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  • Elle anticipe un vide institutionnel en Algérie: « Accompagnons l’ANP »

    Le Vice-ministre de la défense et chef d’Etat-Major de l’ANP, a anticipé les retombées du vide constitutionnel auquel se dirigeait l’Algérie et suggéré l’application de l’article 102 de la Constitution pour déclarer la vacance du poste de président de la République. Une «suggestion» qu’il revient au Conseil Constitutionnel d’assumer, selon les lois en vigueur dans le pays. Cette sortie de M Ahmed Gaïd Salah est à la mesure des risques qu’encourt le pays et dont l’ANP est partie prenante de par son rôle et ses missions constitutionnelles dans la préservation de la sécurité des frontières, des institutions ainsi que des biens et personnes. Évoquer comme le font certains agités, un coup D’État militaire, part au mieux d’une mauvaise foi au pire de calculs politiciens de bas niveau.

    Concédons toutefois à ceux-là que cette «solution» arrive un peu tard, même si celle-ci devait émaner du Conseil Constitutionnel et du parlement. Sans complaisance, l’ANP vient une fois encore, de sauver l’Algérie des frasques de ses gouvernants, sans s’immiscer dans la vie politique. A ceux qui se découvrent subitement légalistes et dénoncent ce «coup de force», il est utile de rappeler que les deux institutions citées plus haut sont le fruit d’un non droit. Belaiz n’ayant pas le droit d’occuper le poste qui est le sien et l’APN née d’un inceste politique.

    Cela étant, il est très difficile de contenter les algériens qui habitent les réseaux sociaux. Ils veulent plus et tout de suite.

    Par ailleurs, les malsaines réapparitions de quelques figures politiques sont matière à inquiétude, ce qui doit inciter les algériens à maintenir la vigilance dans le calme et la sérénité.

    Le départ de Bouteflika n’étant pas une fin en soi, il s’agit aujourd’hui, comme le fait l’ANP, d’accompagner le processus de changement afin d’éliminer toute trace du système qui a pris l’Algérie en otage depuis 1962. Il s’agit de déstructurer un système et non pas détruire un Etat. La différence est énorme et ne devrait pas être autrement médiatisée par de pseudo experts et faux analystes qui squattent des chaînes de télévision sujettes à caution.

    La situation du pays est trop sérieuse pour n’être confiée qu’à des politiques. Prudence, sagesse et vigilance sont plus que jamais de mise. Continuons notre révolution de manière réfléchie et non émotionnelle. Nous sommes près du but.

    Mechakra Chaouki

    Le Provincial, 26 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah,

  • Algérie : L’article 102 comme sortie de la crise

    Dans une déclaration relayée par le quotidien Liberté, le chef d’état-major de l’armée algérienne Ahmed Gaid Salah a appellé à l’application de l’Art.102 de la constitution et donc à déchoir Bouteflika pour raisons de santé. ‬

    Selon des informations rapportées par Algeriepatriotique, qui cite des « sources généralement bien informées », la vacance de pouvoir devrait être annoncée ce mardi. L’article 102 de la Constitution devrait  être activé, lequel stipule que «lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement», c’est-à-dire la destitution du président.

    Texte de larticle 102.1

    « Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose,à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement.

    Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l’état d’empêchement du Président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l’intérim du Chef de l’Etat, pour une période maximale de quarante-cinq (45) jours, le Président du Conseil de la Nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l’article 104 de la Constitution.

    En cas de continuation de l’empêchement à l’expiration du délai de quarante-cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux alinéas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article.

    En cas de démission ou de décès du Président de la République, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la Présidence de la République.

    Il communique immédiatement l’acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit.

    Quand l’état d’empêchement est déclaré par le parlement, il charge le président du conseil de la nation de la charge de chef de l’État intérimaire dont les attributions sont extrêmement verrouillées et non président de la république ».

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition,

  • Algérie – LES PIEDS DANS LE PLAT

    » Bref, Saidani, en quelque sorte, emboite le pas à deux pontes du système, Seddik Chihab et Ali Benflis en l’occurrence, pour nous révéler que l’Algérie serait dirigée par ce qu’il qualifie d’ » Etat profond « . Mais il va encore plus loin en désignant nommément Ahmed Ouyahia, cible facile en fait, car vilipendée par les manifestants, mais cible inaccessible quand même car il est surréaliste d’envisager le fait qu’Ouyahia ait été capable de tout manipuler, tout gérer, tout décider… «

    Par Mohamed Abdoun :

    Décidemment, Amar Saidani ne rate pas une seule occasion pour mettre les pieds dans le plat. Cette fois-ci, lors d’une hallucinante sortie médiatique, il y est carrément allé » franco « .

    Celui qui a été le premier, et le seul, à reconnaitre publiquement détenir un bien immobilier en France, sans expliquer d’où lui est venu l’argent de son achat et, surtout, comment il a pu transférer l’argent que celui lui est formellement interdit, n’est franchement pas un modèle de vertu, ni un exemple à suivre. Il n’en constitue pas moins une sorte de » curiosité » pour les médias, friands de » scoops » et de » grands déballages » en cette période trouble où tous les coups deviennent permis.

    Bref, Saidani, en quelque sorte, emboite le pas à deux pontes du système, Seddik Chihab et Ali Benflis en l’occurrence, pour nous révéler que l’Algérie serait dirigée par ce qu’il qualifie d’ » Etat profond « .

    Mais il va encore plus loin en désignant nommément Ahmed Ouyahia, cible facile en fait, car vilipendée par les manifestants, mais cible inaccessible quand même car il est surréaliste d’envisager le fait qu’Ouyahia ait été capable de tout manipuler, tout gérer, tout décider, sans jouir -au moins- de la complicité de beaucoup d’autres hauts responsables ou oligarques ayant leurs entrées au sein de l’ensemble des institutions du pays.

    La sortie de Saidani, qui n’est donc pas innocente, semble avant tout chercher à dédouaner tous ces gens, à lever la suspicion qui pèse sur eux, pour ne la fixer que sur un Ouyahia destiné au sacrifice suprême, dans l’espoir -sans doute fou- de calmer enfin l’ardeur inextinguible des foules. Loin de s’arrêter en si » bon chemin « .

    Amar Saidani se permet de spéculer sur le destin et les décisions futures que pourraient -ou devrait, à l’en croire- prendre le FLN. Et, oh surprise, il privilégie la piste de Mouloud Hamrouche pour être le candidat de ce parti lors de la prochaine élection présidentielle.

    Son argument massue ? L’homme est fils de chahid. Il est, franchement, très difficile d’être aussi maladroit, obtus et ignorant des réalités et revendications du terrain. La rue rue dans les brancards. Appelle à une rupture totale avec le système. Saidani, sans vergogne, vient lui proposer, au nom d’un parti dont il ne tient plus les rênes, un homme qui aime à se définir lui-même comme étant un homme du… système, qui a toujours cherché à » réformer » ce système, mais uniquement de l’intérieur, et qui a toujours apporté un soin méticuleux à ne jamais se porter candidat contre celui du… système. Hamrouche, en un mot comme en mille, a toujours et patiemment attendu son heure, c’est-à-dire celle à laquelle le… système lui ferait enfin appel.

    Ce n’est pas tout. Il est difficile pour Saidani d’être plus maladroit à l’endroit de la rue, lorsqu’il évoque le statut d’enfant de chahid de cet ancien chef de gouvernement, alors que le peuple entier désire ardemment en finir avec cette inénarrable » légitimité historique « .

    Reste à espérer que Saidani, qui vient de se rappeler à nos » bons souvenirs » à travers cette sortie médiatique à tout le moins surréaliste, aura un jour à rendre compte, notamment en ce qui concerne son bien immobilier anormalement acquis en France. Il ne sera certainement pas le seul. Mais ce sera quand même un excellent début…

    M.A.

    Tribune des Lecteurs, 25 mars 2019

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  • Algérie – Ressac : Des draps et de la toile

    Des limogeages par-ci, des démentis par-là, l’État reprend l’initiative et marque sa présence sur la scène politico-médiatique, même si, en fait, il ne répond qu’aux facebookers anonymes qui font l’actualité qui impacte le plus l’opinion publique.

    Après une inquiétante et remarquable absence, malgré des marches impressionnantes, le régime a retrouvé son souffle et repris ses esprits, s’inscrivant désormais dans « sa » continuité afin de démentir toute déstabilisation. Il ne serait pas dans les sales draps que lui prédit la toile.

    Le Hirak ne l’aurait pas atteint dans ses fondements, encore moins dans ses ressorts, ce qui lui permet de rebondir et de s’exprimer à travers des communiqués élaborés par les services juridiques de grandes entreprises à l’image de Sonatrach et Algérie-Télécom. Comme avocats à ses turpitudes, il ne pouvait effectivement trouver mieux.

    Acculé et contraint à répliquer à des rumeurs pas trop éloignées de la vérité, le régime joue la montre et ne désespère pas d’étouffer le mouvement populaire pour cause d’absence d’interlocuteurs.

    A sa décharge, la piètre classe politique qu’il s’est fabriquée demeure dans la figuration politique et n’est pas à la hauteur de l’évènement. D’errance en déperdition et de calculs égoïstes en prétention de leadership, ces partis se sont déjugés et constituent la coquille vide qu’ils n’ont jamais cessé d’être.

    A un mois de la date fatidique de l’entrée de l’Algérie dans la vie anticonstitutionnelle, le régime joue son va-tout en sacrifiant des fusibles pour se refaire une virginité. En face et, pour aboutir à la concrétisation des revendications du mouvement populaire, il ne reste qu’une seule et unique voie. Le retour à la Constitution, avant qu’il ne soit trop tard.

    La démission de Bouteflika ou l’activation de l’article 102 sont les seules issues à même de sauvegarder les institutions. L’exigence de certains parlementaires à tenir une session extraordinaire peut en être l’élément déclencheur en vertu des lois en vigueur.

    Leur permettra-t-on de se réunir ? Difficile d’en faire le pari !

    C.Mechakra

    Le Provincial, 25 mars 2019

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  • Algérie: La nécessaire transition générationnelle

    Les partis de la majorité présidentielle accusent le coup du chamboulement politique que vit le pays depuis le 22 février dernier. Alors que se profile logiquement une élection présidentielle à plus ou moins moyenne échéance, le RND et le FLN ne sont pas du temps dans la posture de partis en pré campagne électorale. On ne parle pas de candidature et encore moins de candidature commune.

    Cette idée d’une personnalité qui représenterait le courant novembriste, nationaliste et social est déjà reléguée aux divers dans les discours des dirigeants du parti. Pour être honnête, on pourrait aller jusqu’à dire qu’on n’en parle pas du tout dans les états majors du RND et du FLN. L’heure n’est visiblement pas à l’union, ni au rassemblement. Les partis qui ont fait l’ossature du pouvoir depuis 1997 sont, au contraire, à l’heure du règlement de compte et des luttes intestines. Des voix qui s’en élèvent ces derniers jours traduisent la grande panique qui a court dans leurs rangs.

    Des déclarations contradictoire, allant parfois, jusqu’à remettre en cause le plan du président de la République et toutes ces accusations que l’on se lance à la figure de part et d’autre, illustrent l’état de délabrement de la maison du pouvoir, ces dernières semaines. Il est entendu qu’au point où en sont les choses pour ces deux formations politiques, il y a très fort doute de les voir jouer les premiers rôles à la prochaine élection présidentielle. En effet, au lieu de se ressaisir et de se déployer dans le sens d’une remise en cause du passif et une réflexion sérieuse sur le devenir du courant politique et idéologique qu’ils représentent, le FLN et le RND n’en finissent pas de couper la branche sur laquelle ils sont assis.

    Pourtant aux côtés du MPA et de TAJ, les deux partis qui se sont partagé durant les 20 dernières années, les postes de responsabilité au gouvernement, cumulent une longue expérience d’alliance qui pourrait servir aux générations montantes des militants. Cela suppose que les actuels dirigeants des partis qui se tirent dans les pattes, devront comprendre le sens de l’histoire et préparer leur éclipse de la scène nationale.

    Et pour cause, si les appareils et les expériences peuvent servir au redéploiement des partis au service de la nation, il est très improbable que le personnel politique qui fait partie du problème, puisse faire partie de la solution. En un mot comme en mille, le repositionnement des partis du pouvoir, se fera au prix d’une transition générationnelle.

    Par Nabil.G

    Ouest Tribune, 25 mars 2019

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  • Algérie: Après le départ de Bouteflika, le peuple algérien ne va pas rentrer à la maison.

    Les Algériens s’amusent de ces numéros de cirque. Certains changent de rôles et tournent la veste. D’autres révèlent des secrets d’outre-tombe, zombies bondissant au devant du spectacle. Les mea-culpa s’amoncellent. Des serviteurs essuient allégrement le couteau sur le dos du président absent…

    Depuis plus d’un mois, le mouvement populaire lancé par la jeunesse s’est considérablement élargi. Les sujets de réflexion aussi.

    Bien entendu, l’exigence du départ du président actuel à la fin de son mandat est devenu une évidence nationale. Le peuple ne fait pas appel à l’Armée pour faire partir Bouteflika, car rien de durablement bon n’est sorti de l’intervention directe des militaires dans la fonction présidentielle.

    « Ils » n’ont qu’à s’entendre entre-eux. Faire partir Bouteflika, c’est la tâche du Conseil constitutionnel . Le président du Sénat est chargé d’assurer l’intérim pendant les trois mois qui séparent de la prochaine élection présidentielle.

    Le peuple algérien ne va pas rentrer à la maison. Pour ne pas se faire de nouveau avoir, il reste mobilisé et prendra sous sa responsabilité le contrôle de ces élections. Il trouvera les moyens d’assurer ce contrôle à toutes les phase du scrutin. Il est suffisamment inventif pour cela.

    Sur la gestion du pays, dans les assemblées informelles, les constats sont de plus en plus partagés et des diagnostics discutés. La constitution algérienne doit contenir des mécanismes précis incontournables pour contrer l’abus de pouvoir (hagra) la corruption, l’accaparement des pouvoirs politiques par les privilégiés en vue de mettre la main sur richesses naturelles de connivence avec les multinationales?

    Le prochain président qui serait élu cet été devra convoquer le peuple pour des élections législatives dont la tâche sera notamment d’élaborer les nouvelles règles puisée dans le vaste débat national en cours.

    Certains l’appellent assemblée nationale constituante pour indiquer le caractère qualitativement nouveau des dispositions constitutionnelles à adopter.

    Sans attendre, les Algériens, salariés et étudiants notamment, se préoccupent de balayer devant leur porte en se dotant de représentants authentiques.

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  • Algérie : L’opposition se prononce sur la transition

    par Kharroubi Habib

    Depuis que les Algériens sont descendus dans la rue déterminés à barrer la route à un cinquième mandat pour Bouteflika et exiger le départ de celui-ci et du régime qu’il incarne, une frange de l’opposition qui a milité dans le même but a apparemment surmonté ses clivages, querelles de chapelle et de leadership en s’entendant sur une plateforme de propositions en vue d’une transition dont Bouteflika et son clan seront dessaisis du pilotage qu’ils cherchent à s’arroger à travers leur feuille de route.

    Cette plateforme dispose que le pays aille à une courte période de transition au cours de laquelle le mandat du président sortant serait transféré à un organe présidentiel. Lequel serait composé de personnalités nationales «reconnues pour leur crédibilité, leur intégrité et leur efficacité» et devra s’employer à réaliser les revendications du peuple et à ne pas se porter candidat aux élections qu’il organisera.

    Par ses dispositions la plateforme actée par des partis et personnalités de l’opposition converge avec ce que préconisent certains activistes et figures en vue du mouvement populaire anti-régime. Le hic en l’affaire est qu’au sein du mouvement populaire ce processus avancé et par l’opposition et par les activistes et figures en question ne semble pas faire consensus.

    Ce n’est pas faire procès à cette frange de l’opposition de dire qu’elle n’est pas en odeur de sainteté au sein du mouvement populaire qui n’entend pas pour cette raison en faire son porte-parole. Il est vrai aussi qu’elle a maladroitement tenté de capter à son profit l’intifada populaire qui s’est déclarée et qu’elle n’avait nullement anticipée et a de ce fait provoqué la méfiance de ses protagonistes pour toutes les initiatives ou propositions venant d’elle.

    Cela étant, il est incontestable que sa plate-forme dispose des préconisations qui sont susceptibles de dépasser la crise institutionnelle et constitutionnelle à laquelle Bouteflika et son clan condamnent l’Algérie en s’accrochant au pouvoir.

    Son point faible est celui qu’elle laisse dans le vague le comment seront désignées les personnalités nationales appelées à constituer l’organe présidentiel. Est-ce que cela reviendrait au mouvement populaire et par quelle procédure, ou aux partis et personnalités de l’opposition, ou est-ce à l’armée à laquelle les signataires de la plateforme ont demandé de «répondre aux demandes de la population et de contribuer à leur réalisation dans le respect de la légitimité populaire» ?

    L’entente sur la question ne va pas être aisée à obtenir, ce qui promet des controverses et des déchirements qui risqueront de désunir le mouvement populaire anti-régime et donner prétexte aux soutiens de ce dernier à imposer la solution à la crise la plus insidieusement mortifère pour les attentes populaires.

    Le Quotidien d’Oran, 25 mars 2019

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  • Algérie : Le loup est dans la bergerie !

    « A simple titre d’exemple, j’ai vu ce vendredi des manifestants scander à tuetête ce slogan qui glace le sang et avec lequel j’aurais aimé en avoir fini depuis belle lurette : « dawli islamiya ». »

    Par Mohamed Abdoun :

    Beaucoup de gens estiment, à tords sans doute, que l’Algérie serait définitivement vaccinée contre la poussée de fièvre islamiste. Ils en veulent pour preuve ces mêmes arguments que j’avais été le premier à développer dès 2011, au plus fort des printemps arabes.

    Grosso-modo, si j’avais prévu des déferlantes islamistes, et même terroristes, au niveau de l’ensemble des pays touchés par ces printemps préfabriqués, je n’en avais pas moins ajouté que notre printemps à nous s’était déroulé en octobre 88, et que nous avions payé chèrement le droit de repousser cette vague islamiste.

    Depuis, que d’eau a coulé sous les ponts. Il nous est demandé, aujourd’hui plus que jamais, de se garder de dormir sur ses lauriers. La menace rode encore. Elle est plus forte et plus dangereuse que jamais.

    En effet, si nous avons vaincu le terrorisme de haute lutte, sur les plans militaire, médiatique et politique, l’intégrisme, lui, ne sait jamais mieux porté sous nos cieux. Celui-ci, terreau du terrorisme, a fini par gangrener en profondeur toute la société algérienne.

    A simple titre d’exemple, j’ai vu ce vendredi des manifestants scander à tue-tête ce slogan qui glace le sang et avec lequel j’aurais aimé en avoir fini depuis belle lurette : » dawli islamiya «.

    Les islamistes, très bien organisés, toujours en e m b u s c a d e , n’ignorent rien du traumatisme subi par le peuple algérien. Mais, leur formation leur permet de s’adapter à toutes sortes de situations, d’attendre patiemment leur heure, et de savoir constamment reculer pour sauter toujours plus haut et plus loin. Ce n’est, par exemple, pas un hasard sur au sein des réseaux sociaux, qui » gèrent » depuis le début ce fantastique sursaut populaire, Benghebrit a été directement prise pour cible, parce qu’elle a interdit la prière au sein des salles de classe.

    Les citoyens, en grand nombre, sont tombés tête baissée dans ce grossier piège. Pourtant, non seulement elle avait parfaitement raison en décrétant cet interdit qui, ma foi, va de soi, mais en plus le fait de focaliser sur cette personne, et concernant ce sujet précis, a de quoi diluer les vraies revendications citoyennes d’une part, et permettre aux islamistes de reprendre du poil de la bête de l’autre. Il est, dès lors, plus que certains que ce sont eux, toujours embusqués, et refusant de se faire voir directement au sein des manifs, comme on l’avait vu en Egypte, en Tunisie et en Libye, et même en Algérie en octobre 88, qui se trouvent derrière cette sournoise et perfide attaque.

    Je n’oublie pas non plus de préciser que les islamistes, qui disposent de fonds conséquents, et qui jouissent d’une grande organisation, arrivent toujours à faire le plein des voix, surtout lorsque l’enjeu en vaut la peine. Or, face à eux, pouvoir et opposition sont désorganisés et disloqués.

    Comme en 91, donc, ils ont une chance de gagner même s’ils ne remportent pas la majorité des voix. Tant s’en faut. Voilà pourquoi la prudence doit être de mise, d’une part. et les citoyens qui représentent cette fameuse majorité silencieuse, dont je fais moi-même partie, doit absolument se réconcilier avec les urnes.

    M. A.

    Tribune des Lecteurs, 22 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, Transition,

  • Algérie : «Les lettres de Bouteflika et son certificat médical sont des faux»

    Ce que tout le monde pensait tout bas, le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Alger, Me Abdelmadjid Sellini, l’a dit tout haut : les lettres imputées au président de la République, ainsi que son certificat médical relèvent « du faux et usage du faux ».

    Nous affirmons que « les lettres qui sont imputées au président de la République sont des faux et leur utilisation est un l’usage de faux » a-t-il souligné au cours d’une conférence de presse qu’il a animée au tribunal Abane Ramdane à Alger, ajoutant que l’usage de faux concerne aussi le certificat médical de Bouteflika présenté au Conseil constitutionnel.

    Des cercles cachés sont derrière ces pratiques, selon lui. Pour étayer ce qu’il affirme, le bâtonnier relève qu’il est anormal que dans une lettre « il se porte candidat », et dans une autre il dise qu’il « n’avait jamais eu l’intention de se porter candidat car il était malade».

    C’est sur cette base que « nous avons dit non à la candidature et non aux pratiques non constitutionnelles » a-t-il ajouté.

    « Celui qui veut pratiquer le pouvoir par procuration », doit se soumettre à la volonté du peuple, a insisté encore le bâtonnier d’Alger.« Savez-vous pourquoi, nous sommes arrivés à cette situation ? C’est parce que la constitution avec laquelle le pays fonctionne est celle du parti unique », a souligné le conférencier, relevant que « dans cette constitution, il n y’a pas de mécanisme de sortie des situations non constitutionnelles ».

    Lorsque le régime part, « il n y a pas de mécanisme qui garantisse la continuité des institutions de l’Etat», a-t-il relevé.

    Dernière modification le vendredi, 22 mars 2019 20:38

    L’Est Républicain, 22 mars 2019

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  • Algérie : Cinq partis politiques lancent une initiative

    Rassemblement pour une nouvelle République: Cinq partis politiques lancent une initiative

    Cinq partis politiques ont lancé, mardi à Alger, une initiative le « Rassemblement pour une nouvelle République », à travers laquelle « ils ont exprimé leur attachement à la poursuite du processus électoral et appelé à la dissolution du parlement et son remplacement par une assemblée constituante ».

    Lors d’une conférence de presse, les représentants du Parti national algérien (PNA), du Parti national libre (PNL), du Front de la bonne gouvernance (FBG), du Front du militantisme national (FMN) et du Mouvement El-Infitah ont annoncé la création du « Rassemblement pour une nouvelle République », une initiative en faveur du « respect de la volonté du peuple qui a revendiqué, lors des marches pacifiques, le respect de la Constitution et exprimé son attachement à la poursuite du processus électoral ».

    A travers cette initiative, ces cinq partis ont proposé « la dissolution des deux chambres du Parlement et son remplacement par une assemblée constituante qui supervisera la gestion de la période de transition et aura pour missions la formulation de la nouvelle Constitution et l’élaboration de la nouvelle loi relative au régime électoral ».

    Dans ce contexte, les partis ont salué les marches pacifiques populaires, organisées à travers le pays, depuis le 22 février, mettant en exergue « la conscience politique du peuple algérien ».

    Ils ont exprimé, à cette occasion, « leur soutien à la volonté populaire aspirant au changement de manière à préserver l’intérêt suprême du pays et leur rejet de toutes tentatives d’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays, quels que soient les circonstances et les motifs ».

    Houda. H

    L’Echo d’Algérie, 20 mars 2019

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