Étiquette : transition

  • Algérie : Une profonde opération main propre

    Du jamais vu ! Prés d’une soixantaine de personnalités qui exerçaient de hautes fonctions dans l’Etat, il n’y a pas si longtemps, ont défilé devant la justice en une seule journée. Parmi elles figurent deux ex premiers ministres qui ont dirigé les gouvernements successifs de ces dernières années. Tout ce beau monde doit répondre de collision entre le politique et les oligarques qui ont pris une place plus que grande ces derniers temps et qui sont soupçonnés d’enrichissements illicites grâce justement à l’appui de ces responsables.

    Bien sûr, à ce jour, ces ex ministres et autres grands responsables sont convoqués en tant que témoins, mais rien ne dit qu’ils continueront (du moins pour une bonne partie d’entre eux) à pouvoir bénéficier très longtemps de ce statut et que fatalement ils doivent répondre de leurs actes et du degré de leur implication dans bon nombre de dossiers de corruption et de dilapidation du deniers publics.

    Mais à l’heure actuelle, il faut toujours garder en tête que la présomption d’innocence doit être de mise dans ce genre de cas, mais aussi, il faut que la justice passe et elle doit passer, et ce sera à elle seule de décider de la suite à donner à chacun de ces dossiers et à chacun de ces hommes cités dans ces affaires quel que soit leur statut.

    Ces bouleversements et ces grands moments d’histoire sont en réalité une conséquence directe de ce formidable mouvement populaire né un certain 22 février qui a changé bien des plans pré- établis et bien des passages en force qui ont été tués dans l’œuf et qui se sont anéantis un certain 02 avril avec la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

    Ce sont là, certes, de grandes victoires du Hirak qui voit une importante partie de ses revendications satisfaites, mais il reste encore à trouver une sortie de crise consensuelle qui permettra au pays de concrétiser ce souhait d’édification d’une nouvelle république plus juste et démocratique où la voix et le pouvoir du peuple seront au dessus de toutes les autres considérations et où toutes les bonnes volontés et les bonnes énergies seront au service du développement du pays.

    Il s’agit de mettre fin à toutes les dérives auxquelles nous avons assistées ces dernières années et d’en finir une bonne fois pour toutes avec ces pratiques de corruption, de clientélisme et de passe droit et d’arriver à ce que chaque responsable sache une bonne fois pour toute qu’il est là au service du pays et du peuple uniquement et que l’Algérie n’est pas un bien privé où il peut se permettre tous les dépassements et les dérives jusqu’à appauvrir tout un peuple pour servir un clan.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune

    Tags : Algérie, corruption, armée, transition,

  • Algérie : Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et le général Benyelles refusent l’élection du 4 juillet

    Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et le général à la retraite Rachid Benyelles ont appelé « avec insistance« , ce samedi 18 mai, dans une déclaration commune publiée ce samedi matin sur le site électronique du journal « El Bilad » , l’état-major de l’armée nationale à ouvrir un dialogue « sincère et direct » avec les représentants du Hirak ainsi qu’avec les partis politiques et les « forces sociales » soutenant le mouvement populaire afin d’aboutir à une « solution politique consensuelle dans les plus brefs délais ».

    Dans le même texte (intitulé « un appel pour une solution consensuelle« ) les signataires se demandent « comment est-il possible d’imaginer l’organisation d’une élection libre et propre alors que la plus grande majorité du peuple la refuse parce qu’elle sera organisée par des institutions qui sont toujours gérées par des forces inaptes et qui sont contre un changement constructif?« .

    Le trio avait déjà lancé, ensemble, un appel (le 7 octobre 2017) pour exprimer leur refus d’un cinquième mandat de l’ex-président, Abdelazziz Bouteflika.

    Reporters

    Tags : Algérie, transition, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour, Rachid Benyelles, élections 4 juillet,

  • Algérie : Panique à bord

    « Moi qui craignait que cette mouvance, réputée particulièrement opportuniste, ne récupère le fantastique sursaut de notre magnifique peuple, voilà qui me rassure, en partie, par rapport à ces appréhensions. Djaballah et Mokri, de même que leurs plus fidèles lieutenants, vont ainsi de révélation en révélation, et de crasse en crasse, révélant au grand jour de quels genres de basses oeuvres ils sont capables pour accéder au pouvoir ».

    Par Mohamed Abdoun

    Sentant, sans doute, l’étau se resserrer sur eux dans le cadre de l’affaire dite « Toufik- Tartag et Saïd Bouteflika », les islamistes sont en train de s’entre-déchirer, et de laver leurs linge sale, particulièrement sale il faut le dire, en public. Cela n’est pas pour me déplaire, je dois le confesser.

    Moi qui craignait que cette mouvance, réputée particulièrement opportuniste, ne récupère le fantastique sursaut de notre magnifique peuple, voilà qui me rassure, en partie, par rapport à ces appréhensions. Djaballah et Mokri, de même que leurs plus fidèles lieutenants, vont ainsi de révélation en révélation, et de crasse en crasse, révélant au grand jour de quels genres de basses oeuvres ils sont capables pour accéder au pouvoir.

    En écoutant parler Abderrezak Mokri, président du MSP, ce lundi, lors de son passage par le forum d’El Moudjahid, on a peine à croire que l’on vit au XXI siècle, que nous sommes en démocratie, et que l’ensemble des libertés collectives et individuelles sont scrupuleusement garanties et protégées par la constitution.

    Mokri, en effet, a montré une mine pathétique en tentant de justifier les rencontre qu’il aurait eu avec le frère-conseiller du président, en dépit du fait que cela ait eu lieu au siège-même de la Présidence, que Bouteflika était encore en poste, et que ce genre d’activités n’avaient absolument rien d’illégal.

    Plus grave encore, avec sa risible manière de changer de fusil d’épaule, Mokri, qui n’avait jamais évoqué ces rencontres avant que les réseaux sociaux ne le dénoncent et ne les rendent publiques, a prêté allégeance au chef d’état-major, bien avant l’institution militaire elle-même, en soulignant qu’il aurait insisté sur le fait que sa proposition, ou bien celle de Saïd Bouteflika, soumise aux représentants de la classe politique, devait être également présentée à Gaïd Salah, et que celui-ci donne son accord.

    Poussant encore plus loin sa flagornerie, il est allé jusqu’à prétendre avoir insisté pour rencontrer personnellement Gaïd Salah et entendre de sa propre bouche qu’il était d’accord avec cette démarche.

    Mokri, qui donne l’air d’être terrifié à l’idée d’être convoqué à son tour, et même d’être mis au arrêt au même titre que Louisa Hanoune, ne sait franchement plus où donner de la tête, ni quels arguments développer.

    A l’entendre parler, en effet, il ne se contente pas d’inverser les valeurs, en plaçant l’institution militaire au-dessus de l’institution présidentielle.

    En effet, il accorde à la première nommée le droit de faire de la politique, et même d’avoir le dernier mort, alors que cela contredit l’esprit et la lettre de la constitution algérienne.

    Mokri, sans doute aveuglé par sa peur-panique, ne se rend sans doute pas compte des graves contradictions dans lesquelles il s’est empêtré en tentant de s’en sortir à bon compte.

    Sachant, ses propres aveux, qu’il a été au centre de cette affaire, ou de ce complot, il serait normal que la justice militaire le convoque à son tour, et même qu’elle le mette aux arrêts puisqu’il donne l’air d’avoir joué un rôle autrement plus important que celui de Louisa Hanoune. Il serait également bon que l’on nous éclaire une bonne fois pour toute sur la nature ainsi que les tenants et aboutissants de ce complot, afin que chacun puisse enfin se faire une opinion tranchée en son âme et conscience.

    La Tribune des Lecteurs, 17 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, islamistes, Tartag, Bouteflika, Toufik, Mokri,

  • Algérie : Probable report des élections, manifestations se poursuivent

    Alger – Selon Reuters, l’élection présidentielle imminente en Algérie devrait être reportée alors qu’une nouvelle manifestation a eu lieu vendredi pour la troisième fois scandanrt des slogans contre l’élite dirigeante du pays.

    Après deux décennies au pouvoir, le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné le mois dernier sous la pression des manifestants et de l’armée, mais les manifestations ont continué en quête des réformes politiques et la destitution de tous les responsables appartenant à l’ancienne garde.

    Une élection présidentielle est prévue pour le 4 juillet.

    Mais une source proche du dossier a déclaré que le vote devait être retardé en raison de difficultés d’organisation de la logistique à temps et de l’opposition de la rue.

    « Il n’y aura pas d’élections le 4 juillet », a-t-il déclaré à Reuters, demandant à ne pas être cité par son nom.

    Des centaines de manifestants ont recommencé à se rassembler vendredi, appelant à la démission du président par intérim, Abdelkader Bensalah, et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

    « Non aux élections honteuses. Enlevez d’abord Bensalah et Bedoui », lit-on dans une banderole brandie au centre-ville d’Alger.

    Le Conseil constitutionnel, qui supervise la transition, devrait publier prochainement une déclaration sur le processus électoral. La date limite pour que les candidats à la présidentielle puissent collecter et soumettre 60.000 signatures est le 25 mai.

    La source a indiqué à Reuters que le vote pourrait être reporté à la fin de l’année, avec des noms en suspens pour assurer la transition, notamment l’ancien ministre conservateur Ahmed Taleb Ibrahimi et le technocrate et ancien Premier ministre Ahmed Benbitour.

    Source : New York Times, 17 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, Hirak, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ahmed Benbitour,

  • Algérie : Il va adresser samedi une lettre aux algériens : Taleb Ibrahimi, le joker du pouvoir pour gérer la transition

    L’option d’Ahmed Taleb Ibrahimi comme probable Président de la transition semble se confirmer chaque jour un peu plus. En effet, le concerné dont le domicile à Alger a connu un chassé-croisé d’acteurs politiques, de journalistes et de hauts responsables, s’apprête à rendre public samedi prochain une proposition de sortie de crise, avons-nous confirmé auprès de son entourage.

    Taleb, confie-t-on, a été officiellement approché par des émissaires du pouvoir pour lui proposer de diriger une période de transition en qualité de «personnalité consensuelle».

    L’état-major de l’armée est désormais convaincu qu’il sera impossible d’organiser l’élection présidentielle le 4 juillet prochain.

    Et pour éviter le vide constitutionnel après la fin de l’intérim d’Abdelkader Bensalah, on a pensé à Taleb Ibahimi qui a ceci de particulier qu’il est âgé (87 ans) et qu’il est plus au moins consensuel.

    Après avoir poliment décliné la proposition à plusieurs reprises en faisant valoir son âge et sa santé fragile, Taleb a fini par se laisser convaincre. Pour ce faire, il va rendre public samedi une « lettre au peuple algérien » qui sera une sorte de prélude à l’annonce de son adoubement.

    L’ex-ministre des affaires étrangère devrait ainsi faire une série de propositions dont la plus importante sera la nécessité de «reporter l’élection présidentielle du 4 juillet» et l’ouverture des période de transition qui sera dirigée par une personnalité «acceptée par le peuple».

    L’initiative de Taleb devrait ainsi combiner les deux dimensions politiques et constitutionnelles dans le règlement de la crise.

    Aussi, Taleb devait proposer, d’après nos sources, à ce que l’armée « accompagne la transition politique» et la mise en place d’un gouvernement de compétence nationale.

    Pour rappel, le nom de Taleb Ibrahimi a été scandé dans plusieurs wilayas du pays lors des deux derniers vendredi avec Benbitour et Zeroual.

    Source : Algérie1

    Tags : Algérie, transition, Taleb Ibrahimi, armée, Hirak,

  • Le Tribunal Militaire convoque Tayeb Belaiz

    Le tribunal militaire de Blida vient de convoquer l’ancien président du Conseil constitutionnel,Tayeb Belaiz, rapporte la chaîne Echorouk News.

    Ce dernier comparaîtra pendant l’écriture de ces lignes comme « témoin » dans le cadre de l’affaire Saïd Bouteflika, Toufik et Tartag.

    Lors de la mise sous mandat de dépôt de Saïd Bouteflika et des généraux Tartag et Toufik, le communiqué du parquet militaire de Blida a laissé entendre que d’autres personnes pourraient être concernées par des poursuites dans le cadre de la même enquête.

    Rachel Hamdi

    Source : Echourouk Online, 16 mai 2019

    Tags : Algérie, tribunal militaire, Tayeb Belaiz, armée, transition, corruption,

  • Algérie : La cour et le clan

    par Mohamed Salah

    Faut-il s’étonner de la dernière déclaration du président de la Cour des comptes au micro de la chaîne 3 ? Abdelkader Boumaâraf a confirmé que l’institution qu’il préside n’a jamais publié ses rapports annuels depuis 1999, année de l’intronisation de Bouteflika.

    Petit rappel de l’histoire : l’enquête de la Cour des comptes, saisie par Chadli Bendjedid, aboutit à un premier arrêt qui sera prononcé le 8 août 1982 et qui «met en débet Abdelaziz Bouteflika pour une somme dont la contre-valeur en dinars représente 58.868.679, 85 DA et qui reste à justifier».

    La Cour explique que ce montant «est l’aboutissement des longues investigations tant à la Trésorerie principale d’Alger qu’au ministère des Affaires étrangères».

    Suite à cette décision, Bouteflika se voit d’abord suspendu du Comité central du FLN avant son exclusion par le congrès de l’ex- parti unique. Connaissant le passif de l’ex- président de la République on soupçonne l’une des raisons pour lesquelles Bouteflika a mis sous le coude l’institution, l’empêchant d’accomplir ses missions.

    Or, la mission essentielle de la Cour des comptes est de «favoriser l’utilisation régulière et efficiente des ressources, moyens matériels et fonds publics, de promouvoir l’obligation de rendre compte et la transparence dans la gestion des finances publiques et de contribuer au renforcement de la prévention et de la lutte contre les diverses formes de fraudes et de pratiques illégales». Théoriquement. «Car en théorie tout se passe bien», comme l’a dit un auteur inconnu, puisqu’en réalité, la Cour des comptes a ressemblé à toutes les institutions publiques du temps du régime Bouteflika. Des coquilles vides résonnant aux seuls échos des injonctions formulées en haut lieu.

    On comprend un peu mieux le sentiment d’impunité qui a longtemps régi la gestion de l’argent public et les largesses permises à ses gestionnaires en dilapidant des milliards et des milliards de dinars entre malversations et incompétences qui ont coûté très cher au Trésor public.

    Le clan et ses cercles sont parvenus à discréditer toutes les structures organisationnelles de l’Etat, plaçant leurs hommes aux postes clé décisionnels. La justice tout comme ses appendices ont été instrumentalisés au seul service du pouvoir alors en place.

    Aujourd’hui encore, après la chute du système, on est en train de vivre les mêmes réflexes avec la nomination de profils, pour le moins surprenants, à la tête des institutions de l’Etat.

    Tags : Algérie, transition, clan, Bouteflika, cour des comptes, corruption, trésor public,

  • La nouvelle Algérie à l’épreuve des urnes

    Dans une semaine, le processus électoral sera lancé pour mettre en œuvre la solution légale. Une minorité s’active dans certains médias et réseaux sociaux pour provoquer une impasse et imposer une «transition taillée à la mesure de leurs ambitions» politiques ou personnelles que, bien évidemment, le verdict ne pourra jamais satisfaire.

    L’opinion nationale aura tout compris du refus opposé à toutes les solutions, à l’offre de dialogue et à la proposition du général de corps d’armée Ahmed-Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, favorable à toute initiative pouvant conduire au dénouement définitif et rapide de la crise.

    Le piège du vide institutionnel et constitutionnel fait écho à la tentative de mainmise sur le mouvement citoyen souffrant cruellement d’une représentation à la hauteur de ses revendications légitimes. L’épreuve électorale reste incontournable.

    La constitutionnaliste émérite Fatiha Benabbou, appelant à faire preuve de sagesse et de recherche de compromis, soutient qu’«il est impossible d’annuler des élections. Il y a un processus automatique qu’il faut suivre, sinon l’on entre dans une zone d’illégalité».

    Les préparatifs vont bon train pour éviter une telle issue dangereuse pour la stabilité du pays et organiser le scrutin dans le respect des «délais et des échéances prévus par la Constitution et les lois de la République».

    Après la révision des listes électorales (16-23 avril) et le retrait des formulaires, l’étape décisive du dépôt des candidatures, dont la date limite est fixée au 19 mai, annonce le début de la compétition pour les 68 candidats à la candidature recensés par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Pour autant, les portes du dialogue restent ouvertes.

    Un appel solennel a été encore une fois lancé par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, qui, en recevant le Premier ministre, Noureddine Bedoui, a insisté sur la nécessite de «maintenir tous les canaux de concertation et de dialogue ouverts avec toutes les instances et les partenaires concernés par l’élection du 4 juillet».

    La balle est désormais dans le camp de la classe politique interpellée par les enjeux de la refondation démocratique.

    Horizons, 13 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, armée, élections, constitution,

  • Algérie – Sale temps pour Mouâd Bouchareb : Indésirable

    En prononçant son fameux « ceux qui pensent qu’il n’y aura pas de cinquième mandat rêvent », Mouâd Bouchareb, était à mille lieues de soupçonner que ce malheureux propos allait se retourner, moins de deux mois après contre lui. Cela pour devenir une accusation, voire une marque d’infamie contre lui.

    Il est vrai que dans l’euphorie du moment, dédiée au cinquième mandat de « Fakhamtouhou » , il était difficile d’imaginer le renversement de la situation que nous vivons depuis le 22 février.

    Mouâd Bouchareb, arrivé à la tête du FLN, suite à un putsch contre le président légitime Said Bouhadja, était présenté comme l’avenir chanteur du FLN, le porte flambeau de la nouvelle génération qui marque la rupture avec la gérontocratie du parti incarnée par Djamel Ould Abbès.

    Hier à l’APN, où il a tenté de reprendre la main, après avoir été dégagé du FLN par la nouvelle direction, Mouâd Bouchareb a vécu sans doute une des pires humiliations dans son parcours politique de jeune premier.

    Voulant mettre à profit la commémoration des événements du 8 mai 45, en organisant une cérémonie à laquelle tous les députés étaient conviés, le président de l’APN n’a pas eu beaucoup de monde pour écouter son laïus. Pas de députés de l’opposition, dont une partie avait déjà démissionné. Ni aussi ceux du FLN et du RND qui avaient soutenu sa candidature au perchoir.

    C’est connu, au FLN les hommes n’ont pas de convictions mais des postures, en fonction des conjonctures. Symbole de l’ancien pouvoir comme Bensalah, Bedoui, Bélaiz, Mouâd Bouchareb est un personnage politique devenu infréquentable traversant un moment difficile.

    La question est de savoir s’il est capable de faire le dos rond en espérant un retournement de situation. Pas si sûr, car il pourrait être sacrifié sur l’autel de l’expiation des pêchés commis par Saïd Bouteflika, son mentor.

    Du FLN, où il était appelé à diriger une instance de coordination avec son ami Mustapha Rehiel, il vient d’être éjecté sans autres formes de procès par Mohamed Djamai, élu nouveau secrétaire général du FLN. « Dégagé » du FLN, Mouâd Boucherb risque de l’être de la présidence de l’APN.

    Chaque vendredi, les manifestants réclament sa tête, comme tous les autres « B » du système. Saïd Bouhadja, évincé de son poste de président de l’APN, veut profiter de l’affaiblissement de Mouâd Bouchareb pour récupérer son « bien ».

    Depuis quelques jours, il multiplie les déclarations pour dire qu’il reste « le président légitime de l’APN ». Un message subliminal à destination du nouveau pouvoir pour se faire rendre son perchoir perdu. Saïd Bouhadja, qui joue à fond la carte victimaire, a déclaré qu’il déposerait prochainement deux requêtes au Conseil d’Etat et au Conseil Constitutionnel contre Mouâd Bouchareb, qu’il accuse par ailleurs de « dilapider les deniers de l’APN », avec la complicité du secrétaire général.

    D’une pierre deux coups, veut faire le vieux Saïd Bouhadja qui veut solder son compte avec ces deux responsables de l’APN, c’est-à-dire le SG dont les jours semblent bien comptés.

    H.Khellifi

    L’Est Républicain, 10/05/2019

    Tags : Algérie, transition, armée, Mouaad Bouchareb, Hirak, APN,

  • Algérie : L’armée s’en prend aux partisans de la transition à travers la revue El Djeïch

    L’armée réitère son rejet ferme et sans équivoque de toute possibilité de recours à une transition en dehors de ce que prévoit la Constitution. Elle considère même que cette « proposition » défendue par « certaines voix » fait partie du complot visant « à entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos ». C’est ce que l’institution militaire a fait savoir, encore une fois, à travers son organe central, la revue El Djeïch dans son édition de mai 2019, parue hier mercredi.

    Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Dans son éditorial intitulé « Clairvoyance et sagesse pour faire avorter tous les complots », le Haut Commandement de l’Armée nationale populaire s’en prend violemment à ceux qu’il accuse d’être derrière « ces complots », mais aussi à l’opposition et à certaines « voix » qui rejettent « toutes les solutions disponibles et possibles ».

    Dans cet éditorial qui reprend les grands axes de la position de l’ANP défendue régulièrement par le chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, faisant clairement allusion au général Toufik, surtout, mais aussi à des partis de l’opposition et à certaines personnalités , on lira en effet que « notre pays traverse une crise que certains parmi ceux qui ont vendu leur conscience, qui n’en ont cure de l’intérêt supérieur du pays et qui vont même jusqu’à tramer des complots contre la patrie , voudraient voir perdurer en rejetant toutes les solutions disponibles et possibles, à même de permettre à notre pays de surmonter cette épreuve , et donc de couper la route aux aventuriers qui concoctent des plans et projettent de les exécuter à tous les échelons , dans le but d’entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos ».

    Reprenant les déclarations précédentes sur ce points précis de Gaïd Salah, l’éditorialiste d’El Djeïch ajoutera : « Aujourd’hui, nul n’ignore que les exécutants de ce plan machiavélique, ceux qui leur ont confié cette tâche et ceux qui gravitent dans leur giron ont attendu, durant toutes les années passées, la moindre occasion pour le mettre à exécution en ayant recours à diverses voies et moyens .»

    Un peu plus précis encore, l’éditorialiste poursuit : « Après que le peuple algérien les a démasqués et rejetés fermement et définitivement, ils ont fait de certains canaux d’information connus et des réseaux sociaux un moyen pour tenter de réaliser des agendas douteux , en menant des campagnes méthodiques autant que tendancieuses dans le but d’abuser l’opinion publique pour distiller leurs mensonges et leurs élucubrations dans une vaine tentative de porter atteinte au lien existentiel et étroit qui unit le peuple à son armée , d’ébranler sa cohésion et la confiance mutuelle qui les anime .»

    S’en prenant à certaines parties dans l’opposition, l’éditorial d’El Djeïch affirmera : « Aussi, il n’est pas surprenant de voir que ce sont les mêmes voix qui avaient sollicité l’intervention de l’armée dans le champ politique durant les précédentes décennies qui tentent aujourd’hui, sournoisement, de l’entraîner sur cette voie en cette étape cruciale. Ceci par des voix multiples dont la plus courante est de faire pression à travers « des messages ouverts », « débats », « avis », et « points de vue » publiés dans les colonnes de certains médias , appelant à une période de transition calquée à leur mesure, durant laquelle ils se conduiront comme il leur plaira et feront passer leurs projets et les agendas de leurs parrains qui vouent à l’Algérie et à son peuple une haine et une rancœur infinies .»

    Aussi, lit-on encore dans cet éditorial, et « afin de concrétiser leurs vils desseins, ces revanchards tentent de mettre la main sur ce ‘’Hirak’’ pacifique et de prendre le train en marche pour servir leurs intérêts étroits en s’autoproclamant porte-parole du peuple, dans l’espoir de brouiller les cartes et de semer la confusion. Dans leurs manœuvres criminelles, ces mêmes parties n’oublient pas de lancer des campagnes féroces à travers certains porte-voix qui véhiculent toute leur rancœur à l’encontre de l’ANP, en lui reprochant son attitude patriotique et novembriste dont elle ne s’écartera jamais .»

    L’éditorialiste d’El Djeïch assènera même cette grave accusation : « Le comportement hystérique qui a fait perdre le nord à ces parties est essentiellement dû au refus catégorique du Commandement de notre armée de verser une seule goutte de sang de notre peuple, depuis le début des marches pacifiques, et sa détermination à faire barrage à tous ceux qui tenteraient d’ébranler la stabilité du pays et d’attenter à l’unité du peuple » rappelant , au passage, que cette position avait également été réaffirmée par Gaïd Salah.

    Dans ce même ordre d’idées, l’éditorial d’El Djeïch évoquant la grande campagne « mains propres » en cours depuis quelques jours, fera cette autre remarque , en citant une autre déclaration du chef de l’état-major : « (…) ces mêmes parties tentent de faire accroire aux Algériens que cette démarche de la justice de dépoussiérer les dossiers de corruption intervient sur ordre de l’institution militaire , dans une tentative sournoise d’entraver l’action de la justice et de saper sa détermination à continuer d’accomplir les missions qui lui sont assignées, conformément au droit et et aux lois de la République. Comment expliquer sinon que dès le lancement par la justice de l’opération d’investigation sur ces dossiers, une campagne de dénigrement a vu le jour émettant des doutes sur le sérieux de l’opération et jetant le discrédit sur l’intégrité de la justice, en prétendant qu’il s’agit d’une campagne de vengeance et de règlement de comptes .»

    L’éditorialiste conclura par réaffirmer la détermination de l’armée . « En tout état de cause, les projets et plans concoctés par cette poignée de comploteurs sont inéluctablement voués à l’échec, y compris celui visant à briser la cohésion entre le peuple et son armée. Pour sa part, l’ANP demeurera aux côtés du peuple jusqu’à ce qu’il atteigne ses objectifs et concrétise le changement attendu , comme elle demeurera mobilisée en permanence pour accompagner le peuple et le protéger des agissements d’individus dont le temps a fini par dévoiler les contours du vil complot qu’ils ont mis en œuvre contre la patrie des chouhada .»

    K. A.

    Source : Le Soir d’Algérie, 09/05/2019

    Tags : Algérie, Armée, El Djeïch, Gaid Salah, transition, Hirak,