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  • Libye: comment le paysage change après Sarraj

    Des sources locales expliquent à TPI la direction politique que prendra le pays africain après la démission du premier ministre de Tripoli, à la lumière des développements qui ont émergé des dernières discussions tenues au Maroc, en Égypte, en Suisse et en Allemagne.

    La forme que prendra la prochaine phase en Libye dépend de multiples facteurs, qui seront tous sur la table des prochaines négociations prévues pour la mi-mois en Suisse, d’où une série de nouvelles pourraient émerger sur qui gérera le produit du pétrole, principale source de revenus du pays. Alors que les efforts arabes et internationaux pour pousser les parties libyennes à dialoguer et à trouver une solution à la crise s’accélèrent, l’attention se concentre désormais sur les caractéristiques que prendra la prochaine saison politique libyenne, en particulier après la démission annoncée du président du gouvernement. d’accord national (Gna), Fayez al Sarraj, qui entend céder sous peu ses pouvoirs au prochain exécutif.

    A l’issue du deuxième cycle de pourparlers qui s’est tenu récemment à Bouznika, au Maroc, les délégations de la Chambre des représentants de Tobrouk et celle du Conseil d’Etat de Tripoli ont annoncé la conclusion d’une série « d’accords complets » concernant les institutions souveraines+ soulignant comment ces accords visent à l’approbation des institutions constitutionnelles du pays.

    Des sources informées au sein des parties du dialogue libyen, présentes lors des réunions au Maroc, ont reconnu la réalisation de « certains points d’accord lors des deux tours de négociations ». Les mêmes sources ont souligné que les «sept positions souveraines» désormais connues, apparues au cours des négociations, étaient traitées à la fois géographiquement et politiquement entre le Conseil d’État de Tripoli et le Parlement de Tobrouk.

    Selon des sources, les parties libyennes ont convenu que le gouverneur de la banque centrale, où circulent les revenus pétroliers, doit provenir de l’est de la Libye et son adjoint de l’ouest du pays.

    Tout cela alors que les participants à la deuxième Conférence de Berlin sur la Libye, y compris l’Italie, ont appelé à la création d’une zone démilitarisée dans et autour de la ville de Syrte, appelant à un accord de cessez-le-feu permanent.

    Les personnes présentes à la réunion interministérielle sur la Libye qui s’est tenue en marge de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations Unies ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre ce qui a émergé de la première Conférence de Berlin, en soulignant l’importance de la production et de l’exportation de pétrole. En outre, alors que la trêve semble tenir, les participants aux pourparlers ont appelé au lancement d’un processus politique mondial dans lequel toutes les composantes libyennes sont représentées dans le cadre des négociations de Berlin.

    Il convient également de rappeler qu’au début du mois dernier, les consultations entre les parties libyennes à Montreux, en Suisse, ont ouvert la voie à de nouveaux progrès, avec la conclusion d’un accord sur la tenue de nouvelles élections dans les 18 mois. Fin septembre, des négociations ont également commencé à Hurghada, en Égypte, entre les représentants militaires de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, et le gouvernement d’accord national (GNA) de Tripoli, ouvrant la voie. à un cessez-le-feu permanent.

    Maintenant, après les négociations tenues à Bouznika, Hurghada, Berlin et Montreux, l’ONU et toute la communauté internationale parient sur la reprise du « Dialogue de Genève » entre les parties libyennes, qui devrait avoir lieu au milieu de ce mois. Parallèlement, divers rapports médiatiques évoquent un éventuel déménagement du siège des pourparlers sur l’île de Djerba, en Tunisie, pour des raisons logistiques.

    Cette rencontre vise à parvenir à une série de nouveaux accords concernant la forme que prendront les nouvelles autorités libyennes. En fait, une négociation est prévue sur la séparation de l’exécutif du Conseil présidentiel, réduisant les membres de cet organe de 9 à 3 membres seulement.

    Fathi al Marimi, conseiller du parlement libyen de Tobrouk, a révélé à TPI les caractéristiques de la phase politique post-Sarraj en Libye, soulignant comment les participants à la session de dialogue entre les parties libyennes à Genève discuteront de la formation d’un nouveau conseil présidentiel composé de un président et deux députés et un gouvernement dirigé par un premier ministre et deux vice-premières, négociant également un accord sur diverses autres questions afin de consolider la stabilité dans le pays.

    Le Comité de dialogue, qui représente le parlement libyen, et un autre organe similaire au nom du Conseil suprême d’État, ainsi que certaines personnalités choisies par la Mission d’appui des Nations Unies, participeront à cette réunion, a ajouté le conseiller du parlement libyen. en Libye (Unsmil). « Comme prévu, cette réunion sera décisive pour le choix d’un nouveau conseil présidentiel composé d’un président et de deux députés et d’un gouvernement dirigé par un Premier ministre et deux vice-premières », a révélé Al Marimi.

    Par ailleurs, le politicien libyen a expliqué que le nouveau Premier ministre, après avoir formé son propre gouvernement, devra alors le présenter au parlement. «Le parlement n’a qu’une seule session disponible pour approuver le nouvel exécutif. Au cas où la Chambre ne l’approuverait pas, des discussions se tiendront à nouveau au sein du Comité de dialogue pour réunifier les institutions libyennes et mettre fin à la crise dans le pays, notamment les coupures d’électricité, le manque de liquidités et les prix trop élevés pour produits alimentaires et pharmaceutiques « .

    Al Marimi a souligné que l’objectif des pourparlers consistait, après tout, à adopter les dispositions nécessaires en vue des prochaines élections présidentielles et législatives pour parvenir à la stabilisation du pays.

    Selon le conseiller du parlement libyen, à l’issue de ce processus, la phase de réconciliation entre les Libyens devrait commencer, avec divers accords contraignants visant à consolider la stabilité, conduisant « à la consolidation des institutions et à l’état de droit, afin de mettre un terme à la crise et ramener la Libye dans les pays qui jouent un rôle important dans le respect de la Charte des Nations Unies et au sein de la Ligue arabe et de l’Union africaine ».

    Pour sa part, Ahmed Lenki, membre du Conseil d’État libyen, a déclaré que ce qui avait été convenu entre la Chambre des représentants de Tobrouk et le Conseil d’État de Tripoli à Bouznika constituait une étape très importante pour la réunification des institutions de l’État.

    Dans une déclaration à la presse, l’homme politique libyen a ajouté que les réunions à Genève seront très importantes car elles auront pour objectif de réunir les institutions de l’État et de revoir la composition du Conseil présidentiel dans un format composé d’un président et de deux députés. , confiant la création d’un gouvernement distinct du Conseil à une figure d’importance nationale.

    Source : tpi.it, 8 oct 2020

    Tags : Libye, Al Sarraj, GNA, Haftar, Tripoli, Benghazi, pétrole, 

  • Berlin : Visioconférence sur le crise libyenne

    ELLE SE TIENT À DISTANCE : Conférence ministérielle à Berlin sur la crise libyenne

    La conférence ministérielle de Berlin sur la Libye s’est tenue hier par visioconférence avec la participation des pays présents lors de la première conférence. La visioconférence de haut niveau qui se tient en marge de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies sous la conduite du ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, verra la participation de l’ensemble des pays ayant pris part à la conférence de Berlin 1 , dont l’Algérie. La réunion, comme l’a confirmé Günter Sautter, ambassadeur adjoint de l’Allemagne à l’ONU, vient à un « moment crucial », alors que « des développements encourageants en Libye » ont été constatés notamment lors de la rencontre de Montreux en Suisse.

    L’Allemagne qui a souhaité avec la tenue de cette conférence lancer un « message fort », a indiqué qu’elle allait demander que « tous renouvellent leurs engagements pris en début d’année et surtout les appliquer ». À New York, Berlin a dit espérer « la cessation des violations continues et flagrantes de l’embargo sur les armes », imposé à la Libye en 2011, ainsi que le renforcement du rôle de l’ONU comme « médiateur clé du dialogue politique en Libye. Plusieurs pays africains ont demandé au SG de l’ONU de désigner sans plus tarder un nouvel émissaire pour concrétiser les contacts et le dialogue sur le terrain. Ils ont souhaité que cet émissaire soit un Africain.

    La conférence de Berlin devait donner lieu à l’évaluation du respect par les parties prenantes à la crise libyenne des engagements à mettre en œuvre des conclusions de la première Conférence de Berlin, entérinées par le Conseil de sécurité. La Conférence de Berlin 1 – qui s’est tenue avec la participation de 12 pays, dont l’Algérie, et de 4 organisations internationales et régionales – a abouti à une déclaration finale à travers laquelle un appel a été lancé pour renforcer la trêve en Libye et travailler de manière constructive dans le cadre de la commission militaire mixte (5 + 5), pour parvenir à un cessez-le-feu dans le pays.

    Les parties se sont engagées, en outre, à la cessation des attaques contre les installations pétrolières, la formation de forces militaires libyennes unifiées et l’interdiction de fournir des armes à la Libye. La tenue de cette visionconférence intervient quelques jours après les consultations interlibyennes, tenues du 7 au 9 septembre derniers à Montreux, en Suisse, qui ont favorisé la reprise du dialogue politique facilité par l’ONU, ouvrant ainsi la voie à la phase de « solution globale ».

    Les belligérants libyens ont pu mettre de côté leurs différends et leurs désaccords de longue date au profit d’une solution interlibyenne, portant notamment sur la considération d’une « phase préparatoire » au règlement général de la crise. Ils ont convenu, de considérer la « phase préparatoire à une solution globale » comme un délai pour préparer les conditions appropriées pour la tenue des élections législatives et présidentielles dans un délai ne dépassant pas 18 mois, et sur la base d’une disposition constitutionnelle convenue.

    À la suite de la réunion de Montreux, le président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen Fayez al-Sarraj a annoncé être prêt à quitter ses fonctions au plus tard fin octobre pour céder la place à un nouvel exécutif issu de pourparlers interlibyens visant à parvenir à une issue politique à la crise que connaît le pays depuis dix ans.

    Depuis le début de la crise, l’Algérie s’est engagée dans une démarche politique pour résoudre le conflit en Libye, qui repose principalement sur le respect de la souveraineté des États et le rejet de l’ingérence dans leurs affaires intérieures, en accordant la priorité aux solutions pacifiques et aux options diplomatiques.

    À cet égard, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa participation aux travaux de la Conférence de Berlin 1, a appelé la communauté internationale à « assumer ses responsabilités en imposant le respect de la paix et de la sécurité en Libye, que l’Algérie refuse de porter atteinte à son unité nationale et à la souveraineté de ses institutions ». Il a également souligné la nécessité d’élaborer une « feuille de route claire qui comprend la stabilisation de la trêve et la cessation de l’approvisionnement des parties libyennes en armes pour éloigner le spectre de la guerre de toute la région, et d’inviter les parties libyennes à la table des négociations pour résoudre la crise par le dialogue et par des moyens pacifiques ».

    En mai 2014, l’Algérie a lancé la mise en place du mécanisme des pays voisins de la Libye, qui a tenu sa première réunion en Algérie, et en mars 2015, elle a accueilli plusieurs cycles de dialogue entre les dirigeants des partis politiques libyens dans le cadre du dialogue supervisé par les Nations unies.

    La dernière réunion du Mécanisme des pays voisins libyens s’est tenue le 23 janvier et depuis, l’Algérie a poursuivi ses efforts pour aider les Libyens à surmonter la crise qui frappe leur pays. Elle compte continuer son action diplomatique pour que la paix et la stabilité reviennent dans ce pays voisin.
    M. Bendib
    Le Courrier d’Algérie, 6 oct 2020

    Tags : Libye, Conférence, de Berlin, Hafatar, GNA, Tripoli, Benghazi, 

     

     

  • L’envoyé de l’ONU en Libye salue le «développement positif» des pourparlers d’Hurghada

    La représentante spéciale de l’ONU pour la Libye, Stephanie Williams, a salué dimanche le «développement positif» observé lors des pourparlers entre les parties en guerre dans la ville balnéaire de la mer Rouge à Hurghada.

    Williams, s’adressant à Asharq Al-Awsat, a souligné que la confiance s’établissait entre les délégations libyennes à Hurghada, espérant que les négociations se termineraient par «un accord de cessez-le-feu permanent».

    Elle a noté que l’accord de cessez-le-feu, conclu en août, entre le chef du gouvernement d’accord national (GNA) basé à Tripoli, Fayez Al-Sarraj et la présidente de la Chambre des représentants basée à Tobrouk, Aguila Saleh, a conduit les Libyens eux-mêmes à suggérer de tenir des pourparlers en Egypte.

    Les discussions précédentes à Hurghada – qui ont eu lieu fin septembre – ont vu un accord entre les parties libyennes pour travailler à la libération de tous les prisonniers et protéger les installations pétrolières et gazières de l’État nord-africain pour reprendre complètement les activités de production et d’exportation.

    Williams a ajouté que la plupart des parties libyennes sont «maintenant plus convaincues que jamais que la solution au conflit doit être« politique »», soulignant que l’intervention militaire et l’imposition de blocus sur les ressources naturelles n’ont pas abouti à des résultats positifs.

    «Il ne reste aux Libyens qu’une solution politique pour résoudre leurs désaccords et leurs divisions. Construire un État qui inclut tout le monde et permet aux gens de vivre dignement », a souligné Williams.

    La Libye est divisée entre deux autorités à Tripoli et à Tobrouk depuis six ans. Alors que le GNA est basé à Tripoli, la capitale, l’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar contrôle l’est et est alliée à la Chambre des représentants basée à Tobrouk.

    La LNA est soutenue par l’Égypte, les Émirats arabes unis, la France et la Russie; tandis que le GNA est soutenu par la Turquie, le Qatar et des milliers de mercenaires syriens.

    Le 22 août, les deux parties au conflit ont déclaré un cessez-le-feu qui a mis fin aux craintes d’une éventuelle agression du GNA contre la ville portuaire de Syrte, à 370 kilomètres à l’est de la capitale Tripoli et Jufra, qui possède une importante base aérienne militaire.

    Le chef du GNA, Al-Sarraj, a annoncé sur Facebook qu’il « avait donné des instructions à toutes les forces militaires pour qu’elles cessent immédiatement le feu et les opérations de combat dans tous les territoires libyens ».

    Saleh a annoncé un cessez-le-feu qui a été salué par les dirigeants mondiaux. Les deux parties en guerre ont convenu de tenir des élections en mars 2021.

    Les pourparlers à Hurghada font suite à une série de diplomaties antérieures dans la ville côtière marocaine de Bouznika, au sud de la capitale Rabat, le mois dernier. À Bouznika, les deux parties se sont entendues sur les «critères, mécanismes transparents et objectifs» pour les postes de pouvoir clés.

    Après les pourparlers du Maroc, Williams a appelé la « communauté internationale à assumer ses responsabilités pour soutenir ce processus et à respecter sans équivoque le droit souverain du peuple libyen à déterminer son avenir ».

    Source : Ahram ONline, 4 oct 2020

    Tags : Libye, Egypte, GNA, Tripoli, Benghazi, Turquie, Stephanie Williams, ONU, UNO, 

  • CRISE LIBYENNE : Le poids de l’Algérie

    La Libye est depuis 2014 fracturée par la rivalité entre le chef du gouvernement d’union nationale Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar. En proie au chaos politique et sécuritaire depuis l’intervention de l’OTAN en 2011, la Libye semble être encore loin de retrouver le chemin de l’unité et de la stabilité.

    En plus de la menace terroriste, le pays est le théâtre d’une confrontation entre deux forces revendiquant le pouvoir, se traduisent par des affrontements armés. A lors que la crise libyenne est appréhendée à l’échelle régionale, l’Algérie et la Turquie sont sur le point de créer un conseil de coopération stratégique, qui envisage d’élargir le cercle de la coopération bilatérale entre les deux pays au plus haut niveau, y compris les différents domaines, notamment les domaines : politique et diplomatique.

    Des observateurs ont estimé que le rapprochement algéro-turc sera bénéfique à la crise libyenne, puisque la Turquie est membre de l’OTAN et entretient de bonnes relations avec quatre membres du Conseil de sécurité à l’exception de la France, car elle est très proche de l’Allemagne, qui accueillera la conférence internationale sur la Libye.

    Abdelmadjid Tebboune a adressé au président de la République Turque Recep Tayyip Erdogan une invitation à visiter l’Algérie, laquelle a été acceptée, et dont la date devant être fixée dans les prochains jours. La visite d’Erdogan a été précédée par celle du MAE turc, Mevlut Cavusoglu qui a été reçu par son homologue, Sabri Boukadoum et le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Son entretien avec ce dernier a porté, essentiellement, sur la situation en Libye à la lumière de l’escalade des actes de violence induits par les ingérences étrangères, qui entravent la recherche d’une solution politique, seul moyen de rétablir la sécurité, la paix et la stabilité à travers tout le territoire de la Libye.

    Après une analyse approfondie de tous les aspects de la situation, les deux parties ont convenu de l’impératif d’éviter toute action concrète à même d’aggraver davantage le climat et de ne ménager aucun effort pour un cessez-le-feu. L’Algérie et la Turquie ont exprimé, également, le vœu que la conférence internationale prévue sur la Libye soit le début d’un règlement politique global, garantissant l’unité de la Libye, peuple et territoire, et préservant sa souveraineté nationale.

    Pays voisin de la Libye, l’Algérie a dénoncé toute ingérence étrangère en Libye, réitérant que la crise dans ce pays est une affaire interne de la Libye dont la solution ne peut être trouvée que par les parties au conflit avec l’aide notamment des pays voisins.

    L’Algérie qui était de tout temps à équidistance des parties en conflit en Libye, a appelé, lors de l’audience accordée, lundi, par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, Fayez El-Serraj, la communauté internationale et le Conseil de sécurité en particulier à « assumer leurs responsabilités pour imposer le respect de la paix et de la sécurité en Libye ».

    Tenue dans une conjoncture sensible, suite à l’aggravation de la situation sécuritaire en Libye, la rencontre a permis aux « deux Présidents d’échanger les vues sur les outils et moyens idoines pour l’accélération du rétablissement de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans ce pays frère ».

    Ces entretiens ont été, l’occasion, pour le Président de la République, de rappeler « la position constante de l’Algérie vis-à-vis de la crise libyenne, une position qui repose essentiellement sur le principe de non-ingérence dans les affaires internes des Etats ».

    Pour sa part, M. Fayez El- Serraj a adressé ses remerciements à l’Algérie pour ses positions fraternelles constantes vis-à-vis de la crise libyenne, réitérant sa pleine confiance dans les efforts qu’elle déploie en vue d’atténuer l’escalade, en soutenant la solution politique.

    La Tunisie, autre pays voisin, a réitéré, lundi, lors d’une réunion urgente du Conseil de sécurité, sa position rejetant toute ingérence étrangère, estimant que la crise en Libye est une affaire interne.

    Par ailleurs, les Parlements saoudien, bahreïni, égyptien et émirati ont conjointement exprimé leur rejet de l’intervention turque en Libye. L’analyste spécialiste des questions géopolitiques, M’hand Berkouk, a indiqué que la Libye fait actuellement face à des crises d’ordre politique, de loyauté et sécuritaire, a indiqué mardi à Alger, appelant l’ONU et l’UA à agir et jouer leur rôle par de nouvelles résolutions.

    S’exprimant sur les ondes de la radio chaine III, Berkouk a expliqué que cette crise » est d’abord d’ordre politique « , notamment en ce qui concerne les divergences entre « les différentes volontés sur la Libye où deux pôles sont en compétition par rapport au type d’Etat dans ce pays ». Il s’agit aussi, selon lui, essentiellement d’une crise de loyauté « non pas envers l’Etat mais envers des alliances notamment avec les pays du Golf », a-t-il souligné, ajoutant que la Libye fait également face à une crise « d’ordre sécuritaire ».

    Dans ce sillage, le spécialiste a déploré une crise de sécurité « chronique à travers la transformation graduelle de la Libye en fief pour ne pas dire en front mondial de terrorisme, avec le recentrage de milliers de combattant terroristes étrangers (CTE) vers ce pays voisin avec notamment les pays du Sahel ». L’analyste redoute d’autre part que le pays « risque de se transformer en incubateur d’une nouvelle forme de terrorisme ».

    Rappelant les deux mémorandums signés entre Tripoli et Ankara liés à l’énergie et à la coopération militaire et sécuritaires, Berkouk a ajouté que la Turquie qui s’implique notamment en Libye occidentale, « exprime une certaine volonté de s’assurer d’une part du marché énergétique européen ».

    Dans ce cadre, de nombreux pays et organisations internationales ont exprimé leur rejet de toute ingérence étrangère en Libye, appelant à faire prévaloir la solution politique pour le règlement de la crise dans ce pays. Outre des pays voisins de la Libye, l’Onu, l’UA, l’UE ont fait part de leur refus de l’ingérence dans les affaires libyennes et d’une éventuelle escalade dans la région. Une réunion du CPS se tiendra à la veille du sommet de l’UA est prévue les 8 et 9 février à Addis-Abeba. Elle sera consacrée à la crise libyenne et à la circulation des armes qui a aggravé la situation au Sahel », a déclaré le Commissaire à la paix et la sécurité de l’UA, Smail Chergui, depuis Addis-Abeba.

    La politologue française, spécialiste de la question des migrations, Catherine Wihtol de Wendende a indiqué que l’aggravation de la crise en Libye risque de faire augmenter les flux migratoires en Méditerranée. Intervenant à l’occasion d’une conférence-débat organisée par l’Institut national d’études et de stratégie globale (INESG), Wenden a également relevé que les migrants de passage par la Libye « subissent des supplices, notamment des mises en esclavage, des enfermements et la vente d’organes », estimant qu’il était difficile de déterminer le nombre de migrants qui traversent la Libye, car « ce sont des sans-papiers qui viennent d’Afrique de l’Ouest ».

    Pour sa part, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Josep Borrell, a condamné à Bruxelles « l’ingérence étrangère » dans la crise libyenne, dans un communiqué à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères français, allemand, britannique et italien sur la Libye.

    Les ministres des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, allemand Heiko Maas, italien Luigi Di Maio et britannique Dominic Raab, se sont réunis « en urgence » à Bruxelles pour discuter de la situation en Libye et du dossier iranien. A l’issue de la réunion, ils ont condamné toute « ingérence extérieure » dans la crise en Libye.

    A.M.

    La Tribune des Lecteurs 

    Tags : Algérie, Maghreb, Libye, terrorisme, Haftar, Serraj, Tripoli,

  • Algérie-Libye : Espérances nouvelles

    Claire, constante et ferme, la position de l’Algérie sur la crise libyenne ne souffre aucune ombre. Elle préconise son règlement par la voie politique et pacifique à travers un dialogue inclusif entre toutes les factions libyennes, loin du fracas des armes et des ingérences étrangères auxquels les récents et dangereux développements de la situation ont failli les mener irrémédiablement, si ce n’était la réaction vigoureuse des adversaires de la solution radicale.

    Réactivant sa diplomatie non seulement pour écarter les dangereuses dérives d’un affrontement fratricide notamment sur ses voisins immédiats, mais également et surtout pour faire prévaloir la raison sur la passion et les intérêts étroits, l’Algérie a participé à la conférence internationale sur la Libye à Berlin où le président Tebboune a insisté sur l’impératif d’un cessez-le-feu entre les deux parties belligérantes, d’imposer un embargo sur les armes et d’œuvrer à la reprise du dialogue sous l’égide des Nations unies.

    Elle a, quelques jours plus tard, organisé sur son sol la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye afin d’accompagner les Libyens dans la redynamisation du processus de règlement politique de la crise à travers un dialogue inclusif.

    L’offensive diplomatique algérienne ne s’est pas arrêtée en si bon chemin et travaille à démailler le jeu des puissances étrangères, principale pierre d’achoppement dans la cristallisation d’une solution pacifique.

    «L’Algérie continuera de jouer un rôle moteur dans la résolution le plus rapidement possible de la crise en Libye», a déclaré le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, à Brazzaville à l’occasion du 8e sommet du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye.

    L’Algérie a, en effet, toujours œuvré pour une implication plus grande de l’UA dans le traitement du dossier libyen. De son côté, le Premier ministre Abdelaziz Djerad à déclaré à l’ouverture des travaux du CHN de l’UA qu’«il n’est pas logique de marginaliser l’Afrique dans une question qui touche un Etat membre de l’UA et qui connaît une guerre fratricide».

    La stratégie algérienne, dont l’objectif est d’éloigner les affres de la guerre et préserver l’unité et la souveraineté de la Libye, est aussi limpide que sa position, dorénavant mieux appréciée par les différents acteurs.

    «Les gens nous écoutent maintenant, beaucoup mieux qu’avant», a ainsi constaté Boukadoum pour mieux souligner les espérances nouvelles pour une solution pacifique.

    Horizons, 31 jan 2020

    Tags : Algérie, Libye, Tripoli, Haftar, GNA, MAghreb,

  • Libye : le Maroc exclu du dossier après des années de lobbying

    Alors que Rabat cherchait à se positionner comme acteur incontournable dans le dossier libyen, il vient d’en être totalement exclu. Un échec pour la diplomatie marocaine, qui voit l’Algérie lui ravir sa position

    Malgré d’intenses efforts de lobbying, Rabat a été écarté des négociations dans la crise libyenne. Son exclusion de la conférence de Berlin, qui s’est tenue le 19 janvier, n’a pas manqué de provoquer l’indignation de la diplomatie marocaine.

    « Le Royaume du Maroc a toujours été à l’avant-garde des efforts internationaux pour la résolution de la crise libyenne », s’est étonné, dans un communiqué du 18 janvier, le ministère des Affaires étrangères, non sans exprimer son « profond étonnement quant à son exclusion ».

    Rabat ne comprend pas non plus, souligne le communiqué de Nasser Bourita, « ni les critères ni les motivations qui ont présidé au choix des pays participant à cette réunion », taclant au passage l’Allemagne : « Le pays hôte de cette conférence, qui est loin de la région et des complexités de la crise libyenne, ne saurait la transformer en instrument de promotion de ses intérêts nationaux. »

    La colère du Maroc est si vive qu’Emmanuel Macron a dû, le même jour, appeler Mohammed VI pour éteindre l’incendie. « Le rôle important du Royaume du Maroc et ses efforts reconnus, depuis de longues années, en vue de la résolution de la crise dans ce pays maghrébin ont été soulignés. Ces efforts ont, notamment, produit l’accord de Skhirat, entériné par le Conseil de sécurité [de l’ONU] et soutenu par la communauté internationale », a rappelé un communiqué du cabinet royal le 18 janvier au sujet de la discussion.

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    Tags : Maroc, Algérie, Libye, Sahel, Tripoli,

  • Maroc : Mohamed VI s’enfonce dans l’allégeance à l’entité sioniste

    Le Guide des croyants et Président du Comité d’El Qods, le souverain marocain Mohamed VI, s’enfonce dans l’allégeance au diktat de l’entité sioniste, contre la volonté du peuple marocain, opposé à toute normalisation avec le spoliateur des terres arabes.

    Plaire aux lobbys sionistes

    En soutenant le plan de colonisation de la Cisjordanie, appelé « plan de paix » ou « deal du siècle » le palais royal se range totalement du côté de l’ennemi sioniste, pour plaire au lobby sioniste dirigé au Maroc par l’indétrônable André Azoulay,au Crif bien introduit en France et à l’Aipec, le puissant lobby sioniste aux USA, pour le soutenir dans le dossier du Sahara Occidental occupé. Ecarté du dossier libyen, dans le sillage du retour en force de l’Algérie sur la scène diplomatique, Mohamed VI multiplie les bons signes d’allégeance à l’entité sioniste, en inaugurant un Mémorial de la Shoah à Essaouira au Maroc, quelques jours avant la commémoration du 75 ème anniversaire de ce qui est appelé « Holocauste » d’Auschwitz, dans la ville sainte d’El Qods occupé, dont il se réclame président de son comité. Pour être récompensé, il se voit livré trois drones de l’entité sioniste, de renseignements, financés par le royaume wahabite, selon certaines sources.

    Alger et Tunis rejettent le « deal du siècle »

    A l’opposé du Maroc officiel connu pour sa trahison des causes arabes depuis la guerre de six jours en 1967, l’Algérie et la Tunisie ont rejeté « le deal du siècle », réitérant leur soutien à la cause palestinienne et au droit du peuple palestinien d’édifier son Etat, dont la capitale ne sera qu’Al Qods Al Charif.

    Les présidents algérien et tunisien Abdelmadjid Tebboune et Kaies Esaid, devront renouveler leur soutien à la cause juste de la Palestine à l’occasion de leur rencontre prévue ce dimanche à Alger

    Algérie Toute Heure, 31 jan 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Libye, Sahel, Tripoli,

  • Gouvernance et pouvoirs politique et militaire: De grands défis sur la table

    par Ghania Oukazi

    La visite effectuée hier par le président de la République au siège du ministère de la Défense nationale augure d’un redéploiement stratégique des forces armées, de leurs responsables et de leurs missions, en particulier celles des services du renseignement.

    La montée aux Tagarins, au siège du MDN, hier, de Abdelmadjid Tebboune intervient au moment où la crise libyenne s’impose à l’Algérie pour la (re)placer comme pays pivot de la région dans son règlement «politique et pacifique». Ces qualificatifs diplomatiquement corrects ne l’empêchent pas d’avoir les yeux braqués sur les grandes difficultés auxquelles elle doit faire face pour préserver la paix, la sécurité et la stabilité de ses vastes territoires. Ses 1.000 km de frontières avec la Libye la mettent sur la première ligne du front le plus enflammé. L’armée nationale qui s’est depuis 2011, après les bombardements atlantistes sur la Libye suivis de l’assassinat du leader de la Jamahiriya, le colonel Maâmar Kadhafi qui selon des hauts responsables militaires algériens «savait bien protéger ses immensités désertiques mitoyennes aux nôtres», connaît parfaitement les enjeux géostratégiques qui lui sont imposés et les moyens humains et matériels qu’ils exigent. Son déploiement tout au long des frontières des quatre coins du pays lui permet de mesurer les pressions qui rythment la guerre que des pays occidentaux et arabes entretiennent en Libye en sachant pertinemment qu’elle crache obligatoirement des conséquences effrayantes sur les pays du voisinage.

    Les forces armées nationales ont été équipées ces dernières années par des matériels sophistiqués «de dernière génération», dit-on, de contrôle, de surveillance et de protection des frontières et de l’ensemble des territoires. Les lourds contrats d’armement conclus entre 1999 et les années 2000 avaient d’ailleurs provoqué de venimeux commentaires d’officines régionales et internationales qui ont toujours cherché à opposer l’Algérie à son voisin de l’Ouest.

    «L’armée a ce qu’il faut pour protéger le pays»

    Le recentrage des rôles et missions des pays voisins sur impulsion des pays qui ont participé à la conférence de Berlin pour la paix en Libye conforte l’Algérie dans ses approches militaires et sécuritaires et sa persistance à vouloir une solution politique à la crise libyenne et au Mali. Sa lutte contre le terrorisme dans les années 90 lui a permis d’acquérir une expérience «sécuritaire» rare à travers le monde. Des observateurs pensent cependant que les Occidentaux veulent occuper l’Algérie par le conflit libyen et pourquoi pas la pousser à conclure de nouveaux contrats d’armement. Les spécialistes du domaine militaire affirment que «l’armée a ce qu’il lui faut pour protéger le pays». L’Algérie sait aussi que les pays occidentaux qui interviennent militairement en Libye veulent aussi la narguer parce qu’elle a toujours refusé de le faire malgré leur insistance. Son refus de faire sortir son armée au-delà de ses frontières pour nettoyer la Libye ou le Mali lui est comptabilisé comme «faute».

    Le président de la République, chef suprême des armées, a certainement abordé hier ces questions que la conjoncture pose au pays et l’oblige à leur trouver des réponses qui ne lui font pas perdre de vue ses intérêts nationaux, régionaux et, au-delà, géopolitiques.

    Sa rencontre avec le chef d’état-major par intérim de l’ANP ainsi que les hauts responsables militaires répond certainement à des raisons évidentes d’une mise à jour de l’ensemble des corps d’armée conformément aux exigences de l’heure. Le statut d’intérimaire du général major Saïd Chengriha à la tête de l’état-major de l’ANP devrait en principe être changé soit par sa confirmation au poste ou son remplacement par un de ses collègues. Sa nomination par le président de la République comme tel laisse penser qu’il a refusé certaines missions en premier celle de siéger dans le gouvernement en tant que vice-ministre de la Défense et d’autre d’essence purement politique que son prédécesseur avait pris à bras-le-corps jusqu’à son dernier souffle.

    Un gouvernement technique et de grands dossiers

    La restructuration des services du renseignement s’impose d’elle-même au regard des nombreuses situations de confrontation et parfois d’affrontements qui jaillissent ici et là au plan national et aux frontières. L’on rappelle que Bouteflika alors président de la République les avaient ramenés à son niveau au palais d’El Mouradia et le général major Gaïd Salah les a repris près de lui au niveau des Tagarins. En tant que chef suprême des armées, Tebboune devra leur redonner la place qu’il leur faut dans le puzzle sécuritaire. Il faut noter que bien qu’intérimaire, le général major Chengriha a dès son installation fait part de sa volonté d’imposer un contrôle des finances de tous les corps d’armée. Il est vrai qu’il n’y a aucune raison d’éviter de le faire tant le budget de la Défense est colossal mais surtout pour un pays dont l’économie est en crise et les finances se raréfient.

    Le gouvernement de Abdelaziz Djerad pourrait d’ailleurs en souffrir en raison de la maigreur des budgets sectoriels, excepté la cognotte pour faire manger le peuple. Bardés de diplômes qu’il est tout autant qu’une grande partie des ministres, le 1er ministre et son gouvernement sont des techniciens qui doivent faire face à des situations qui exigent d’eux une parfaite maîtrise des lourds dossiers qui plombent le pays.

    Pourtant, traînant des ministères budgétivores, le gouvernement Djerad aura du mal à rééquilibrer les caisses du Trésor public tout en ménageant la paix sociale. «Il faut un gouvernement qui prend le taureau par les cornes», soutiennent des analystes. Il faut qu’il décide de politiques publiques audacieuses. Mais de technicien, Djerad ne peut devenir politique encore moins ses ministres, surtout ceux qui se sont retrouvés à départager la gestion d’un même portefeuille entre deux autres «acolytes». Une telle configuration du premier gouvernement de Tebboune laisse perplexe quand on sait que la machine financière est bloquée et que de nombreux secteurs économiques sont en panne. Pis, les blocages sournois restent les mêmes et les officines et les réseaux de l’Etat profond intacts. Les mêmes depuis que le pillage des ressources financières s’est imposé comme règle de gouvernance particulièrement après la chute de Chadli Bendjedid. Règle dictée par ceux qui ont placé leurs intérêts économiques au-dessus de l’Algérie notamment dans les années 90, où l’Etat militaire-DRS aux ramifications politiques, économiques, sociales familiales, régionalistes, clientélistes, tribales et de brigandage, disposait d’un droit de vie ou de mort sur tout le monde.

    Le temps de remettre le pays au travail

    C’est dans cette période que les terroristes se faisaient appeler «l’Etat de la nuit (daoulet el lil) et que les lourds crédits bancaires ont été attribués sans aucune garantie ni aucune promesse de remboursement. «D’ailleurs, à ce jour, ils ne l’ont pas été parce qu’ils ont profité à ceux qui semaient la terreur et la voyoucratie par la manipulation, le chantage et la menace», affirment d’anciens hauts responsables. L’informel s’est installé comme mode de gestion économique dont les bénéfices aussi lourds soient-ils échappent à ce jour à l’Etat. Des milliers de containers de marchandises de tout gabarit ont été ramenés de pays étrangers et déclarés aux ports à un minable franc. Des zones commerciales d’électroménagers de non-droit ont été créées dans certaines régions du territoire national où les services des impôts ou de contrôle étaient interdits d’entrer.

    Les fausses facturations de marchandises et matériels importés sont devenues les seuls documents que les importateurs détenaient sans craindre de se faire taper sur les doigts par l’autorité de l’Etat.

    La mise en place d’un système de contrôle des changes pervers a permis la création d’oligarchies tout aussi perverses dont les plus importantes ont résisté à toutes les lois grâce à leurs accointances avec l’Etat profond incarné par le DRS dans toute son ampleur.

    L’histoire du rond à béton et des métaux ferreux et non ferreux -pour ne citer que cela- avait défié la chronique à l’époque tout autant que «la maffia politico-financière» du lait, du sucre, des médicaments, des équipements médicaux, de la tomate concentrée, le tout soutenu par une ouverture impitoyable du marché algérien à toutes les importations possibles et imaginables.

    Le président Tebboune n’a pas encore vu le plan de travail du gouvernement Djerad. Pourtant, il doit vite remettre le pays au travail. Il sait que c’est possible avec 60 milliards de dollars qu’il a en caisse, l’existence de grandes infrastructures, écoles, universités, hôpitaux et autres logements et villes nouvelles et la bonne foi de nombreux cadres en fonction.

    Les exigences de la Nouvelle République

    Le président de la République se doit de lancer rapidement des réformes profondes mais qui ne s’étalent pas dans le temps et responsabiliser les cadres de l’Etat en décentralisant les pouvoirs d’initiative, de gestion et de décision. Il doit en effet savoir qu’une révision de la Constitution quelle qu’en soit sa teneur ne règlera pas les problèmes engendrés par l’absence de confiance entre les gouvernants et les gouvernés et le règne de l’impunité qui ont miné le pays jusque dans ses profondeurs sociales. L’appel aux bons gestionnaires de la chose publique doit supplanter les mauvais choix des hommes. Après un peu plus d’un mois à la tête de l’Etat, Tebboune semble d’ailleurs être à la recherche de la bonne formule de nomination d’hommes sur qui il peut compter. Ses décisions de faire remplacer de hauts cadres de l’Etat par des responsables à titre intérimaire le laisse en tout cas penser. Les échos en provenance du palais d’El Mouradia laissent apparaître des tâtonnements dans ce sens. Rompu qu’il est aux arcanes de l’Etat et du système en place, il a dû se rendre compte que son image a quelque peu était brouillée par de «fausses manipulations» de la communication et l’exclusion de ceux qui ont l’habitude de la parfaire et de l’affiner. Les erreurs de casting et de goût qui ont émaillé ses premières sorties médiatiques prêtent à confusion. Il sait pourtant que bien projetée, son image renvoie l’assurance et la fiabilité de sa personne auprès des populations. A moins que les techniques employées le sont pour le contraindre à s’occuper du détail et ne pas regarder vers les choses importantes dont le poids pèse lourdement sur sa détermination à faire de son mandat présidentiel une véritable étape de construction de la Nouvelle République qu’il défend.

    Le Quotidien d’Oran, 29 jan 2020

    Tags : Algérie, Libye, Tripoli,

  • L’Algérie et la France reprennent langue

    Il est clair qu’en plus de la relance des relations bilatérales qui figure en bonne place dans les intentions du ministre français, sa visite s’inscrit également dans le cadre des efforts internationaux visant à résoudre la crise libyenne.

    Au lendemain de la poignée de mains entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune à Berlin, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, était, hier, à Alger pour une visite qualifiée de brève par la diplomatie française. C’est, en fait, une prise de contact, histoire de renouer des liens distendus à la suite de la démission de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika, dans la foulée du mouvement populaire. Les dix mois qui ont séparé les premières manifestations de la rue et l’élection de Abdelmadjid Tebboune à la tête du pays, les relations entre Paris et Alger étaient à leur minimum. Il eut même une prise de bec par média interposé au lendemain du 12 décembre dernier. Mais il était inconcevable que les rapports entre les deux pays en restent à une série de « petites phrases ».

    Aussi, la poignée de mains de Berlin et la visite, hier, de Le Drian s’expliquent aisément par la nécessité de renouer des liens.
    De fait, le déplacement de Le Drian se conçoit comme impératif pour reprendre là où étaient les dossiers bilatéraux. Il faut savoir, à ce propos, que M. Le Drian est le premier ministre français à se rendre en Algérie depuis la visite de sa collègue de la Justice, Nicole Belloubet, fin janvier 2019.

    Les domaines de coopérations entre l’Algérie et la France sont très diversifiés. Plusieurs ministres français se sont déplacés à Alger et inversement. Les deux exécutifs se rencontraient tous les six mois à Alger et à Paris. C’est dire que les deux pays ne partent pas de zéro et la reprise de contact relève de la marche naturelle des Etats.

    Aussi, les deux ministres, Mrs. Le Drian et Boukadoum ont examiné «l’état des relations de coopération entre les deux pays et les voies et moyens de leur renforcement», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Ils ont également procédé à «un examen approfondi des questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment la situation en Libye et au Mali», précise le communiqué.

    Il est clair qu’en plus de la relance des relations bilatérales, qui figure en bonne place dans les intentions du ministre français, sa visite s’inscrit également dans le cadre des efforts internationaux visant à résoudre la crise libyenne. Elle survient deux jours après un sommet international à Berlin où les principaux pays concernés par le conflit en Libye ont promis de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans ses affaires intérieures, afin de tenter de ramener la paix dans ce pays déchiré par la guerre civile.

    Le président Tebboune, qui a été l’un des acteurs centraux à Berlin, a proposé d’accueillir désormais un dialogue entre toutes les parties libyennes. «Nous étions ensemble à Berlin avant-hier sur le conflit libyen. Nous avons coordonné nos efforts pour permettre la mise en place d’un cessez-le-feu durable, la reprise du dialogue politique et nous allons agir ensemble pour que les efforts que nous avons initiés à Berlin puissent se poursuivre», a déclaré M. Le Drian à l’issue de sa rencontre avec son homologue algérien.

    «Nous allons également faire le point sur la situation au Sahel et rappeler nos objectifs communs de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Face à ces défis majeurs, la France et l’Algérie ont une convergence de vue et notre concertation est primordiale», a-t-il ajouté. «L’Algérie est une puissance d’équilibre et de paix. Elle l’a rappelé récemment en lançant plusieurs initiatives diplomatiques. Elle est fermement attachée au respect de la souverainetés des Etats et au dialogue politique», a souligné le ministre français. Cette reconnaissance du poids et du rôle de l’Algérie dans la région suppose un recentrage de l’action française en Afrique du nord. Le leadership d’Alger n’étant plus discutable dans le dossier libyen, Paris se plierait-il aux choix politiques algériens pour l’Afrique du nord et le Sahel ? Tout porte à croire que la réponse est positive, en ce sens que la France, empêtrée dans le bourbier sahélien et actuellement rejetée partout dans les pays subsahariens a véritablement besoin de laisser la diplomatie algérienne agir et éviter les solutions guerrières.

    Quant aux relations bilatérales, c’est la première fois depuis 5 ans que les deux Présidents pourront véritablement faire avancer le dossier. Et à ce niveau, personne ne pourra spéculer sur la direction que prendront ces relations.

    Nadera Belkacemi

    Le Président de la République reçoit le ministre français des Affaires étrangères

    Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu mardi à Alger, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en visite de travail en Algérie. L’audience s’est déroulée au siège de la présidence de la République en présence du directeur de cabinet à la Présidence de la République, Noureddine Ayadi, du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, et du ministre conseiller à la communication, porte-parole officiel de la Présidence de la République, Belaïd Mohand Oussaïd et de la délégation accompagnant le chef de la diplomatie française.

    Ouest Tribune, 21 jan 2020

    Tags : Algérie, Libye, France, Haftar, GNA, Russie, Turquie, Tripoli,

  • Algérie : Pas à pas…

    » L’Algérie, puissance locale incontournable, est toute désignée pour jouer un rôle majeur et essentiel dans ce sens. Ce ne saurait être le cas, en revanche, de la Turquie et de l’Egypte, tous deux partie prenante dans ce conflit. Quant à l’Allemagne, son influence géostratégique dans cette partie de la planète est quasi nulle. Celle des USA l’est un peu plus, mais reste quand même très faible « .

    Par Mohamed Abdoun 

    Comme il fallait s’y attendre, et comme il fallait le craindre surtout, la conférence internationale de Berlin sur la Libye n’a pas débouché sur grand-chose. Si les hostilités se sont arrêtées, depuis l’intervention de la Russie, et suite à une possible mais discrète médiation algérienne, le conflit continue de couver, et menace de reprendre à tout moment. Khalifa Haftar, qui se trouve à l’origine du début de ces hostilités, a refusé de signer l’accord de cessez-le-feu, de même que celui qui lui avait été proposé à Berlin en marge de ces travaux.

    Un laborieux travail de reconstruction, de rapprochement, de médiation, reste donc à accomplir avant que les armes ne se taisent pour de bon, et que la Libye renoue avec la paix, la quiétude et le bien-être social qui en faisait la fierté jadis. En fait le quasi-échec de la conférence de Berlin est lié à plusieurs facteurs. Et, pour en saisir les contours, il faudrait peut-être remonter jusqu’au » printemps libyen « , durant lequel la France aux premières lignes, et l’OTAN à sa suite, avaient pris pour prétexte une résolution onusienne visant à protéger les populations civiles pour neutraliser l’armée régulière, et même aider à assassiner, et à faire taire définitivement Kadhafi.

    L’Occident, chemin faisant, n’avait pas hésité à s’allier avec les terroristes locaux du GICL, mené par Abdelhamid Belhadj, faisant sienne cette maxime qui dit que les ennemis de mes ennemis sont forcément mes amis. Mal lui en a pris, puisque la suite a donné lieu à un véritable chaos, qui a déteint sur toute la bande sahélo-saharienne, déclenché une ravageuse guerre civile au Mali, et étendu l’hydre terroriste jusqu’au coeur de la Tunisie.

    Pendant ce temps, les tribus locales se sont scindées en autant de » principautés « , menées par d’impitoyables chefs de guerre. L’Algérie, qui aurait pu jouer un rôle majeur pour empêcher cette irrémédiable descente aux enfers, n’avait pas été écoutée d’abord lorsqu’elle refusait que l’OTAN s’immisce dans les affaires souveraines de la Libye d’abord, et avait été occupée par des » préoccupations internes » au moment où la situation avait atteint son point de non-retour en Libye.

    A présent, et si la solution doit plus que jamais être interne et propre aux Libyens, seuls des acteurs proches de ces derniers, sensibles à leurs préoccupations, et désirant autant qu’eux la paix et la stabilité peuvent les aider à y parvenir. L’Algérie, puissance locale incontournable est toute désignée pour jouer un rôle majeur et essentiel dans ce sens. Ce ne saurait être le cas, en revanche, de la Turquie et de l’Egypte, tous deux partie prenante dans ce conflit.

    Quant à l’Allemagne, son influence géostratégique dans cette partie de la planète est quasi-nulle. Celle des USA l’est un peu plus, mais reste quand même très faible. En fait, et pour faire court, cette profusion d’acteurs, puisque même la Russie, et la France qui continue de tirer les ficelles au vu et au su de tous, y sont également impliqués, c’est cette profusion d’acteurs qui ne permet, et ne permettra jamais, de trouver la moindre solution viable. Les intérêts des uns et des autres sont par trop divergents. Le plus grave c’est qu’ils ne vont jamais dans le sens des Libyens, ni dans celui des habitants du Maghreb arabe, dont nous autres Algériens. Il faudra donc beaucoup de temps, de doigté et de patience pour réparer tout ce que l’OTAN et la France ont cassé dans cette région.

    M.A.

    La Tribune des Lecteurs, 21 jan 2020

    Tags : Algérie, Libye, Russie, France, Turquie, Tripoli, Haftar,