Étiquette : wikileaks

  • Les révélations de Wikileaks sur les rapports entre l’Algérie et le Maroc

    www.tsa-algerie.com – 2 décembre 2010

    L’obsession algérienne, propagande contre le Front Polisario et un alignement total sur les Américains

    par Lounes Guemache

    Soixante-dix pages de mémos diplomatiques émanant essentiellement de l’ambassade américaine à Rabat et couvrant la période entre 2005 et 2009. TSA s’est procuré les notes de la diplomatie américaine sur le Maroc, avant leur publication sur le site américain Wikileaks. Ces documents relatent notamment les conversations entre des responsables américains et des officiels marocains à Rabat : les ministres de l’intérieur et des affaires étrangères, les chefs des renseignements intérieurs et du contre-espionnage, de hauts cadres de l’Etat…

    On y trouve un peu de tout mais certains sujets reviennent régulièrement dans les échanges entre les Américains et leurs interlocuteurs marocains : la lutte contre le terrorisme islamiste au Maghreb et dans la région du Sahel, l’Algérie, la gestion de l’islam dans le Royaume ainsi que des sujets internationaux comme le nucléaire iranien -on apprend par exemple que Rabat était opposé à la bombe dès 2006 bien avant la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 2009.

    Les documents mettent au jour l’obsession algérienne chez les responsables marocains. Dans leurs conversations avec les responsables américains, les Marocains mettent souvent en avant « le manque de coopération » des Algériens en matière de lutte contre le terrorisme dans la région. Ils imputent l’émergence d’Aqmi aux « échecs » d’Alger en matière de lutte contre le terrorisme. Une analyse que les Américains ne partagent pas. Selon eux, c’est au contraire grâce aux succès de l’Algérie que l’ex-GSPC a été contraint de s’associer avec Al-Qaïda pour créer Aqmi.

    Des responsables ont suggéré un lien direct entre le Front Polisario et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). On découvre aussi une implication plus importante qu’on pouvait l’imaginer de Rabat au Sahel. On apprend par exemple qu’en 2007, le Niger avait sollicité l’appui militaire du Maroc contre un groupe terroriste qui a pénétré depuis son territoire depuis l’Algérie. Pourquoi une telle demande n’avait-elle pas été adressée directement à l’Algérie ? Mystère.

    TSA- Algérie

    Quand les responsables marocains parlent de l’Algérie comme d’une menace

    par Yazid Slimani

    Dans leurs entretiens avec les diplomates et les responsables américains en visite à Rabat, les officiels marocains accusent les Algériens de mettre de la mauvaise volonté pour coopérer avec eux dans la lutte anti-terroriste. C’est par exemple le cas du Directeur général pour la surveillance du territoire (services de renseignements intérieurs), Abdelatif Hammouchi, Lors de la visite à Rabat de l’assistante du président américain pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend. « La coopération avec les Algériens est erratique affirme Hammouchi. Parfois ils nous fournissent de très bonnes informations et parfois on dirait qu’il s’agit d’impasse. Ces sont des partenaires difficiles, ajoute Yassine Mansouri (chef de la Direction générale des études et de la documentation, le service de contre-espionnage marocain, ndlr) », rapporte une note diplomatique du 31 juillet 2007, obtenue par TSA avant sa publication sur Wikileaks.

    Plus tôt la même année, le Directeur général des affaires bilatérales au ministère marocain des Affaires étrangères Youssef Amrani, avait ainsi « suggéré que l’émergence d’AQMI était principalement due aux échecs du gouvernement algérien », rapporte une note du 18 mai. Une position que ne partagent visiblement pas les Etats-Unis qui défendent la politique anti-terroriste de l’Algérie. A l’accusation de Amrani, un diplomate américain répond en effet que « le GSPC a été forcé de s’associer avec AQMI parce que le gouvernement algérien a réussi à le marginaliser ».

    Dans la même note, le diplomate américain constate que Khalid Zerouali, en charge de la sécurité des frontières marocaines au ministère de l’Intérieur «s’est hérissé » lorsque les officiels américains ont cité l’Algérie comme « un modèle » dans la lutte anti-terroriste en Afrique du Nord. Pour Zerouali, « le Maroc est beaucoup plus stable et sûr alors que je ne peux pas voyager d’Alger à Oran sans crainte ».

    Les documents de Wikileaks révèlent aussi que le Maroc soupçonne depuis longtemps l’Algérie de chercher à développer un programme nucléaire militaire. Une inquiétude rapportée notamment dans une note diplomatique américaine du 21 novembre 2006 transmise cinq jours après un entretien entre le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Omar Hilale et l’ambassadeur américain à Rabat au sujet du programme nucléaire de l’Iran. Hilale affirme ainsi qu’ « un Iran doté de l’arme nucléaire serait un désastre pour la région et spécialement pour le Maroc. Cela provoquerait une course à l’armement dans la région et cela accélèrerait la poursuite de ce qu’il a décrit comme un programme nucléaire militaire algérien similaire même s’il n’est que naissant ». « Si l’Iran réussit, dans les dix ans, d’autres pays du Moyen-Orient auront la bombe et les Algériens suivront peu après, a-t-il dit », précise la note.

    Enfin, selon Rabat, si les relations bilatérales avec Alger ne s’arrangent pas, la responsabilité serait entièrement algérienne. Dans le mémo du 31 juillet 2007, les diplomates américains rapportent qu’après une visite à Alger, Fouad Ali Himma, adjoint au ministre de l’Intérieur leur a affirmé que « les efforts marocains répétés pour réduire l’abîme diplomatique ont été rejetés. Il a assuré avoir dit aux Algériens que le Maroc était prêt à rouvrir sa frontière et à prendre d’autres mesures pour rétablir la confiance, mais les Algériens ne nous ont jamais dit ce qu’ils voulaient », citent-ils. Il a attribué ce qu’il décrit comme l’intransigeance algérienne à l’écart générationnel et de mentalités entre les dirigeants des deux pays », rapporte la note américaine qui précise que Himma est un proche du roi Mohammed VI souvent considéré comme plus puissant que le ministre de l’Intérieur lui-même.

    TSA-Algérie

    En proie à de nombreux problèmes, l’armée marocaine est préoccupée par le Front Polisario et l’Algérie

    par Samir Allam

    C’est un portrait peu flatteur que les diplomates américains dressent de l’armée marocaine. Dans un câble classé « secret » daté d’août 2008 et révélé par le site Wikileaks, les diplomates américains en poste à Rabat évoquent une armée marocaine en proie à des problèmes de corruption, une bureaucratie inefficace, de faibles niveaux d’éducation dans ses rangs, des menaces récurrentes de radicalisation de certains de ses soldats, une marginalisation politique, des équipements vieillissants et un déploiement de la plupart de ses forces dans le Sahara occidental.

    Les effectifs de l’armée marocaine sont estimés à 218.000 soldats, selon le mémo de l’ambassade américaine à Rabat. L’armée de terre compte 175.000 soldats, 13.000 militaires composent la force aérienne est 7.800 sont dans la marine. La gendarmerie, qui « dépend directement du roi », compte 22.000 éléments. Le salaire moyen pour les militaires soldats est d’environ 2.000 dirhams (270 USD) par mois, note le mémo. Les officiers sont mieux rémunérés, avec un salaire de départ d’environ 6.000 dirhams (USD 850) par mois. « Avec des avantages tels que le logement gratuit, ces (salaires) sont raisonnablement compétitifs dans le contexte marocain », souligne le document.

    Le Sahara occidental constitue la principale préoccupation de l’armée marocaine. A une certaine période –que la note ne précise pas–, entre 50% et 70% des effectifs des forces armées marocaines étaient déployés au Sahara occidental.

    Sans surprise, l’autre préoccupation majeure de l’armée marocaine concerne l’Algérie. Selon le document américain, l’armée marocaine possède des « plans d’urgence » et effectue des simulations stratégiques pour contrer une possible attaque algérienne. Toutefois, l’armée marocaine ne dispose pas de troupes déployées le long de la frontière algérienne, selon le mémo. Les militaires marocains sont stationnés dans des garnisons situées à des centaines de kilomètres de la frontière algérienne d’où ils pourraient se déployer en cas d’incursion algérienne.

    Selon les diplomates américains, bien que la frontière entre les deux pays soit fermée et les relations froides, l’Algérie ne constitue pas une menace imminente pour le Maroc. Dans le cas d’une confrontation entre les deux pays, celle-ci aurait lieu via le Front Polisario, estiment-ils.

    Enfin, les Américains évoquent une solide coopération militaire entre les Etats-Unis et le Maroc. Mais les rédacteurs du document doutent des capacités du Maroc à acquérir des équipements militaires haut de gamme pour moderniser son armée. La cause ? Les coûts élevés de ces équipements ne sont pas à la portée des modestes moyens du royaume.

    TSA-Algérie

    Pour Bouteflika, la France tente de régler ses comptes avec l’Algérie «en appuyant le Maroc»

    par Sonia Lyes

    Les documents de Wikileaks, révélés vendredi 3 novembre dans la soirée par les quotidiens El Pais (Espagne) et Le Monde (France), montrent des divergences de vues importantes entre Alger et Rabat au sujet du conflit au Sahara occidental. Des divergences qui viennent s’ajouter à la mésentente totale entre le président Bouteflika et le roi Mohamed VI.

    « Si je pouvais résoudre le problème je le ferais. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis » . Ce qu’il faut, c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains », a déclaré le président algérien lors d’une rencontre ». C’est ce qu’a déclaré en 2007 à Alger le président Bouteflika à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend.

    Les Français, confiera le président Bouteflika lors d’une autre rencontre relatée par des diplomates américains, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit ». Selon lui, « la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne ». Elle tente aujourd’hui de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc ».

    En février 2008, recevant un diplomate américain, le président algérien dénonce « le plan d’autonomie » voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination au Sahara occidental. Pour lui, la proposition marocaine n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes ont d’avantage d’autonomie vis-à-vis d’Alger que ce que propose Rabat pour le Sahara occidental, a fait remarquer le président algérien.

    Une position réaffirmée, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward. « Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental ».

    TSA-Algérie

    A Alger, la CIA dispose de sa propre cellule de surveillance aérienne des groupes terroristes

    par Yazid Slimani

    Pour les Etats-Unis, l’Algérie est devenue ces dernières années le partenaire numéro 1 dans la lutte anti-terroriste au Sahel contre Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). C’est ce qui ressort des derniers documents diplomatiques révélés par Wikileaks. « Aucun pays n’est plus important que l’Algérie dans la lutte contre Al Qaida au Sahel et au Maghreb », affirme ainsi l’ambassadeur américain à Alger David Pearce dans une note du 6 janvier 2010, soit juste après l’inscription de l’Algérie sur une liste des pays à risque par l’Administration américaine pour la sécurité dans les transports.

    Les diplomates américains saluent l’intensité grandissante de la coopération politique, sécuritaire et économique avec l’Algérie. Mais ils se disent frustrés de la réticence des autorités algériennes pour partager leurs renseignements sur les groupes terroristes qui activent dans le pays et reprochent aux forces de sécurité de ne pas avoir transmis les informations qui auraient pu éviter les attentats de décembre 2007 contre les Nations Unies à Alger.

    La coopération dans le domaine du renseignement se fait aussi par l’intermédiaire d’une base active de la CIA qui possède sa propre cellule de surveillance aérienne des groupes terroristes armés sur le territoire algérien via l’Africom. Cette présence de la CIA en Algérie n’a été publiquement révélée qu’en 2009 après l’affaire Warren, l’espion qui avait violé deux algériennes après les avoir droguées.

    D’ailleurs un câble datant du 1er février 2009 publié ces derniers jours par le quotidien libanais Al Akhbar, révèle que l’Etat algérien a fait pression sur la presse pour qu’elle cesse de couvrir cette affaire. Deux jours après la révélation du scandale, « il avait complètement disparu de la presse. L’absence quasi totale de couverture dans la presse publique montre bien que le gouvernement préfère que cette histoire s’apaise », est-il rapporté dans le même mémo.

    TSA-ALgérie

    Bouteflika méprise Mohamed VI à qui il ne serrera jamais la main

    par Samir Allam

    Abdelaziz Bouteflika méprise le roi Mohamed VI. Et il l’a fait savoir aux Américains au cours d’entretiens au Palais d’El Mouradia, selon des documents du site WikiLeaks révélés vendredi 3 novembre dans la soirée par le quotidien espagnol El Pais. Mais le président algérien a assuré à ses interlocuteurs que l’Algérie ne fera pas la guerre au Maroc à cause du Sahara occidental et ne permettra pas au Front Polisario de combattre depuis le territoire algérien. Toutefois, la frontière restera fermée jusqu’à la résolution du conflit au Sahara occidental, a expliqué le président Bouteflika.

    « Je ne serrerai pas la main du roi ». Le président Bouteflika a fait cette déclaration en juin 2006 à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, en visite à Alger. Avant de décrire le monarque marocain comme « pas ouvert » et « sans expérience », selon la même source. Selon Abdelaziz Bouteflika, feu Hassan II et Moulay Rachid, frère de l’actuel roi, son plus ouverts. Le président Bouteflika évoque une rencontre avec Moulay Rachid lors d’un match à Séville, en Espagne. « Nous avons bavardé et plaisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire la même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour », a-t-il déploré.

    Selon un document daté du 1er juillet 2006, le président Boutelika a avoué, d’après l’ambassadeur américain à Alger, qu’il croyait au dialogue pour résoudre les problèmes avec le Maroc. Mais il ne croit pas à un dialogue avec le roi Mohamed VI.

    Les présidents Bush et Chirac ont essayé de rendre le président Bouteflika plus clément à l’égard du roi. Le président algérien a rappelé que le roi était encore un enfant quand lui-même était déjà un vétéran de la diplomatie. Mais le roi a fait subir un affront au président Bouteflika en annulant à la dernière minute une visite du premier ministre à Rabat. «Je ne suis pas Jésus, je ne vais pas tendre l’autre joue», avait alors déclaré Bouteflika.

    Tags : Maroc, Algérie, Wikileaks, Boutreflika, Mohammed VI, Sahara Occidental, France, Etats-Unis,

  • WikiLeaks : Les US pointent la question de l’eau des tomates

    Un câble de l’ambassade des États-Unis en 2005 pose la problématique d’une question restée sans réponse dans la récente ouverture du commerce agricole de l’UE avec le Maroc. “La longévité de l’eau douce aquifère de Dakhla est inconnue”, déclare la note. “Laayoune dépend de dessalement coûteux, et la longévité de l’eau douce aquifère de Dakhla est inconnue”, note l’ambassade des États-Unis dans une dépêche datée du 18 mai 2005“.La question de la gestion de l’eau est une question clé dans toute l’agriculture. Dans son récent rapport, «Label and Liability » (étiquette et responsabilité), WSRW identifie 11 sites agricoles près de Dakhla, tous détenus par le roi du Maroc, des conglomérats marocains d’entreprises franco-marocaines. Le rapport décrit aussi comment les produits de cette agro-industrie controversée, qui pompe l’eau en quantités énormes, trouve son chemin vers les paniers des consommateurs de l’UE.

    “Alors que le Maroc souffre d’une sécheresse périodique régulière et de la baisse de l’eau potable, la nappe aquifère de Dakhla offre une source d’irrigation annuelle constante “, déclare le câble.

    «L’agriculture pour l’exportation a réussi à Dakhla, mais n’est pas pratique à grande échelle en raison de la pénurie d’eau. […] Le Sahara Occidental a la chance d’avoir une croissance toute l’année et un bon accès routier aux marchés en Europe, mais ce que la région possède en soleil, elle le manque en eau douce “, est-il déclaré.

    Les préoccupations du câble US sur la non-durabilité de la production agricole au Sahara Occidental font écho aux déclarations similaires de l’eurodéputé vert José Bové, rapporteur du Parlement Européen sur l’accord agricole UE-Maroc :

    «Les entreprises agricoles ont été implantées depuis 2006 dans la banlieue de Dakhla (Sahara Occidental) où ils puisent les eaux souterraines du littoral. La surexploitation de ces réserves va, à long terme, saliniser l’eau douce, ce qui compromet l’approvisionnement en eau de la population à l’échelle locale », a écrit dans son rapport l’eurodéputé français.

    Le câble US souligne également que Dakhla est nouvellement une importante région agricole.

    “Les produits mûrissent sous les latitudes du sud du Sahara Occidental 10-15 jours avant les concurrents à Agadir 1.000 miles au nord, et donne aux producteurs à Dakhla deux semaines d’avance au démarrage sur les marchés européens”, selon Bové. Il fait spécifiquement référence à ce qui était probablement le premier partenariat franco-marocain qui, en 2002 a signé une joint-venture de 12 millions de dollars en collaboration avec le gouvernement marocain, qui lui a accordé 300 hectares dans la zone de Dakhla. En 2005, le groupe avait déjà couvert 100 hectares, soit une exportation annuelle de 5.000 tonnes de tomates vers l’Europe et le Canada.

    Un nouvel accord agricole UE-Maroc devrait entrer en vigueur prochainement. Son champ d’application territorial non précisé permettra l’entrée sur le marché de l’UE à de plus grands volumes de produits frais du Sahara Occidental occupé, estampillés du Maroc.

    La question de la gestion de l’eau est une question clé dans toute l’agriculture. Dans son récent rapport, «Label and Liability » (étiquette et responsabilité), WSRW identifie 11 sites agricoles près de Dakhla, tous détenus par le roi du Maroc, des conglomérats marocains d’entreprises franco-marocaines. Le rapport décrit aussi comment les produits de cette agro-industrie controversée, qui pompe l’eau en quantités énormes, trouve son chemin vers les paniers des consommateurs de l’UE.

    “Alors que le Maroc souffre d’une sécheresse périodique régulière et de la baisse de l’eau potable, la nappe aquifère de Dakhla offre une source d’irrigation annuelle constante “, déclare le câble.

    «L’agriculture pour l’exportation a réussi à Dakhla, mais n’est pas pratique à grande échelle en raison de la pénurie d’eau. […] Le Sahara Occidental a la chance d’avoir une croissance toute l’année et un bon accès routier aux marchés en Europe, mais ce que la région possède en soleil, elle le manque en eau douce “, est-il déclaré.

    Les préoccupations du câble US sur la non-durabilité de la production agricole au Sahara Occidental font écho aux déclarations similaires de l’eurodéputé vert José Bové, rapporteur du Parlement Européen sur l’accord agricole UE-Maroc :

    «Les entreprises agricoles ont été implantées depuis 2006 dans la banlieue de Dakhla (Sahara Occidental) où ils puisent les eaux souterraines du littoral. La surexploitation de ces réserves va, à long terme, saliniser l’eau douce, ce qui compromet l’approvisionnement en eau de la population à l’échelle locale », a écrit dans son rapport l’eurodéputé français.

    Le câble US souligne également que Dakhla est nouvellement une importante région agricole.

    “Les produits mûrissent sous les latitudes du sud du Sahara Occidental 10-15 jours avant les concurrents à Agadir 1.000 miles au nord, et donne aux producteurs à Dakhla deux semaines d’avance au démarrage sur les marchés européens”, selon Bové. Il fait spécifiquement référence à ce qui était probablement le premier partenariat franco-marocain qui, en 2002 a signé une joint-venture de 12 millions de dollars en collaboration avec le gouvernement marocain, qui lui a accordé 300 hectares dans la zone de Dakhla. En 2005, le groupe avait déjà couvert 100 hectares, soit une exportation annuelle de 5.000 tonnes de tomates vers l’Europe et le Canada.

    Un nouvel accord agricole UE-Maroc devrait entrer en vigueur prochainement. Son champ d’application territorial non précisé permettra l’entrée sur le marché de l’UE à de plus grands volumes de produits frais du Sahara Occidental occupé, estampillés du Maroc.

    Source : Sahara Doc, 25 juin 2012

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, tomates, Etats-Unis, Wikileaks,

  • El pueblo saharaui celebra el aniversario de la creación del Frente Polisario

    El 17 de Junio de 1970, los saharauis se sublevaron bajo la dirección del mártir Mohamed Sidi Brahim Basiri contra la decisión del colonizador español de proclamar el Sáhara Occidental una provincia española. Solicitaron una autonomía provisional en la que España acompañaría los saharauis en un proceso que conduciría a la independencia total.

    Sin embargo, la respuesta de las autoridades colonialistas fue violenta. La manifestación fue duramente reprimida, el jóven Basiri capturado y, hasta hoy, se desconoce su paradero. Fuentes apuntan a que fue entregado a Marruecos que lo habría asesinado.

    De la reacción de las autoridades españolas, los saharauis dedujeron que sólo la lucha armada podría realizar sus aspiraciones. De esta manera, el 10 de Mayo de 1973, un grupo de jóvenes saharauis se reunió en la ciudad mauritana de Zuerat bajo la dirección de El Uali Mustafa Sayed y proclamaron solemnemente la creación del Frente Popular para la Liberación de Saguia el Hamra y Río de Oro como expresión de la voluntad del pueblo saharaui de tener su propia entidad y soberanía.

    Los éxitos registrados por el movimiento de liberación saharaui removieron el tablero de juego inspirado por las maníobras de la Guerra Fría. El rey de Marruecos Hasán II es dominado por el pánico ante la eventualidad de un país independiente en la antigua colonia española, reactiva el viejo sueño de Allal El Fasi del Gran Magreb en busca de un consenso popular y político para neutralizar a sus detractores(1). Acababa de salir milagrosamente indemnde de dos tentativas de golpe de estado militar.

    El 23 y 24 de julio de 1973, es decir dos meses después de la operación de El Janga, primer ataque de los guerrilleros saharauis, Hasán II se entrevista con los presidentes de Argelia y Mauritania, Houari Bumedian et Mojtar Uld Dadah.

    Según un cable revelaldo por Wikileaks en 2013, el rey de Marruecos declaró a sus dos vecinos que « el Sáhara debe ser marroquí. En caso contrario, seguirá siendo español, pero nunca será argelino ni independiente ».

    Según el mismo cable, Argelia hizo comprender a Marruecos que no reivindicaba el Sáhara. A cambio, Marruecos aceptó de firmar el tratado fronterizo renunciando a los territorios argelinos que reclamaba.

    « Si Argelia contemplaba la creación de un estado saharaui independiente, debería ser consciente de que los primeros países en reconocer tal estado no serían las grandes potencias sino los pequeños estados comunistas como Albania, Vietnam del Norte. … « , dijo el ministro marroquí de asuntos exteriores Ahmed Taieb Benhima al embajador norteamericano en Rabat Stuart W. Rockwell.

    En otro cable, las razones de Marruecos para oponerse a un Estado independiente aparecen más claramente. « Ahmed Taieb Benhima expresó claramente que Marruecos no podía tolerar que esta región pudiera caer en manos de un régimen local débil para caer fácilmente en la influencia argelina o libia « , informó el embajador de Estados Unidos en Rabat.

    Según el diplomático americano, Marruecos está dispuesto a ir a la guerra para impedir un estado independiente en el Sáhara Occidental.

    Cabe recordar que en Marzo de 1973, Hasán II acabó con un grupo armado que luchaba contra su régimen bajo el nombre de « Movimiento del 20 de Marzo ». Marruecos acusó a Argelia de haberlo creado y armado.

    (1) En un cable revelado por Wikileaks y enviado por el encargado de negocios de la embajada americana en Rabat, escribió que « desde que Hasán II lanzó la marcha verde en 1975, la cuestión del Sáhara Occidental ha estado intimamente ligada a la estabilidad del trono y del mismo Marruecos. Hasán II, dos veces víctima de intentos de golpe de estado y en guerre con la izquierda desde hace años, utilizó el Sáhara Occidental para reforzar el nacinalismo y aparcar su ejército lejos en el desierto ».

    Tags : Sahara Occidental, Marruecos, España, Argelia, Mauritania, Wikileaks, Hasán II,

  • Wikileaks : La situation des musulmans en France inquiètent les USA

    Le Département d’État de Washington conseille à la France de « donner una place aux musulmans » :

    Dans un câble diplomatique classé secret, l’ambassade américaine à Paris analyse, à travers plusieurs angles, la situation de l’islamisme radicale en France. Elle est inquiète à cause de ce qu’elle appelle « la marginalisation, l’exclusion et la discrimination dont sont victimes les musulmans de France inquiètent les américains ».

    Dans une note datée du 17-08-2005, et mis en ligne par Wikileaks le 2 décembre 2010, les analystes de l’ambassade américaine à Paris dressent un tableau peu reluisant du traitement réservé par les locataires de l’Elysée à cette catégorie de la population enfermée dans « des banlieues pauvres » situées à « l’extérieur des grandes villes de France ». Et même si les américains reconnaissent que la France réussit tant bien que mal à contrer la menace terroriste de l’extrémisme islamiste, ils ne manquent pas, néanmoins, de souligner que l’Hexagone comprend plus de « 9000 activistes » susceptibles d’alimenter à n’importe quel moment des filières du « Djihadisme ».

    Même la situation précaire des prisons françaises a été passée à la loupe. La note, qui cite des observations « confidentielles » des Renseignements Généraux Français précise que « pas moins de 50 % des détenus sont de confession musulmane ! Les mauvaises conditions carcérales et la détresse sociale de ces détenus ont créé un terrain idéal pour les recruteurs de l’islamisme radical ».

    Selon le câble diplomatique américain, 44 % des prisonniers convertis à l’islam tombent sous le charme de la tendance salafiste et 49 % de ces nouveaux salafistes n’ont jamais obtenu un diplôme dans leur vie. Plus étonnant encore, ce mémo révèle que les conversions à l’islam prospèrent au sein même de l’armée française où récemment  » 3,5 % de militaires français, y compris des officiers, s’étaient convertis à l’islam ».

    Non obstant, les diplomates américains nuancent ce constat. Pour eux, pour l’heure, rien ne prouve que ces conversions sont liées à des « raisons idéologiques ». Le mémo américain n’omet pas également de souligner que la France ne contrôle pas parfaitement le discours religieux produit en Hexagone par des imams dont la majorité ne parlent même pas français et, d’ailleurs, à peine 20 % d’entre eux, disposent de la nationalité française. Tous ses éléments constituent pour les services américains des ingrédients dangereux susceptibles d’alimenter une crise sécuritaire à même de nuire aux intérêts des Etats-Unis. Et ce risque demeure toujours important tant que les autorités publiques françaises rechignent à accepter la communauté musulmane comme une partie intégrante de « la société française ».

    Tags : France, Wikileaks, terrorisme, radicalisation, Islam,

  • Le Palais Royal au sommet de la corruption au Maroc, d’après les États-Unis

    Ignacio Cembrero

    El País, 2/12/2010

    Les diplomates américains décrivent des cas concrets ou les conseillers de Mohamed VI demandent des commissions pour autoriser des projets immobiliers

    « L’influence et les intérêts commerciaux du roi [Mohamed VI] et de certains de ses conseillers » sont perceptibles « dans chaque grand projet immobilier au Maroc ». Le conseiller commercial des Etats Unis, rattaché au Consulat américain à Casablanca, est arrivé à cette conclusion, en décembre de l’année dernière, après s’être réuni séparément avec des représentants du secteur ayant eu affaire, de près ou de loin, au palais royal.

    Dans une note secrète du 11 décembre de l’année dernière le conseiller commercial signale le nom de ses sources et raconte avec toutes sortes de détails l’histoire d’un homme d’affaires qui, pour le compte d’un consortium international, souhaitait invertir 220 millions de dollars (162 millions d’euros) dans un projet immobilier. Pour ne pas porter préjudice aux sources du conseiller, EL PAÍS omet de donner les noms de ses interlocuteurs et des sociétés mentionnées dans la note américaine.

    L’homme d’affaires obtint un permis de construire du gouverneur de la région où il voulait invertir, mais peu après le palais « l’encouragea vivement » à s’associer avec lui à travers une société appartenant à la famille royale. L’investisseur rejeta la proposition et dut supporter trois mois de paralysie du projet ».

    Au bout d’un moment la société appartenant au palais proposa alors à l’homme d’affaires de lui organiser une visite dans un pays du Golfe Persique ou il avait de nombreux contacts pour essayer d’encourager l’investissement étranger au Maroc. En échange de ce service il serait « le seul propriétaire » de son projet immobilier au Maroc. Il accepta la proposition.

    Corruption

    La délégation marocaine qui voyagea à ce riche pays du Golfe était dirigée par l’un des plus hauts cadres d’une des sociétés appartenant à la famille royale. Lors d’une réunion avec les investisseurs de la place le cadre marocain leur expliqua que seules trois personnes au Maroc étaient habilitées à prendre les décisions sur les grands investissements immobiliers: Fouad Ali el Himma, grand ami du souverain et leader du Parti Authenticité et Modernité (PAM) ; Mounir Majidi, secrétaire particulier de Mohamed VI, et le roi lui-même. « Parler avec quelqu’un d’autre est une perte de temps », leur dit-il. La PAM est le parti qui gagne les dernières élections municipales en juin 2009.

    Après le retour de la délégation au Maroc, la société appartenant au palais reçu des instructions de ses propriétaires de mettre presque complètement en oeuvre l’accord conclu avec l’homme d’affaires qui souhaitait investir au Maroc. Elle ne lui demanda qu’une participation de 5% dans son projet. « Les principales institutions et les procédures de l’Etat marocain sont utilisées par le palais pour faire pression et demander des pots de vin dans le secteur immobilier », déclare un célèbre homme d’affaires au conseiller commercial. « Même si la corruption était pratiquée du temps du roi Hassan II, ces habitudes ont acquis un caractère plus institutionnel avec le roi Mohamed VI ».

    Le conseiller prend ces commentaires pour de l’argent contant dans son rapport. Ils sont étayés par les observations que lui fait un ancien ambassadeur des États-Unis au Maroc « qui continue à avoir des relations étroites avec le palais ». Ce dernier confie au conseiller que certains proches de Mohamed VI font preuve « d’une honteuse gloutonnerie ». « Ce phénomène sape sérieusement la bonne gouvernance que les autorités du Maroc s’efforcent de promouvoir », ajoute-il.

    Entreprises espagnoles

    Même Luís Planas, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat pendant les six dernières années (2004-2006), reconnut les difficultés pour investir au Maroc lors d’un déjeuner, en mars 2006, avec Thomas Riley, son homologue américain. Après avoir évoqué le lancement d’un plan espagnol de 200 millions d’euros pour encourager les petites et les moyennes entreprises espagnoles à traverser le Détroit de Gibraltar, Planas expliqua qu’il serait sans doute utile mais il lança aussi un avertissement : A cause de son manque de transparence, le Maroc est un pays qui donne à réfléchir quand il s’agit de faire des affaires.

    La Consulat des États-Unis à Casablanca fut lui aussi victime de la corruption quand il voulut acheter un terrain pour disposer de plus de place, d’après la note qu’il envoya au Département d’État en mars 2008. « Plus de 30 endroits ont été identifiés, mais une vingtaine ont du être enlevés de la liste parce que les vendeurs ne voulaient pas signer un contra légal ». « D’autres ont refusé de vendre car ils attendaient que les prix montent ». « Parmi ceux qui étaient disposés à vendre nombreux étaient ceux qui voulaient de l’argent sous la table (…) ».

    Tags : Maroc, Corruption, Wikileaks, palais royal, immobilier, investissement,

  • Wikileaks : quand Bouteflika se confie sur le Maroc et le Sahara Occidental

    « Un enfant ». « Il n’est pas ouvert ». « Il manque d’expérience ». Bouteflika n’est nullement tendre avec le monarque Mohamed VI qu’il accuse d’être une marionnette entre les mains des Français lesquels n’hésitent pas à instrumentaliser le Maroc contre l’Algérie pour déstabiliser un pays dont elle « n’a jamais accepté l’indépendance » chèrement et dignement acquise.

    Ces révélations de WikiLeaks, publiées vendredi 3 décembre dans la soirée par les quotidiens El Pais et Le Monde, viennent de prouver, s’il en est vraiment besoin, que le Maghreb est en proie à une grande instabilité à cause des incompréhensions et relations « froides » qu’entretiennent les dirigeants Algériens et Marocains.

    Pis encore, les pics de tensions entre le Maroc et l’Algérie ont nourri de graves crises diplomatiques qui ont failli dégénérer en guerre ouverte.

    D’ailleurs, selon des mémos diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks, Abdelaziz Bouteflika a fait part, à maintes reprises, à des interlocuteurs américains de son « aversion » pour le monarque marocain dont la politique hostile à l’égard de l’Algérie n’est en fait qu’une commande de Paris laquelle « n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne ».

    En 2007, lors de ses entretiens avec, l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, Bouteflika a clairement accusé la France de « tenter de régler ses comptes avec l’Algérie  » en appuyant le « Maroc ».

    Ainsi, pour Alger, il est apparaît clairement que le conflit du Sahara Occidental n’est qu’un leurre « français » tendu par l’Elysée pour diviser le Maghreb et garder une influence malsaine dans cette région stratégique du monde.

    Dans ce sillage, Bouteflika fera savoir aux américains que les Français, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit » du Sahara Occidental.

    Et à ce sujet, il n’hésitera pas à déclarer que « si je pouvais résoudre le problème je le ferais ». « Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis », a-t-il tranché. Ce qu’il faut, c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains », aurait ajouté Abdelaziz Bouteflika.

    Selon d’autres mémos diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks, en février 2008, après un entretien avec un diplomate américain, Abdelaziz Bouteflika a jugé qu’au lieu de faire preuve d’une approche « élégante » en acceptant une indépendance du Sahara occidental, qu’ils auraient pu « contrôler » ou « superviser », les Marocains souhaitent en réalité « un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït ».

    Mais contrairement à ce que laisse croire ce tableau noir dressé par les coulisses de la diplomatie, les Algériens et les marocains peuvent s’entendre quelques fois. Pour preuve, le frère de Mohamed VI, Moulay Rachid est, apparemment, très apprécié par Abdelaziz Bouteflika avec lequel il affirme avoir « plaisanté et discuté agréablement » lors d’une rencontre à Séville, en Espagne, selon un autre mémo américain.

    Malheureusement, les plaisanteries ont leurs limites et les clés du Makhzen ne sont pas détenues par Moulay Rachid. Et en attendant des jours meilleurs, le Maghreb continue à patiner dans ses divisions et ses crises de désespoir…

    El Watan, 4/12/2010

    Tags : Algérie, Maroc, Mohammed VI, Bouteflika, Wikileaks,

  • Maroc – Algérie : Bouteflika, le cauchemar de Mohammed VI (wikileaks)

    Ces révélations de WikiLeaks, publiées le 3 décembre dans la soirée par les quotidiens El Pais et Le Monde, elon des mémos diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks, Abdelaziz Bouteflika a fait part, à maintes reprises, à des interlocuteurs américains de son « aversion » pour le monarque marocain  dont la politique hostile à l’égard de l’Algérie n’est en fait qu’une commande de Paris laquelle « n’a jamais vraiment accepté  l’indépendance algérienne ».

    En 2007, lors de ses entretiens avec, l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, Bouteflika a clairement accusé la France de « tenter de régler ses comptes avec l’Algérie  » en   appuyant le « Maroc ». Ainsi, pour Alger, il est apparaît clairement que le conflit du Sahara Occidental n’est qu’un leurre « français »  tendu par l’Elysée pour diviser le Maghreb et garder une influence malsaine dans cette région stratégique du monde.

    Dans ce sillage, Bouteflika fera savoir aux américains que les Français, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont   incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit » du Sahara Occidental. Et à ce sujet, il n’hésitera pas à déclarer que « si je pouvais résoudre le problème je le ferais ». « Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis », a-t-il tranché.
    Ce qu’il faut, c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et  ils peuvent le faire avec l’aide des Américains », aurait ajouté Abdelaziz Bouteflika.

    Selon d’autres mémos diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks, en février 2008, après un entretien avec un diplomate américain, Abdelaziz Bouteflika a jugé qu’au lieu de faire preuve d’une approche « élégante » en acceptant une indépendance du Sahara occidental,   qu’ils auraient pu « contrôler » ou « superviser », les Marocains souhaitent en réalité « un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït ».

    Bouteflika méprise Mohammed VI à qui il ne serrera jamais la main

    Abdelaziz Bouteflika méprise le roi Mohamed VI. Et il l’a fait savoir aux Américains au cours d’entretiens au Palais d’El Mouradia, selon des documents du site WikiLeaks révélés vendredi 3 novembre dans la soirée par le quotidien espagnol El Pais. Mais le président algérien a assuré à ses interlocuteurs que l’Algérie ne fera pas la guerre au Maroc à cause du Sahara occidental et ne permettra pas au Front Polisario de combattre depuis le territoire algérien. Toutefois, la frontière restera fermée jusqu’à la résolution du conflit au Saharaoccidental, a expliqué le président Bouteflika.

    « Je ne serrerai pas la main du roi  ». Le président Bouteflika a fait cette déclaration en juin 2006 à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, en visite à Alger. Avant de décrire le monarque marocain comme « pas ouvert  » et « sans expérience  », selon la même source. Selon Abdelaziz Bouteflika, feu Hassan II et Moulay Rachid, frère de l’actuel roi, sont plus ouverts. Le président Bouteflika évoque une rencontre avec Moulay Rachid lors d’un match à Séville, en Espagne. « Nous avons bavardé et plaisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire la même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour  », a-t-il déploré.

    Selon un document daté du 1er juillet 2006, le président Boutelika a avoué, d’après l’ambassadeur américain à Alger, qu’il croyait au dialogue pour résoudre les problèmes avec le Maroc. Mais il ne croit pas à un dialogue avec le roi Mohamed VI.

    Les présidents Bush et Chirac ont essayé de rendre le président Bouteflika plus clément à l’égard du roi. Le président algérien a rappelé que le roi était encore un enfant quand lui-même était déjà un vétéran de la diplomatie. Mais le roi a fait subir un affront au président Bouteflika en annulant à la dernière minute une visite du Premier ministre à Rabat. « Je ne suis pas Jésus, je ne vais pas tendre l’autre joue », avait alors déclaré Bouteflika.

    Tags : Maroc, Algérie, Wikileaks, Mohammed VI, Bouteflika, Sahara Occidental, Front Polisario,

  • EE UU sitúa al Palacio Real en la cima de la corrupción en Marruecos

    Futente: El País, 2/12/2019

    Los diplomáticos norteamericanos describen casos concretos en los que asesores de Mohamed VI exigen comisiones para el desarrollo de proyectos inmobiliarios

    « La influencia y los intereses comerciales del rey [Mohamed VI] y de algunos de sus asesores » son palpables « en cada gran proyecto inmobiliario » en Marruecos. El consejero comercial de Estados Unidos, adscrito al Consulado norteamericano en Casablanca, llegó a esta conclusión, en diciembre del año pasado, tras reunirse con algún gran empresario y ejecutivos de empresas pertenecientes a la familia real.

    En una nota secreta del 11 de diciembre del año pasado, el consejero comercial da los nombres de sus informantes y relata con todo lujo de detalles la historia de un hombre de negocios que, por cuenta de un consorcio estadounidense, deseaba invertir 220 millones de dólares (162 millones de euros) en un proyecto inmobiliario. EL PAÍS omite reproducir los nombres de las fuentes y de las empresas citadas para no perjudicarles.

    Un empresario que rechazó asociarse con Palacio vio su proyecto varios meses paralizado

    El hombre de negocios obtuvo el permiso de construir del gobernador de la región donde quería invertir, pero al poco tiempo el Palacio Real « le animó con fuerza », a través de una sociedad perteneciente a la familia real, a asociarse con él. El empresario « rechazó la proposición y tuvo que soportar meses de paralización del proyecto ».

    La empresa vinculada con el Palacio Real propuso al empresario, al cabo de un tiempo, que le organizase una visita a un país del Golfo Pérsico, en el que tenía numerosos contactos para tratar de fomentar la inversión en Marruecos. A cambio de este servicio, el empresario sería « el único propietario » de su proyecto inmobiliario en Marruecos. Aceptó el trato.

    « Aunque las prácticas corruptas existían con Hassan II, ahora tienen carácter institucional »

    La delegación marroquí que viajó a ese próspero país del Golfo estuvo encabezada por uno de los principales ejecutivos de una de las grandes empresas pertenecientes a la familia real. En su reunión con los inversores locales, el alto ejecutivo marroquí les explicó que solo tres personas en Marruecos tomaban las decisiones sobre grandes inversiones: Fouad Alí el Himma, íntimo amigo del monarca y líder del Partido Autenticidad y Modernidad; Mounir Majidi, secretario particular de Mohamed VI, y el propio rey. « Hablar con cualquier otra persona es una pérdida de tiempo », les advirtió.

    A su regreso a Marruecos, la empresa vinculada al Palacio Real recibió instrucciones de sus dueños de cumplir casi por completo su compromiso con el hombre de negocios deseoso de invertir. Solo le pidió una participación del 5% en el proyecto.

    Algunos de los próximos a Mohamed VI demuestran « una glotonería vergonzosa »

    « Glotonería vergonzosa »

    « Las principales instituciones y los procedimientos del Estado marroquí son utilizados por palacio para coaccionar y solicitar sobornos en el sector inmobiliario », declara un empresario al consejero comercial. « Aunque las prácticas corruptas existían durante el reinado del rey Hassan II, han adquirido un carácter más institucional con el rey Mohamed VI ».

    El consejero da crédito a estas palabras en su informe. Las avala el comentario que le hizo por esas fechas un ex embajador de EE UU en Marruecos « que sigue estando estrechamente conectado con palacio ». Señala que algunos de los allegados a Mohamed VI demuestran « una glotonería vergonzosa ». « Ese fenómeno socava seriamente el buen gobierno que las autoridades de Marruecos se esfuerzan por promover », añade.

    Hasta el que fue embajador de España en Marruecos durante seis años (2004-2010), Luis Planas, reconoció las dificultades para invertir en Marruecos en un almuerzo, en marzo de 2006, con Thomas Riley, su homólogo de EE UU.

    Tras evocar la puesta en marcha de un plan de 200 millones de euros para animar a las pequeñas y medianas empresas españolas a cruzar el Estrecho, Planas expresa su confianza en que les sea útil pero advierte: Marruecos sigue siendo un lugar que da que pensar a la hora hacer negocios dada su falta de transparencia.

    En los últimos tres años (2006-2009) la tendencia es al auge de la inversión, reconoce el consulado en un informe a mediados de 2009, pero « una auténtica mejora del clima de la inversión en Marruecos dependerá sobre todo de la voluntad del Gobierno de repensar y reestructurar su modo de trabajar ».

    El propio Consulado de EE UU en Casablanca padeció la corrupción al intentar adquirir terrenos para ampliarse, según informa en una nota de marzo de 2008. « Más de 30 lugares fueron identificados, pero 20 se cayeron inmediatamente de la lista porque los vendedores no querían suscribir un acuerdo legal ». « Otros rehusaron vender porque esperaban que los precios subieran ». « De los que estaban dispuestos a vender, muchos querían dinero bajo cuerda por encima del precio fijado ».

    Tags : Marruecos, Wikileaks, Mohamed VI, corrupción, inmobiliaria, palacio real,

  • Les petits secrets d’Hacking Team au Maroc

    WikiLeaks a traqué les vendeurs d’armes de surveillance

    Rue89, 4/09/2013

    Jean-Marc Manach, journaliste

    Selon les révélations de l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks, auxquelles Rue89 a eu accès avec 18 médias étrangers, les marchands de surveillance numérique privilégient les pays peu regardants sur les droits de l’homme.

    Les marchands d’armes n’aiment guère la publicité. Problème: les télécommunications, ça laisse des traces, opportunément exploitées par la NSA (entre autres), comme Edward Snowden l’a amplement démontré.

    WikiLeaks a décidé de rendre publique la liste des pays visités par les principaux marchands d’armes de surveillance numérique, dont trois « sociétés ennemies d’Internet » – pointées du doigt par Reporters sans frontières pour avoir vendu des logiciels espions à des pays eux aussi considérés par RSF comme des « ennemis d’Internet ».

    En 2011, WikiLeaks avait rendu publics, avec ses « SpyFiles », des centaines de documents internes révélant l’ampleur du business des logiciels et systèmes d’espionnage et de surveillance des télécommunications.

    Dans une nouvelle série de révélations, intitulée « SpyFiles 3 », à laquelle Rue89 a eu accès en partenariat avec dix-huit autres médias étrangers, WikiLeaks révèle que la WLCIU (pour WikiLeaks Counter Intelligence Unit), son « unité de contre-espionnage » (sic), a recensé les pays d’où se sont connectés les téléphones portables de dix-neuf employés ou responsables de onze marchands d’armes de surveillance numérique.

    Surveillés depuis des mois par WikiLeaks
    Du 4 au 6 juin derniers, le gotha de la surveillance des télécommunications se réunissait au Clarion Congress Hotel de Prague, à l’invitation d’ISS World. L’entrée de ce salon itinérant, interdit aux journalistes mais organisé sur les cinq continents, facturée entre 995 et 2 295 dollars (entre 755 et 1 742 euros), est réservée aux représentants de services de renseignement, forces de l’ordre et gouvernements.

    Les participants viennent y découvrir les dernières nouveautés en matière de surveillance et d’interception des télécommunications, assister à des démonstrations « live » de logiciels espions, et à des dizaines de conférences où les marchands d’armes expliquent comment leurs systèmes et logiciels peuvent aider les autorités à surveiller et combattre « les activités criminelles conduites sur les réseaux de télécommunication, l’Internet et les réseaux sociaux ».

    Du 7 au 9 juillet, plusieurs de ces marchands d’armes se retrouvaient à Lyon, au forum Technology Against Crime, qui se targue de vouloir devenir le « Davos de la sécurité » puis, du 22 au 25, au Brésil, pour l’édition sud-américaine du salon ISS.

    Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que plusieurs d’entre eux étaient surveillés, depuis des mois et pour certains des années, par l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks.

    Et force est de constater que, lorsqu’ils sont en voyage d’affaires, ces mercenaires du numérique ont une furieuse tendance à privilégier les pays peu regardants en matière de droits de l’homme. (Dans la carte ci-dessus, cliquez sur les pays en rouge pour connaître leur rang au classement RSF de la liberté de la presse, et découvrir quels marchands d’armes les ont visités.)

    Droits de l’homme et bord de mer

    L’allemand Trovicor, ex-Nokia Siemens Networks, est l’un des plus gros fournisseurs de solutions légales d’interception dans le monde. Plus de 100 pays utiliseraient ses technologies, et c’est le principal sponsor du salon ISS. Son code de bonne conduite précise, au chapitre « business ethics » que l’objectif de l’entreprise est de faire partie des industries leaders en matière de responsabilité sociale et de respect des droits de l’homme.

    Elle n’en a pas moins fourni des systèmes d’interception à l’Iran, au Bahreïn et en Syrie, ce qui en a fait l’un des principaux « ennemis d’Internet » pour RSF. Sur ses 170 employés, un seul était surveillé par la WLCIU, qui avance que, depuis janvier, il a été deux fois aux Emirats arabes unis (où Trovicor a une filiale), ainsi qu’en Bulgarie, Serbie, et en Thaïlande, l’un des quatorze pays placés « sous surveillance » par RSF en 2012, en raison de ses velléités de contrôle, de filtrage et de censure d’Internet.

    Contactée, la responsable communication de Trovicor à répondu à Rue89 que la liste de ces pays lui fait penser à l’itinéraire de quelqu’un qui apprécierait particulièrement les pays en bord de mer, et que son employeur s’interdit par ailleurs de vendre ses solutions à tout pays en guerre civile…

    Elaman, elle aussi allemande, se présente comme spécialiste des « solutions de sécurité gouvernementale ». Son catalogue, que WikiLeaks avait rendu public à l’occasion des Spy Files, est un inventaire de tout ce dont aurait rêvé le Mr Q. de James Bond.

    Sur la page d’accueil de son site web, Elaman avance que « la confidentialité est essentielle dans le business de la sécurité ». Elle aurait donc probablement préféré que l’on ne sache pas que, du 21 au 24 janvier dernier, puis les 12 et 13 juin, son responsable commercial, Holger Rumscheidt, était au Turkménistan, 177e (sur 179) au classement RSF de la liberté de la presse, un des douze pays considérés par l’ONG, en 2012, comme faisant partie des « ennemis d’Internet ».

    Décrit par RSF comme « l’un des plus fermés au monde », le Turkménistan est aussi l’« un des pays les plus hostiles à la liberté d’expression ». Facebook, Twitter, YouTube et Gmail y sont bloqués et « les possesseurs d’antennes paraboliques ou de téléphones portables sont considérés comme des ennemis en puissance ».

    La liste des pays d’où Rumscheidt s’est connecté au réseau téléphonique indique qu’il a aussi visité l’Azerbaïdjan (156e du classement RSF) en février 2012, la Jordanie (134e) en avril dernier, et multiplié les déplacements au Liban (101e), au sultanat d’Oman (141e) et aux Emirats arabes unis (114e), par ailleurs placés « sous surveillance » par RSF en 2012, suite aux « arrestations arbitraires » de plusieurs blogueurs qui avaient osé demander aux autorités de procéder à des réformes, ce qui leur avait valu des condamnations de deux à trois années de prison.

    Les logiciels espions des Printemps arabes

    Le groupe britannique Gamma, une des cinq sociétés classées « ennemies d’Internet » par RSF, n’est pas en reste : entre les 2 et 10 mars 2013, pas moins de quatre de ses principaux responsables se rendaient ainsi aux Emirats arabes unis, en compagnie d’Holger Rumscheidt (Gamma a noué une alliance de sécurité avec Elaman). Au total, huit des onze entreprises surveillées par la WLCIU ont visité les Emirats l’an passé.

    La liste de WikiLeaks révèle que les employés de Gamma placés sous surveillance auraient par ailleurs visité le sultanat d’Oman, le Liban, l’Ouganda (104e au classement RSF), le Qatar (110e), le Nigéria (115e), Brunei (122e), l’Ethiopie (137e), l’Indonésie (139e) et la Guinée Equatoriale (166e), ainsi que deux des douze pays placés « sous surveillance » par RSF à l’occasion de son rapport sur les « ennemis d’Internet »: la Malaisie (145e) et le Kazakhstan (160e).

    L’employé de Gamma dont le téléphone portable était, du 9 au 12 juin dernier, localisé au Kazakhstan, est un « usual suspect »: Martin Münch, né en 1981, est le responsable de FinFisher, une suite de logiciels espions (ou « chevaux de Troie ») qui ont beaucoup fait parler d’eux depuis que, Printemps arabes aidant, on a découvert qu’ils avaient été utilisés en Egypte, pour espionner des dissidents au Bahrein, ainsi que, comme l’ont révélé des chercheurs américains au printemps dernier, dans au moins 35 pays, dont quinze des pays visités par les employés de Gamma et de ses filiales l’an passé (Brunei, Nigeria, Afrique du Sud, République tchèque, Ethiopie, Indonésie, Malaisie, Mexique, Qatar, Serbie, Singapour, Turkménistan, Royaume-Uni, Etats-Unis, Emirats arabes unis).

    25 200 euros le « kit d’intrusion »

    WikiLeaks publie par ailleurs une dizaine de documents révélant comment FinFisher et une entreprise suisse, DreamLab, ont vendu un « proxy d’infection » afin de pouvoir infecter les ordinateurs des citoyens ou résidents d’Oman et du Turkménistan (à la demande de leur gouvernement), ainsi qu’une fiche confidentielle révélant combien sont facturés ces logiciels espion.

    Comptez 25 200 euros le « kit d’intrusion », ou bien 100 000 euros la licence de FinSpy, sa solution complète d’intrusion à distance, si vous voulez espionner de une à dix cibles, mais 250 000 euros si vous voulez en surveiller plusieurs centaines, plus 9 500 euros de licence (par client). Le support technique, et les mises à jour, sont facturés 255 338 euros la première année, ou 308 960 euros pour trois ans. Les formations, elles, sont facturées 22 500 euros, les cinq jours. Un juteux business qui a d’ailleurs conduit Gamma à ouvrir un compte « offshore » aux Iles vierges britanniques…

    Interviewé par un journaliste de Bloomberg, Martin Münch déplorait l’an passé la publicité faite par les nombreux articles expliquant comment les logiciels espions de FinFisher étaient utilisés pour espionner des défenseurs des droits de l’homme et cyberdissidents, et expliquait avoir abandonné toute forme de vie sociale : « Si je rencontre une fille et qu’elle tape mon nom dans Google, je suis sûr qu’elle ne me rappelera jamais »…

    Le blog du « voyageur au Moyen-Orient »

    D’autres employés n’ont pas ces pudeurs de jeunes filles : Nelson Brydon, qui se présente sur son compte Twitter (@Brydon_N, désormais indisponible) comme « voyageur au Moyen-Orient » a ouvert un blog (désormais indisponible aussi) où il narre ses nombreux voyages en avion entre le Qatar et Dubaï, l’Ouganda, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Munich – siège social d’Elaman, révélant incidemment la liste des pays où sont donc probablement installés des logiciels ou systèmes espions de Gamma, son employeur.

    Sur ce blog, Nelson Brydon ne parle pas de son métier mais, une fois par an, il rédige un (très) long billet où il explique ce que cela fait de prendre l’avion, et compare les compagnies aériennes, les stewards, hôtels…

    Le dernier billet se conclut par un « rendez-vous en 2013 ». Sans trahir de secret professionnel, la liste de WikiLeaks indique que, rien qu’entre février et août, il a déjà été cette année sept fois au Qatar, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Oman, en Malaisie, qu’il était à Chypre du 8 au 29 juillet (en vacances ?), et qu’il était de nouveau au Qatar du 18 au 22 août derniers.

    Les petits secrets d’Hacking Team

    L’unité de contre-espionnage de WikiLeaks s’est également intéressée au principal concurrent de FinFisher, Hacking Team, une entreprise italienne elle aussi placée dans la liste des « ennemis d’Internet » de RSF. Elle s’était en effet fait connaître après que des journalistes marocains, et un blogueur des Emirats arabes unis, ont reçu des e-mails infectés par « Da Vinci », son logiciel espion.

    En avril dernier, une étude de Kaspersky Lab avait révélé que le cheval de Troie d’Hacking Team était particulièrement utilisé au Mexique, en Italie, au Vietnam, aux Emirats arabes unis, en Irak, au Liban et au Maroc. La WLCIU révèle aujourd’hui que les deux employés de Hacking Team qu’elle a surveillé ont multiplié les courts séjours (de deux jours) au Maroc en 2011, 2012 et 2013, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Singapour, en Serbie, en Espagne, Egypte, Arabie saoudite, au Qatar, Liban, en Malaisie et à Oman.

    Eric Rabe, conseiller juridique de Hacking Team, a refusé de commenter la liste des pays visités, mais a tenu à préciser que son employeur avait constitué un panel d’experts indépendants habilité à opposer un veto à tout contrat, qu’il vérifie systématiquement si leurs nouveaux clients pourraient se servir de leurs logiciels espions pour commettre des violations des droits de l’homme, et qu’Hacking Team se réserve le droit de refuser ou suspendre tout contrat en pareil cas, ce qui serait déjà arrivé.

    Interrogé sur les soupçons d’utilisation de leur cheval de troie pour espionner des opposants marocains et émiratis, Eric Rabe refuse de rendre publiques les conclusions de leur contre-enquête, ni d’éventuelles mesures prises depuis. Il refuse également de révéler l’identité des experts indépendants, non plus que de leur permettre de répondre aux questions des journalistes, afin d’éviter qu’ils ne fassent l’objet de « pressions pouvant influencer leurs décisions »…

    Julian Assange : « Surveiller les surveillants »

    Et c’est précisément, explique le fondateur Julian Assange, pour « mettre en lumière cette industrie secrète de la surveillance, qui travaille main dans la main avec les gouvernements de par le monde pour autoriser l’espionnage illégitime de citoyens » que WikiLeaks a lancé ces « SpyFiles 3 », qui permet de doubler le nombre de documents, brochures, plaquettes et autres portfolios émanant des marchands d’armes de surveillance numérique contenus dans la base de données de l’ONG.

    Interrogé sur ce qui lui avait permis de mener l’opération de « location tracking » (sic), Julian Assange oppose un « no comment » ferme et définitif. Tout juste consent-il à expliquer que « le rôle de la WLCIU est de protéger les actifs, personnels et sources de WikiLeaks de toute opération d’espionnage hostile, et de révéler la nature des menaces en terme d’espionnage qui pèsent sur les journalistes et leurs sources »:

    « Cela comprend des mesures de contre-espionnage incluant, par exemple, la détection de mesures de surveillance mais également le fait de recevoir des informations émanant de sources internes aux organisations susceptibles de menacer la sécurité des journalistes.

    Les données collectées par la WLCIU et révélées dans ces SpyFiles 3 permettent aux journalistes et citoyens d’aller plus loin dans leurs recherches portant sur l’industrie de la surveillance, et de surveiller les surveillants. »

    Les révélations de la WLCIU ont permis au magazine espagnol Publico de découvrir que la Guardia Civil et l’armée espagnole avaient passé un contrat avec Gamma. En février dernier, plusieurs ONG, dont Reporters sans frontières et Privacy International, portaient plainte contre Gamma et Trovicor, qui auraient violé onze des principes directeurs de l’OCDE, censés garantir la responsabilité sociale des multinationales, en fournissant des armes de surveillance numérique au Bahreïn.

    Les nouvelles révélations de WikiLeaks, et la liste des pays, pourraient donner de nouveaux arguments à ceux qui plaident pour un contrôle à l’exportation des systèmes et outils de surveillance et d’interception des télécommunications qui, à ce jour, ne sont pas considérés comme des « armes », et peuvent donc être vendus à des pays connus pour bafouer les droits de l’homme, en toute légalité.

    Source : Wikileaks Actu

    Tags : Maroc, Wikileaks, Hacking Team, espionnage, logiciels,

  • L’armée marocaine, selon Wikileaks

    Dans toutes les révolutions et mouvements de la région MENA, la position des forces armées a été un facteur déterminant des résultats. D’abord en Tunisie, Ben Ali savait qu’il était temps de fuir lorsque le général Rachid Ammar a rejoint le peuple au moment où la police était en train de tirer sur les foules. Aujourd’hui, les loyautés de l’armée continuent d’influencer la lutte pour le pouvoir en Algérie et au Soudan. Mais qu’en est-il du Maroc ? De quel côté vont les FAR le moment venu ? Il est presque impossible de savoir avec certitude puisque ces questions sont gardées secrètes. Mais grâce à Chelsea Manning et Julian Assange, Wikileaks donne un aperçu de l’armée marocaine: corruption, pots de vin et méthodes d’enrichissement illégales.

    L’armée reste en proie à la corruption, à une bureaucratie inefficace, au faible niveau d’instruction dans les rangs, aux menaces périodiques de radicalisation de certains de ses soldats, à la marginalisation politique et au déploiement de la plupart de ses forces au Sahara Occidental.

    En tant que commandant en chef des forces armées royales marocaines et ministre de la Défense, le roi Mohammed VI conserve un rôle hautement centralisé sur l’armée. Aucun mouvement de troupes, aucun exercice ni même aucun déplacement d’officiers au pays ou à l’étranger ne se fait sans l’approbation du roi. À la suite des tentatives de coup d’État de 1971 et de 1972, respectivement par l’armée de terre et l’armée de l’air marocaines, le Palais renforça son contrôle sur l’armée, le marginalisa à l’égard de l’élaboration des politiques et restreignit ses relations avec les interlocuteurs militaires étrangers et la presse. La dynastie alaouite s’appuie, entre autres, sur une armée forte, dont le leadership doit cependant rester suffisamment docile pour ne pas éveiller les soupçons de déloyauté.

    Selon une anecdote crédible, les gendarmes de rang inférieur affectés à des patrouilles routières devraient payer environ 4 000 dirhams (540 USD) à leurs supérieurs immédiats avec des gains extralégaux d’auto-automobilistes au-dessus desquels ils peuvent se garder.

    La corruption est répandue à tous les niveaux de la société marocaine et l’armée en pâtit également, en particulier aux plus hauts niveaux. Cela peut en partie refléter une grande affaire conclue par le roi Hassan II à la suite d’au moins deux coups d’État presque réussis dans les années 1970: restez fidèles et vous pourrez en tirer profit. (Des personnes dont la loyauté était en question ont fait l’objet de peines de prison sévères parfois.) Des rapports crédibles indiquent que le général Benanni utilise son poste de commandant du secteur sud pour dégager de l’argent des contrats militaires et influencer les décisions commerciales. Selon une rumeur largement répandue, il possède une grande partie des ressources halieutiques du Sahara occidental.

    Benanni, comme de nombreux officiers supérieurs de l’armée, possède une somptueuse maison familiale construite probablement avec de l’argent provenant de pots-de-vin. Les postes de direction dans les secteurs régionaux constituent une source importante de revenus extrajudiciaires pour les chefs militaires. Il a même été rapporté que des étudiants de l’académie militaire marocaine payaient de l’argent pour améliorer leur classement dans la classe afin d’obtenir des postes dans des postes militaires lucratifs.

    Le commandement dans le secteur sud, c’est-à-dire le Sahara occidental, compte tenu de la prédominance de l’activité militaire dans ce pays, est considéré comme le plus lucratif des secteurs à cet égard. Étant donné que le commandement dans le secteur sud est également considéré comme essentiel à l’avancement au plus haut niveau dans les FAR, les postes dans cette région sont très recherchés. En conséquence, les positions dans ce secteur sont souvent jalousement « gardées » par un certain nombre de familles influentes au sein de l’armée. Le GOM semble chercher des moyens de mettre un terme à la corruption, en particulier parmi les rangs militaires formateurs de colonel et de rang inférieur, mais rien n’est fait pour enrayer la corruption dans les rangs des officiers généraux.

    Les officiers supérieurs refusant de prendre leur retraite pour permettre aux plus jeunes officiers de gravir les échelons sont devenus un problème majeur pour les FAR. Les officiers qui approchent de l’âge de la retraite obligatoire ne veulent pas prendre leur retraite, car cela impliquerait l’abandon de pots-de-vin, d’économies d’argent et de certaines sources de revenus connexes. Même pour les officiers qui ne sont pas sur le marché, il est économiquement difficile de renoncer aux postes gouvernementaux et aux salaires pour une retraite soutenue. Ce problème de « gérontocratie », associé à la micro-gestion notoire du roi par l’armée, a eu un impact négatif sur le moral des chefs militaires de niveau intermédiaire.

    Source: Courrier du Rif

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