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  • Maroc: La CEN-SAD contre l’influence de l’Algérie au Sahel

    Maroc, Afrique, CEN-SAD, Union Africaine, Algérie, Sahel, Libye, Tunisie, Egypte,

    L’ambassadeur du Maroc à Tripoli a fait part du souhait des autorités Libyennes de voir notre pays donner une nouvelle dynamique à la CEN-SAD. Ce message lui a été transmis par le chef de la Diplomatie libyenne qui soutient que seule la redynamisation de cet éspace peut mettre fin aux tentatives de mainmise sur la région de la part de l’Algérie et des autres puissances africaines qui la soutiennent.
    Selon le résponsable libyen, la situation en Egypte, en Tunisie et en Lybie laissent les mains libres à l’Algérie et à ses alliés pour la domination de la région sahelo-saharienne et seul le Maroc à travers la CEN-SAD peut aider à faire contrepoids à cette hégémonie.
    A cet effet, Ouali Tagma, le directeur du Département Afrique au MAE marocain a élaboré une fiche sur l’organisation avec des recommandations pour un plan d’action à court terme.

    Fiche sur La CEN-SAD

    1/ La conférence
    Président en exercice actuel Président Tchadien DRISS DEBY ITNO

    Décisions du dernier Sommet Extraordinaire ( NDJAMENA 16 FEVRIER 2013)  :

    Adoption de la Convention révisée de la CEN-SAD
    Deux nouveaux organes ont été institués  :
    Le Conseil de Paix et de Sécurité  ;
    Le Conseil du développement durable
    La Conférence a demandé au Secrétariat Permanent de convoquer des réunions d’Experts pour la création effective de ces deux organes, et ce avant la tenue de la réunion du Conseil Exécutif prévue à Khartoum à la fin de l’année 2013.
    La Conférence a décidé de tenir sa prochaine session ordinaire à Rabat en 2014.

    Depuis la tenue de la dernière conférence, le Secrétariat Permanent n’a pas invité les pays membres à aucune réunion.

    Aujourd’hui le constat est  :
    Aucune réunion d’expert n’a été tenue pour l’exécution des recommandations de la dernière conférence  ;
    La date de la prochaine réunion du Conseil Exécutif prévue à Khartoum n’a pas encore été arrêtée  ;

    2/Le Secrétariat Permanent  : Son Siège est à Tripoli, sa direction est assurée par un Vice Secrétaire Général du Niger M. ABANI SANNI. Le Poste de Secrétaire permanent est vacant.

    3/ Le Conseil Exécutif  : Sa dernière réunion a été tenue à N’Djamena juste avant la Conférence, la prochaine réunion est prévue à Khartoum, bien que la date n’ait pas encore été arrêtée.

    4/la banque Sahélo saharienne pour le Développement et le Commerce

    Son siège est à Tripoli, 14 pays participent au capital de la Banque (le Maroc n’y participe pas) son Directeur General est de Nationalité libyenne.

    La Banque s’active, à travers des agences commerciales, dans les pays suivants  : Libye, Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Gambie, Ghana, Mali, Niger, Sénégal, Soudan, Tchad, Togo, Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, et deux agences d’assurances en Libye et au Soudan.

    5/ Le Conseil Economique, Culturel et Social
    Son siège est à Bamako, à sa tête M. Moussa Bala Coulibaly de nationalité malienne.
    Le conseil connaît beaucoup de problèmes d’ordre financier et n’arrive pas à honorer sa mission.

    6/ le Conseil permanent de Paix et de Sécurité

    7/ le Conseil du développement Durable

    Recommandations  :

    La CEN-SAD constitue l’une des principales priorités de la diplomatie marocaine en Afrique sur laquelle Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, a insisté dans son message à la Conférence des Ambassadeurs.

    La mise en œuvre des Hautes Instructions Royales nécessitent d’entreprendre les actions suivantes pour la redynamisation de cet important espace pour le renforcement du positionnement de notre pays dans la zone sahélo saharienne.

    1-Procéder à la nomination à Tripoli d’un Haut fonctionnaire pour aider le Vice Secrétaire Général à organiser la prochaine réunion du Conseil Exécutif, le prochain sommet et la mise en œuvre des décisions relatives à la création du Conseil de paix et de Sécurité et du Conseil de Développement Durable.

    2- Préparer le terrain à la candidature de notre pays pour le Secrétariat Permanent

    3-Mener les démarches nécessaires pour obtenir le siège du Conseil de Paix et de Sécurité et en prendre la Direction.
    4-Elaborer en concertation avec le Secrétariat Permanent une stratégie Sahel qui sera le pendant et le complément des Stratégies UN et UE pour le Sahel.

    5-Entreprendre des consultations avec les Etats membres et avec les autres partenaires (UN-UE-France-USA-CEDEAO) pour une coopération ciblée.

    ————————————————————————

    Selon l’ancien ambassadeur américain à Rabat, Edward Gabriel, « depuis 2012, le Maroc tente discrètement de combler le vide de leadership au sein de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) laissé par le renversement du colonel Kadhafi de Libye, en accueillant un sommet du groupement régional en octobre 2013. Plus récemment, la ministre adjointe des Affaires étrangères du Maroc, Mbarka Bouaida (qui se trouve être d’origine sahraouie), a eu de nouveaux entretiens avec le secrétaire général de la CEN-SAD au cours de la dernière semaine de janvier à Addis Abeba, où elle avait été envoyée pour mener des réunions informelles avec les délégations participant au 22e sommet de l’Union africaine (dont, bien sûr, le Maroc n’est pas membre) ».

    Gabriel indique que « Kadhafi a contribué à la création de la CEN-SAD à la fin des années 1990, et a fourni la majeure partie de son financement. Irritée par les tendances hégémoniques de Kadhafi, l’Algérie – seule parmi les États de la région – est restée en dehors, mais le Maroc a adhéré à partir de 2001. En juin 2012, Rabat a accueilli une réunion de la CEN-SAD visant à relancer l’organisation récemment orpheline ».

    Source : Boîte mail de Saadeddine El Othmani

    #Maroc #CEN_SAD #Algérie #Sahel

  • Afrique-UE: Le Maroc « réduit a une présence protocolaire »

    Afrique, Union Européenne, Sommet Afrique-UE, RASD, Sahara Occidental, Union Africaine,

    Un mail qui dévoile une des raisons pour lesquelles le Maroc a été forcé de réincorporer à l’organisation panafricaine. Selon Mohammed Farahat, Chef de Division des Partenariats Régionaux à l’époque, le Maroc est « pratiquement réduit à une présence protocolaire tous les 3 ans ». Ce qui a poussé les diplomates marocains à mobiliser Nicholas Westcott, Directeur Général pour l’Afrique au Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE) qui, selon un document confidentiel de la diplomatie marocaine, s’est engagé à « mettre à contribution les deux délégations de l’UE à Addis Abeba et à Rabat pour approcher régulièrement les autorités marocaines compétentes au sujet de sa participation se fait sentir ».

    Voici le texte du mail:

    Si Tagma,
    je viens de faire le point avec Nabil. Si Alem sollicite des instructions du Ministere par rapport a un courrier kil aurait envoye tardivement en debut de soiree et que je n’ai pas vu ( j quitte le Ministere a 18h30).

    j’ai explique a Nabil que la Direction Afrique a fait son boulot en informant systematiquement les 2 ministres et le SG ; en meme temps qu’elle a sollicite les elements de langage des 4 directions multilaterales concernees par les thematiques du Sommet.

    quelque soit la lecture a faire des docs du sommet, lurgence pour notre pays maintenant est de reagir par rapport a la configuration qui se profile de ce partenariat et ou on est pratiquement reduit a une presence protocolaire tous les 3ans.

    A la place de si Alem, je mettrai demain Westcott, lors de la reunion qu’il va presider demain, pour l’interpeller sur le courrier que Alem lui a envoye et qui est reste sans reponse et lui poser la question directement de savoir si l’attitude qu’il tient est dictee par des instructions qu’il aurait recu de Barroso ou simplement de sa propre initiative.

    c’est le langage que j’ai tenu a Nabil, quitte a lui de le rapporter a si Alem.

    Mon impression si Tagma -et j’espere me tromper- est qu’a Bruxelles on n’a pas accorde a la question l’importance qu’il fallait. D’ailleurs, la Mission n’etait jamais presente aux reunions de suivi et j’en detiens la preuve; comme Addis, soit dit en passant ou les « amis » la bas planent sur une autre planete. Brahim a lui aussi une reunion, probablement demain. il n’etait pas au courant.

    Tu sais si Tagma c’est un sport bien de chez nous que celui d’aller accuser le chien des voisins de rage.

    Bonne nuit l’ami, tes gars assurent. tu peux en avoir l’assurance.

    Farahat

    Un courrier envoyé le 11 mars 2014 invite les ambassades à réagir sur la participation de la RASD au Sommet Afrique-UE:

    « Dans le cadre de ses contacts avec les responsables du Service d’Action Extérieure (SEAE) de la Commission de l”union européenne, M. l’Ambassadeur, Représentant permanant du Maroc auprès de l’UE, a appris que les adversaires de notre pays s’activent pour assurer une présence physique des éléments de la pseudo-RASD, par le moyen de leur dilution dans la composition de la délégation de l’Union Africaine qui prendra part au 4eme Sommet du Partenariat Afrique-UE.

    Les interlocuteurs de M. l’Ambassadeur ont reconnu par la même leur « impuissance » pour réagir par rapport a une situation qui demeure sinon surannée et inédite, du moins empreinte d’absurdité et de non-conformité par rapport aux fondamentaux dudit partenariat.

    En effet, d’un cote, l’UA utilise délibérément l’ambiguïté et l’opacité de ses procédures pour faire valoir des comites propres à son organigramme et les imposer dans la procédure de suivi et de préparation, en l’occurrence, les travaux de rédaction des documents et de pilotage.

    La Direction Afrique du SEAE, de l’autre cote, aborde la thématique du Partenariat Afrique-UE et la problématique, qui se profile a quelques semaines de la tenue du 4eme sommet, selon une perspective étriquée qui fait abstraction des engagements de l’UE en termes d’accords d’associations, de politique de voisinage et des principes de la primauté du droit pour prendre le risque d’inviter l’UE dans les inconvenances des nouvelles menaces de déstabilisation et de crises en gestation sur le continent africain,

    Cette situation, si elle perdure et se confirme, sera nuisible pour les intérêts de notre pays et compromettrait sérieusement sa participation audit sommet.

    Aussi, etes-vous instamment instruit pour entamer d’urgence, des démarches auprès des autorités compétentes de votre pays d’accréditation pour leur exposer, en vous appuyant sur l’argumentaire et le compte-rendu de la Mission permanente du Maroc auprès de l’UE, les conditions de préparation du 4eme sommet, empreintes de détournement delibere des possibilités statutaires offertes a la Commission de l’Union africaine pour servir les desseins personnels de sa présidente et les agendas velléitaires des Etats de « l’axe Alger-Abuja-Pretoria » et leurs acolytes.

    Les 28 pays de l’UE et les hautes autorites de celle-ci doivent etre amplement briefées sue l’amplitude de cette situation saugrenue et invitees a reagir dans le sens de preserver les fondamentaux qui ont donne naissance a ce partenariat et les interets d’un pays membre fondateur de ce partenariat, certes non-membre de l’UA mais lie a l’UE et a sa politique de voisinage ».

    Quelques jours plus tard, le ministre marocain des affaires étrangères recevra la lettre suivante envoyée par le Chargé d’affaires de l’Ambassade du Maroc à Addis Abeba:

    Fax N°: 168/14/EM Addis-Abeba, Ie 26 mars 2014
    J/-)L
    Monsieur Ie Ministre des Affaires Etrangeres et de la Cooperation
    DP : Cab/1-DG/7/3-DG/7/5
    CC : Cab/2-SG/4-DG/7-MP Bruxelles
    Objet : Afrique-UE/ Reunion du COREP sur Ie partenariat
    Ref : M/L n0104 du 13/2/2014
    M/L n° 143, 145 et 160 du 11-12 et 21/03/2014

    Suite aux lettres citees en reference, j’ai I’honneur de porter a votre connaissance que Ie COREP a tenu, cette apres-midi, une reunion sur les preparatifs du quatrieme Sommet Afrique-UE, prevu les 2 et 3 avril 2014 a Bruxelles. A cet effet, des elements d’informations recueillis sur cette reunion precisent que Ie COREP a :
    -Pris note de la lettre adressee par I’UE a la Commission de I’UA en reponse a sa demande d’inviter tous les chefs d’Etat et de Gouvernement de I’UA ;
    -note que la Commission de I’UA a rempli son mandat de suivre la question des invitations comme il a ete recommande par Ie COREP ;
    -note en outre que la reponse de I’UE ne repond pas pleinement a la lettre et I’esprit de la Conference de I’UA de janvier 2014 afin d’adresser des invitations specifiques a tous les chefs d’Etat et de gouvernement de I’UA pour leur permettre de participer pleinement a ce Sommet ;
    -suggere que Ie format du partenariat soit « Union africaine-Union europeenne » au lieu du format actuel Afrique-LIE;
    -recommande que, si la decision de I’UA nlest pas respectee, Ie quatrieme Sommet Afrique-LIE sera reporte jusqu’a ce qulune solution acceptable soit trouvee (proposition Afrique du Sud);
    -s’est interroge sur I’invitation qui n’a pas ete adressee au President du Soudan et de la pseudo « rasd », sachant que Ie President du Zimbabwe a ete invite avec une mention que « la premiere dame n’obtiendra pas de visa» ;
    -instruit les Etats membres de I’UA au comite directeur du Partenariat Afrique­ UE qui sont a Bruxelles en vue de transmettre la presente decision du COREP a la partie europeenne.
    Le Charge d’Affaires a.i.

    EI Fatmi Bensouda
    Tel: (+ 251-11) 550 84 40/553 17 00

    Fax (+ 251-11) 551 1828

    Email: morocco.emb@ethionet.et
    Address: Bole Road Kirkos KefJe Ketema: Kebele 01119: House n° 210

    P.O Box: 60033 Addis Ababa

    Ethiopia

    #Maroc #Afrique #UE #Sommet_Afrique_UE #Union_Africaine

  • La concurrence Algérie-Maroc expose le caractère fermé de l’influence au sein de l’UA


    Selon des rapports de presse spécialisés, l’Algérie n’a nommé aucun candidat à des postes clés au sein de l’Union africaine. Sept postes sont ouverts au changement, dont le plus important est celui de Commissaire du Département Paix et Sécurité (PSD), que l’Algérie occupe depuis 2008. Il a d’abord été occupé par Ramtane Lamamra puis Smail Chergui, l’ancien ambassadeur d’Algérie à Moscou .

    Le site d’information français Africa Intelligence suit de près cette question et a déclaré que l’Algérie avait apparemment tardé à désigner un candidat pour succéder à Chergui pour deux raisons: le mécontentement de nombreux États membres de l’Union africaine face à la domination algérienne sur le poste; et les divergences entre le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum qui ont empêché tout accord sur un candidat spécifique. La situation a été exacerbée par l’incapacité du président algérien Abdelmajid Tebboune à intervenir.

    Bien que la première raison puisse être quelque peu acceptable, il est difficile de croire qu’une question d’une telle sensibilité et d’une telle importance ait été laissée entre les mains d’un premier ministre aux pouvoirs constitutionnels limités et d’un ministre des Affaires étrangères, indépendamment de sa compétence. De telles choses sont généralement gérées par le président de la République, et dans de nombreux cas, elles sont gérées par ce que feu Abdelhamid Mehri a appelé «l’autorité réelle».

    L’Algérie a non seulement renoncé au poste de commissaire du PSD, mais n’a pas non plus proposé de candidats à l’un des six autres postes. Dans ce vide algérien est entré le Maroc qui a présenté des candidats à tous les postes. Cependant, aucun des candidats marocains n’a aucune chance d’être nommé, à l’exception d’un seul; Mohamed Sadiki est candidat au poste de commissaire à l’agriculture et au développement rural.

    Il n’est pas certain que l’Algérie ait travaillé dans les coulisses pour bloquer les candidats marocains, mais Rabat estime que c’est le cas et en est bouleversé. Ce qui est certain, selon Africa Intelligence, c’est que l’Algérie a les yeux rivés sur le Secrétariat général du PDF, qui est un rôle puissant pour lequel Alger est susceptible de nommer Abdelkader Araoua.

    Il semble que l’une des raisons de l ’« échec »marocain soit le manque relatif d’expérience de Rabat dans les batailles diplomatiques en coulisses par rapport à l’Algérie. Cependant, Africa Intelligence estime que cela est dû au fait que «la campagne marocaine n’a pas été menée par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita mais par Yassine Mansouri, chef du service de renseignement extérieur de la DGED». Ironiquement, les dossiers des candidats marocains ont été transférés au Bureau du conseiller juridique de l’Union africaine, dirigé par Lamine Baali, représentant de la République arabe sahraouie démocratique.

    Indépendamment des détails, remporter des postes clés offre aux pays et aux gouvernements le type d’influence et de pouvoir que la diplomatie traditionnelle ne peut pas. Avec les guerres et les crises qui dominent le continent africain, le commissaire PSD restera le rôle le plus fort et le plus important. La tourmente met les commissaires de l’UA, en particulier le chef du PSD, en contact avec les dirigeants mondiaux, et les impose comme négociateurs directs avec les pays et organisations intéressés par l’Afrique aux niveaux régional et international.

    L’Afrique n’est plus cet espace négligé sur les cartes des préoccupations internationales. Son énorme richesse naturelle; sa capacité de grand marché de consommation; sa prédisposition constante aux guerres et aux crises; et la croissance du terrorisme international sont autant de facteurs qui en font le centre de l’attention internationale des anciennes puissances coloniales, de l’Union européenne et des États-Unis. Dernièrement, il est également d’un grand intérêt pour les puissances montantes de la Chine, de la Russie, de la Turquie et de l’Inde.

    L’Union africaine fait entendre sa voix sur les questions qui la concernent. Par exemple, l’UA tente maintenant de présenter un candidat africain pour succéder à l’américaine Stephanie Williams au poste de chef adjoint de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye lorsque ses fonctions prendront fin le mois prochain. Le seul candidat à ce jour est le bulgare Nikolay Mladenov, l’envoyé de l’ONU dans le conflit israélo-palestinien, mais l’UA le rejette malgré le soutien américain et l’absence d’objections européennes.

    À travers le continent, il y a au moins dix pays qui seront témoins d’élections présidentielles ou parlementaires, ou les deux, au cours des six prochains mois. Il s’agit de la Guinée, de la Tanzanie, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger, du Libéria, du Bénin, de l’Ouganda, des Seychelles et de la République centrafricaine. Beaucoup de ces élections se dérouleront dans une atmosphère de tension et de rejet populaire des candidats ou de la manière dont les scrutins sont organisés. Les résultats de certains sont déjà rejetés par la population et peuvent conduire à des troubles civils.

    L’Afrique, qui au cours des deux dernières décennies a fait des progrès démocratiques, entre dans une période de rechute, que les dictateurs arabes endurcis envient. Les mêmes dirigeants qui ont conduit les pays africains vers la démocratie se sont transformés en dictateurs qui refusent de quitter leurs positions. À l’exception du Niger, tous les chefs des pays qui doivent tenir des élections sont candidats au maintien en fonction, malgré le rejet populaire et ne remplissant pas les conditions légales et constitutionnelles. En Guinée et en Côte d’Ivoire, par exemple, les présidents démocratiquement élus Alpha Condé et Alassane Ouattara ont falsifié les constitutions pour rester au pouvoir. En Ouganda, le président Yoweri Museveni, 77 ans, s’emploie à remporter un nouveau mandat au poste qu’il occupe depuis 1986.

    Tout cela révèle qu’il est très tentant de concourir pour des postes de direction de l’UA. L’Union compte 55 États membres, mais l’influence et les rôles clés sont limités à une poignée, et il y a une tendance croissante à attirer de nouveaux membres dans le club d’influence et à persuader les autres de démissionner. Cependant, il semble que l’équilibre des pouvoirs entre les membres de ce club soit préservé car chacun a besoin des autres d’une manière ou d’une autre, ou sait que ce sera le cas à l’avenir. La concurrence entre l’Algérie et le Maroc a ainsi mis en évidence le caractère fermé de l’influence au sein de l’Union africaine.

    Traduit de Al Quds Al Arabi, octobre 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Union Africaine, Conseil de Paix et Sécurité, Lobbying,

  • Sahara Occideental : Le Maroc face à ses échecs diplomatiques à l’ONU comme à l’UA

    À L’ONU COMME À L’UA : Le Maroc face à ses échecs diplomatiques

    Le Maroc est sous le double choc de ses récents échecs diplomatiques et de la forte résistance civile sahraouie dans les territoires occupés, notamment à hauteur de la brèche de Guerguerat.

    Les Sahraouis qui se sont regroupés près de cette brèche l’ont fermée pour empêcher le trafic en tous genres encouragé par le Maroc et qui empruntait cette brèche dont l’ouverture est contraire au dispositif de l’accord de cessez- le- feu de 1991. Sur le plan diplomatique le soutien massif dont jouit le Front Polisario au sein du Conseil de sécurité et à la quatrième commission de décolonisation de l’ONU a déstabilisé au plus haut point le Maroc et son inénarrable ambassadeur aux méthodes très peu diplomatiques. Il a lancé, via la représentation marocaine à New York, de violentes attaques contre des membres de l’organe exécutif de l’ONU soutenant l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Dans une récente missive adressée au président du Conseil de sécurité, le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU s’en est pris à l’Afrique du Sud, l’accusant de devenir soi-disant « l’instrument d’une falsification des réalités » concernant le conflit du Sahara occidental occupé. Alors que le diplomate marocain toute honte bue ose affirmer que la question du Sahara occidental n’est pas une question de décolonisation. À l’ONU la diplomatie marocaine est à ce niveau. Pour rappel, l’Afrique du Sud a remis à la présidence du Conseil de sécurité, assurée actuellement par la Russie, une correspondance émanant de la localité sahraouie libérée de Bir Lahlou, et signée par le président de la RASD, Ibrahim Ghali.

    La lettre marocaine montrait également l’agacement du Maroc face au geste de l’ambassadrice de Timor Leste auprès de l’ONU qui a fait circuler une lettre au contenu émanant de la représentation du Front Polisario auprès de l’ONU, et renseigne sur l’étendue de l’embarras que suscite le succès de la représentation du Front Polisario aux Nations unies dans la création d’un contact permanent avec le Conseil de sécurité qui est accusé par le représentant marocain, d’ »une instrumentalisation politique » à travers de pareilles lettres rédigées par des dirigeants sahraouis.

    La nouvelle lettre de l’ambassadeur marocain, vient confirmer l’échec des tentatives désespérées du Maroc de dissuader le Conseil de sécurité de l’ONU, qui reconnaît le Front Polisario en tant que seul et unique représentant légitime du peuple sahraoui, de traiter avec la représentation du Polisario. En effet, l’Afrique du Sud et le Timor Leste ont adressé les 7 et 8 octobre 2020 au Conseil de sécurité via leurs représentations respectives auprès de l’ONU deux correspondances comprenant les lettres adressées par le président sahraoui, et le représentant du Front Polisario à l’ONU, approuvées, par la suite, par le Conseil de sécurité de l’ONU comme documents officiels.

    Cette nouvelle sortie de l’ambassadeur du Maroc, qui n’est pas la première d’ailleurs, révèle l’ampleur du mécontentement au sujet des messages adressés par le Front Polisario à l’organe onusien, qui mettent à nu à chaque fois des aspects importants de la politique coloniale expansionniste que le régime marocain tente de mettre en œuvre au Sahara occidental. En juillet dernier, le Maroc avait mis du temps pour digérer l’adoption par le Conseil de sécurité d’une lettre adressée par le président Brahim Ghali, aux Nations unies (ONU), comme document officiel. Il s’agit d’une lettre dans laquelle le président sahraoui a mis en garde contre la propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19) qui s’est propagé de manière significative en peu de temps dans les territoires sahraouis occupés. Le Maroc s’en est, alors, pris, dans une lettre précédente à la République de Namibie qui a transmis la missive du président sahraoui au Conseil de sécurité.

    Tout comme sa propagande mensongère, le Maroc n’a d’autre recours que le mensonge et la falsification face à ses échecs répétés dans les enceintes internationales, notamment à l’Union Africaine où toutes ses candidatures au renouvellement des institutions ont été rejetées et à la commission des droits de l’homme de l’ONU où sa candidature n’a recueilli que sa seule voix.

    Des échecs qu’essaye de masquer la propagande de Rabat alors que le souverain marocain ne semble plus intéressé que par les affaires et la prédation, tout comme son entourage immédiat.

    M. Bendib

    Le Courrier d’Algérie, 22 oct 2020

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, ONU, MINURSO, El Guergarat, Union Africaine, UA,

  • UA : Les enjeux du Conseil de paix et de sécurité

    Créé en 2004, le Conseil de paix et de sécurité (CSP) est sans doute l’innovation institutionnelle la plus ambitieuse de l’Union africaine. Chargé de la prévention des conflits et du maintien de la paix, le CSP consacre le principe de « non-indifférence », inspiré du « devoir d’ingérence », en cas de violations graves des droits de l’homme par un Etat du continent.

    par Delphine Lecoutre
    Le Monde diplomatiqueLes enjeux du Conseil de paix et de sécurité↑

    Institution-clé dans un continent encore marqué par la guerre (République démocratique du Congo, Somalie, Tchad, etc.) et l’instabilité politique (deux coups d’Etat en 2008, en Mauritanie et en Guinée, un à Madagascar en 2009), le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a été lancé à l’occasion de la Journée de l’Afrique, le 25 mai 2004. Cet organe panafricain, qui s’est déjà réuni plus de deux cents fois depuis sa création, a remplacé l’organe central du mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont les insuffisances étaient patentes.

    Le CPS a pour fonctions prioritaires la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité ; la prévention, la gestion et le règlement des conflits ; la consolidation des processus de paix et de reconstruction postconflit ; l’action humanitaire et la gestion des catastrophes. Les principes qui guident son action sont caractérisés, d’un côté, par la confirmation des règles héritées de la Charte de l’OUA (non-ingérence dans les affaires internes des Etats membres, respect des frontières issues de la colonisation) et, de l’autre, par l’apparition de nouveaux concepts tels que le droit, voire le devoir, d’ingérence.

    Un compromis a en effet été trouvé entre Etats pour faire cohabiter deux approches antinomiques : la première se réfère aux principes classiques de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ; la seconde pose le droit de l’Union africaine à intervenir, malgré ces règles, dans certaines circonstances graves : crimes de guerre, génocide et crimes contre l’humanité. Par une « ambiguïté constructive », les fondateurs de la nouvelle organisation panafricaine souhaitent tirer les leçons des insuffisances de l’OUA, qui n’a pas pu ou su intervenir militairement pour mettre un terme aux violations massives des droits de l’homme par les régimes d’Idi Amin Dada en Ouganda et de Jean Bédel Bokassa en République centrafricaine dans les années 1970, ou lors du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 (1). Il s’agit donc, tout en affirmant le principe d’égalité souveraine des Etats et d’inviolabilité de leurs frontières, de permettre à l’Union africaine d’assumer, dans des circonstances définies, sa « responsabilité à protéger » les populations en danger, inscrite dans son Acte constitutif, en entreprenant des interventions humanitaires (2).

    Pas de droit de veto
    Le CPS promeut également le règlement pacifique des différends, le respect de l’Etat de droit et des libertés fondamentales. Il doit en outre contribuer à la mise en œuvre d’une politique de défense commune et de lutte contre le terrorisme. Enfin, il agit en coopération avec les Nations unies dans la préservation et le maintien de la paix, et échange régulièrement des vues avec les membres du Conseil de sécurité, alternativement à Addis-Abeba et à New York.

    Le CPS est composé de quinze membres, dont cinq détiennent un mandat de trois ans et dix un mandat de deux ans (3). La distribution des sièges est basée sur le principe de l’équité ; il a permis l’attribution de davantage de sièges aux régions comprenant le plus d’Etats, soit quatre pour l’Afrique de l’Ouest, trois pour l’Afrique centrale, trois pour l’Afrique de l’Est, trois pour l’Afrique australe et deux pour l’Afrique du Nord (4).

    Théoriquement, le CPS ne comprend ni membres permanents ni droit de veto. Ce choix s’explique par la volonté des pays africains de ne pas reproduire ce qu’ils considèrent comme une injustice au sein du Conseil de sécurité et qu’ils condamnent énergiquement dans le cadre de la réforme des Nations unies (5). Il traduit aussi le souci de faire prévaloir l’égalité et la solidarité en évitant de donner trop de puissance à certains Etats et en permettant la rotation des sièges (6). L’Angola a ainsi succédé à l’Afrique du Sud en janvier 2007, tandis que le Gabon promet de céder sa place à la Guinée-Equatoriale en janvier 2010.

    Cependant, certains pays dotés des mandats les plus longs (trois ans) sont parfois tentés par l’idée d’exercer en permanence. Ce sont des Etats confrontés, dans leur voisinage plus ou moins immédiat, à de graves enjeux de sécurité. C’est le cas de l’Ethiopie par rapport à la Somalie ; de l’Algérie pour le Sahara occidental, la Mauritanie et la lutte antiterroriste ; ou encore du Nigeria. A cela s’ajoute que les Etats membres du CPS gros contributeurs financiers de l’Union — à l’instar de l’Algérie et du Nigeria, qui apportent chacun 15 % du budget ordinaire de l’organisation — disposent indéniablement d’un « veto de fait » dans le processus décisionnel.

    Les pays candidats à un siège au CPS doivent remplir certains critères, dont la présence de missions permanentes auprès de l’Union et de l’Organisation des Nations unies (ONU) (7) bien dotées en personnels et en moyens. Toutefois, en pratique, la rotation dans le cadre des jeux politiques régionaux prime la capacité réelle de l’Etat concerné à contribuer au maintien de la paix et de la sécurité.

    Le CPS innove de manière significative par rapport aux mécanismes existant précédemment. Son premier atout réside dans la permanence de sa structure, ce qui se traduit par la convocation — au niveau des ambassadeurs — de cinq réunions par mois en moyenne, avec la possibilité d’en tenir une à tout moment pour examiner, en urgence, l’éclosion d’une crise. Des réunions doivent également être organisées, au moins une fois par an, respectivement au niveau des ministres et des chefs d’Etat et de gouvernement. Le CPS dispose d’autre part, depuis juillet 2005, d’un secrétariat très actif, installé au sein du département paix et sécurité de la Commission de l’Union.

    Il agit non seulement avec l’ensemble des départements de l’exécutif panafricain — en particulier les analystes de la division gestion des conflits du département paix et sécurité et les bureaux régionaux de l’Union — mais aussi avec les Communautés économiques régionales (CER) (8), les organisations internationales ou encore les « organisations de la société civile », considérées comme des éléments-clés de nombreux processus de paix.

    Un outil politique important
    Deuxième atout, le CPS dispose d’un ordre du jour flexible. Il est élaboré conjointement par le président tournant (rotation mensuelle) et le commissaire paix et sécurité de la Commission de l’Union et est adopté au début de chaque réunion. Le pouvoir de proposer, de fixer, de libeller et d’amender l’ordre du jour est d’ailleurs un outil politique important. Lors d’une réunion, début mai 2009, le libellé même du point inscrit conditionnait ainsi le fait de permettre (débat sur la situation interne du Tchad) ou non (débat sur les relations entre le Tchad et le Soudan) à l’ambassadeur du Tchad de rester présent dans la salle lors des discussions à huis clos, mais aussi le fait d’adopter un communiqué ou un communiqué de presse en l’absence de la partie soudanaise. En revanche, certaines questions, telles les relations conflictuelles latentes entre l’Ethiopie et l’Erythrée, n’ont pas encore été inscrites à l’ordre du jour.

    Les statuts du CPS soulignent l’interdépendance entre paix, sécurité et développement. Certains Etats militent donc pour l’extension des discussions à des thèmes directement liés à la sécurité humaine tels que le réchauffement climatique ou encore les pandémies comme le VIH-sida.

    Le troisième atout de l’institution est la possibilité de conduire de véritables débats constructifs dans la partie des réunions se déroulant à huis clos. Les travaux se déroulent généralement ainsi : lors des séances publiques, le CPS écoute les rapports de la Commission et, si cela est nécessaire, les parties concernées par le conflit examiné et d’autres Etats ou organisations invités — par exemple, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ou le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Après les éventuels échanges de points de vue et questions, les protagonistes du différend et les invités quittent la salle pour permettre aux membres du CPS de délibérer à huis clos. Les discussions aboutissent généralement à l’adoption d’un communiqué (équivalant à une décision) ou d’un communiqué de presse (équivalant à une prise de position).

    Le quatrième atout se trouve dans la réalisation de missions dans les zones de conflits ou de reconstruction postconflit. Cela permet d’enrichir l’expertise par la recherche d’observations de terrain et de témoignages, et signale aux populations et communautés victimes d’un conflit qu’une procédure est en cours. Des missions ont ainsi été effectuées au Soudan, au Tchad et en République centrafricaine en 2007 ainsi qu’en Guinée-Bissau et en Côte d’Ivoire en 2009.

    Sanctions contre les coups d’Etat
    Enfin, vient le travail de communication et de pédagogie. A la fin de son mandat, le président en exercice rédige une communication à l’intention des pays de l’Union non membres du CPS. Ce document leur permet de prendre connaissance de ses activités et de se familiariser avec ses techniques de travail. Il s’agit aussi de les sensibiliser aux enjeux de la paix et de la sécurité.

    Dans le même ordre d’idées, le CPS organise aussi des « réunions ouvertes » à la communauté diplomatique et aux organisations tant intergouvernementales que non gouvernementales installées à Addis-Abeba, où siège l’Union. Y sont présentées certaines actions entreprises : stratégie antiterroriste, traité de Pelindaba sur l’exemption du nucléaire sur le continent (9), action humanitaire en Afrique.

    En cinq ans d’existence, le CPS est déjà intervenu dans nombre de dossiers-clés. Il en est ainsi de la création de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS) et du renforcement de son mandat afin d’améliorer son efficacité sur le terrain et d’assurer une véritable mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu (10). Des mesures relatives au désarmement des milices janjawids (11), à la protection des populations civiles et à la facilitation des livraisons d’aide humanitaire ont notamment été adoptées.

    Le CPS a décidé en outre de l’application automatique de sanctions en cas de coup d’Etat, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel (Togo en 2005, Mauritanie en 2005 et 2008, Guinée en 2008, Madagascar en 2009). Il a même participé, avec l’Armée nationale de développement des Comores, à une intervention militaire éclair destinée à chasser le colonel putchiste Mohamed Bacar, sur l’île d’Anjouan, au printemps 2008. Le CPS a statué sur les violences postélectorales au Kenya en 2007-2008 (12) et travaille sur la manière de mobiliser des fonds afin de rétablir un certain ordre dans des pays en faillite institutionnelle et sécuritaire, en proie à l’instabilité et aux rébellions (République centrafricaine), etc.

    Cependant, malgré de nets progrès par rapport aux mécanismes de paix et de sécurité prévus par l’OUA, l’action du CPS demeure limitée par la faiblesse des instruments juridiques dont il dispose. Par exemple, la Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance adoptée en janvier 2007 améliore la lutte contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement en prévoyant notamment la condamnation des manipulations effectuées par un chef d’Etat en vue de se maintenir au pouvoir. Toutefois, elle n’a pas encore pu entrer en vigueur, par manque de ratifications. Seuls deux Etats, l’Ethiopie et la Mauritanie, y ont jusqu’à maintenant souscrit. Il en résulte que le CPS doit se contenter de s’appuyer sur les sanctions minimales de la déclaration de Lomé (notamment la suspension de participation aux réunions des organes de l’organisation et l’interdiction de recrutement de personnel originaire dudit pays) pour faire face aux coups d’Etat.

    Protéger les populations civiles
    De plus, si le CPS formule des ambitions claires et prend des décisions, il n’arrive pas toujours à les faire appliquer, en raison du manque de moyens matériels et humains dont souffre l’Union. Ainsi, le faible nombre de pays contributeurs en troupes et la déficience en moyens matériels envoyés limitent les capacités de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom), une intervention de maintien de la paix particulièrement difficile. Seuls l’Ouganda et le Burundi sont présents sur place, avec quelque quatre mille hommes, alors que le double était initialement requis.

    Par ailleurs, le Comité d’état-major (CEM) destiné à conseiller et à assister le CPS sur toutes les questions militaires et de sécurité du continent n’est pas encore pleinement opérationnel, victime d’un manque de volonté politique évident de la part des Etats membres. Les réunions se tiennent donc irrégulièrement, et le quorum est souvent difficile à obtenir. De même, l’adoption de ses règles de procédures, pourtant mise à l’ordre du jour en octobre 2005, a encore été reportée : les discussions butent sur la présidence des réunions, la participation réelle du CEM dans le processus décisionnel au sein du CPS, le droit à la parole et la prise en compte de la composante civile dans les opérations de soutien à la paix. Enfin, les attachés de défense sont en nombre insuffisant (six Etats membres du Conseil sur quinze en avaient un en 2004 ; aujourd’hui, neuf en ont un), la plupart n’étant pas spécialisés en planification d’opérations (13).

    Enfin, les relations entre le département paix et sécurité de la Commission de l’Union et le CPS sont parfois conflictuelles. Dans le passé, la Commission avait ainsi tendance à distribuer les rapports qu’elle rédigeait sur certains conflits peu de temps avant les réunions, c’est-à-dire la veille au soir ou le matin même. Il était dès lors très difficile pour les représentants des Etats au CPS de les étudier et de recevoir à temps les instructions de leurs capitales.

    Depuis la réunion de Dakar (Sénégal) consacrée aux méthodes de travail, en juillet 2007, la Commission fait des efforts pour remettre les rapports trois ou quatre jours avant la réunion du Conseil. Certains Etats reprochent par ailleurs à l’exécutif panafricain de vouloir les mettre devant le fait accompli. Ainsi, en avril 2006, lors de discussions sur l’envoi d’une force militaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) pour neutraliser les groupes armés étrangers, certains pays ont reproché à la Commission de s’être prononcée en faveur de l’envoi rapide d’une force avant même le déroulement de l’élection présidentielle. L’exécutif panafricain invoquait le devoir de protection des populations civiles pour pousser les Etats membres à agir.

    Malgré ces difficultés, le CPS se montre d’ores et déjà actif, visible, et tente d’avoir un véritable impact politique dans la gestion des crises continentales. Réfléchissant à l’amélioration de ses méthodes de travail, il dispose d’un groupe des sages, mis en place en 2007, chargé de l’appuyer et de le conseiller. Cette instance est composée de cinq personnalités africaines hautement respectées, d’une grande intégrité et indépendance, qui ont apporté une contribution exceptionnelle au continent dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement. Ils ne doivent pas occuper de poste politique actif au moment de leur nomination et tout au long de leur mandat en qualité de membres du groupe des sages.

    Au-delà de son caractère éminemment politique, le CPS a l’obligation morale de débattre en temps opportun pour tenter de trouver des solutions appropriées et durables à des conflits synonymes, pour les populations, de fatalité, de vengeance, de destruction, de souffrance, d’injustice, de pauvreté et de retard dans le développement. A cet égard, il doit poursuivre ses efforts collectifs pour prendre les « bonnes décisions » dans la résolution des conflits dans l’intérêt commun continental, et non pour des intérêts nationaux ou régionaux égoïstes…

    Delphine Lecoutre

    Doctorante en sciences politiques à l’université Paris-I – Panthéon-Sorbonne, attachée à l’Institut d’études éthiopiennes de l’université d’Addis-Abeba et au Centre français des études éthiopiennes (Addis-Abeba).

    (1) Lire Ben Kioko, « The right of intervention under the African Union’s constitutive act : From non-interference to non-indifference », Revue internationale de la Croix-Rouge, vol. 85, n° 852, Genève, décembre 2003.

    (2) Lire Tim Murithi, « The responsibility to protect, as enshrined in article 4 of the constitutive act of the African Union », African Security Review, vol. 16, n° 3, Johannesburg, 2007.

    (3) Union africaine, « Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité », Durban (Afrique du Sud), 9 juillet 2002.

    (4) La composition actuelle du CPS est la suivante : pour l’Ouest, Nigeria (trois ans), Burkina Faso, Bénin et Mali (deux ans) ; pour le Centre, Gabon (trois ans), Burundi et Tchad (deux ans) ; pour l’Est, Ethiopie (trois ans), Ouganda et Rwanda (deux ans) ; pour la partie australe, Angola (trois ans), Swaziland et Zambie (deux ans) ; pour le Nord, Algérie (trois ans) et Tunisie (deux ans).

    (5) Lire « L’Afrique et la réforme des Nations unies », Le Monde diplomatique, juillet 2005.

    (6) Lire « Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, clef d’une nouvelle architecture de stabilité en Afrique ? », Afrique contemporaine, Paris, hiver 2004.

    (7) D’autres critères sont fixés, dont le respect de la gouvernance constitutionnelle, de l’Etat de droit et des droits de l’homme.

    (8) Le continent comporte plusieurs organisations économiques régionales : la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ; la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) ; la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ; l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ; le Marché commun des pays de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (Comesa) ; la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ; la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac).

    (9) Entré en vigueur le 15 juillet 2009, ce traité, qui couvre l’ensemble du continent africain ainsi que ses îles environnantes, interdit le développement, la fabrication, le stockage, l’acquisition, la possession et l’utilisation d’armes nucléaires dans tous les pays du continent.

    (10) Lire Gérard Prunier, « Paix fragile et partielle au Soudan », Le Monde diplomatique, février 2005.

    (11) Les janjawids sont des milices issues des tribus « arabes ». Leur nom signifie approximativement « cavaliers armés de kalachnikovs ».

    (12) Lire Jean-Christophe Servant, « Affrontements très politiques au Kenya », Le Monde diplomatique, février 2008.

    (13) Lire « Revitaliser le Comité d’état-major de l’Union africaine », Géopolitique africaine, n° 24, Paris, octobre-décembre 2006.

    Source : Le Monde diplomatique, septembre 2009

    Tags : Afrique, Union Africaine, Conseil de Paix et de Sécurité,

  • Algérie : Plaidoyer pour la formation d’une armée africaine

    Toutes les interférences et interventions militaires étrangères en Libye et au Mali « ont été des problèmes plus que des solutions » ce qui augure mal de l’avenir de la région, a fait observé l’ancien diplomate algérien, Hocine Meghlaoui, se prononçant ainsi en faveur de la « formation d’une armée africaine » pour parvenir à préserver la paix dans le continent et mieux lutter contre le terrorisme.

    « Au Mali, au Niger et en Libye, il y a beaucoup d’intervenants mais peu de résultats, malheureusement. Alors, est-ce que ce n’est pas le moment d’indigéniser la lutte contre le terrorisme ? Pourquoi ne pas former une armée totalement africaine, bien équipée et bien entrainée ? », a plaidé hier ce chercheur, auteurs de plusieurs ouvrages, sur les ondes de la Chaine 3 de la Radio nationale. « Est-ce que les Maliens ou les Nigériens ne sont pas capables de lutter par eux-mêmes contre le terrorisme ? », s’interroge également Meghlaoui, dont la conviction est fondée sur l’expérience algérienne.

    « L’Algérie a vaincu le terrorisme toute seule. Nous avons été mis pratiquement sous embargo et nous avons réussi à vaincre le terrorisme. C’est aussi la même chose pour la Libye », a-t-il soutenu.

    L’ancien diplomate a plaidé également pour « l’implication » de l’Algérie dans la résolution des conflits des pays de voisinage, dont le rôle recherché n’est pas d’interférer dans les affaires internes de ces pays, mais pour préserver la stabilité de ces pays frontaliers, qui sont sans un impact sur sa stabilité intérieure, estimant aussi que la situation sécuritaire dans ces pays représente une menace pour l’Algérie « dans la mesure où le terrorisme risque de s’étendre au voisinage ».

    « Il s’agit d’enjeux vitaux même pour la sécurité de l’Algérie. L’Algérie doit être impliquée dans ce qui se passe dans la région, pas uniquement en Libye, mais aussi dans tout le Sahel car n’oublions pas le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad qui sont aussi des pays frontaliers à nous », a-t-il indiqué. Il juge ainsi que l’Algérie, qui partage plus de 6 000 KM avec ces pays, « ne peut pas rester indifférente ». « Il faut stabiliser ces pays. Mais malheureusement ce qui a été fait jusqu’à présent n’a pas permis de les stabiliser. Il y a trop d’interférences étrangères et aussi trop d’inté- rêts. L’Algérie doit aussi défendre ses intérêts. Et ces derniers priment sur tous autres intérêts car il y a d’abord l’intérêt sécuritaire. Nous devons défendre notre sécurité », a estimé Hocine Meghlaoui.

    « L’Algérie doit jouer un rôle important en Libye »

    Cela explique aussi pourquoi l’Algérie doit jouer un rôle important dans la résolution de la crise libyenne, dont la multiplication des interventions des pays occidentaux de la Turquie a transformé le pays en poudrière. « La Libye est un pays voisin. Nous partageons près d’un millier de kilomètres de frontières. Nous avons des tribus issues de mêmes familles qui sont installées dans les deux côtés des frontières. Nous ne pouvons pas tourner le dos à cette question.

    Il s’agit de questions très compliquées et très délicates, nous devons y aller franchement parce que nous avons le droit en tant que pays voisin d’être impliqués, voire même plus que les autres », a-t-il souligné. Évoquant les échecs des opérations militaires étrangères au Mali dans la préservation de la paix et la stabilité dans ce pays, comme Serval, Barkhane (initiées par l’armée française), Minusma (par les Nations unies) et Takuba (une task force européenne ; française et Estonienne), l’ancien diplomate estime que cela démontre l’ampleur des intérêts économiques et géopolitiques dans la région.

    « Prenons l’exemple de la Turquie. Ça a surpris tout le monde que la Turquie soit en Libye, dernier pays africain de l’empire ottoman. La Turquie a quitté la Libye en 1912. Et la Turquie maintenant confirme cette tendance que les anciens colonisateurs reprennent un peu le pied dans leurs anciennes colonies. Ça on le constate très clairement lorsque on est dans les conférences internationales », a-t-il décortiqué.

    Il a cité aussi que la Turquie a trouvé en la Lybie une extension stratégique, économique, militaire, et maritime, soulignant que les entreprises turques dans ce pays ont un portefeuille de 16 milliards de dollars. « Mieux encore, le gouverneur de la Banque centrale libyenne – celle de Tripoli – est allé à Istanbul et même rencontré le président Erdoğan (…) et fait un dépôt de 8 milliards de dollars à la Banque centrale turc pour 4 ans, sans intérêts et sans frais. Cela a permis d’ailleurs de soulager la livre turc qui est en baisse », a-t-il ajouté.

    Meghlaoui arrive ainsi à la conclusion : « les pays ne bougent pas sans qu’il y ait des intérêts ». Estimant que la diplomatie algérienne est « une diplomatie de paix » dont les principes « sont contenues dans la charte de l’ONU », l’ancien diplomate remarque qu’« il y a très peu d’États qui respectent encore les principes de la diplomatie comme c’est le cas actuellement pour l’Algérie. Je pense qu’il est temps de revoir un petit peu notre diplomatie et faire un bilan sérieux pour voir où nous en sommes et définir les objectifs et les moyens ».
    Hamid Mecheri

    Le Courrier d’Algérie, 12 oct 2020

    Tags : Algérie, Libye, Mali, Turquie, colonisation, colonialisme, exploitation, spoliation, pillage, pétrole, richesses, ressources naturelles, Afrique, Union Africaine,

  • Origines, enjeux et perspectives de paix du conflit du Sahara Occidental

    La négociation demeure toutefois la démarche la plus réaliste pour espérer parvenir à une situation de paix dans cette partie de la région du Maghreb
    Le Sahara occidental est situé à l’ouest du Maghreb et présente comme voisins frontaliers : Le Maroc au nord ; au nord –est l’Algérie avec qui il partage une courte frontière; et enfin la Mauritanie à l’est, et dans tout le sud. Toute sa frontière ouest donne sur l’atlantique. Sa superficie est de 266000 km². A l’époque de son occupation par l’Espagne en 1884, le territoire du Sahara Occidental est essentiellement occupé de tribus guerrières, maraboutiques et tributaires, organisées et indépendantes entre-elles.
    Selon certains auteurs, les différentes expéditions marocaines sur ce territoire n’ont pas conduit à une soumission effective des populations autochtones aux sultans du Maroc. Néanmoins, durant toute la période qui a précédé la colonisation de ce territoire et même pendant celle-ci, il est arrivé que des chefs guerriers en provenance de cette région, reçoivent une aide matérielle massive de la part du sultan du Maroc, pour venir à bout de l’ennemi commun qu’était l’occupant européen. C’est le cas du chef de guerre et marabout Ma El Aïnin, finalement tué par les français au Maroc en 1910.
    Cette attitude de certains chefs et notables du Sahara vis-à-vis du sultan du Maroc, a conduit certains à conclure qu’il s’agissait là d’une forme de reconnaissance de la souveraineté du royaume marocain sur le territoire du Sahara Occidental. Pour d’autres, il s’agissait tout simplement d’une demande d’aide à un voisin plus puissant, afin de venir à bout d’un ennemi commun, puisque le Maroc lui-même était menacé par l’occupation française. Finalement, c’est plutôt la France et l’Espagne qui ont finiront par avoir raison des résistances marocaines d’une part, et des actes de rébellions des sahraouis d’autre part. Ceci s’est traduit par la colonisation Espagnole du Sahara en 1884, et la mise sous protectorat du Maroc par la France en 1912.
    Les acteurs au conflit, aux lendemains des indépendances :
    C’est aux lendemains des indépendances que ce territoire commence à être revendiqué par deux pays: le Maroc et la Mauritanie.
    Le Maroc, indépendant depuis 1956 estime que ce territoire faisait partie intégrante du sien bien longtemps avant la venue des européens au Maghreb. La thèse marocaine du « Grand Maroc » était une revendication des territoires considérés par les défendeurs de cette thèse comme étant sous souveraité marocaine avant la colonisation européenne. Ainsi, les territoires à restituer au Maroc étaient: le Sahara espagnol, la Mauritanie, le nord du Mali et une partie de l’ouest algérien ( région de Tindouf).
    La Mauritanie, ancienne colonie française, tout en réfutant l’idée de son intégration au grand Maroc, estimait que le territoire du Sahara espagnol devait être intégré au sien à cause des fortes similitudes linguistiques, culturels, et ethniques entre sahraouis et maures.
    L’Espagne, puissance colonisatrice, loin d’aller dans le sens d’une décolonisation du Sahara, décida plutôt d’en faire une de ses provinces.
    Le conflit qui opposait d’une part l’Espagne et le Maroc, et d’autre part l’Espagne et la Mauritanie, avait comme origine les exigeances marocaine et mauritanienne relatives à la décolonisation du Sahara espagnol, par conséquent au départ de l’Espagne. L’absence d’un front commun « maroco-mauritanien » face à la position espagnole provenait des revendications marocaines relevant de la thèse du grand Maroc. De plus, la guerre entre le Maroc et l’Algérie(qui était restée jusque-là à l’écart du conflit du Sahara Occidental) de 1962 au sujet de leur frontière commune, ne favorisait pas non plus la possibilité de constitution d’un front commun des trois voisins immédiats du Sahara Occidental. Ainsi, malgré les pressions en provenance des Nations Unies dès 1965 visant à pousser l’Espagne à décoloniser ce territoire par l’organisation d’un référendum d’autodétermination, celle-ci continuait de jouer les résistantes en acceptant le principe de l’autodétermination, mais sans véritablement s’activer dans le sens d’un retrait. Ainsi, l’Espagne n’hésitait pas à exploiter la faiblesse d’une absence d’organisation de ses adversaires, en entretenant des discussions bilatérales avec chacune d’elles, tout en essayant de montrer aux Nations Unies que finalement les autochtones préféraient le rattachement à l’Espagne.
    Le début du conflit armé
    Le début des années 1970 va voir des changements nets s’effectuer dans la région. Les voisins immédiats du Sahara occidental finissent par former un front commun, après le règlement par le Maroc de son litige frontalier avec l’Algérie, ainsi que sa reconnaissance de la souveraineté de la Mauritanie. Ce bloc décide donc de faire pression sur l’Espagne pendant que de l’autre côté, les Nations Unies somment de plus en plus celle-ci d’organiser un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara Occidental. Sur le plan interne, on assiste à une naissance de partis nationalistes au Sahara occidental tels que le Parti de l’Union National Sahraoui (PUNS) soutenu par l’Espagne, Le Mouvement de Renaissance des Hommes Bleus (MOREHOB) soutenu par le Maroc et le Front de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), né le 10 mai 1973 et qui sera soutenu par l’Algérie. Le 20 mai de la même année, le front polisario attaque le poste de police espagnol de el khanga et signifie par ce geste, l’ouverture des hostilités vis-à-vis de l’occupation et pour la fierté nationale. Deux ans plus tard, le Roi du Maroc dirige la grande Marche Verte.
    La Marche Verte du 16 octobre 1975 se veut une récupération symbolique et pacifique du territoire du Sahara « marocain » par le Maroc. Cette Marche a à sa tête la personne même du roi Hassan II du Maroc, suivi par une grande foule brandissant le coran et le drapeau marocain; le coran se voulait un symbole pacifique de l’action de récupération, alors que le drapeau traduisait un signe indicateur de l’appartenance de ce territoire au Maroc.
    Pour les membres du front polisario, la présence de l’armée marocaine sur le territoire (celle-ci y a précédé les marcheurs) représente une nouvelle occupation étrangère, alors même que l’Espagne n’y a pas encore achevé son retrait. Ses derniers soldats en partiront en janvier 1976, et elle mettra officiellement fin à sa présence sur ce territoire en février 1976. Ceci explique pourquoi les combattants du front polisario allaient prendre les armes une nouvelle fois pour se défaire de cette nouvelle occupation. Dans la même période, plus précisément le 24 novembre 1975, le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne signent à Madrid (Espagne) les accords (tripartites) de Madrid. Ceux-ci voient l’Espagne octroyer à la Mauritanie et au Maroc, l’administration conjointe du territoire du Sahara occidental. Partant du territoire quelques mois après, l’Espagne devait signifier aux Nations Unies sa démission du titre de puissance administrante du Sahara occidental, titre que les Nations Unies n’ont pas eu à octroyer à un autre Etat.
    La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) voit le jour au lendemain du départ espagnol du territoire : le 27 février 1976. Cette République constitue en réalité une riposte des tripartites de Madrid, et son avènement coïncide avec le déclenchement des hostilités. Dès cette période, des combats très violents opposent en effet les combattants du Front Polisario aux forces marocaines dans la partie nord du territoire d’une part, et aux forces mauritaniennes dans la partie sud du territoire d’autre part. Pour garantir l’efficacité de son offensive, le Front Polisario reçoit une aide massive de l’Algérie. Cette aide se résume par l’octroie d’un matériel militaire important, de la logistique, de la région de Tindouf comme base arrière et construction de camps de réfugiés, et même de colonnes de soldats algériens. Ainsi, les combattants du front polisario avec l’aide de l’Algérie vont tout d’abord chasser l’armée mauritanienne du Sahara occidental, pour aller ensuite les battre sur leur propre territoire, en s’emparant de certaines régions du nord de la Mauritanie. Cette situation va contraindre la Mauritanie à signer l’accord de paix d’Alger du 05 Août 1979, dans lequel elle renonce à sa revendication du territoire du Sahara Occidental, tout en obtenant du Front polisario, la promesse de ne procéder à aucune revendication sur territoire. De son côté, le Maroc trouve l’aide nécessaire lui permettant de se soustraire à une défaite devenue presque inéluctable, auprès de pays occidentaux. C’est le cas des Etats-Unis qui vont, dans les années 81-82, fortement accroître leur aide au Maroc. Cette aide se résumera entre autres à une importante livraison du matériel militaire, suite aux accords passés entre le Maroc et les Etats-unis dans le cadre du Consensus statégique occidental au Moyen Orient, et relatif aux déploiements des Forces Spéciales Américaines dans cette région. Entre-temps, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) essaient, par des moyens diplomatiques, de trouver une solution pacifique à ce conflit.
    Le plan de paix de l’ONU et les autres propositions.
    C’est en 1984 que le Maroc se retire de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) pour protester contre l’admission de la RASD à cette organisation. Entre temps( depuis 1983), l’OUA qui se déploie dans une quête de résolution pacifique de ce conflit, exhorte les parties au conflit à entreprendre des négociations à cet effet. C’est en cela que tient sa résolution AHG/RES. 104 (XIX) du 19ème sommet de l’OUA à Addis Abeba (en Ethiopie).
    De son côté, dès décembre 1985, l’assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution 40/50 sur le Sahara, invitant le président en exercice de l’OUA et le secrétaire général de l’ONU à œuvrer en vue d’amener les parties à négocier dans les meilleurs délais et conformément à la résolution de l’ONU (citée plus haut) et à la présente résolution, les conditions d’un cessez-le-feu et les modalités d’organisation d’un référendum au Sahara Occidental. Dès lors, plusieurs missions sont constituées et oeuvrent en effet pour rendre effectives ces deux résolutions de l’OUA et de l’ONU. En août 1988, le secrétaire général des Nations Unies présente une proposition de paix prévoyant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum, aux représentants du Maroc et du Front polisario, en vertu du mandat conféré par l’assemblée générale dans sa résolution 40/50 de décembre 1985. Les parties donnent leur accord le même mois. En avril 1991, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 690(1991) approuvant la constitution sous son autorité de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Celle-ci comprend trois composantes : Unité civile, Unité de Sécurité, et Unité militaire.
    Le cessez-le-feu prévu entre en vigueur en septembre 1991.
    Jusqu’à ce jour, seule cette partie du règlement de paix a connu une suite favorable. Le blocage de la deuxième partie étant ce qui a conduit les Nations unies à effectuer de nouvelles propositions : en 2001 et en 2002. A l’origine de ce blocage se situe la question des électeurs : les personnes habilitées à voter. En effet, la proposition de paix effectuée par l’ONU avait retenu comme habilitées à voter, les personnes retenues par le recensement de 1974 effectués par les Espagnols. Or après le dépôt de la liste des électeurs par les Sahraouis, le Maroc déposa une demande de 131000 recours de personnes qui selon lui, devraient également être admises sur la liste des électeurs. C’est cette situation qui a conduit au blocage du plan de règlement de paix de l’ONU à tel point qu’en 2001, les Nations Unies devaient proposer aux parties au conflit une « troisième voie » appelée accord-cadre, qui octroie une large autonomie au Sahara Occidental tout en le rattachant du Maroc pendant cinq à l’issue desquelles un référendum sera organisé dans le territoire. Cet accord est appelé troisième voie parce que le référendum comporte l’alternative : l’indépendance, ou le rattachement pur et simple au Maroc. La différence entre ce rattachement pur et simple au Maroc et la troisième voie (qui présente également le rattachement au Maroc) se situe dans la large autonomie octroyée au territoire. Contrairement au plan de règlement qui avait reçu l’accord des parties, cette troisième voie n’a jusqu’ici été entériné que par le Maroc. Il faudrait retenir que le plan de paix de l’OUA-ONU tient lieu de première proposition, alors que la troisième voie tient de deuxième proposition. Cette deuxième proposition n’ayant pas fait l’unanimité entre les parties, il a fallu aux Nations Unies de proposer une troisième solution : la partition du territoire entre les parties. Une partie revenant au Front polisario et conduisant même par-là à son indépendance, tandis que l’autre reviendrait au Maroc, qui pourra en faire sa province du sud. Malheureusement, cette proposition a connu un refus catégorique des principales parties au conflit. Pour le Maroc, il s’agit là d’une atteinte à son intégrité territoriale, lors que pour le Front polisario, l’indépendance du Sahara Occidental(dans son ensemble) ne saurait se passer d’un référendum d’autodétermination du peuple Sahraoui. Tenant compte de cet autre blocage, le secrétaire général des Nations Unies a proposé aux parties (tout en leur demandant de réfléchir sur ces différentes propositions), un retrait pur et simple de la MINURSO de ce territoire.
    Les enjeux du conflit
    Le conflit du Sahara Occidental présente de nombreux enjeux. Les plus frappants relèvent du politico-économique.
    Les enjeux d’ordre politique varient il est vrai selon le contexte géopolitique du moment. En analysant la fin de la guerre froide, on peut se demander si le conflit du Sahara Occidental tirait son origine de la tension Est-Ouest? Pour cela, nous allons nous servir du cas Namibien comme exemple. Pendant la guerre froide, la Namibie qui est un territoire à décoloniser continue d’être occupée par l’afrique du sud. La communauté internationale, et les Etats-Unis en tête, tout en appuyant le principe d’autodétermination en Namibie, accordaient leur soutien matériel à l’Afrique du sud. La raison d’une telle attitude: l’Afrique du sud était le garant du capitalisme dans la région, un allié important pour les Etats-Unis face à la montée du communisme dans cette région d’Afrique. De plus, la SWAPO, mouvement de libération nationale de la Namibie entretenait des relations particulières avec l’Angola marxiste qui la soutenait dans sa lutte. Dans le cas du conflit du Sahara Occidental, la situation qui prévaut dans la région à l’époque de la guerre froide n’est pas très différente de celle que nous venons de voir. Les Etats-Unis font du Maroc un allié important dans la région du Maghreb. L’Algérie qui soutien le Front polisario est celle du président Boumedienne où les idées révolutionnaires du Front de libération National algérien (FLN), très sensibles sur la question de décolonisation des territoires occupés sont encore très encrées. Il s’agit d’une Algérie fortement socialiste, dont le soutien au front polisario cause le même effet qu’en Namibie. La communauté internationale ( les Etats-Unis en tête), tout en acceptant le principe d’autodétermination continue quand même de soutenir le Maroc dans sa lutte Contrairement à la Namibie qui accède à l’indépendance à la fin de la guerre froide, le conflit du Sahara occidental reste en vigueur et conduit les parties au conflit, ainsi que les acteurs extérieurs au conflit à un repositionnement stratégique relatif aux nouvelles données internationales que sont la globalisation et la lutte contre l’intégrisme islamique. En effet, en plus de l’attrait que le marché maghrebin exerce sur les Etats-Unis et l’europe, cette région a redoublé d’importance, de par sa position stratégique depuis les évènements du onze septembre 2001. Ces évènements ont conduit le monde occidental dans une lutte difficile et longue contre le terrorisme et le fondamentalisme religieux. Un tel combat, exige des alliés sérieux ayant des entrées dans les milieux les plus hostiles et surtout très peu connu. C’est ici qu’on peut comprendre l’avantage qu’une telle situation présente pour le Maroc (vieil allié du monde occidental), dans sa stratégie de récupération du sahara occidental. La reconnaissance de ce territoire comme faisant partie du Maroc par les alliés occidentaux pourrait effectivement ce faire dans le cadre de politiques de compensations. Le Maroc a souvent jouer le rôle de gendarme des intérêts de la France en Afrique, ainsi que celui de temporisateur dans le proche Orient. Autant il est respesté dans le monde arabe, autant il est considéré comme un défenseur respectable des intérêts des palestiniens dans la guerre qui les oppose à Israël. On comprend donc pourquoi le Maroc se présente aujourd’hui pour les occidentaux, comme un allié important face aux doubles fléaux que sont le terrorisme et l’intégrisme. Le soutien apporté par les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne au projet d’accord cadre dit troisième voie, comme solution octroyée par les Nations Unies pour une résolution du conflit, pourrait bien être une des résultantes de cette alliance.
    Les enjeux d’ordre économique relèvent des richesses contenues dans le sous-sol du territoire, ainsi que celles contenues au large des côtes et dans les fonds marins. Le territoire est très riche en phosphates découverts en 1947 par l’Espagne, et regorge d’autres minerais tels que : le fer, le titane, le manganèse, et des pierres précieuses. Parmi celles-ci, on peut citer l’uranium, le titanium et le vanadium. Y sont probablement présents, l’antimoine et le cuivre, et bien d’autres. La façade atlantique de ce territoire se présente comme l’une des plus poissonneuses du monde. Concernant le fond marin, il est de plus en plus probable qu’il contient du pétrole. En effet, des compagnies pétrolières y effectuent actuellement de la prospection, sous l’autorisation de l’Etat marocain. Il s’agit des multinationales française et américaine TotalFinaELf et Keer Mc Geer. Ainsi, une intégration du Sahara occidental au Maroc, ferait un grand bien à l’économie Marocaine. Concernant l’Algérie, c’est plutôt l’accession à l’indépendance du Sahara occidental qui l’arrangerait dans la mesure où elle pourra enfin obtenir, en compensation à son soutien inconditionnel du Front Polisario durant le long et épuisant conflit, l’accès à l’océan atlantique tant convoité. Cet accès lui permettrait en effet une exploitaion importante de ses richesses de la région de Tindouf: le fer, le pétrole et le gaz. Côté américain, il est important de gagner le marché marocain par l’établissement d’une zone franche entre les deux pays. Cette attitude s’inscrit dans la politique américaine de conquête du marché africain. Pour l’union européenne, il s’agit surtout de garder les marchés déjà acquis. Le Maghreb, de par sa proximité et ses richesses représente pour l’europe un marché à préserver et à développer. Néanmoins, pour les Etats-Unis comme pour les européens, l’instabilité actuelle du Maghreb directement lié au conflit du Sahara occidental ne permet pas un bon déroulement du commerce. Raison pour laquelle ils sont tous pour un retour à la paix au Sahara.
    Finalement, le conflit du Sahara occidental qui, si on part de la perception première de l’ONU et du droit international se veut un conflit de décolonisation, connait aujourd’hui d’autres voies que celle du référendum d’autodétermination à savoir: l’accord cadre, qui prône la large autonomie du territoire; la partition du territoire, une partie revenant au Maroc et l’autre devenant une république sahraouie; et enfin le retrait total de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).La véritable crainte aujourd’hui réside dans le fait que, les parties au conflit n’arrivant pas à se mettre d’accord sur une solution commune, la décision choisie par l’ONU soit rejetée par l’une ou l’autre partie. Crainte parce qu’une telle attitude ne met pas à l’abri d’une reprise des armes. La négociation demeure toutefois la démarche la plus réaliste pour espérer parvenir à une situation de paix dans cette partie de la région du Maghreb.
    Notes
    Cf. l’ouvrage de monsieur Maurice barbier, le conflit du Sahara Occidental,
    Cf. Rapport du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies comprenant le texte du projet d’accord-cadre : www.arso.org
    Source : IRENEES.NET
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, Mauritanie, Algérie, ONU, MINURSO, OUA, Union Africaine, 
  • Le Sahara Occidental reçoit des équipements médicaux de l’Union africaine

    Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies , dépendants de l’Union africaine (UA), ont envoyé, hier mardi, des équipements médicaux à la République Arabe Sahraouie Démocratique, membre fondateur à part entière de l’organisation continentale.

    Selon le ministère de la Santé publique de la RASD, le matériel envoyé par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a été reçu par la ministre sahraouie de la Santé, Khira Boulahi Bad.

    La Sra Bad a remercié l’organisation continentale pour son aide sanitaire envoyée pour faire face à la crise pandémique du Covid-19. SPS

     
    Tags : Sahara Occidental, Union Africaine, UA, coronavirus, Covid-19, Africa CDC,

  • Maroc : Le Makhzen pris de court par la diplomatie algérienne au Proche Orient

    Selon Aziz Chahir, docteur en sciences politiques et enseignant-chercheur à Salé, au Maroc, le royaume chérifien a été pris de court par la première visite d’État de trois jours du président algérien Abdelmajid Tebboune en Arabie Saoudite, la première à un pays étranger depuis son investiture en décembre, à l’invitation du roi Salmane. C’est ce qui a poussé le roi Mohammed VI a dépêcher, le même jour, son principal conseiller royal, Fouad Ali El Himma, et son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, pour rencontrer le nouvel homme fort de l’Arabie Saoudite, le prince Mohammedben Salmane.

    À cet effet, Mohammed VI a chargé son plus proche conseiller, Fouad Ali al-Himma, de se rendre précipitamment à Riyad, le 26 février, en vue de s’entretenir avec le prince Mohammed ben Salmane.


    Face à la nouvelle offensive diplomatique de l’Algérie, le régime marocain n’a plus d’autre choix que de tenter un rapprochement avec l’Arabie saoudite face aux mouvements algériens dans la région du Golfe.

    Cependant, la véritable raison des agissements marocains pourraient être le souci de voir l’Arabie Saoudite accepter la participation de la RASD dans le sommet Union Africaine-Arabie Saoudite prévu pour le 16 mars à Riyad à un moment où l’organisation panafricaine a exigé le 7 février la présence de tous les membres de l’organisation continentale lors des sommets avec des partenaires internationaux.


    « À cela, il faudra ajouter les agissements du Front Polisario, soutenu par l’Algérie, qui parvient à se fait entendre dans les enceintes internationales », indique-t-il.

    Tags : Maroc, Arabie Saoudite, Algérie, Union Africaine, Sommet Arabie Saoudite-UA, Front Polisario, Mohamed Ben Salman,

  • Maroc : le style Ramtane Lamamra fait des soucis

    Embassy of the Kingdom of Morocco

                              Accra

                                                                                                   Accra, le 10 juillet 2014

    Objet : 45ème Sommet de la CEDEAO / Démarches pour une participation marocaine

    Suite à ma conversation téléphonique avec M. le Secrétaire Général, le 8 juillet au soir, au sujet de la participation de notre pays au Sommet de la CEDEAO les 10 et 11 juillet, et aux instructions données, ja’ l’honneur de porter à votre connaissance que j’ai entrepris des démarches pour susciter une invitation du Maroc à ce Sommet.

    Lors de mon entretien avec M. Kadre Ouedraogo, ce dernier m’a assuré de notre participation à la Conférence Ministérielle, en précisant que l’Algérie, la France, l’UE, l’UA, l’UEMOA et l’ONU allaient assister à cette réunion. Concernant le Sommet, il a affirmé qu’il revient à la présidence, en l’occurrence le Ghana, d’envoyer les invitations. Il a en outre souligné que la CEDEAO compte sur la contribution du Maroc pour la mise en œuvre de la Stratégie Sahel.

    Lors de mon entrevue avec la Ministre des Affaire Etrangères, Mme Hamma Tetteh, cette dernière a accusé réception de la note verbale de cette Mission à ce sujet et m’a affirmé que les pays observateurs invités par la Présidence sont directement impliqués dans la gestion des questions inscrites à l’ordre du jour.

    L’Algérie, en raison de la médiation qu’elle mène, le Cameroun et le Tchad pour la gestion de la crise du Nigerai et les menaces frontalières de Boko Haram, et la Mauritanie car cette dernière négocie les Accords de Partenariat économique avec l’Union Européenne. Rappelant à mon interlocutrice que les précédentes présidences faisaient preuve d’une ouverture plus grande aux pays observateurs et au plus haut de la crise malienne, Mme Tetteh a poursuivi son explication en précisant que les Sommets de la CEDEAO sous présidence ghanéenne allaient être ouverts aux pays observateurs non pas automatiquement mais en fonction de la contribution de ces derniers aux points inscrits à l’ordre du jour. Elle a ajouté que la requête marocaine d’assister au Sommet a été déposée fort tardivement pour qu’une invitation adressée à un Chef d’État soit transmise dans un délai raisonnable.

    Enfin, et à l’issue du Sommet, j’ai eu un entretien avec M. Ouedraogo, qui m’a confié que la question de l’invitation du Maroc a été évoquée lors du dîner des Chefs d’État le 9 juillet et que le président Mahama a fait part de sa disponibilité à inviter notre pays lors des prochaines sessions.

    Parallèlement à ces contacts, j’ai eu un entretien avec le Ministre maline des Affaire Etrangères, M. Abdoulaye Diop qui m’a confié que son pays compte sur l’invitation des pays observateurs au Sommet il m’a confié que la Ministre ghanéenne lui en a fait part lors du Sommet de l’UA à Malabo en juin dernier. Par ailleurs, il m’a fait part de la possibilité du reports de sa visite au Maroc, en raison des pourparlers inter-maliens qui débuteront à Alger les 15 et 16 juillet prochains.

    Eu égard à ces différents éléments, il serait hautement souhaitable qu’une lettre de M. le Ministre soit adressée à la Ministre des Affaires Etrangères ghanéenne et au président de la Commission de la CEDEAO, pour formaliser le souhait du Maroc à prendre part aux travaux des Sommets, bien avant la tenue de ces derniers.

    Il serait également indiqué de capitaliser sur les initiatives menées et les actions entreprises par notre pays pour la paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Mali pour une visibilité accrue au niveau de la CEDEAO et de certains de ses pays membres (surtout anglophones) qui en ont une totale méconnaissance.

    L’entrisme récent de l’Algérie en Afrique de l’Ouest, combiné au nouveau style de sa diplomatie sur les questions africaines, imprimé par Ramtane Laamamra qui s’implique personnellement et effectue une tournée au Mali, Burkina Faso et Ghana laisse présager une pression et un intérêt dans la gestion des crises ouest-africaines dans un style nouveau, en cohérence avec l’Union Africaine et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, dirigé par Said Djinnit. La rencontre d’Alger des 15 et 16 juillet 2014 en est une première illustration.

    Source : Maroc Leaks

    Tags : Maroc, Algérie, CEDEAO, Ramtane Lamamra, Union Africaine,