre les rebelles tchadiens.

    Tags : Tchad, France, Idriss Déby, Barkhane, UFR, Franc CFA, FCFA,

  • Tchad : Il y a 40 ans, marsouins et bigors repoussaient une imposante colonne rebelle pro-libyenne à Abéché

    Ayant obtenu son indépendance le 11 août 1960, le Tchad a très vite confronté à une guerre civile motivée par des considérations ethnico-religieuse, le centre et le nord du pays, à majorité musulmane, ne reconnaissant pas l’autorité du président François Tombalbaye, issu de l’ethnie Sara, animiste-chrétienne et implantée dans le sud. Des mouvements rebelles virent ainsi le jour et se fédérerent, sous l’autorité d’Abba Siddick, au sein du Front de libération nationale [FROLINAT], avec le soutien de la Libye et du Soudan.

    Devant la dégradation de la situation, ses jeunes forces armées, avec seulement 1.800 soldats et 2.500 gardes nomades, étant dépassées, N’Djamena demanda l’assistance de Paris. Ce qui donna lieu, entre 1969 et 1972, à l’opération « Limousin » [ou « Bison »].

    Cette dernière, commandée par le général Cortadellas, mobilisa 2.000 militaires français, appuyés par des hélicoptères Sikorksy H-34. L’objectif était alors de mettre un coup d’arrêt à la progression rebelle et de restructurer l’armée tchadienne. Grâce à cette intervention, la situation s’améliora rapidement, les principaux postes installés dans le nord du Tchad ayant été reconquis au bout de quelques mois. Toutefois, le FROLINAT ne fut pas réduit. Le 11 octobre 1970, une embuscade tendue entre Faya et Bardaï fit ainsi 11 tués et 25 blessés dans les rangs français. Soit les pertes subies les plus importantes depuis la fin de la guerre d’Algérie.

    Toutefois, en 1972, il fut considéré que le FROLINAT, même s’il n’était pas totalement éradiqué, ne constituait plus une menace pour le pouvoir tchadien. L’opération Limousin fut donc terminée, avec 39 soldats français tombés au champ d’honneur.

    Pour autant, le coup d’État à la faveur duquel le général Félix Malloum [un « sudiste »] prit le pouvoir à N’Djamena, relança l’organisation rebelle, plus que jamais soutenue par la Libye du colonel Khadafi. À nouveau, la situation se dégrada rapidement.

    En février 1978, plusieurs localités [Faya-Largeau, Ounianga, Fada et Koro-Toro] tombèrent sous le contrôle du FROLINAT, composé désormais de forces militaires organisées et très bien équipées [missiles sol-air, mortiers de 120 mm, canons de 75 et de 106 mm sans recul, lance-roquettes RPG-7, etc]. Et N’Djamena sollicita une nouvelle fois l’aide de la France, l’armée tchadienne ayant perdu 2.000 hommes.

    Dans un premier temps, des éléments du 2e Régiment Étranger de Parachutistes [REP] et de la 9e Division d’Infanterie de Marine [DIMa] furent envoyés au Tchad dans le cadre de l’opération Citronnelle, avec la mission de porter assistance aux forces tchadiennes, toujours aussi faibles. Mais au vu de la situation sur le terrain motiva dans la foulée le déclenchement d’une autre opération française, qui, appelée Tacaud, mobilisa 2.000 soldats, des hélicoptères, un avion Atlantic de la Marine nationale et des chasseurs-bombardiers Jaguar de l’armée de l’Air.

    En avril, sur la route menant à N’Djamena, une colonne du FROLINAT, armée de missiles sol-air SA-7, parvint à s’emparer de de Salal, au bout de dix jours de combat et malgré l’implication des forces françaises, qui se replièrent finalement vers Moussoro. Mais ses pertes l’empêchèrent de continuer sa progression.

    Plus à l’est, une autre colonne rebelle prit le contrôle de la localité d’Ati [centre du Tchad]. Mais la réaction des marsouins du 3e Régiment d’infanterie de Marine [RIMa], renforcés par un peloton du 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC] et appuyés par les Jaguar fut déterminante. La colonne du FROLINAT dut battre en retraite, laissant derrière elle 80 tués et plusieurs véhicules détruits.

    Sur fond d’intrigues politiques et de revirements d’alliance à N’Djamena, les combats se durcirent [un Jaguar fut abattu dans la région de Djedaa]. Mais les troupes françaises surent y répondre en remportant plusieurs succès significatifs contre le FROLINAT, de plus en plus divisé. Ainsi, la composante Gorane dirigée par Hissène Habré se rapprocha du régime dirigé par le général Malloum, avant de rompre avec lui en 1979 et d’affronter, dans le même temps, la faction « Toubou » de Goukouni Weddeye.

    Une autre faction arabe et pro-libyenne, le Conseil démocratique révolutionnaire d’Ahmat Acyl, ne s’en laissa pas compter. Le 5 mars 1979, près d’un millier de ses combattants, lourdement armés [SA-7, mortiers de 82 mm, canons anti-aériens, mitrailleuses .50, etc] s’élancèrent vers Abéché, la deuxième ville tchadienne et chef-lieu de la région du Ouaddaï, au centre-est du pays. Face à eux, sous le commandement du colonel Hamel, un escadron du Régiment d’Infanterie Chars de Marine sous les ordres du capitaine Dominique Delort, et des éléments du 3e RIMa ainsi que des bigors du 11e Régiment d’Artillerie de Marine [RAMa].

    L’objectif d’Ahmat Acyl était de s’emparer de la ville [et surtout de son aéroport afin d’en faire une tête de pont pour faciliter l’approvisionnement libyen] tout en causant le maximum de pertes parmi les militaires français pour choquer l’opinion internationale.

    Dans l’ouvrage « Engagés pour la France : 40 ans d’OPEX« , le général Delort raconte :

    Nous sommes le 5 mars 1979, à Abéché, position clé de l’est du Tchad. Il est 12h30. Les 160 marsouins de l’escadron ont passé comme toujours une matinée bien remplie. Brutalement, une, puis deux fortes explosions. Non, ce n’est pas un dépôt qui saute en centre-ville! Une attaque, mais de qui? Une troisième, un obus à 50 mètres. Le capitaine commande ‘à vos postes, ouvrez les réseaux radio, prêt à démarrer’. Déjà, le colonel Hamel [soleil] et l’artilleur [rouge] sont sur les ondes.

    La ville est attaquée, la batterie est prise à partie, l’aéroport où se trouve l’escadron reçoit des obus. ‘Bleu de Soleil, faites le point!’ Il n’en faut pas plus pour que Delort [bleu] ordonne à Descamps, son fidèle chef de peloton, de s’engager en reconnaissance le long de la piste, jusqu’au contact. Devant la colline de la léproserie tchadienne étincellent les feux multiples des rebelles. Les canons et les mitrailleuses de Descamps sont en action. Il fait très chaud, les AML [automitrailleuse légère de Panhard, ndlr] tirent les explosions se mêlent à celles des [canons de] 105 des artilleurs.

    – ‘Bleu, les coups passent juste au-dessus de moi!

    – Reçu 10, mais au moins deux mètres au-dessus, appuyez au nord et contre-attaquez plein ouest sur cinq kilomètres! »

    Les hélicoptères arrivent et tirent leurs SS11 à tête antipersonnel qui se transforment en boules de feu. Il doit être près de 14 heures. Tout indique que la vivacité et la violence de notre réaction ont interdit aux troupes d’Acyl de lancer l’assaut…

    Durant les combats, le RICM perdit l’un des siens le caporal-chef Guy Parent, la tourelle de son AML ayant été transpercée par une roquette alors qu’elle allait dégager 6 marsouins « fixés » par l’ennemi.

    Mais les militaires français, largement inférieurs en nombre, infligèrent des pertes considérables aux hommes d’Ahmat Acyl. Ces derniers laissèrent sur le terrain plus de 350 tués et plus de 800 armes individuelles et collectives, allant du fusil d’assaut aux missiles SA-7, en pasant par les lance-roquettes RPG-7, les mitrailleuses.

    Par la suite, en août 1979,et après les accords de Lagos et la formation d’un gouvernement national de transition [GUNT] présidé par Goukouni Oueddei, la France décida de redéployer ses troupes à N’Djamena, où il fut mis en place une force d’interposition neutre, les troupes d’Hissène Habré n’ayant pas rendu les armes. Puis, en avril 1980, estimant les buts militaires atteints [accord politique, évacuation de plus d’un millier de civils, progression stoppée des pro-Libyens vers le sud], Paris mit un terme à l’opération Tacaud.

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