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  • Algérie : Le tribunal de Sidi Mhammed « en alerte »

    Le tribunal de Sidi-M’hamed est au cœur d’une page d’histoire exceptionnelle qui s’écrit au quotidien, depuis la chute de Bouteflika. Par la force des évènements qui s’y déroulent, il s’est transformé en lieu où défilent, sans relâche, les pontes d’un système gangrené par une corruption et des passe-droits érigés en règle de fonctionnement.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – «Etat d’alerte», c’est ainsi que les fonctionnaires du désormais très célèbre tribunal qualifient la situation prévalant au sein de l’établissement. Ici, juges, avocats, procureur, greffiers et tout le personnel concerné par le traitement des affaires des plus hauts responsables sous la coupe desquels ils se trouvaient il y a peu de temps sont mobilisés depuis déjà de longues semaines.

    Pour faire face aux affaires qui se succèdent de manière continue, décision a été prise de désigner un groupe de magistrats et de l’affecter à la gestion des dossiers ultrasensibles qui défilent sans arrêt. «Ils sont mobilisés de jour comme de nuit, témoignent des avocats, on n’a jamais rien vu de pareil ici. L’équipe de juges est sur place et attend l’arrivée des dossiers et des prévenus.» Depuis la fin du mois d’avril dernier, près de 200 personnes «sont déjà passées ici».

    Parmi eux, «treize anciens ministres, deux ex-Premiers ministres, six walis, anciens et actuels, six puissants hommes d’affaires, deux P-dg de banques, quatre secrétaires généraux de ministères… et des dizaines et dizaines de cadres et hauts responsables d’entreprises».

    Les auditions débutent dans la matinée. «Les juges sont là dans leurs bureaux, des moyens sont mis à leur disposition, la nourriture est acheminée, ils attendent l’arrivée des personnes convoquées. Les auditions sont censées de dérouler dès les premières heures de la matinée, mais depuis l’incarcération des principaux prévenus (les deux anciens Premiers ministres), il faut d’abord attendre leur arrivée de prison, puis, selon la procédure, passer à l’audition des cadres et témoins.»

    L’opération prend de très longues heures, «souvent, il faut deux journées entières avant de clôturer le dossier. Un grand nombre de mandats de dépôt ont été prononcés de nuit ou vers six heures du matin, les journées sont surchargées».

    La situation d’exception est également visible au très grand nombre d’avocats mobilisés au tribunal. «Souvent, dit l’un d’eux, nous sommes là sans savoir à quel moment l’affaire de nos clients doit débuter, parfois, lorsque celui-ci est en prison, on ignore souvent le jour de son passage devant le juge, alors (rire) on s’accroche aux ‘‘urgents’’ des télévisions privées qui retransmettent les évènements.» «Nous sommes témoins d’une page d’Histoire qui s’écrit», poursuit un autre. «Dans les couloirs du tribunal, dit-il, j’ai déjà eu à croiser Ouyahia deux fois de suite. Il avait l’air très fatigué, il se traînait pour avancer. L’homme a perdu une bonne partie de ses cheveux, son teint est jaunâtre, rien à voir avec l’image que les Algériens ont de lui. Depuis son incarcération, il a déjà fait quatre passages devant le juge d’instruction pour des affaires différentes. Dans l’affaire Tahkout, il a passé près de quarante-huit heures au tribunal.» Un autre témoigne : «J’ai croisé Haddad plusieurs fois, il est lui aussi très amaigri, son visage est défait, il préfère garder les yeux baissés.» «Lorsque ces anciens hauts responsables arrivent, on remarque immédiatement l’état de nervosité dans lequel ils se trouvent.

    Le fils Sellal était complètement défait, il préférait rester caché au milieu d’un groupe convoqué dans la même affaire. Mais le plus marquant, c’est Abdelghani Hamel. On a pu le voir arriver avec ses quatre enfants et son épouse. Ce sont des images incroyables, ils avaient tous des serviettes ou cartables contenant des documents pour leur défense, mais ils ne leur ont servi à rien, ni à eux ni aux enfants de Melzi (ancien directeur général de Club-des-Pins). Le jour de l’incarcération de son époux et de ses quatre enfants (trois fils et une fille), la femme de Abdelghani Hamel est ressortie du tribunal en se traînant. On voyait qu’elle était dans un état de choc total, elle s’est littéralement jetée dans un véhicule qui l’attendait.»

    Cette situation exceptionnelle a, naturellement, relégué au second plan les affaires courantes, «beaucoup de procès de droit commun ont été renvoyés à plusieurs reprises, les affaires sont traitées au ralenti car la pression est très importante au niveau du tribunal».

    Une enceinte qui attire également énormément de citoyens, des curieux venus voir de plus près les évènements qui s’y déroulent. «Assister à l’arrivée de tous ces hommes forts qui n’étaient vus qu’à la télévision ou dans les journaux n’est pas une chose qui arrive tous les jours, les voir débarquer à bord de fourgons cellulaires et séjourner dans le bureau d’un juge près de quarante-huit heures, ce n’est pas rien», avoue un jeune attiré par la situation. Comme les autres, il n’hésite pas, non plus, à se renseigner, auprès des avocats, parfois des gardiens et auprès des riverains du tribunal où les tenants des magasins gardent constamment un œil rivé sur les véhicules qui défilent devant la porte du tribunal. Ceux-là ont constitué leur petite documentation personnelle. Un «trésor» fait d’images, de vidéos de fourgons cellulaires transportant de célèbres prisonniers qu’ils n’hésitent pas à faire défiler sur leurs portables à la demande des curieux…

    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 10 jui 2019

    Tags : Algérie, corruption, Hirak, transition, dialogue,

  • Forum national: Un début de dialogue, des vieux reflexes et des réserves

    par Ghania Oukazi

    «C’est une véritable opération d’accaparement de ce que nous avons fait», s’est exclamé hier un politologue face à ses confrères universitaires qui se considèrent «issus de la société civile».

    Par «accaparement», le politologue visait les tentatives de chefs de partis politiques de l’opposition présents hier au forum ou certains représentants de ceux qui se sont abstenus de se déplacer à l’Ecole supérieure de l’hôtellerie et restauration d’Alger (ESHRA) située à Aïn Benian de se positionner en «avant-garde» de l’initiative politique.

    Les organisateurs attendaient près de 700 invités, «il y en a 900, on peut renvoyer des personnalités qui sont venues à la dernière minute, il y a aussi certains chefs de partis politiques qui avaient décliné l’invitation mais ils sont venus quand même ou ont envoyé leurs élus nationaux ou locaux», nous renseigne un des organisateurs.

    Parmi les présents, l’on compte près de 13 partis politiques en comptant avec ceux qui se sont coalisés pour constituer «les forces du changement», 6 groupements d’associations et de syndicats autonomes et un nombre important de représentants de la société civile (corporations comprises). Abdallah Djaballah, Ali Benflis, Sofiane Djilali, Abderrezak Makri, Mohand Saïd, Tahar Benbaïbèche, Abdelkader Merbah, Guemazi, Boukhemkhem étaient présents hier dans cette rencontre qui se voulait selon la plupart des participants «novembria-Benbadissia».

    Coordonné par Abdelaziz Rahabi, le forum est présenté comme étant «la première réunion officielle entre la société civile et les partis politiques de l’opposition». Les représentants du courant «démocratique» comme le RCD et le FFS étaient absents. Deux du PT étaient arrivés pratiquement à la fin des travaux de la matinée. L’assistance était fortement marquée par les courants «nationaliste, islamiste et conservateur».

    Pour avoir évolué au sein des arcanes du pouvoir, de nombreux participants sont connus pour appartenir à des officines, à des clans ou des chapelles. «Il y a à l’intérieur de la salle des hommes qui de Bouteflika, ou de Gaïd Salah, de Toufik, ou alors de Betchine, ils ont invité des associations qui étaient pour le 5ème mandat jusqu’à la dernière minute », disait un politique avec un large sourire. «Dans toutes les réunions, on était 71 représentants de la société civile, aujourd’hui, on ne peut plus les compter tellement ils sont nombreux, d’où les ont-ils sortis ?», interroge un autre des organisateurs.

    Les vieux réflexes du pouvoir

    Hier, le pouvoir passé et présent était représenté dans ses moindres démembrements. «On a travaillé pour que l’intérêt commun soit mis au-dessus de tout marchandage, on s’est retrouvé face à des manœuvres pour positionner l’intérêt personnel, il y a un manque flagrant de sincérité», soutiennent les universitaires. «C’est une véritable guerre de positionnement», affirment d’autres membres de la société civile.

    Les vieux réflexes du pouvoir n’ont pas manqué. Des discours langue de bois, en prose, en rimes… La voix très élevée, les certitudes, parfois l’arrogance et autres la suffisance et les références inutiles, tout était pour les reproduire. Ceci pour l’ambiance qui a été marquée, avant les travaux, par des bousculades pour qui s’assied au premier rang…

    Les organisateurs relèvent que «le dernier discours de Bensalah reprend pratiquement tous les points essentiels de notre plate-forme, on n’est pas contre mais celui de trop dans ce discours c’est de vouloir faire participer tout le monde au dialogue national, sans exclusion aucune, cela veut dire tous les partis du pouvoir, ce n’est pas normal». Partis que l’on accuse d’avoir participé à «la déchéance du pays, il vaut mieux les dissoudre», pensent nos interlocuteurs. Des représentants de la société civile veulent que «même les partis d’opposition soient dissous, ils sont tous faux». La plate-forme dont il est question justifie la tenue de l’événement d’hier par l’importance de la crise et ses dimensions «politique, économique, sociale et d’éthique».

    Les participants devaient s’engager à respecter un certain nombre de principes entre autres «l’article 7 et 8 de la Constitution, le message du 1er novembre, de considérer les élections libres et crédibles comme seul moyen de prétendre au pouvoir(…), respect des libertés, multipartisme(…), liberté de la presse publique et privée, la solution à la crise dans le cadre constitutionnel qui associe les obligations de la Constitution et la solution politique(…), l’armée en tant qu’institution constitutionnelle dont les missions permanentes sont la préservation de l’indépendance du pays et la protection de la souveraineté nationale, l’unité du pays(…), rejet de toute intervention étrangère(…)».

    Un dialogue et des élections en point de mire

    La mise en place de «mesures et mécanismes» pour en premier instaurer la confiance et les conditions du dialogue, entre autres valoriser le mouvement populaire et reconnaître la légitimité de ses revendications, départ des symboles du système politique, l’ouverture du champ politique, l’engagement de protéger les marches et les manifestations populaires, respect d’une justice équitable, des libertés individuelles et collectives, de la liberté d’expression(…). La plate-forme considère le dialogue comme étant «une nécessité(…), pour un consensus autour des mécanismes et mesures à mettre en place pour l’organisation des élections présidentielles». Ses concepteurs partagent l’idée de Bensalah de le faire organiser et diriger par des personnalités nationales honnêtes et crédibles(…). Parmi les critères de participation au dialogue, «n’avoir pas soutenu le 5ème mandat, ni être concerné par les crimes économiques, n’être pas une figure du pouvoir politique corrompu». Il est retenu la création d’une instance de surveillance des élections présidentielles ainsi que l’ensemble de ses missions, sa composante, son indépendance, son organisation.

    Avant l’organisation des élections présidentielles qu’ils veulent dans «une période n’excédant pas les 6 mois», les animateurs du forum exigent «le départ des symboles du régime». Dernier point de la plate-forme «l’institution militaire doit aider à la résolution de la crise et au changement démocratique et ce en respectant la volonté populaire(…)».

    Ali Benflis a affirmé dans son intervention que «la crise qui fait face à une impasse politico-constitutionnelle (…) qui ne peut être surmontée que par un dialogue national serein, crédible et confiant». Il approuve le fait que le dernier discours de Bensalah a «fait bouger des lignes(…).» Makri approuve «l’importance du dialogue» mais le conditionne par «le rejet des luttes idéologiques et régionalistes».

    «Ne parlez pas au nom des jeunes»

    Mais il précise que «cela ne nous rassure pas tant qu’il n’y aura pas à la tête de l’Etat durant la période de la tenue des élections, une personnalité forte, crédible, indépendante(…).»

    Des intervenants ont appelé à la libération immédiate des détenus d’opinion, de Bouragaa et des jeunes du mouvement populaire. C’est le cas entre autres de Sofiane Djilali qui conditionne «des discussions sur un ordre du jour autour du changement du gouvernement actuel», «la négociation sur la nature, les pouvoirs et la composante de la future autorité d’organisation des élections et les amendements des lois les régissant, l’ouverture des médias publics et privés, la date des prochaines élections».

    Abdallah Djaballah discourra surtout sur «l’impératif maintien du hirak, le respect des droits du peuple, de la justice(…).»

    Au milieu de ces joutes oratoires, un jeune arrache le micro et lance à l’assistance «je suis jeune et je dirige une association, ne parlez pas en notre nom, ce sont les jeunes qui doivent être là, vous aussi vous devez le passer aux jeunes(…).»

    Avant de lever la séance du matin, Rahabi a tenu à préciser que «pour faire taire la polémique, le forum est financé par les organisateurs entre société civile, partis politiques et personnalités, il a coûté 160 millions de centimes». L’on nous précise du côté des organisateurs que «les partis politiques ont participé à hauteur de 10 millions, les groupements socioprofessionnels avec 5 millions et certaines personnalités (universitaires) ont donné 2 millions de leur poche».

    Le forum a dans l’après-midi d’hier ouvert le débat autour de l’ensemble des points exposés. Rahabi devait clôturer les travaux par un communiqué final.

    Le Quotidien d’Oran

    Tags : Algérie, transition, dialogue, armée, Hirak,

  • Faut-il faire partir le chef d’état-major ?

    À mesure que les langues se délient, que la trame du projet de « consultation » nationale, initié sous la houlette de l’ex. DRS Toufik, précise ses contours, il est une évidence que le maintien du système Bouteflika avait tout l’air d’être promu à de beaux jours, après que l’option du cinquième mandat eut été rejetée globalement et dans le détail par le « Hirak ».

    C’est, du moins, le sentiment des instigateurs du projet de la 2ème République et de leur fan-club, croyant naïvement qu’il s’agissait là d’une simple opération technique comme dans le bon vieux temps lorsque les lois de la République étaient éludées, la Constitution ignorée et bafouée juste pour satisfaire le canevas du statu quo et assurer ainsi, la survie et les affaires du Clan.

    Partant d’hypothèses pour le moins erronées ne prenant pas en ligne de compte, notamment, l’instabilité de la contestation de la rue et sa versatilité au gré de l’évolution du « combat pour la liberté », et négligeant de façon ostentatoire le rôle de l’ANP dans pareille situation, les concepteurs du plan B de l’après-Bouteflika en préservant tout de même la philosophie intacte du système, ont fait fausse route et lamentablement échoué dans leur entreprise.

    Autre négligence de taille de cette stratégie à la va-vite, les risques potentiels de déstabilisation du pays par les ennemis d’hier et d’aujourd’hui. Résultats des courses, des voix s’élèvent ici et là pour appeler au départ du chef d’état-major de l’ANP visant, par la même, l’objectif sournois de porter atteinte à la stabilité et à l’unité de cette Institution, véritable colonne vertébrale du pays.

    Si des hommes politiques aigris, avides de pouvoir, mal sponsorisés au demeurant, et quelques podcasters aux mœurs débridées vivant à l’étranger et financés par des pays hostiles à l’Algérie, font du départ de Gaïd Salah un leitmotiv, il est intolérable que la rue en vienne à s’immiscer dans les affaires de l’ANP au seul motif que son chef d’état-major ait fait partie de l’ère Bouteflika.

    Un raisonnement absurde et dangereux à la fois en ce sens que tous les subalternes du chef d’état-major nommés par lui-même doivent, par transitivité, partir de l’Armée qui sera ainsi vidée de sa substance.

    La relève dans un tel cas de figure est totalement différente de celle d’une sentinelle dans une guérite. Cela demande du temps et expose le pays à toute velléité malveillante. Et puis, quel est ce pays, de par le monde, qui se vante de démocratie et qui laisserait des manifestants réclamer des changements à la tête de son Armée? Cela ne s’est pas vu même dans les Républiques banannières les plus archaïques.

    Fol espoir que d’espérer une réponse de Tabou ou de Zitout, aveuglés par leur machiavélisme et l’obligation de résultat pour laquelle engagement a été pris.

    L’objet de ce propos est de schématiser, tant bien que mal, le complot qui menace le Pays à travers l’ANP, complot ourdi par des officines et des think tanks relevant de puissances étrangères et que, malheureusement Toufik et consorts n’ont pas pris à sa juste mesure.

    La partie n’est pas encore définitivement gagnée. Les citoyens doivent se rendre à cette évidence amère. Que Dieu préserve notre pays!

    A. T.

    Tags : Algérie, transition, armée, Hirak, Gaïd Salah,

  • Algérie : Entamer le changement

    La santé va au plus mal. C’est le ministre qui qui pose son diagnostic à travers les symptômes les plus apparents de la déficience dans la prise en charge des patients et de la gestion des établissements hospitaliers. Ce paradoxe entre les énormes ressources financières injectées dans le système des soins et ses piètres performances n’est toutefois pas nouveau.

    Les prédécesseurs de l’actuel ministre, entre autres, ont tous relevé cette inadéquation et posé autant de fois ce même diagnostic sans que la situation n’ait évolué d’un iota dans le bon sens.

    Aujourd’hui le pays a besoin de solutions pratiques qui donnent des résultats sur le terrain en matière de qualité des prestations et qui ont des répercussions positives sur la charge financière. Les précédentes ont jusque-là totalement échoué, pour la bonne raison que le système dans son entièreté n’est pas tourné pour atteindre un tel impact et que les tergiversations autour du principe de la gratuité des soins et des plans de sa remise en cause provoquaient l’émergence d’appétits aussi féroces que ceux déjà en place, nourris par la gabegie qui y règne.

    Creuser une franche tranchée entre les sphères des intérêts permettrait déjà de solutionner à moitié le problème ; l’autre moitié se dissoudra avec l’assainissement d’une administration trop impliquée dans le jeu des affaires.

    Contrairement à l’idée répandue, l’accès aux soins n’est pas gratuit, il est financé par les deniers publics. Verrouiller les accès aujourd’hui faciles à la dépense stérile et impunie est le seul moyen réaliste et efficace pour entamer le changement de la culture prévalant dans le système actuel et amener ce dernier à se soumettre à une gestion plus conforme aux canons de l’économie de la santé.

    Ne pouvant plus être entretenue, toute la fumée qui se dégage aujourd’hui à travers les comportements anomiques des uns et des autres finira forcément par se dissiper pour laisser place aux questions sérieuses de la formation, de l’organisation, de l’équité dans l’accès aux soins, de la performance, de la recherche médicale et, pourquoi pas, de la contribution à l’économie nationale à travers le tourisme médical, à l’instar de ces pays qui nous en administrent la leçon alors qu’ils ne sont pas forcément mieux dotés que l’Algérie.

    Horizons, 1 jui 2019

    Tags : Algérie, transition, élections, Bouteflika, Hirak, démocratie, constitution, article 102,

  • Algérie – Conférence nationale de la société civile: Un premier jalon vers le dialogue avec l’institution militaire

    par Moncef Wafi

    Réunis depuis plusieurs semaines, la rencontre de samedi dernier étant la quatrième du genre pour élaborer une feuille de route «consensuelle» pensée comme une première étape vers la construction d’un processus destiné à sortir l’Algérie de la crise politique, les représentants de 71 associations et syndicats se sont finalement quittés sans accord.

    L’un des initiateurs de cette rencontre, le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), est revenu sur cette initiative et ses objectifs au micro de la chaîne 3 de la Radio algérienne estimant que l’un des premiers acquis de cette démarche est le rassemblement d’une société civile éclatée avec «ses divergences, contradictions et différences».

    Malgré l’absence d’un accord, il affirme qu’il est satisfait du travail accompli ensemble expliquant que ces rencontres doivent déboucher sur un avant-projet de plateforme consensuel qui doit être débattu lors de la conférence nationale de la société civile, prévue le 15 juin prochain, pour aller par la suite à la rencontre des partis et personnalités politiques et autres clubs d’intellectuels pour discuter des propositions dégagées de cette conférence nationale. L’objectif final est de discuter avec les tenants du pouvoir réel à savoir l’institution militaire, précise-t-il. «On parle de dialogue et de propositions concrètes, conséquentes et responsables et je pense qu’on est dans ce sens. Et avant d’arriver à cet espace de dialogue, il faudrait proposer une démarche consensuelle», ajoute-t-il.

    A propos des manifestations populaires «sereines et apaisées qui se déroulent chaque semaine à travers le pays », il considère qu’elles ne peuvent pas durer éternellement et qu’on ne peut donc s’éterniser sur un débat sur une constituante «pouvant s’étaler sur des années», rappelant que les périodes de transition qui ont réussi dans certains pays, en Amérique Latine ou en Asie, ne sont pas forcément passées par des constituantes.

    Des discussions engagées par le groupe de travail auquel il a pris part, l’intervenant déclare que la quasi-majorité des propositions insistent sur un retour à un processus électoral, à travers l’organisation d’une présidentielle précédée, ajoute-t-il, d’un «dialogue établi après une situation d’apaisement», nécessité par la libération des détenus d’opinion, l’arrêt des interpellations de manifestants et la levée des contraintes sur la presse, autant de conditions, dit-il, pour engager un dialogue responsable et sans exclusions».

    Pour donner du crédit au scrutin à venir, l’invité considère que la concertation à engager durant la période de transition à venir devrait en outre être précédée d’un assainissement des listes électorales et la mise en place de commissions nationales et de wilayas neutres pour l’organiser, assurer la surveillance de celui-ci et annoncer ses résultats. Il rappelle, d’autre part, qu’après la présidentielle, il s’agira également d’accompagner l’exécution des réformes décidées sur la base d’un programme que le futur chef d’Etat sera chargé de faire appliquer.

    Le Quotidien d’Oran

    Tags : Algérie, Hirak, Transition, clan Bouteflika, Sellal, Ouyahia,

  • Algérie : Rendre justice

    L’opération mains propres en cours touchant tous azimuts plusieurs responsables politiques et économiques suscite l’effervescence, une certaine satisfaction mais aussi des interrogations.

    A l’évidence, il est important de récupérer les deniers de l’Etat, les juges d’instruction doivent particulièrement s’atteler à recouvrer les avoirs financiers issus de la commande publique. Récupérer le patrimoine foncier et financier de l’Algérie.

    Le pays a plus que jamais besoin, dans une conjoncture économique particulièrement fragile, de sa richesse dilapidée, voire détournée par des responsables déloyaux indignes de confiance, mais surtout encouragés par un système qui garantissait l’impunité.

    Changer les règles dans le sens de la consolidation de l’Etat de droit est un objectif qui sied à tous les Algériens. Ces derniers l’expriment chaque vendredi dans des manifestations grandioses où l’exigence de changement politique et de gouvernance est manifeste.

    Cependant, pour une partie de l’opinion, cette campagne savamment médiatisée est considérée avec une certaine incrédulité. Davantage comme une véritable chasse aux sorcières qui n’est pas exempte de soubassements de politiques.

    En plein blocage politique duquel aucune lueur de dénouement n’est visible, il reste difficile à faire soulever la grande adhésion.

    Aussi pour certains observateurs, cette action ne manquera certainement pas d’avoir un impact très négatif sur l’acte d’investir en Algérie, que ce soit à l’adresse des hommes d’affaires nationaux ou étrangers.

    Rendre compte de ses actes et de ses responsabilités devant le peuple ne saurait se faire que sous un système assaini à minima. La priorité actuelle est bien de dépasser une crise politique aiguë qui risque de tout emporter sur sa route. Ensuite, c’est aux responsables élus par le peuple d’entamer le véritable processus de réforme de l’Etat et de l’installation des nouvelles règles de fonctionnement. Et ainsi rendre justice au nom du peuple.

    Reporters

    Tags : Algérie, Hirak, Transition, clan Bouteflika, Sellal, Ouyahia,

  • Algérie : Ouyahia et Sellal convoqués devant la Cour suprême

    Le juge d’instruction près la Cour suprême a convoqué, mardi, les anciens premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, d’anciens ministres et deux walis pour être auditionnés en tant qu’accusés dans des affaires de corruption, selon Echorouk News.

    Ces anciens hauts responsables devant répondre devant le juge instructeur de leurs actes, notamment l’octroi d’indus avantages à l’homme d’affaires, Ali Haddad écroué depuis fin mars dernier à la prison de El Harrach.

    Il s’agit des anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et les anciens ministres Abdelghani Zaâlane, Amar Tou, Boudjemaâ Talai, Karim Djoudi, Amara Benyounès, Amar Ghoul, Abdelkader Bouazgui, Abdeslam Bouchouareb, Abdelkader Zoukh et le wali de El Bayadh, Mohamed Djamel Khenfer.

    Rappelons que le procureur général près le tribunal de Sidi M’hamed avait auditionné ces personnalités fin mai dernier avant de transférer leurs dossiers à la Cour suprême.

    Echoroukonline

    Tags : Algérie, Hirak, Transition, clan Bouteflika, Sellal, Ouyahia,

  • Message fraternel adressé aux Algériens par un Soudanais

    Lors d’un rassemblement obsérvé hier à Paris, un Soudanais a tenu à adresser un message aux Algériens, dans lequel il a soulevé les dangers de l’ingérence des pays du Golfe en Afrique et plus particulièrement au Soudan et en Algérie.

    « Les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Égypte et l’Arabie Saoudite œuvre à détruire les pays africains et le Soudan. Ils veulent déstabiliser nos pays, il veulent détruire le Soudan et l’Algérie, comme ils l’ont déjà fait en Syrie, en Irak et en Libye ».

    « Je souhaite du succès à nos frères algériens. Je souhaite que leur mouvement aboutisse à une démocratie réelle ».

    Source : Algérie Focus

     

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  • Algérie : L’indispensable compromis

    BRAS DE FER POUVOIR-MOUVEMENT POPULAIRE : L’indispensable compromis

    Parce que le bras de fer entre le pouvoir et le mouvement populaire né le 22 février s’enlise avec l’entêtement du premier à mener lui-même la transition qu’il récuse dans la forme et le refus du second de tout parrainage du processus de transition par les restes du régime, le compromis pourtant indispensable semble relever du chimérique, du moins pour l’instant.

    M. Kebci – Alger (Le Soir) – Le 16e vendredi du mouvement populaire, avant-hier, a été, on ne peut plus clair, en ce sens que les Algériens et les Algériennes ont, par millions, signifié leur refus de tout dialogue sous le parrainage des symboles clés du règne du président déchu.

    Un dialogue auquel le chef d’état-major et vice-ministre de la défense nationale avait appelé il y a une quinzaine de jours avant que le chef de l’Etat intérimaire n’en fasse de même, jeudi dernier. Sauf que la logique de tout conflit ou bras de fer impose un compromis, fruit de négociations et de tractations autour d’une table. Et cette logique ne semble pas encore s’imposer, du moins jusqu’à maintenant, plus de trois mois après le début du mouvement populaire du 22 février dernier, tant les «belligérants» s’en tiennent, chacun, à sa propre feuille de route.

    Au moment où le pouvoir réel s’entête à faire passer son propre agenda qui ne serait autre qu’un changement en son sein, la dynamique citoyenne en cours, la société civile, la classe politique de l’opposition et nombre de personnalités nationales, s’en tiennent, eux, à leurs mots d’ordre : pas de dialogue sous le parrainage des symboles du règne de Bouteflika, notamment le chef de l’Etat intérimaire et le Premier ministre. Ce qui ouvre grandement les portes d’une impasse inédite dans l’histoire du pays.

    Une situation que Nacer Djabi impute au pouvoir ou ce qui en reste qu’il accuse «d’autisme», de «manquer d’intelligence politique» et d’avoir «l’handicap de l’écoute».

    A croire qu’il «évolue dans un autre monde», estime encore le sociologue pour qui le pouvoir qui cumule échec sur échec est, par son attitude, en train d’affaiblir l’Etat et de ternir son image à l’international». Mais quid de la responsabilité du mouvement populaire dans cette situation ? Notre interlocuteur affirme que les «propositions de sortie de crise sont nombreuses à émaner de collectifs de la société civile, de partis et de personnalités».

    Mettant en avant l’impératif des négociations, Djabi estime que «ce ne sont pas les personnalités réputées pour leur charisme, leur crédibilité, qui manquent, pour servir de passerelles d’avec le pouvoir et ainsi amorcer le dialogue pour peu que le pouvoir réel fasse preuve de volonté politique en émettant des signaux».

    De son côté, Fatiha Ben-Abbou fait remarquer de prime abord que nous n’avons malheureusement pas la culture du compromis» non sans mettre le doigt sur l’impératif d’éloigner l’armée de la sphère politique. «Ce serait une erreur monumentale que de pousser l’armée à intervenir dans la sphère politique avec ses grenouillages et ses marchandages» car, explique-t-elle, «l’armée ne négocie pas mais a des ordres à exécuter». Une armée qui, poursuit la constitutionnaliste, «n’a jamais gouverné mais a toujours arbitré en désignant du doigt le futur président de la république».

    Pour notre interlocutrice, «tout se négocie, y compris le départ des fameux B que réclame la rue», invitant, au passage, à plus de réalisme car à trop pousser le bouchon, on risque de se retrouver dans une impasse».

    Comme Djabi, Ben-Abbou invite à établir des «passerelles à même de rendre possibles des concessions de part et d’autre», citant, entre autres personnalités «non colorées politiquement, qui ont du recul et qui laissent les choses se décanter, Djamila Bouhired ou encore Zohra Drif Bitat à même d’incarner ces traits d’union entre le pouvoir et le mouvement populaire, la classe politique et la société civile. Car, un “gros problème” pointe le nez, celui du “vide constitutionnel” avec son corollaire la “rupture de la continuité de l’Etat”, qui, selon elle, fait “peur à tout le monde” dont notamment les partenaires étrangers».

    Celle qui pense que l’«on doit aller un jour ou l’autre vers des élections», dit récuser, néanmoins, l’idée d’une constituante considérant que le peuple algérien est «trop jeune pour accepter totalement», bien de problématiques liées notamment à la question des «composantes identitaires».

    Le Soir d’Algérie, 9 juin 2019

    Tags : Algérie, transition, dialogue, conférence nationale,

  • Algérie – Présidentielle ou transition : La grande division

    Depuis la démission forcée du président Bouteflika, le 2 avril 2019, l’Algérie se trouve dans une impasse politique sans précédent et(surtout) un horizon totalement bouché du fait des divergences profondes entre le pouvoir réel incarné par le chef d’Etat-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah ,appuyé par les partis de l’ex coalition présidentielle d’un côté ; le Mouvement citoyen, la majorité des partis politiques de l’opposition et les acteurs de la société civile, de l’autre.

    Les algériens sont encore sortis vendredi dans toutes les régions du pays pour une seizième journée de mobilisation citoyenne spectaculaire, afin de continuer à réclamer le départ des figures de l’anicien régime brandissant le slogan « Irouhou Gaâ »(Tous doivent partir).

    Les manifestations du vendredi 7 juin qui marque un nouveau jalon dans la marche entamée le 22 février pour l’avènement d’une « Nouvelle République » , tout en portant en s’inscrivent dans l’esprit des précédentes se veut, en l’occurrence comme une réponse du berger à la bergère au discours de Abdelkader Bensalah, chef de l’Etat par intérim qui avait appelé la veille (jeudi 5 juin) à un « dialogue consesensuel » pour une élection présidentielle « dans les meilleurs délais ».

    «J’invite la classe politique, la société civile et les personnalités patriotiques nationales, jalouses du devenir de l’Algérie, à opter pour le dialogue inclusif en tant que voie menant à la participation au processus de concertation que l’État s’emploiera à organiser dans les meilleurs délais, à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle, et partant, tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité », a-t-il annoncé en substance dans un discours diffusé à vingt heures par le télévisons publique.

    « Pas de dialogue avec Bensalah et Bedoui », un slogan massivement scandé vendredi par les manifestants qui rejettent l’élection présidentielle lui préférant une période de « transition démocratique » pilotée par une instance collégiale provisoire dont la seule mission sera de préparer « les conditions politiques, administratives et logistiques » d’une élection présidentielle démocratique et transparente.

    Si la majoroté des partis de l’opposition, les animateurs du mouvement citoyens sont vent debout contre une présidentielle hic et nunc, cette option comme solution à la sortie de crise à ses adeptes. A commencer par l’instituion militaire dont le chef , Gaid Salah, homme fort actuel du pays, a toujours défendu dans ses discours dans les régions militaire le respect de la légalité constitutionnelle avec la tenue de la présidentielle « dans les délais raisonnables »

    « La position de notre institution qui est la solution la crise passe impérativement par l’option de la légitimité constitutionnelle qui permettra au peuple l’exercice de son droit à élire le président de la République dans les plus brefs délais », lit-on dans l’édito du dernier numéro de la revue El Djeich, organe officiel de l’Armée algérienne qui réccuse implicitement la période de transition.

    Le plaidoyer de l’Armée pour une présidentielle « dans les meilleurs délais » nourrit des défiances légitimes chez les partis de l’opposition et du mouvement citoyens qui soupçonnent Gaid Salah d’avoir déjà « préempté » son candidat qui sera le futur président de la République. Néanmoins le chef de l’Armée Algérienne s’est systématiquement défendu dans ses multiples interventions de « nourrir « quelques ambitions politiques personnelles », sinon celle de « servir mon pays »

    Outre les partis de l’ex coalition présidentielle, (FLN, RND,MPA, TAJ)qui ont encore adhéré au discours de Bensalah en faveur de la présidentielle, les média publics et même certaines télévisons privés comme En Nahar, El Bilad , soutiennent la démarche en organanisant des plateaux qui vont dans ce sens.

    Amar Rehailia, politologue abonde dans le sens de la démarche en estimant hier que « le présidentielle est le plus court chemin pour sortir de la crise, il faut que la classe politique accepte d’engager rapidement des concertations sur la mise en place d’une commission électorale indépendante qui doit organiser la présidentielle »

    Une présidentielle dont la date reste à fixer, alors que les économistes ne cessent d’alerter sur les « conséquences catastrophique de l’impasse politique sur la situation économique qui ne semble pas être le souci des acteurs de la crise.

    H.Khellifi

    L’Est Républicain, 9 juin 2019

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