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  • Sept priorités pour l’Union africaine en 2018

    En 2018, l’Union africaine (UA) et son nouveau président d’assemblée, le président rwandais Paul Kagame, ont la possibilité de poursuivre les réformes institutionnelles indispensables. Mais l’UA ne doit pas perdre de vue les conflits et désamorcer les violences électorales potentielles.

    Quel est le problème? Les dirigeants de l’Union africaine se réunissent à la fin du mois de janvier pour leur sommet semestriel. Les réformes institutionnelles et financières essentielles constitueront probablement l’une des priorités de l’agenda 2018 de l’UA, mais l’organisation doit veiller à ce que sa mise en œuvre ne détourne pas l’attention de la prévention et du règlement des conflits.

    Pourquoi est-ce important? Le paysage des conflits en Afrique a changé: de nouvelles menaces, émanant en particulier des réseaux transnationaux djihadistes et criminels, aggravent les formes de conflit plus traditionnelles. Le climat géopolitique est devenu encore plus difficile à naviguer. Et les élections, qui sont souvent le déclencheur de la crise politique et de la violence, auront lieu dans 18 pays africains en 2018.

    Qu’est-ce qui devrait être fait? L’Union africaine doit accorder une attention particulière aux conflits les plus graves en Afrique et à ceux où elle peut avoir un impact réel: le Sud-Soudan, la République centrafricaine et la Somalie. En priorité, il devrait faire progresser les préparatifs en vue des élections en République démocratique du Congo et déployer des équipes d’observation au début du Cameroun, du Mali et du Zimbabwe.

    Vue d’ensemble

    2018 pourrait être une année de bouleversement dramatique pour l’Union africaine (UA), qui poursuit un vaste programme de réformes institutionnelles et financières. Fin janvier, le président rwandais, Paul Kagame – l’auteur et le superviseur principal du processus – a repris la présidence de la Conférence de l’Union africaine, la plus haute instance décisionnelle de l’organisation, ce qui signifie que la réforme sera au premier rang des priorités de l’UA. Les changements sont critiques pour la santé à long terme de l’organisation, mais leur mise en œuvre ne sera ni rapide ni facile. Kagame, travaillant en étroite collaboration avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, devrait veiller à ce que leur mise en œuvre ne sape pas trop l’énergie des autres travaux vitaux de l’Union africaine, en particulier la prévention et la résolution des conflits au niveau continental.

    Faki lui-même, depuis son entrée en fonction en mars 2017, a mis résolument l’accent sur la paix et la sécurité, contrastant fortement avec son prédécesseur, Nkosazana Dlamini Zuma, qui avait tenté de réorienter l’organisation vers un développement à long terme. Au cours de sa première semaine au pouvoir, Faki s’est rendu en Somalie, où une force de l’UA se bat contre l’insurrection résiliente d’Al-Shabaab. Lors de sa seconde visite, il s’est rendu au Sud-Soudan, théâtre du conflit le plus meurtrier du continent. Ces visites, ainsi que les visites ultérieures dans les États de la République démocratique du Congo (RDC) et du G5 du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) indiquent clairement à quel point M. Faki pense que les plus grands défis en matière de paix et de sécurité de l’UA se trouvent.

    En outre, il s’est employé à renforcer les relations avec les deux plus importants partenaires stratégiques de l’UA – l’ONU et l’Union européenne (UE). En avril, il a signé le Cadre commun pour le renforcement de la coopération sur la paix et la sécurité entre l’ONU et l’UA, longtemps attendu, qui devrait améliorer la collaboration entre les deux organisations. Faki a contribué à rétablir les relations avec l’UE, qui avait atteint un point bas en 2016 en raison de différends concernant le paiement de troupes à la mission de l’UA en Somalie (AMISOM). Les discussions en vue du sommet UA-UE de novembre suggèrent qu’un accord de coopération similaire à celui conclu entre l’UA et l’ONU sera probablement adopté en 2018. Le groupe de travail conjoint UA-UE-Nations Unies sur la migration, né du dégoût de l’esclave migrant enchères en Libye, est un développement positif qui tire parti des forces de chaque institution. Lorsque l’UA réévaluera ses partenariats avec d’autres organisations multilatérales et des États non africains en 2018, elle devrait s’appuyer sur ces succès et ne pas négliger les relations avec l’UE et l’ONU.

    Le climat géopolitique, déjà difficile lorsque Faki est entré en fonction en mars, est devenu encore plus difficile. Les tensions entre les puissances du Golfe, notamment entre l’Arabie saoudite et ses alliés, et le Qatar, se sont propagées dans la Corne de l’Afrique, aggravant l’instabilité en Somalie et exacerbant les tensions sur le Nil entre l’Égypte et l’Éthiopie qui avaient adopté des positions différentes sur le conflit. Les divisions entre les principales puissances au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies rendent encore plus difficile la recherche d’un consensus sur les crises, y compris celles survenant en Afrique. Bien que le président américain Donald Trump ait largement ignoré l’Afrique, les opérations de plus en plus importantes de son gouvernement dans la lutte contre le terrorisme risquent de compliquer davantage les crises en Somalie et au Sahel en l’absence d’un soutien plus global des États-Unis aux efforts de paix.
    Face à de nombreuses préoccupations concurrentes en matière de paix et de sécurité, l’Union africaine devrait se concentrer sur les crises les plus graves en Afrique et sur celles dans lesquelles l’organe continental ou ses représentants ont un rôle utile à jouer. Gardant cela à l’esprit, cette note présente les priorités de l’UA pour 2018. Celles-ci comprennent les importants efforts de réforme; limiter les perturbations dans le travail de l’institution causées par les frictions entre le Maroc et la République démocratique arabe sahraouie (RASD); aider à résoudre ou à éviter les crises liées aux élections en RDC, au Cameroun, au Mali et au Zimbabwe; et gestion des conflits en République centrafricaine, en Somalie et au Soudan du Sud.

    Direction stratégique

    I. Construire un consensus sur la réforme institutionnelle et financière

    L’UA s’est engagée dans un processus de réforme potentiellement radical, qui, s’il était pleinement mis en œuvre, pourrait s’avérer aussi important que la transformation en 2002 de l’Organisation de l’unité africaine en Union africaine. Les réformes en cours, menées par Kagame à la demande de l’Assemblée, visent à ramener l’attention de l’UA à quatre domaines seulement: la paix et la sécurité; affaires politiques; l’établissement d’une zone de libre échange continentale; et voix et représentation dans les affaires mondiales. L’autosuffisance financière accrue fait partie intégrante de ce processus, qui devrait rendre l’organisation plus légère et plus efficace. En 2012, alors que l’UA était la plus dépendante du monde, les États membres ne financaient que 3% de son budget de programmation. En 2017, ce pourcentage était passé à 14%, ce qui est encore loin de l’engagement pris par les États membres en juillet 2015 de financer 75% des programmes de l’UA d’ici 2020, plus 25% de ses activités en faveur de la paix et de la sécurité et de toutes ses dépenses d’opérations. . Des ressources supplémentaires doivent être mobilisées au moyen d’un prélèvement de 0,2% sur «tous les produits éligibles» importés sur le continent, dans le cadre d’un plan élaboré par Donald Kaberuka, haut représentant de l’Union africaine pour le Fonds pour la paix.

    2018 est une année charnière pour ces réformes. Fin janvier, Kagame succède à Alpha Condé, président de la Guinée, en tant que président de l’Assemblée. On s’attend à ce qu’il profite de son année à la barre pour mener à bien l’agenda qu’il a élaboré, approuvé par ses collègues dirigeants lors du sommet de l’UA de janvier 2017. Les États membres, la Commission et les communautés économiques régionales (CER) se sont déclarés déçus du processus mis en place à ce jour, invoquant un manque de consultation. Les réformes pourraient être déraillées sans une approche plus inclusive et collaborative.

    En particulier, Kagame doit dissiper les craintes de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui a dressé une liste exhaustive de ses préoccupations, notamment le caractère pratique de la taxe à l’importation de 0,2%, le rôle réduit du Comité des représentants permanents composé d’ ambassadeurs des États membres auprès de l’UA et la création d’une troïka des présidents de l’Assemblée actuels, sortants et futurs, chargée de représenter l’Union africaine aux sommets avec les partenaires. Il doit également gagner les cinq plus gros contributeurs au budget de l’UA – l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud – qui ont tous de sérieux doutes sur les réformes financières, entre autres propositions. Pour ce faire, Kagame devra constituer et mobiliser une coalition d’États favorables, issus de chaque sous-région, afin de vaincre les sceptiques. Lui et Faki devraient envisager des visites communes aux secrétariats de chaque CER reconnue par l’UA ou assister à leurs sommets respectifs pour expliquer les avantages de la réforme. Les États membres auront besoin de temps pour engager des consultations nationales, notamment en ce qui concerne le prélèvement de 0,2% sur les importations, qui nécessitera la ratification du parlement ou d’autres autorités locales de nombreux pays.

    Dans le cadre du processus de réforme, l’UA devrait entreprendre un examen global de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Le paysage des conflits continentaux a considérablement évolué depuis la conception et le développement de l’APSA au début des années 2000. De nouveaux défis sont apparus, notamment l’influence croissante d’acteurs non étatiques, en particulier de mouvements djihadistes et de réseaux criminels qui opèrent au-delà des frontières et exploitent et aggravent souvent des formes de conflit plus traditionnelles. L’UA a approuvé les forces ad hoc que les groupes d’États ont mobilisées pour réagir – l’Équipe spéciale multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad et la Force conjointe du G5 pour le Sahel – n’exerce que peu, voire pas du tout, de contrôle sur leur mandat ou leurs opérations. Un examen de l’APSA permettrait de déterminer si ces forces devraient être intégrées aux structures continentales et, le cas échéant, comment.

    II. Limiter les perturbations causées par les tensions entre le Maroc et la RASD

    Le Maroc a rejoint l’UA en janvier 2017, après 33 ans d’exil auto-imposé, pour protester contre l’admission de la République démocratique sahraouie (RASD). L’Algérie et plusieurs autres États s’opposaient fermement au retour de Rabat au motif que son «occupation» de la RASD contrevenait aux principes de l’UA. Beaucoup pensent que le Maroc tentera d’isoler et éventuellement d’expulser la RASD de l’UA et craignent que sa présence ne soit gênante: avant de le rejoindre, le Maroc a organisé des débrayages lors de plusieurs réunions internationales auxquelles ont assisté des représentants de la RASD. Dans son premier discours à l’Assemblée de l’UA, le roi Mohammed VI a tenté de rassurer ses collègues. « Nous n’avons absolument aucune intention de créer des divisions, comme certains voudraient l’insinuer », a-t-il déclaré, ajoutant: « L’action [du Royaume] contribuera au contraire à favoriser l’unité et le progrès ».

    Beaucoup pensent que le Maroc tentera d’isoler et éventuellement d’expulser la RASD de l’UA et craignent que sa présence ne perturbe la situation.

    Malgré ses assurances, les tensions entre le Maroc et la RASD ont déjà perturbé le travail de l’UA, retardant ou entravant les réunions internes et celles avec des partenaires extérieurs. En août 2017, lors d’une réunion ministérielle de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique à Maputo, au Mozambique, le ministre marocain des Affaires étrangères a été empêché de participer après avoir protesté contre l’inclusion de la RASD, conflit qui a dégénéré en altercation physique. Au cours des préparatifs du sommet UA-UE de novembre, beaucoup de temps et de volonté politique ont été consacrés à convaincre le Maroc de siéger, mais le roi a finalement participé pleinement, en grande partie à cause de l’importance du partenariat avec l’UE Afrique dans son ensemble.

    Les États membres et le personnel de la Commission de l’UA sont de plus en plus frustrés des deux côtés; ils devront faire preuve de diplomatie adroite pour atténuer les frictions. Faki devrait travailler avec les alliés des États membres pour persuader le Maroc, la RASD et leurs partisans respectifs de permettre à l’UA de travailler sans entrave. Des relations plus chaleureuses entre Pretoria et Rabat peuvent aider; Les deux pays ont convenu d’échanger des ambassadeurs après la rencontre entre le roi Mohammed VI et le président Jacob Zuma en marge du sommet UA-UE.

    Transitions contestées

    III. Aider à faire avancer les préparatifs pour les élections en RDC

    En 2017, le président Joseph Kabila a prolongé son mandat au moins jusqu’à la fin de 2018, malgré l’accord conclu avec Saint Sylvester en décembre 2016, qui prévoyait la tenue d’élections en décembre 2017. L’opposition et la société civile continuent de lutter pour se forger un mouvement populaire crédible face à la répression continue. Kabila conserve l’avantage, contrôlant le gouvernement, les forces de sécurité et la commission électorale. Pour le moment, il n’existe aucune garantie ni aucun engagement visible en faveur d’une organisation efficace des élections. La répression meurtrière exercée sur les manifestants le 31 décembre montre que la répression politique se poursuit sans relâche, ce qui renforce la crainte que les préparatifs électoraux ne soient qu’un écran de fumée.

    Cependant, l’économie congolaise est en crise et les pouvoirs du gouvernement sont faibles dans de grandes régions du pays. Un certain nombre de provinces subissent des insurrections locales ou des conflits intercommunautaires, entraînant l’une des pires crises humanitaires dans le monde. Le danger d’escalade de la violence reste élevé: l’expérience vécue au Kasaï, où la politisation de l’installation d’un chef local a provoqué un conflit dans plusieurs provinces, montre à quel point les troubles peuvent se propager rapidement. L’assassinat récent de quinze soldats de la paix de l’ONU à Beni est également un rappel brutal de la dangereuse dynamique dans l’est de la RDC.

    L’engagement international a été terne et incohérent, alors même que le gouvernement de Kabila avait volontairement enfreint les dispositions de Saint Sylvestre. Les États-Unis et l’UE ont été plus critiques et ont imposé des sanctions ciblées aux principaux responsables. L’UA, comme beaucoup d’autres États membres, dénonce les sanctions. Certains dirigeants africains expriment leur frustration à l’égard de Kabila en privé, mais leur soutien public tacite a donné du répit à son gouvernement.

    La commission électorale a reporté les élections présidentielle, législative et provinciale au 23 décembre 2018. Cela offre une occasion pour une diplomatie occidentale et africaine concertée et coordonnée, fondée sur le strict respect du nouvel échéancier, un vote crédible, une ouverture de l’espace politique et une garantie. que la constitution ne sera pas modifiée pour permettre à Kabila un autre mandat. L’opposition devrait s’engager activement dans le processus électoral.

    L’UA, qui a renforcé sa diplomatie en RDC au cours des derniers mois, pourrait utiliser le nouveau calendrier électoral comme base d’un engagement soutenu pour réduire les divisions entre l’Afrique et l’Ouest. Avec les acteurs régionaux (notamment la SADC, l’Afrique du Sud et l’Angola) et la communauté internationale au sens large, l’UA devrait surveiller les progrès de la commission électorale pour éviter de nouveaux retards et faire respecter les principes clés de l’accord de Saint Sylvester.

    Un groupe restreint mais représentatif de représentants des nations et organisations occidentales et africaines, y compris l’Union africaine, pourrait aider à forger un consensus international et limiter les possibilités de Kabila de faire du shopping libre. Ce groupe devrait établir et surveiller des points de repère pour le processus électoral et relier les initiatives aux niveaux local, régional et international. Enfin, l’UA devrait utiliser sa propre influence et sa légitimité, en particulier celle du Conseil de paix et de sécurité, pour inciter l’administration de Kabila à opter pour une transition et l’opposition à s’engager dans le processus électoral.

    Déployer des équipes d’observation bien avant d’autres élections critiques

    En plus de la RDC, dix-sept autres pays africains doivent organiser des élections présidentielle, législatives ou locales en 2018. Parmi eux, au moins treize sont aux prises avec un conflit ou en sortent ou ont des antécédents de conflits électoraux récurrents. Des sondages erronés ou violents, ou une série de votes qui provoquent des crises politiques, pourraient avoir des implications plus larges pour la démocratie et la stabilité sur le continent, dont certaines parties montrent déjà des signes de recul.

    Le Département des affaires politiques, sous-doté en personnel chronique et sous-financé, ne peut pas surveiller efficacement tous ces conflits. il devrait concentrer les efforts sur ceux qui nécessitent le plus d’attention. Outre les équipes à court terme qui surveillent les scrutins et les dépouillements, l’UA devrait déployer des observateurs à long terme, idéalement au moins six mois à l’avance, pour suivre les conditions plus générales des élections et l’environnement de la campagne; des conditions injustes sont souvent créées bien avant le scrutin. L’UA pourrait également envisager de combiner ses opérations d’observation avec celles des communautés économiques régionales.

    Trois sondages, hormis ceux de la RDC, méritent une attention particulière en 2018:

    Le Cameroun est confronté à une crise anglophone croissante dans le sud-ouest. Le gouvernement, déjà aux prises avec Boko Haram dans l’Extrême-Nord et les milices centrafricaines à l’est, semble mal équipé pour le désamorcer. Les troubles dans les zones anglophones montrent des signes d’insurrection naissante et pourraient déclencher une crise politique plus vaste qui risque de perturber les élections prévues pour octobre. L’UA et les autres acteurs internationaux devraient pousser le gouvernement et les militants anglophones à dialoguer et à promouvoir les conditions d’un vote crédible.

    Des élections présidentielles, à l’Assemblée nationale et régionales sont prévues au Mali, mais la mise en œuvre de l’accord de paix négocié par l’Algérie en juin 2015 reste lente. Les groupes armés se sont multipliés, se heurtant plus fréquemment aux forces maliennes et internationales. Le gouvernement reste largement absent du nord et les groupes djihadistes consolident le contrôle dans de nombreuses zones rurales. Les troubles se sont également propagés au centre du Mali, une région longtemps négligée par l’État. Dans ces conditions, administrer un vote crédible en 2018 sera difficile. Mais les élections devraient se tenir: le mécontentement populaire vis-à-vis du gouvernement actuel est élevé et toute tentative de les reporter, en particulier les élections présidentielles, pourrait alimenter les manifestations, en particulier dans la capitale Bamako. L’UA devrait assister les autorités maliennes dans leurs préparatifs électoraux, notamment en encourageant l’ONU et l’UE à appuyer un audit du registre des électeurs.

    Au Zimbabwe, l’euphorie qui a suivi l’éviction du président Robert Mugabe s’est apaisée, son remplaçant, Emmerson Mnangagwa, a consolidé le pouvoir du Front patriotique de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU-PF) et de l’armée, en nommant un cabinet composé de partisans et de hauts responsables de l’armée au lieu de construire une coalition plus large. Lors de son entrée en fonction, le président Mnangagwa a promis que les élections, qui doivent avoir lieu avant septembre 2018, seront libres et équitables, sans toutefois indiquer les réformes nécessaires pour garantir un vote crédible. L’Union africaine, travaillant de concert avec la SADC, devrait inciter le gouvernement à assainir les électeurs, à mettre en place un contrôle indépendant de la Commission électorale zimbabwéenne et à créer un environnement politique exempt de violence, d’intimidation et de propagande. Le Conseil consultatif électoral de la SADC devrait entreprendre une évaluation des conditions électorales et l’UA devrait déployer immédiatement des observateurs à long terme. Les deux institutions devraient également faire pression sur le gouvernement du Zimbabwe pour permettre aux groupes régionaux et internationaux d’observer les élections. La ZANU-PF et Mnangagwa ont intérêt à laisser les observateurs surveiller le processus: sans contrôle, un nouveau gouvernement aurait du mal à prouver qu’il dispose de la légitimité nécessaire pour que les donateurs et les institutions financières internationales soutiennent la reprise économique au Zimbabwe.

    Crises Majeures

    V. Mettre en œuvre la nouvelle feuille de route de l’UA en République centrafricaine

    La crise en République centrafricaine (RCA) s’est aggravée en 2017, la violence ayant fait de nombreuses victimes civiles et provoquant des déplacements massifs. En dehors de la capitale, Bangui, la majeure partie du pays est aux mains de groupes armés qui se disputent les ressources dans des configurations changeantes d’alliances. Dans le nord-ouest, la violence tourne principalement autour de groupes armés rivaux et de conflits perpétuels sur le mouvement du bétail, tandis que dans le centre et l’est, des groupes mènent une guerre de guérilla autour de zones d’influence et de ressources. La stabilisation est improbable à court terme et une victoire militaire sur les groupes armés encore moins. Les perspectives de reprise d’une guerre civile plus vaste ne peuvent être écartées.

    Jusqu’à présent, le gouvernement et ses partenaires internationaux ont été incapables de mettre fin aux troubles ou de trouver des solutions durables à la violence généralisée. Une médiation efficace entre les groupes armés et l’État nécessitera non seulement un dialogue, mais également des pressions, notamment en comprimant les flux de revenus et en renforçant la dissuasion militaire, notamment en débarrassant les villes des armes et en arrêtant les organisateurs d’attaques majeures. Les autorités nationales doivent également rétablir la confiance dans les périphéries, par exemple en répondant aux préoccupations de certaines communautés en matière de citoyenneté.

    Divers acteurs ou organisations internationaux et régionaux ont lancé des efforts de médiation parallèles en 2016 et au premier semestre de 2017. Toutefois, des agendas divergents, des rivalités institutionnelles et des approches divergentes ont envoyé des messages incohérents, notamment en ce qui concerne les amnisties pour les chefs rebelles, l’intégration des combattants dans l’armée et le retour. en RCA des anciens présidents. Bien que l’UA ait pris les devants et élaboré une nouvelle feuille de route pour la paix et la réconciliation en juillet 2017, destinée à promouvoir le dialogue et à conclure un accord sur le désarmement des combattants, peu de progrès ont été accomplis depuis. Pour que cette initiative aboutisse, la Commission de l’Union africaine, le Conseil de paix et de sécurité et représentant spécial, Bédializoun Moussa Nébié, ainsi que les voisins de la RCA, doivent intensifier leur engagement, notamment en poussant les dirigeants des groupes armés et le gouvernement à négocier. L’UA devrait également engager les ressources humaines et financières requises, en veillant à ce que son bureau de liaison dispose de tout le personnel et de toutes les ressources nécessaires.

    L’Union africaine devrait également régler les points de désaccord – notamment au sujet des amnisties et de la nomination de dirigeants rebelles à des postes gouvernementaux lucratifs – parmi les partenaires internationaux de la RCA, qui ont dans l’ensemble salué la récente initiative de l’Union africaine. Tout accord éventuel entre le gouvernement et les groupes armés nécessitera des garants provenant d’États africains et occidentaux, d’organisations continentales et régionales et de l’ONU. Un cadre à travers lequel les donateurs et les autres peuvent apporter un soutien politique et financier est également essentiel. Identifier les options à l’avance serait utile. L’appropriation du processus par les Centrafricains est essentielle à son succès, de sorte que l’UA devra également obtenir une plus grande participation du gouvernement.

    VI. Éviter un retrait précipité de la Somalie

    L’année 2017 a été agitée pour la Somalie. L’euphorie et l’optimisme ont suivi l’élection de Mohammed Abdullahi «Farmajo» à la présidence en février, mais le pays n’a pas subi l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire. Deux camions piégés à Mogadiscio ont fait au moins 500 morts en octobre. Les attentats à la bombe illustrent les défis auxquels fait face l’administration de Farmajo: les forces de sécurité nationales sont chroniquement faibles, tandis que l’insurrection al-Shabaab montre une puissance et une résilience constantes, reprenant récemment le territoire situé à l’extérieur de Mogadiscio. Farmajo doit également faire face à des conflits de longue date avec les clans et aux frictions grandissantes du gouvernement avec les États fédéraux, exacerbées par la crise du Golfe. Son administration n’a pas non plus beaucoup progressé dans la lutte contre les déficits chroniques de gouvernance qui sous-tendent l’instabilité de la Somalie.

    La Commission de l’UA pourrait envisager de convoquer un sommet au début de 2018 […] dans le but d’améliorer la coordination, notamment en ce qui concerne la formation et l’assistance des forces de sécurité.

    Peu de gens pensent que Al-Shabaab sera vaincu de sitôt, malgré le rythme grandissant de l’offensive militaire de l’AMISOM dans le sud de la Somalie, appuyée par les frappes aériennes américaines. La mission de l’Union africaine, elle-même sous-financée, souffre du moral des troupes et doit se retirer d’ici fin 2020. Cette date pose un dilemme aigu pour l’UA et les autres partenaires étrangers de la Somalie. Le retrait, qui a commencé en décembre 2017 avec le départ de 1 000 soldats de tous les pays fournisseurs de contingents, constitue un impératif politique. Pourtant, un retrait précipité ouvrirait presque certainement la porte aux gains d’Al-Shabaab, y compris sa possible reconquête de Mogadiscio, étant donné la faiblesse chronique et la corruption de l’Armée nationale somalienne. La Commission de l’Union africaine pourrait envisager de convoquer un sommet début 2018 réunissant des fournisseurs de contingents, des donateurs, des organismes régionaux et les Nations Unies dans le but d’améliorer la coordination, notamment en ce qui concerne la formation et l’assistance des forces de sécurité. Il est essentiel de ne pas précipiter le retrait et de se coordonner avec le gouvernement somalien et ses alliés impliqués dans la réforme du secteur de la sécurité.

    Le retrait imminent intervient à un moment de tension accrue entre Mogadiscio et les régions fédérales somaliennes. Au cours de la crise du Golfe en 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont fortement incité Farmajo à prendre parti pour rompre les relations diplomatiques avec le Qatar. Ses tentatives pour rester neutre – les Saoudiens, les Emiratis, les Qataris et son principal allié international, la Turquie, apportent une aide cruciale à la Somalie – ont conduit les EAU à renforcer leur soutien et à lancer un appel directement aux gouvernements fédéraux, en contrepoids à Mogadiscio. aggraver les frictions entre ces gouvernements et Farmajo et alimenter les factions politiques.

    VII. Aider à remodeler la stratégie de stabilisation du Soudan du Sud

    La fin des hostilités de Noël au Soudan du Sud a échoué, rappelant à quel point les conflits dans le pays sont insolubles. Bien que les combats aient diminué depuis son apogée au début de 2014, la violence reste omniprésente. Les forces gouvernementales ont l’avantage sur l’armée, mais bien que moins de régions fassent l’objet de combats actifs, une grande partie du pays existe toujours entre la guerre et la paix: la pauvreté, la violence et les déplacements sont des défis constants.

    En 2017, le gouvernement de transition, dirigé par la présidente Salva Kiir, s’est lancé dans une stratégie de stabilisation incohérente axée sur: le remaniement de l’accord de paix de 2015 à médiation régionale en sa faveur; lancer des négociations discrètes avec les groupes rebelles, associées à des pressions militaires pour les amener à accepter la paix aux conditions de Juba; et organiser un dialogue national. Grâce à cette stratégie, Kiir a réussi à passer d’un forum sous surveillance internationale à une approche nationale, dirigée par le gouvernement, exempte de toute surveillance externe importune. Les pays voisins ont fourni un soutien discret, mettant fin en grande partie à l’aide fournie aux groupes rebelles, mais les gouvernements occidentaux restent opposés à ce qu’ils considèrent comme les efforts de Juba pour instaurer la paix du vainqueur.

    Les avantages limités de cette stratégie, qui comprend des accords de paix avec plus de 10 000 rebelles armés, sont maintenant menacés. Sous la pression de la troïka (Norvège, Royaume-Uni et États-Unis), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, l’organe sous-régional qui a négocié l’accord de 2015) a lancé un forum de revitalisation pour ressusciter l’accord de paix par un nouveau cessez-le-feu et des délais convenus, retardant spécifiquement les élections prévues pour 2018. Le gouvernement a réagi à la pression internationale en élevant des voix moins compromettantes et plus belliqueuses dans ses rangs. Préserver les quelques avancées réalisées et prévenir une nouvelle détérioration devrait toujours être possible, même si cela nécessitera un engagement politique sérieux.

    Indépendamment d’autres facteurs, le gouvernement de transition contrôle la majeure partie du pays et doit être encouragé à promouvoir la paix et à améliorer les conditions de vie. Cependant, les gouvernements occidentaux ont été réticents à engager Kiir et l’IGAD s’est concentrée sur la prévention des conflits régionaux. Cela offre à l’UA une occasion de soutenir, d’élaborer et de transmettre des messages difficiles au gouvernement de transition – en public et en privé – sur la révision de sa stratégie de stabilisation et l’établissement d’un calendrier réaliste pour les élections. Alpha Oumar Konaré, haut représentant de l’UA, est perçu comme neutre, entretient de bonnes relations avec Kiir et est capable de livrer des vérités dures qui pourraient le pousser à adopter des positions plus modérées. Mais l’engagement de Konaré a été incohérent. Une participation soutenue, y compris des visites plus fréquentes à Juba, augmenterait sa capacité d’influencer les événements au Soudan du Sud.

    L’UA réactive son comité ad hoc de haut niveau sur le Soudan du Sud, connu officieusement sous le nom de UA5, qui comprend l’Algérie, le Tchad, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud. L’UA5 devrait coopérer étroitement avec les voisins du Sud-Soudan dans le cadre de discussions de chef à chef, en veillant à un équilibre entre atténuer les tensions régionales et soutenir la paix au Sud-Soudan. L’UA5, conjointement avec Konaré, devrait également envisager de faire participer Kiir à la stratégie de son gouvernement. Cela les obligerait à mettre en contact des discussions de haut niveau à l’étranger avec des discussions locales sur le terrain. Pour y parvenir efficacement, Konaré et l’UA5 auront besoin d’un personnel à plein temps capable de voyager fréquemment dans tout le Soudan du Sud.

    Source : Crisis Groupe, 17 jan 2018

    Tags : Afrique, Union Africaine, UA, conflits, Sahara Occidental, Maroc, Congo, RCA, ONU,

  • Le Nigeria rejoindra officiellement la ZLECA

    Selon le communiqué de la présidence, Le Nigeria signera l’accord de libre-échange lors du prochain sommet de l’Union africaine à Niamey (Niger)

    Le Nigeria, plus grande économie du Continent et première puissance démographique avec ses 200 millions, a été l’un des pays les plus récalcitrants à la signature de la ZLECA. « Notre position est très simple, nous soutenons le libre-échange dans la mesure où il est juste et mené sur une base équitable », a déclaré le président de la république du Nigeria. L’accord de libre-échange continental africain vise à éliminer les tarifs douaniers entre les États membres.

    Le président Muhammadu Buhari avait exprimé son inquiétude quant à la possibilité pour les pays voisins d’inonder le Nigeria de produits à bas prix et de nuire aux efforts visant à redynamiser l’industrie et à développer le secteur agricole.

    L’accord sur la ZLECA signé par la quasi-totalité des pays africains à l’exception du Bénin, de l’Erythrée et du Nigeria est entré en vigueur le 30 mai 2019.

    De ces trois pays, c’est surtout l’absence du Nigeria qui a le plus fait polémique à cause de son poids économique et démographique. la population du Nigeria devrait passer de 206 millions d’habitants en 2020 à 264 millions en 2030.

    Le pays, selon les dernières prévisions économiques de la Banque africaine de développement (BAD), représente près de 20% du PIB continental et environ 75% de l’économie ouest-africaine

    Vision de l’agenda 2063

    Conformément à la vision de l’Agenda 2063, l’Afrique que nous voulons » de l’UA, la ZLECA devrait couvrir un marché de 1,2 milliard de personnes, représentant un produit intérieur brut (PIB) de 2 500 milliards de dollars.

    Selon la Commission économique pour l’Afrique (CEA), la mise en œuvre de la ZLECA pourrait accroître le commerce intra-africain de 52,3% en éliminant les droits de douane à l’importation et le doubler si les obstacles non tarifaires sont réduits.

    Afrik Economy, 3 jui 2019

    Tags : Nigeria, ZLECA, libre-échange, afrique, union africaine, UA,

  • UA : La troika sobre el Sáhara Occidental se reúne en Niamey

    Cumbre extraordinaria de la UA en Niamey: reunión de la troika sobre el Sáhara Occidental

    Niamey, 5 jul, APS. – Según declaraciones hechas ayer por el Comisionado para la Paz y la Seguridad de la UniónAcricana (UA), Smail Chergui, se prevé una reunión sobre el Sáhara Occidental en Niamey para intentar impulsar el proceso de negociaciones directas entre Marruecos y el Frente Polisario con el fin de lograr la organización de un referéndum de autodeterminación del pueblo saharaui.

    Esta reunión se llevará a cabo al margen de los trabajos de la 12ª cumbre extraordinaria de la UA, programada para el 7 de julio en la capital nigeriana, reunirá a la troika integrada por Rwanda que había ocupado previamente la presidencia rotativa de la UA, Egipto como actual presidente de la UA y Sudáfrica, que lo presidirá en breve.

    En este sentido, el Sr. Chergui dijo, en un comunicado a la prensa al margen de la 35ª Sesión Ordinaria del Consejo Ejecutivo de la UA, que la reunión de la troika interviene luego de una decisión de la Cumbre de Nouakchott. Con miras a contribuir y apoyar al Enviado Especial de la ONU en el Sáhara Occidental para tratar de impulsar el proceso de negociaciones directas entre Marruecos y el Frente Polisario para promover la solución esperada, basada en la organización del referéndum de autodeterminación del Sáhara Occidental.

    El mecanismo africano para permitir que la UA brinde « apoyo efectivo » al proceso dirigido por la ONU basado en las resoluciones pertinentes del Consejo de Seguridad para lograr la autodeterminación del pueblo del Sáhara Occidental fue adoptado por la Conferencia de Jefes de Estado y de Gobierno celebrada en julio de 2018 en Nouakchott.

    Este mecanismo se adoptó después del informe preparado por el presidente de la Comisión de la UA, Moussa Faki, en el que se recordó que el Sáhara Occidental y Marruecos deben reanudar las negociaciones bajo los auspicios del Secretario General de la ONU.

    Se trata de negociaciones « sin condiciones previas y de buena fe con miras a alcanzar una solución política justa, duradera y mutuamente aceptable que permita la autodeterminación del pueblo del Sáhara Occidental en el contexto de acuerdos de acuerdos conformes con los objetivos y principios enunciados en la Carta de las Naciones Unidas « .

    Última colonia en África, el Sáhara Occidental fue ocupada por Marruecos en 1975 después de la partida de las tropas españolas, y hasta hoy sigue inscrito en la ONU en la lista de los territorios a descolonizar sobre la base de las normas del derecho internacional en la materia.

    Cabe recordar que Marruecos se opone a cualquier intervención de la UA en la resolución de la cuestión del Sáhara Occidental.

    Tags : Sahara Occidental, Frente Polisario, Marruecos, Unión Africana, Troika, UA, autodeterminación, referéndum,

  • Sahara Occidental: Histoire d’un conflit qui perdure

    Depuis que les États membres de l’Union africaine ont voté le retour du Maroc au sein de l’organisation aucune décision responsable n’a été prise par les pays africains d’où des interrogations sur l’avenir du Sahara occidental deviennent légitimes.

    Le Maroc, qui contrôle aujourd’hui la majeure partie du Sahara occidental, considère ce vaste désert de 266.000 kilomètres carrés, soit environ l’équivalent du Royaume-Uni, comme une région appartenant à son royaume, tandis que le Front Polisario revendique l’indépendance du territoire et demande un référendum sur l’autodétermination des peuples.

    Le conflit remonte à la décolonisation espagnole, peu avant la mort du général Franco. Le 6 novembre 1975, le roi marocain Hassan organise une marche pacifique appelée la «Marche verte». Environ 350.000 personnes partent du Maroc et entrent sur le territoire qu’elles considèrent comme les «Provinces du sud». La marche comporte une forte valeur symbolique. Le 14 novembre, les accords de Madrid officialisent le partage: le Maroc obtient les deux tiers, la Mauritanie, le tiers restant. L’Algérie, et Front Polisario ne sont pas consultés.

    Entre fin 1975 et 1976, plusieurs dizaines de milliers de Sahraouis fuient la guerre et se réfugient à Tindouf, en Algérie, dans des camps administrés par des cadres du Polisario. La rupture du dialogue s’est cristallisée lorsqu’en février 1976 le Front Polisario crée la République Arabe sahraouie démocratique (RASD) qui sera reconnue par l’Union Africaine, mais pas par l’ONU. Alors qu’en 1979, la Mauritanie décide de se retirer des affrontements, le Maroc annexe son territoire, le conflit entre les deux partis s’enlise.

    Dans les années 1980, le Maroc construit un gigantesque mur de sable séparant le territoire du nord au Sud qui façonne le découpage actuel du désert. Le Maroc contrôle 80% du territoire contre 20% pour les Sahraouis. La construction du mur de défense se termine en 1987. L’ONU lance, en 1991, la Minurso (mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) afin de fournir les bases de négociations pour instaurer la paix dans la région. Un cessez-le-feu est acté mais le référendum initialement prévu en 1992 n’aura finalement jamais lieu. Selon les sources algériennes, près de 150.000 personnes sont encore réfugiées dans les camps sahraouis de Tindouf qui devaient initialement être provisoires.

    Gelé sur le terrain, le conflit n’a jamais été clairement tranché sur le plan du droit international. Depuis 1963, le Sahara occidental est inscrit sur la liste des territoires non-autonomes de l’ONU. Au départ des troupes espagnoles en 1975, le Maroc et la Mauritanie revendiquent leur autorité «légitime». Selon un avis rendu par la Cour internationale de La Haye en 1974, il y avait pas effectivement un lien entre le Maroc et le Sahara occidental avant sa colonisation par l’Espagne en 1884. Ce n’était pas une terre sans administration, et des documents attestent pas de l’existence de liens entre le sultan marocain et certaines tribus sahraouies. La juridiction montre également qu’il n’éxistait pas des droits de nature foncière de la Mauritanie sur le territoire du Sahara occidental. Cependant, elle ajoute que l’existence de ces liens n’établit en aucun cas une relation de souveraineté territoriale ni du Maroc ni la Mauritanie.

    Depuis, le Maroc et le Front Polisario campent sur leur position et aucune solution ne semble être d’actualité. Le retour du Maroc dans l’Union africaine pourrait-il laisser entrevoir une réconciliation possible? Rien n’est moins sûr.

    Participation de la RASD à la réunion des ministres de l’agriculture de l’UA et de l’UE en Italie

    Le ministre sahraoui du Développement économique, Brahim Ahmeim, a participé vendredi à la tête d’une importante délégation à la réunion du partenariat UE-UA au niveau des ministres de l’Agriculture.

    Cette réunion est organisée conformément à l’ordre du jour approuvé par les chefs d’Etats et de gouvernements des deux organisations lors du sommet de partenariat tenu dans la capitale ivoirienne en 2017, a-t-on indiqué.

    La participation de la délégation sahraouie a mis en échec les tentatives de la partie marocaine de l’empêcher de prendre part à cette rencontre.

    Avec l’aide d’un pays européen et de membres de la commission de l’agriculture de la Commission européenne, le Maroc a déployé d’importants moyens au cours de la semaine passée et jusqu’à hier soir pour bloquer la participation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à la réunion du partenariat tenue à Rome en marge de la Conférence des Nations unies sur la nutrition et l’agriculture, précise-t-on.

    Les tentatives et manœuvres marocaines n’ont pas abouti dans son ensemble en raison de la vigilance de l’Union africaine et de la cohésion de ses membres qui rejettent les dictats coloniaux remontant au passé.

    La délégation sahraouie a participé samedi à des ateliers au cours desquels elle a abordé un certain nombre de sujets liés à la nutrition, à l’agriculture et à la question de la croissance et du développement.

    La délégation sahraouie, qui a rencontré plusieurs ministres et chefs de délégation, a saisi cette occasion pour échanger des informations et des expériences avec ses partenaires.

    La conférence ministérielle sur le partenariat entre l’UA et l’UE devrait entériner une déclaration contenant des plans et des objectifs dans le cadre d’un travail conjoint entre les deux continents dans le domaine de l’agriculture.

    Source : L’Echo d’Algérie, 24 juin 2019

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Union Africaine, UA,

  • UA: le Conseil de paix et de sécurité suspend la participation du Soudan à ses activités

    ADDIS-ABEBA – Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) a annoncé jeudi sa décision de suspendre la participation du Soudan à toutes les activités de l’UA jusqu’à la création effective d’une autorité de transition dirigée par des civils.

    Il a décidé de « suspendre, avec effet immédiat, la participation de la République du Soudan à toutes les activités de l’UA jusqu’à la création effective d’une Autorité de transition dirigée par des civils, seule solution pour permettre au Soudan de sortir de la crise actuelle », peut-on lire dans le communiqué de l’UA.

    « Si le Conseil militaire de transition échoue à transmettre le pouvoir à une Autorité de transition dirigée par des civils, le Conseil imposera automatiquement, sans autre délai, des mesures punitives aux personnes et entités entravant la création de l’Autorité de transition dirigée par des civils », ajoute le communiqué.

    Le gouvernement soudanais a déclaré jeudi que 46 personnes avaient été tuées lors de la dispersion d’un sit-in devant le quartier général de l’armée, dans la capitale de Khartoum. L’opposition, quant à elle, a estimé que plus de 100 personnes auraient trouvé la mort.

    Depuis le 6 avril, des milliers de manifestants organisent un sit-in devant le quartier général de l’armée.

    Tags : Soudan, Union africaine, conseil de paix, UA,

  • Horst quería mandar una misión independiente para investigar sobre los derechos humanos e implicar a la UA en la solución (DW)

    Fuente : Deutsche Wele

    Horst Köhler renuncia como enviado especial de la ONU para el Sáhara Occidental

    Horst Köhler, el ex presidente alemán, ha logrado desde 2017 llevar a Marruecos y a los saharauis a la mesa de negociaciones.

    Horst Köhler se retira de su misión como enviado especial de las Naciones Unidas para el Sáhara Occidental. El ex presidente alemán de 76 años habla de « razones de salud ». Una renuncia comentada inmediatamente después por el secretario general de la ONU, Antonio Guterres, quien saluda los « esfuerzos intensos e incansables » de Horst Köhler para renovar el diálogo entre Marruecos y los saharauis.

    El reino jerifiano solo está dispuesto a otorgar una « autonomía » a los saharauis. Sin embargo, el Ministerio de Asuntos Exteriores y Cooperación Internacional (MAECI) observa « con pesar » la ida de Horst Köhler. Nuestros intentos de contactar a la Embajada de Marruecos en Berlín no tuvieron éxito.

    El Sáhara Occidental, designado por los marroquíes como « Provincias del Sur », reclama su independencia y solicita la celebración de un referéndum según lo acordado bajo los auspicios de la ONU en la década de 1990. Una solicitud apoyada por Alemania en nombre del derecho del pueblo saharaui a la autodeterminación.

    El Frente Polisario en Alemania no ha respondido a nuestras petición de entrevista, pero, en su comunicado, está « profundamente entristecido » por la dimisión de Horst Köhler.

    Avances…

    Regina Dietzold, de la asociación pro-saharaui Freiheit für die Westsahara en Bremen fue sorprendida y decepcionada por la ida de Horst Köhler, quien, gracias a su experiencia en diplomacia y su conocimiento de África, había logrado, desde su designación en agosto de 2017, relanzar las discusiones entre las dos partes:

    « El Sr. Köhler es alguien que conoce bien África, tiene mucha experiencia en diplomacia y hace falta un enviado especial. No creemos que el proceso vaya seguir entre las partes concernidas a solas. Con Alemania en el Consejo de Seguridad en Nueva York, así como con el personaje del Sr. Köhler, como alemanes, pensabamos que iríamos un poco más lejos. También hubo líderes del Frente Polisario que, por primera vez, fueron recibidos por coloboradores del Ministerio de Relaciones Exteriores de Alemania. Después, hubo una conferencia muy importante en Pretoria, Sudáfrica, con todos los estados de la SADC, con sus primeros ministros, sobre el Sahara Occidental … eventos bastante importantes, hay que seguir en ese camino ».

    Por lo tanto, Horst Köhler ha sentado « la base de un proceso de negociación », « después de más de una década de inmovilismo », como fue subrayado esta mañana por el Ministro de Relaciones Exteriores alemán, Heiko Maas, en su comunicado para agradecer la mediación del ex-presidente federal.

    … pero aún no hay acuerdo

    Sin embargo, los esfuerzos y reuniones de Horst Köhler en Suiza el pasado diciembre y marzo realmente no permitieron acercar a las dos partes. El Frente Polisario incluso ha criticado la terquedad de Marruecos después de las últimas discusiones en las que también participaron los paises vecinos, Argelia y Mauritania. Un nuevo encuentro estaba previsto para principios de junio.

    Algunos creen que el ex presidente también podría haber estado decepcionado por el bloqueo del expediente saharaui, después de la prórroga, a finales de abril, de la misión onusina de la MINURSO para seis meses más y el hecho de haber impedido a una misión independiente de observadores de los derechos humanos que acceda al territorio.

    Otro fracaso de Horst Köhler: implicar a la Unión Africana en la resolución del conflicto, idea a la que Marruecos sigue oponiéndose.

    Tags : Sahara Occidental, Frente Polisario, Marruecos, ONU, MINURSO, Horst Köhler, derechos humanos, Unión Africana, UA,

  • Le Sahara Occidental – abrégé juridique : 15 enoncés de base sur le conflit

    Autores: Carlos Ruiz Miguel, Moisés Ponce de León Iglesias, Yolanda Blanco

    Souto

    Editores: Andavira

    Año de publicación: 2019

    País: España

    Idioma: francés

    ISBN: 9788494987748

    Resumen

    Cet « abrégé juridique » sur le Sahara occidental essaie de combler une lacune dans la bibliographie existante sur ce pays.

    Au cours de ces dernières années, les études sur le Sahara occidental ont été de plus en plus nombreuses, spécialement celles éditées hors d’Espagne, aussi bien en espagnol que dans d’autres langues, principalement l’anglais.

    Cependant, dans toute cette production, il manquait un titre dont le contenu fût susceptible de satisfaire à deux objectifs à la fois: d’un côté, servir d’introduction juridique à tous ceux qui cherchent à s’informer sur le conflit du Sahara occidental; de l’autre, enquêter sur les normes concernant ce sujet afin de repérer les plus importantes, les sélectionner et les ordonner pour faciliter la tâche des chercheurs essayant d’approfondir la question.

    Ce llivre veut remplir ce vide bibliographique. L’ »abrégé » que nous présentons ici est le résultat d’une recherche, d’une sélection et d’un ordonnancement des normes les plus importantes élaborées dans le cadre des Nations unies, de l’Union européenne/Communauté européenne et de l’Union africaine/Organisation de l’unité africaine.

    Afin de fournir une présentation fidèle de la réalité, les textes sont des resproductions des documents originaux publiés par ces institutions, ce qui rend impossible la manipulation de leur contenu.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Espagne, Union Européenne, UE, Union Africaine, UA, 

  • Le Maroc doit arrêter de courir avec le lièvre et chasser avec les chiens

    RASD: Un frère qui pleure dans le désert!

    Le colonialisme, comme l’impérialisme, est une pratique de domination et de soumission d’un peuple par un autre. Le désir de posséder et de contrôler les territoires d’autres peuples est au cœur du colonialisme, un phénomène qui n’est ni nouveau ni accidentel.

    La colonisation européenne des sociétés africaines n’est pas le fruit du hasard, car elle repose sur une volonté bien calculée d’acquérir des matières premières et une main-d’œuvre bon marché pour des industries en expansion. Avec les opportunités offertes par l’industrialisation et l’esclavage en déclin, le capital a dû trouver un moyen d’expansion et la route naturelle est devenue l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie s’avérant non rentables (Williams 1944).

    Parce qu’il s’agit d’une forme de conquête, le colonialisme s’appuie fortement sur la puissance du pouvoir impérial et suit un schéma qui rend difficile la décolonisation complète des colonisés sans exercer une dose correspondante de violence en représailles, car il affecte le psychisme par l’érosion culturelle et un système éducatif volontairement structuré (Fanon 1967).

    La terre d’un peuple est sa fierté et son espoir, car elle rapporte son identité et façonne ses aspirations. Comme l’écrit Nilene Omodele Adeoti Foxworth dans « Bury Me in Africa » (1978), « un peuple sans terre est comme du bétail sur une terre nue, sans rien pour brouter, il se morfond sans espoir ».

    Celui qui contrôle la terre contrôle tout ce qui est digne de la vie ; les richesses minérales, les rivières et tout ce qui bouge dans leur ventre, les oiseaux et tout. La terre ne perd pas de valeur, en tant que telle avec le temps, elle peut être mise en gage pour n’importe quoi.

    Beaucoup considéreraient un terrain rocailleux et sablonneux aujourd’hui comme stérile, pour qu’il devienne demain une mine de diamants ou d’or, et qu’il soit toujours gardé jalousement. Les luttes de libération à travers le continent africain ont été stimulées par la promesse d’une reprise de possession et de la propriété de la terre, un héritage ancestral.

    Les Africains ne peuvent pas vraiment se considérer libres si la liberté ne se traduit pas par la propriété de la terre, la propriété totale de la patrie. Il y avait eu des bains de sang hideux à cause du désir ardent de contrôler la terre, à cause de son importance dans la matrice de survie de l’homme. La terre est un héritage dont la valeur est équitable pour la vie et ne peut donc pas être mesurée en termes monétaires.

    Les Africains sont inséparables de leur terre.

    Il est donc tristement décourageant qu’un pays africain reste colonisé au XXIe siècle, non pas par les accapareurs de terres européens habituels, mais par un autre frère africain. Que le peuple du Sahara Occidental, aussi connu sous le nom de République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), reste colonisé, ou a été colonisé par le Maroc, voisin africain en premier lieu, qui est censé jouer un rôle de  » gardien du frère « , cela dégage l’odeur de l’avarice, l’insensibilité et l’égoïsme absolu.

    Et que le monde occidental, les soi-disant champions de la démocratie ferment les yeux sur ce qu’on appelle « l’altérité », donne une mauvaise réputation au terme mondialisation, est un exemple de deux poids, deux mesures et un poignard dans le dos de la justice internationale. Le fait que l’Afrique regarde un frère se faire mutiler, tué et laisser pour mort est aussi déchirant qu’enraciné dans l’appareil colonial que le continent a enduré et qu’il subit encore avec le traumatisme qui en découle.

    Ironiquement, le Maroc est membre de l’Union africaine, anciennement Organisation de l’Union africaine (OUA), dont les protagonistes et les fondateurs étaient idéologiquement clairs sur ce qu’ils voulaient réaliser : la libération totale des peuples africains. Avec le peuple sahraoui attaché à la machine coloniale d’un frère, on peut se demander où sont les pères du continent et si la fraternité a pris un nouveau nom.

    A qui appartient la main du Maroc ? Quelles cartes gagnantes tombent sur la table de poker africaine ? Et à qui appartient la roulette de l’Union africaine et à quelle fin ?

    Si le Maroc est sincère sur le fait d’être africain, et sur ce qu’il ressent comme africain, comme le stipule l’Acte constitutif de l’Union africaine dont il est signataire, alors la noble chose à faire est de se comporter dans l’esprit africain. Il est plutôt hypocrite de la part du Maroc de faire partie d’une organisation qui prône la libération totale des griffes du colonialisme, tout en parodiant le train du cirque de l’Empire.

    C’est dans cet esprit de lutte fraternelle que la SADC réaffirme son engagement en faveur de la décolonisation du Sahara Occidental sous les chaînes coloniales marocaines depuis 1975, comme il est de coutume. L’organe régional s’est réuni à Pretoria, en Afrique du Sud, récemment, en solidarité avec le peuple sahraoui dans son désespoir face à ses terres pillées et ses rêves ardents.

    S’exprimant lors de la Conférence de solidarité de la SADC avec la République démocratique arabe sahraouie, le président Mnangagwa a souligné que, sans une RASD libre, les rêves de l’Afrique restent enfermés dans un coffre-fort ailleurs, donc la libération du frère traumatisé devrait être la priorité absolue.

    Cet appel a été lancé par d’autres dirigeants de la SADC, qui ont estimé que la politique de diviser pour régner à l’instigation de l’Empire devait être évitée avec le mépris qu’elle mérite.

    « La quête d’une paix durable et d’une prospérité collective dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Afrique ne sera pas pleinement réalisée tant que le peuple sahraoui travaillera et souffrira dans un cycle d’oppression et de privations, perpétrées par un autre membre de la famille africaine. La libération du peuple sahraoui doit être au premier plan de nos priorités continentales « , a déclaré le président Mnangagwa.

    « Nous rejetons totalement l’idée que l’Union africaine (UA) n’a pas de locus standi dans le différend sur le Sahara occidental. Les parties belligérantes sont des Africains qui se battent pour des territoires en Afrique « , a-t-il réitéré.

    Oui, comment l’UA peut-elle prétendre qu’elle est incapable de maîtriser l’un des siens à contre-courant de la nature? Le principe de « l’animalisme » qui dit que tous les animaux sont égaux devrait s’appliquer à tous les membres, quelle que soit leur influence.

    Le Maroc ne devrait pas courir avec le lièvre et chasser avec les chiens, et les Nations Unies ne devraient pas traiter le Maroc avec clémence lorsqu’il s’agit de l’application du droit international et des droits souverains des peuples colonisés. Pourquoi le Maroc, connu sous le nom de colonisateur ou d’occupant illégal pour l’euphémisme, devrait-il être autorisé à faire partie à la fois de l’ONU et de l’UA ? C’est vraiment époustouflant.

    L’UA devrait être informée du fait que le colonialisme demeure la cause de la névrose sociale universelle dans les sociétés post-coloniales en raison de la façon dont il affecte la pensée et le comportement individuels. C’est une sorte d’emprisonnement psychologique permanent.

    Selon Lacan (1973) dans « Le Séminaire de Jacques Lacan : Livre 111 », la névrose est plus profonde qu’une condition spécifique, mais prend la forme d’une illusion « lisible » qui est structurée comme un langage. En raison de son impact sur le psychisme, le colonialisme est une sorte de maladie (névrose) qui n’est pas guérissable, en ce sens que pour les opprimés, c’est un état qui est vécu et revécu ; génération après génération, devenant ainsi un système social complexe.

    Certes, les Africains sont conscients de la nature subtile du colonialisme et de son impact sur la psyché ; précurseurs des luttes de libération, alors pourquoi joueraient-ils aveuglément le sort du peuple sahraoui, et restent sourds à ses cris. Si la solidarité peut durer une saison et renforcer la conviction, elle ne suffit pas si elle se limite aux salles de conférence. Le sort des Sahraouis va au-delà de la solidarité des conférences et, en fait, au-delà des groupements régionaux.

    Si la SADC est divisée, et si la SADC n’est pas l’Afrique, et certainement pas l’UA, quelles sont les chances que la voix bâillonnée du peuple opprimé et colonisé du Sahara occidental trouve de l’écho à l’ONU ? Si la justice porte tant de nuances, comme des nuances de gris trompeuses, quelle justice l’UA et l’ONU avancent-elles lorsqu’elles s’entretiennent en l’absence du Maroc ou des Sahraouis, ou même en leur présence ?

    Aux prises avec ses propres malheurs internes, le Maroc ne doit pas s’accabler ou être tenu responsable des malheurs des Sahraouis. Les ressources du Sahara Occidental appartiennent à son peuple, et non au Maroc, à la France, à l’Espagne ou à tout autre pillard. Toute forme de négociation pour la décolonisation doit respecter la volonté du peuple sahraoui. En tant que voisin et compatriote, le Maroc a besoin de Sahraouis autant que les Sahraouis ont besoin du Maroc, ils doivent donc se retrouver dans un esprit de fraternité, pour le bien commun de leurs peuples.

    La paix, la paix et plus de paix, voilà ce que leur région instable réclame si la prospérité doit voir le jour et rester illuminée. C’est pourquoi le Maroc et le Front POLISARIO, mouvement en faveur de l’indépendance du Sahara occidental, doivent s’engager de toute urgence et sincèrement.

    Le traumatisme colonial façonne les sociétés, des générations après la colonisation, parce que les expériences individuelles du colonisateur (maître) et du colonisé (indigène) façonnent leur manière de penser, d’où, en fin de compte, un comportement névrotique contradictoire, comme l’exprime Spivak dans son « hallucination rétrospective » (Spivak 1967:275). Ayant enduré 43 ans d’impunité, de violence, d’abus et de pillage de leurs ressources naturelles, le peuple sahraoui réclame de l’aide, surtout de la part de frères qui comprennent ce que signifie être enchaînés, ayant vécu la même chose.

    Les Africains doivent affronter violemment le colonialisme et rejeter toute tactique visant à les entraver, car c’est la seule façon de se décoloniser et de décoloniser leurs sociétés (Fanon 1967). Ils devraient parler d’une seule voix et écouter les gémissements déprimés de l’un des leurs.

    Mais le leur pourrait-il être un cri sourd dans le désert ?

    Comme l’a souligné le Président Mnangagwa : « L’Union africaine et tous les États membres ont un intérêt direct dans cette affaire. A cet égard, nous appelons tous les Etats membres de l’UA à apporter leur plein appui à l’ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano, dans l’exécution de son mandat en tant que Haut Représentant de l’UA au Sahara occidental ».

    C’est l’esprit, c’est la voie à suivre, car l’Afrique est notre terre, notre patrie ! Aucun membre de l’UA ne devrait rester une colonie.

    The Herald, 30 mars 2019

    Tags : Sahara Occidental, Sahara Occidental, SADC, Union Africaine, UA, décolonisation,

  • Marruecos tiene que dejar de correr con la liebre y cazar con los perros

    RASD: ¡Un hermano llorando en el desierto!

    Elliot Ziwira 

    El colonialismo, como el imperialismo, es una práctica de dominación y subyugación de un pueblo por otro. El deseo de poseer y controlar los territorios de otros pueblos es fundamental para el colonialismo, un fenómeno que no es nuevo ni accidental.

    La colonización europea de las sociedades africanas no se produjo por casualidad, ya que se basaba en un deseo bien calculado de adquirir materias primas y mano de obra barata para las industrias en expansión. Con las oportunidades que se aprovechan a través de la industrialización, y la esclavitud en declive, el capital tuvo que encontrar una salida para expandirse; y la ruta natural se convirtió en África, ya que el Medio Oriente y Asia demostraron no ser rentables (Williams 1944).

    Debido a que es una forma de conquista, el colonialismo depende en gran medida del poderío del poder imperial, y sigue un patrón que dificulta la descolonización completa de los colonizados sin ejercer la correspondiente dosis de violencia en represalia, ya que impacta en la psique a través de la erosión cultural y un sistema educativo deliberadamente estructurado (Fanon 1967).

    La tierra de un pueblo es su orgullo y su esperanza, porque define su identidad y da forma a sus aspiraciones. Como escribe Nilene Omodele Adeoti Foxworth en « Bury Me in Africa » (1978), « un pueblo sin tierra es como el ganado sin pasto, sin nada que pastar, se deprime sin esperanza ».

    El que controla la tierra controla todo lo que es digno de la vida; la riqueza mineral, los ríos y todo lo que se retuerce en sus estómagos, los pájaros y todo lo demás. La tierra no disminuye en valor, como tal con el paso del tiempo, puede ser empeñada por cualquier cosa.

    Muchos considerarían un pedazo de tierra rocosa y arenosa hoy como estéril, sólo que puede que se convierta en una mina de diamantes o de oro mañana, por lo que siempre debería ser guardada celosamente. Las luchas de liberación en todo el continente africano se vieron impulsadas por la promesa de recuperación y propiedad de la tierra, un patrimonio ancestral.

    Los africanos no pueden considerarse realmente libres si la libertad no se traduce en la propiedad de la tierra; la propiedad total de la Patria. Hubo horribles baños de sangre debido al deseo ardiente de controlar la tierra, debido a su importancia en la matriz de supervivencia del hombre. La tierra es una herencia cuyo valor es equitativo para la vida y por lo tanto no puede medirse en términos monetarios.

    Los africanos son inseparables de su tierra.

    Por lo tanto, es triste y desalentador que un país africano siga siendo colonizado en el siglo XXI, no por los acaparadores de tierras europeos habituales, sino por un hermano africano. Que el pueblo del Sáhara Occidental, también conocido como República Árabe Saharaui Democrática (RASD), permanezca colonizado, o haya sido colonizado por Marruecos, un vecino africano en primer lugar, que supuestamente juega el papel de « guardián de hermano », huele a avaricia, insensibilidad y puro egoísmo.

    Y que el mundo occidental, los llamados campeones de la democracia, hagan la vista gorda, hablar de « alterismo »; da mala fama al término globalización, personifica el doble rasero y asesta una puñalada en la espalda de la justicia internacional. El hecho de que África mire cómo un hermano es agredido, mutilado y dejado por muerto, es tan desgarrador como intrínsecamente arraigado en el aparato colonial que el continente soportó, y que aún perdura con el trauma que le acompaña.

    Irónicamente, Marruecos es miembro de la Unión Africana, antes Organización de la Unión Africana (OUA), cuyos protagonistas y fundadores fueron ideológicamente claros sobre lo que buscaban lograr: la liberación total de los pueblos africanos. Con el pueblo saharaui unido a la maquinaria colonial de un hermano, uno se pregunta dónde están los padres del continente, y si la hermandad ha cambiado de nombre.

    Bueno, ¿de quién es la mano de Marruecos? ¿De quién son las cartas ganadoras que caen en la mesa de póquer de África? ¿Y de quién es la ruleta de la Unión Africana y con qué fin gira?

    Si Marruecos es sincero en cuanto a ser africano, y lo que siente al ser africano, tal como se consagra en el Acta Constitutiva de la Unión Africana de la que es signatario, entonces lo noble que hay que hacer es comportarse en el espíritu de la africanidad. Es bastante hipócrita por parte de Marruecos formar parte de una organización que aboga por la libertad total de las garras del colonialismo, pero que parodia el tren de circo del Imperio.

    Es en este espíritu de lucha en la esquina de cada uno como hermanos, como es habitual, que la SADC reafirma su compromiso con la descolonización del Sáhara Occidental bajo los grilletes coloniales marroquíes desde 1975. El organismo regional se reunió recientemente en Pretoria, Sudáfrica, en solidaridad con el pueblo saharaui en su lucha por sus tierras saqueadas y sus sueños ardientes.

    En su intervención en la Conferencia de Solidaridad de la SADC con la República Árabe Saharaui Democrática, el presidente Mnangagwa señaló que, sin una RASD libre, los sueños de África permanecen encerrados en una bóveda en otro lugar, por lo que la liberación del hermano traumatizado debería ser una prioridad absoluta.

    Este toque de clarín fue compartido por otros líderes de la SADC, que consideraron que la política de divide y vencerás a instigación del Imperio debería ser rechazada con el desprecio que merece.

    « La búsqueda de una paz sostenible y de prosperidad colectiva en la aplicación de la Agenda 2063 de África no se realizará plenamente mientras el pueblo saharaui se esfuerza y sufre en un ciclo de opresión y privación, perpetrado por otro miembro de la familia africana. La liberación del pueblo saharaui debe estar en el centro de nuestras prioridades continentales », dijo el presidente Mnangagwa.

    « Rechazamos completamente, en su conjunto, la idea de que la Unión Africana (UA) no tiene locus standi en la disputa sobre el Sáhara Occidental. Las partes beligerantes son africanos que luchan por territorios en África », reiteró.

    Sí, ¿cómo puede la UA pretender ser incapaz de reprimir a uno de los suyos yendo a contracorriente? El principio de « animalismo » que dice que todos los animales son iguales debería aplicarse a todos los miembros, independientemente de su influencia.

    Marruecos no debe correr con la liebre y cazar con los perros, y las Naciones Unidas no deben tratar a Marruecos con indulgencia cuando se trata de la aplicación del derecho internacional y los derechos soberanos de los pueblos colonizados. ¿Por qué debería permitirse que Marruecos, conocido como colonizador u ocupante ilegal para eufemizarlo, forme parte tanto de la ONU como de la UA? Realmente deja perpleja a la mente.

    La UA debe ser consciente de que el colonialismo sigue siendo la causa de la neurosis social universal en las sociedades postcoloniales por la forma en que afecta al pensamiento y al comportamiento individual. Es una especie de prisión psicológica permanente.

    Según Lacan (1973) en « El Seminario de Jacques Lacan: Libro 111 », la neurosis es más profunda que una condición específica, pero asume la forma de un delirio « legible » que se estructura como un lenguaje. Por su impacto en la psique, el colonialismo es un tipo de enfermedad (neurosis) que no tiene cura, en el sentido de que para los oprimidos es una condición que se vive y se revive, generación tras generación, convirtiéndose así en un intrincado sistema social.

    Es cierto que los africanos son conscientes de la sutileza del colonialismo y de su impacto en la psique; precursores de las luchas de liberación, así que ¿por qué se harían los ciegos ante la difícil situación del pueblo saharaui y sordos a sus gritos? Mientras que la solidaridad puede durar una temporada y reforzar la convicción, no es suficiente si se limita a las salas de conferencias. La difícil situación de los saharauis va más allá de la solidaridad de la conferencia y, de hecho, más allá de las agrupaciones regionales.

    Si la SADC está dividida, y la SADC no es África, y ciertamente no la UA, ¿cuáles son las posibilidades de que la amordazada voz del pueblo oprimido y colonizado del Sáhara Occidental encuentre articulación en la ONU? Si la justicia tiene tantos matices, como grises engañosos, cuya justicia avanzan la UA y la ONU cuando hablan en ausencia de Marruecos o de los saharauis, o incluso en su presencia?

    Lidiando con sus propios problemas internos, Marruecos no debería agobiarse ni hacerse responsable de los problemas de los saharauis. Los recursos del Sáhara Occidental pertenecen a su pueblo, y no a Marruecos, Francia, España o cualquier otro saqueador. Cualquier forma de negociación para la descolonización debe respetar la voluntad del pueblo saharaui. Como vecino y hermano, Marruecos necesita a los saharauis tanto como los saharauis necesitan a Marruecos, por lo que deben encontrarse en un espíritu de hermandad, para el bien común de sus pueblos.

    Paz, paz y más paz es lo que su volátil región clama para que la prosperidad vea la luz del día y permanezca iluminada. Por lo tanto, Marruecos y el Frente POLISARIO, un movimiento que presiona por la independencia del Sáhara Occidental, deben comprometerse de forma urgente y sincera.

    El trauma colonial da forma a las sociedades, generaciones después de la colonización, porque las experiencias individuales del colonizador (maestro) y del colonizado (nativo), dan forma a la forma en que piensan, por lo tanto, al final se produce un comportamiento neurótico contradictorio, tal como se describe en la « alucinación retrospectiva » de Spivak (Spivak 1967:275). Tras 43 años de impunidad, violencia, abusos y pillaje de sus recursos naturales, el pueblo saharaui pide ayuda a gritos, especialmente de sus hermanos que entienden lo que significa estar encadenado, habiendo experimentado lo mismo.

    Los africanos deben enfrentarse violentamente al colonialismo y rechazar cualquier táctica para mantenerlos encadenados, ya que esa es la única manera de descolonizarse a sí mismos y a sus sociedades (Fanon 1967). Deben hablar con una sola voz y escuchar los lamentos desanimados de uno de los suyos.

    Pero, ¿podría ser el suyo un grito apagado en el desierto?

    Como ha subrayado el Presidente Mnangagwa: « La Unión Africana y todos los Estados miembros tienen un interés personal en este asunto. En este sentido, hacemos un llamamiento a todos los Estados miembros de la UA para que presten su pleno apoyo al ex presidente de Mozambique, Joaquim Chissano, en la ejecución de su mandato como Alto Representante de la UA para el Sáhara Occidental ».

    Ese es el espíritu, ese es el camino a seguir, porque África es nuestra tierra, nuestra Patria. Ningún miembro de la UA debe seguir siendo una colonia.

    The Herald, 30 marzo 2019

    Tags : Sahara Occidental, Marruecos, Unión Africana, UA, ONU, SADC,

  • L´heure est venue pour un Sahara Occidental libre, réclame la Conférence de la SADC

    Prétoria, 26 mars (Prensa Latina) Liberté et auto-détermination pour le Sahara Occidental: telle est la demande formulée par la Conférence de l’association Communauté Solidaire pour le Développement de l’Afrique Australe (SADC) lors de la rencontre au sommet qui s’est tenue dans la capitale d’Afrique du Sud.

    Cyril Ramaphosa, le président sud-africain et amphitryon de cette rencontre, a prononcé le discours de bienvenue pour les invités qui s’étaient réunis au siège du Département des Affaires Étrangères et de la Coopération, à Prétoria. Plusieurs présidents de pays appartenant à ce groupe étaient présents, en plus des représentants d’autres pays comme Cuba et le Venezuela.

    Dès les premier mots de son allocution, Ramaphosa a déclaré qu’il n’existait pas de meilleur endroit pour une telle réunion puisque l’endroit porte le nom d’Oliver Tambo, « un leader de l’ANC qui avait la foi en l’auto-détermination du Sahara Occidental » et, a-t-il ajouté, « l’histoire même des mouvements de libération africains est une raison pour accorder le soutien de la SADC à une si juste cause ».

    Ramaphosa s’est dit ému en voyant la situation difficile dans laquelle se trouve le Sahara Occidental (République Arabe Sahraoui Démocratique), puis il a rappelé qu’il s’agissait là de « la plus longue crise de ce type que le monde ait connue: une vraie tâche de honte sur la conscience de l’humanité ».

    Il a réitéré la volonté de tous les pays de l´organisation pour encourager les parties concernées à entreprendre de fructueuses discussions et faire un effort pour mettre fin aux privations du peuple Sahraoui, lui accordant enfin ses droits légitimes.

    La Conférence a donc exprimé son total soutien aux efforts de l’ONU, qui tente de réunir le Maroc et le Sahara Occidental autour de la table des négociations.

    Peu de temps après la cérémonie d’inauguration de la Conférence, son président en exercice, HageGeingobb, chef d’État de Namibie, a averti que l’Afrique ne pourrait pas progresser tant que certaines parties du continent continuent à vivre sous l’oppression. L’heure de la liberté pour le peuple du Sahara Occidental a sonné, a-t-il insisté.

    La SADC et l’UA (Union Africaine) devraient se poser des questions pour savoir si leur attitude envers le problème du Sahara Occidental a été une attitude unitaire ou si, dans le cas contraire, il ne fallait pas réviser leur mode d’action.

    Geingob a insisté sur la nécessité d’augmenter la pression pour que le Sahara Occidental « puisse tenir un référendum libre et juste pour décider de l’avenir de ce qui est la dernière colonie de l’Afrique ».

    On s’attend à ce que les chefs d’État et de Gouvernement de la SADC, ainsi que les dignitaires venus d’autres parties du monde et les représentants des divers partis politiques et organisations présents, rendent public un communiqué commun sur la situation au Sahara Occidental.

    C’est aujourd’hui que se tient la seconde et dernière journée de ces rencontres. Une réunion de tous les ministres des Affaires Étrangères de la SADC et des autres régions présentes s’est déjà tenue hier.

    Ces rencontres ont été décidées en 2017 à la suite d’un accord signé à Pretoria par 37 chefs d’État et de Gouvernement.

    La SADC est une organisation économique régionale à laquelle appartiennent: l’Angola, le Botswana, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, la Namibie, la République Démocratique du Congo, les Seychelles, l’Afrique du Sud, l’Eswatini (autrefois: le Swaziland), la Tanzanie, la Zambie et les Comores.

    L’ensemble de ces pays recouvre une surface de 554 mille 919 kilomètres carrés et compte 227 millions d’habitants dont l’espérance de vie est d’un peu plus de 55 ans.

    Prensa Latina, 26 mars 2019

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, SADC, Union Africaine, UA,